jeudi 29 décembre 2016

Destination Bretagne : la forêt de Huelgoat.

DSC04270 - Copie

Nous voilà à Huelgoat. Traversé par un ensemble de rivières, c'est un véritable chaos de roches et de blocs qui forme le sol de la forêt et qui, au fil des siècles, c'est couvert de mousses et de fougères. Nous avons y passer une nuit, bercés par le chant des chouettes hulottes (Strix aluco) et  les gargouillis des torrents.

 

Une forêt magique.

Il y a de nombreuses légendes sur Huelgoat. Certaines sont anciennes, d'autres plus "touristiques". Néanmoins on ne peut pas lui retirer le fait qu'une certaine ambiance mystique plane ici. On peut ainsi tomber sur la Roche Tremblante, un énorme bloc de 137 tonnes qui repose en équilibre sur une autre roche et qu'il est possible de faire tanguer en s'y appuyant. Il deviendrait, à la nuit tombée, un lieu de festivité prisé pour de nombreux korrigans.

DSC09249 DSC09338DSC09397 DSC04429

 

Le chaos de la Vierge.

Appelé aussi ménage de la Vierge, cet ensemble de blocs à les pieds qui trempent dans la rivière d'Argent qui traverse la forêt. C'est là que l'on peut trouver une fontaine magique et qui pour certains, est l'une de celles que l'on rencontre dans le Graal. Cette fontaine merveilleuse apporterait vie et jeunesse éternelle.

DSC09264 DSC09409DSC09406DSC09275 DSC09281

 

Les petites oiseaux.

Ces milieux ouverts sont parfaits pour l'avifaune des espaces boisés. Outres les nombreux geais des chênes (Garrulus glandarius) que nous avons pu observer de près, beaucoup de petits passereaux peuvent être approchés sans mal. Ainsi la grive musicienne (Turdus philomelos) et le rouge gorge (Erithacus rubecula) figurent parmi les oiseaux communs de la forêt. L'abondance d'insectes des rivières explique leur présence.

DSC04351 DSC04339DSC04285 - Copie

 

Le gouffre du Diable.

La gorge granitique du gouffre du Diable porte ce nom depuis les années 1930. Celui-ci lui a été donnée dans le but de promouvoir le tourisme local en jouant sur des images à la fois romanesques mais aussi religieuses. Ainsi est née la légende selon là quelle cette cavité, où passe la rivière d'Argent, serait l'entrée des Enfers.

DSC09293 DSC09308

 

L'hépatique à large thalle (Conocephalum conicum).

 Les hépatiques sont des cousines des mousses (Bryophytes). Cette espèce apprécie les zones humides et soumises aux embruns d'eau douce comme ceux que peut dégager un torrent. Sa répartition sur le territoire français est disparate. Elle est absente dans certaines régions en raison de la perte de son habitat et de la pollution à la quelle elle est sensible même si dans certaines conditions elle peut avoir une fonction dépolluante. 

DSC04442 DSC04440DSC04439

 

La vallée du Fao.

L'action de l'eau aux fils des siècles a mit peu à peu à nu les roches granitiques qui forment la strate géologique de la forêt. C'est dans cette dernière que de nombreuses mines ont été ouvertes pour extraire la cérusite. On peut prafois tomber sur ces exploitations qui sont désormais fermées. Cependant il faut bien prendre garde à ne pas s'y aventurer pour ne pas déranger les populations de chauves-souris qui y vivent et ne pas se mettre en danger.

DSC09378 DSC09331DSC09363

 

La rivière d'argent.

 Cette rivière longue de 18 kilomètres tient son nom des mines argentifères la bordant d'où son surnom de "ruisseau de la mine" (Stêr Arc'hant). Par endroits il est possible de voir de vieilles ruines la surplombant. On pourrait alors y voir des châteaux et des donjons ayants subis les affres du temps après le passage d'un dragon.

DSC09370DSC09374 DSC09386DSC04425

 

Un peu de mycologie.

Que ça m'a manqué et quel plaisir de trouver quelques champignons !  À gauche il s'agît du bolet à beau pied (Boletus calopus), qui bien que beau n'est pas bon en raison de sa forte amertume. À gauche il s'agît de petites girolles (Cantharellus cibarius) trouvées dans la mousse totu au bords de l'eau. Un véritable plaisir.

DSC09395 DSC09366 - CopieDSC04293DSC09373 DSC09391 - Copie

 

Le mot de la fin.

Super nuit dans un cadre plutôt magique. Se promener tôt le matin, au lever du soleil, dans la forêt permet d'en voir un tout autre visage. Les nombreux charmes (Carpinus betulus) qui la compose forment un véritable écrin au dessus des chemins de randonnée. Bref, le temps de nous promener un peu dans le village, d'acheter du miel à l'apicultueur du coin (ses miels sont vraiment top), et nous revoilà parti une fois de plus pour le bord de mer.

DSC09417 DSC09324DSC09404


mardi 20 décembre 2016

Destination Bretagne : Locronan.

DSC08796

 Nous voilà enfin à Locronan ! Le village est extraordinaire. Celui-ci est fait tout de pierre grise et cadre avec la brume de ce jour. Il faut savoir qu'il jouit d'une belle réputation, en particulier depuis qu'il a été dans le trio de tête du "Plus beau village des français 2015". Néanmoins nous avons pu parcourir ses rues sans nous trouver pris dans une marée humaine comme c'est souvent le cas dans les ruelles dès que le soleil fait son apparition.

 

 Une ville tournée vers la mer.

 On pourrait se croire à l'intérieur des terres. Néanmoins la mer est présente partout à Locronan, que ce soit dans les maisons, sur les murs ou même dans les pavés des trottoirs. Pendant longtemps la ville fût animée par une manufacture de voiles pour les navires. Aujourd'hui c'est du tourisme qu'elle tire bénéfice. Chaque année les quelques 800 habitants voient défiler par moins de 400 000 touristes, en particulier les soirs de marché.

DSC08799 DSC08802DSC08821

 

Un patrimoine unique.

Depuis 1924, le village est classé aux "Monuments histoirques" de part son charme. Cela explique l'abondance de films tournés ici, pas moins de 25 dont certains ayant une belle renomée comme "Un long dimanche de fiançailles" de Jean-Pierre Jeunet et de Guillaume Laurent mais aussi de boutiques atypiques et hors normes.

DSC08958 DSC08945DSC08822 - CopieDSC08977 DSC08981

 

 Les hortensias (Hydrangea sp.).

Voici les traditionnels hortensias. Ils ont la particularité de bien se plaire en Bretagne du fait du climat doux de la côte et de son ensoleillement particulier. Ils peuvent par endroit former de véritable buisson et parfois même des arbustes. C'est une institution que d'en avoir dans son jardin pour le plus grand bonheur des moineaux. 

DSC08803 DSC08804DSC08920DSC08815 DSC08917

 

La boutique magique.

Petite pépite cachée au détour d'une ruelle : une boutique proposant des oeuvres d'artistes locaux mais surtout, des masques africains et asiatiques traditionnels, de VERITABLES masques traditonels et le tout à des prix vraiment minimes. J'ai suivie une licence de socio-anthropologie et pendant celle-ci je me suis prise de passion pour les masques Dogon alors imaginez mon émerveillement dans cette véritable caverne d'Ali Baba !

DSC08964 DSC08969

 

Découvrir la ville.

Autre boutique à voir impérativement, la librairie celte. Ne vous laissez pas impressionner par l'armure de l'entrée ou les toiles d'araignée, cette librairie est super ! Non seulement on y trouve de nombreux ouvrages sur la Bretagne mais aussi tout une série de livres sur le merveilleux, les mythes, l'Histoire et même sur les Enfers.

DSC08816 DSC08820DSC08974DSC08939 DSC08940

 

Cacahuète.

 C'est la mascotte locale. Ce croisé birman se laisse facilement approcher et ne dit pas non à quelques caresses avant de filer. Appelés aussi sacrés de Birmanie, les birmans sont des chats à poils longs (de par leur croisement avec des persans) dont la race serait apparue en France dans les années 1920 et qui est reconnue depuis 1950. 

DSC08931 DSC08926

 

La boutique de la mer.

C'est une autre des boutiques que nous avons adoré pendant notre périple, d'ailleurs de nombreux éléments de décoration de notre petit appartement viennent de là. On y trouve des filets de pêches, une multitude de coquillages et d'étoiles de mer, des oursins et des coraux et même, quelques fossiles de poissons préhistoriques.

DSC08860 DSC08854DSC08985

 

Le mot de la fin.

Vraiment, Locronan est un village est à voir et surtout, à dévorer ! N'hésitez pas à vous rendre à la petite boulangerie faisant face à l'église pour déguster le meilleur des kouign-amanns et bien d'autres spécialités comme les sablés Bretons. Après ce périple de deux jours, direction Brest et son jardin botanique aux mille trésors.

DSC08954 DSC08942

dimanche 23 octobre 2016

Destination Bretagne : Belle Île en Mer.

DSC02913

Nous voilà partis pour Belle-Île-en-Mer. Le soleil c'est fait quelque peu discret pendant cette journée mais nous n'avons pas subit de grosses pluies. Faisant partis des îles de Groix, l'île est une des plus grandes de la côte bretonne au point de comporter quatre communes indépendantes en son sein.  

 

Sous la pluie de Bretagne !

 La Bretagne s'en tient à sa réputation. Notre séjour a été ponctué par des ondées de bruine et de pluie. Rien de grave, nous avons pu profiter de notre virée et chevaucher fièrement nos vélos. C'est une activité très populaire sir l'île. Autre fait à la mode, le porté de kawai. C'est peu glamour, je l'accorde, mais au combien pratique !

DSC03036 DSC03012

 

L'île aux chevaux.

 Nous avons été surpris de rencontrer énormément de chevaux sur l'île. Qu'ils soient nains, de monte ou de trait, on en croise dans tous les champs. Avant d'être très colonisée par les hommes, Belle Île en Mer était une vaste lande boisée. Depuis les arbres ont laissé place à des cultures en particulier du maïs et de l'orge.

DSC08592 DSC08611DSC08591

 

Les abords et les plages.

 Quelles sont belles les plages de Belle Île en Mer mais quelles sont dangereuses également ! Bien que très accueillants, les bords de l'île s'avèrent dangereux. Les tempêtes font rage dans cette partie de la Manche et hier comme aujourd'hui, il n'est pas rare que des naufrages y soient engloutis par les flots. Le dernier et plus marquant de ceux-ci reste celui du pétrolier de l'Erika en décembre 1999 qui déversa plus de 30 000 tonnes de fioul.

DSC08639

 

Le fucus vésiculeux (Fucus vesiculosus).

Cette algue brune de la famille des varechs est commune dans plusieurs mers du Nord, dans l'Océan Atlantique et dans l'Océan Pacifique. Elle se reconnaît en partie à ses flotteurs atypiques, les pneumatocystes, qui servent de bouée au fucus pour se maintenir à flot au plus près de la lumière du soleil qui filtre à travers l'eau de mer. Actuellement il est utilisé dans l'industrie pharmaceutique mais sa population diminue dramatiquement.

DSC03141 - CopieDSC08677 DSC08676DSC08675

 

Les algues vertes (Ulva armoricana).

Voici une des deux espèces d'algues vertes qui parfois provoquent des marées vertes quand elle se trouve en trop grand nombre : Ulva armoricana. On la connait aussi sous le nom de laitue de mer. On la trouve souvent sur les bords de mer car fragile, elle se fait souvent emporter par les courants marins violents. On peut également rencontrer un animal très particulier, l'actinie rouge (Actinia equina), une anémone de mer aux tentacules brûlants.

DSC08666 DSC08667DSC03144

 

Le goéland argenté (Larus argentatus).

Il diffère que très peu du goéland leucophée (Larus michahellis) dont il n'a été séparé que très récemment et sur le motif que le plumage chez les jeunes oiseaux qui sont dans leur deuxième année ont un plumage sur les ailes légèrement différent. La variabilité génétique de la population a elle aussi été retenue pour fait la distinction. 

DSC03221 DSC03125DSC03245DSC03109 DSC03119

 

La culture et l'architecture.

Belle Île en Mer s'inscrit dans la culture architecturale de Bretagne. Avec ses couleurs vives, ses maisons de pierres et ses hortensias, le tableau est complet. On y trouve même plusieurs phares typiques de la région dont le grand phare de Kervilahouen qui ce jour là, était plongé dans la brume. Il est même possible de le visiter.

DSC03156 DSC08600DSC03162

 

La criste marine (Crithmum maritimum).

Parfois appelée fenouil marin, la criste marine est une plante à fleurs discrètes et aux feuilles charnues. Réputée pour son goût de carotte parfumé (que je n'aime pas du tout), c'est une plante dont la cueillette est réglementée au niveau national. C'est également une espèce déterminante pour la constitution de certaines ZNIEFF.

DSC03232DSC08658 DSC08659DSC08660

 

Les oiseaux de l'île.

Nous avons pu croiser de nombreux oiseaux sur l'île. Les espèces y sont diversifiées en raison du grand nombre d'habitats présents sur le site et de son enclavement. Certaines espèces comme les grives (Turdus sp.) et plus particulièrement le merle noir (Turdus merula) évoluent dans tous les milieux et il n'est pas rare de les rencontrer sur les plages entrain de fouiller le sable pour se nourrir de vers ou chercher ce que la marrée a pu rejeter.

DSC02949 DSC02987DSC03099

 

Présentation de la végétation.

 On compte plus d'une vingtaine d'habitats sur l'île. De ce fait, et tout comme pour les oiseaux, on trouve une grande diversité d'espèces. Néanmoins, si on est tenté par la rencontre avec des espèces rares, il est recommandé de s'aventurer sur les bords de mer et les bars de mer. Attention ! Il faut prendre garde à rester dans les sentiers pour ne pas détruire l'environnement qui est particulièrement fragile (et aussi pour ne pas se blesser).

DSC03233 DSC03234DSC03235

 

Le panicaut champêtre (Eryngium campestre).

 Il est l'hôte d'un champignon assez recherché et délicieux, la pleurote du panicaut (Pleurotus eryngii). C'est un légume oublié, très consommé sous l'antiquité en particulier dans le monde grec. On l'utilisait parfois pour trouver l'amour à travers des plats gourmands et de filtres d'amour. Il est protégé dans certaines régions.

DSC08628 DSC08643

 

Les aiguilles de Port-Coton.

Ce sont de grandes roches marines érodées (des stacks) sortant tels des piliers hors de la mer. Les aiguilles font face à une minuscule plage qui ne peut être atteinte que par la mer. Cela assure une grande tranquillité pour les différentes espèces d'oiseaux marins qui vivent et s'abritent dans les anfractuosités des falaises.

DSC03192 

 

La végétation des bords de mer.

Quelle surprise pour nous de voir ces espèces poussant entre-elles ! D'ordinaire nous rencontrons l'immortelle commune (Helichrysum stoechas) dans les Calanques de Marseille et les fougères et la clématite des haies (Clematis vitalba) dans ma belle Isère. Le résultat donne un beau mélange, surprenant mais parfumé. 

DSC08649DSC08642 DSC08654

 

Le statice de Dodart (Limonium dodartii).

Protégé, on ne le trouve que dans quelques départements longés par l'Océan Atlantique et par la Manche. C'est une plante résistante qui a besoin de conditions très particulières, à savoir un sol pauvre en nutriments et avec une salinité élevée, un climat maritime fort, une humidité moyenne et une exposition au soleil importante.

DSC08661 DSC08662

 

Le mot de le fin.

Voilà une journée forte en émotions. Avec 30 km dans les pattes et les yeux pleins de merveilles, nous n'avons pas eu de mal à trouver le sommeil au chaud dans notre petit hôtel-restaurant de Lorient, Les pêcheurs, que je ne peux que vous recommander. Pour le prochain article, nous partons du côté de Pont Aven et de ses galettes.  

DSC08681

mercredi 28 septembre 2016

Destination Bretagne : Les menhirs de Carnac.

DSC08543

 Je n'ai été que rarement saisie par un tel spectacle. Les alignements des 3000 menhirs de Carnac sont à couper le souffle. Vieux de 4000 à 7000 ans, ils ne peuvent susciter que l'admiration vis-à vis de nos ancêtres du néolithique. À savoir, un menhir est une pierre ou une roche plantée/drésse dans le sol. Bien que ça soit en Europe (surtout de l'Ouest) qu'on en rencontre le plus, on peut en trouver un peu partout dans le monde. 

 

Les formes du mégalithisme.

 Les édifices mégalithiques sont des vestiges dont ne connaît pas vraiment la symbolique pour les hommes qui les ont érigés. En Europe on en rencontre plusieurs formes comme les menhirs (définis en présentation), les dolmens (qui sont des tombeaux de pierres), les Cromlech (cercles de dolmens) ou encore les alignements (lignes de menhirs comme ici). Ils sont liés à des pratiques et cultes dit paganiques dont il ne reste pas d'écrits.

DSC02807 DSC08541DSC02809DSC08548 DSC08550

 

Le moineau domestique (Passer domesticus).

 Dans l'excellente crêperie du site (présentée plus bas dans l'article), il est possible de rencontrer une troupe de moineaux domestiques. Commun au point de devenir banal, ces oiseaux souffres du peu de considération qu'on leur porte. Si leur comportement est bien connu, l'état de leur population ne l'est plus du tout.

DSC02841

 

Le lapin de Garenne (Oryctolagus cuniculus).

Il se plaît énormément dans les pelouses rases du bord de mer mais aussi dans les terres. Présent partout en France, sa population décline doucement (sans pour autant être menacée) du fait de la perte de son habitat et de l'arrivée de nouvelles maladies. C'est la souche de la plupart de nos lapins d'élevage et de compagnie.

DSC02857 DSC08570DSC08573

 

La cêrperie Au Pressoir des alignements de Carnac.

Je fais rarement de la pub pour un endroit où j'ai pu manger mais cette crêperie en vaut largement la peine. Loin de celles que nous avons pu tester sur Vannes (de vraies attrape-touristes !), nous nous sommes tout bonnement régalé. Petits prix, cadre superbe, ambiance sans chichis et bonne cuisine ... elle a tout pour plaire.

DSC08562 DSC08563

 

Le pin maritime (Pinus pinaster).

La Bretagne est faiblement boisée et pourtant, l'exploitation des pins maritimes est une ressource importante pour la région. Ces pins peuvent pousser sur une grande variabilité de sol dont les sols granitiques et ceux de grès. Leur croissance rapide et leur bois de qualité en font d'excellent éléments pour les charpentes et les menuisiers.

DSC08552

 

Le mot de la fin.

Quelle chance de pouvoir passer la nuit sous tente juste à côté de ce site exceptionnel accompagnés par le bruit des chouettes et des animaux de la nuit. Il nous a fallu bien prendre du repos car le lendemain s'annonce épique : une trentaine de kilomètres en vélo pour découvrir Belle Île en Mer et ses paysages de rêves sous la pluie.

DSC02866 DSC08557

jeudi 31 mars 2016

Une nouvelle série d'émissions en vue.

 

Le pouvoir des plantes :

Ce n'est pas un mystère, je suis passionnée de naturalisme, de mycologie, de botanique et ethnologie. De ce fait j'ai lancé un nouveau format vidéo très court qui me prend bien moins de temps que ceux expérimentés jusqu'ici (pas plus de  5 heures pour tout réaliser). Les vidéos ont pour sujets les plantes mais pas n'importe les quelles, celles ayant un rapport bien particulier aux hommes : les croyances magico-religieuses. Bon visionnage !

 

Pouvoir de plantes est une petite mission d'ethnobotanique, d'une à deux minutes, qui traite des plantes et en particulier de celles aux quelles les hommes ont prêté (et prêtent parfois encore) des vertus et des pouvoirs magiques. Pour ce premier épisode, nous partons à la découverte de l'ancolie, la plante des amoureux mais aussi des empoisonneuses et pour cause, elle est l'une des plantes les plus dangereuses d'Europe.

 

Pouvoir de plantes est une petite mission d'ethnobotanique, d'une à deux minutes, qui traite des plantes et en particulier de celles aux quelles les hommes ont prêté (et prêtent parfois encore) des vertus et des pouvoirs magiques. Pour ce deuxième épisode, nous partons à la découverte de la belladone, la plante des sorcières et des médecins de campagnes qui faisait le bonheur des belles italiennes.

 

botticelli_birth_venus_21


lundi 12 janvier 2015

La roseraie de l'Abbaye de Valsainte.

PB010616

 L'été indien dans le sud, les champs de lavandins fauchés, le soleil qui cogne fort et les nuits qui se font fraîches... c'est un petit bout de vacance après l'heure. Lo'ccasion est toute trouvée pour visiter les jardins et plus particulièrement dans la roseraie de l'abbaye de Valsainte.

PB010520 PB010494

PB010516 PB010521

 Conférence pleine de bon conseils sur le composte avec le chroniquer radio Jean-Yves Meignen (qui est aussi le jardinier de l'abbaye). Alros oui dit comme ça, ça fait pas très glamour, voire un peu cracra quand on imagine une montagne de déchets organique mais qu'est-ce que c'est utile au jardin !

PB010512

 L'argousier commun (Arbutus unedo) est un arbre méditerranéen qui produit des fruits comestibles. Plante pyrophile (qui résiste au feu), feuilles, fruits, racines, écorces etc. sont utilisées pour leurs propriétés médicinales. L'argousier serait anti-inflammatoire, diurétique, instringeant, anti-diarrhéique et efficace contre les rhumatismes.

PB010624 PB010575

PB010641 PB010643

 Le jardin de l'abbaye a une histoire particulière. Situé sur un site religieux datant du paléolithique, il fût le lieu de culte de nombreuses religions (plus ou moins sectaire). Dragons, vierges et divinités de la nature étaient associés aux étranges rochers qui l'entourent.

PB010590

Le Mont de l'Olivier est ici non pas un hommage a cet arbre emblématique du Sud mais au Mont des Oliviers, colline qui se situe à l'est de Jérusalem. C'est là, dans le région chrétienne, qu'aurait eu lieu l'Ascension du Christ. De nombreux monuments religieux des trois religions monothéistes majeurs y ont été érigés.

PB010560 PB010563

PB010565 PB010556

 Un superbe chêne blanc (Quercus pubescens), vieux de plus de 300 ans et classé arbre remarquable depuis 2011 surplombe le jardin de l'"Occitan". Il pousse sur un immense rocher que les anciens du pays avaient nommé le dragon et auquel ils prêtaient de nombreux pouvoirs magiques.

PB010608

Le chêne blanc tient son nom aux poils fins qui couvrent ses feuilles et ses jeunes écorces et qui lui donne un aspect blanchâtre. Peu exigeant, il se plaît en de nombreux endroits et fait parti des chênes truffiers. Lui aussi fait parti des espèces récitantes au feu.

PB010579 PB010586

PB010627 PB010633

Le jardin est auto-suffisant en eau et nécessite peu d'entretient. Le paillage et le compostage se font à partir des tiges de lavandes et de lavandins des champs alentours. Ceux-ci sont utilisés pour l'industrie de la parfumerie.

PB010568

 Refuge des oiseaux, le jardin appartient à la LPO (ligue de protection des oiseaux). On peut y apercevoir par exemple le circaète Jean le Blanc, la mésange bleue, la fauvette à tête noire, le verdier ou encore le chardonneret.

PB010509 PB010505

PB010506 PB010508

Je profite de cette occasion pour vous présenter quelques roses que l'on peut rencontrer dans le jardin.
Sourire d'Orchidée est un rosier grimpant créer à partir d'espèces anciennes doux la finesse de ses fleurs et son parfum marqué. Il fleurit de mars à novembre et présente des pétales blanc-rosés.

PB010523

 Centenaire de Lourdes est un grand rosier lumineux aux fleurs roses massives.
Il peut se décliner en blanc, en nacré ou en rouge passion.

1PB0104802PB010481

3PB0105314PB010532

Pullman Orient Express (1 et 2) est un rosier aux fleurs incroyables présentant un coeur jaune ourlé d'un rose profond. Il figure parmi mes rosiers préférés.
Marie Laforêt (3 et 4) est un rosier beaucoup plus discret et délicat aux couleurs pastelles.

PB010544

 Vent d'Eté est parfait pour parfaire les haies. Sa floraison prolongée et son dense feuillage vert habillent facilement les bosquets à l'abandon. Il tire sa rusticité des espèces sauvages de rosiers, les églantiers.

PB010535 PB010537

PB010539 PB010496

The Fairy est un petit rosier qui porte bien son nom. Issu lui aussi de rosiers anciens, il aime les zones de mi-ombre, les sols riches en humus et légèrement calcaire. Il ne craint pas l'hiver à condition qu'il soit doux. 

PB010493

Une bien belle sortie lors de ses portes ouvertes qui nous ont permit de découvrir le charme de la région.
Fleurs, arbres remarquables, fruits sucrés et magie des vieilles pierres ne manquent pas de donner un charme
tout particulier au lieu et à sa dimension sacrée. 

PB010625 PB010529

PB010554 PB010661

dimanche 23 mars 2014

Dame Sorcière.

Toujours dans mon approche plus ou moins ethnographique des plantes, des animaux, des traditions oubliées et de la nature dans son ensemble, j'en suis venue à me pencher sur ce que l'on nomme dans le langage courant la Sorcière:

http://chezguizbis.blogspot.fr/2012/03/inspiration-mucha.html

Dans l'imaginaire européen, la sorcière est le plus souvent représentée sous les traits d'un vieille femme laide, méchante et sale qui utilisent des ingrédients farfelus dans un chaudron pour créer des poisons et des filtres d'amour.

Mais dans les faits, qui étaient ces femmes qui, à la Renaissance, avaient une bien sombre réputation au point de finir sur le bûcher?

Les sorcières et sorciers étaient des femmes et des hommes, nomades ou non, qui ont hérités des religions dites païennes la connaissance des plantes et du corps, la croyance magique et les rituels. À l'image des prêtresses nordiques, ils étaient appelés comme guérisseurs, voyants, médiums, jeteurs de sorts, empoisonneurs ou comme purificateurs en échange d'argent, d'un bon repas ou/et d'offrandes diverses.
Avec la christianisation, les pratiques magiques et les soins par la nature ont été diabolisés en étant relégués au rend d'hérésie.

Les recettes des filtres magiques et des potions de guérisons étaient jalousement gardées. Des codes étaient utilisés pour permettre aux initiés de comprendre les écrits et de les protéger des curieux. Ainsi les ingrédients et les actions pouvaient paraître des plus insolites aux yeux des non initiés (sic: l'emploi de la traditionnelle bave de crapaud).

Voici une petite liste glanée sur le net non exhaustive des correspondances entre les formules employées et les plantes. Attention, chaque époque et chaque lieu a son propre vocabulaire de sorcière,ici ne figure qu'un des nombreux langages employés par ce que l'on nommait les hommes et femmes médecine:

Aile de chauve-souris => houx
Arbre à concombre => magnolia

Baton de jupiter => molène
Bec d’oie => potentille
Belle dame => belladone
Bile humaine => sève de navet
Blé des fourmis => chiendent
Blé noir => sarrasin
Bois de mai => aubépine
Bois de vie => bois de gaiac
Bourreau des arbre => lierre grimpant
Bourse à berger / bourse de capucin => bourse de pasteur
Bouton d’or => ficaire, renoncule
Brosse à chevaux => prêle des marais
Buisson ardent => fraxinelle

Caille-lait => gaillet
Cillot => molène
Capuche de moine / casque de jupiter => aconit
Cassave => manioc
Casse-pierre => renouée
Cendrée => chélidoine
Cervelle de chat => gomme de cerisier
Char de Vénus => aconit
Chasse-diable => millepertuis
Cheveux de Vénus => capillaire
Cheveux du diable => cuscute
Cloche d’argent => viome
Coeur d’aigle => absinthe
Coeur de berger => bourse de pasteur
Corbeille d’argent => alysse odorant
Corail rouge => piment rouge
Corne de licorne => hélonias
Coudrier => noisetier
Courrone de terre => lierre
Crache-venin => bryone
Crinière de lion => origan des marais
Cumin des près => carvi

Dent de lion => pissenlit
Disocorée chevelue => igname

Echelle du Christ / herbe à fièvre => centaurée
Ecorce sacrée => cascara
Eupatoire des Anciens / herbe à la trompette/ herbe de saint John => aigremoine

Faux buis => busserole
Fée verte => absinthe
barda
Fenouil puant => aneth
Férule fétide => asa foetida
Fève de loup => hellébore
Fiel de terre => fumeterre
Figuier d’inde => banian
Fleur de chocolat => géranium

Gant de fée /gant de Marie => ancolie
Gant de Notre Dame => digitale
Gazon de Marie => alysse
Gommier bleu => eucalyptus
Graine d’Horus => marube
Gratte-cul => églantier
Grippe de loup => lycopode
Gueule de chien => gueule de loup

Hélénine => grande aunée
Hellébore des Anciens => verâtre blanc
Herbe à bouteille => pariétaire
Herbe à la coupure / herbe du cardinal => grande consoude
Herbe à l’ail => alliaire
Herbe à lait => polygala vulgaire
Herbe au somme => jusquiame noire
Herbe au cents goûts => armoise
Herbe aux mille trous / herbe de la saint Jean => millepertuis
Herbe aux myopes => euphraise
Herbe aux sorcières => belladone
Herbe aux sorciers => datura
Herbes à verrues => chelidoine
Herbe de l’enchanteur / herbe de sainte Marie => verveine
Herbe de saint Jacques => jacobée
Herbe des vierges => absinthe
Herbe du bonhomme => lierre terrestre
Herbe du bon soldat => benoîte
Herbe sacrée / herbe sainte => yerba

Jasmin sauvage => jasmin de virginie

Lait de louve / lait de serpent => euphorbe
Lait de notre-Dame => chardon-marie
Laitue des chiens => chiendent
Laitue indienne => pourpier d’hiver
Langue d’addition => cornouiller
Langue de cheval => liatrix
Langue de moineau => renouée à fleur
Langue d’oie => grasette
Langue de serpent => erythrone
La sorcière / l’élégante / maître des bois => aspérule
Lilas les indes => margousier
Lys de la vallée => muguet

Manteau de Notre-Dame / manteau des dames => alchémille
Maroute => camomille puante
Mauve indienne => abutilon 
Mescal => peytol
Millet des Indes => maïs
Molène => bouillon-blanc
Morelle grimpante => douce amère
Mousse d’Irlande => carragheen
Moutarde des allemands / mourtarde des capucins => raifort
Museau de veau => gueule de loup
Museau de porc => pissenlit

Navet du diable => bryone
Noisetier des sorcières => hamamélis

Oeil de cheval => grande aunée
Oeil du Christ => sauge
Ombrage des bois / pain de saint Jean=> caroubier
Oreille de souris => piloselle épervière

Pain du coucou => plantago
Patience crepue => patience sauvage
Patte d’ours => acanthe
Patte de chat => asaret
Patte de corbeau (ou de corneille) => géranium tâcheté
Patte de crapaud => noyer cendré
Patte de loup => bugle rampant
Pas d’âne /pied d’âne / pied de taureau => tussilage
Perce-muraille => pariètaire
Petit chène => veronique germandrée
Petit houx => fragon épineux
Pied de griffon => hellébore noire
Plante du tonerre => joubarbe
Plante royale => basilic
Plume d’aigle => ail sauvage
Plume de paon => coquelicot
Poivre à queue => cubère
Polypode du chène => polypode (ou fougère)
Pomme épineuse => datura
Pommier d’arménie => abricotier
Poupée de cire => fumeterre
Prune de java => jamelongue
Punaise mâle => coriandre

Queue de cheval /queue de chèvre=> prêle
Queue de cochon => fléau du léopard
Queue du chapon => valériane
Queue de renard => prêle ou amarante
Quintefeuille => potentille rampante

Racine de l’amour => racine de patchouli
Racine d’oeil => hydratis
Racine de Licorne => alétris
Raisin de renard => parisette à 4 feuille
Raisin d’ours => busserole
Réglisse des bois => polypode
Reine de la nuit => vanille
Reine des près => ulmaire / pygamon (toxique)
Rouvre => chêne
Roseau aromatique => acore vrai (appelé aussi calami)
Rose de noël => hellébore noire
Rudbeckie pourpre => echinacée (populaire en allemagne)

Sabline rouge => arenaria
Sabot de Vénus => valériane américaine
Salivaire => pyrèthre d’afrique
Sang => sang de dragon (résine rouge tiré du dragonnier) / sève de sureau noir
Sang d’Arès => pourpier
Sang de chatte => verveine
Sang d’oie => lait de murier
Sang de nez => millefeuille
Sang de titan => laitue sauvage
Sang d’héphaistos => absinthe
Santé de l’homme => ginseng
Sensitive => mimosa
Serpentaire => clématite
Soucis des jardins => soucis ou calendula
Sparte => genet d’espagne
Sperme d’amon => joubarbe
Sperme d’Hélios => rose de Noël
Sperme d’Hermes => aneth

Tabac indien => lobélie
Tête de grenouille => renoncule
Thé des abyssins => qat
Toile d’arignée => cuscute
Trifiol => trèfle
Tue-loup /tueur de brutes /tueur de femmes / tueur de léopard => aconit napel
Turquette => herniaire

Verbénaire => verveine
Verge des ménagères => genêt à balai
Violette du sorcier => petite pervenche

Yeux de chat => chicorée sauvage

http://postlucemtenebrae.eu/luis-ricardo-falero_maitre_sorcieres/

Bref, voilà un inventaire à la Prevert qui peut donner un autre regard sur les pratiques du passé en particulier, sur les soin par les plantes, à une époque où les médicaments et les techniques médicales n'étaient pas celles-d'aujourd'hui. D'ailleur, herboristerie et médecine n'étaient pas dissociées l'une de l'autre, comme l'explique ce long texte du dénommé "Karsho":

"L’histoire des plantes médicinales

Se soigner par les plantes est une forme de médecine aussi ancienne que peut l’être la conscience humaine. Des études ont observé le comportement de certains animaux qui consomment sans se tromper des plantes comestibles. La connaissance des plantes a souvent commencé par l’observation des animaux. Les moutons par exemple, broutent d’eux même la fougère mâle quand ils souffrent de vers intestinaux. La fougère mâle est un remède contre le ver solitaire connu depuis la plus haute antiquité.
Les effets sur l’organisme de la consommation de plantes sauvages ont été observés pendant des millénaires. Consommées régulièrement en période de disette, on ne peut manquer de constater certain effets : laxatifs, diurétiques, constipants, sudorifiques, adoucissants, …
Au XVIIIè siècle par exemple, on ajoutait de la farine de glands au pain. On utilisait aussi les glands pour faire du café pendant la seconde guerre mondiale.
Mais les intoxications sont toujours un risque à garder à l’esprit.

Les premiers textes médicinaux parvenus en France provenaient de Chine, Egypte et Mésopotamie, montrant

http://postlucemtenebrae.eu/luis-ricardo-falero_maitre_sorcieres/

ainsi que le savoir thérapeutique existait déjà il y a 3000 ou 4000 ans. A l’époque, la médecine était surtout pratiquée à base de rituels magiques, puis furent développés des remèdes à base de minéraux, d’animaux et surtout de végétaux.
On sait que les Egyptiens connaissaient les propriétés sédatives du pavot ou encore que les Assyriens utilisaient correctement la belladone contre les spasmes.
Toute la base de la médecine occidentale se retrouve dans les médecines grecque, latine, arabe.
Au Moyen Age, l’Europe connaît une période d’extrême ignorance, tous savoirs étant mis à l’écart par l’Eglise. Le savoir médical est alors réservé aux ecclésiastiques. Les « non prêtres » utilisant un savoir médical quelconque avaient vite fait de passer pour hérétiques.
C’est à partir de la Renaissance que les textes anciens sont « retrouvés ». L’Antiquité est un sujet qui passionne. Les peintures et sculptures représentent les héros des mythes grecs. On traduit, on compile des ouvrages, et la connaissance des végétaux se précise. Le XVIè siècle est marqué par un grand intérêt pour les plantes, en témoignent quantité d’ouvrages et de publications très illustrées. Tout ce savoir, ces livres, vont se propager jusque dans les campagnes où il va se mêler aux savoirs populaires. Le fond devient commun mais chaque région y ajoute ses
propres connaissances ancestrales. Citons par exemple le suc d’ortie, préconisé par Dioscoride (1er siècle) contre les saignements de nez. En 1980, on retrouvait cet usage de l’ortie à Banon (Alpes de Haute Provence). Mais si le suc d’ortie a eu sa place dans un livre, ce n’est pas le cas de toutes les plantes, comme le plantain œil de chien qui est utilisé dans la médecine populaire sans avoir été mentionné dans un quelconque ouvrage.
Ainsi, l’intérêt pour l’Antiquité et la redécouverte des savoirs a établi les bases d’un savoir « savant » qui nous conduira vers la médecine moderne que nous connaissons actuellement.

 

 Le remède du peuple

De tous temps, il y a eu la médecine des riches et la médecine des pauvres. Voici une citation qui résume bien l’idée :
« Les hommes qui appartiennent aux premières classes de la société ont sur les propriétés des médicaments des préjugés qu’il serait dangereux de heurter : ils aiment la multiplicité des remèdes, ils prennent pour de grandes vertus la singularité de leurs noms, leur rareté et surtout leurs prix élevés. Médecins, n’allez pas leur prescrire ces végétaux précieux mais d’un emploi trop vulgaire, que la nature fait croître abondamment dans nos campagnes, réservez les pour le peuple. Voulez vous donner une haute idée de votre génie? N’ordonnez jamais que des remèdes extraordinaires, ou des substances amenées à grands frais des contrées les plus éloignées. »
MONTFALCON, Dictionnaire des sciences médicales, 1850

 

http://postlucemtenebrae.eu/luis-ricardo-falero_maitre_sorcieres/

Les fortunéss ont toujours préféré le recours aux remèdes et drogues exotiques, aux épices, aromates et résines comme le benjoin et la myrrhe. Toutes ces substances étaient très coûteuses et très souvent falsifiées. Le principe était qu’un médicament était d’autant plus efficace qu’il était cher et complexe.
Un exemple typique est la Thériaque. Cette composition était attribuée à Andromaque, médecin de Néron (1er siècle). Elle contenait plus de 100 produits différents, animaux, végétaux et minéraux, dont certains très toxiques comme l’opium ou le venin de vipère. A l’origine un remède aux poisons, la Thériaque est vite devenue un remède à tout faire. En 1884, la pharmacopée française en donnait encore une formule à 60 composants.
Bon nombre de recueils de recettes au XVIIè et XVIIIè siècles en particulier font état d’une grande quantité de recettes compliquées.
Il va sans dire que les pauvres ne pouvaient mettre en pratique ces formules.
Le mot « simple » fera son apparition au XVè siècle, désignant un médicament constitué d’une seule substance. Par la suite, il s’appliquera pour désigner les plantes médicinales.

Dans la société traditionnelle, le savoir sur les simples était indispensable pour survivre. Transmis de génération en génération, il s’enrichissait du savoir empirique et des recettes rapportées par les colporteurs, les pèlerins, les ouvriers saisonniers, …Ce savoir qui fait aujourd’hui sourire a su se préserver au fil du temps. Comme cité plus haut avec l’ortie, on gardait des recettes du 1er siècle et au delà.
Le savoir médical populaire a eu ses spécialistes : des guérisseurs qui préparaient potions et onguents auxquels ils ajoutaient leur propre pouvoir de magnétiseur. On venait de loin pour profiter de leurs recettes.

Après l’opposition médecine des riches/médecine des pauvres, une autre confrontation a vu le jour : savoir savant/savoir populaire. Bon nombre de médecins actuels jugent la médecine populaire avec dédain. C’est signe qu’un fossé s’est creusé entre les deux car la base de la médecine savante prend racine dans la médecine populaire. Cette dernière s’inscrit dans une association entre médecine, croyances magiques et religion. La médecine moderne s’est complètement émancipée de ces concepts non avérés scientifiquement.

 

 Les femmes et la médecine traditionnelle

C’est surtout par les femmes que c’est transmis le savoir sur les plantes dans les campagnes. C’était un domaine qui leur était souvent réservé et la connaissance des remèdes était l’une des rares libertés qu’elles avaient.
Ces guérisseuses étaient appelées les « bonnes femmes ». Sur les illustrations médiévales on voit souvent une femme choisir les plantes pour en préparer un remède.

 

http://www.calirezo.com/dotclear/index.php?post/2004/09/16/1054-sorcieres

Mais ces remèdes et cette liberté seront dénoncés par l’Eglise, principale détentrice du savoir et soucieuse de son influence sur le peuple. Les femmes détenant les secrets des plantes seront donc considérées comme sorcières et persécutées du XIIè au XVIIè siècle. Les pèlerinages aux saints guérisseurs ont ainsi toute légitimité.
Pour l’Eglise, la sorcière était celle qui avait partie liée avec les forces de la nature, considérées comme des forces mauvaises. Le Diable était parfois nommé « le maître qui fait germer les plantes ».
Quoi qu’il en soit, même si l’empirisme véhicule certaines erreurs, la médecine moderne a explicité et confirmé la valeur de bon nombre de « remèdes de bonnes femmes ». Malgré le dédain des médecins « savants », les guérisseuses parvenaient à soigner avant que ceux ci n’arrivent dans les campagnes. Très rares sont ceux qui ont reconnu leurs limites et le succès des "bonnes femmes" dee campagne. Citons le témoignage d’un célèbre médecin provençal au XVIIIè siècle:
« Ne sommes nous pas obligés de déclarer avec confusion l’impuissance où nous sommes de pouvoir secourir les malades, tandis qu’une femmelette guérit par un simple remède, à nous inconnu, la maladie qui nous parraisoit incurable. Les médecins qui ont de la bonne foi ne sauroient en disconvenir. »
Pierre Garidel, Histoire des plantes qui naissent aux environs d’Aix, 1715

De nos jours, les conditions sociales se sont nettement améliorées pour les femmes, et le rapport avec les herbes se transmet toujours. Les nouvelles héritières peuvent comparer avec des ouvrages de vulgarisation scientifique et modifier leurs pratiques vers un empirisme éclairé, limitant les erreurs potentielles.

 

 La médecine des signatures

Les Hommes ont pendant longtemps observé la nature. Ils y voyaient un espace soumis et guidé par la volonté du créateur. Toutes les réponses devaient être dans la nature, pour qui saurait décoder ces messages en formes, en couleurs, en comportements, des animaux, végétaux et minéraux. Tout un savoir s’est donc construit sur cette perception des analogies entre la nature et l’Homme.
De tous temps, les Hommes ont distingué les plantes aux particularités remarquables et offrant des similitudes avec des parties du corps ou des maladies.
Cette médecine par analogie était déjà pratiquée dans la Chine ancienne. Elle fut redécouverte en Europe à la Renaissance, via les travaux de médecins alchimistes parmi lesquels Paracelse (1493-1541), Porta (1540-1615), Crollius, …
Les alchimistes étaient d’accord pour dire que la forme, l’image des plantes étaient la signature de leurs pouvoirs, offerts par la volonté divine. C’est de là que vient le nom de « médecine des signatures ».
Cette pratique, qui ne manque pas de faire sourire nos esprits « scientifiques » modernes, en a quand même surpris plus d’un car de nombreuses vertus supposées par ce mode de thérapie se sont avérées réelles.
Cependant, la « mode » de l’analogie a aussi attribué des pouvoirs imaginaires aux plantes. Toutes les plantes capillaires devaient soigner le cuir chevelu et la noix, avec sa forme en cerveau, devait vaincre la folie. Mais aujourd’hui, sait on tout de la noix?
Le domaine sexuel a lui aussi (et lui surtout) fait l’objet de toutes les fantaisies. Tout le monde y voyait des analogies partout ou presque et toutes sortes d’interprétations ont vu le jour.
Prenons l’exemple de Crollius dans son livre La Royale Chimie (1624). Il parlait des racines d’orchidées sauvages à deux tubercules. L’un des deux était toujours plus flétri car c’est dans ses réserves que tige, feuilles et fleurs avaient prélevé l’énergie. Crollius écrivait que « [les deux tubercules] peuvent se corriger l’un l’autre : car le plus grand, plus haut et plus plein excite grandement au fait, mais le plus bas, mol et ridé, a un effet tout contraire : car au lieu d’eschauffer il refroidit, merveille de la sagesse de la nature. » C’est à dire que la même plante était supposée être aphrodisiaque ou anaphrodisiaque selon le tubercule choisi.

 

Source inconnue.

Voici un exemple d’analogie dont la science moderne a reconnu les vertus : le millepertuis. Ces feuilles ont de nombreuses glandes translucides bien visibles par transparence. Elles évoquent donc les blessures (trous) et la transpiration (image des pores de la peau). Les glandes de l’inflorescence sécrètent un suc rouge qui rappelle le sang.
On se sert encore du millepertuis comme cicatrisant et anti inflammatoire.

 

 Plantes médicinales et magie

De nombreuses plantes médicinales, et en particulier les plantes toxiques, ont été liées à la magie. Citons la plus caractéristique des familles : les Solanacées (belladone, jusquiame, datura, mandragore, …)
Ces plantes ont des actions sur le psychique : hallucinations, délires, …
Les breuvages hallucinatoires étaient utilisés par les sorcières médiévales pour la divination ou pour apaiser les douleurs. Le vol des sorcières était d’ailleurs très certainement une sensation de vol par hallucinations.
Les plantes ont fait l’objet de toutes les craintes et de tous les fantasmes, et tant que contre sort, amulette ou talisman. Toutes ces croyances finissent par créer des ambiguïtés. Le sureau par exemple est protecteur dans le nord de l’Europe (Scandinavie) et maléfique dans le Berry.

 Les rites de la cueillette

Un savoir très ancien a associé aux plantes des planètes et des signes du zodiaque. Il y a donc une période propice pour chaque plante. Généralement les plantes étaient cueillies en lune croissante, bien que l’on note parfois quelques exceptions. La rue par exemple était cueillie en lune croissante quand on la destinait à soigner la gorge et en lune décroissante pour un effet abortif.
Des recherches montrent que l’influence de la lune, observée par nos ancêtres, existe bel et bien.

Pendant longtemps, l’herboriste s’apparentait au prêtre et la cueillette était un véritable culte au végétal. La personne qui s’apprêtait à cueillir la plante la considérait avec respect et procédait à tout un rituel de purification : jeûne, abstinence, ablutions, vêtements blancs, … et s’approchait pieds nus puis s’agenouillait devant la plante.
On ne la coupait jamais avec du fer, considéré comme un métal vil, mais avec des métaux précieux comme l’or et l’argent. Une coutume consistait à déterrer la plante avec une pièce d’or.
En général on recommandait la cueillette à la main.
Parfois, quand la plante était considérée comme néfaste, on l’approchait à reculons pour la surprendre et éviter un quelconque maléfice du Diable.
De très nombreuses plantes étaient cueillies le jour du solstice d’été. On les appelle les Herbes de la St Jean. La plus symbolique d’entre elles, solaire par excellence, est le millepertuis.

 

http://www.pinterest.com/pin/97179304431222029/

De la gloire à l’oubli

Certaines plantes étaient si utilisées qu’on les croyait capable de tout guérir. On leur a donné le titre de panacées, du grec pan = tout et akos = remède. Parmi elles : la sauge officinale, la bétoine, la verveine officinale, …
Mais le temps faisant, certaines plantes à la réputation parfois surfaite ont été jugées « peu usités » ou « faibles » et leur usage a fini par disparaître.

Au début du XIXè siècle, le savoir populaire se dégrade et alimente les critiques de la médecine savante. Peu de temps avant la Révolution, les médecins de la Faculté avaient obtenu l’autorisation d’interdire les médicaments empiriques fabriqués par le non médecins et non apothicaires.
Au début des années 1800, les premiers principes actifs sont extraits (du pavot). C’est le début de la pharmacologie moderne qui signe le déclin de la médecine populaire.
Plusieurs causes ont précipité ce déclin :
- la prolifération des charlatans
- la mauvaise qualité des plantes vendues (abîmées, périmées ou falsifiées)
- l’exode rural qui rend difficile la transmission du savoir
- la baisse de confiance en comparaison avec les nouveaux médicaments.

C’est une véritable révolution pharmaceutique qui est en marche et qui fait table rase sur les fables. La technique remplace la tradition et la magie. Mais même si certains médicaments sont parfois indispensables (les antibiotiques par exemple) il ne faut pas oublier qu’il y a une plante derrière."

Nouveau: survolez les images pour voir apparaître la source!

samedi 21 décembre 2013

Le plus court jour de l'année.

60109904

(http://lepapillonbleu.canalblog.com/archives/2010/12/21/19917615.html)

Aujourd'hui c'est le solstice d'Hiver (que certains nomment Yule). C'est le moment où l'inclinaison de la Terre fait de sorte que notre hémisphère reçoit le moins les rayons du Soleil. Ce qui veut dire qu'à partir de demain les jours se rallongent!

C'est là que l'on fête de nombreuses fêtes païennes. Dans l'ancienne Egypte il correspond à la nouvelle année mais aussi à la montée du Nil qui fertilise les champs, chez de nombreuses tribus amérindiennes on le célèbre par la danse du Soleil, en Europe il correspond à Noël après que le moine Denys le Petit au VIe place la naissance du Christ au 25 décembre pour christianiser le vieux continent. Chez les romains il correspond aux Saturnales qui étaient fériées comme chez les juifs avec la fête d'Hanoucca.

Savoir que les jours s'agrandissent ne peux que mettre de bonne humeur!

Dieux et divinités de nos montagnes.

653267957

(Source: http://lemontventoux.skynetblogs.be/tag/symbolique+du+printemps)

Le n°48 de la revue "Histoire et Archéologie" dédiés aux religions alpines commence ainsi: "Lorsque les peuples abordèrent le massif alpin vers le septième millénaire, ils étaient porteurs d’une riche tradition iconographique. Bien qu’éloignés des sanctuaires franco-cantabriques, ils n’en restaient pas moins les héritiers d’une tradition prenant ses sources dans l’absolu mental humain. Les œuvres d’art pariétal de cette époque, ainsi que les gravures rupestres attestent la bonne facture et le haut niveau de leur religiosité."

Ainsi notre région à un passé riche. De nombreuses peuplades comme les allobroges y ont élues domicile et avec elles, leurs rites et leurs croyances. On retrouve tout un panthéon de dieux et de déesses souvent méconnus et dont parfois, la fonction c'est perdue. Voici donc quelques unes de ces divinités venues d'un autre âge (et en particulier dans la région Rhône Alpes).

A

- Adsmerius, dieux local picton, assimilé à Mercure. Vienne.

- Alambria, montagne divinisée, Mont Arambre. Isère et Hautes Alpes.

- Alaunius, dieu local rhodonien. Basses Alpes.

- Allobrox, dieu éponyme des allobroges. Hautes Alpes.

- Ambisagnus, dieu de la Gaule cisalpine. Massifs alpins.

- Andarta, déesse ourse nommée parfoit Artaius ou Artio. Drôme.

- Antaios, surnom de Mercure. Isère.

- Artio, déesse ours de Berne. Drôme.

B

- Baginus, génie local du mont Vonige, prés de Bésigan. Drôme.

- Bésignan. Drôme.

- Bagina, forme féminine de Baginatis. Isère.

- Baginatis, surnom de Jupiter. Isère.

- Bergimur, dieu localde la population cisalpine. Massifs alpins.

- Bormamus, sources thermales divinisées. Ain, Boûches du Rhône, Drôme.

- Bormana, associée à Bormanus ou à Apollon (qui rappelons le est le dieux de la médecine). Ain, Boûches du Rhône, Drôme.

- Bormo, dieu analogue à Bormanus. Savoie.

- Borvo, dieu associé à Bormanus ou à Appolon. Savoie, Nièvre.

C

- Carrus, montagne divinisée, Pic du Gar, puis assimilé à Mars. Basses Alpes.

- Cicirus,dieu local alpin assimilé à Mars. Basses Alpes.

- Comedoave, déesse Mère ou des mères. Savoie.

D

- Dervones ou Dervonnae, sortes de nymphes des arbres. Régions cisalpines.

- Divond, que l'on traduit par "divine", sources multiples personnifiées. Ain, Lot, Gironde.

- Dominae, déesse Mère ou des mère latinisée (dominae veut dire "maîtresse de maison"). Savoie.

- Dunalis, dieu défenseur associé à Mars et à Mercure. Ain, Isère, Nièvre.

- Dunisia, déesse locale. Loire.

E-F-G-L

- Eburricae. Rhône.

- Fagus, dieu du être. Massifs Alpins.

- Fonia, dieu local. Gaule cisalpine.

- Griselicae, eaux thermales divinisées en nymphes. Gréoult, BassesAlpes.

- Leucitica, déesse Cisalpine. Massifs Alpins.

M-N-O-P

- Mogniacus, dieu localassocié à Mercure. Ain, Isère.

- Matres, divinités anonymes ou nommées avec des épithètes locaux. Massifs alpins.

- Nemetiales, divinité protectrice d'un bois sacrée. Isère.

- Nervinae, dieu allobroge mais aussi des peuplades du Nord. Massifs alpins.

- Oberlerses. Ardèche.

- Osdiatae, déesse locale. Basses Alpes.

- Pluto. Isère.

R-S

- Revinus, dieu local cisalpin. Massifs Alpins.

- Robeo, dieu local cisalpin. Massifs Alpins.

- Rudianus, dieu éponyme du Pagus Royanensis assimilé à Mars. Drôme.

- Segama, "le victorieux", dieu assimilé à Mars. Alpes Maritimes, Rhône, Ain, Jura, Côte-d'or.

- Smertulas, surnom d'Essus. Gaule.

- Soio, source divinisée. Ardèche.

U-V

(Rappelonsque pendant longtemps ces deux lettres n'en formait qu'une.)

- Vallaunus, dieu local assimilé à Mercure. Isère.

- Verotnatis, dieu assimilé à Apollon. Haute Savoie.

Vintius, assimilé à Polux. A proximité de Notre Dame de Valence, Haute Savoie.

 

 

Informations complémentaires

C'est pendant le VIe millénaire av J.C. que dans nos belles Alpes des agriculteurs se seraient sédentarisés pour de bon, amenant avec eux leurs croyances (mais il existe des traces bien plus anciennes qui atteste de la présence de l'Homme via le nomadisme). On parle alors de préalpins. 

Quelques siècles plus tard arrive les romains. Les peuples annexés rattachent alors leurs dieux locaux aux divinités de l'empire selon la fonctions de celles-ci. De là, leurs traces à travers l'Histoire ce sont peu à peu effacées mais perdure encore quelques signes. Ainsi on peut parler des pétroglyphes du Val d'Aoste, de Val Camonica, de la Vallée des Merveilles, du Vallais réalisés par des bergers mais aussi ce qui semble être des chamans, du célèbre abri La Barmaz de Valtournenche au pied du Mont Cervin où se trouvent des gravures du IIIe millénaire av J.C. ou du trésor d'Erstfeld en 1962 près de la route de Gothard.

 

Sources:

http://www.infobretagne.com/liste-dieux-gaule.htm

http://www.dossiers-archeologie.com/numero-48/dieux-religions-alpes/peuplement-prehistorique-alpes.18784.php#article_18784 (ouvrage de 1981 disponible en partie en PDF ici: http://www.antropologiaalpina.it/Download/Pubblicazioni/014-Signes%20christianisation%20Pi%C3%A9mont%201980.pdf)

 

Pour aller plus loin:

http://jc.clariond.free.fr

"Les dieux des Alpes de ligurie, le poteau de l'enfer à Baudinard". Brochure de 1946 tirée à 100 exemplaires.

"Les dieux des Alpes et dal aliturgie. La mort la vie (XXe, Ier siecles avant Jésus-Christ". Ouvrage de Georges De Manteyer édité en 1945.

1013638693

(Source: http://www.la-question.net/de_la_nature/)

jeudi 31 octobre 2013

This is Halloween.

Avatar animé 100x100Avatar animé 100x100Avatar animé 100x100Avatar animé 100x100

Aujourd'hui c'est Halloween, alors on se fait peur, on rit et surtout, on mange des sucreries!

SAM_5519

L'an dernier à l'occasion du 31 Octobre (c'est à dire aujourd'hui), j'avais rédigé un petit article sur Samhain (ici) et sa célébration (article que l'on retrouve dans le numéro 3 de "La Renarde des Alpes" ici).

Aujourd'hui donc c'est Halloween, mais un peut d'éthymologie avant tout. Ce terme vient de la contraction des mots anglais All Hallow Even/Eve, ce qui en anglais signifie vieille de Toussaint. La Toussaint elle se nomme, All Saint's Day (Je jours de tout les Saints) ou All Hallow's Day.  Hallows est un mot d'origine germanique dérivé du terme saxon Haliga. C'est un terme lié au sacré qui a donné plusieurs dérivé comme hallow: sanctifier ou hallowed: béni, vénérable.

Néanmoins Halloween n'est pas la fête des Saints Catholiques, c'est une fête païenne européenne (en particulier en Grande-Bretagne, en Irlande, en Ecosse et en Gaule, car oui Halloween est en grande partie française) et plus précisément, c'est le réveillon Celtes où les morts passent dans le monde des vivants pour festoyer avec les vivants. Ce n'est donc pas une célébration d'origine Américaine, elle y a été importée par les colons Irlandais fuyant la famine

CitrouilleCitrouilleCitrouille

Mais que se passait-il ce 31 octobre chez les peuples Celtes?

Hé bien on fêtait Samain (dit aussi Samhain ou Samanios pour les Gaulois). Les druides priaient pour remercier des récoltes engendrées dans l'année et pour se protéger de l'Hiver à venir, les dieux des Tuatha dé Danann ce qui signifie "Gens de la déesse Dana" et, qui sont les quatre îles du monde: Falias, Gorias, Findias et Murias. Ils se déguisaient aussi, pour faire fuir les démons et les "petites gens" mais également pour rendre plus indulgent leurs divinités. On fête aussi la disparition de l'année et l'apparition de la nouvelle. Pour se faire on éteignait tout les foyers puis on les rallumait le lendemain, avec les braises des bûches brûlées que les druides distribuaient à chaque famille. Ces braises devaient protéger les protéger tout au long de l'année. Autre tradition, on laissait sur le pas de la porte de la nourriture pour les esprits errants. Dans certaines régions on se déguisait aussi en démons pour éviter d'attirer leur attention, pratique qui aujourd'hui encore perdure. A cette occasion le dieu Samain (ou Samhain), dieu celte des morts, venait chercher les morts de l'année. Celui-ci tenait aussi captif le dieu soleil (parfois nommé Been) à partir de cette date (on peut voir un écho à Mabon), symbole de la mort de la lumière mais à l'arrivée des beaux jours celui-ci se libère, gagne contre les ténèbres et apporte l'abondance aux peuples celtes (à Imbolc en février). Les festivités pouvaient durer 15 jours.

CitrouilleCitrouilleCitrouille

Autres traditions.

Le feu de l'autel sacré  en l'honneur du dieu Soleil était éteint. Pour être rallumé, les druides frottaient les branches sèches d'un chêne sacré jusqu'à ce qu'elles prennent feu. Les villageois se rassemblaient autour de grands feux où l'on buvait de la cervoise, du vin ou de l'hydromel. Des taureaux blancs étaient offerts en sacrifice et les druides partaient ramasser avec une serpe d'or le gui sacré poussant sur les chênes. L’outillage en or permettait que les plantes ne s'oxydent pas à la coupe. On festoyer donc beaucoup. Généralement le 1er jour on fêtait les guerriers et les héros, le deuxième les défunts.

CitrouilleCitrouilleCitrouille

Quand les romains sont là.

Arrivent alors les romains qui assujettissent une partie des peuples celtes, en particulier en Gaule (toute la Gaule?). C'est à partir de là que auraient été associées deux faîtes romaines: celle des morts nommée Feralia qui se déroulait d'ordinaire le 21 février et Pomona, fête en l'honneur de la déesse des arbres fruitiers et de tout ce qui est fructueux et qui se déroule le 1er novembre. Cela expliquerait pourquoi son fruit fétiche, la pomme, représente aujourd'hui dans notre imaginaire l'automne. 

Quelques siècles plus tard arrive le catholicisme. Mais voilà, les jours vinrent à manquer pour en attribuer un à tout les Saints. Le pape Boniface IV décide alors en l'an 609 d’en dédier un à tous. Pour ce faire il choisit le 31 octobre et choisit le terme de Toussaint, mettant fin ainsi il l'espère aux célébrations et pratiques dites païennes qui concurrence sa toute jeune religion. Cependant la tradition de fêter les morts reste bien encrée dans l'esprit collectif et finie par être reconnue par les institutions catholiques au VIIIeme siècle sous le pape Grégoire III qui ajoute aux célébrations les martyrs (chose utile en ces temps de guerre pour donner du courage aux troupes). La Toussaint et la veille de celle-ci deviennent alors les jours à la fois des Saint mais aussi des morts. 

CitrouilleCitrouilleCitrouille

Les symboles d'Halloween.

SAM_5523

Quand les irlandais sont arrivés en Amérique du Nord avec cette fête (famine de 1840), ils ont apporté également tout un lot lot de légendes qui ont été associées à cette célébration. L'une d'elle est celle de Jack-o'-lanterne, un être condamné à errer de par le monde jusqu'à ce que le jour du jugement dernier arrive, l'entrée du Paradis lui étend interdite à cause de son avarice et celle de l'Enfer aussi pour avoir jouer quelques vilains tout au Diable lui même. Pour s'éclairer, notre ami Jack transforme un navet en lanterne (pratique des celtes) pour s'éclairer. Le navet est devenu par la suite, en Amérique du moins une citrouille. 

Quand aux sucreries, la tradition vient d'Angleterre qui nommait initialement cette fête "Nuit de la pomme croquante". Le soir du 31 octobre, on se réunissait pour se raconter des histoires au coin du feu, manger des pommes ou des noisettes, offrir des gâteaux aux pauvres qui passaient de maison en maison comme le font aujourd'hui les enfants pour obtenir des bonbons.

Et pour les couleurs, à l'origine il n'en y a pas, c'est à la suite de l'arrivée d'Halloween au Mexique, du remplacement du navet pas la citrouille et de l'apparition de la pub que cette fête va se parer d'orange et de noir, couleur du deuil.

CitrouilleCitrouilleCitrouille

Ainsi, gardon à l'esprit que Halloween est une fête de chez qui a été reprit par la chrétienté puis a acquit à travers les différentes cultures de nouveaux symboles. Ce n'est pas une fête démoniaque, juste la célébration de l'arrivée du froid et de la nuit.

Sources:

http://legrenierdebibiane.com/halloween/origines.htm

http://www.lexilogos.com/halloween.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Tuatha_D%C3%A9_Danann

www.actualitte.com/scolarite/les-origines-d-halloween-une-fete-pas-si-etrangere-que-ca-14623.htm

http://cours-gratuits.toutapprendre.com/?cours=quelle-est-l-origine-d-halloween

http://legendes.canalblog.com/archives/2005/10/14/894858.html

 

Et vous, quel monstre serez-vous ce soir?