dimanche 15 mars 2020

Le sud au rythme de l'hiver.

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Nous sommes pour les fêtes dans le sud de la France. Si le temps est aux retrouvailles en famille, il est aussi au grandes découvertes. Logés à Marseille, nous sommes à quelques lieux de sites remarquables et nous sommes rapidement au coeur des zones humides si riches en oiseaux et végétaux qui pour certains, sont sur le point de fleurir. Nous commençons à être familiers des lieux mais nous avons encore beaucoup à apprendre, pour l'heure nous sommes très novices, en particulier pour ce qui touchent aux oiseaux des milieux palustres qui sont si peu communs dans nos montagnes et aux grands migrateurs qui trouvent refuge dans les étangs salés. Nous avons a plusieurs reprises, eu la chance d'observer le coucher du soleil sur la Méditerranée et de voir de grands vols traverser le ciel rougit par les derniers rayons. Seul regret, nous n'avons pas pu explorer les salants du Lion de l'aéroport de Marignane, mais nous y reviendront bientôt.

Fos sur Mer et ses marais salants.

À la limite de l'étang de Berre, les marais salants de Fos sur Mer font office de réservoir de biodiversité. Le site à l'arrêt depuis les années 70 a été réaménagé pour permettre aux promeneurs de cheminer tout autour du lac et des salants sans impacter la tranquillité des oiseaux qui s'y épanouissent.

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Nous avons eu grand plaisir à retrouver un oiseau que nous avons beaucoup entendu chanter cet été dans les hauts herbages des Hautes Alpes et que nous appelons affectueusement "l'oiseau wesh-wesh" en raison de son chant. Il s'agit du tarier pâtre (Saxicola rubicola), chez qui le mâle aborde une tête noire, un collier de plume blanches et un ventre rose-orangé. Si on peut le rencontrer toute l'année en France, il se fait plus discret l'hiver, préfèrent rejoindre le sud de la France et en particulier les milieux côtiers. Pour s'épanouire, trois éléments lui sont absolument nécessaire : des taillis et broussailles pour se cacher et nicher, des points en hauteur pour chasser et des branches élevées pour parader et surtout, surveiller son territoire. Ce dernier trait de caractère s'observe particulièrement à cette période de l'année. Cela nous change de les voir posés dans les buissons épineux, là où en juillet nous les avons vu perchés sur les sommités fleuries des grandes gentianes.

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Voici notre petite star,  le pouillot véloce (Phylloscopus collybita). Infatigable, il saute de tige en tige à la recherche de graines. Très commun et migrateur partiel, on le rencontre essentiellement l'hiver sur le bassin méditerranéen dans les friches, les jardins, les parcs et les campagnes où l'agriculture n'est pas intensive.

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S'il consomme habituellement des insectes, en cette saison il se fait volontiers granivore et use de son bec fin pour déloger les derniers grains de la saison. Peut farouche, il se laisse facilement approcher hormis en période de nidification où il préfère se dissimuler dans les arbres même s'il on peut trouver son nid au sol. Six à sept oeufs y seront pondus puis couvés pendant la femelle pendant deux semaines. Les petits sont élevés par le couple.

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S'il est facile à identifier à cette période, en raison du fait qu'il est le seul représentant des pouillots présents en France l'hiver, cela n'est pas le cas pour les autres saisons. Le reste du temps, il vaut mieux se fier au chants, d'autres espèces très similaires pouvant être confondus avec ce dernier, en particulier le pouillot fitis (Phylloscopus trochilus) aux couleurs vives, aux rémiges plus longues et au sourcil bien plus marqué. 

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Dans le grand étang, les mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) sont abondantes. En plulmage internuptiale à cette période de l'année, on les reconnaît à point noir à l'arrière de la têt et aux bordures blanches des ailes. On reconnaît les jeunes individus aux plumes marrons qui sont caractéristiques des premières et deuxièmes années. Au milieu de se remu-ménage, trois drôles d'oiseaux au bec orange vif attirent nos regards.

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Trois goélands railleurs (Chroicocephalus genei) pêches à proximité de la digue sans être iniquités par les passants. C'est notre toute première observation de l'espèce et nous en sommes très fières. Ils ne sont pas très nombreux en Europe, on dénombre un peu plus de 2000 couples nicheurs sur tout le continent. En période hivernale, il se rapproche des estuaires et des côtes maritimes où il trouve de quoi se nourrir.

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Ce qui a attiré notre oeil, c'est le comportement des deux espèces. Là où les mouettes rieuses plongent en piqué ou, à l'instar des canards colverts, en levant le croupions et toujours avec les ailes proches voire plaquées au corps pour attraper les poissons et les petits invertébrés, les goélands railleurs se jettent dans l'eau depuis une très faible hauteur les ailes bien écartées. C'est un trait que j'aime particulièrement dans le naturalisme : observer le comportement des animaux pour identifier les espèces en un tour de main.

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Côté paysages, nous sommes moins enthousiasmes. Nous avons bien conscience que pour vivre et pour communiquer, nous sommes dépendant de toutes les infrastructures qui nous entoures, mais voir les marais salants enclavés entre la voie rapide, les raffineries, les usines de ciment et les entreprises de pétrochimies et de sidérurgies qui fument noires sans oublier les lignes à haute-tensions, nous serre quelque peu le coeur.

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Il y a aussi ceux que l'on ne se lasse pas de voir, comme le martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) dont le plumage bleu et étincelant donne l'impression de voir un vif éclair quand l'oiseau est en vol.  Sur un parking abandonné, où les herbes ont fini par soulever le béton et le goudron, il tire profit des flaques profondes qui se sont formées suite aux pluies hivernales pour pêcher des petits invertébrés faute de poissons.

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Beaucoup d'autres osieaux s'observent, en particulier des échassiers. Que ce soit de jeunes flamants roses (Phoenicopterus roseus) comme ici ou des aigrettes garzettes (Egretta garzetta) comme celle en dessous.

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Ce petit héron blanc au bec et aux pattes noirs mais aux doigts jaunes n'est pas difficile. On le rencontre tout aussi bien en bord de mer que dans les grandes zones humides d'eau douce mais essentiellement dans le sud de la France. Cosmopolite, on la trouve presque partout même si c'est sa cousine l'aigrette neigeuse (Egretta thula) qui domine du côté des Amériques et se fait très absente en Europe du Nord et dans une grande partie de la Russie. Sociable, on peut l'observer pécher des petits poissons et invertébrés en compagnie d'autres oiseaux, de même en période de nidification où il peut cohabiter avec d'autres hérons mais aussi les grands cormorans (Phalacrocorax carbo).

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Rien ne serait troubler la tranquillité du lieu, si ce n'est les bruits de la voie rapide et les nuages noires qui s'échappent des usines. Au milieu de cela, les cris d'appels des roitelets huppés (Regulus regulus) qui par dizaines épluches les pins qui surplombent l'un des canaux. Bien qu'étincelants avec leurs plumes colorées, ils ne seraient rivaliser avec les fauvettes mélanocéphales (Sylvia melanocephala) qui ont fait chavirer nos coeurs.

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Voici une nouvelle espèce à ajouter à notre cahier du naturaliste. Le grèbe à cou noir (Podiceps nigricollis) est un oiseau magnifique à l'oeil rouge. Ici ils sont pas moins de 74 à se nourri tranquillement au bords de la digue. En période internuptiale comme ici, il présente un plumage noir et blanc, mais en période de reproduction, il aborde des flancs roux, des touffes de plumes jaunes à l'arrière des yeux et une calotte noire bombée sur la tête.

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S'il se nourrie de crustacés, de petits invertébrés en surface comme en moyenne profondeurs et de poissons une grande partie de l'année, il devient strictement piscivore à l'hiver, période où une grande partie de l'aquafaune est en sommeil. La période hivernale est aussi celle qui voit les couples se former. La ponte n'interviendra qu'entre mars et juillet, les mâles couvant comme les femelles, choses rares chez les oiseaux aquatiques.

Forcalquier et ses chamois.

Le temps d'une journée, nous quittons les bords de mer pour nous enfoncer dans les terres. La végétation est aussi sèche que les murs qui ont fait la réputation de la ville de Forcalquier et de ses alentours. Les feuilles sont dans le brûloir, et sans pour autant envoyer des messages, inondent de leur fumée les jardins voisins.

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C'est un temps automnale qui s'offre à nous, et qui nous pousse à partir en aventure. Nous voilà sur les hauteurs d'une vieille abbaye, qui offre une vue incroyable sur les vallons des rivières qui serpentent à nos pieds. C'est là que nous croisons bon nombre d'aigrettes garzettes (Egretta garzettaet de hérons cendrés (Ardea cinerea) que nous percevons avec notre longue vue, parfois à plus de 3 kilomètres de notre promontoire.

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Surprise, émergeant de la forêt toute proche, une troupe de chamois (Rupicapra rupicapra) s'aventure dans une petite clairière avant de partir goûter au vert feuillage de la culture d'oliviers. Nous ne pensions pas faire un telle observation.

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Ce sont huit individus, des femelles accompagnées de leurs jeunes, qui se présentent là. Leur gabarit est similaire à celui du chevreuil, quoi qu'un peu plus petit avec 20 à 40 kilos et 70 à 80 centimètres au garrot. C'est un animal qui se reconnaît aisément avec ses petits cornes recourbées, son marque blanc et noir sur la face et son pelage brun qui ne vont pas sans évoquer son appartenant à la famille des chèvres, les caprinés comme les bouquetins.

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Tout semble au repos, que ce soit les allées calmes du monastère; l'alcôve de l'église, les pinsons des arbres (Fringilla coelebs) sagement installés dans leur dortoir, les bûches de bois fumantes ou la croix veillant sur les pèlerins. nous reviendrons peut être au printemps découvrir la faune et surtout les orchidées dont les rosettes constellent les pelouses sèches et les sous-bois clairs composés de chênes, de garances et de genévriers.

Dernière halte, Arles et la Camargue.

Le séjour prend fin, nous montons dans notre auto direction la Camargue, l'étang de Vaccarès et la ville de Arles, plus grande commune de France avec pas moins de 75983 km². Citée celte puis romaine, son nom signifie littéralement ville des étangs et des marais et il faut avouer qu'elle le porte plutôt bien.

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Ville aux paysages diversifiées, elle comporte des zones montagneuses avec les Alpilles arlésiennes au caractère rocailleux et où des espèces plutôt thermophiles et adaptées à l'aridité, trouvent leur bonheur. On y rencontre notamment un rapace remarquable, le hibou grand duc d'Europe (Bubo bubo). On trouve aussi la plaine de Crau, l'une des très rares steppes que l'on peut rencontrer en Europe de l'Ouest et qui abrite des espèces endémiques ou rares. Enfin, la Camargue couvre une grande partie de la superficie d'Arles. Cette zone humide agricole est précieuse pour les oiseaux d'eau migrateurs qui trouvent là un refuge pour se nourrir et se reproduire.

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Parmi ces oiseaux nicheurs, on peut citer une espèce star, celle du flamant rose (Phoenicopterus roseus). À Pont de Gau, ils passent une grande partie de l'année et s'observent particulièrement bien l'hiver avant que la migration et la nidification leurs fassent prendre leurs appartements d'été. C'est entre autre l'espèce de flamant la plus commune et abondante au monde. On la trouve aussi bien en Europe, en Asie, en Afrique et en Océanie.

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Sociaux, ces animaux aiment se retrouver en grands groupes comportant parfois plusieurs milliers d'individus. À l'arrivée de la période de reproduction, les couples se forment après des parades nuptiales bruyantes. Mâle et femelle construisent alors une coupe de boue surélevé sur un îlot vaseux où sera pondu un seul oeuf. Celui-ci est couvé pendant environs quatre semaines avant de voir émerger un poussin quittera le nid au bout de 10 jours.

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Il rejoint alors un crèche, un groupe de poussins dense surveillé par les adultes. Les parents y retrouvent leur petit régulièrement pour le nourrir avec une excrétion riche en protéines qu'ils glissent de le bec du juvénile. Celui-ci mettra 10 à 11 semaines pour s'émanciper.

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Si dans les années 60 on pouvait trouver des millions de flamants roses par le monde, dont une colonie d'un million d'individus, depuis la population mondiale a été évaluée à un peu plus de 600 000 dans les années 2000 avec 165 000 individus en Méditerranée et 100 000 couples nicheurs dans le monde. S'il n'est classé que LC, c'est à dire préoccupation mineur, on ne peut nier que les effectifs sont en net déclin, la faute à la disparition des zones humides qui abrite ses sites de reproduction avec l'urbanisation, l'augmentation du tourisme dans ces mêmes milieux qui conduit un important dérangement des oiseaux et aux épisodes climatiques déréglés qui sont très néfastes pour l'espèce et en particulier pour leur ressource naturel.

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Une aigrette garzette (Egretta garzetta) chasse paisiblement dans un cour d'eau. Cet échassier rencontré en début de séjour trouve ici des crabes, des petits poissons et des larves pour répondre à son régime alimentaire diversifié. Il tire aussi profit de la héronnière toute proche où il peut nicher sans peine, une héronnière étant un site de nidification rassemblant souvent plusieurs espèces de hérons à la période de reproduction.

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En parlant de héronnière, voici le champion toute catégorie pour en confectionner, le héron cendré (Ardea cinerea). Les couples commencent à regagner leur nid pour préparer la saison de reproduction à venir. Chacun d'eux peut élever 3 à 5 poussins qui mettrons environs deux mois à devenir autonomes et à perdre leur duvet blanc au profit du plumage gris caractéristique de l'espèce. En attendant, il faudra faire d'inlassables aller-retours pour les nourrir. Les proies se composent le plus souvent d'insectes, de poissons et d'amphibiens.

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Les oiseaux ne sont pas seuls, ils sont accompagnés d'un mammifère mal-aimé, le ragondin (Myocastor coypus). Tranquille rongeur pouvant dépasser les kilos, il aime les zones marécageuses où il trouve des végétaux tels des herbes, des racines et de jeunes feuilles à grignoter. 

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Originaire des Amériques, il s'est très bien acclimaté à nos contrées où il suit un cycle de vie similaire à ce que l'on peut observer dans le nouveau monde. Ayant pour prédateur les alligators, il rencontre peu d'animaux pouvant lui porter atteinte hormis les chiens domestiques. Classé comme espèce exogène envahissante (EEE) pouvant porter atteinte à l'environnement, à l'écolnomie et à la santé humaine, il est couramment piégé et chassé. Confidentielle dans certains départements, beaucoup plus commune d'en d'autre, sa consommation n'est pas anecdotique et les produits à base de ragondin prennent le plus souvent le nom de civet, ragoût ou pâté de myocastor, en particulier du côté de la Charente Maritime.

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Cependant les effets néfastes de l'animal portent à question. Son impact sur les berges ne serait pas si étendus et impactants qu'ils sembleraient l'être, tout comme la concurrence qu'il exercerait en vers d'autres espèces locales ou les dégâts sur les cultures, en particulier de maïs. Néanmoins, il faudra encore attendre de nouvelles études spécifiques aux dynamiques de sa population pour établir qu'elle sera la meilleure gestion à adapter.

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La Camargue, c'est aussi le nom que l'on donne à une très vieille race bovine originaire d'ici et bien connue de par ses taureaux à la robe noire et aux cornes en forme de lyre. Élevés de manière semi-sauvage (on parle d'élevage extensif), ils font partis du paysage local et représentent la majorité des animaux de ferme avec les vaches et les chevaux camarguais dans les manades, de vastes fermes situées sur des terres marécageuses

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Changement de décor, nous sommes toujours à Arles mais cette fois-ci pour admirer la pleine alluviale, les oiseaux rupestres et l'incroyable architecture de l'Abbaye de Montmajour. Fondée en 948 et ayant connues de nombreux bouleversement, mille ans plus tard elle est toujours là. C'est entre la moitié du 14e siécle et du 15e siècle que s'annonce son déclin, précipité par les troupes de mercenaires qui parcourent alors la Provence.

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Parmi les habitants du lieu, on peut compter les choucas des tours (Coloeus monedula). Ces jolis corvidés se reconnaissent à leur plumage noir, à leur nuque grise et à leur chant mélodieux. Cavernicoles, ils apprécient les bâtiments, ruines, falaises et pics rocheux présentant des cavités dans lesquelles ils peuvent sans mâle réaliser leur nid. Fidèles, mâles comme femelles participe à la confection du nid et à l'élevage des petits.

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Socialbles, ils vivent en colonnie et se mêlent sans peines aux autres espèces de corvidés, notamment le corbeau freux (Corvus frugilegus) en journée pour se nourrir et la nuit avec les corneilles noires (Corvus corone) dans les dortoires collectifs en dehors de la période de reproduction. Ils sont souvent confondus avec le chocard à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) au nom similaire mais affectionnant les zones plus montagneuses.

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Le soleil commence à se coucher, nous filons vers l'étang de Vaccrès. Au milieu de l'étendue d'eau, sur des mas de pêches, les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) attendent la nuit. Ces oiseaux graciles partirons d'ici quelques temps du côté de la Camargue mais aussi de l'Asie et de la Dombe. Nichant sur les rebords rocheux, on observe régulièrement des nidifications dans les arbres comme aux abords de la Crau.

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Tout est calme. Derrière les grands cormorans perchés sur les mâts de pêche, une troupe de 12 harles huppés (Mergus serrator) passe tranquillement, troublée de temps à autre par le vol des aigrettes garzettes (Egretta garzetta) qui passent tout près des têtes emplumées. Le ciel se fond à la tombée du jour dans l'étendu d'eau, ne laissant pas voir où les éléments s'arrêtent. Nous restons de longues minutes, immobiles, à scruter l'horizon.

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Le jour tombe, dans les cieux pas moins de 3000 à 4000 grues cendrées (Grus grus) s'envolent vers leur dortoir. Le spectacle est magique, encore plus somptueux que ce que nous avions pu voir en 2018. Déjà les ces oiseaux majestueux à la calotte rouge remontent vers le nord pour nicher, en particulier du côté du nord de l'Eurasie. C'est là que se termine notre périple, dans les rayons du soleil se couchant sur un bout de Camargue.

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vendredi 28 février 2020

Sortie dans les marais 19 : grands lacs des Alpes.

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Les vacances d'hiver sont là. Comme certains oiseaux migrateurs, il est temps pour nous de quitter le Rhône mais seulement pour quelques jours. Nous ne nous envolons cependant pas pour une destination connue pour son soleil et sa chaleur mais pour ses montagnes. À la confluence de l'Ain, de la Savoie et de la Haute-Savoie, nous voilà dans le village des oiseaux à Motz. L'endroit est rêver pour observer les oiseaux et relier les grands lacs alpins qui nous entourent, à savoir le lac d'Annecy mais surtout, le lac du Bourget. Nous avons une petite location nommée les pinsons (ça ne s'inventent pas), qui nous offre une vue imprenable sur les herbiers de la retenue CNR. Chaque matin, nous ce sont les cris des canards et des oiseaux trouvant refuge dans les phragmites qui donnèrent le rythme du lever, un vrai bonheur. Néanmoins, les pluies fortes et abondantes ne nous permirent pas d'observer tout ce que nous souhaitions voir, et il nous faudra bientôt retourner dans ce petit coin de paradis pour en saisir toute la beauté et toute la diversité d'espèce qui s'y épanouissent.

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Quelques mésanges charbonnières (Parus major) nous font bon acceuil. Ces mignonnes profitent alégrement des mangeoires et des boules de graisses qui attirent également quelques pinsons des arbres (Fringilla coelebs) à la gorge rose, des mésanges bleues (Cyanistes caeruleus) et même des chardonnerets élégants (Carduelis carduelis) rouges et jaunes qui trouvent refuge dans les peupliers entourant la location.

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Nous avons même pu découvrir un dortoir de chardonnerets à la tombée du jour dans deux aulnes glutineux (Alnus glutinosa). Un quarantaine d'individus semblent tous réunis pour passer la nuit.  Si les branches et le maigre feuillage ne semblent pas leur apporter la meilleure des protections face aux prédateurs nocturnes, les fruits des aulnes paraissent convenir à leurs appétits de petits passereaux colorés.

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Départ pour le lac du Bourget. C'est l'un des plus grands lacs des Alpes françaises, réputé pour ses paysages et ses bases nautiques mais aussi pour ses oiseaux. L'hiver, il n'est pas rare d'y trouver, entre autre 1000 à 1200 nettes rousses (Netta ruffina) voire si ce n'est plus. Ce joli canard dont les mâles abordent fièrement une tête colorée de brun et d'orangé, repartira au printemps pour aller nicher dans les pays nordiques.

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Nous passons en coup de vent à Château Thomas, il n'y presque personne mais le vent et la pluie ont là aussi raison de nous et des oiseaux. Un écureuil roux (Sciurus vulgaris) se tient non loin de l'observateur. Gonflant les poils pour faire face au froid, il se tient sur les troncs de peupliers abattus au court de l'année. Cette action vise à sécuriser le chemin mais aussi à mettre en valeur le vieux château. Hors le boisement est classé avec un APB, encadrant très rigoureusement les coupes d'arbres, ce qui entraine localement de vives contestations.

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Néanmoins, nous prenons plaisirs à observer 2-3 canards qui non sans être rares, sont peu communs. C'est notamment le cas pour se regroupement de canards chipeaux (Mareca strepera) et de sarcelles d'hiver (Anas crecca) qui barbotent dans les herbiers, non loin d'un couple de canards souchets (Anas clypeata) reconnaissables à longs becs leur permettant de filtrer les micro-organismes présents dans les eaux vaseuses.

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Nous avons même le plaisir de voir surgir au coin de notre oeil un vif éclaire bleu fendant la surface de l'eau calme. Il s'agit du martin pêcher d'Europe (Alcedo atthis). Posé à l'affût sur les branches et les piquets sous la pluie battante, il est à la recherche des petits poissons et des petits invertébrés qui composent son menu. Le bec noir de celui-ci présente du orange sous sa partie inférieur, indiquant qu'il s'agit d'une femelle.

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Sur la rive occidentale du lac du Bourget, on peut voir la belle et grande abbaye d'Hautecombe, qui ne va pas sans rappeler la saga du Seigneur des Anneaux. Nécropole des Dus de Savoie et d'une partie de la royauté italienne jusqu'à la révolution, elle est aujourd'hui tenu par la communauté du Chemin Neuf. C'est un lieu touristique fortement apprécié.

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À ses pieds de nombreux oiseaux d'eau trouvent refuges. C'est le cas pour ces fuligules morillons (Aythya fuligula) dont l'espèce a pour caractéristique d'avoir une huppe noir à l'arrière du crâne, ainsi qu'un bec gris clair au bout noir et un oeil jaune doré. Si les mâles sont reconnaissables à leur plumage noir et blanc, les femelles sont plus discrètes et abordent des teintes grises et noires. Ils retourneront dès mars dans le nord de l'Europe pour nicher. Ces canards de surface ne sont pas les seuls à passer l'hiver ici à chercher de la nourriture (vers, herbes, crustacés ...).

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Ils sont en compagnie de fuligules nyrocas (Aythya nyroca), notre toute observation pour cette espèce. Rares en France, surtout comme hivernants, ce sont de petits canards plongeurs marron-roux voire presque rouge sombre, aux miroirs blancs (plumes colorées des ailes) et au dos noir. L'oeil est bleu pour les mâles, sombre pour les femelles ce qui permet de différencier la femelle nyroca de la femelle morillon qui peuvent parfois se ressembler.

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Au milieu de cette mêlée, une rareté encore plus remarquable, un hybride mâle de fuligule morillon et de fuligule nyroca, F. fuligula x nyroca. Son oeil est jaune, sa huppe petite voire presque absente. Son dos est noir, tout comem sa tête, ses flancs gris et sa poitrine brun-roux. Le doute n'est alors plus permi pour notre plus grand bonheur de faire par nous même cette jolie observation et encore mieux, de l'identifier seuls.

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Changement de paysage, nous voilà dans la réserve du lac d'Annecy, tout au sud de celui-ci. La neige est tombée sur les hauteurs, annonçant que nous sommes bienen hiver. Pour notre part, c'est pluie, toujours puie, encore pluie. Pas de quoi nous décourager. Malheureusement là aussi ornothologiquement et botaniquement parlant, ce n'est pas la fête non plus, les rares promeneurs ne se distinguant pas par leur discrétion.

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Qu'importe, dans les arbres c'est la fête pour les tarins des aulnes (Spinus spinus). Hivernant en France, ils se délectent des aulnes glutineux (Alnus glutinosa) et plus précisément des strobiles, les fruits de ces arbres palustres dont les graines sont dispersées par le vent. Pour en revenir aux tarins, ils sont connus également pour leurs petits cris flués et pour leur vol nuptial très papillonnant voire artistique observables au printemps.

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Les champignons hivernaux sont nombreux mais souvent similaires. Des dizaines d'oreilles de Judas (Auricularia auricula-judae) poussent sur les troncs moussus et à moitié dépéris. À l'entrée des marais, il y a de quoi faire là une belle omelettes si n'est plutôt des soupes ou des ragoûts, ces champignons étant cartilagineux et gélifiant légèrement les liquides dans lesquels ils sont cuits ou infusés. On les trouve dans les spécialités asiatiques.

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Pas de bruit dans la phragmiteraie. Quelques mésanges et moineaux rompent le silence de temps à autre en agitant la hampe des roseaux (Phragmites australis). La neige se rapproche et l'on sent que ce n'est plus le moment pour les passereaux de partir à la recherche de nourriture mais de se mettre à l'abri. 

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Nous partons côté ville, pour flaner sur les berges aménager. C'est qu'il est possible d'approcher les harles bièvres (Mergus merganser), des canards rares dans le Rhône et communs ici au point de venir réclamer du pain au passant, gourmandise mortelle pour les oiseaux ! Il s'agit ici d'une femelle, reconnaissable à sa jolie tête rousse, son poitrail blanc, ses ailes et sa queue grise. C'est l'un des seuls membres de cette famille à se nourrir de poissons, chose qui s'observe à son bec fin, long, crochu et muni de pseudo-dents.

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Le mâle pour sa part aborde une tête vert foncée, des flancs blancs, un dos noir et une queue grise. De belle envergure, les plus gros individus peuvent atteindre un poids de 1,9 kilos et d'une envergure de 97 centimètres. Il est présent dans tout l'hémisphère nord. France, si on peut le voir plus ou moins communément l'hiver, il est relativement absent car essentiellement nicheur dans le nord, où il s'intalle dans le creux de vieux arbres.

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Dans les canaux, un grèbe huppé (Podiceps cristatus) pêche les petits poissons parmi les racines des platanes qui se jettent dans l'eau. Plus grand des grèbes, celui-ci n'est pas encore en plumage nuptiale, n'abordant pas de collerette rousse et noire quoi que celles-ci commencent à se laisser deviner. Ce n'est pas non plus un jeune, son plumage ne présenta pas de reliquat de zébrures noires et blanches typiques des poussins.

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Bon plongeur, il se nourrie également de larves et de petits mollusques. Présent partout en Asie, en Europe et largement répendu en Afrique, il niche entre avril et juillet après s'être livré a des parades nuptiales complexes. Vient alors la construction du nid, souvent constitué d'algues posées sur le fond vaseux ou arrimé aux végétaux. Les oeufs pondus sont couvés pendant 28 jours avant de voir émerger les jeunes qui quittent d'instinct le nid.

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Les mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) ont pris possession du port de plaisance. Elles aussi n'ont pas pris leur livrée nuptiale et n'abordent pas leur tête si caractéristique quand vient la saison des amours. Il leur faut 3 ans pour pouvoir l'aborder et être apte à devenir parents. Les jeunes présentent également du brun sur les ailes et sur une partie du dos. Peu farouche, elle se nourrie aussi bien de déchets, de poissons ou de vers.

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Grand classique, les cygnes tuberculés (Cygnus olor) sont fidèles au poste. Récemment, pas moins de 70 d'entres eux sont morts suite à la consommation de pain détrempé où une bactérie mortelle a pu se développer. On ne le dira jamais assez, le pain est mortel pour les oiseaux. Néanmoins on ne saurait rompre tout contact à la nature. De l'herbe, des épluchures, des graines ... rien de plus simple pour les approcher.

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Clou du spectacle, un garrot à oeil d'or (Bucephala clangula) se pointe à notre départ. La pluie bat plus fort que jamais et je suis mortifiée par le froid au point d'attendre dans la voiture le chauffage à fond. Des centaines et centaines d'oiseaux se sont réunis pour trouver refuge près des phragmites. Fuligules morillons, fuligules milouin, foulques et autres canards colverts attendent la fin du déluge. Nous sommes déçu de ne pas avoir une seule journée de beau pour profiter de la richesse du site. Pas de panique, nous retournerons bientôt sur site nous refaire une santé au pied des alpes en compagnie des oiseaux d'eau et des sommets enneigés.

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samedi 25 janvier 2020

Un peu de nature en ville.

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Je vous rassure, je ne suis pas adossée depuis un an à ma fenêtre, à me la couler douce et à regarder ce qui se passe dehors. Non, cela fait juste 3 ans et demi que nous vivons dans notre petit appartement à Oullins et seulement une année que nous prenons le temps de regarder ce qui se passe derrière nos vitres et plus précisément, le long de l'Yzeron, rivière capricieuse qui se jette dans le Rhône et qui passe tout au pied de notre immeuble.

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Cet article est donc l'occasion de vous montrer la grande diversité d'espèces remarquables que l'on peut trouver dans une zone ultra-urbanisée pour peu qu'il y ait quelques arbres et un peu d'eau. C'est aussi un retour d'expérience sur le fait qu'en ville, on peut rencontrer des espèces que l'on pourrait croire inféodées au monde rural ou/et plutôt rares. Il y a aussi les oiseaux communs, ceux que l'on croise trop souvent pour y prêter attention et qui pourtant, sont tout aussi fascinants que d'autres espèces rares et recherchées.

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Sur la barre qui domine le quartier et qui nous fait face, le faucon crécerelle (Falco tinnunculus) aime venir prendre ses aises. Nous avons identifié trois couples sur la commune mais il est fort à parier qu'il y en ait d'autres. L'un d'entre eux à même élu domicile dans le clocher de l'église, juste au-dessus de notre composteur collectif. Il n'est pas rare de le voir nous survoler quand nous partons en courses, avec parfois un rongeur dans les serres.

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Au début de l'été, nous avons pu voir les premiers vols des jeunes bergeronettes des ruisseaux (Motacilla cinerea). Maladroites, elles ont pu observer leurs parents en chasse, n'oubliant jamais de réclamer quelques larves et insectes à ces derniers. Inféodés aux milieux humides, on reconnaît ces petits insectivores à leur croupion jaune, leurs ailes grises et les soubresauts qui donnent l'impression que ces oiseaux ne s'arrêtent jamais.

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Revenant à notre barre HLM. Elle n'est pas seulement un poste d'affût pour le faucon crécerelle, c'est aussi un formidable site de nidification pour les martinets noirs (Apus apus). Chaque aération correspond à une ou deux cavités dans lesquelles un couple de martinet c'est installé.

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Autant vous dire que c'est la fête au balcon. Cependant, elle reste de courte durée, les martinets étant d'incroyables migrateurs n'étant présent chez nous que de mars à juillet. C'est uniquement à la période de reproduction que les oiseaux se posent pour pondre, couver et nourrir leurs petits. Le reste de l'année ils planent dans le ciel, se nourrissent et dorment même en volant. Les jeunes mettrons 3 ans avant de poser à nouveaux leurs pattes sur une surface solide. Dans la nature, les martinets noirs nichent dans les cavités des vieux arbres, mais hormis en Corse, ce comportement ne s'observe pratiquement plus.

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Pendant 5 jours une tortue de Floride (Trachemys scripta elegans) est venue se plonger dans les eaux de l'Yzeron. On la reconnaît à ses tempes rouges et son ventre jaune. Cette espèce arrivée tout droit des États Unis à un appétit féroce. Elle se nourrie d'alvins, d'insectes ou encore d'animaux morts, entrant en compétition avec les tortues indigènes. Il en est de même pour les sites de pontes qui, déjà rares deviennent l'objet de convoitises.

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Le chevalier guignette (Actitis hypoleucos) est un petit limicole au dos gris-brun et aux pattes jaunes. Il s'identifie facilement à l'aide de son plastron blanc qui remonte légèrement au-dessus de son aile. Il parcoure les dalles bétonnées à la recherche des petits invertébrés pour satisfaire sa faim, dans une eau pauvre en oxygène.

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Classique des parcs et des plans d'eaux minéralisés, le canard colvert (Anas platyrhynchos) ne se présente plus. Les mâles figurent parmi les seuls canards à avoir des plumes noires à l'arrière du derrière rebiquant en bouclettes. Celles-ci indiquent que leurs propriétaires sont entrés dans la période de reproduction. Sur cette photographie, on peut observer un jeune n'ayant pas atteint la maturité sexuelle, ces plumes caudales étant bien droites, contrairement à ces deux compères qui se trouve en arrière plan.

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Un autre canard se présente à nos fenêtres. Il s'agit d'un canard de Barbarie rouge (Cairina moschata var. domestica) issu des canards musqués (Cairina moschata) américains. Il est reconnaissable à la peau rouge de sa tête couvrant la base de son bec, et à son plumage noir et blanc. Il se nourrit d'une grande variété de végétaux, aussi bien d'herbes, d'algues que de grains. Dans les élevages, il est courant de les nourrir de farine pour les engraisser plus rapidement. Si les femelles sont suffisamment légères pour voler, les mâles bien plus lourds se contente de marcher et de voleter.

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Un jeune martin-pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) est venu s'intaller à l'exutoire de l'Yzeron. Il profite des eaux peu profondes pour attraper les petits poissons qui viennent trouver refuge, protégés du Rhône, des poissons chats et des courants puissants. Avec un peu de chance, nous aurons l'occasion d'entre tout l'hiver son chant métallique, pour peu que la rivière ne gèle pas comme ce fût le cas en 2016 et en 2017.

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Deux nouveaux venus ont partagé notre vie dans notre appartement. Tombés au sol, nous n'avons pas eu le courage d'abandonner ces deux bébés pigeons bisets féral (Columba livia var. domestica). Ils représentent près de 90 % des pigeons présents en ville. Ils trouvent là un substitut aux grandes falaises qui composent leurs milieux naturels qu'aime la souche sauvage (Columba livia), présente sur le portour méditerranéen sauf en France.

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C'est après avoir parcourue divers départements de France métropolitaine que j'ai pu prendre conscience que l'aigrette garzette (Egretta garzetta) n'était pas si commune que cela. Elle n'est référencée qu'à proximité des grands fleuves et rivières et surtout, du littoral. Autant dire ma surprise, car pendant la majorité de ma vie passée en Isère ce sont surtout les aigrettes garzettes que j'ai pu observer, rencontrant mes premières grandes aigrettes il y a seulement 5 ans, à l'époque où je ne m'intérréssais absolument pas à l'ornithologie et me concentrais bien plus sur mon job d'ouvrière mécanicienne en usine. Depuis elles font parties de mon paysage.

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Autres grandes stars des rivières et lacs, les cygnes tuberculés (Cygnus olor). On les trouve surtout dans les deux tiers nord du pays même s'ils sont aussi présent dans le sud. Autochtones dans certaines régions d'Europe, introduits dans d'autres, dans la plupart leur statut reste incertain. Seule certitude, ils ont manqué de disparaître au moyen-âge sur la pression de la chasse, trouvant refuge dans les pièces d'eau des châteaux et des abbayes.

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Bien d'autres animaux s'observent depuis notre fenêtre. Pics verts, mésanges, rats, corneilles et goélands rythment nos journées. On peut aussi compter sur les mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus), aux cris stridents qui sont particulièrement présentes cet hiver. En cette période leur tête est blanche à l'exception d'une tâche noire à l'arrière de l'oeil. Au printemps et l'été elle devient intégralement noire. Ici il s'agit d'un juvénile dans sa première année, reconnaissable au brun de son plumage, couleur absente chez les adultes.

Voilà un rapide tour d'horizon. J'aurai aimé vous parler plus longuement des corneilles qui livrent une guerre acharnée aux rats, au rougegorge familier qui chante dans le froid de l'hiver, au merle qui pousse la voix dès 4 heures du matin ou encore, des nuées d'étourneux qui ont pris siège dans l'un des derniers grands platanes de la ville. Pas de soucis, cela se ferra dans l'article restropesctive de l'année 2020. Il faudra donc patienter.

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samedi 16 novembre 2019

Sortie dans les marais 15 : le lac du Bourget.

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Le temps est bien gris pour cette rapdie excursion. Pour quelques jours en Isère, nous décidons de partir du côté du lac du Bourget en Savoie pour tenter notre chance et observer des espèces remarquables qui sont plus que discrètes voire absentes dans le Rhône. Les grands cormorans et les laridés (mouettes et goélands) sont bien présents, mais nous espérons avant tout approcher de graciles échassiers et des petits passereaux des milieux humides, des oiseaux que nous ne voyons que trop peu souvent. Pour se faire nous sommes équipés de notre longue vue et d'une bonne paire de jumelles pour assurer le plus de tranquillité possible aux animaux. Déçus par le comportement de certains des observateurs et photographes de l'affût du château Thomas, nous nous tournons vers une des bases de loisirs aux grands herbiers. Outre le calme du secteur, nous y ferrons nos plus belles observations de la semaine et possibles sur le site.

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Bel oiseau n'est-ce pas. Il s'agit d'une toute jeune bergeronette grise (Motacilla alba) qui attend sagement ses parents sur une branche pour être nourrie. Posée dans une bourdaine (Frangula alnus), ce ne sont pas les fruits de l'arbuste qui suscite son intérêt mais les insectes qui composent la majeur partie de son régime alimentaire.

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Après de longues minutes à attendre, la jeune bergeronette est récompensée par l'arrivée providentielle d'un de ses deux géniteurs. Bec bien ouvert et gorge bien visible pour montrer à celui-ci que la faim se fait sentir, et en une bouchée les arthropodes durement récoltés sont avalés. Chez certaines espèces, les parents peuvent être amenés à réaliser 200 à 500 allers-retours dans une journée pour nourrir leur progéniture. Heureusement pour cette famille de bergeronettes grises, il semble que l'indépendance des oiseaux est sur le point d'arriver.

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Voici un autre oiseau que nous adorons et que nous avons pu surprendre à nourrir un de ses petits posé dans la phragmitraie, le martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis). Le bleu éclatant de ses plumes est un bleu structurel, c'est à dire que les plumes ne contiennent aucuns pigments de cette couleur, celle-ci venant de la structure même des plumes qui reflètent la lumière bleue. Depuis peu, un jeune mâle à élu domicile sur un tronçon de l'Yzeron situé au pied de chez nous, pour notre plus grand bonheur. Le bec entièrement noir indique qu'il s'agît d'un mâle.

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Pour en revenir aux échassiers, en voici deux de belle taille qui figurent parmi les plus grands oiseaux de France si on en s'en tient à leur port. À gauche, un jeune héron cendré (Ardea cinerea) qui adulte atteindra avec un peu de chance 98 centimètres et à droite, la grande aigrette (Adrea alba) reconnaissable à son plumage blanc et à son long bec jeune. Appartenant à la famille des hérons, elle peut atteindre 104 centimètres. Pour voir aussi grand si ce n'est plus, il faut se tourner vers les grues cendrées (Grus grus) avec 114 centimètre, les cigognes noires (Ciconia nigra) avec 100 centimètres, les cigognes blanches (Ciconia ciconia) avec 102 centimètres et enfin, les flamants roses (Phoenicopterus roseus) avec 127 centimètres. De vrais géants des milieux lacustres.

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Il était là ou plutôt, ils étaient là. Trois bongios nains (Ixobrychus minutus), ultime rareté du lac du Bourget bien que ça ne soit pas la seule. Nous ne boudons pas notre plaisir, les oiseaux jouant leur cinéma pendant de longues minutes. Petite taille, corps beige, ailes noires laissant entrevoir de grandes tâches blanches quand elles sont ouvertes, le doute n'est plus permis. Après avoir vu un des plus grands hérons d'Europe avec l'aigrette blanche, en voici le plus petit. Très rare en France où on compte une centaine de couples sur tout le pays, il est en nette régression. La photo n'est pas des plus belles mais nous ne voulions pas déranger outre mesure les oiseaux.

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La journée ne serait se finir ainsi. Non loin de là, nous croisons un fuligule milouin (Aythya ferina) à la tête et à l'oeil rouges caractéristiques. Tranquillement posé sur un tronc immergé, il se trouve à quelques mètres d'un drôle d'enclos. Entièrement couvert de fillets, il abrite une importante population de tortues, des cistudes d'Europe (Emys orbicularis). Espèce disparue à l'échelle locale, elle fait l'objet d'un programme de réintroduction.

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Pour bien terminer la journée, nous tombons en regagnant notre voiture sur une jolie population d'oreilles de Judas (Auricularia auricula-judae). Ces champignons de la famille des champignons noirs asiatiques sont comestibles. Le plus souvent je les sèche pour les utiliser par la suite dans les soupes, les rouleaux de printemps ou les sauces, ceux-ci pouvant gélifier un peu les préparations leur donnant ainsi plus de consistance.

Fin de partie, il faudra désormais attendre un peu pour revenir sur le lac. Lh'iver et ses osieaux hivernants semble un moment propice et même plein de promesses pour revenir en observation, en particulier au petit matin quand les promeneurs sont rares à venir affronter le froid et la bise qui peuvent faire rage ici. 

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mercredi 30 mars 2016

Plantes et oiseaux du bord de mer.

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Voici un gros article qui m'a pris plusieurs jours. Il concentre notre sortie (sous le vent marin) à la découverte des plantes et des oiseaux de Marseille. Nous avons exploré ainsi une partie des parcs, des jardins et un peu de Calanques pour pouvoir mettre la main sur des espèces qui valent le détour. Nous avons eu quelques belles surprises et découvertes des animaux que nous ne pensions pas présents aux abords de la Cité Phocéenne.

 

La Nivéole de printemps (Leucojum vernum).

C'est une jolie plante protégée en Isère et qui mériterait de l'être bien plus dans les autres départements de France. Elle est souvent confondue avec le perce-neige, un proche cousin dont on la différencie par ses pétales non soudés. C'est la plus petite des nivéoles européennes avec une tige qui ne dépasse que rarement 25 centimètres. Ici s'agit ici d'une d'horticole plantée dans un des nombreux parcs de la ville (abords de Borély).

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L'ail de Naples (Allium neapolitanum).

On le trouve partout en ce moment dans le coin et pour cause, c'est à l'origine une plante méditerranéenne qui fleurit jusqu'à juin. Ses feuilles plates et ses fleurs blanches en grappes ne dégagent qu'une faible odeur d'ail. Il est employé comme plante d'ornement car il ne nécessite peu voir pas d'entretien et se maintient bien d'une année à l'autre. On peut cuisiner ses feuilles mais il vaut mieux lui préférer des espèces plus consistantes et parfumées.

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Le rougequeue noir (Phoenicurus ochruros).

Il s'agit  ici d'une femelle, on la distingue de celle du rouge rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus), une espèce aussi très présente dans la région, par l'absence de chamois sur le poitrail. À la place l'oiseau présente une belle nuance gris souris. Il a une longue durée de vie pour un petit oiseau (environ 8 à 10 ans). Pour l'observer de près, le mieux est de faire mine de l'ignorer pour qu'il ne se sente pas importuné. 

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Les rougesqueues noirs sautillent de partout et se déplacent vite, pas simple pour les photos.  

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Les iphéons (Tristagma uniflorum).

 Bien qu'elle ne soit pas un ail, ses feuilles dégagent une légère odeur proche de celui-ci. Cette belle invasive nous vient d'Amérique du Sud et commence à fortement se naturaliser dans la nature sauvage. Elle entre en compétition avec les espèces locales au risque de faire diminuer leurs populations déjà affaiblies.

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Le grand Cormoran (Phalacrocorax carbo).

Voici un bel oiseau. Celui-ci n'aborde pas encore son plumage nuptial (mais ce sera le cas dans un prochain article). Cet oiseau marin aux doigts palmés est un redoutable pêcheur qui plonge inlassablement à la recherche de sa nourriture. Il vit en grandes colonies et passe l'hiver sur les côtes maritimes. On le rencontre en mer comme dans les terres, dans presque tous les pays du monde hormis en Amérique du Sud et à Madagascar.

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Le laurier-tin (Viburnum tinus).

Ce n'est ni un laurier, ni un thym mais une viorne. Il n'est pas comestible ni aromatique comme pourrait laisser penser son nom.  J'ai longtemps cru que c'était un arbuste venu de contrées lointaines pour orner les villes et routes de l'Isère mais il n'en est rien. Il pousse de manière naturelle dans les régions méditerranéennes comme les Calanques et ce n'est que depuis une vingtaine voir une trentaine d'années qu'il est employé pour l'ornementation.

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Certains viornes sauvages peuvent faire 7 mètres de haut pour plus de 3 mètres de large.

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Le bal macabre.

Ce fait m'était connu mais c'est la première fois que j'y assistais et je dois avouer que c'est assez impressionnant. On l'observe chez un bon nombre de batraciens et plus particulièrement ici chez ces deux crapauds communs (Bufo bufo). La femelle sous l'afllux de mâles sévèrement amourachés d'elle a fini par mourir d'épuisement; noyée sous le poids des nombreux prétendants ne voulant pas renoncer à la belle et ses oeufs. 

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Cette photo aurait pu parfaitement illustrer l'image de ce que peut être la danse macabre.

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On voit parfois aussi des grenouilles vertes ou rieuses reproduire le même comportement.

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Un mâle têtu ne veut pas voir l'évidence et se cramponne à la femelle. Avec ses pattes avants, il malaxe son corps pour la faire réagir tandis qu'avec ses pattes arrières il se propulse pour avoir un peu plus de tranquillité. En restant ainsi à la surface il prend le risque de se faire repérer par un oiseau de proie et d'être dévoré.

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Le cadre (mare du parc Camapgne Pastré) reste tout de même magnifique.

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Les asperges sauvages sont sorties.

Qu'elles sont belles les asperges sauvages (Asparagus acutilolius) mais attention, il faut se dépêcher de les ramasser avant qu'elles ne deviennent de petits buissons denses. Néanmoins la cueillette de ces légumes ne doit pas se faire n'importe comment. Dans certaines régions elles se raréfient et sont parfois protégées. La récolte doit donc être raisonnée et il faut faire en sorte de permettre aux populations de rester stables.

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Le jeu des sept différences. 

Alors à votre avis, où se trouvent la luzerne arbustive (Medicago arborea) et la coronille des Calanques (Coronilla valentina glauca) ? La luzerne, une invasive, se trouve à gauche et la coronille indigène à notre territoire à droite. Sous chaque photo vous pouvez trouver une petite indication pour faire la distinction entre les deux. 

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Par la couleur : la luzerne est orangée le plus souvent (mais pas toujours), la coronille est jaune.

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Les fleurs : elles sont nombreuses et en grappes fournies pour la luzerne,
ordonnées et peu abondantes pour la coronille dont 5 à 8 fleurs forment une ombelle.

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La luzerne à maturité va mesurer 2 à 4 m, la coronille entre 50 cm et 1 m, rarement plus.

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La luzerne possède 3 folioles (composants de la feuille), la coronille entre 5 et 7.

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Le pistachier lentisque (Pistacia lentiscus).

C'est l'arbuste des calanques. On le trouve dans la garrigue sans mal. Ses feuilles et ses graines sont très parfumées et ont de nombreuses vertus. Elles renferment des huiles essentielles et des composants chimiques qui ont un fort pouvoir antifongique. C'est pour ces raisons que depuis plusieurs siècles les hommes les utilisent pour soigner certaines maladies mais aussi pour traiter les cultures et le bois d'ouvrage.

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La prêle (Equisetum).

 Pas facile d'identifier les prêles, avec les tiges stériles et les tiges fertiles le niveau de complexité est augmenté. Pour faire simple il faut regarder les dents de ce que l'on nomme les noeuds (parties noires et blanches) et la forme intérieure de la tige ce qui veut dire la couper, or certaines espèces sont protégées.

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Les entre-noeuds et les noeuds avec leurs jolis motifs sont capitaux dans les identifications.

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Le spartier à feuilles d'ajonc (Spartium junceum).

C'est la seule espèce de son genre. On le confond souvent avec l'ajonc et le genêt en raison de ses fleurs. D'ailleur il porte parfois le nom de faux genêt ou à tort, celui de genêt d'Espagne. Il contient de puissants alcaloïdes toxiques pour l'Homme. Il a été longtemps utilisé par les populations méditerranéennes comme textile, fourrage pour les bêtes, bois de chauffe ou encore comme plante mellifère pour les abeilles.

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La famille des narcisses (Narcissus).

Il existe une multitude de narcisses sauvages et encore bien plus d'ornement. Ceux-ci se trouvent dans le parc Borely de Marseille et forment une véritable marée jaune. On les appelle à trot jonquilles,
ce nom revenant exclusivement à une seule espèce, la jonquille vraie (Narcissus jonquilla).

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Une marée de petites fleurs jaunes de narcisses a envahi le parc ces derniers jours.

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La scabieuse colombaire ornementale (Scabiosa columbaria var.).

Elle diffère de sa consoeur sauvage par sa grande taille et la variété de couleurs que présentent les cultivars. C'est une plante très rustique qui peut résister à des -15°C mais qui a besoin d'un sol frais pour s'épanouir et de soleil. D'ordinaire elle fleurit en mai mais dans le sud avec les fortes températures et le temps tout patraque que nous avons eu ces derniers mois, on peut avoir ce genre de bonnes surprises.

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Le bleuet véritable (Cyanus segetum).

C'est celui qui a gagné peu à peu les jardins et a pu échapper à la disparition. Habitué aux champs, la mécanisation et les produits chimiques ont bien failli avoir raison de lui. Autrefois on en trouvait dans tous les jardins de curés. Il était utilisé une fois infusé comme eau de beauté par les dames (que l'on trouve encore aujourd'hui en magasin) ou comme soin pour les infections des yeux et les irritations des muqueuses.

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Scilla mieschenkoana ?

 Il semblerait que les jardiniers du jardin botanique de Marseille se soient emmêlés les pinceaux dans leur identification. Il y a bien plus à parier que nous nous trouvons en face d'une variété d'ornithogale indigène et non une scille venue du fin fond du Caucase aux couleurs chatoyantes mais introuvables sur le net.

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L'étourneau sanssonet (Sturnus vulgaris).

 De loin on pourrait penser voir un oiseau tranquille et à la couleur noir mais il n'en est rien, surtout en période nuptiale. Son plumage se couvre de reflets irisés ce qui le transforme en boule à facette. Il se déplace en bande plus ou moins importante pour se nourrir. Son chant est très beau et évoque l'arrivée du printemps. Il se compose de gazouillis, de cris, de piaillements et d'imitations d'autres bruits comme celui des téléphones. 

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Le plumage de l'étourneau sanssonnet est remarquable par sa couleurs et ses motifs.

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La rue  (Ruta graveolens) et le bourdon terrestre (Bombus terrestris).

Les bourdons sortent butiner, c'est signe de beau temps. Celui-ci est posé sur un pied de rue officinale dont les fleurs viennent tout juste de s'ouvrir. Cette plante a été très longtemps bannie des jardins, au point de voir la Marie chaussée faire le tour des maisons. Son tort ? être dangereusement toxique mais surtout abortive. On se plait parfois à raconter que l'on en trouvait un pied dans tous les couvents de religieuses. 

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Les bourdons sont de proches cousins des abeilles mais n'ont pas le même système de colonies.

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Les Rhododendrons.

Ils font partie de la même famille que celle des bruyères : les éricacées. Ils sont originaires d'un peu partout dans le monde, on en trouve même quelques espèces indigènes aux Alpes mais ceux de nos jardins viennent bien souvent d'Asie. Appelés aussi azalées, ils aiment généralement les sols acides voire très acides.

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Le tilleul d'appartement (Sparmannia africana).

Cette belle plante vient d'Afrique du Sud. Il nécessite beaucoup de soin en extérieur (peu résistant aux faibles températures) mais se garde bien en pot en intérieur. Exposé dans une pièce fraîche il peut fleurir presque toute l'année. Les fleurs ne durent que quelques jours mais peuvent rester sur la plante plusieurs semaines.

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Le tilleul d'appartement est de la famille des Tillacées tout comme notre tilleul européen.

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La rhodante hosmariense (Rhodanthemum hosmariense).

C'est une plante du vent. En effet elle ne craint pas les fortes brises ni les embruns. Très résistante elle se plait en plein soleil, sur un sol drainant et ne craint pas les -20°C. Il y a débat sur son nom, certains lui préférant celui de "Leucanthemum hosmariense". Ce cultivar nous vient tout droit du Maroc d'où sa résistance.

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On peut les voir fleurir tôt dans l'année, parfois dès le mois de janvier jusqu'à mai-juin.

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Des nids et des oiseaux. 

On a souvent tendance à penser que les nids sont les lieux où dorment les oiseaux mais en réalité c'est là où ils élèvent leurs petits. La plupart d'entre eux passent leur nuitée sur une branche à l'abris dans le feuillage. Pour revenir aux nids, le parc Borely n'en manque pas. Ils sont divers et parfois facilement observables.

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Le buddleja salvvifolia.

 Encore une belle africaine qui a le statut d'endémique là où elle pousse (en particulier au Kenya et au sud de l'Angola). Sa floraison est hivernale et son feuillage vert cendré est persistant. Il est employé en Afrique pour ses propriétés médicinales le plus souvent en infusion ou en décoction mais aussi pour son bois dur et résistant.

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Il mesure 4 à 8 mètres de haut et est utilisé pour la fabrication de cannes à pêche artisanales.

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La tulipe humilis (Tulipa humilis var pulchella).

Elle vient d'Iran et des contrées alentours. Elle se décline en une multitude de variétés issues de l'horticulture comme ici, avec la variété "Pulchella" qui est de petite taille. Elle est arrivée dans les jardins et plus particulièrement chez les collectionneurs au 19e siècle en Europe. Certaines variétés sont blanches, violines avec un coeur jaune ou encore blanches en tirant parfois presque sur le bleu. Elle aime les sols rocailleux.

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Le ricin commun (Ricinus communis).

Cette plante exotique était associée au Moyen Âge à la magie noire. Très toxique, on en tire un violent poison et une huile essentielle utilisée pour la médecine et les soins (parfois mortelle si mal utilisée). Elle peut atteindre plus de 10 mètres de haut sous les tropiques. On la reconnait à ses feuilles atypiques qui se teintent de rouges. Les fleurs femelles poussent sur le haut de la plante, les fleurs mâles sur le bas.

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Le goéland leucophée (Larus michahellis).

Il est depuis peu séparé du goéland argenté. On différencie les deux espèces surtout en période internuptiale, quand les mâles et les femelles ne sont pas en période de parade nuptiale. Chez le goéland argenté les adultes ont sur la tête un plumage tacheté de brun alors que les goélands leucophés restent d'un blanc immaculé. Nombreux à Marseille, ils remontent dans les terres en suivant les cours d'eau et les décharges.

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Le martin pêcheur (Alcedo atthis).

Quel plaisir d'observer de prêt cet oiseau qui d'ordinaire se montre timide. Et quel autre plaisir de le voir plonger et remonter sa prise puis l'engloutir (vous trouverez bientôt la vidéo sur le youtube de la Renarde). Pour assommer un poisson ou un crabe, le martin pêcheur le secoue violemment et le frappe contre une branche avec son bec puissant. On le rencontre d'ordinaire dans les eaux pures et poissonneuses à l'abri du vent et des vagues.

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Son plumage bleu métallisé le rend presque invisible quand il vole au dessus de l'eau.

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L'acrobranche du parc Campagne Pastré.

Bien que ces jours soient comptés (malheureusement), on peut encore profiter du parc de Campagne Pastré et de son acrobranche. Celui-ci a l'avantage de faire découvrir la forêt de grands pins qui s'y trouve et qui abrite de très nombreux oiseaux ainsi qu'une ribambelle d'écureuils. Il est accessible à tous et cela, dès l'âge de 5 ans.

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On se sent vite petit au milieu de ces immenses arbres qui parfois sont centenaires.

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La pie bavarde (Pica pica).

 Elle a la réputation d'aimer voler tout ce qui brille. Son plumage blanc et noir et ses cris bruyants permettent de l'identifier sans mal. Sur ses ailes et sa queue, des plumes irisées bleu-vert permettent de la voir à travers le feuillage grâce à leurs reflets. On la rencontre un peu partout, en ville comme en campagne dans les jardins, les forêts claires et les prairies entourés d'arbres. Cette opportuniste se nourrit surtout de graines et d'insectes.

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Elle est encore considérée comme nuisible dans bien des endroits et chassée.

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Le ragondin (Myocastor coypus).

Originaire d'Amérique du Sud, quelques individus se sont échappés dans la nature d'élevages à fourrure. Depuis on le rencontre un peu partout en France où il cause bien des torts à la faune et à la flore mais aussi aux berges par ses terriers qui provoquent un effondrement des berges. Dans certains départements il est piégé et vendu aux restaurateurs où il est proposé sur la carte. On peut le présenter en ragoût, en civet ou en terrine.

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 Le maceron (Smyrnium olusatrum).

On le trouve un peu de partout en ce moment, là ou en ville on peut voir des pelouses et des friches herbeuses. C'est une plante aromatique présente en méditerranée qui a été utilisée et qui l'est encore comme légume "oublié" en salade (jeunes pousses), dans les soupes (feuilles) et comme condiment (graines et fleurs).

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L'hellébore Corse (Helleborus argutifolius).

Celle que l'on rencontre dans les parcs et jardins est souvent un peu différente et pour cause, elle vient tout droit des serres des horticulteurs. Néanmoins cela ne lui retire pas son charme. Dans son milieu elle est endémique, c'est à dire qu'elle ne pousse que dans un petit périmètre, à savoir la Corse et la Sardaigne.

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L'absinthe (Artemisia absinthium).

Voilà une vieille célébrité. C'est grâce à elle que les artistes du 18eme et surtout du 19eme ont pu être inspirés par la petite fée verte. L'alcool d'absinthe, du même nom, est une liqueur verte et sirupeuse qui a fait bien tourner des têtes. Aujourd'hui on en trouve de nouveau dans le commerce mais on est loin de la recette originale qui avait tendance à faire avorter et à rendre fou les consommateurs en raison de sa concentration en méthanol.

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Les romanciers et artistes appelaient l'absinthe la fée verte en raison de sa couleur.

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Le lézard des murailles (Podarcis muralis).

Protégé en Europe, on le trouve aujourd'hui en Amérique du Nord où il pourrait s'avérer être invasif. Il aime se prélasser et chasser sur les vieux murs ensoleillés, dans les côtes abruptes et rocheuses ou encore dans les gros tas de pierres. Les mâles à la saison des amours présentent un beau ventre de couleur orange vif.  

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 Les carpes Koï (Cyprinus carpio).

 Elles sont à l'origine issues de la carpe commune qui vit dans les rizières. Poissons de collections, certains individus peuvent valoir plus d'un million d'euros. On trouve énormément de fermes en Asie où les plus réputées aiment faire des démonstrations avec leurs champions. En fonction de la couleur de sa robe, de l'implantation des tâches et de la taille, chaque poisson aura un nom bien défini comme chez les chevaux.

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Dans le bassin du jardin ethnobotanique de Marseille on peut observer de nombreuses carpes Koï.

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Les plus gros poissons viennent à la surface prendre un peu d'air ou voir s'il y a à manger.

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Le daphné odorant (Daphne odora).

 Cet arbuste chinois ressemble beaucoup aux espèces européennes. Sa floraison est très odorante et a lieu en hiver. Son parfum est associé à de nombreuses senteurs mais c'est avant tout les odeurs de clou de girofle et de jasmin qui dominent. Cependant attention aux baies, bien que chatoyantes elles sont mortelles.

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On le rencontre souvent dans les jardins chinois de moyenne et haute altitude.

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L'Arbutus X andrachnoides.

C'est un grand arbuste qui appartient aux argousiers. Il existe depuis les années 1800 et se reconnait très facilement à son écorce colorée qui part en lambeaux ainsi qu'à ses jeunes pousses rougissantes. Lui aussi présente une floraison hivernale et a l'avantage de ne demander que peut si ce n'est aucun soin.

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L'aralia du Japon (Fatsia japonica).

Dans le jardin japonais du jardin ethnobotanique de Marseille (parc Borely), on peut aussi trouver cette petite merveille dont je n'avais pu trouver le nom la première fois où je l'ai rencontré à Nice. Dans son environnement naturel il pousse sur les bords côtiers du Japon et de la Corée du Sud. Il se multiplie assez facilement.

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La bourrache officinale (Borago officinalis).

C'est une plante que l'on trouve dans la cuisine du sud, en particulier en Italie où les ravioles à la bourrache au beurre de sauge font fureur. Néanmoins elle est hépatotoxique ce qui implique qu'il faut en consommer très modérément. Les fleurs ont un goût très marqué et surprenant d'huître ce qui ne va pas pour me déplaire.

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Les fleurs de la bourrache sont d'un bleu éclatant mais peuvent être aussi blanches.

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La corneille noire (Corus corone).

C'est un oiseau assez timide que l'on rencontre dans les zones peu touffues, riches en pelouses arides et en bosquets ou dans les estuaires. On le confond avec les corbeaux qui sont bien plus gros, souvent en groupe et bavards. Les corneilles noires vivent seules ou en couples et défendent avec acharnement leur territoire.

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C'est quand la lumière est faible et les visiteurs peu nombreux que l'on peut voir les conreilles.

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La mer Méditerranée.

On peut facilement passer plusieurs jours à Marseille sans la voir et sans penser à elle mais l'odeur du sel, les goélands et le mistral finissent toujours par nous la rappeler. Bien qu'elle soit une petite mer comme on le dit parfois, elle possède une faune et une flore incroyable qui forment de vastes écosystèmes complexes et variés.

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Le goéland leucophée ne craint pas de faire des acrobaties au dessus de la mer déchaînée.

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La mer est d'un bleu superbe mais il est encore un peu tôt pour aller s'y baigner.

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Le muscari à grappe (Muscari neglectum).

C'est une fleur de printemps qui peut atteindre de belles dimensions. On le trouve presque partout en France. Il possède des feuilles fines et élancées ainsi qu'une jolie grappe de fleurs bleues qui présente souvent un dégradé. Fait surprenant, la plupart des fleurs sont stériles et ne font qu'attirer les insectes pollinisateurs. 

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Le moineau domestique (Passer domesticus).

J'adore cet oiseau qui est de moins en moins commun dans nos villes et nos campagnes. Très intelligent il vit en groupes très structurés où des éclaireurs, des vigiles et des "récolteurs" se partagent tour à tour le travail. On peut voir les parents nourrir leurs petits dans des nids fait sous les toits et dans les murs. 

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Le mot de la fin.

Avec le retour des beaux jours et nos nouveaux appareils photos, nous avons pu nous régaler. Il y a des oiseaux en abondance et de très nombreuses plantes commencent à fleurir, c'est le paradis ! Autre belle surprise, sur un marché d'antiquaires nous avons pu trouver un vendeur de cartes anciennes, autant vous dire que nous avons fait une véritable razzia. Bref c'est le printemps et ça fait le plus grand bien. Vivement les sorties en forêt.

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