vendredi 1 mai 2020

Sortie dans les marais 21 : bref passage dans la Dombe.

DSCN1618Nous voilà pour une petite virée dans la Dombe pour y voir la faune des lacs. Nous sommes samedi 14 mars, il y a deux jours de cela, l'annonce a été faite que les écoles seront fermées dés lundi. Je suis inquiète, mon travail consiste à intervenir dans ces dernières, et je n'ai aucune idée de comment va pouvoir alors s'organiser mon travail. J'étais loin de m'imaginer que nous serions dès le mardi 17 avril midi presque tous confinés chez nous. Depuis, je suis en télétravail et mon nombre de sortie (courses ou loisir) à l'heure je vous parle sont au nombre de 5 au bout de ces 4 semaines de confinement. Bien qu'une partie de ma journée reste dédiée au boulot, j'ai tout à loisir d'investir une partie de mon temps dans l'écriture et la retranscription de cette dernière sortie avant de connaître la crise de la Covid-19. C'est même plaisant de revoir ces photos et de se rappeler ce que nous avions pu voir ce jour là.

DSCN1573 (2)Mais avant ça, passage par le plateau agricole du Biézin. Je m'y trouvais le jeudi précédent, entre deux séances en classe, pour faire un petit repérage en vue des prochaines sorties programmées avec les scolaires auprès de qui j'interviens comme animatrice nature. Si l'endroit ne paye pas de mine,  je le trouve vraiment fabuleux.

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Milans, busards et faucons crécerelles traçant dans le ciel, cigognes au repos (pas moins de 35), grandes aigrettes mais aussi alouettes des champs (plus de 300) et bergeronnettes grises (environs 70), autant vous dire que je me suis éclatée. Seulement voilà, ce samedi, l'endroit foisonne beaucoup moins de vie, peut être en raison des nombreux visiteurs. Seules quelques buses et corneilles sont de la partie. Ce n'est pas grave. Nous continuons notre chemin en passant par le repère des faucons pèlerins (Falco peregrinus). Là encore nous sommes bredouille, le couple étant sans doute parti en chasse. Nous sommes alors seuls sous l'ombre de la grande antenne où ils nichent.

DSCN1571Avant de partir du côte de l'Ain, petit focus une dernière fois sur le Biézin et en particulier sur le pinson des arbres (Fringilla coelebs). Ici il s'agit d'un mâle en raison de sa gorge rose pâle qui peut tirer à la saison des amours sur le rose saumon. Ici il se plaît énormément du fait des nombreux champs de culture où il peut se nourrir sur la terre en jachère mais aussi, du fait de la présence de petites boisement et de haies où il peut nicher.

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Les étangs sont replis d'oiseaux, et bien qu'une partie des canards hivernants commencent à retourner en direction du grand nord de l'Europe, il reste bien des choses à voir, comme ces canards chipeaux (Mareca strepera) à gauche. On les rencontre dans les zones d'eau profonde, aussi bien que ce soit des marais, les étangs ou les rivières dans lesquels il plonge pour aller récolter les plantes aquatiques dont il se nourrie.

DSCN1575 (2)Trouverez-vous toutes les espèces présentes ? En arrière plan on trouve une oie cendrée (Anser anser) ainsi que quelques sarcelles d'été (Anas querquedula). Au second plan, une troupe de canards souchets (Anas clypeata) filtre la vase. Au premier plan, on retrouve les canards chipeaux (Mareca strepera). Tout le monde semble vivre en bonne intelligence, chacune des espèces se nourrissant différemment et à de hauteurs d'eau variées.

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Petit point rapproché sur les sarcelles d'été (Anas querquedula). Ce sont de petits canards dont le mal se reconnaît à sa tête et son poitrail rouges et à son grand sourcil crème. On les différencie aussi des sarcelles d'hiver (Anas crecca) à l'absence d'une grande tâche blanche à l'arrière du corps et d'un bec un peu plus grand. Domestiqués par les romains à l'antiquité, ce sont des animaux redevenus depuis complètement sauvages.

DSCN1599On change des oiseaux avec ce très gros ragondin (Myocastor coypus) qui tranquillement traverse devant nous. Appel rat gondin ou myocastor, ce gros rongeur nord américain est présent en Europe suite à son introduction pour sa peau et dans une bien moindre mesure pour sa chair. Accusé de causer des dégâts dans les champs et sur les digues. Classé invasif, son impact environnemental et économique serait en réalité plus modéré.

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Et puis il y a les cigognes blanches (Ciconia ciconia). Nombreuses, elles tournent dans les airs au-dessus de nos têtes. Dans la Dombe, elles ont pris l'habitude de nicher à proximité et dans le parc des oiseaux dans les grands arbres. Les prairires humides, les étangs et les fossés qui y sont abondants leur offre une multitude d'opportunités pour se nourrir de petits insectes, de grenouilles et plus rarement de poissons et de rongeurs.

DSCN1609Changement de décor, nous fillons aux observatoires situés à quelques kilomètres. C'est là, cet hiver, que nous avons vu de nombreux canards et oies se nourrir dans la vase, l'étang alors asséché. C'est aussi là que nous avions vu plusieurs grands cormorans et ragondins morts sur les rives, nous laissant très perplexes sur notre observation et sur ce qui peut se passer parfois sur les lacs privés dédiés à la pêche à et d'autres activités.

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Deux rapaces nous passent au-dessus. À gauche un milan royal (Milvus milvus), passe à toute allure après avoir donné quelques coups d'ailes en compagnie de 4 autres congénères pressés. Sans doute un retour de migration. Ils sont tout aussi rapides que cette buse variable (Buteo buteo) qui vole cou tendu, peut être à la recherche d'une proie ou plutôt d'un perchoir pour la nuit, le jour commençant à tomber doucement.

DSCN1606 (2)À notre droite, une grande aigrette (Ardea alba) marche doucement dans l'eau à la lisière des saules. Peut être espère-t-elle déloger quelques petits poissons qu'elle pourra harponner avec son grand bec jaune. Cosmopolite, l'espèce se rencontre aux quatre coins du globe. Cependant en France elle n'est que très rarement nicheuse, hormis dans quelques départements français. Son bec et ses pattes changent alors de couleurs.

La sortie se termine là, à la tombée de la nuit face à un champ de vaches où les cigognes et les hérons sont en chasse. Il faudra maintenant attendre un mois, un mois et demi voire deux mois pour ressortir. Nous ne le savons pas encore. Cependant j'ai encore beaucoup ) vous montrer et à écrire, de nombreuses fiches espèces m'attendant depuis certaines depuis plus d'un an, autant vous dire que je ne m'ennuie pas en ce moment.

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samedi 7 décembre 2019

3e édition du forum Mycélium : des champignons et de l'agriculture.

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Troisième édition du forum Mycélium pour moi. Cette année, je suis là sur presque l'intégralité de l'évènement, un vrai bonheur. Nous avons eu des moments forts, une superbe équipe qui a fait une installation de fou et surtout, de très belles rencontre. Pour ma part je suis intervenue en conférence sur la thématique "Les étranges amours entre animaux et champignons'' pour évoquer le lien entre monde fongique et monde animal.

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L'ami Joseph est là, avec ces magnifiques photos en macro qu'il aime partager sur les réseaux et qu'il a pour l'occasion édité en format papier. Pas besoin pour lui de longues

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marches, il sait avec l'aide de ses chiens débusquer les merveilles de la nature qui sont là, à quelques pieds de nous le long des chemins. Recréant en intérieur avec brio des paysages forestiers et lilliputiens où évoluent lichens, insectes, fleurs et autres champignons, il fait découvrir à qui le veut son studio photo qui bien souvent, tient sur la même surface que celle d'une feuille A4. Traînant ses savates entre le Rhône et la Loire, il dresse fidèlement un portrait de la fonge et de la flore des forêts locales composées bien souvent de feuillus. Joseph n'est pas seul à exposer, on retrouve aussi Héléna avec ses ateliers mycorhizés et Gérald avec son incroyable collection de cristaux qu'il extrait lui même des entrailles du sol ardéchois, faisant apparaître des merveilles dans la mousse de l'exposition de champignons de 300 espèces.

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Pour ma part, j'anime un petit atelier enfants. Mémory, jeux de société, manipulations d'objets sur le lien oiseaux-champignons, construction de cabanes et de vrais-faux nids en lichens, ballades dans le bout de campagne ... il y a de quoi faire sans compter les nombreux jeux créer par divers membres de notre association, le Mycorium Sauvage que vous pouvez retouver sur internet ICI  mais aussi sur les réseaux sociaux juste .

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2 heures du matin, nous terminons la mise en place de l'exposition. Les amanites sont reines. Sous une amanite tue-mouche géante trônant dans le fond de la salle, vestige du char de cet été dédié aux champignons, une multitude d'Amanita ont fleurie dans un tapis de mousse. Vous vous doutez bien, Amanita muscaria est au coeur de mes compositions, celle-ci attirant par son incroyable chapeau rouge et blanc tous les regards.

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Nous n'en avons pas encore trouvé beaucoup. Le cèpe de Bordeaux (Boletus edulis) déchaîne les passiosn et comme l'indique son autre nom de cèpe du Périgord, il est revendiqué comme emblématique de nombreux territoires, bien que ce soit dans le sud-ouets qu'il soit le plus commun.

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Recherché, ce bolet fait parti du club très fermé des quatre cèpes qu'il compose avec le cèpe des pins (Boletus pinophilus), le cèpe bronzé (Boletus aereus) et le cèpe d'été (Boletus aestivalis). Comme en mathématique avec la fameuse maxime "tous les carrés sont des rectangles sont des rectangles mais tous les rectangles ne sont pas des carrés", tous les cèpes sont des bolets mais tous les bolets ne sont pas des cèpes. Pour revenir au cèpe de Bordeaux, on le reconnaît à son chapeau brun, parfois chamois, à son pied blanc faiblement veiné et par le parfum délicat de sa chair. Excellent comestible, on peut le cuisiner braisé, en carpaccio cru, à la crème, en ragoût, grillé ou en papillote dans un feu de bois.

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On voilà deux que je découvre pour la première fois, et bien que leur nom vernaculaire soit le même, ils ne sont pas placés sur la même branche dans la classification phylogénétique. À gauche, un tricholome âpre (Tricholoma acerbum), champignon rare et très médiocre comestible en raison de son goût appartenant aux Tricholomataceae. À droite, le tricholome aggrégé (Lyophyllum decastes), un comestible de la famille des Lyophyllaceae.

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La collybie visqueuse (Oudemansiella mucida) est magnifique. Blanche voire même translucide, elle semble constamment couverte de rosée. Elle apprécie les troncs de hêtres affaiblis ou morts sur lesquels elle se développe pendant l'été et l'automne. Piètre comestible, il vaut mieux la laisser dans la nature, son goût étant piètre tout comme son pied certes grêle mais coriace et sa chair à la consistance molle.

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Pose dans le week-end. 37 milans royaux (Milvus milvus) nous survolent, un instant magique. Il y a fort à parier qu'ils partent tous dans la même direction, le Massif Central. Là bas, il n'est pas rare de voir un millier d'oiseaux réunis en un grand dortoir, une partie d'entre-eux utilisant le site pour se reposer avant de partir en Afrique, l'autre y séjournant tout l'hiver avant de repartir dans le nord quand le printemps arrive.

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Les journées sont riches et bien occupées, les nuits aussi, et donc pas ou du moins, peu de reportage photo pour cette année. Cependant vous pouvez retrouver l'intégralité de l'événement en ligne sur le site et encore mieux, pour une adhésion à l'association du Mycorium Sauvage, vous pourrez bientôt retrouver les vidéos de l'édition 2018 et 2019 de tous les intervenants traitant des liens entre champignons, animaux, culture, agriculture etc.

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