jeudi 21 mars 2019

Retour en Camargue.

 

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L'hiver bat son plein. Dans de nombreuses régions de France, c'est le calme plat, pas moins de 90% des oiseaux ont déserté le pays, non pas par peur du froid, mais par manque de nourriture, les insectes étant rares en saison hivernal. Cependant, de nombreuses zones humides de grandes envergures abritent à cette saison des espèces remarquables, leur offrant le gîte et le couvert. 

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Dans ce cas de figure, on peut citer la Dombe qui se trouve non loin de chez nous. Située dans l'Ain, elle se compose de milliers d'étangs destinés à l'origine à la pisciculture et surtout, au ravitaillement de la table du roi. Cependant les têtes sont tombées et nous avons poussé notre voyage un peu plus loin pour finir en Camargue. Nous avions alors en mémoire notre hiver dernier dans la région, où nous avions pu nous émerveillé du vol de milliers de grues cendrées (Grus grus). Hélas cette année elles n'étaient pas au rendez-vous. Pour autant nous ne sommes pas resté sur notre faim, la région étant toujours aussi riche.

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Première surprise à notre arrivée, deux couples de canards souchets (Anas clypeata) se trouvent sur le lac. Cette espèce me fascine tout autant m'amuse. Leur long bec plat leur sert à se nourrir d'insectes aquatiques, de végétaux et de graines mais surtout, à filtrer le plancton à l'aide des soies présentes à l'intérieur du dit bec. Sous nos l'attitude on le rencontre principalement l'hiver, dans les zones de nourrissages où plusieurs espèces se tiennent compagnie. Cela n'est pas le fruit du hasard, les autres canards ayant la tendance à faire remonter les sédiments à la surface où se trouvent les micro-organismes dont se nourrissent les souchets.

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Détour par le Pont de Gau, non loin de Sainte Marie de la Mer. Les stars de la saison sont là. Des centaines de flamants roses (Phoenicopterus roseus) se font causette dans un joyeux vacarme. Grégaires, ses oiseaux filtreurs passent des heures à fouiller la vase de leur bec à la recherche de phytoplancton, en particulier de petites crevettes contenant des caroténoïdes auxquels ils doivent la belle couleur rose de leur plumage.

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Plusieurs d'entre-eux sont bagués. Ils appartiennent à différents programmes de suivis des populations d'oiseaux d'eau. Les flamants pouvant avoir une vie particulièrement longue, 33 ans pour certains. De ce fait, les bagues peuvent être de forme et de couleurs variées en fonction des pays où elles ont été posées mais aussi des années et des campagnes. Au final cela donne un sacré casse-tête pour identifier un individu pour les néophytes.

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Cependant, en France il n'y a plus de bagage de l'espèce, et de ce fait il y a de forte chances que les oiseaux bagués observés ici aient plus de 18 ans hormis s'ils proviennent des lagunes et les étangs d'eau saumâtres du sud de l'Europe. Cette affection de l'espèce pour ce type de milieu explique l''abondance de ces animaux dans le delta du Rhône qui forme en partie la Camargue telle que nous la connaissons aurjoud'hui.

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Le moineau domestique (Passer domesticus) est un oiseau que l'on croit commun et pourtant, sa population est entrain de s'effondrer sans que l'on puisse complètement l'expliquer. Perte de la biodiversité, pesticides, disparition des insectes, diminution des ressources en ville ... tout autant d'hypothèses. Pour lutter contre ce phénomène, on peut poser des nichoirs à moineaux pour que nos compagnons ailés continuent à animer nos villes et nos campagnes. Ici il s'agit d'un mâle que l'on reconnaît à sa calotte de plumes grises. Pour les plus observateurs, vous aurez pu vous apercevoir que lui aussi est bagué, chose peu commune chez cette espèce.

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Le flamant rose entre dans la classification des échassiers, ces oiseaux aux longues pattes d'où ils tirent leur appélation. Il n'est pas le seul à pouvoir prétendre à ce titre. L'aigrette garzette (Egretta garzetta) identifiable à son bec gris verdâtre et à son plumage blanc peut également y prétendre.

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Son bec en forme de dague et élancé indique qu'il s'agit d'un pisicovre, c'est à dire qu'elle possède un régime alimentaire fait à base de poisson. Néanmoins, ce petit héron blanc peut très bien se nourrir de vers, d'insectes, d'amphibiens et de petits reptiles. Grégaire, elle niche dans des héronnières où la couvaison des oeufs et le nourrissage des petits lui prend une grosse partie de son temps et de son énergie. Pendant 7 à 8 semaines, les parents s'évertuent à mener à bien leur rejetons et pour cause, la femelle ne pond qu'une seule fois par an. Le nid patiemment construire ne sera pas réinvesti l'année suivante, hormis en de rares cas.

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Le héron cendré (Ardea cinerea) figurent parmi les plus grands hérons avec une taille de 1 mètre et une envergure frôlant les 2 mètres pour un poids maximal de seulement 1,2 kg. Cette légèreté est commune à une grande partie des oiseaux, du fait de leurs os fins et légers, de la composition et forme de leurs plumes et de la compression de leurs organes pour permettre d'atteindre un aérodynamisme quasi parfait.

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Un petit coup de froid ? Le héron rentre la tête, ouvre les ailes et se laisse sécher par le soleil. D'ordinaire, on le connait sous sa forme élancée qui laisse voir la plupart des caractères de l'animal, à savoir un long cou, un bec coloré de jaune, d'orange et de rose (particulièrement à la saison des amours), une aigrette de plumes noires à l'arrière de la tête, un sourcil marqué et un plastron fait de longues plumes grises (toujours en période nuptiale).

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Il n'est pas rare de voir les hérons cohabiter avec d'autres espèces, ici ils sont en compagnie de timides sarcelles d'hiver (Anas crecca). L'individu présenté en format portrait est un jeune de l'année 2018 qui se reconnaît à son plumage plus terne, à son bec en partie gris, au sourcil lui aussi grisonnant (et non noir comme chez les adultes) et à l'absence d'aigrette. Il devra patienter une année de plus pour pouvoir se reproduire.

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Continuons avec les canards plongeurs. Le fuligule milouin (Aythya ferina) est un petit canard au dimorphisme sexuel prononcé. La femelle est très terne comme chez de nombreuses espèces cousines, ce qui lui permet de se dissimuler dans les végétaux où elle couve. Le mâle quand à lui à une tête et nuque d'un rouge très prononcées. C'est un barboteur qui se nourrit principalement de végétaux, dont les problématiques lentilles d'eau (Lemna sp.).

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Des ragondins  (Myocastor coypus), des ragondins partout ! Ce beau et gros rongeur est originaire des Amériques. Il a été importé en Europe pour fournir les fermes à fourrure. Charmant. En France comme ailleurs, de nombreux individus purent s'échapper et forment aujourd'hui une important population. Aimant s'abriter dans des terriers qu'il construit au coeur des berges, ce qui dans certaines régions est fortement impactant pour les digues.

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Le soleil se couche sur la Camargue, c'est le moment de rentrer. Sur le chemin, nous croisons un vieux sanglier boitillant. Au loin, les lumières d'Arles scintillent, nous guidant un temps jusqu'à Marseille. La nuit approchant, nous avons juste le temps de regarder les derniers passereaux de la journée s'activer dans les phragmites et les canards se réunir au centre des étendues d'eau, loin de l'appétit du renard et des chiens errants.

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jeudi 16 juin 2016

Sortie dans les Calanques 12-2.

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 Voici le deuxième épisode de notre sortie dans les Calanques. Pour le coup, celui ci va être dédié aux quelques oiseaux communs mais au combien passionnants que l'on peut croiser, même en ville. Ici il s'agît du goéland leucophée (Larus michahellis) qui n'est plus rattaché au Goéland argenté (Larus argentatus) depuis peu.

 

Le moineau domestique (Passer domesticus).

On reconnaît le mâle à sa tête barrée de noir et de marron. Les moineaux sont des oiseaux bien plus intelligents qu'on ne le pense. Ils vivent en groupe où chacun à leur tour les oiseaux vont passer de sentinelles à éclaireurs comme le ferait une famille de marmotte ou de suricate.  Ce sont des omnivores opportunistes.

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Le lézard des murailles (Podarcis muralis).

Présent dans presque toute l'Europe, c'est un petit lézard qui se plaît dans les fissures des vieux murs, les souches d'arbres morts et les éboullis de pierres. À la saison des amours le ventre des mâles se colore d'orange. Il est très utile auprès des habitations car il se nourrit de nombreux insectes qui sont souvent perçus comme "nuisibles" à l'instar des araignées, des pucerons, des criquets, des moucherons ou encore des guêpes.

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La perruche à collier (Psittacula krameri).

Surprenant de la voir sous nos l'atitudes. Pourtant elle y est de plus en plus commune. Importée dans les animaleries, elle s'est installée dans les Sud de la France et les grandes villes. On la rencontre même dans le parc de Lady Diana à Londres. Dans leur milieu naturel les perruches à collier causent des dégâts aux cultures.

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L'asphodèle fistuleux (Asphodelus fistulosus).

Pour les grecs anciens, il tapisse les Champs Élysées, c'est à dire la partie les Enfers où reposent les héros et les guerriers défunts mais aussi une partie du champ de l’Asphodèle où le dieu des morts Hadés et son épouse séjournent en compagnie d'âmes errantes. À savoir, chez les peuples antiques les Enfers n'ont pas du tout la même connotation que pour nous, ils sont un lieu souterrain où repose les âmes bonnes comme mauvaises. 

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L'échasse blanche (Himantopus himantopus).

Ce petit échassier est un oiseau délicat qui se reconnaît à son plumage noir et blanc. On le rencontre dans presque tous les pays du globe. Peu farouche, il vit a proximité de l'eau dans les zones marécageuses, vaseuses et/ou peu profondes où il peut trouver sa nourriture, à savoir des mollusques, des insectes et des larves.

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L'agave d'Amérique (Agave americana).

 Imposante n'est-ce pas ? Cette plante venue d'Amérique comme son nom l'indique s'est répandue comme une traînée de poudre dans le sud de la France et dans bien d'autres pays. Sa floraison lui est fatale, en effet la belle perd toute son énergie a développer cette grande hampe florale qui portera une multitude de fruits.

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Le sainfoin cultivé (Onobrychis viciifolia).

Autrefois cultivé comme plante fourragère, il a depuis été détrôné par la luzerne cultivée (Medicago sativa) et s'est rabattu sur les friches et les terrains abandonnés. Il était apprécié pour l'engraissement rapide procuré au bétail mais aussi pour ses capacité à augmenter la lactation chez les mammifères et les femmes allaitantes.

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L'écureuil roux (Sciurus vulgaris).

Celui là a été trop rapide pour moi. On le trouve dans toute la zone tempérée de l'Eurasie. Arboricole, il se plaît énormément dans les parcs de villes et dans nos forêts. Pour l'observer il faut surtout la guetter tôt le matin ou en fin d'après midi, c'est généralement à ces deux moments de la journée qu'il est le plus actif, quand il cherche sa nourriture. Celle-ci se compose avant tout des graines et de noix mais aussi de champignons et d'oisillons.

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Le mot de la fin.

Rapide tour de ces quelques animaux et plantes qui font le quotidien de bien des citadins et dont on oublie parfois la nature sauvage et/ou exotique. Ils sont une invitation au voyage mais aussi un rappel que la nature fait partie du quotidien de l'Homme même dans les zones bétonnées, ce qui ne va pas sans me plaire.

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