vendredi 22 avril 2016

La saison aux morilles 2016.

DSC05245

C'est une jolie saison pour nous. Je ne suis allée que peu aux morilles mais toujours avec beaucoup de plaisir. Certaines de nos sorties ont fait chou-blanc mais ne manquent pas d'interêt et bientôt, je les partagerai avec vous. Dans cet article, je vais vous donner les deux-trois trucs et astuces que j'ai pour trouver des morilles en forêt en lisière. Vous pouvez aussi trouver sur le blog un article bien plus ancien sur le même thème juste ICI.

 

L'orchis mâle (Orchis mascula).

Cette orchidée tient son nom de la forme de ses deux tubercules qui ressemblent à des testicules. Son début de floraison est souvent indicateur chez nous de la sortie des premières morilles blondes (Morchella rotunda). Orchidées et morilles partagent souvent le même milieu ce qui fait de la plante une bonne bio-indicatrice. En effet, la belle aime les zones de plaine lumière ou de mi-ombre humide et ayant un sol relativement calcaire.

DSC05292 - Copie DSC05293 - CopieDSC05290 DSC05287 - Copie

 

La pézize veinée (Disciotis venosa).

Ce champignon appartient à la famille des morilles et pousse souvent dans les mêmes endroits qu'elles. Son odeur de javel rebute bien des amateurs mais celle-ci disparaît à la cuisson. Personnellement c'est un champignon que j'aime beaucoup et qui, je trouve, se cuisine bien en risotto ou avec les pièces de boucher.

DSC04922 DSC05270

 

Le tricholome de la Saint-Georges (Calocybe gambosa).

Nommé aussi mousseron, ce champignon printanier pousse souvent quand la saison des morilles s'apprête à s'achever. Il partage les mêmes biotopes que les morilles et se trouve surtout dans les vergers pommiers, les pelouses et les abords des haies. Excellent, il se cuisine comme des champignons de Paris. Néanmoin on peut le confondre avec d'autres espèces toxiques comme l'inocybe patrouillard (Inocybe erubescens).

DSC04980

 

La listère à feuilles ovales (Neottia ovata).

Cette discrète orchidée est sur le point de fleurir. Elle aussi se rencontre fréquemment dans nos coins à morilles car elle possède les mêmes besoins en lumière et apprécie les zones de calcaire. C'est surtout en mai que la floraison bat son plein. Comme toutes les orchidées, elle vit en symbiose avec un champignon microscopique.

DSC05274 DSC05285

 

Les morilles de zones humides.

 Nous ramassons 3 espèces de morilles différentes. Ici il s'agît de morilles blondes (Morchella esculenta) et de morilles communes (Morchella vulgaris). Elles poussent de préférence sous les feuillus et sont en symbiose le plus souvent avec les frênes (Fraxinus), les pommiers (Malus) et parfois, les tilleuls (Tilia). Il y a toujours une source d'eau apparente ou souterraine à proximité. Les bords de ruisseau et les lisières humides sont parfaites.

DSC05299 DSC05300DSC05252DSC05251 DSC05253

 

Le biotope.

 Voilà un aperçu du biotope dans le quel je ramasse certaines de nos morilles. Il s'agît d'une belle pente moussue et humide bordée de frênes et ayant une bonne exposition au soleil. Ici les espèces d'herbacées prédominantes sont les primevères acaules (Primula vulgaris) et l'égopode podagraire (Aegopodium podagraria).

DSC05272 DSC05276

 

Le raisin du Renard (Paris quadrifolia).

Nommée aussi parisette à quatre feuilles, c'est une des plantes que j'adore. Elle produit une unique fleur très stylisée avec des pétales verts presque absents et des étamines surdéveloppées et couvertes de pollen. Très toxique, elle était employée pour empoisonner les animaux dits nuisibles comme le loup et le renard. 

 DSC05281

 

Une saison sur la fin.

 Les morilles blondes sont sorties, c'est signe de la fin de la saison. Néanmoins nous n'avons pas encore vu de morillons (Mitrophora) ni de verpes (Verpa), mais les orchis sont tous bien ouverts et les frênes finissent de débourrer, il y a fort à parier qu'il nous reste peu de temps avant de devoir ranger nos paniers.

DSC04962 DSC05268

 

Les morilles coniques (Morchella conica).

Ce sont les plus rares et les plus recherchées des morilles. Elles poussent sous les sapins blancs (Abies alba) âgés de plus de 20 ans. C'est cette espèce que l'on rencontre désormais sous serre dans quelques départements français. Développée par la des scientifiques chinois, la culture de la morille conique reste assez restreinte mais est pleine de promesses, en particulier pour les restaurateurs et les fins gourmets.

DSC05310

 

Quelques espèces d'arbres et arbustes indicateurs.

La présence d'arbustes fruitiers, en particulier de pommiers (Malus) et de cerisiers et pruniers (Prunus) sauvages est un plus. Le glucose relâché par ces arbres et leur reste de fruits tombés au sol est apprécié des morilles. C'est sous un merisier sauvage que j'ia pu faire mes plus belles récoltes. Malheureusement l'arbre n'est plus. La floraison des prunelliers et des aubépines est aussi un indicateur de fin de pousse chez nous.

DSC05319 DSC05312DSC05305 DSC05318

 

Le mot de la fin.

 J'adore cette période de l'année. Il ne fait pas trop chaud, les orchidées commencent à sortir et les oiseaux sont nombreux. C'est le début de la saison des champignons qui d'ici quelques semaines connaîtra une petite mise en veille avant de repartir avec l'arrivée des cèpes, des girolles, des rosés des prés ou encore des trompettes de la mort. D'ici là, il sera de saison de courir après les chevreuils et de partir herboriser en montagne.

DSC05209 DSC05301DSC05321


mercredi 8 avril 2015

Les morilles en Isère 2015.

P4060499

La saison commence enfin, et avant de pouvoir vous narrer mes sorties aux morilles, je vous en fait le récit
ici en espérant que toutes les infos pourront vous être utiles. N'hésitez pasà me contacter.

 

Les jours précédents.
Températures : En hausse depuis samedi, entre -1°C et 9°C du 4 au 7 avril.
Proches du zéros le matin, les gelées sont nombreuses. Temp' en dessous de la moyenne.
Humidité : Sol par endroit saturés. Pluie importante samedi, jours avt et après plutôt ensoleillés,
dimanche, lundi et mardi froids. Nombreuses gelées.


06/04/15 Morilles coniques6
Lune : 96% de visibilité.
Températures jour : min -1°C, max 9°C
Humidité jour :40%
Vent : Nul
Type de milieu : Sol calcaire, pâture à vaches, herbes de champs et sapins pectinés assez anciens,
dans l'herbe, à 3 à 4 mètres des troncs des sapins les plus proches, frênes qui commencent tout juste à débourrer, noisetiers, hêtres, lierre grimpant, violettes, primevères, arums tachetés, egopode podagraire, cirse laineux, colchique d'automne, carotte sauvages, euphorbe des bois, fétuques des prés, koéléries à grandes fleurs, pâturains des près, merisier, renoncules bouton d'or, oseilles communes, violettes hérissées.
Altitude : entre 650 - 700 mètres.

08/04/15 Morille conique1
Lune : 89% de visibilité.
Températures jour : min -1°C, max 19°C
Humidité jour :0% mais trace d'humidité de la gelé.
Vent : Nul.
Type de milieu : Sol calcaire, pâture à vaches, herbes de champs et sapins pectinés assez anciens, dans l'herbe, à 3 à 4 mètres des troncs des sapins les plus proches, frênes qui commencent tout juste à débourrer, noisetiers, hêtres, lierre grimpant, violettes, primevères, arums tachetés, egopode podagraire, cirse laineux, colchique d'automne, carotte sauvages, euphorbe des bois, fétuques des prés, koéléries à grandes fleurs, pâturains des près, un merisier, renoncules bouton d'or, oseilles communes, violettes hérissées.
Altitude : entre 650 - 700 mètres.

08/04/15 Morilles rondes3
Lune : 89% de visibilité.
Températures jour : min -1°C, max 9°C
Humidité jour : 0%
Vent : Nul.
Type de milieu : Sol calcaire, pâturé par des chevaux, champs/lisière de bois, un sapin pectiné, arum tacheté, colchique d'automne, noisetier, aubépine lisse, euphorbe des bois, hêtre commun, fétuque des prés, frênes communs tout juste en débourre, lierre grimpant, koelérie à grandes fleurs, parisette à 4 feuilles, plantain lancéolé, pâturin des prés, primevère acaule, primevère officinale,  chêne vert, renoncule bouton d'or, oseille commune, violette hérissée.
Altitude : entre 450 - 500 mètres.

09/04/15 Morilles coniques : 21
Lune : 81% de visibilité.
Températures jour : min 0°C, max 18°C
Humidité jour :0%
Vent : Nul.
Type de milieu : Sol calcaire, pâture à vaches, herbes de champs et sapins pectinés assez anciens, dans l'herbe, à 3 à 4 mètres des troncs des sapins les plus proches, frênes qui commencent tout juste à débourrer, noisetiers, hêtres, lierre grimpant, violettes, primevères, arums tachetés, egopode podagraire, euphorbe des bois violettes hérissées, parisette à 4 feuilles, pissenlits dent de lion, pézizes veinées, pézizes écarlates.
Altitude : entre 650 - 700 mètres.

13/04/15 Morille conique : 1
Lune : 41% de visibilité.
Températures jour : min 04°C, max 22°C
Humidité jour : 0%
Vent : 11km/h
Type de milieu : Sol calcaire, pâture à vaches, herbes de champs et sapins pectinés assez anciens, dans l'herbe, à 3 à 4 mètres des troncs des sapins les plus proches, frênes qui commencent tout juste à débourrer, noisetiers, hêtres, lierre grimpant, violettes, primevères, arums tachetés, egopode podagraire, euphorbe des bois violettes hérissées, parisette à 4 feuilles, pissenlits dent de lion, pézizes veinées, pézizes écarlates. TRES SEC !
Altitude : entre 650 - 700 mètres.

lundi 6 avril 2015

Pour fêter le 150 000 visiteur.

P4060317

Voilà la barre des 150 000 visiteurs atteinte, merci à tous. Pour fêter ça voici un avant goût du prochain
article à venir.Au programme ? Les morilles noires ! Et oui, enfin les précieuses nigra se sont
dévoilées à nous. Malheureusement pour moi, ce n'est pas mon flaire de Renarde qui a pu les
débusquer mais l'oeil de lynx de Sir Chat !

Bonne cueillette à tous ! Voilà donc les premières morilles 2015 !
La Renarde et le Chat.

P4060496 P3280328 P3280366 P4060315

samedi 26 avril 2014

Une triste saison.

1-3d1a3d9

C'était l'an dernier, aux alentours du 24-25 mars, les premières morilles de l'année 2013, logées dans la mousse quelque part au Pays Basque. Une belle année pour les chercheurs de champignons en Isère (d'où sont issues les photos qui illustrent cet article). En somme, des paniers garnis pour des panses bien pleines.

deux

Mais voilà, 2014 est d'un tout autre registre et cela, en raison de plusieurs facteurs. La météo et plus généralement les saisons n'ont pas été avec nous cette année. Un hiver doux voir très doux avec peu de chutes de neige rt de gelées, un printemps chaud et sec avec une pluie très attendue qui ne vient pas (ou de manière trop ponctuelle), des chaleurs qui montent à vous donner le vertige, une végétation détraquée et avancée... si dans certains coins les belles têtes blondes ou brunes étaient au rendez-vous, ici elles brillent par leur absence. Non pas qu'il n'y en ai pas, mais on est encore loin de l'an dernier et la saison semble déjà se terminer... à se demander si elle a vraiment commencé un jour. Passionnée et généralement chanceuse dans mes promenades solitaires (et parfois collectives), mon score s'élève pour le moment à une seule morille. Désolation.

 

SAM_6490

Je dois reconnaître que cette année je n'ai pas été très disponible pour parcourir les bois au début du printemps. Rajoutons à cela les quelques jours de mauvais temps, pour tout dire les seuls de la saison qui s'invitèrent de manière systématique à toutes mes sorties, les moments de grosse flemme, les petits tracas du quotidien et la boucle est bouclée. Mais pourtant, je ne peux me résigner à me dire que seuls les facteurs précités sont responsables de cette petite saison pour la discrète dame morille.
Je crois qu'il ne faut pas se leurrer, les bois sont courus. Il est vrai que le nombre de promeneurs et de ramasseurs a augmenté ces dernières années avec l'aménagement des chemins forestiers, la démocratisation des 4x4 et le "retour à la nature" d'une partie de la population. A mon sens ce ne peut être qu'une bonne chose et je ne vois pas grand danger ni mal dans cela.

 

SAM_6283

Non ce qui me chagrine c'est le pillage des sous-bois. J'avais déjà entendu parler de ces familles défavorisées de l'est payées une misère, logées dans des abris de fortune en lisière pour ratisser les forêts françaises des plus nobles champignons pour les grandes industries aggro-alimentaires espagnoles, je ne les pensais pas installées à l'année dans mes coins gardés secrets. Déjà l'an dernier 2,5 tonnes de champignons avaient été saisis dans le Nord de l'Isère.
Le sujet peut sembler au combien futile mais pour les passionnés, les mycologues amateurs, les promeneurs, les anciens ou les naturalistes (et pas seulement en herbe) c'est une triste constatation qui va de paire avec une bien vilaine saison à champignons, du moins pour ce début d'anné 2014 qui est déjà bien entamé.

 

SAM_6405

Bref, je garde espoir de faire une belle trouvaille en me consolant avec l'idée que cette année j'ai pu débusquer et goutter mes premiers hygrohpores de mars. Les cueillettes de Saint Goerges ont débutées il y a tout juste deux semaines en plaine... voilà de quoi reprendre le sourire et me faire oublier mon unique morille bien vilaine et desséchée ! Je jette désormais mon dévolu sur le côté Savoie qui pourrait me réserver quelques surprises.
Ainsi le tableau ne semble pas si sombre. Et puis le printemps est là et faute de champignons, il est grand temps de partir à la rencontre des belles des près et sous-bois: les orchidées. Orchis militaris, orchis pourpre, orchis mâle... les grands classiques de la botanique pointent le bout de leur nez.

 

SAM_6557 SAM_6541

mercredi 2 avril 2014

Première morille.

P4020027

Elle est belle ma morille hein ? Pas vraiment mais elle a le mérite d'être la toute première ! Ici il s'agit de l'oubli d'un cueilleur qui est passé quelques jours, 2 ou 3 tout au plus avant moi; ce qui explique son aspect desséché. Petit topo de cette saison qui débute (sur le pays Velannois, on en est à 19 morilles selon les sources). J'avais l'attention de faire un article sur ma super sortie avec la SHNVC (et ma découverte de mes premiers hygrophores de mars !!!), ça ce sera pour la prochaine fois.

P4020029 P4020025P4020030 P4020037

Voici quelques indices de passages dans le sous-bois: les pieds de 3 morilles, un étiquetage pour pommes-de-terre, des traces de pas et des branches brisées... je tiens mon coupable !!! À moins que Sir Blaireau, qui a décidé d'utiliser le terrain comme cabinet public, n'est tenté (ce dont je doute) de croquer dans les précieux champignons.

Gratteron Euphorbe des bois Cardamine des prés Petite anémone fausse renoncule

Mes constatations:

Voici un petit récapitulatif de la végétations environnante qui accompagne ce début de saison pour vous (enfin aussi pour moi) aider dans votre quête morillesque !

Primevère acaule

Pour faire simple, les indicateurs sont au beau fixe. Les frênes débourrent enfin, l'alliaire officinal commence à fleurir, les jonquilles (narcisses jaunes) sont sur le déclin, le lierre terrestre est resplendissant, le lamier pourpre est bon pour finir dans les salades, les petites anémones fausse renoncule et les anémones Sylvie sont rayonnantes, les pissenlits commencent à sortir en nombre, les boutons d'or sont sur le point de s'épanouir, les pézizes veinées sont là, le plantain lancéolé "fleurit" si on peut le dire ainsi, les primevères acaules ne quittent pas le paysage tout comme les violettes odorantes, la moscatelline, l'ail des ours et la cardamine des près ont enfin ouvert leurs fleurs au soleil, les arums tachetés couvrent le sol de leurs larges feuilles, les galles du chêne libèrent leurs habitants clandestins, les euphorbes des bois sont au top de leur forme et les sommités des gratterons sont encore bonnes à croquer.

Narcisse jaune Galle du chêne Lamier pourpre Pézize veinée 

Ouf, voilà un tableau qui se veut des plus fidèles. En photos, quelques unes des plantes citées. En survolant les photos vous obtiendraient leur nom.

À savoir, d'un point de vu météorologique, depuis plusieurs jours nous oscillons entre pluie et soleil, avec des extrêmes de températures: les gelées et les chutes de grêles ont été suivit par un grand soleil et des températures élevées... ajoutons à cela un sol sec et une casi-absence de neige... cette année sera une petite année à morilles dans notre coin de France.

 

Moscatelline