dimanche 25 octobre 2020

La cigogne blanche (Ciconia ciconia).

DSCN0460Voilà la belle que nous avons pu rencontrer lors d'une virée dans la Dombe courant février. Si la plupart des cigognes blanches n'y sont que de passage à travers leur migration, quelques unes ont pris l'habitude de s'y arrêter pour nicher, voire à se sédentariser suite à des actions menés par le parc des oiseaux sur Villar les Dombes. D'ailleurs c'est à proximité et dans celui-ci que la plupart des nids peuvent s'observer. Cependant on ne serait les voir qu'ici, le Grand Est, la Camargue au sud et la Petite Camargue au nord-est étant des spots propices à l'observation. Figurant parmi les plus grands oiseaux de France avec une taille d'un mètre, une envergure d'un mètre 55 à un mètre 65 et un poids de 3 à 3,5 kilos, on la distingue des 6 autres espèces de cygognes grâce à son plumage blanc et noir, ses pattes rouges et son bec orange, là où celui de la cigogne orientale (Ciconia boyciana) et celui de la cigogne maguari (Ciconia maguari) sont gris voire noirs. Pouvant vivre plus de 30 ans, elle est fidèle à ses airs d'estivages et d'hivernage.

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La reproduction s'entame directement au retour de migration pour les oiseaux ayant atteint la maturtié sexue. Le mâle est le premier à arriver sur le nid, les couples étant fidèles à vie. lle, c'est à dire 4 ans. Cependant il n'est pas rare de voir de jeunes femelles venir prendre la place de l'officielle, ce qui peut entraîner de violentes bagarres suivies par un oeil attentif du côté du mâle. Les échauffourées terminer, la parade nuptiale peut débuter à travers un jeu de claquements de becs, cette cigogne n'aytant pas de syrinx, l'organe permettant aux oiseaux de chanter et de communiquer. Vient alors la construction/solidationdu nid. Celui-ci peut dépasser les deux tonnes et dans de très rares cas, peut entraîner l'éffondrement de l'arbre ou du toit sur lequel il se trouve.

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C'est là que verrons le jour 2 à 4 poussins après une couvaison des oeufs pendant près d'un mois. Il en faudra deux de plus pour voir les poussins devenir autonomes et quitter le nid. Ils pourront alors profiter de la Dombe et des nombreuses proies composant leur régime alimentaire. Grenouilles, larves, petits poissons, reptiles et rongeurs, les cigognes ne sont pas regardantes. Leur long bec forgé tel un poignard et leurs longues pattes laissent voir sans mal qu'il s'agit d'animaux adaptés aux milieux humides et plus particulièrement aux zones de marais dans lesquels il leur est possible de se déplacer sans n'avoir à se mouiller les plumes. On retrouve la même chose chez les hérons et autres aigrettes avec qui ce caractère est partagé.

DSCN0471Si les cigognes aiment la Dombe pour ses richesses, elles ne sont pas les seules. Bien des osieaux migrateurs y transitent et même, y passent l'hiver. Les grues cendrées s'y arrêtent pour manger, les fuligules et les nettes rousses y séjournes entre novembre et février et les cygnes chanteurs viennent même y nicher, chose relativement rare en France.

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Les cigognes figurent en Europe parmi les oiseaux ayant connus l'un des reculent les plus importants au 20e. Elle a même manqué de disparaître de France, faute d'habitats, les zones humides ayant été détonnées et asséchées à tour de bras. Les campagnes de réintroduction du côté du Grand Est et l'application de mesures de protections plus importantes ont conduit à un retour en force de leur population bien que leurs effectifs restent fragiles. La chasse dans certains pays, la pollution atmosphérique, de l'eau et lumineuse, la destruction des nids et leur braconnage dans certains secteurs de pêches restent des menaces importantes pour l'espèce.

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Un autre danger pour les cigognes blanches et les autres oiseaux de la Dombe, c'est le dérangement. Ce jour là nous en avons été directement témoins. Une voile à moteur passe de le ciel en hauteur. Soudain, le pilote prend l'idée de passer à ras des arbres. C'est la panique, des centaines et des centaines d'oiseaux d'élèvent dans le ciel. Les oies hurlent à plein poumons, des nuées de canards s'élèvent dans le airs, les cigognes quittent le nid ... bref, tout autant d'oiseaux qui peuvent à tout moment et à force de dérangement, abandonner le lieu pour ne jamais y revenir. Le loisir mal pratiqué est ici une menace à par entière pour la faune mais aussi la flore.

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Dans les grands arbres où nichent les cigognes, les corbeaux freux (Corvus frugilegus) s'installent également. Vivant de manière collégiale et en bonne harmonie avec leurs voisines, ce sont des animaux qui font preuves de grande intelligence. Bruyant à l'arrivée de la saison des amours, ils se font beaucoup plus discrets à l'arriver des petits, la fastidieuse tâche du nourrissage leur demandant tout leur temps et toute leur énergie.

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Voilà un bref aperçu de la cigogne blanche, oiseau très présent dans la culture européenne. Apportant les bébés par la cheminée ou sur le rebord de la fenêtre, signe de bon augure quand elle se pose sur une maison ou même selon certaines légendes, compagne du Christ à sa crucifixion en volant autour du supplicié, elle peuple notre imaginaire. Certaines villes alsaciennes en ont même fait leur emblème, signe de la longue histoire qui lie cet oiseau à l'homme, ce qui ne vas pas sans rappeler leur relation, parfois tumultueuse, au fil des siècles.

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samedi 8 août 2020

Grands changements : adieu Oullins.

DSCN3777Des canards et des pigeons à profusion dans le lit bétonné de l'Yzeron. Cette image, vous ne la verrez désormais plus sur le blog et pour cause, nous déménageons enfin ! Adieu le voisinage détraqué, les fuites du toit, les moisissures sur les murs, les incivilités, les pots d'échappements, la musique à point d'heures et les odeurs de friture. Nous partons à une dizaine de kilomètres de là, plus au sud du département. Nous avons enfin franchie le pas et bien que la présence de la rivière sous nos fenêtres nous manquera un peu, la proximité du Rhône, de ses rives et de sa ripisylve remplacera sans peine le souvenir de l'Yzeron et de sa riche biodiversité bien que nous nous trouvions en coeur de ville. Nous voilà dans une ville de plus faible importance, en coeur de village face à l'église, entre le fleuve et les vergers où Thomas aime travailler. De quoi trouver tout le repos dont j'ai besoin mais aussi s'initier à la découverte de nouvelles espèces. C'est un vaste programme qui nous attend.

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Les jeunes corneilles noires (Corvus corone) ont quitté le nid. S'exerçant au vol sur les plus hautes branches des platanes, elles attendent leurs parents leur apportant le précieux ravitaillement pour les sustenter. Pendant le confinement nous avons pu observer les adultes attraper des poissons pour nourrir leur progéniture. peut être que le même comportement se retrouvera chez cette nouvelle génération

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Les derniers jours de vie oullinoise, une aigrette garzette (Egretta garzetta) est venue chasser les petites poissons. La jolie coloration bleue et rose sur la peau à la base du bec et les pattes bien coloré indique qu'il s'agit d'un individu apte à la reproduction et ayant entame sa nidification. La différence entre les pattes et des tâches colorées laissent penser qu'il peut s'agir de deux adultes différents sans qu'ils ne soient nécessairement liés.

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Les jeunes faucons crécerelles (Falco tinnunculus) s'essayent eux aussi au vol. Un frère et une soeur, issus de la nichée couple qui a élu domicile dans le parc tout proche, ont trouvé refuge sur le sommet de la grande barre de logement qui nous fait face. Les nombreuses fientes attestent qu'il s'agit là d'un perchoir régulier, en atteste les nombreuses observations que nous avons pu faire ces 4 dernières années.

DSCN3550Surprise dans le ciel, un vol de 14 hirondelles de fenêtres (Delichon urbicum) affronte les gouttes qui commencent à tomber à gros flots. Déjà l'an dernier nous avions pu observer un pareil spectacle au dessus de la rivière. Nous étions partis à la recherche des nids sans pouvoir mettre la main dessus. Espèce anthropophile, cette hirondelle aime faire son nid fait de boue et de salive sous les toitures des maisons.

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Attirées par les nuées d'insectes, les hirondelles volent à toute allure. Les nids ne doivent pas être loin. En effet, les petits sont nourris toutes les 20 secondes en moyenne, ce qui induit que les adultes se nourrissant ne se trouvent guère loin de leur colonie. Il faudra attendre l'an prochain pour en avoir le coeur net. En attendant elles ont pris place sur le mur du nouvelle appartement à travers un grand poster estampillé, bien sûr, LPO.

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Il nous aura pas fallut plus de 12 jours pour décider de partir, trouver un nouvel appartement, le visiter et nous y installer. De notre fenêtre nous avons une superbe vue sur le Mont Blanc les jours de grand beau, de même pour les cheminées de la raffinerie qui se trouve aux pieds de la colline sur laquelle se trouve notre nouvelle commune d'adoption. Comme toujours, il n'est pas possible de tout avoir, du moins pas encore.

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Adieu aussi les nombreux poissons de la rivière Yzeron : le ballet des carpes venant en grand banc pour frayer, les vandoises, les perches, les brèmes et les silures qui font le bonheur des pêcheurs du dimanche qui viennent chercher là des leurres mais aussi faire de belles prises, et si parfois certains sont peu regardant sur les déchets en laissant abandonnant les fils de pêche, d'autres n'hésites pas à nettoyer les berges de la multitude de déchets.

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Et puis il y a leurs promeneurs et leurs chiens non tenus en laisses. Ces derniers mois nous avons pu découvrir une carcasse de canne dévorée, un cygne à l'aile cassée suite à de nombreuses morsures, des canetons mâchonnées ou morts car abandonnés par leur mère apeurées. De notre fenêtre, ces comportements nous ont rendu bien souvent fou de rage et bien que signalé, les pouvoirs publics ont peu de moyens pour intervenir.

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Cependant, nous voyons des choses bien plus joyeuses. Chaque année un ou deux couples de cygnes tuberculés (Cygnus olor) viennent avec leur progéniture cherchent quelques brins d'herbes et d'algues. Tout fraîchement éclos et vulnérables, ils utilisent le plus possible le dos de leur mère pour les longs trajets. Grandissant rapidement, bien vite les parents ne peuvent plus prendre qu'un ou deux rejetons entre leurs ailes.

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Voilà, rien de fou dans cet article, juste une des grosses infos du blog pour l'année 2020. Désormais les tariers pâtres (Saxicola rubicola) et les bruants zizi (Emberiza cirlus) nous accompagnent dans toutes nos ballades campagnardes. Les lièvres, les chevêches d'Athéna, les grands rhinocéros (un magnifique scarabée au nom évoquant ses cornes) et les pics verts font partis de notre paysage et j'ai hâte de vous montrer à quoi il ressemble.

Cela ne fait que quelques semaines que nous vivons là et pourtant, j'ai l'impression d'y être depuis des mois si ce n'est des années. La campagne et les verges y sont fabuleux et regorgent de vie, le salon de thé, les artisans locaux, la place et les vieilles pierres nous donnent la véritable impression d'être en coeur de village malgré les 8000 habitants. Nos fenêtres font face au couloir de migration et en 10 minutes à pied nous pouvons nous tremper dans le vieux Rhône. Il ne nous faut rien de plus pour être heureux dans ces instants.

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mardi 28 juillet 2020

La faucon kobez (Falco vespertinus).

DSC02074 (3)Enfin ! Enfin je peux vous parler du faucon Kobez (Falco vespertinus). Voilà un an que j'attends pour vous parler de ce petit faucon. La faucon kobez n'est que migrateur en France. Il traverse notre pays pour partir nicher en Allemagne et dans les pays de l'Est. Nous étions déjà tombé nez à nez du côté de Istre avec deux mâles, mais les oiseaux étant très éloignés et nous mal équipés, nous n'étions vraiment pas sûr de notre observation. La chose est réparée avec cette petite femelle que nous avons pu observer longtemps dans l'Ain.

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Femelle car le plumage n'est pas entièrement ardoise, caractéristique propre au mâle en période nuptiale comme c'est le cas ici. Affairée à chercher des criquets et des mouches dans un champ de maïs labouré, elle ne semble pas dérangée par notre présence. Nous sommes sur un petit chemin, non loin d'un étang qui a attiré notre attention en raison des nombreux oiseaux s'y trouvant.

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Si nous l'avons seule, il faut savoir qu'il est courant de les observer en groupe traverser le ciel ou rejoindre leur dortoir, souvent de manière bruyante. C'est d'ailleurs un des rares faucons grégaires, les couples se réunissant en petits groupes pour nicher. On les rencontre le plus souvent dans des mosaïques d'habitats, c'est à dire un mélange de milieux, de préférence pour cette espace de champs, de bosquets, de forets, de prairies et de grands espaces humides, tout ce que l'on retrouve ici même si l'espèce ne s'y reproduit pas.

DSC02082Il se reconnaît également à son vol et plus particulièrement à ses ailes particulièrement longues et bien pratiques pour un migrateur, ce qui permet de le distinguer de son cousin le faucon crécerelle (Falco tinnunculus). À la manière du faucon hobereau (Falco subbuteo), un autre migrateur qui lui niche en France et à qui il ressemble aussi un peu, il  se nourrie essentiellement de gros insectes qu'il saisie en vol ou chasse au sol comme ici.

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Replaçons l'oiseau dans son milieu. On s'apperçoit vite qu'il est minuscule ! 32 cm de haut, 65 à 77 cm d'envergure pour 155 à 197 grammes, ce n'est certainement pas un moineau mais aussi loin d'être un poids lourd. De ce fait il peut vite se faire prédater par d'autres rapaces plus grand que lui. Il ne fait pas non plus le poids face aux corvidés mais profite tout de même de leurs nids à la période de reproduction, le kobez nichant tardivement quand les corneilles ont fini de mener à bien leur couvé et ne présentant pas un obstacle dans l'occupation des nids, un trait de caractère qu'il partage notamment avec le hibou moyen duc (Asio otus).

Le faucon Kobez n'est pas seul dans ce champ de la Dombe. Trois cigognes banches (Ciconia ciconia) et deux milans noirs (Milvus migrans) s'y promènent, à la recherche de restent de rongeurs dans un champ labouré. C'est eux qui ont attiré notre oeil vers un étang puis vers le rapace. Autant vous dire que notre satisfaction fût grande de pouvoir l'observer chasser pendant 20 min, découvrant ainsi les comportement de cette espèce nouvelle pour nous. Plus nous avançons dans la découverte des oiseaux, et plus nous nous passionnons dans l'observation de leur mode de vie. Un nouveau pas dans notre pratique du naturalisme.

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samedi 16 mai 2020

La faune urbaine : découverte.

DSCN1878Voici la vue depuis mes fenêtre pendant le confinement. Au moment je commence cet article, nous avons presque passé les 5 semaines et nous attaquons le 34e jour a rester chez soi pour la plupart d'entre nous. Si j'ai pendant longtemps regretté les sorties du weekend et surtout, de ne plus pouvoir exercer comme animatrice nature dans les écoles et sur les espaces naturels sensibles de la Métropole, j'ai aussi appris peu à peu à découvrir la faune et la flore de mon quartier, et je dois dire que j'ai beaucoup de chance. L'Yzeron passe sous nos fenêtre et un alignement d'arbres ensauvagé abrite de nombreux oiseaux que nous avons loisir à observer du matin au soir. Cet article est ainsi pour moi l'occasion de vous parler et de vous présenter tout ce que nous avons pu expérimenter et observer, en complément du billet que j'ai pu tenir au jour le jour en présentant une espèce ou un événement marquant par jour. Il complète également l'article à venir sur l'observation très particulière et rare d'une corneille pêcheuse depuis notre appartement. Bref, un condensé des centaines de photos que nous avons pu prendre pendant cette drôle de période qui ne nous permet pas encore voir de quoi demain sera fait, ce qui ne me laisse pas sans angoisse.

Toutes ces espèces ont été observées sur une surface de 84190 m² (8,4 ha) et sur un linéaire de 1,37 km, toujours en respectant les règles du confinement.

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Grand brouhaha au petit matin. Une troupe de 6 geais des chênes (Garrulus glandarius) se font la guerre des les robiniers faux acacia (Robinia pseudoacacia). Plumes dressés sur la tête, cris et même petits coups de becs, le temps n'est pas à la diplomatie. Le bleu de leurs ailes et leur gorge saumon se dessinent entre les feuilles naissantes. Il s'agit d'un bleu structurel, c'est à dire que les plumes ne contiennent pas de pigments de cette couleur, c'est leur structure qui renvoient cette couleur. On parle alors de bleu structurel.

DSCN1855Le geai des chênes porte bien de son nom car les glands composent une grande partie de son alimentation, en particulier l'automne. À l'arrivée de l'hiver, il fait des provisions qu'il enterre dans le sol. Intelligent, il mémorise chacune de ses cachettes mais aussi ce qu'elles contiennent. Il consomme alors prioritairement les denrées qui s'abîment vite. Néanmoins il ne parvient pas toujours à retenir où sont les 1500 loges et certaines ne sont jamais ouvertes. Les graines et en particulier les glands qui y sont dissimulés peuvent alors croître pour donner des arbres. Le geai contribue ainsi à la régénération des forêts. Si c'est un allier des forestiers, son attirance pour les fruits des vergers conduit chaque année à la mise en place de campagnes de tirs et à son classement en espèce chassable, à moins que ce soit l'idée tenace mais complètement fausse que la prédation qu'il peut avoir de temps à autre sur les oisillons conduisent à la diminution de certaines espèces de gibiers ...

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La saison des canetons est ouverte ! Les mères canards colverts (Anas platyrhynchos) sont venues sous nous fenêtres les premières semaines du confinement avant de se faire plus rares. Le record de 2019 des 21 canetons pour une canne n'a pas été encore battu mais nous avons tout de même vu une famille avec 19 petits. Plus généralement nous comptons des portées de 1, 3, 6, 8 ou 12 jeunes. C'est un véritable exploit de voir les femelles réussir à mener leurs progénitures à l'âge adulte, les prédateurs étant nombreux. Les rapaces, les renards mais surtout les chiens des promeneurs, les chats ensauvagés et même les silures figurent parmi les dangers et pour certains, ne devraient pas à mon sens exister si nous étions plus responsables avec nos animaux de compagnie.

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Et puis parfois il y a des ratés. Cette femelle accompagnée d'un mâle s'est montrée peut attentive en vers ses poussins, les abandonnant fréquemment et longtemps malgré les cris plaintifs de ceux-ci. Nous ne parviendrons pas à les sauver et chaque jour nous verrons leur nombre diminuer jusqu'à ce qu'il n'en reste plus un seul. Ce comportement peu commun peu s'expliquer de nombreuses manières : des canetons avec des tares non visibles à nos yeux et conduisant la mère à l'abandon, un instinct protecteur peu ou pas développé, une nouvelle couvaison ou un cycle d'ovulation en route d'où la présence du mâle ... le mystère reste entier.

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Qu'ils sont adorables à barboter dans l'Yzeron au milieu du pollen qui flotte à la surface. Ils sont sortis de leur oeuf après 28 jours d'incubation par leur mère. À leur sortie, ils quittent directement le nid pour ne plus y revenir, on les dits alors nidifuges. C'est un trait de caractère propre aux oiseaux dont les poussins doivent être en capacité de se débrouiller dès leur naissance pour chercher leur nourriture. Les rapaces et la plupart des passereaux sont dit quant à eux nidicoles, c'est à dire que les oisillons restent au nid et on besoin d'être nourris par leurs parents. Les cantons seront élevés pendant 7 semaines avant de devenir indépendant et de se reproduire l'année suivante.

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En fin d'après-midi, les colverts ont pris l'habitude de se poser sur le muret qui se trouve juste en dessous de la fenêtre pour se reposer. D'ordinaire il y a encore de nombreuses voitures et de travailleurs qui passe par là mais en cette période la voie sans issue est vide et peu sont ceux à si promener. Nous pouvons alors les observer à loisir. Si l'espèce est commune et connue de tous, on ne prend pas toujours le temps de l'observer dans son comportement. Par exemple ici, en regardant le mâle de plus près, on peut voir qu'il n'a pas de plumes qui rebiquent au bout de la queue, signe qu'il n'est pas dans une phase de séduction ou de reproduction.

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Au bout de 3 à 4 semaines, les colverts se sont montrés de moins en moins timides, peut être en raison des nourrissages qui se sont multipliés. Pourtant on ne le répétera jamais assez, le pain et autres produits de boulangeries sont dangereux pour les canards et les cygnes, leur en donner c'est les condamner. Plumes abîmés rendant les oiseaux inaptes au vol, dénutrition, ailes retournées, perte d'impermabilité les rendant incapables de flotter, trosions de l'estomac, étouffemens, intoxications bactériennes ... ce ne sont là que quelques uns des problèmes engendrés par cette pratique. Et pour ceux qui répondront que l'on ne voit jamais des canards dans cet état, je leur répondrai qu'ils ont bien de la chance de n'être jamais tombés sur le cadavre d'un volatiles dans les fourrés, les animaux se cachant toujours aux yeux des prédateurs et de leurs congénères pour mourir.

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Voilà un autre animal qui profite du calme des rues. Les chats domestiques (Felis silvestris catus) et les chats arrêts, des chats de salon ensauvagés, on prit possession des lieux. J'ai beau adorer les chats, je ne peux m'empêcher de penser aux dommages qu'ils causes à la faune. Chaque année ce ne sont pas moins de 12 millions d'oiseaux qui sont prédatés par les nos félins. À mon sens, je ne vois pas vraiment de solution. La castration, la diminution des animaux de compagnies et la sensibilisation du grand public me semblent être les meilleurs outils pour concilier temps bien que mal chat domestique et biodiversité.

DSCN1634 (2)La photo est floue mais la silhouette ne trompe pas. Plumage noir, bec jaune et vol saccadé, nous sommes en présence du grand cormoran (Phalacrocorax carbo). Rapide, il vole presque aussi vite que le colvert (67 km/h), ce qui en fait le deuxième oiseau le plus rapide de France au vol battu, le maître toutes catégories confondues restant le faucon pélerin suivit des martinets noirs et des martinets à ventre blanc. Pour en revenir au cormoran, il ne passe qu'occasionnelement au-dessus de nos têtes, préférant d'ordinaire suivre le fleuve. Si l'espèce n'est pas connue comme nicheuse dans la région Auvergne Rhône-Alpes, entre 1989 et 2019 quelques cas ont été signalés dans la Dombe dans l'Ain et il y a des suspissions de nidifications dans le Rhône du côté de Jonage et dans la Loire. Si la population se porte bine à l'heure actuelle, elle reste fragile. N'oublions pas que l'oiseau à manqué de disparaître de France. L'absence de blanc sous le ventre indique qu'il s'agit bien d'un adulte et non d'un immature. Vu la saison c'est étonnant d'en voir un ici, la saison de reproduction ayant déjà débuté un peu partout dans le pays.

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Celui-là, on ne peut pas le louper. L'étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris) est un très bel oiseau qui si il semble sombre de loin, aborde un plumage coloré, ponctué de taches blanches et de reflets irisés. Un grand bec jaune ponctue l'ensemble, au risque de le confondre au mâle du merle noire (Turdus merula). Grégaire, nous voyons tout aussi bien de grands groupes que des couples et des individus isolés, ces derniers étant toujours rejoints par des congénères. L'exception est faite quand ilse  trouve sur une antenne ou une branche où il chante sa sérénade, une mélodie qui nous accompagne du matin au soir pour notre plus grand plaisir.

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C'est la grande saison de reproduction. Ce peuplier et plus particulièrement ses branches mortes donnent là de quoi préparer au mieux le nid de l'étourneau. Installé dans une cavité, le plus souvent de pic épeiche ou de pic vert, il peut tout autant être fait dans un tronc creusé par les âges que dans un vieux bâtiment aux mûrs défraîchis. En ville et en agglomération, on le trouve même à nicher dans les lampadaires.  4 à 6 oeufs bleus seront pondus puis couvés pendant 15 jours. Il faudra encore 21 jours pour voir les oisillons s'envoler et 5 à 10 jours pour qu'ils puissent devenir autonomes. Ils rejoignent alors des groupes de jeunes avec qui ils passeront l'automne et l'hiver.

DSCN2055Son régime alimentaire est varié. S'il est essentiellement insectivore, il peut aussi se tourner vers les raisins et les fruits, en particulier quand les insectes se font rares comme ces dernières années. Les dégâts qu'il peut occasionner (et qui ne sont pas anodins chez certains exploitants) le place bien souvent, trop souvent, sur la liste des espèces pouvant occasionner des dégâts et anciennement appelées nuisibles. Ce terme n'est plus reconnu depuis 2016 dans la législation française mais continue à être utilisé dans le langage courant. Grands amateurs de larves de tipules (Tipula), on peut les voir ici et là les débusquer dans les pelouses et les prairies. C'est un chance pour le jardinier qui aime sa pelouse et qui doit faire face au dépérissement de l'herbe, les larves en question s'attauquant parfois au colet et aux racines des poacées (graminées), conduisant à leur jaunissement puis à leur mort par dénutrition.

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En voilà une autre qu'en cette période on ne croise que peu souvent. La mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus) déserte le Rhône à l'arrivée du printemps pour aller nicher dans la Loire où se trouve un des plus grands sites de nidification de France mais aussi sur les côtes bretonnes et du nord. Ici il s'agit d'un juvénile, sa tête n'étant pas entièrement noire et les plumes de ses ailes étant pour certaines teintées de brun. D'ordinaire grégaire, en voir une seule détonne. Elle ne tardera pas à nous quitter pour rejoindre ses congénères, peut être dans la Loire mais aussi du côté des Pays de l'Est, des adultes avec des bagues ayant été observées cet hiver le long du Rhône, des bagues indiquant qu'elles venaient d'Estonie, de l'Ukraine et de la Pologne.

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Il y a moins voire plus de fauches aux abords des immeubles et le long de l'Yzeron. C'est une explosion végétale qui se profile alors. Le lamier maculé (Lamium maculatum) est l'une des premières fleurs à avoir fait son apparition. On l'appel maculé car ses feuilles sont parfois tachetés de blanc même si dans la région on l'observe peu. Si elle préfère d'ordinaire les zones ombragées et fraîches, on la trouve aussi dans des milieux plus ouverts, du moment que la terre est suffisamment riche pour subvenir à ses besoins. J'aime en récolter les fleurs pour les faire sécher et les utiliser dans les infusions. Si elles n'ont ni goût, ni vertus, elles ont l'avantage de colorer l'eau en un rouge-violine profond, ce qui je trouve donne encore plus envie de les boire.

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Un autre lamier se trouve non loin de là. Il s'agit du lamier blanc (Lamium album). Appelé ortie blanche, il n'appartient pas à la famille des orties, les urticacées mais à celle des lamiacées, que l'on reconnaît le plus souvent à leur tige carrée. S'il a quelques propriétés médicinales comme celle d'être expectorante un grand nombre de celles qui lui sont attribuées sont en réalité absentes chez cette plante. En effet sa blancheur lui a valu dans la théorie des signatures d'être associé à la pureté, et on lui prêtait à tort la capacité d'accroître la production de lait chez le bétail, et en particulier la vache mais aussi chez la femme.

DSCN2897Un petit dernier pour la route, présent à moins d'un mètre des deux premiers. Il s'agit du lamier jaune (Lamium galeobdolon). Lui aussi est appelée fausse ortie. On lui préfère cependant le nom d'ortie jaune et comme pour les autres, il n'en partage que le nom.

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Sa reproduction passe intégralement par l'action des insectes. Sa pollinisation est entomogame, c'est à dire que ce sont les butineurs qui apportent le pollen de fleur en fleur et qui permettent la fécondation des ovules. De la naît des graines qui a maturité sont transportées par les fourmis, trouvant là une source de nourriture et qui bien involontairement finissent par les replanter. On parle alors de dissémination par myrmécochorie. Ce n'est pas le cas de la grande ortie (Urtica dioica) qui pousse au milieu de tous ces lamiers comme si elle aimait entretenir les confusions. La belle est anémophile, c'est à dire que son pollen est dispersé par le vent. Pour les graines on parle de dyszoochorie : la dissimilation des graines se fait lors du transport de ces dernières par des animaux qui souhaitent les manger et qui en laisse s'échapper.

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Le bal des rapaces commence. Au dessus de nos têtes mais aussi au loin dans la friches, ce sont pas moins de 8 espèces que nous avons entendu chanter et/ou voler. À notre tableau de chasse photo, il nous manque la buse variable (Buteo buteo) qui aie tourner dans les airs, le faucon pèlerin (Falco peregrinus) qui chasse dans le loin et la chouette hulotte (Strix aluco) que nous n'avons qu'entendue. Il m'en reste donc 4 à vous présenter. Figurent parmi celles-ci les milans. À gauche, il s'agit d'un milan royal (Milvus milvus), avec une envergure de 1,75 m à 1,95m d'envergure, ce qui en fait un grand oiseau. Les deux tâches blanches de ses ailes et sa queue fourchue ne laisse pas de doute. À droite il s'agit de son cousin le milan noir (Milvus migrans), plus petit mais plus ubiquiste. Tout deux reviennent d'Afrique même si quelques milans royaux passent l'hiver ici et dans le massif central.

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L'image est floue, et pour cause, elle est prise de nuit. Je n'aurai jamais cru voir sur Oullins, au milieu dans l'espace urbain, un faucon hobereau (Falco subbuteo). Ce n'est pas la première fois que nous le voyons, mais c'est notre première observation aussi longue et surtout, de l'oiseau dans un moment de vie. Celui-ci est afféré à mangeur ne grenouille, un autre surprise, l'espèce étant plutôt connue pour se nourrir de petits passereaux et d'insectes et plus particulièrement de libellules. C'est encore un migrateur qui pour sa part passe l'hiver en Afrique subtropicale et descend même jusqu'en Afrique du Sud. Il repartira de France à la mi-septembre, après avoir pondu 2 à 3 oeufs dans le nid abandonné d'un corvidé ou d'un rapace. La couvaison et l'élevage de la progéniture prennent 28 et 31 jours. Les jeunes restent un mois de plus en compagnie de leurs parents.

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De notre fenêtre, nous sommes des privilégiés. Au sommet de l'immeuble qui nous fait face, un couple de faucons crécerelles (Falco tinnunculus) vient se reposer, particulièrement quand il pleut. Il nous a offert quelques fou rires aussi, notamment un soir à 20 heures où toute la barre se mettant à frapper des mains, l'oiseau posé sur le toit se mit à brailler comme pour se joindre à l'effort. Depuis quelques temps nous ne voyons plus que le mâle venir et pour cause, madame s'apprête à pondre. Celle-ci a arrêté la chasse et attend que monsieur viennent la nourrir. Chez certains rapaces, la couche de gras présent chez la femelle détermine le nombre d'oeuf. Plus le mâle est bon chasseur et peut assurer le nourrissage de la femelle, signe qu'il est fiable pour subvenir au besoin d'un grand nombre d'oisillons et que les rongeurs sont abondants, plus il y aura de jeunes au nid.

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Nous avons même pu à la toute fin du confinement, observer l'envolé de petits crécerelles. Nous n'en sommes pas sur mais nous pensons qu'il s'agit du couple nichant dans le parc que nous avons pu observer à deux ou trois reprises. Voilà un jeune mâle et une jeune femelles, sans doute frères et soeurs, accrochés tant bien que mal sur le grand immeuble qui fait office la plupart du temps de reposoir à leurs géniteurs, las de leur rôle font comprendre à leurs enfants qu'il est temps de prendre leur indépendance plus ou moins violemment.

DSCN1835 (3)C'est le dernier de la liste, l'épervier d'Europe (Accipiter nisus). Celui-ci tourne haut dans le ciel en compagnie de martinets à ventre blanc qui ne se gênent pas pour lui faire comprendre qu'il n'est pas le bien venu du fait de son statut de prédateur. Le torse légèrement roux indique qu'il  s'agit d'un mâle, la femelle étant entièrement blanche et grise. C'est une espèce discrète, spécialisée dans la chasse des petits oiseaux, un trait de caractère qui s'observe au doigt médian de ses pattes qui est beaucoup plus long pour attraper les passereaux en vol plus facilement. Il préfère chasser dans les milieux ouverts entourés de boisements mais on le trouve aussi en ville. La chasse y alors plus compliquée, les proies se réfugiant majoritairement dans les haies. Le taux de réussite est alors de 5% seulement. Néanmoins, l'affût aux mangeoires permet à l'épervier de faire un bien meilleur score.

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Voilà le martinet à ventre blanc (Tachymarptis melba), avec pour la photo de gauche une comparaison entre ce dernier et l'épervier. C'est un oiseau de belle envergure, pas moins de 55 à 60 centimètres. Pourtant c'est un poids plume avec 80 à 100 grammes et pour les plus gros, parfois 120 grammes. Ce martinet niche d'ordinaire sur les paroies rocheuses, de préférence en montagne. Pourtant il semble avoir trouvé son bonheur dans quelques villes de France dont la métropole lyonnaise où les grands immeubles leur offre une opportunité bienvenue pour nicher. Dans certains quartiers en Suisse, on peut rencontrer pas moins de 150 couples.

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C'est un migrateur qui revient d'Afrique tropicale aux alentours d'avril pour nicher en Europe. C'est un des oiseaux les plus rapides de France, pouvant aller à plus de 200 kilomètres heures quand il poursuit un congénère pour défendre son air de nidification ou le territoire de la colonie. Quand le soir tombe et qu'il n'est pas encore venu la période de reproduction, les martinets à ventre blanc montent en altitude et vont passer la nuit à dormir en volant. Un comportement épatant, d'autant plus quand on sait que les jeunes peuvent passer les trois premières années de leur vie sans se poser. Un record détenue par d'autres oiseaux comme les albatros.

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C'est un insectivore qui avec son large bec, saisi les insectes au vol. Il peut ainsi prélever des papillons et des mouches mais le plus souvent ce sont des moucherons, des moustiques et des drosophiles qui font les frais de cet habile chasseur. Au moment de nourrir les petits il rapporte au nid une boulette d'insectes tout englués qu'il met une vingtaine de minutes à fabriquer. Les oisillons seront alimentés avec ce régime pendant huit semaines avant de pouvoir prendre leur envol. Ils reviendront années après années dans le secteur sans pour autant s'installer au même endroit que leurs parents, les colonies vivant souvent côte à côte.

DSCN2985Un nouveau venu ! Le martinet noir (Apus apus) s'est joint à son cousin. Plus petit avec une envergure de 40 à 50 cm pour 45 gr, il arrive un peu plus tardivement. Tout aussi rapide, ses moeurs sont relativement similaires à l'exception qu'il se fait beaucoup moins alpin. Adapté à la construction humaine, on n'observe plu qu'en Corse des individus nicher dans leur habitat naturel : les falaises et les cavités des troncs d'arbres. On parle alors d'espèce anthropophile. Dès la fin juillet, il quitte la France pour retourner en Afrique, continent où il trouve suffisamment de nourriture, l'hiver n'étant pas la meilleure saison pour trouver des moucherons et d'autres petits insectes volants.

DSCN2980Toujours sur l'immeuble d'en face, qui est une source d'inspiration formidable, les martinets noirs s'affaîrent. 17 entrées d'aérations abandonnées font office de sie de nidification et déjà, quelques individus s'y engouffrent. On classe les oiseaux en trois catégories : les effleureurs qui passent à proximité pour voir s'il n'y a personne dans les cavités (entre 1 et 2 ans), les frappeurs qui entrent quitte à se faire déloger violemment (entre 2 et 3 ans) et les nicheurs, qui occupent le site (plus de 3 ans). Un couple de martinet met plus d'un an à préparer son nid. Pour cela il collecte des fils de toile d'araignée portés par les airs, des plumes et des brindilles légères. Ils sont aussi connus aussi pour leurs courses  poursuites, que l'on nomme chasses huantes. Souvent menées par les jeunes, elles permettent aux différentes colonies de délimiter leurs territoires. C'est là qu'ils peuvent atteindre 180 à 200 km/h. Depuis nous avons pu faire une autre observation très sympa, un couple s'étant installé sous nos fenêtres. Nous pourrons, avec un peu de chance, entendre les petits piailler depuis la toiture où ils sont installés.

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En voilà un qui se montre autant qu'il se fait entendre et qui chante matin et soir, accompagnant souvent notre levé. Très répandu, il présent dans une grande variabilité de milieu pour peu qu'il y ait des arbres. Ainsi les parcs urbains boisés, les forêts, les haies et autres bosquets sont pour lui un lieu tout trouvé pour nicher et se nourrir. Peu discret, on le reconnaît au brouhaha qu'il fait quand il cherche sa nourriture dans les feuilles mortes et à son cri caractéristique à son envol quand i lest dérangé. Son plumage noir et son bec jaune chez les mâles sont un autre élément de distinction. Les femelles sont de leur côté moins voyantes avec une livrée qui tire sur le roux et un bec gris-noir. Les jeunes sont similaires à l'exception des mâles qui ont le bec jaune.

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On peut parfois le confondre avec l'étourneau sansonnet, mais celui-ci est plus petit (à droite). Le merle noir mâle (à gauche) laisse voir une stature plus importante et ici, une gorge gonflée, prête au chant. Pesant entre 80 et 100 gr, son gabarit est souvent retenu pour évaluer et classer les autres passereaux dans les guides ornithologiques grand public. Il n'est pas toujours apprécié dans les jardins du fait de son appétence pour les fruits. Cependant il se nourrit avant tout de petits invertébrés, en particuliers de vers de terre qu'il récolte dans les pelouses rases et de larves de lépidoptères comme celles de tipules qui posent parfois problème dans les gazons.

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Les apiacées ce n'est jamais simple. Ici on croirait avoir une seule espèce et pourtant il y en a bien deux. À gauche, on se retrouve avec un cerfeuil des bois (Anthriscus sylvestris), la tige toute verte, poilue et aux fleurs dont certains pétales sont plus longs que les autres. Rien  à voir avec le cerfeuil penché (Chaerophyllum temulum) dont les pétales sont beaucoup plus uniformes et la tige teintée de pourpre ce qui lui vaut parfois d'être confondu à tort avec les ciguës. Si le premier est parfois consommé, le second est toxique et peut à l'ingestion provoquer des paralysies. Les deux aiment les lisières forestières, les haies et parfois la proximité de l'eau. Tout autant de raisons d'éviter de les confondre si on souhaite s'initier à la cuisine du cerfeuil des bois.

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Ils ne sont pas à l'abri des aléas du sol. S'il est courant de croiser des cerfeuils aux feuilles présentant des anomalies, en ville cette probabilité est plus élevé, le sol étant par endroits appauvri ou/et pollué. Ici il s'agit d'une dépigmentation, donnant au feuillage un motif sublime mais ne permettant pas à la plante la plupart du temps, de subvenir à ses besoin car manquant de chlorphyle pour synthétiser une partie de sa nourriture. Cela explique la fragilité de nombreux cultivars au feuillage dit panaché, souvent dû dans ce cas à une anomalie génétique.

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En voilà un que nous guettons chaque soir et qui est presque à chaque fois au rendez-vous. Il s'agit du héron cendré (Ardea cinerea), un bel oiseau d'un mètre de haut. La période de reproduction pour la plupart de ses congénères est bien entamée, et tandis que la plupart des hérons passent la nuit au nid, celui-ci vient pêcher à la tombée du jour et parfois se coucher dans l'alignement d'arbres qui nous fait face. Voilà seulement, il n'est plus le bienvenue depuis quelques jours, chassés par un couple de corneilles noires (Corvus corone) dont les petits sont nés depuis peu. Régulièrement, nous assistons à leurs course-poursuites presque tous les jours.

DSCN2155Hop, en deux coups de becs les poissons terminent dans le gosier du héron. Il profite de la faible hauteur d'eau pour se saisir des petites chevênes. Pour ce juvénile reconnaissable à son coup gris, c'est une aubaine, le lieu n'étant fréquenté qu'occasionnellement par un autre échassier et parfois par un vieux héron cendré au bec cassé qui traîne le plus souvent du côté du parc de Gerland. C'est d'ordinaire un oiseau farouche mais au fur et à mesure des jours et du confinement, celui-ci c'est montré de moins en moins timide, se laissant même approcher par les passants ou pointant le bout de son bec orangé dès 16 heures ou même 11 heures du matin quand il pleut et que les promeneurs se font rares comme ce 3 mai où il est accompagné dans sa pêche par un énorme silure glane (Silutus glanis) se tenant un peu plus loin et dont nous ne voyons que la nageoire dorsale dépasser de l'eau et quelques petits poissons sauter pour sauver leur vie à l'arrivée de ce monstre des rivières. À noter c'est le deuxième plus grand poisson d'eau douce d'Europe derrière le grand esturgeons (Huso huso) et figure dans le liste des 10 poissons d'eau douce les plus grand au monde avec l'estugeon blanc (Acipenser transmontanus) ou encore l'arapaïma (Arapaima gigas).

DSCN2170Pour en revenir au héron cendré, il lui faut 2 à 3 ans pour atteindre sa maturité sexuelle. Avec un peu de chance nous pourrons voir celui-ci pendnat un moment depuis chez nous. Nous ne sommes sans doute pas les seuls à assister à ce spectacle, l'oiseau étant présent de partout. Asie, Europe, Afrique, Amérique du Nord, Océanie et même Groélande, sans oublier un détour par le Brésil, on peut dire que c'est une espèce qui sait s'adapter à son environnement, celui-ci aimant tout autant les prairies humides, les plages, les mangroves, les marais ou les lagunes pour peu qu'il y ait du poisson, des amphibiens, des insectes ou des rongeurs.

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Ce n'est pas le seul échassier à apprécier le coin. Nous voyons de temps à autre une aigrette garzette (Egretta garzetta) venir l'hiver. Printemps oblige, cela faisait bien longtemps qu'il n'y en avait pas eu une sur les rives bétonées. Celle-ci s'est pointée au bout du 43 jours de confinement. Contrairement au héron, elle semble préférer les eaux plus vives, en particulier quand c'es suote à la tombée de la pluie. La voir affronter le courant a de quoi déclancher quelques rires chez nous. C'est une espèce qui appartient elle aussi à la famille des hérons mais de plus petit gabarit que le précédent, comme on peut le voir à côté des colverts, ne dépasse que rarement les 600 gr pour une envergure maximale d'environs un mètre et uen taille de 65 cm.

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Très attachée aux milieux humides, on la trouve sur les cotes et le long des fleuves, même si elle reste rare dans les terres et même absente dans certains départements. Ici, elle trouve de quoi ce nourrir. Elle possède un régime alimentaire varié, se nourrissant de crustacés, de petits poissons, de larves ou d'insectes. Pour les attraper, elle peut brasser le fond de l'eau vaseux pour faire remonter les invertébrés à la surface, ouvrir des ails pour attirer les poissons par cette ombre bienvenue ou encore, pêcher en affût et déployer brutalement son cou pour harponner de son bec en un éclair une proie malchanceuse ou s'approchant imprudemment trop près de la surface.

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DSCN2335Des poissons qui plaisent aux oiseaux pêcheurs, dans le petit bout de l'estuaire de l'Yzeron que nous observons, il y en a des centaines et des centianres. Nous avons enfin pu prendre le temps de les observer et de les identifier. Voici Bubulle, une superbe carpe koï (Cyprinus rubrofuscus) ou nommée aussi carpe d'ornement d'une 20aine de cm et qui, normalement, ne devrait pas se retrouver dans le Rhône. En effet il s'agit d'un poisson d'agrément qui trouve d'ordinaire sa place dans les bassins et les mares. On peut supposer qu'il a soit été relâché dans le Rhône volontairement, soit utilisé comme appât à la pêche en raison de sa couleur attirant les poissons carnassiers comme le brochet. Ces deux pratiques l'une comme l'autre sont interdites. Outre le fait de mettre un animal dans un milieu qui n'est pas le sien, il peut conduire à l'installation d'une espèce invasive/EEE (Espèce Envahissante Exotique) et/ou, à l'appauvrissement génétique d'une espèce souche. Pour l'heure Bubulle ne semble pas poser de problème et échapper aux prédateurs comme les silures et les hérons. C'est par l'ensemble de tâches noires que l'on distingue à sur sa queue que nous parvenons à le reconnaitre, celles-ci étant semblables à des empreintes digitales. À savoir, c'est l'une des plus anciennes espèces de poisson domestiqué connue à l'heure actuelle.

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Restons dans le domaine avec la carpe commun (Cyprinus carpio). Ce gros poisson herbivore pouvant atteindre dans la nature pas loin de 8 à 10 kg (30 à 35 kg pour les plus grosses) et 60 à 80 cm, se reconnaît à sa bouche aux lèvres claires qui lui servent à brouter le fond de l'eau. Ubiquiste, on la rencontre aussi bien dans les rivières, les étangs et les canaux du moment que le courant y est faible, voire là où les aux les eaux stagnantes. Elle aime tout particulièrement les zones envasées et partage souvent la compagnie des brèmes comme sur la seconde photo où les deux poissons sont côté à côte, le plus petit des deux étant la brème. Péchée depuis au moins le néolithique, la carpe bien que moins consommé à notre époque moderne reste un poisson de choix.

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Nous sommes vendredi 8 mai, et pendant 2 heures, nous avons pu voir un ballet incroyable. 21 carpes, mais sans doute bien plus, défilent devantn os yeux, se préparant au frais. Certaines font une trentaine de centimètres, d'autres pas loin d'un mètre. Les voir tourner et se poursuivre dans moins d'un mètre d'eau arrête la plus par des passants peu habitués à ce spectacle. Pour notre part nous ne l'avions pas vu depuis 2017, un an après notre arrivée. Parmi les poissons présents, il semble y avoir plusieurs sous-espèces : carpes miroirs, carpes cuire etc.

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La voilà la brème bordelière (Blicca bjoerkna), poisson au milieu de vie si typique qu'il sert même d'indicateur. Ainsi si vous êtes dans une dans la zone dite « zone à brème », cela indique que vous êtes à l'exutoire d'une rivière ou dans un fleuve et que vous pouvez croiser des carpes, des sandres, des brochets, des silures ou encore des gardons. Cette brème se reconnaît à son dos trapu, presque bossu et à ses nageoires teintes d'oragné à la base. Longue de 25 à 30 cm, elle est souvent une proie de choix bien que délaissée par les pêcheurs. Poisson filtreur quand il est jeune, cette espèce se nourrie aussi bien de vers, d'insectes et de débris de plantes au fond de l'eau avec sa bouche orientée vers le bas. On a découvert qu'elle était l'une des espèces pouvant consommer la moule zébrée (Dreissena polymorpha), une espèce asiatique invasive pouvant obstruer les sorties d'eau.

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On trouve aussi de beaucoup plus petits poissons. À gauche il s'agit d'un groupe d'ablettes (Alburnus alburnus), un espèce grande 8 à 18 cm, aux écailles argentées et souvent appréciée des carnassiers, ce qui leur vaut d'être courament utilisés comme leurre pour la pêche au gros. Bien que petites, les ablettes peuvent vivre 6 ans, si elles sont assez habiles pour éviter tous les danger de la rivière. À droite il s'agit de eux jeunes perches communes (Perca fluviatilis), reconnaissables à leurs zébrures. Adulte, elle atteint 20 cm et se nourrie alors d'alevins, de crustacés, d'insectes et de petits poissons tel que l'abelettes. Nous avons donc le loisir de voire les proies et les prédateurs se cotoyer dans les mêmes eaux, sans pour autant voir de perches adultes. Il semble y avoir là plusieurs sous-espèces : carpes miroires, carpes cuires etc. à la vue des flancs.

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Cependant, le poisson qui nous fascine le plus n'est pas de ceux que je vous ai présenté jusqu'à là. Il s'agit de la chevesne (Squalius cephalus), et dont les belles nageoires rouges attirent notre oeil. Si on l'a trouve le plus souvent dans les rivières à truites et à saumons, elle se montre peut difficile et se développe sans mal dans le Rhône et dans ses affluents. Omnivore, c'est ce qui lui permet de se plaire dans une grande variabilité de milieu pour peu qu'elle puisse former des bancs avec d'autres congénères. Si nous observons des individus dépassants rarement 20 cm, il faut savoir que les plus gros peuvent atteindre 80 cm pour 4 kg.

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Dans nos sociétés modernes, la chevesne n'est plus un poisson prisé en raison de ses nombreuses arrêtes, hormis en friture quand il s'agit de juvéniles. Autrefois, il était courant de le cuire au four ou en court bouillon. Néanmoins, elle reste très populaire dans les pays de l'Est où on la consomme bouillie, frite, farcie ou fumée. Présente en nombre dans toute l'Europe, elle représente une manne financière pour de nombreux ports de pêches des grands fleuves. Classé dans les poissons  chair blanche, il est riche en protéine et pauvre en calories.

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Voilà où se donne rendez-vous toute la poiscaille du coin. Si l'endroit ne paye pas de mine, on arrive en quelques pas à plus d'un mètre de fond, et croyez moi, j'en ai déjà fait les frais. La pente douce permet d'observer les poissons par ordre de grandeurs, les petits se tenant plus proche du pont, là où la hauteur d'eau est la moins importante et où, hélas pour eux, les hérons et les aigrettes les saisissent sans mal. Les gros sont un plus loin, afin de pouvoir se mouvoir sans s'échouer mais pas sans tomber nez à nez avec le hameçon des pêcheurs qui cherchent là, le plus souvent, de quoi faire un bon stock d'appâts ou un peu de pêche sportive avec les silures.

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Les photos le rendent mal, mais quand on parle de bancs dans le rivière Yzeron, on parle de centaines et de centaines de poissons qui, serrés les uns contre les autres, suivent le rythme lent de l'eau. Certains sont là pour frayer, d'autres pour échapper aux prédateurs ou au contraire, pour trouver de quoi se nourrir et d'autres encore viennent y chercher des eaux calmes ou riches en oxygène. Tout autant de raisons qui explique leur multiplicité.

DSCN2778Tout n'est pas si rose. De nombreux poissons flottes morts au fur et à mesure que la pluie se fait attendre. Pour autant il faut être prudent dans la conclusion et si la pollution reste une éventualité, il ne faut pas oublier qu'il peut y avoir bien d'autres raisons. Faible teneur en l'oxygène de l'eau, sédimentation de celle-ci, trop hautes ou trop faibles températures, bactéries, champignons, virus, promiscuités entre les animaux ... le choix est vaste et souvent multiple. Nous l'avons surtout observé sur des brêmes bordelière (Blicca bjoerkna) mais aussi sur les brèmes communes (Abramis brama) qui, aimant le fond, sont beaucoup plus grosses et beaucoup plus difficiles à photographier. Pour les chesvenes et les ablettes, ce sont les poissons que nous avons observé avec le plus de dégâts aux nageoires, surtout chez les petits individus. Peut être est-ce dû à une forte prédation dans le secteur, des chasses étant souvent observées depuis la fenêtre. Pour les dégradations corporelles, il s'agit bien souvent de champignons. Ils sont présent sur toutes les espèces confondues, et cette brème en fin l'amère expérience.

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Parmi les infections que nous pensons avoir identifié, on peut parler des saprolégnioses, des micro-organismes de l'ordre des Chromista, et qui conduisent à des tâches blanches cotonneuses voire filamenteuses qui virent parfois au gris et provoque des nécroses dermiques ulcéreuses. Il y a aussi le Rhabdovirus carpio, un virus qui produit la virémie printanier et qui s'identifie à des saignements cutanés, en particulier au niveau de la queue. Ces maladies s'installent bien souvent sur des plaies et/ou quand l'eau à un pH acide.

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Voilà une fleur typique du début du printemps. La stellaire holostée (Stellaria holostea) se reconnaît à ses pétales blancs semi bifides, c'est à dire divisés en deux jusqu'au milieu mais aussi à ses tiges renflées à leur extrémité, un peu comme le serait des os. D'ailleurs c'est de là qu'elle porte son nom d'holostée, qui signifie "fait d'os". Plutôt forestière, elle pousse sur les talus ombragés en lisière et dans les forêts, sur des sols riches en humus. Dans l'usage traditionnel, et selon la théorie des signatures, on pensait qu'elle pouvait soigner les fractures - ce qui n'en est rien. Les jeunes pousses peuvent être utilisées en salade mais pour ma part je préfère les laisser aux chenilles de papillons de nuit qui en font leur alimentation unique, à l'instar de la noctuelle héliaque (Panemeria tenebrata), un petit papillon brun et orangé avec une grande variabilité de motifs.

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Autre plante du moment, la petite pimprenelle (Sangisorba minor) dont les rosettes aux feuilles tendres s'étallent dans l'herbe. C'est le moment de les récolter pour les manger en salade, leur goût étant proche de celui de la pomme et du concombre. Riche en tanins en particulier au niveau des racines, elle fût par le passé utilisée comme anti-hémoragique. D'ordinaire elle pousse dans les pairies sèches et les sols pauvres. La voir au bord de l'eau dans une terre humifère est surprenant, sauf si on prend en compte le fait qu'à l'origine les rives de l'Yzeron étaient bétonnées et ont été entièrement restaurées, laissant ça et là des ourlets de sols sableux pauvres.

DSCN2046Un éclair jaune fend la surface l'eau et une course-poursuite s'engage devant nous. Il s'agit de deux mâles de bergeronettes des ruisseaux (Motacilla cinerea) qui se disputent le territoire. L'an dernier nous avons pu observer un couple nourrir et apprendre à chasser à leur jeune fraîchement émancipé. Il y a fort à parier qu'il en sera de même cette année. Ventre et croupion jaunes, sourcils et gorge blancs, dos gris souris et ailes couleur ardoise, on a là un oiseau superbe. Cependant elle ne serait être la seule à aborder ce plumage et il est aisé de la confondre avec la bergeronette printanière (Motacilla flava) et le bergeronette citrine (Motacilla citreola). Néanmoins ces deux dernières sont beaucoup moins courantes dans notre secteur et comportent beaucoup plus de jaune sur le ventre et/ou la tête. La bergeronnette des ruisseaux comme son nom le laisse entendre, est inféodée aux milieux d'eau vive. Elle niche dans les anfractuosités de la roche et des vieux bâtiments. Chez nous, c'est sur le vieux pont de l'avenue que le couple que nous suivons niche. Nous n'avons pas encore trouvé où exactement.

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C'est une migratrice qui entame dès septembre sa migration. Fuyant les hivers rigoureux et le risque de voir les cours d'eau qu'elle aime geler, elle se réfugie en Afrique et dans le bassin méditerranéen où elle s'assure ainsi d'avoir toujours des eaux libres lui offrant de quoi se nourrir. De retour en avril, parfois même plutôt, elle prend possession de son nid assez rapidement. Celui-ci est fait de végétaux. C'est là qu'elle pondra quatre à six oeufs qui seront couvés pendant deux semaines. Il en faudra deux de plus pour que les jeunes deviennent autonome. Le couple peut alors relancer une couvé pour juin ou juillet si les ressources sont suffisamment abondantes.

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La bergeronnette des ruisseaux est un oiseau insectivore. Elle chasse dans le lit des rivières, entre les galets et en eau peu profonde les mouches, les larves de phryganes (Phryganea) cachées dans leur fourreau, les nymphes et les argules que l'on nomme plus fréquemment poux de rivières (Argulus), de petits crustacés de 2 à 30 mm qui se fixent aux poissons pour s'en nourrir, le plus souvent au niveau de la tête. Bien que frêle avec une taille de 18 cm pour 15 à 23 gr, elle reste une redoutable chasseresse qui saisie ses proies sans difficulté.

DSCN2570 (3)La fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) est particulièrement énergique et hante à tue-tête, que ce soit en face de la fenêtre ou dans le bosquet d'à côté. Seul le mâle à la tête noire, la femelle abordant une jolie calotte rousse, ce qui permet de différencier aisément les deux sexes. Son chant mélodieux peut être confondu avec celui du merle, mais il est plus rapide et n'est pas flûté. D'ailleurs si vous voulez le découvrir, je vous invite à l'écouter sur le studio les trois becs. Elle peut même imiter d'autres espèces de passereaux comme le rossignol philomèle. On retrouve cette espèce dans les milieux ouverts, dans des boisements plutôt jeunes et les lisières de bois. Les ripisylves, les forêts de bord de rivière, figurent parmi les habitats qu'elle affectionne. Elle y trouve les insectes dont elle nourrie ses petits mais aussi les baies dont elle se gave à l'automne avant de partir en migration. Dérèglement climatique oblige, la douceur locale et l'abondance de nourriture incitent de plus en plus de fauvettes restent à l'année dans le Rhône. Les petits suivront le même chemin que leurs parents dès leur première année.

DSCN2556De celle-là, on s'en serait bien passé. Il s'agit de l'une des renouées invasives, au nombre de 3 : la renouée du Japon (Fallopia japonica), la renouée de Sakhaline (Fallopia sachalinensis) et la renouée de Bohème (Fallopia bohemica),  l'hybride des deux premières. Venues d'Asie et naturalisées en France au 19e, ce n'est seulement que depuis les années 50-60 qu'elles posent soucis. Certes elles ont des avantages, mais cela ne serait faire oublier qu'elles détruisent les berges, colonisent des milieux en conduisant la disparition d'un grand nombre d'espèces végétales et l'enthomofaune, elles concurrencent les autres plantes à fleurs en étant plus attractive pour les pollinisateurs et à terme transforment les paysages en déserts vert. Il faut aussi tordre le cou à l'idée courante selon laquelle elles pousseraient uniquement sur les sols pollués, ce qui est loin d'être le cas mais aussi, qu'elles sont dépolluantes. Certes elles captent une partie des métaux lourds du sol en se développant, mais dès que leurs parties aériennes fanent ou qu'elles même meurent, elles rendent cette pollution au sol, parfois même en surface là où les composants se trouvés profondément enfuient, ce qui contribue à rependre ceux-ci dans l'eau et dans la litière forestière. Il ne faut donc pas avoir peur de les traitr pour ce qu'elles sont, des invasives.

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Tournons la tête. À côté de nous, une mésange charbonnière (Parus major) est toute occupé à faire sa toilette. Sa large cravate noire se terminant entre ses pattes indique qu'il s'agit d'un mâle, la femelle ayant une plus petite cravate. C'est un passereau adapté à beaucoup de milieux du moment qu'il comporte des arbres. Les parcs, les forêts, les jardins, et les friches sont les lieux où on est presque toujours assuré de la voir ou de l'entendre. Vivant en couple à la période de reproduction, cette mésange devient plus grégaire à l'arrivée de l'automne et se déplace bien souvent en groupe que l'on peut observer aux mangeoires l'hiver. Insectes, bourgeons, fruits, graines et mêmes animaux morts, elle sait tirer profit de la moindre ressource de son territoire.

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Des cris se font entendre. De l'autre côté de la rivière, les jeunes mésanges charbonnières prennent leur indépendance. Les parents continuent de venir leur apporter de quoi se nourrir depuis 4 jours mais il leur faudra bien vite apprendre seuls. On reconnaît les juvéniles à leur jouent jaunes et non blanches, à leur plus petite taille à leur bec bordé de jaune, le jaune citron de leur ventre et de leurs ailes ainsi qu'à leur cravate peu marquée.

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DSCN2302 (2)Ô surprise ! Elle n'est pas seule ! Outre la mésange bleue (Cyanistes caeruleus) et la mésange noire (Periparus ater) qui traînent dans le coin, voilà que la mésange huppée (Lophophanes cristatus) s'invite ! Nous sommes ravies de l'observer car sans qu'elle soit rare, ce n'est pas courant pour nous de l'observer. Plumes dressées au dessus de la tête, motifs blancs et noires sur la face et ventre chamois, on ne peut pas la loupée. Le plus souvent on l'observe dans les conifères, à décortiquer les graines. À l'arrivée du printemps elle se tourne vers les insectes pour nourrir ses petits. Son nid est fait dans un entrelacement de branches, dans une cavité ou encore dans les vestiges d'un grand nid de rapace ou de corvidé. Fait de mousses, il peut contenir 5 à 8 oeufs. Couvés pendant pendant 2 semaines , il faudra encore 22 jours avant de les voir s'envoler et trouver leur propre territoire. Territoriale, elle le défend sans ménagement son espace de vie et ne se montre jamais grégaire. La plantation de plus en plus fréquente de pins et de cèdres favorise son expansion à travers tout le pays, mais on la rencontre aussi dans les parcs et les jardins.

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Un orage bienvenue s'invite dans la soirée, après des semaines de sec. Le lit de la rivière se gonfle, l'aigrette revient, les feuilles des robiniers faux acacia desséchées reprennent vie et les canards s'en donnent à coeur joie en barbotant gaîment. Le Rhône, comme la moitié du pays, est à la mi-avril classé dans les territoires dont les niveaux de précipitations sont très bas. Ajoutons à cela des températures records, et nous voilà à la limite de la sécheresse. Heureusement toute fin avril, voilà que la pluie tombe, et avec ça les arcs en ciel. Cependant ne crions pas victoire trop tôt. Depuis début mai, la tendance est aux fortes chaleurs voire très fortes, et il faudra encore bien des précipitations pour retrouver un niveau viable pour les nappes.

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Voici la lune du 4 mai qui se lève dès 17h14. C'est une lune croissante descendante. 87 % de  son disque est illuminé et on peut déjà voir un grand nombre des cratères des mers lunaires. Elle illumine la végétation sur notre retour à l'appartement. Cependant ce n'est pas la lune que nous attendons. Celle du 7 mai attire ma convoitise. Son lever est tardif : 21h24. Éclairée à 99%, il s'agit de la pleine lune et même d'une super lune ! Ce terme désigne une lune pleine qui se trouve à la plus petite distance possible entre cet astre et la terre. En résulte la possibilité d'en faire de très belles observations et des marées un peu plus marqué qu'à l'ordinaire.

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Passons du côté des corvidés avec les pies bavardes (Pica pica). Elles figurent parmi les espèces que j'adore, et pas seulement parce que son nom scientifique est le même que le cri d'un célèbre pokémon. C'est un oiseau facilement reconnaissable à son plumage noir et blanc irisé, à sa longue queue et à son vol battu. Très intelligente, la pie s'installe dans un grand nombre de milieux du moment qu'ils aient un espace ouvert. Elle a tendance à prendre place de plus en plus dans les espaces urbains, car elle supporte mal de vivre en compagnie du geai des chênes (Garrulus glandarius) qui plus forestier, voit ses populations augmenter sans que l'on sache encore exactement pourquoi. Les nichées de pies connaissent une baisse importante de leur taux de survie (jusqu'à 24%) si des nichées de geais se trouvent à proximité, expliquant cet exode observé.

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Il n'en fallait pas plus à certains pour décréter que leur nombre était trop important. Classée anciennement nuisible et désormais dans la clade des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts, on s'en donne à coeur joie pour la détruire. Tirs, piégeages, appelants et même corvicides, un mot poli pour dire poison, tout y passe. Son tort ? Être trop bruyantes pour les oreilles de certains, manger les graines destinées aux passereaux pour d'autres, becter des fruits et surtout, on l'accuse à tort de se nourrir d'oisillons voire du petit gibier. Dans les faits la pie se nourrie essentiellement d'insectes, ces derniers représentant dans la majorité des cas plus de 80 % de son alimentation. À ça s'ajoute des fruits, des charognes ainsi que quelques oeufs et/ou jeunes oiseaux dont les parents n'assurent pas la garde correctement. Elle joue de ce fait un rôle essentiel en permettant de maintenir la sélection naturelle des populations de passereaux qu'elle peut prédater. Ces faits ne sont pas nouveaux, et sont abondamment documentés par les études de terrain et la littérature scientifique. Hélas, les idées reçues ont la vie belles et de nombreuses mentalités ne sont pas prêtes de changer. Quand on lit sur les forums dédiés au tir et au piégeage des corvidés qu'il est regrettable de ne plus pouvoir tirer les moineaux ou les cigognes (et ce n'est pas anecdotique) parce que c'est "amusant", que l'on a encore beaucoup de chemin à faire.

DSCN2827J'adore les corneilles noires (Corvus corone). Celles-ci ont aussi mauvaise presse, si ce n'est plus que les pies bavardes. Depuis le début du confinement, nous pouvons observer un couple qui niche sur un platane qui nous fait face. L'an dernier, il avait mené à terme une couvée de trois jeunes que nous avons pu observer dans leur émancipation. Nous nous étions attachée à l'une d'elle, frêle et aux plumes décolorées comme tous les membres de sa famille. Pains, fast food et autres nourritures industrialisées sont un désastre pour les oiseaux, et nous nous en observons les conséquences directement sur ces animaux. Hélas, les parents entamant une nouvelle nichée, elle a été chassée du territoire malgré tous ses efforts pour rester en leur compagnie. Je ne m'attarderai pas beaucoup plus sur les corneilles. En effet, je prépare un petit article de derrière des fagot sur des observations folles que nous avons pu faire. Depuis le 3 avril, nous nous sommes aperçu qu'une puis deux corneilles avaient pris l'habitude de pêcher des poissons directement dans la rivière. Un fait rare et fascinant que nous essayons de documenter au mieux.

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Nous voilà à nous remettre à l'observation et à l'étude des arbres. À gauche, il s'agit de l'orme champêtre (Ulmus minor), une espèce qui se raréfie un peu partout en France, la faute à la graphiose. Cette maladie est véhiculée par des scolytes qui se nourrissent des écorces et par contact racinaire. Néanmoins, ce ne sont que les ormes de plus de 20 ans qui sont touchés. Celui-ci semble arrivé à la date fatidique. Il partage la même friche avec l'érable plane (Acer platanoides) à droite. Sa floraison est superbe et je ne prends que trop souvent le temps de l'observer. Elle a prit fin très vite pour être remplacé par des feuilles vertes mates.

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Quelle belle surprise ! Sur notre chemin de ballade nocturne et alors que la nuit tombe (d'où le flou, la luminosité de la photo étant trompeuse), un pic épeiche (Dendrocopos major) se pose juste devant nous dans un saule. On reconnaît ici qu'il s'agit d'une femelle, celle-ci ne présentant pas de calotte rouge à l'arrièe de la tête. Sautant de branche en branche, elle finit par partir dans le parc en poussant de nombreux cris. Selon les régions, la nidification s'établie entre mars et mai, et les premiers tambourinements sur les troncs pour ouvrir la saison des amours se font parfois entendre en décembre. Chez cette espèce, c'est surtout le mâle qui couve les 5 à 7 oeufs qui ont été pondue, la femelle le ravitaillant à heures régulières en insectes et graines.

DSCN2733 (2)Retour à l'appartement. Un bruit se fait entendre dans le ciel. Ce n'est pas un oiseau mais un Mavic 2 Enterprise Dual, un drone utilisé par les forces de l'ordre. Nous l'aurons vu tourner dans le secteur 5-6 fois, nous rappelant au passage que le quartier sans être chaud, n'est pas non plus des plus calmes. Inondation, vols, tentatives de cambriolage, voitures volées puis brûlées ou fracassées, agressions, immeubles en feu ... depuis notre fenêtre et surtout depuis notre arrivée il y a 4 ans nous en avons vu des vertes et des pas mures, mais cela serait dresser un portrait peu fidèle de notre coin de paradis. Certes la violence est présente, mais il faut dire aussi qu'Oullins n'est pas que cela. Commerces de proximité, poumon vert qu'est l'Yzeron, parcs et jardins, initiatives de solidarités entre habitants ... la liste est longue. À travers mon travail j'ai même pu organiser une sortie de découverte des oiseaux en ville, participer au collectif de compostage et je m'émerveille tous les jours des nombreux animaux et plantes que je peux croiser. Cela ne reste pas la campagne ni la montagne où nous rêvons de vivre, mais pour le moment le lieu nous siée bien.

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Un délicieux parfum vient se frotter à nos narines. Les robiniers faux-acacias (Robinia pseudoacacia), appelés à tort acacias dans le langage courant, sont en pleine floraison. Leur odeur lourde et sucrée attire de nombreux pollinisteurs à la recherche de nectar. C'est là un merveilleux moyen pour l'arbre de faire transporter son pollen vers un congénère et ainsi d'assurer sa descendance. Pollen qui, d'après des études toutes récentes, aurait la capacité de modifier les conditions météorologiques quand il est relâché dans l'atmosphères par beaucoup d'arbres en même temps, ce dernier se fractionnant et permettant aux gouttes de pluies de se former dans certaines conditions bien particulières. Fascinant. Entamée en mi-parcours de confinement, la floraison à hélas pris fin trois semaines plus tard. Fort heuresement, d'autres essences ont pris le relais.

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C'est le cas du sureau noir (Sambucus nigra), une essence que j'affectionne beaucoup. À l'heure où j'écris, quelques fleurs infuses dans un peu d'eau, de sucre et de citron au fond de mon frigo. Le mélange donnera à coup sûr une délicieuse limonade au goût floral. À l'automne il donne de délicieux fruits qui peuvent être consommées en sirop ou gelée. Cet étourneau ne s'y trompe pas mai il devra encore attendre un peu avant de s'en délecter. On peut le confondre avec les deux autres espèces de sureaux présentes ne France : le sureau rameux (Sambucus racemosa) aux fleurs en grappes et non en ombelles qui est plutôt inféodé aux montagne, et le sureau yèble (Sambucus ebulus) dépourvu de bois et entièrement toxique.

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Nous n'avons pas l'habitude de croiser devant l'immeuble cet oiseau pourtant si commun. Il s'agit de la tourterelle turque (Streptopelia decaocto). Petite et au plumage gris, on reconnaît ici qu'il s'agit d'un juvénile, les adultes abordant autour du cou un demi collier noir au niveau de la nuque. D'origine asiatique, elle a migré au XXe siècle pour prendre possession de l'Europe. En France, elle ne semble pas porter atteinte ni faire concurrence aux autres espèces animales et ne pas avoir d'incidence sur la flore. Granivore, on peut parfois l'observer au sol se nourrir des graines des herbacées et des arbres, mais elle peut aussi varier les plaisirs en picorant des insectes, des bourgeons ainsi que des fleurs. À cette période, la nidification de l'espèce est bien entamée.

DSCN1968 (2)Deuxième colombidé de la liste de ceux que nous avons pu observer. Il s'agit d'un pigeon colombin (Columba oenas), le plus petit pigeon de France et même d'Europe. On le reconnaît à son oeil noir, à son croupion blanc, à ses ailes grises et à son poitrail coloré. Attention à ne pas le confondre avec notre pigeon des villes dont certains ont des couleurs et des motifs très similaires. Il aime les grands parcs, les forêts mixtes non exploitées, les corps de ferme, les falaises, les pics rocheux et les vieux arbres dans lesquels il niche le plus souvent. Sur Oullins, plusieurs couples occupent les cavités des quelques platanes qui n'ont pas encore été abattus.

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Après le plus petit, voici le plus gros pigeon de France et d'Europe. Le pigeon ramier (Columba palumbus) est imposant, avec 500gr et plus pour les plus gros individus. La tâche blanche sur la nuque et une partie du cou chez les adultes permettent de le reconnaître du premier coup. La période de reproduction débute tôt, parfois en février ou en mars. Deux oeufs blancs assez gros sont pondus dans un nid plate-forme fait de branches dans les arbres. Comme pour d'autres oiseaux du même genre, il nourrit ses petits à base de lait de jabot, une substance laiteuse produite dans l'organe du même nom et qui est très riche en protéines et en lipides mais dépourvu de glucides. Les flamants et les manchots empereurs possèdent également cette faculté.

DSCN1648Voici le dernier de la liste, le pigeon biset (Columba livia). Il y a tant à dire sur sur lui. Moqué, dévalué, vu comme doué de peu d'intelligence et même sale, au première abord il est difficile de trouver un quelconque intérêt à l'animal. Et pourtant, son histoire est riche. Le pigeon biset des villes que nous connaissons est issu des grands élevages du Moyen Âge et de la Renaissance, voir même de ceux qui ont pris fin qu'au début du 20e siècle. À l'origine cette espèce est complètement sauvage, et vit sur les pourtour de la Méditerranée, en particulier en Espagne et reste rare en France. Certains fossiles vieux de 300 000 ans ont même été retrouvés en Palestine. Plus gris sur la tête, avec un paterne de couleur invariable, il préfère les falaises et les pitons rocheux. Farouche, il ne se laisse pas approcher. Tout l'inverse du pigeon urbain. Élevé pour sa chair, comme messager ou comme animal de compagnie, il a été pendant longtemps signe de richesse. Avoir autrefois un pigeonnier était signe de puissance, et plus celui-ci était gros, plus le nombre de pigeons était important et plus la fortune de son possesseur grande. Certains n'hésitez pas à faire construire des pigeonniers bien plus grands que nécessaire pour accueillir tous leurs oiseaux, se faisant passer pour plus riches qu'ils ne l'étaient. Cela se remarquait essentiellement au moment de marier les filles de la famille, où la dote perçue ne correspondait pas ce qu'elle aurait dû à la vu du dit pigeonnier. D'où l'expression "se faire pigeonner". Aujourd'hui la colombophilie est encore pratiquée, notamment à travers les concours de pigeons voyageurs que l'on peut reconnaître aux bagues en plastiques portées à leur patte. C'est le cas ici avec cette femelle qui le temps d'une journée a fait halte sur notre toiture. Michel, le pigeon que nous avons recueilli l'an dernier, y a bien tenté sa chance mais la belle, insensible aux sérénades, est repartie le lendemain.

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Les voilà nos deux rescapés, Jean-Claude à gauche et Michel à droite. Trouvés au sol l'an dernier après être tombés au sol, ils ont séjourné quelques temps chez nous avant de pouvoir prendre leur indépendance. Par chance, leur plumage à l'un comme à l'autreprésente des tâches et de singularités uniques qui nous permettent de les reconnaître parmi les autres pigeons. Ce sont là les vestiges de la sélection qui au fur et à mesure des siècles, a donné une grande variabilité de couleurs chez ces oiseaux, allant du blanc au noir, en passant par le blanc et toutes les variantes de gris et de beiges. Cependant, les oiseaux les plus claires semblent être ceux les plus prédatés et les pigeons domestiques ré-ensauvagés tendent à devenir de plus en plus gris même si des exceptions existent ça et là. Pour en revenir à nos protégés, si Jean Claude ne passe à notre fenêtre que très rarement, Michel s'y tient tous les jours et arrive parfois à grappiller quelques miettes.

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Michel est décidé à trouver l'amour. Le voilà qui se jette sur une pigeonne affairée à boire au bord de la rivière, au point de la faire tomber à l'eau. Bien que trempée, cela ne devrait pas être compliquée pour elle. Cependant nous l'observons s'ébattre et essayer désespérément de rejoindre la rive sans succès. Ne pouvant laisser l'animal se noyer sous nos fenêtres, me voilà plongée dans la rivière pour sauver la désespérée. Il lui en coûtera une nuit au sec et une sacrée chirurgie. En effet, ces pattes sont liées entre elles par un fil de pêche muni de plomb et certains de ces doigts nécrosés commençaient à se décrocher. Comme l'image, cela n'a rien de ragoûtant mais c'est une réalité, nos déchets tuent les pigeons mais aussi les cygnes, les cormorans, les aigrettes et bien d'autres oiseaux de la même manière. Même nos cheveux représente un risque en créant des nécroses autour des leurs doigts. Il aura fallu attendre plus d'une heure pour la libérer de ce fardeau, et même si elle en garde un lourd handicap, elle devrait sen sortir. Baptisée Micheline, elle ne convolera finalement pas en noce avec notre Michel.

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Il avait de quoi penser que notre ami Michel allait finir sur la béquille si n oubliait que les oiseaux possède un cloaque. Mais il semblerait qu'il ait trouvé l'amour à travers cette pigeonne nommée Georgette. Plus terne, elle est aussi estropiée aux pattes, ce qui pourrait laisser penser à un fétichisme du côté de notre ami emplumé dans le choix de ses conquêtes. Avec un peu de chance, ils mettrons rapidement une couvé de deux oeufs qu'ils pourront renouveler jusqu'à trois fois dans l'année. Il faudra attendre trois semaines pour les voir sortir de leurs oeufs, quatre pour quitter le nid et une de plus pour être pleinement indépendant, soit pas loin d'un mois et demi. Si on doit faire un rapide ratio entre le temps entre chaque ponte et leur nombre, Georgette et Michel seront parents à temps plein au moins six mois dans l'année ! Vous l'avez compris, je suis devenue une mère pigeon.

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En voilà un qui a dû suivre depuis sa branche et tout au long du confinement les feux de l'amour chez pigeons bisets. Il d'agit du pinson des arbres (Fringilla coelebs) et plus particulièrement d'une belle femelle à la vue de sa tête peu colorée. Nous le soupçonnant d'avoir niché en face de la fenêtre, tout comme le verdier d'Europe (Chloris chloris) et la mésange bleue (Cyanistes caeruleus) que nous parvenons à entendre chanter sans jamais pouvoir les photographier. Si nous l'avons vu tout l'hiver chercher des graines au sol, ce printemps il est plus discret, tout occupé qu'il est à chercher des insectes dans les arbres et arbustes pour nourrir ses petits.

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Je ne résiste pas à l'nevie de vous présenter encore quelques plantes du quartier. Lors de nos cinq sorties nocturnes, à la tombée de la nuit, nous sommes partis chasser avec notre appareil photo les grenouilles vertes (Pelophylax sp.) et les alytes accoucheurs (Alytes obstetricans), deux amphibiens qui depuis quelques temps bercent nos nuit de leurs chants quand le voisinage ne décide pas de nous faire partager sa musique à 2 heures du matin, ce qui est rare. Cette échappée est donc pour nous un véritable bol d'air, et nous laisse le temps de nous pencher sur l'iris d'eau (Iris pseudacorus) aux fleurs jaune d'or et sur la morelle douce amère (Solanum dulcamara), une espèce que je suis ravie de voir en zone urbaine, signe de l'ensauvagement de la ville.

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Si nos sorties sont aussi nocturne, outre le fait pour nous trouver seuls, c'est également pour observer les chauves-souris (Chiroptera). Dés les premières jours passés dans l'appartement, nous avons pu en observer une se s'accrocher dans une branche de robinier faux acacia avant de repartir en chasse. Cependant, elles se sont vite fait la mal, et c'est du côté du parc que nous avons dû aller traîner nos pieds pour les voir. Nous aurions dû, courant avril, fabriquer notre propre batbox pour écouter, enregistrer et identifier les cris et ainsi, savoir la quelle des nombreuses espèces à élue domicile sur la commune. Il faudra être encore un peu patient pour se lancer dans la construction et pouvoir jouer aux détectives nature.

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Jeune présentant un plumage brun-gris au niveau des ailes et un bec caractéristique car très peu coloré.

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Les cygnes tuberculés (Cygnus olor) ont animé un  bon nombre de nos journées. Le record est de pas moins 16 oiseaux au plumage blanc. Là aussi nous avons pu faire une étude approfondie de ces majestueux volatiles. Ce sont les plus gros d'Europe avec pas moins d'une envergure de 2 à 2,40 mètres et 13 kilos pour les plus gros. Beaucoup d'entre ont encore des plumes brunes, signe qu'ils sont des pré--adultes et que la reproduction n'est pas pour eux. D'ailleurs, nous pensons que leur présence peut tenir à cela, car chassés par les adultes reproducteurs ayant besoin d'un plus grand territoire à cette période de l'année, ils ont pu trouver refuge ici.

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Petite chorégraphie à apprendre par coeur en post-confinement pour se remettre à l'exercice.

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Les premiers temps, l'espace fût occupé par un couple, peut être celui de l'an dernier. Jour après jour nous avons pu observer leur parade nuptial : cou dressé, cou à droite, bec dans l'eau, à nouveau cou dressé, cou à gauche et nouveau bec dans l'eau. C'est un régale. Cependant monsieur, reconnaissable à son tubercule un peu plus gros au dessus du son bec orange, n'est pas près à partager. Le voilà occupé à chasser tous ceux qui s'approche. Seulement voilà, ils sont bien tenaces et semblent avoir fini par abdiqués, à moins qu'ils ne soient trop occupés à lancer la couvaison. Dès que les jeunes seront robustes, il y a fort à parier que toute la petite famille viendra de nouveau nous rendre visite, pour le plus grand bonheur des promeneurs qui sont nombreux à venir les voir, et hélas, à les nourrir de pain. L'an dernier, 70 cygnes sont morts en Alsace après en avoir ingéré.

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Bec plat, pattes palmés et aisance dans l'eau, nul doute que le cygne turberculé est un oiseau aquatique. Herbivore, il peut filtrer la vase avec son bec, pâturer les algues en immergeant son cou jusqu'au torse, brouter les prairies et les prés humides et même si l'occasion se présente, attraper des mollusques et des insectes. D'ailleurs, les derniers jours du confinement, les cygnes ont été à la fête. Un agent d'entretien semble avoir jeté l'intégralité de sa tonte dans la rivière. Voilà donc le repas servi pour les oiseaux qui s'empressent de s'y repaître, laissant la trace de leur passage dans la marrée verte. Là aussi je ne m'étendrai pas plus, ayant eu le temps pendant ces 55 jours de beaucoup écrire. Un article dédié spécialement aux cygnes européens et bien plus encore ne serait tarder dans les semaines à venir. D'autres espèces ce sont aussi faites tirer le protrait.

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Une dernière pour la route, avec la mauve sylvestre (Malva sylvestris) qui s'épanouie au bord de l'eau. Sa floraison rose, ses pétales veinés et ses feuilles rappelant la palmure d'un canard lui donne, je trouve, un charme fou. Riche ne tanin, ses fleurs peuvent être bues en infusion contre les mots de gorge, mais je préfère le plus souvent les laisser à la nature, de nombreux insectes en tirant usages. Je préfère collecter ses feuilles pour en faire des salades, des soupes ou des beignets farcies. Autant dire que la cuisine sauvage, ce n'est pas toujours voire rarement diététique avec moi.

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Les voilà les insectes dont en partie les pollinisteurs qui tirent profits des fleurs. Abeilles, coccinelles, cétoines dorées et papillons, tous ont profité que les tondeuses et débroussailleuses dorment au local. Seulement, depuis 10 jours elles tournent à plein carburateur et bien des espèces ont été rasés à ras, emportant dans leur mise à boule à zéro les oeufs et les larves de l'année. Cependant, certaines mentalités ont été ravies pendant ces quelques jours d'enfermement de ce retrouver sur un espace de nature permettant de remplacer les parcs, et il a fort à parier que dans bien des endroits, on peut verra la tonte drastique devenir plus douce et moins fréquente, au bénéfice de la biodiversité et du bien être de chacun des habitants.

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Voilà notre échappatoire, l'Yzeron.  C'est là que nous avons pu observer 55 espèces d'oiseaux pour seulement 1 espèce de mammifère, 1 espèce de reptile (le lézard de murailles), 9 espèces de poissons et 2 espèces d'amphibiens, soit 68 espèces de vertébrés à travers 1223 observatiosn rentrées sur le site de la LPO, Faune-France. Pour en revenir à la rivière , celle-ci serpente à travers 10 communes sur 25 kilomètres avant de se jeter dans le Rhône. Réaménagé sur une partie de son linéaire urbain, les 7 millions d'euros investis n'étaient pas de trop pour ce projet pilote et suivit au niveau de l'ONU. Peu à peu les effets se font ressentir, les crus sont moins violentes et mieux canalisées, la faune et la flore reviennent et le public profite de ce nouvel espace de vie. Il faudra cependant attendre encore plusieurs années pour que les écosystèmes installés deviennent pérennes.

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En voilà un autre que nous adorons, mal aimé comme la pie et la corneille. Il s'agit du rat surmulot (Ratus norvegcus), souvent confondu avec le rat noir (Rattus rattus), beaucoup plus rare car supplanté par le premier au court du 18e siècle. Le rat surmulot est aussi appelé rat brun en raison de la couleur de son pelage ou rat des égouts du fait de son incroyable capacité à s'installer un peu partout dans nos réseaux souterrains. Pouvant transmettre certaines maladies, en particulier via son urine et ses déjections, il est bien souvent piégé et cela, jusque dans la coure de notre immeuble. Cependant, son fort taux de reproduction et sa croissance rapide, ainsi que la nourriture toujours plus disponible en ville (poubelles, pain donné aux oiseaux, restes de Mac Do jetés sur la voie public etc.) lui permettent de maintenir sans mal sa population. Ainsi, on estime qu'il y a deux rats apr habitants dans Paris et qui galopent joyeusement sous leurs pieds. Une véritable société parallèle s'étend sous nos pieds, car les rats sont très intelligents et possèdent un  système d'organisation semblable au notre.

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Le confinement, ça aura été l'occasion pour moi d'amméliorer ma cuisine, et croyez le ou non, j'ai même réussie à perdre du poids (le vélo d'appartement n'y est pas pour rien). J'ai pu redécouvrir Gastronogeek et me perdre dans ses lives, prendre l'envie d'acheter des livres comme "le répertoire des saveurs" de Niki Segnit et m'apperçevoir que j'étais devenue allergique à la fraise. Pas de bol quand on sait que Thomas en ramène régulièrement des marchés et de l'exploitation où il travaille (ça et quelques kilos de pommes, de carottes et de patates). Heureusement, je trouve aussi mon réconfort dans les énormes salades qui accompagnent chacun de nos repas.

Aujourd'hui est le dernier jour du confinement. Demain une nouvelle forme de normalité s'installera et cela, pour un temps dont nous n'avons encore aucune idée. Il faudra réinventer pour nombreux d'entre nous nos métiers. Pour ma part, je poursuis le télétravail jusqu'à la fin mai, ce que je vis un peu comme le prolongement du confinement. Un dernier clape dans les mains, un regard vers l'Yzeron et l'envie d'évasion se fait plus fort que jamais. Au total 63 espèces ont été partagés sur le blog (qui a fêté ses 8 ans il y a un mois et demi) sur la centaine que nous avons vu (flore et faune confondues), de quoi nous rappeler que la ville grouille de vie. Et pour le coiffeur ? On attendra encore un peu ! Pour l'heure, je me consacre surtout à mes livres.

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lundi 11 mai 2020

Carnet de bord : nature et confinement.

Pendant quelques semaines, nous avons dû apprendre à changer nos habitudes. Nous ne sommes pas à plaindre, même si nous vivons dans un petit appartement en ville, il y a mille choses à faire et à voir. Voici le retour de ce que nous avons pu voir, vivre et expérimenter quotidiennement pendant ce confinement. Un journal de bords en sommes pour garder un souvenir de ce début de printemsp 2020.

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DSCN1621Jour 1 : Vivre sa maison.

On ne se laisse pas abattre, sans être plein, le frigo n'est pas vide. On s'installe pour la première journée aussi confortablement possible que nous le permet notre appartement de 29 m². Rouleaux de printemps maison, Twitch, Youtube, blog ... ce premier jour à des airs de vacance sans en être. Pour l'heure je suis dans l'attente des retours de ma direction. Chômage partiel, télétravail ... je suis dans le flou comme la plupart des entreprises et des associations devant faire face à une situation inédite. Je prends mon mal en patience et profiter de ma journée au lit.

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DSCN1624Jour 2 : Colère et incompréhension.

Grande nouvelle, je passe en télétravail. On pousse les meubles, on réorganise l'espace et on s'autorise 2 min à l'exterieur pour aller chercher les chaises de camping, histoire de pouvoir s'assoir ailleur que dans le canapé. Pas de jardin ni de balcon pour nous, mais deux fenêtres qui donne sur l'Yzeron, petite rivière au parcours urbain, un alignement d'abres ensauvagé et une magnifique barre d'immeuble. Pause de midi, je passe la tête dehors, deux gugus s'amusent à faire du bateau dans les 50 cm de fonds du cours d'eau. Idée brillante en cette période !

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DSCN1627Jour 3 : C'est le bordel.

Troisième jour de confinement, deuxième jour de télétravail et c'est déjà un poil le bazar. Il faut apprendre s'organiser pour vivre 24 h sur 24 h à deux dans un petit espace, même si ce n'est pas la première fois que nous nous retrouvons enfermé ensemble pour une longue période. Le linge sèche sagement dans un coin, le courrier s'entasse sur le canapé et nous retrouvons le plaisir de veiller tard, avec notamment la redécouverte de Stalker et de Zootycoon, deux jeux de notre enfance qui promettent de longues nuits sans sommeil. C'est l'occasion de jeter une oeil dans la bibliothèque.

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DSCN1636Jour 4 : Les corneilles noires.

Nous profitons d'une pause à 13 heures pour regarder dehors. Les oiseaux n'ont pas changé leurs pratiques, et nous prenons plaisir à voir que le couple de corneilles noires (Corvus corone) semble couver enfin. Nous allons de ce fait pouvoir suivre au fur et à mesure des jours l'évolution de la nidification. Elles ne sont pas les seules. À quelques mètres de là, un couple de merles noirs (Turdus merula) a choisi un arbre couvert de lierre pour s'installer et commencer à fonder leur famille. Malgré cela et pour la première fois, je suis complètement abattue par la situation.

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DSCN1648Jour 5 : Michel trouve l'amour !

Vous souvenez-vous de Michel et Jean Claude, les deux pigeons que nous avons élevé l'été dernier ? Si Jean Claude ne passe nous voir qu'une fois par semaine, Michel est là presque tous les jours à défendre son bout de rebord de fenêtre dont il a fait sa maison. Depuis peu il n'est plus seul et est accompagné d'une très belle pigeonne, au haut pedigree puisque celle-ci est baguée des bagues rouges et blanches des pigeons de concours ! Sacré Michel. Reste à savoir ce qui a convaincue cette dame pigeon de rester sur notre quartier d'Oullins plutôt que regagner son pigeonnier.

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DSCN1652Jour 6 : Retour à la base, l'orchidophilie.

Je me remets dans la botanique et surtout dans les orchidées. Quel plaisir trop longtemps oublié ! Sur le groupe facebook - Plantes sauvages "à découvrir" - que j'administre avec bien d'autres (pour ne citer que Nicolas, Natacha, Fabienne, Martin, Giles et Eric), on fait chauffer nos méninges pour répondre à toutes les demandes qui affluent pour identifier les plantes des jardins mais aussi les archives photos dans lesquels certains se sont replongés. Cela me change les idées et me fait oublier pour un temps la musique du voisin qui tourne en boucle depuis le premier jour ...

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DSCN1665Jour 7 : Un gâteau doublement maison.

Qu'il est bon ce gâteau, toujours en intérieur certes, mais auprès de ceux que j'aime, la visioconférence étant salvateur dans une situation comme celle-ci. Les presque 28 bougies souflées, il est temps de se mettre au lit. La journée a été bien remplit, le télétravail n'étant pas de tout repos. Entre les visioconférences, les dates à déplacer, les partenaires à contacter, les coûts à estimer et les nouvelles propositions à faire, il y a de quoi trouver du travail pour quelques jours. Les écoles et les centres d'acceuils pour mineurs sont fermés jusqu'au 4 mai. Pour l'animation nature, on oublie.

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DSCN1661Jour 8 : Ceux qui sont en famille.

Ils sont revenus ! Il y deux jours ces 10 petits canetons et leur mère étaient passés sous nos fenêtres sans donner de nouvelles depuis. Les voilà de nouveau en bas de chez nous à barboter joyeusement dans l'eau de l'Yzeron, au milieu des croûtons de pain, des pigeons et des rats surmulots. Tous les ans nous avons droit à ce spectacle qui nous réjouit. Il y a deux ans, nous avons même pu suivre les aventures d'une canne avec 21 petits et qui conduisit 19 d'entre eux à l'âge adulte, remplissant le canal de canards, avec une journée records avec 75 colverts dont 59 canetons.

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DSCN1702Jour 9 : Révélation !

Cela fait longtemps que nous nous demandons ce qu'est cet arbre qui, en face de chez nous, prend une jolie teinte sur ces branches quand les autres sont encore nus. À chaque fois nous avons raté le court moment où sont à profusions ces drôles de feuilles-fruits. Penchés sur la fenêtre, nous avons pu percer le secret de cet arbres, il s'agit d'un orme champêtre (Ulmus minor) ! Nous profitons de notre chance, la plupart des ormes mourant passé la vingtaine de la graphiose, une maladie dû au Ophiostoma ulmi, un pathogène ayant conduit à la raréfaction de l'espèce.

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DSCN1671Jour 10 : Se sentir unis.

Je me sens un peu seule dans notre imeuble. D'ordinaire nous croisond rarement des gens mais là, c'est désert. Ne se manifestent à nous que deux voisins avec la musique qui tourne à fond, ainsi que le chantier d'en face où les crachats s'accumulent dans la cours et où les gravats vont jusqu'à bloquer les portes de locataires furieux. Heureusement, 20 heures sonnent. Décrié par certains, ce moment c'est un bol d'air. On frappe des mains, on allume des bougies, on crie et le temps d'un instant on se sent un peu moins inutile, juste uni avec la barre HLM d'en face où tout le monde joue le jeu.

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DSCN1704Jour 11 : Quand les souris dansent.

Nous avons toujours eu l'habitude de voir passer des chats à nos fenêtres. Depuis quelques jours, ils sont plus nombreux et se montrent aussi bien en journée qu'à la tombée de la nuit. Si certains semblent sauvages, la plupart sont des chats d'appartements qui s'offrent de temps à autre une petite escapade. Si cela peut sembler amusant, il ne faut pas oublier que les chats domestiques en sont une des principales causes de disparition des oiseaux, pas moins de 12 millions pour la France métropolitaine. Ici, ils semblent plus attirés par la sortie des égouts où les rats sont nombreux

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DSCN1713Jour 12 : La nature s'éveille.

Un autre coup d'oeil par la fenêtre, un autre arbre. Le reconnaissez vous ? C'est l'erable mais pas n'importe le quel, l'érable plane (Acer platanoides). Je n'ai jamais vraiment pris le temps d'admirer sa floraison, maintenant je le regrette. Si en premier lieu on peut penser à un bouquet de feuille de loin, en prenant le temps de lever les yeux on s'apperçoit qu'il s'agit en réalité de fleurs vertes disposées en délicats bouquets tels des pompons au sommet des branches de l'année. L'érable plane peut tout aussi bien être monoïque ou dioïque, les fleurs des deux sexes étant semblables.

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DSCN1741Jour 13 : Michel, le retour à la maison.

Nous y avons cru mais hélas, Michel est de nouveau seul, sa pigeonne n'ayant pas montrer depuis le bout de son bec. La période est tendu pour les pigeons bisets des villes (Columba livia). Les passants les nourrissent moins et sur notre fenêtre, la bataille fait rage. Convoité de tous, ce poste d'observation est devenu LA place pour séduire de la donzelle et grappiller quelques miettes. En guerrier, Michel défend avec honneur son chez lui et, de cette lutte, aorde même une vilaine cicatrice au coin du bécot. Fort heureusement, la cicatrice semble disparaître peu à peu.

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DSCN1745Jour 14 : Les oubliés de l'Hiver.

La plupart des mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) ont pris le large, en particulier dans la Loire où se trouve l'un des plus grands sites de reproduction de France et d'Europe. Depuis nous ne voyons plus les grands rassemblements qui se formaient devant chez nous. Pourtant, celle-ci semble avoir loupée le coche. C'est bien normal, il s'agit d'un jeune individu reconnaissable à sa tête dépourvue de noir en cette saison et à ses plumes brunes visible sur les ailes et la queue. Il lui faudra attendre l'an prochain pour s'envoler en direction d'autres contrées.

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DSCN1762Jour 15 : Il y a de l'amour dans l'air.

Outre la guerre qui fait rage sur notre rebord de fenêtre, le bout bétonné de la rivière Yzeron qui passe devant chez nous fait lui aussi l'objet de convoitise. Depuis quelques jours le jeune cygne qui aimait y séjourné ne se présente plus, chassé par un couple fort agressif qui doit aussi dissuader quatre autres cygnes tuberculés de s'y installer (Cygnus olor). Cependant, le temps n'est plus à l'affrontement mais à l'amour, les eux tourtereaux ayant engagés cet après-midi un bal amoureux. Peut être les verrons-nous comme chaque année, se promener avec leurs cygneaux.

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DSCN1794Jour 16 : Petit baigneur.

Un joli rat gambade sur la rive d'enface. Il profite de l'absence de promeneurs pour se jeter à l'eau pour un bon bain, toujours en prenant garde de ne par trop s'éloigner de la terre ferme, de gros poissons venant chasser dans la rivière. Les rats ont mauvaises presse. Vecteurs de maladies, vivants dans les égouts et se nourrissant de nos déchets, ils ont peu de choses pour eux au premier abord. Et pourtant, affectueux, intelligents, s'adaptant à bien des conditions et des situations, faisant preuve d'organisation, je trouve pour ma part qu'ils ont tout pour plaire. Je les adore.

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DSCN1852Jour 17 : C'est la guerre !

Ce matin dans les arbres, c'est la guerre. Les geais des chênes (Garrulus glandarius) braillent à plein poumons. Régulièrement nous en entendons plus que nous voyons 4 à 6 individus se faisant chamaille. La nidification approche et les couples deviennent territoriaux. Tout cela n'est pas vu d'un bon oeil par les deux corneilles noires (Corvus corone) qui nichent dans le grand platane qui surplombe. De ce côté là rien de nouveaux, la nidification ne semble pas évoluer. Nous sommes impatient de voir les oisillons réclamer leur premier repas à leurs parents.

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DSCN1886Jour 18 : Incroyable observation.

Restons avec les corneilles noires (Corvus corone). Nous avons assistés à une scène plus que rare. Au milieu de l'eau, à 40-50 cm de la rive, une corneille se jette dans l'Yzeron, s'immergeant le bas ventre. Elle en ressort de là avec un poisson dans les doigts et part le déguster sur une branche. Preuve de cette action unique, les écailles sur son bec. Si cela est un peu documenté sur la côte, on n'en retrouve pratiquement pas de traces dans les lacs et les rivières ce qui nous laisse baba. Un exemple ICI, relaté par Ornithomedia et la spécialiste du muséum de Paris Marie-Lan Taÿ Pamart.

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DSCN1845 (2)Jour 19 : Ils sont là !

Cela fait plusieurs jours que nous attendons fébrilement le retour des martinets à ventre blanc (Tachymarptis melba). Les voilà enfin ! C'est un oiseau que nous portons tout particulièrement dans notre coeur. Les premiers cris entendus nous ont fait bondir de joie. En y regardant de plus près, bien que la photo ne soit pas des plus nettes, ils n'étaient pas seuls ce jour là, un épervier d'Europe (Accipiter nisus) semant a zizanie dans le groupe de la quinzaine de martinets en lors en chasse. On peut alors aisément comparer la dimension des deux oiseaux.

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DSCN1964Jour 20 : Première sortie.

C'est notre toute première sortie autre que vivrière depuis le début du confinement. On en profite pour faire tourner la voiture, Thomas reprenant le travail le lendemain dans les vergers. C'est l'occasion pour moi de voir de plus près les centaines de poissons que nous observons depuis la fenêtre quand nous avons besoin de nous changer les idées. Parmi eu une carpe koï (Cyprinus carpio haematopterus). On peut supposé qu'elle a été relâchée là ou bien que, utilisée comme leurre vivant pour la pêche, elle ait réussi à s'échapper et à survivre pour atteindre cette taille.

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DSCN1807 (2)Jour 21 : Toujours l'attente.

L'attente des chauves-souris. Depuis le 1 avril, nous observons le ballet des chiroptères devant la fenêtre. Début avril nous en croisions une téméraire survolant l'Yzeron, allant jusqu'à se percher dans les arbres. Depuis, elle ne semble plus vouloir passer devant notre fenêtre. Difficile de savoir qui elle est, et si son comportement donne des indices, une photo de sa tête serait la bienvenue. Désormais, la belle et certaines de ses comparses, se sont mises à tourner au sommet de la barre HLM nous faisant face. Autant vous dire que l'on est mal parti pour les saisir sur le vif.

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DSCN2123Jour 22 : Une nouvelle venue.

La tourterelle turque (Streptopelia decaocto) est venue se poser face à la fenêtre. C'est un oiseau courant et pourtant, c'est la première fois que nous la voyons devant chez nous. La proximité de la rivière et les fortes températures laissent penser que la belle est venue chercher ici de quoi se désalterrer. Elle ne présente pas le colier noir caractéristique de son espèce, un élèment qui nous permet de dire sans trop de mal qu'il s'agit d'un jeune individu. Les adultes pour l'heure entâment leur saison de reproduction avec les premières pontes se profilant à l'horizon.

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DSCN2077Jour 23 : Au petit matin.

De chez moi je n'ai pas pu voir la lune rose,  ce n'est pas bien grave, le ciel me suffit largement. Thomas part à 6 heures et demi du matin pour aller travailler dans les vergers. Je profite souvent de son lever pour faire le mien. Dehors, il n'y a pas âme qui vive. J'aime tendre l'oreille à la fenêtre pour écouter le rouge queue noir (Phoenicurus ochruros) chanter de sa voix déraillée. C'est le premier d'une longue série, la fauvette noire (Sylvia atricapilla) prenant rapidement sa suite. À partir de 10 heurs, il n'y a plus que les martinets pour donner de la voix.

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DSCN2170Jour 24 : Le héron cendré.

Depuis hier, le jeune héron cendré (Ardea cinerea) qui aime venir pêcher au pied du pont ne se montre plus timide et s'affiche dès 16 heures là où il attendait d'ordinaire 9-10 heures. Nous avons même pu le filmer en pleine chasse ! Ce soir il s'est posé dans l'alignement de peupliers qui fait face à la piscine. Cette énorme boulle de gui (Viscum album), semblable à un nid dans le contre-jour, fait office de plateforme. Dérangé par un couple de promeneurs, il repartira se trouver un dortoir plus confortable du côté au parc Chabrière, qui depuis trois semaines a fermé ses portes.

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DSCN1824Jour 25 : Sur mon arbre perché.

Le pinson des arbres (Fringilla coeleb) est un peu plus discret que d'ordinaire et pour cause, c'est le grand moment de la nidification. Les mâles défendent encore de la voix leur territoire mais on sent bien qu'ils gardent désormais leur énergie pour tout autre chose. En effet les femelles comme celle-ci, affairées les semaines précédentes à construire leur nid, ont commencé à pondre et à couver. Il revient alors au mâle de la nourrir. Les petits naîtrons d'ici deux semaines. Deux parents ne seront pas de trop pour subvenir à leurs besoins. Ils prendront leur envole au bout de 15 jours.

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DSCN2049Jour 26 : Au bord du ruisseau.

Les bergeronettes des ruisseaux (Motacilla cinerea) sont des oiseaux superbes et reconnaissables à leur gorge, queue et croupion jaunes. Le mâle présente un ventre entièrement coloré en période nuptiale, ce qui permet de voir qu'il s'agit ici d'une femelle d'où les flancs blancs. Se nourrissant d'insectes et de larves aquatiques vivant entre les graviers et les galets, c'est une espèce inféodée à l'eau. La nidification intervient le plus souvent en avril, et le nid est construit dans un trou d'une rive, d'un mur ou d'un arbre au-dessus d'une rivière ou d'un ruisseau calme.

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DSCN2302 (2)Jour 27 : Une nouvelle espèce.

Nous savions que des mésanges huppées (Lophophanes cristatus) étaient présentent dans le coin, mais nous ne les avions jamais vus. Voilà chose faite. Il ne faut pas être devin pour comprendre que c'est la belle huppe de plumes noires et blanches qui surplombent leur tête qui leur a valu leur nom. Elles aiment les conifères dont elles consomment les graines quand la saison ne leur permet pas de trouver des insectes ou des araignées dans les branchages. Farouches, elles se montrent rarement à découvert, profitant du feuillage pour se mettre à l'abri des prédateur comme l'épervier.

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DSCN2055Jour 28 : La saison des nids.

Les étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) sont concentrés. En effet chaque couple a investi une cavité dans laquelle il a installé son nid. La ponte commence à pointer le bout se son nid et il faut se presser d'aller chercher les dernières plumes et brindilles pour aménager cet espace de vie. C'est peut être ce que s'est dit ce bel adulte au plumage coloré et au bec bien remplit. Il a prit appuie sur la branche d'un érable plane (Acer platanoides) où les feuilles commence à bien se développer, chose absente si on regarde à la date du jour 12, soit deux semaines plutôt.

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DSCN2267Jour 29 : Toujours sur le qui-vive.

Voici un beau merle noir (Turdus merula), reconnaissable à son plumage noir et à son bec jaune. En ce moment, il chante à plein poumon et surtout, il prend beaucoup de temps à chasser les autres mâles de son territoire. La femelle elle, à trouver refuge dans un tronc couvert de lierre où elle couve ses oeufs à l'abris des regards. Installer en face de notre fenêtre, de l'autre côté de la rivière, nous pouvons à loisir suivre leurs aventures et entendre leurs cris. I lfaut compter deux à trois semaines pour la couvaison et deux semaines avant l'envol des petits.

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DSCN2288Jour 30 : Bavardons un peu.

Si elles se faisaient bruyantes, les pies bavardes (Pica pica) le sont beaucoup moins depuis quelques semaines. Tête et gorge noire, ventre blanc, longue queue et démarche sautillante, la pie dans l'imaginaire est une terrible voleuse. Hors, il n'en est rien, et les vols sont non seulement peu courant mais pas nécessairement plus nombreux que ceux que l'on trouve chez d'autres corvidés ou même chez certains rapaces comme le balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) qui aime décorer son nid de morceaux de plastiques blancs. Comme on dit, à chacun ses goûts.

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DSCN1968 (2)Jour 31 : Encore un pigeon !

Oui, encore un pigeon mais pas n'importe lequel, le pigeon colombin (Columba oenas). Il fait parti des 4 colombidés que l'on peut observer depuis notre fenêtre et des 5 que l'on trouve en France Métropolitaine. Plus petit au point d'être le plus petit de sa famille en Europe, on le reconnaît à son oeil noir. Arboricole, il niche dans les cavités des grands arbres, en particulier les platanes. Il n'y a donc pas de hasard à ce que celui-ci se trouve une branche de cette espèce. Cela résout aussi le mystère du chant que nous entendions il y a quelques semaines de cela.

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DSCN2495Jour 32 : Un sauvetage.

L'image peut retourner l'estomac si on prend le temps de regarder les pattes de ce pauvre pigeon, cependant une image vaut parfois milles mots. Ce jour, nous sommes occupé à regarder par la fenêtre. Devant nous, une pigeonne en train de noyer. Pas le choix, je saute dans la rivière pour la récupérer et me retrouve avec l'eau au dessus du nombril. L'animal est mal au point mais sauf. La cause de la noyade ? Un fil de pêche avec des plombs qui relie ses deux pattes l'empêchant de marcher et ayant sectionné des doigts. Amis pécheurs, par pitié, ne laissez pas traîner vos déchets.

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DSCN2509Jour 33 : Liberté chérie !

Une bonne nuit de sommeil dans une cagette, deux séances pour retirer les doigts morts ainsi que les fils de pêche et les plombs pris dans les chairs, et voilà la pigeonne baptisée Micheline remise sur pattes. Le test de la marche validé, l'oiseau pouvant se déplacer chose dont il était incapable la veille au soir, voilà le moment de prendre l'envol et de prendre la direction de la liberté. Il est 7 heures, personne à l'horizon. Le jour fini de se lever et belle commence à s'agiter. C'est le moment de s'envoler. Avec les pigeons, on ne s'ennuie jamais. Une nouvelle passion ?

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DSCN2578 (2)Jour 34 : Un migrateur tardif.

Premiers arrivés de l'année, les milans royaux (Milvus milvus) sont désormais là. Nous en voyons de temps à autre passer dans le ciel depuis notre fenêtre. Avec une envergure de 175 à 195 centimètres, son corps roux, ses ailes brunes ornées de deux grandes tâches blanches et sa tête gris-bleuté, il ne passe pas inaperçu, même quand il est haut dans le ciel. Piètre chasseur, il consomme avant tout des poissons morts le long des berges des rivières, des fleuves et des étangs. Il peut cependant de temps à autre se tourner vers les petits rongeurs pris dans les pâles des faucheuses.

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DSCN2644 (2)Jour 35 : Une rencontre magique

Il est 21 heures, nous profitons de la tombée de la nuit et de quelques gouttes de pluie pour sortir. Dehors il n'y a personne, le bonheur. Malgré l'obscurité la faune est très active. Chauves-souris, canards, rats et petits passereaux d'en donnent à coeur joie. Soudain, une silhouette se détache de l'ombre pour se poser dans un un érable. Un crécerelle ? Un épervier ? Non, un faucon hobereau (Falco subbuteo) occupé à manger une grenouille. Nous n'en croyons pas nos yeux. Il s'agit sans doute d'un individu prenant une pause dans sa migration.

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DSCN2344 (2)Jour 36 : Le bal des rapaces.

L'image est floue, presque lointaine. Nous sommes à la tombée de la nuit. C'est encore un rapace migrateur qui passe à portée de notre fenêtre et comme chaque jours, nous prenons un peu plus conscience de la chance que nous avons de voir autant de rapaces alors que nous sommes en pleine ville. Ce sont en effet pas moins de 7 espèces qui se sont présentées à nous depuis le début du confinement. Ici il s'agit d'un milan noir (Milvus migrans), plus petit que son cousin le milan royal et moins abondant dans notre ciel. C'est un des derniers que nous verrons pendant cette période.

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DSCN2733 (2)Jour 37 : Sous haute surveillance.

Ce n'est pas un oiseau que nous voyons ce soir dans le ciel. Des hélices en guise d'ailes, une caméra pour les yeux, une carrosserie de métal pour plumage et un spot pour s'éclairer, un gros drone vol au dessus du square, peut être un Parrot Anafi. Personne en vue, le pilote semble ne pas être dans les parages. Engin privé piloté depuis un des immeubles du quartier ou équipement des forces de l'ordre pour surveiller qu'il n'y a as de trafics douteux, notre quartier étant un peu chaud, nous ne le serons pas. Peut être reviendra-t-il nous visiter dans quelques jours.

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DSCN2466 (2)Jour 38 : Un parfum si délicat.

Depuis des jours, une odeur de fleur délicat embaume l'air quand nous tendons le nez à la fenêtre. Les robiniers faux acacias (Robinia pseudoacacia) sont en fleur et leur parfum est délicieux. C'est en prenant le temps d'observer la floraison que nous avons remarqué pour la première fois que les pigeons ramiers inscrivaient volontiers à leur menu les bourgeons floraux du robinier mais qu'ils laissaient de côté les fleurs ouvertes. SI certains oiseaux tirent profit de l'arbre, nous voyons très peu voir aucun insecte butineur, une observation inquiétante à mon sens.

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DSCN2628Jour 39 : Le dernier de la famille.

Aujourd'hui je m'ennuie. Cependant, ce ne semble pas être le cas pour ces deux pigeons ramiers (Columba palumbus) qui sont pleins d'énergie. Si d'ordinaire on les croise volontiers dans les arbres, ils font exception en se posant sur la barre HLM qui nous fait face. Bien que massifs (il s'agit ici du plus gros pigeon d'Europe), ils ne font pas le poids face au couple de corneille nicheuse qui les chasseront sans ménagement. Désormais il ne nous manque plus que la très foretière tourterelle des bois (Streptopelia turtur) et nous aurons vu tous les colombidés de France depuis chez nous.

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DSCN1753 (2)Jour 40 : Petit mais bruyant !

Encore un rapace, l'un des plus communs si ce n'est le plus commun en ville : le faucon crécerelle (Falco tinnunculus). Ici il s'agit dela femelle, sa tête n'étant pas bleu-gris comme celle du mal mais restant barrée de noire au niveau de l'oeil. Depuis plusieurs jours voir semaines; nous ne la voyons plus, celle-ci ayant sans doute commencé à préparer la ponte. Nous avons cependant pu l'observer à se faire nourrir un au sommet d'un cèdre dans le parc d'à côté par son mâle. Au fil de nos sorties de janvier à mi-mars puis de nos constations à le fenêtre, nous avons comptabiliser 3 couples.

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DSCN2227Jour 41 : Décourir l'Yzeron.

Nous avons une chance inouïe. Bien que nous vivons en ville, nous avons un petit bout de nature qui tout les matins, s'offre à nous quand nous ouvrons les volets. Ils s'agit de l'Yzeron, rivière rhodanienne qui se jette dans le Rhône à un peu plus de 600 mètres de là. Longue de 25 km et prenant sa source dans les Monts lyonnais, elle termine sa course à Oullins. Elle est connue pour ses crues. L'année de notre arrivée, nous avons vu l'eau si bien monter qu'une partie des voitures des voisins furent emportées sous nos fenêtres. Depuis des aménagements ont permis de les limiter.

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DSCN2980Jour 42 : Martinet noir.

Les martinets noirs (Apus apus) sont arrivés à leur tour depuis quelques jours.  Plus petit,  affectionne les mêmes milieux urbains que son cousin le martinet à ventre blanc, avec un préférence pour des loges moins hautes. Nous avons déjà pu en voir trois regagner les vieilles bouches d'aération de l'immeuble d'en face pour nicher. Un bonheur pour nous qui avons beaucoup d'affection pour l'espèce. Faisant partis du groupe Martinets et Hirondelles de la LPO du Rhône, nous avons pu arpenter les rues l'an dernier à la recherche des sites de nidification.

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DSCN3090Jour 43 : Elle est revenue !

Auourd'hui il pleut. Cela semble plaire à l'aigrette garzette (Egretta garzetta) que nous n'avions pas revu depuis le début du confinement. Si elle ressemble aux hérons garde boeufs (Bubulcus ibis) qui fendent parfois notre ciel, elle s'en distingue par son long bec noir, ses pattes noirs aux doigts jaunes et à la longue plume à l'arrière à sa tête et qui porte son nom : l'aigrette. C'est cette même plume qui a manqué de peu de conduire l'espèce à sa disparation. Les longues plumes d'aigrettes étaient utilisées autres fois pour orner les chapeaux. Un temps, heureusement, révolue.

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DSCN2570 (2)Jour 44 : Un autre réveil.

Voilà encore un autre volatille qui accompagne de son chant notre réveil. La fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) a un chant proche de celui du merle mais beaucoup moins flutté et plus rapide que ce dernier. Il s'agit ici d'un mâle reconnaissable à sa calotte noire, la femlle en ayant une rousse. Vu comme les plumes sont hérissées sur sa tête, il y a fort à parier qu'il y ait un rival dans le coin qui convoite son territoire et peut être même sa femelle. Si tout ce passe bien pour lui, il pourra repartir en migration à la fin de l'été, mais certains individus restent à l'année, notamment à Oullins.

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DSCN2019Jour 45 : Un peu de couleure.

Les rives de l'Yzeron se colorent. Le lamier blanc, et lamier jaune et surtout le lamier maculé (Lamium maculatum) sont de la partie. Ce dernier se reconnaît à ses grandes fleurs violettes au labelle ponctué de violet et à ses feuilles souvent, mais pas toujours, maculées de blancs d'où son nom. On voit facilement qu'il appartient à la famille des lamiacées comme la sauge, la menthe et la mélisse grâce à sa tige carré et à sa fleur en symétrie à miroir. Cependant il n'a aucune odeur et n'a pas de goût particulier. J'utilise les fleurs séchées pour colorer les infusions en rouge.

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DSCN3081Jour 46 : pluie, pluie, pluie.

Voilà un temps à ne pas mettre le nez dehors, ça tombe bien, puisqu'on ne le peut pas. La ville prend des airs d'automne. Il fait froid, il fait gris et les rues deviennent encore plus silencieuses. J'adore cette ambiance où je peux me plonger dans mes pensées. Aujourd'hui c'est le 1er mai, Thomas travaille une partie de la journée au marcher et moi, je suis en congé Autant vous dire que j'ai pu profiter sans le moindre remord de cette matinée passée sous la couette à glandouiller. 10 heures, c'est le moment de se mettre à la fenêtre, de voir les gouttes tombées sur la rivière.

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DSCN2840Jour 47 : Un met de choix.

Ce soir le héron cendré est encore là, et il a de quoi se faire plaisir. Corps fuselé, nageoires rouges et flancs argentés, pas de doute il s'agît de la chevesne (Squalius cephalus). Des centaines d'entre elles viennent se réfugier quand les eaux sont calmes dans l'embouchure de l'Yzeron. Si elles sont loin de toute faire les 80 cm et les 4kg que certaines peuvent atteindre, on en trouve tout de même de belle taille. Cependant, celles qui finissent dans le bec de monsieur héron sont avant tout de plus petites chevesnes, souvent blessées ou fatiguées qui se réfugient sous le pont.

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DSCN3166Jour 48 : Le parfum du printemps.

Les sureaux noirs ne sentent plus, leur fleuraison à prit fin après 3 semaines de plein spectacle. Le sureau noir (Sambucus nigra) a prit le relaie. Plus suave, son odeur ne vient pas des fleurs en elles-mêmes mais d'un champignon microscopique vivant en symbiose sur les ombelles blanches. Avec les fleurs, on fait une délicieuse limonade, des beignets et des infusions. Avec les fruits, on obtient des sorbets, des gelées et des sirops. Les merles, les fauvettes et les étourneaux sont aussi amateurs des baies sucrées qui leur apporte beaucoup de calories.

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DSCN3237 (2)Jour 49 : Rencontre avec Woody

Le jour commence  àtomber, nous sortons dégourdir nos pieds. Un élcair rouge et vif passe devant nous. Il s'agit d'une femelle pic épeiche (Dendrocopos major). Nous n'en croyons pas nos yeux, la voilà à quelques pas de nous, pas timide pour un sous, affairée à gravir les branches d'un sol. En quelques battements d'ailes, elle se trouve de l'autre côté du chemin, dans le parc. Accrochée au tronc d'un sophore, elle lance une série de cris aigues avant de partir dans le bois. Sans doute cherche-t-elle de quoi nourrir son mâle resté dans la loge à couver ses oeufs.

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DSCN3283Jour 50 : Le bal des couleurs.

Nous nous y reprenons à plusieurs fois pour nous assurer que l'eau de l'Yzeron c'est bien maculé de vert. Une pollution ? Du pollen ? Des algues ? rien de tout cela, juste un reste de tonte jeté dans la rivière. Espérons que le courant emporte vite l'herbe et que celle-ci n'entraine pas une asphyxie chez les poissons comme cela s'observe ailleurs. Néanmoins le spectacle à quelque chose de charmant et pour le temps d'une soirée, j'oublie mes allergies naissantes, une première pour moi. Déjà que je ne peux que peu sortir, me voilà doublement confinée pour plusieurs jours.

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DSCN2248Jour 51 : Le grand envole.

Depuis trois jours, les jeunes mésanges charbonnières (Parus major) s'émancipent du nid qui nous fait face de l'autre côté de l'eau. Après avoir été couvés pendant deux semaines, ils seront choyés pendant trois de plus. Elles resteront encore deux à cinq jours à proximité du gîte familial à être nourrie par leurs parents avant de prendre leur envol. Pendant cette période, leur alimentation se compose essentiellement de chenilles. Un aubaine pour les cultivateurs et les jardiniers qui à cette période de l'année doivent protéger leurs cultures.

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DSCN3267Jour 52 : Un regard vers le ciel.

C'est la super lune. Ce 7 mai, son lever est tardif : 21h24. C'est une pleine lune éclairée à 99% qui projette une superbe lumière à l'ntérieur de l'appartement. On peut en voir les cratères et les mers. Ce sont là des paysages emplis de poésie. Super lune car elle la plus proche de la terre. C'est la dernière de l'année, ce qui lui vaut d'être si médiatique. Certaines croyances voudrait qu'elle accélère la croissance des champignons, mais la science a permit de trancher. Après des années d'études de terrain et d'analyses chiffrées, il s'avère que la lune n'a aucune influence sur la pousse.

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DSCN3451Jour 53 : L'Yzeron, notre bouée.

L'Yzeron nous aura sauvé pendant cette période de confinement en nous offrant de nombreuses espèces à observer. Aujourd'hui nous sommes gâtés, plus d'une vingtaine d'énormes carpes communes (Cyprinus carpio) passe devant chez nous. Le frais s'annonce tôt cette année, en partie à cause des fortes chaleurs. Dans le lot, il semble y avoir quelques individus issus des sélections menées par l'homme, en particulier avec des carpes ayant des traits de carpes miroirs et de carpes cuirs. Bref, c'est un domaine que nous avons très envie d'explorer.

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DSCN3522Jour 54 : La fougue de la jeunesse.

Dernière sortie avant le déconfinement, nous sortons très tôt pour profiter du calme des lieux mais aussi du chant des oiseaux qui se fait de plus ne plus tôt. Nous ne sommes pas déçus. Dans tousles sens ça piaille et pas qu'un peu. Les premières portées de mésanges charbonnières (Parus major) prennent leur envol. Nous en croisons 3, peut être même 4 et c'est toujours le même spectacle : des petits intrépides qui découvre le monde sous l'oeil vigilant de leurs parents qui viennent les nourrir de temps à autre en réponse à leurs cris incessants.

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DSCN3477Jour 55 : Urgence coiffeur ?

Enfin, voilà le dernier jour et le dernier clappement de main sonne. Demain ne sera pas un retour à la normale. Je suis encore pour trois semaines en télétravail complet, peut être plus, et cette idée me déprime bien que je sois heureuse que mon emploi ait été maintenu. Je ne sais pas de quoi serait fait nos lendemains, une chose est sûr, c'est que j'attendrai encore un peu avant de couper ma tignasse, car j'ai retrouver un vif intérêt pour les couettes et les tresses, intérêt que je compte mettre à profit du mieux que je peux. Bref, voilà la dernière note de ce carnet de bord improvisé.

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Voilà, le récit de confinement s'arrête là, enfin, pour la plupart d'entre nous. Ce n'est pas un retour à la normale, et il faudra encore bien des mois avant de sortir de cette drôle de situation. Je n'aurai jamais cru vivre une chose comme celle-ci, et désormais je suis en partie convaincue que nous y reviendrons tôt ou tard, autant se préparer et se former encore plus à la vie en autonomie. Bref, une aventure s'arrête, une autre se lance.

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dimanche 26 avril 2020

Sortie en campagne 13.

DSCN0028Plateau agricole d'Irigny dans le sud rhodanien. L'hiver est sur sa fin. Déjà des pointes vertes ici et là se dessinent dans les grands alignements de peupliers, et si la terre labourée reste nue, il n'en est pas même sur les abords des chemins colorés par les herbes jaunes et brunes. Le ciel est magnifique mais annonce aussi l'arrivée de la pluie, d'ailleurs nous n'y manquons pas et prenons sur la fin de notre excursion une averse glacée. Ce n'est pas grave, nous avons pu voir ce que nous voulions et nous émerveiller devant les oiseaux tels que le bruant zizi (Emberiza cirlus), l'un des premiers à chanter de la saison, mais aussi de belles plantes sauvages qui fleuriront d'ici quelques semaines. Ce pendant, on trouve ici bien d'autres espèces. Cerisiers, pommiers, poiriers, tomates, courges, pommes de terre et salades, le plateau est une terre maraîchère dont les étendues se coloreront au printemps des fleurs des fruitiers qui composent les nombreux vergers des la commune reconnaissables à leurs filets paragrêles.

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Lutter contre la grêle est une nécessitée pour les exploitants. En averse, la récolte de l'année peut être détruite. L'an dernier, les poires et les abricots ont été peu abondants, la faute à ce caprice climatique. Pour en revenir aux filets, ils ne sont étendus qu'une partie de l'année. La récolte finie, ils sont sagement repliés sur les tuteurs avant d'être dépliés l'année suivante. Entre temps les arbres sont taillés pour donner les plus beaux fruits.

DSCN00177 bergeronettes grises (Motacilla alba) parcourent un champ où quelques herbes commencent à s'intaller. Graines oubliées, petits vers et mouches cherchant le soleil, leur menu est varié. Ce sont de beaux oiseaux, sautillants aux plumes de la queue toujours agîtées. Inféodés aux milieux humides, on les rencontre également dans les cultures. Pour la nidification, elle se fait dans une anfractuosité rocheuse. 2 à 3 couvées peuvent s'y tenir.

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Dans une haie, les orites à longue queue (Aegithalos caudatus) sont à la recherche de nourriture. Longtemps appelées mésanges à longue queue, elles portent aujourd'hui celui d'ortie, la génétique ayant tranchée. Tête blanche, sourcil et ailes noires, flancs roses et petit bec gris, elles sont aisées à déterminer. C'est une des rares orites / mésanges à nicher non pas dans une cavité mais dans dans un buisson ou dans le lierre.

DSCN0322Dans le ciel, passe une buse variable (Buteo buteo), comme l'atteste la silhouette massive, les rémiges bien écartées, le V blanc sur la poitrine et le bec jaune. C'est une espèce qui a besoin d'espaces forestiers pour nicher et qui va tirer profit des champs et des prés pour chasser les rongeurs et à l'occasion, les reptiles et petits oiseaux de passage. Commune mais farouche, elle est difficile à approcher, même quand elle est dans les airs.

DSCN0511Une fumeterre pousse au pied des serres. Faute de photos détaillées, je ne suis pas en mesure de l'identifier. Peut être s'agit-il de la fumeterre officinal (Fumaria officinalis), aux pédoncules dressés et sépales petits et étroits.

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Cela ne se remarque pas, mais cette espèce appartient à la famille des Papaveraceae, au même titre que les coquelicots et les pavots. Appelée officinale, cette fumeterre était employée pour ses propriétés stimulantes, en raison de la fumarine contenue dans la plante qui à diverses doses peut se montrer toxique voire curarisante, c'est à dire qu'à l'instar du curare il détend les muscles dont le muscle cardiaque, prudence donc dans sa maniuplation.

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Voilà un oiseau que j'adore, le corbeau freux (Corvus frugilegus). Grande silhouette noir et bec gris fort, c'est une espèce ubiquiste, c'est à dire capable de s'adapter à une grande variabilité de milieux et de régimes alimentaires. De mauvaise réputation et associé à la mort du fait de sa fréquentation opportuniste par le passé des charniers et des décharges, il n'en reste pas un animal essentiel au bon fonctionnement des écosystèmes.

DSCN0331Les corbeaux ne sont pas seuls. Un troupe de choucas des tours (Coloeus monedula) s'est jointe à eux. Ces petits corvidés ce nourrissent dans les milieux ouverts comme les champs et les prairies. Ils nichent et passent la nuit de préférence sur des points élevés au-dessus du sol comme les falaises, les constructions humaines et les grands arbres du moment qu'ils possèdent des cavités permettant d'installer un nid et une couvée.

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Passage par la ferme. Les bergers allemands Mambo et James sont attentifs. Oreilles dressées mais regards doux, ce sont de paisibles gardiens fidèles à leur territoire. C'est une race apparue du côté de l'Allemagne comme le laisse entendre son nom, même si elle est officiellement enregistrée sous celui de Deutscher Schäferhund. La mode de l'hypertype conduit de plus en plus ces chiens à avoir des problèmes de santé importants.

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Les salades d'hiver entament tranquillement leur croissance. Laitues et feuilles de chênes sont les stars des étales sur les marchés. Protégées du froid qui pourraient les faire cloquer, il est nécessaire de les arroser de temps à autre pour leur permettre de prendre de belles dimensions. Le sol argileux devient alors extrêmement collant, tâchant de rouge nos chaussures de randonnées plus habituées aux rives du Rhône et aux sommets.

DSCN0011Il ne s'aurait y avoir uniquement des plantes cultivées sur les parcelles. La cardère sauvage (Dipsacus fullonum) y trouve toute sa place. On la nomme cabaret des oiseaux en raison de ses graines qui attirent de nombreux petits passereaux comme le chardonneret mais aussi, qui viennent boire l'eau que ses feuilles (appelée bain de Vénus), retiennent même au coeur de l'été. Cette eau était utilisée par les romaines comme soin de la peau.

Il n'y a pas plus à dire, la pluie se met à tomber et nous avons un grand duc à visiter. Nous en profitons tout de même pour jeter un regard en direction des Alpes qui se dessinent, et qui semblent à la fois si proches et si lointaines. Les beaux jours on peut même y apercevoir le Mont Blanc dans son habit de neige. Bientôt les pommiers et les cerisiers seront en fleurs, et le paysage sera alors bien différent.

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samedi 4 avril 2020

Ma revue de presse.

Avril 2020

Nouveauté pour la revue de presse. Me voilà avec l'ami Théophile à rédiger un court article pour la LPO sur les groupes jeunes de l'association. Vous y trouverez nos objectifs, quelques unes de nos actions phares (à l'échelle de nos départements, régions voire du pays), nos engagements et la manière dont nous essayons d'aborder le monde associatif. Confinement oblige, le n°138 de l'Oiseau Mag pour qui nous avons écris voit sa sortie un peu chamboulée mais pas de panique, le magasine est intégralement disponible en ligne ICI ! Rendez-vous page 27.

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Janvier 2018

Quel plaisir ! Pour le hors série de janvier du magasine "Les 4 saisons au jardin bio", j'ai eu la chance avec mon camarade Sébastien de particper et d'apparaître dans l'un des articles. Vous pourrez y trouver mes photos et quelques lignes sur notre participation aux activitées du centre de Terre Vivante où nous réalisons notre stage d'étude pour 12 semaines. Au programme : orchidées, champignons et agriculture. C'est aussi l'occasion d'avoir les meilleurs infos pour jardiner tout au long de l'année en fonction des saisons, du temps et des éléments.

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Octobre 2017

J'ai eu la chance, cet été, de réaliser mon stage d'étude au sein du centre écologique de Terre Vivante, référence historique dans l'écologie pratique et du quotidien. M'y revoilà pour quelques semaines et c'est avec beaucoup de joie, de surprise et de fierté que je peux vous présenter cette page du magazine "Les 4 saisons du jardin bio", tenu par la structure, où figure une de mes photos prises en juillet de cette année sur le centre. Il s'agit de deux lézards verts mâles. Pour moi, c'est l'une des plus belles réccompenses que je pouvais avoir. Merci !

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Mai 2016

Il y a quelques temps un super journaliste du nom de Gérard Houdou qui, en plus de me donenr de supers recettes sur les cèpes, m'a contacté pour me poser quelques questions sur la manière dont je voyais et récoltais les girolles. Il en résulte un bel article dans le Chasseur Français où vous pouvez retrouver les témoignages de deux autres fanas de champignons en plus de ma p'tite tête. Rendez-vous à la page 78.

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Août 2013

Parce que le net reste aussi un moyen de parler un peu de soi, à l'occasion de la publication de trois magasines en ligne, j'ai pu exprimer quelques mots pour le site blogging et de revues en ligne Madmagz.

L'interview.

http://blog.madmagz.com/fr/interview-de-chloe-laffay-une-redactrice-de-magazine-madmagz

La Renarde des Alpes Revue.

http://blog.madmagz.com/fr/creer-un-magazine-sur-la-nature-la-renarde-des-alpes 

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samedi 7 mars 2020

Brève histoire de Miribel-Jonage l'Hiver.

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Petite escapade à Miribel Jonage, dans les grands lacs au nord de Lyon. Ceux-ci sont issus de l'esclavation de graviers dans l'ancien lit du Rhône. Si la plupart des sites ne sont plus exploités, la carrière est encore ne fonction. Les trous formés sont alors mis en eaux, servant de refuge pour les oiseaux, de lieu de loisir pour les citadins (natation, vélo, pêche etc.) et de lieu d'expension pendant les grandes crues, limitant les risques d'inondation. En cette période de l'année, les niveaux d'eau sont encore faibles, ce qui permet aux canards de surface et plongeurs d'accéder sans mal à leur nourriture. Cela explique la présence de nombreux hivernants qui, arrivant tout droit du grand nord, viennent passer l'hiver chez nous. Nous nous pointons sur place un peu tôt dans la saison, et malgré les nombreux oiseaux, les grandes stars des eaux calmes n'ont pas encore fait leur arrivée.

Décembre

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Belle surprise, dans des billes de bois tendre tombées par le castor, des pholiotes destructrices (Hemipholiota populnea). C'est une espèce infoédée aux peuliers, qu'ils soient bléssés ou morts et tombés au sol.

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Robustes, les champignons sont massifs (parfois plus de 25 centimètres), avec un chapeau orangé voire ocre, parsemé d'écailles tout comme son pied. S'ils sont attirants, il faut garder à l'esprit qu'ils sont non comestibles. Pour en rester au stipe, est fort, de couleur claire et en forme de massue. Sa chair est amère, blanche et élastique, en somme rien de quoi se mettre sous la dent. Plutôt rares, on rencontre cette espèce surtout dans les régions méditerranéennes. C'est la seconde fois que nous avons la chance de croiser cette pholiote dans le département du Rhône. Elle est souvent crainte pour les dégâts qu'elle peut faire sur la production de bois de cagette et pour la confection d'alumettes.

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Comme toujours, les foulques macroules (Fulica atra) se donnent en spectacle. Des centaines d'individus se réunissent en groupes denses et turbulents à la recherche de nourriture et de compagnie. C'est bien souvent dans ces rassemblements que des espèces de canards hivernants plus rares se cachent. 

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Posé sur une bûche flotante, un héron cendré (Ardea cinerea) attend. Il fait dos à l'île sur la quelle se trouve la héronnière. Au printemps, les couples rejoignent leur nid pour l'agrémenter de de branches fraîche. C'est là que pond la femelle, avec une dizaine e ses voisines car il n'est pas rare de voir des nids côtes à côtes. Il est même courant de croiser plusieurs espèces de hérons dans une seule et même héronnière.

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L'armilaire couleur de miel (Armillaria mellea) à longtemps été considère comme bon comestible. Aujourd'hui les mycologues et les mycophages sont plus prudent. Indigeste, on recommande de manger seulement les jeunes exemplaires, exemptent de la moisissure blanche commune à l'espèce est toxique. Outre son statut de comestible plus ou moins contesté, il est connu pour être un redoutable ravageur d'arbres, jouant là un rôle important dans la régénération des boisements mais causant bien du soucis aux arboriculteurs et aux propriétaires de vergers.

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Le grèbe huppé (Podiceps cristatus) est le plus grand et le commun des grèbes que l'on peut rencontrer en France. En période nuptiale, il se dote d'une colerette de plumes rousses surmontée d'une double huppe noire, lui donnant un port royal renforcé par son long cou. Le juvénile se reconnaît à son plumage zébré. Bon plongeur, il peut atteindre des profondeurs de 20 mètres pour se nourrir de larves, de crustacés et de petits poissons.

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La sortie s'arrête là. La pluie, le froid, les tirs de chasse un peu trop proches à la tombée de nuit et les chiens qui lèvent les oiseaux dans les zones protégées finissent par nous faire demi-tour. Nos profiterons du site pour les grands comptages des cormorans, des laridés et de la journée du Wetland's pour profité au mieux de ce site bien apprécié des lyonnais mais à la faune et à la flore méconnue hormis des naturalistes passionnés.

Janvier

Nous avons la chance de faire quelques belles observations, mais l'hiver étant particulièrement doux, peu d'oiseaux nordiques sont venus nous rendre visite. Pas de panique, nous nous rabattons sur la flore et la fonge. Nous sommes aussi plus serein dans nos ballades, les week-ends étant plus calmes et beaucoup moins voire plus soumis aux tirs qui en novembre et en décembre, nous ont par moment plus qu'effrayés dans nos balades.

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Le polypore marginé (Fomitopsis pinicola), a prit possession des arbres en fin de vie. Certains sont même si vieux qu'ils en ont perdu leurs couleurs. De nombreux insectes en prennent alors possession, y passent l'hiver sous forme de larves à se repaître en attendant de devenir imago et de pouvoir, dès le printemps, convoler en noce pour perpétuer l'espèce sur un autre champignon gâté par le temps et délavé par le poids de son âge.

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Bien heureux que nous sommes, le garrot à oeil d'or (Bucephala clangula) est au rendez-vous. Ce petit canard plongeur du nord de l'Europevient nous rendre visite chaque année à Miribel-Jonage avant de retourner nicher dans les cavités des pics noirs des forêts des pays nordiques, toujours à proximité de rivières ou de lacs forestiers où il peut se nourrir de petits poissons, d'insectes, de larves et de crustacés.

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Qu'il faut être patient pour saisir un bref instant le martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) en vol. Ici nous avons à faire à une femelle, la partie inférieur de son bec étant orangée. Posée sur son perchoir avec son plumage gonflé plus que jamais, elle semble attendre la bonne occasion pour saisir les petits poissons imprudents qui viennent trop près de la surface collecter les rares insectes qui ont pu tomber imprudemment dans l'eau.

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Sur la fin de notre périple, un pinson des arbres (Fringilla coelebs) mâle nous observe du haut de sa branche. Le plus souvent les mâles et les femelles de cette espèces vivent séparer les uns des autres, rejoignant de grands groupes composés uniquement d'indivus du même sexe. C'est de là qu'il tire son nom scientifique de coelebs signifiant "célibataire". Quand vient la saison des amours arrive, les couples se forment et quittent leur troupe.

C'est sur un vol de hérons cendrés (Ardea cinerea) en direction de la héronnière qui commence à être peuplé que ce termine notre tranquille tour des lacs de Miribel. Les lonicera apportent un peu de gaieté par le vert de leur feuillage mais il faudra attendre encore quelques semaines pour les voir fleurir et offrir leur parfum si particulier et qui embaume les bosquets dans lesquels les mésanges et les fauvettes viennent nicher.

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samedi 30 novembre 2019

Sortie en montagne 29.

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La Charteuse, le Charmant Som ... notre été aura été dédié à ce petit sommet. Cette fois-ci nous ne sommes pas seuls mais accompagnés d'un couple d'amis.

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Ce sont amoureux de la nature et de la randonnée, d'ailleurs nous sommes bien loin d'avoir leur niveau. Objectif ? Toujours la grande faune et les rapaces mais cette fois-ci nous sommes plus attirés par les plantes de herbages et de montagne. Comestibles ou non, c'est le bon moment pour partir observer les espèces à la floraison tardive et que l'on prend trop peu souvent le temps de regarder.

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Les mouflons méditerranéens (Ovis Orientalis) sont fidèles au poste. Trois femelles en contre-bas broutent tranquillement. À notre arrivée, elles prennent le temps d'évaluer la menace que nous sommes. Nous ne bougeons pas. Doucement, elles s'éloignent du sentier pour partir plus loin. D'ordinaire peu farouches, l'ouverture de la chasse rend nerveux ces animaux introduits localement pour répondre à la demande des A.C.C.A.

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Cette fois-ci ce ne sont pas les fleurs jaunes de l'herbe à sous appelée vulnéraire des Chartreux (Hypericum nummularium) qui attire mon attention, mais les jeunes feuilles bien vertes et rondes qui lui ont valu son nom. Endémique des Alpes et des Pyrénées, elle est courante dans les lapiaz, formations rocheuses apparues suite à l'érosion de la pluie et formant des crevasses de pierre débouchant souvent dans des galeries souterraines.

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Dans un tapis de myrtilles, un lactaire pousse. Pied orangé, haute altitude et conifères à proximité, on a vite fait de crier au lactaire délicieux. Pourtant il faut bien plus d'éléments pour permettre une bonne identification, car il n'y a pas moins de 6 espèces dans le secteur qui se confondent et qui ne peuvent être déterminées que par leur arbre hôte.

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La présence de sapins blancs (Abies alba), d'un sol à tendance calcaire et la période de l'année, ainsi que les motifs sur le peid et le verdissement des chairs permettent de déterminer qu'il s'agit ici du lactaire couleur saumon (Lactarius salmonicolor), un piètre comestible à l'odeur et a ugoût de résineux et qui serait semble-t-il, indigeste chez de nombreuses personnes. Il m'arrive parfois de le consommer mais toujours grillé, souvent sous forme de chips. En prospection je trouve parfois son cousin le lactaire de l'épicéa (Lactarius deterrimus) ayant la même réputation.

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En parlant des myrtilles (Vaccinium myrtillus), les voicis. D'ordinaire, c'est une espèce qui se développe sur des sols acides, ce qui explique leur faible nombre et l'état quelques peu défraîchit de certains plants. Connue dans les Ardennes, ou dans le Pilat, la récolte des myrtilles ne fait pas partie des traditions de Chartreuse même si on peut trouver de nombreuses préparations à base de ce petit fruit. La framboise y est bien plus commune.

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Belel surprise, au pied d'un gros bloc de roche, une pleurote corne d'abondance (Pleurotus cornucopiae) . Comestible, c'est un champignon qui pousse souvent en groupe. 

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Poussant sur le bois mort, que cela soit des branches, des troncs ou de souches, il peut devenir rapidement imposant avec un chapeau blanc crème pouvant atteindre comme ici 10 à 12 centimètres. Cependant les gros exemplaires sont souvent coriaces et leur chair est facilement colonisée par les vermisseaux. Il s'identifit aussi via son pied couvert d'un ensemble de réseau brun formé par les lamelles qui se prolongent sur le pied, par sa chair filandreuse à la saveur douce et à l'odeur de farine et à sa forme d'entonoire. Productif, il connaît une importante poussée au printemps puis à l'automne. On le trouve désormais dans le commerce, sa culture étant simple et peu onéreuse, de nombreux cultivars ayant été développés.

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Arrivés au sommet, un petit groupe de chocards à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) nous rejoignent. Constatent l'absence de pique-nique dans nos sacs et le fait que nous ne comptions pas partager notre casse-dalle d'acension, ils nous abandonne au profit d'une pente herbeuse riche en insectes caprophages suite au passage d'un troupeau de chèvres et au nombreuses bouses des vaches d'alpages pâturant sur le secteur.

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Emblème des montagnes, la carline acaule (Carlina acaulis). On ne serait la traiter de chardon, mais reste une proche cousine de ces derniers. Protégée en France, on continue dans certains patelins de l'utiliser pour décor les portes des maisons mais aussi, de consommer les boutons floraux comme on pourrait le faire avec de jeunes artichauts, ce qui ne va pas sans participer à la diminution voire disparition de l'espèce.

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Il est temps de descendre dans la plaine, non sans jeter un dernier coup d'oeil au monastère de la Grande Chartreuse et sans avoir fait le plein de Serac à la fromagerie et avoir pris en coulis de framboise de quoi tenir tout l'hiver, n'ayant pas eu la chance de pouvoir partir faire nos récoltes estivales comme nous aimons tant le faire. La prochaine montée sera pour le printemps 2020, quand la chasse sera finie et le manteau neigeux parti.

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samedi 16 novembre 2019

Sortie dans les marais 15 : le lac du Bourget.

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Le temps est bien gris pour cette rapdie excursion. Pour quelques jours en Isère, nous décidons de partir du côté du lac du Bourget en Savoie pour tenter notre chance et observer des espèces remarquables qui sont plus que discrètes voire absentes dans le Rhône. Les grands cormorans et les laridés (mouettes et goélands) sont bien présents, mais nous espérons avant tout approcher de graciles échassiers et des petits passereaux des milieux humides, des oiseaux que nous ne voyons que trop peu souvent. Pour se faire nous sommes équipés de notre longue vue et d'une bonne paire de jumelles pour assurer le plus de tranquillité possible aux animaux. Déçus par le comportement de certains des observateurs et photographes de l'affût du château Thomas, nous nous tournons vers une des bases de loisirs aux grands herbiers. Outre le calme du secteur, nous y ferrons nos plus belles observations de la semaine et possibles sur le site.

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Bel oiseau n'est-ce pas. Il s'agit d'une toute jeune bergeronette grise (Motacilla alba) qui attend sagement ses parents sur une branche pour être nourrie. Posée dans une bourdaine (Frangula alnus), ce ne sont pas les fruits de l'arbuste qui suscite son intérêt mais les insectes qui composent la majeur partie de son régime alimentaire.

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Après de longues minutes à attendre, la jeune bergeronette est récompensée par l'arrivée providentielle d'un de ses deux géniteurs. Bec bien ouvert et gorge bien visible pour montrer à celui-ci que la faim se fait sentir, et en une bouchée les arthropodes durement récoltés sont avalés. Chez certaines espèces, les parents peuvent être amenés à réaliser 200 à 500 allers-retours dans une journée pour nourrir leur progéniture. Heureusement pour cette famille de bergeronettes grises, il semble que l'indépendance des oiseaux est sur le point d'arriver.

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Voici un autre oiseau que nous adorons et que nous avons pu surprendre à nourrir un de ses petits posé dans la phragmitraie, le martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis). Le bleu éclatant de ses plumes est un bleu structurel, c'est à dire que les plumes ne contiennent aucuns pigments de cette couleur, celle-ci venant de la structure même des plumes qui reflètent la lumière bleue. Depuis peu, un jeune mâle à élu domicile sur un tronçon de l'Yzeron situé au pied de chez nous, pour notre plus grand bonheur. Le bec entièrement noir indique qu'il s'agît d'un mâle.

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Pour en revenir aux échassiers, en voici deux de belle taille qui figurent parmi les plus grands oiseaux de France si on en s'en tient à leur port. À gauche, un jeune héron cendré (Ardea cinerea) qui adulte atteindra avec un peu de chance 98 centimètres et à droite, la grande aigrette (Adrea alba) reconnaissable à son plumage blanc et à son long bec jeune. Appartenant à la famille des hérons, elle peut atteindre 104 centimètres. Pour voir aussi grand si ce n'est plus, il faut se tourner vers les grues cendrées (Grus grus) avec 114 centimètre, les cigognes noires (Ciconia nigra) avec 100 centimètres, les cigognes blanches (Ciconia ciconia) avec 102 centimètres et enfin, les flamants roses (Phoenicopterus roseus) avec 127 centimètres. De vrais géants des milieux lacustres.

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Il était là ou plutôt, ils étaient là. Trois bongios nains (Ixobrychus minutus), ultime rareté du lac du Bourget bien que ça ne soit pas la seule. Nous ne boudons pas notre plaisir, les oiseaux jouant leur cinéma pendant de longues minutes. Petite taille, corps beige, ailes noires laissant entrevoir de grandes tâches blanches quand elles sont ouvertes, le doute n'est plus permis. Après avoir vu un des plus grands hérons d'Europe avec l'aigrette blanche, en voici le plus petit. Très rare en France où on compte une centaine de couples sur tout le pays, il est en nette régression. La photo n'est pas des plus belles mais nous ne voulions pas déranger outre mesure les oiseaux.

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La journée ne serait se finir ainsi. Non loin de là, nous croisons un fuligule milouin (Aythya ferina) à la tête et à l'oeil rouges caractéristiques. Tranquillement posé sur un tronc immergé, il se trouve à quelques mètres d'un drôle d'enclos. Entièrement couvert de fillets, il abrite une importante population de tortues, des cistudes d'Europe (Emys orbicularis). Espèce disparue à l'échelle locale, elle fait l'objet d'un programme de réintroduction.

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Pour bien terminer la journée, nous tombons en regagnant notre voiture sur une jolie population d'oreilles de Judas (Auricularia auricula-judae). Ces champignons de la famille des champignons noirs asiatiques sont comestibles. Le plus souvent je les sèche pour les utiliser par la suite dans les soupes, les rouleaux de printemps ou les sauces, ceux-ci pouvant gélifier un peu les préparations leur donnant ainsi plus de consistance.

Fin de partie, il faudra désormais attendre un peu pour revenir sur le lac. Lh'iver et ses osieaux hivernants semble un moment propice et même plein de promesses pour revenir en observation, en particulier au petit matin quand les promeneurs sont rares à venir affronter le froid et la bise qui peuvent faire rage ici. 

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