jeudi 7 janvier 2021

Sortie dans les marais 23 : l'île du Beurre.

DSCN6109Ce matin le ciel est incroyable. Il est encore tôt et nous sommes débout et déterminés à sortir. Nous avons des envies de nature. Ni une, ni deux, nous voilà en route pour l'Île du Beurre. Le site est classé depuis 1987. Situé tout au sud du département, il se compose des rives du Rhône, d'une lône et d'une île. Il n'est pas possible de se rendre sur celle-ci. Néanmoins, on peut l'observer les depuis les berges à travers les nombreux observatoires donnant vue sur une héronnière et des mangeoires, entre autre. Le cheminement se fait par la Via-Rhôna, ce qui demande aux piétons et aux cyclistes de concilier leurs usages. La maison d'acceuil abrite les salariés de l'association mais aussi un aquarium avec des poissons d'eau douce locaux, une exposition permanente sur le castor, une boutique et un espace jeu. Pour l'heure je n'ai eu l'occasion de m'y trouver qu'à deux reprises pour participer à des suivis chevêches.

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À notre arrivée, nous tombons sur une fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla). Il s'agit d'un mâle car sa calotte est noire, alors que celle de la femelle est brune. Insectivore, cette fauvette deviient granivore à l'automne avant de migrer afin de faire le maximum de réserves. Cependant, elle semble être décidée à passer l'hiver en France comme c'est de plus en plus le cas pour les oiseaux de son espèce, signe d'un changement de comportement.

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Elle se régale d'un kaki, fruit du plaqueminier du Japon (Diospyros kaki). Appelé aussi pomme d'or, on en compte plus de 1000 variétés, développée en Chine, lieu de sa domestication, et au Japon où il fût importé au 8e siècle. Sur les étales des marchées et dans les jardins on trouve deux cultivars : le kaki rond à la chair fondante et le kaki pomme à la chair ferme. C'est ce deuxième que je préfère et pour leque le me suis prise de passion.

DSCN6167Nous sommes alors fin octobre. Pas encore confinés mais déjà en surcis pour les sorties, nous profitons à fond de celle-ci. La ripisylve est encore verte, de nombreux arbres sont restés en feuilles comme les cornouillers sanguins (Cornus sanguinea) et les noisetiers sauvages (Corylus avellana). Le lierre et les ronces finissent de compléter le tableau. C'est dans ces buissons denses de lianes et d'arbrisseaux que les passereaux migrateurs font leurs dernières provisions. On peut aussi y trouver quelques espèces sédentaires qui profitent des dernières baies pour faire leurs réserves de graisse. D'ici quelques semaines, ce seront les baies de lierre grimpant (Hedera helix) et d'églantines (Rosa canina) qui prendront le relai pour nourrir les oiseaux. Au printemps, la grande majorité d'entre-eux prendra un régime d'insectivore, en particulier pour nourrir les oisillons qui ont besoin de beaucoup de protéines pour grandir vite.

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Sur la rive à laquelle nous sommes opposées, une troupe de pouillots véloces (Phylloscopus collybita) est en vadrouille. S'il n'est pas toujours aisé de les différencier à l'oeil d'autres pouillots, comme le pouillot fitis (Phylloscopus trochilus), le chant de cette espèce mais aussi, le fait d'être la seule non migratrice de cette famille dans ce secteur sont quelques éléments aidant facilement à le reconnaître, surtout à cette saison.

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Arrivés au second observatoire, nous avons une de nos plus belles surprises de l'année. Une femelle Martin-pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) vient se poser à quelques mètres de la fenêtre pour rester plusieurs minutes sur une branche de saule. L'instant est magique, nous en prenons plein les yeux. On reconnaît le sexe à la couleur du bec : entièrement noir pour le mâle, noir dessus et jaune dessous pour la femelle.

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Piscivore, il se rencontre sur les rivières d'Europe, d'Asie, d'Océanie et d'Afrique du sud où se trouvent d'autres espèces de Martin assez similaires. Néanmoins, le Martin-pêcheur d'Europe est le seul à présenter un dos et un croupion bleu clair irisé, une gorge blanche et une jour orange à la fois. Le Martin-pêcheur huppé (Corythornis cristatus) présent dans les deux tiers sud de l'Afrique,le Martin-pêcheur vintsi (Corythornis vintsioides) présent à Madgascar, le Martin-pêcheur méninting (Alcedo meninting) ainsi que le Martin-pêcheur de Blyth (Alcedo hercules), tous deux présents en Asie du Sud, sont les quartre espèces avec lesquelles il peut être confondu.

DSCN6187Coup d'oeil depuis la digue. L'émetteur du Pilat est dans une lumière douce. Cumulant à 1361 mètres d'altitude, c'est le deuxième émetteur le plus puissant de France et c'est par lui que la télé et la radio arrivent de bien des foyers. C'est aussi un relai téléphonique pour 3 des 4 plus importants opérateurs français. En fonction depuis 1955, il est le point de départ de nombreuses randonnées à pied et en raquettes. Il est accessible par la montée au Crêt de l'Œillon, un circuit qui passe par l'un des sommets du Pilat du même nom, culminant à 1 364 mètres et situé juste à côté de l'émetteur. De là, il est possible de voir une bonne partie des Alpes mais aussi la Loire et au loin, le bassin lyonnais. Pour en revenir au Pilat, le massif est à cheval sur 4 départements : l'Isère, le Rhône, l'Ardèche, la Haute Loire et est accolé à la Loire. L'intérêt du massif réside dans sa grande diversité de milieux et de climats, ce qui permet sur un espace limité de rencontrer une grande diversité d'espèces, le pied pour les naturalistes en herbe que nous sommes.

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Les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) rejoignent leur dortoir. Dans le feuillage jaune or des peupliers, on devinne sans mal leur plumage noir. Le dernier comptage date du 16 décembre 2020 - pas moins de 208 oiseaux ont pu être dénombrés. En janvier 2020 ils étaient entre 230 et 250 et en janvier 2019 environs 240. Reste à voir si l'effectif restera constant ou s'effondra avec l'augmentation des tirs en 2019 et 2020, au risque de voir à nouveau les populations de ce bel animal mal aimé retombé très bas comme ce fût il y a encore peu le cas.

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Toujours depuis la digue, nous continuons notre exploration de la végétation à la longue vue et aux jumelles. Nous tombons sur quelques hérons cendrés (Adea cinerea). L'espèce est commune sur tous les continents, à l'exception de l'Amérique Centrale où il est absent, de l'Amérique du Sud où il ne se trouve qu'au Brésil et de l'Océanie où il est absent au sud (Australie et ses îles). Au Groneland et au Svalbard il se fait assez rare.

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C'est un des plus grand échassier de France avec une taille d'un mètre et une envergure de deux mètres maximum. L'espèce se porte plutôt bien depuis sa protection totale même s'il continue d'être braconnée de manière épisodique, car accusé à tort d'avoir un fort impact sur la piscifaune. La destruction des sites de reproduction, les héronnières, est la principale menace qui plane sur l'espèce. La raréfaction des milieux humides est également un facteur pouvant mener dans certains secteurs à sa raréfaction, faute de proies.

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Nous jettons un dernier coup d'oeil. La nuit tombant, il est temps de rentrer chez nous. Une bergeronette grise (Motacilla alba) sautille sur les paliers de pierre polis par le fleuve. Opportuniste, elle cherche des insectes, des larves et des petits crustacés pris dans les infractuosités de la roche. Très commune, elle a réussie à s'adapter aux infrastructures humaines pour en faire son terrain de chasse et de nidification.

Départ pour Irigny. Nous reviendrons, si la situation le permet, pendant l'hiver pour observer les verdiers, les pinsons du nord, les mésanges aux mangeoires et avec un peu de change, le bouvreuil pivoine que nous cherchons tant. La liste des oiseaux du secteur est impressionnante et comporte de nombreuses raretés, il nous tarde d'ajouter quelques nouvelles espèces à notre carnet pour l'année 2021 en sillonnant les berges.

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vendredi 1 mai 2020

Sortie dans les marais 21 : bref passage dans la Dombe.

DSCN1618Nous voilà pour une petite virée dans la Dombe pour y voir la faune des lacs. Nous sommes samedi 14 mars, il y a deux jours de cela, l'annonce a été faite que les écoles seront fermées dés lundi. Je suis inquiète, mon travail consiste à intervenir dans ces dernières, et je n'ai aucune idée de comment va pouvoir alors s'organiser mon travail. J'étais loin de m'imaginer que nous serions dès le mardi 17 avril midi presque tous confinés chez nous. Depuis, je suis en télétravail et mon nombre de sortie (courses ou loisir) à l'heure je vous parle sont au nombre de 5 au bout de ces 4 semaines de confinement. Bien qu'une partie de ma journée reste dédiée au boulot, j'ai tout à loisir d'investir une partie de mon temps dans l'écriture et la retranscription de cette dernière sortie avant de connaître la crise de la Covid-19. C'est même plaisant de revoir ces photos et de se rappeler ce que nous avions pu voir ce jour là.

DSCN1573 (2)Mais avant ça, passage par le plateau agricole du Biézin. Je m'y trouvais le jeudi précédent, entre deux séances en classe, pour faire un petit repérage en vue des prochaines sorties programmées avec les scolaires auprès de qui j'interviens comme animatrice nature. Si l'endroit ne paye pas de mine,  je le trouve vraiment fabuleux.

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Milans, busards et faucons crécerelles traçant dans le ciel, cigognes au repos (pas moins de 35), grandes aigrettes mais aussi alouettes des champs (plus de 300) et bergeronnettes grises (environs 70), autant vous dire que je me suis éclatée. Seulement voilà, ce samedi, l'endroit foisonne beaucoup moins de vie, peut être en raison des nombreux visiteurs. Seules quelques buses et corneilles sont de la partie. Ce n'est pas grave. Nous continuons notre chemin en passant par le repère des faucons pèlerins (Falco peregrinus). Là encore nous sommes bredouille, le couple étant sans doute parti en chasse. Nous sommes alors seuls sous l'ombre de la grande antenne où ils nichent.

DSCN1571Avant de partir du côte de l'Ain, petit focus une dernière fois sur le Biézin et en particulier sur le pinson des arbres (Fringilla coelebs). Ici il s'agit d'un mâle en raison de sa gorge rose pâle qui peut tirer à la saison des amours sur le rose saumon. Ici il se plaît énormément du fait des nombreux champs de culture où il peut se nourrir sur la terre en jachère mais aussi, du fait de la présence de petites boisement et de haies où il peut nicher.

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Les étangs sont replis d'oiseaux, et bien qu'une partie des canards hivernants commencent à retourner en direction du grand nord de l'Europe, il reste bien des choses à voir, comme ces canards chipeaux (Mareca strepera) à gauche. On les rencontre dans les zones d'eau profonde, aussi bien que ce soit des marais, les étangs ou les rivières dans lesquels il plonge pour aller récolter les plantes aquatiques dont il se nourrie.

DSCN1575 (2)Trouverez-vous toutes les espèces présentes ? En arrière plan on trouve une oie cendrée (Anser anser) ainsi que quelques sarcelles d'été (Anas querquedula). Au second plan, une troupe de canards souchets (Anas clypeata) filtre la vase. Au premier plan, on retrouve les canards chipeaux (Mareca strepera). Tout le monde semble vivre en bonne intelligence, chacune des espèces se nourrissant différemment et à de hauteurs d'eau variées.

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Petit point rapproché sur les sarcelles d'été (Anas querquedula). Ce sont de petits canards dont le mal se reconnaît à sa tête et son poitrail rouges et à son grand sourcil crème. On les différencie aussi des sarcelles d'hiver (Anas crecca) à l'absence d'une grande tâche blanche à l'arrière du corps et d'un bec un peu plus grand. Domestiqués par les romains à l'antiquité, ce sont des animaux redevenus depuis complètement sauvages.

DSCN1599On change des oiseaux avec ce très gros ragondin (Myocastor coypus) qui tranquillement traverse devant nous. Appel rat gondin ou myocastor, ce gros rongeur nord américain est présent en Europe suite à son introduction pour sa peau et dans une bien moindre mesure pour sa chair. Accusé de causer des dégâts dans les champs et sur les digues. Classé invasif, son impact environnemental et économique serait en réalité plus modéré.

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Et puis il y a les cigognes blanches (Ciconia ciconia). Nombreuses, elles tournent dans les airs au-dessus de nos têtes. Dans la Dombe, elles ont pris l'habitude de nicher à proximité et dans le parc des oiseaux dans les grands arbres. Les prairires humides, les étangs et les fossés qui y sont abondants leur offre une multitude d'opportunités pour se nourrir de petits insectes, de grenouilles et plus rarement de poissons et de rongeurs.

DSCN1609Changement de décor, nous fillons aux observatoires situés à quelques kilomètres. C'est là, cet hiver, que nous avons vu de nombreux canards et oies se nourrir dans la vase, l'étang alors asséché. C'est aussi là que nous avions vu plusieurs grands cormorans et ragondins morts sur les rives, nous laissant très perplexes sur notre observation et sur ce qui peut se passer parfois sur les lacs privés dédiés à la pêche à et d'autres activités.

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Deux rapaces nous passent au-dessus. À gauche un milan royal (Milvus milvus), passe à toute allure après avoir donné quelques coups d'ailes en compagnie de 4 autres congénères pressés. Sans doute un retour de migration. Ils sont tout aussi rapides que cette buse variable (Buteo buteo) qui vole cou tendu, peut être à la recherche d'une proie ou plutôt d'un perchoir pour la nuit, le jour commençant à tomber doucement.

DSCN1606 (2)À notre droite, une grande aigrette (Ardea alba) marche doucement dans l'eau à la lisière des saules. Peut être espère-t-elle déloger quelques petits poissons qu'elle pourra harponner avec son grand bec jaune. Cosmopolite, l'espèce se rencontre aux quatre coins du globe. Cependant en France elle n'est que très rarement nicheuse, hormis dans quelques départements français. Son bec et ses pattes changent alors de couleurs.

La sortie se termine là, à la tombée de la nuit face à un champ de vaches où les cigognes et les hérons sont en chasse. Il faudra maintenant attendre un mois, un mois et demi voire deux mois pour ressortir. Nous ne le savons pas encore. Cependant j'ai encore beaucoup ) vous montrer et à écrire, de nombreuses fiches espèces m'attendant depuis certaines depuis plus d'un an, autant vous dire que je ne m'ennuie pas en ce moment.

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samedi 11 janvier 2020

Sortie dans les marais 18 : retour en Dombe.

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Nous revoilà une fois de plus dans l'Ain, et plus particulièrement dans la Dombe, à moins d'une heure de chez nous. La plupart des oiseaux inféodés à l'eau et migrateurs sont partis, à l'instar de la cigogne noire qui a fait battre si fort notre coeur il y a quelques semaines lors d'une rencontre fantastique. Mieux encore, les busards sont toujours aussi présents et nous en observons un bon nombre pour notre plus grand bonheur, non sans avoir une pensée triste pour ces oiseaux qui ont souffert cette année encore dans le Rhône du manque de nourriture entraîné par la sécheresse. La nidification s'est avérée catastrophique et sans l'effort d'un groupe de passionnés pour suivre la nidification, il est fort à parier qu'il n'en resterait pratiquement plus dans le département à l'heure où j'écris ses lignes. Au premier plan de l'étang éphémère où se masse tous les canards fuyants les fusils et trouvant refuge sur cette zone protégée, les tiges sèches de cardères sauvages (Dipsacus fullonum) rappellent que l'automne s'est durablement installé.

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À vrai dire, tous les migrateurs ne sont pas vraiment partis. Quelques cigognes blanches (Ciconia ciconia) restent fidèles à la Dombe, fidélité entretenue par l'évolution des températures, la proximité du parc des oiseaux où certains individus faibles trouvent refuges et par l'abondance de nourriture dans les étangs qui ne gèlent que très rarement.

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Trois individus tournent dans les airs, tirent profit des courants thermiques. Ce sont des planeurs que l'on observent que rarement battre des ailes pour faire de longues distances. Ne s'élevant pas haut dans le ciel, il a fort à parier qu'elles sont à la recherche d'une aire de nourrissage propice à répondre à leurs appétits et surtout à leur régime alimentaire. Celui-ci se compose d'animaux aquatiques tels que des grenouilles, des escargots, des mollusques, de petits poissons mais aussi des insectes des prairies comme les criquets voire des petits mammifères comme des campagnols et des mulots mais aussi des reptiles tels des lézards et des couleuvres.

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Dans les saules qui nous servent de cachette, les passereaux se font la guerre. Courses poursuites et acrobaties dantesques, ce sont là quelques unes des techniques utilisées par les oiseaux pour s'assurer la suprématie sur les rares sources de nourriture, à savoir les bourgeons et les rares insectes présents. Parmi les espèces observée, on peu citer la mésange bleue (Cyanistes caeruleus), connue pour être une féroce compétitrice.

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Soudain, tous le monde quitte le marais effarouchés. Le responsable ? Le busard des roseaux (Circus aeruginosus) qui survole les sarcelles et les canards pilets à la recherche d'un repas. S'il est considéré comme commun, il est reste très localisé, en raison de son habitat qui se raréfie. Côté régime alimentaire, il cible les oiseaux jeunes, malades ou affaiblis en particulier en cette période de l'année difficile pour l'avifaune. 

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À la tombée de la nuit, les busards des roseaux se réunissent en sécurité dans le même dortoir. Celui-ci se trouve le plus souvent dans la rosselière d'un marais, plus rarement dans une forêt alluviale au bord d'un lac, d'une rivière ou d'un fleuve. Ce sont des oiseaux au vol rapide, plus de 50 km/heure, planant au ras de la végétation et piquant brusquement dès qu'ils détectent leur proie. Outre les oiseaux aquatiques, ils peuvent aussi se saisir d'amphibiens, de petits mammifères, d'insectes, de reptiles ou encore d'oeufs. Cette diversification de leur alimentation leur permet de faire face aux épisodes de sécheresse qui deviennent récurrents ces dernières années et qui expliquent son déclin avec l'urbanisation galopante, l'écobuage des friches et la chasse. Fait étonnant, ce busard est connu pour se saisir des proies toujours avec la patte gauche.

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Un autre rapace s'est installé dans le secteur. Le faucon crécerelle (Falco tinnunculus) est un animal ubiquiste, c'est à dire capable de s'adapter à une grande variété de milieux. Celui-ci, un mâle, fait du surplace pour attraper l'une de ses proies favorites, le campagnol. Cette technique de chasse est parfois nommée le " vol en Saint Esprit"/ Energivore, elle permet à l'oiseau de repérer sa proie sans avoir besoin de poste d'affût. On la retrouve chez d'autres rapaces comme la buse ou la bondrée apivore mais reste plus rarement employée.

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Casse-croûte au bord de la route. La faim nous tenaille. Nous nous posons face aux éttends, toujours cachés par une haie de saules et d'aulnes afin de ne pas faire prendre la fuite. Là encore nous ne sommes pas seuls. Dans les arbres, de nombreux passereaux s'agitent dans les branches.

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Parmi eux, le rouge-gorge familier (Erithacus rubecula), dont la gorge est plus orangée que rouge. Deux individus se mènent une guerre sans relâche sous nos yeux. Hors période de reproduction, mâles comme femelles sont extrêmement territoriaux et se poursuivent en poussant de nombreux cris. À cette période de l'année, ce sont avant tout des oiseaux issus du nord de l'Europe que l'on observe, ceux présents l'été et les jeunes préfèrent descendre du côté de l'Espagne pour passer l'hiver. On peut ainsi au fil de l'année, voir passer jusqu'à 4 ou 5 rouge-gorges différents dans son jardin sans jamais s'en apercevoir.

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Quelques gouttes de pluie, le retour du busard des roseaux, deux voitures arrêtées sur le bas côté à quelques mettre des oiseaux ... il n'en faut pas plus pour que la plupart des canards mettent les voiles et partent à 200 mètres de là, sur un autre étang protégé un peu plus les oiseaux des curieux. Seul alors le train brise leur quiétude pendant un bref instant. Nous ne nous éternisons pas, un autre spot attirant toute notre convoitise à cette heure.

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Nous arrivons au grand étang. Seulement voilà, il est à sec. Nous n'observons alors qu'un petit ruisseau qui traverse l'étandu de bout. Cela ne déplaît pas pour autant aux oiseaux, et bien que nous ne croisons pas de limicoles, nous sommes heureux de voir cachés dans notre observatoire quelques oies sauvages. Il s'agit d'oies cendrées (Anser anser), ancêtre de certaines de nos oiseaux domestiques. Cependant elles sont surtout connues pour sa chasse polémique et les nombreuses démarches de la fédération française de chasse qui demande l'autorisation par dérogation de pouvoir tirer ces animaux en dehors des dates imposées, à savoir pendant la période de migration de ces oies, quand elles retournent affaiblis et fragiles dans le grand Nord. Une hécatombe annoncée pour leur population européenne qui, pour le moment, est déjouée par des défenseurs tenaces de l'environnement et de la biodiversité et par le soutient des instances européennes.

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Les grands échassiers sont de la partie. Les hérons cendrés (Ardea cinerea) sont nombreux à profiter des poissons pris au piège dans ce faible cours d'eau, accompagnés de grands cormoran (Phalacrocorax carbo), leur pêche semble bonne. Leurs pattes hautes leurs permettent de remuer la vase afin de faire fuir les poissons et de les attraper avec leur bec en forme de dague. Ils les utilisent aussi comme véritable tour de guet.

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La grande aigrette (Adrea alba) est aussi de la partie. C'esr un oiseau pouvant atteindre pas moins de d'un mètre dix de haut et ayant un régime alimentaire similaire à celui des autres grands hérons : poissons, grenouilles, insectes, rougeurs et petits reptiles y figurent.

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Très cosmopolite, on peut la confondre sous nos latitudes avec l'aigrette garzette (Egretta garzetta), plus petite et au bec noir. La grande aigrette aime les zones humides pour peu qu'elle y trouve des arbres où elle peut reposer et nicher à l'abri des prédateurs car bien que grande, elle ne fait pas le poid face à un hiboux grand duc (Bubo bubo) ou à un renard roux (Vulupes vulupes) déterminé. Au compteur, elle ne cumule que 1 à 1,5 kilo pour les plus gros individus, autant dire qu'il n'y a pas de quoi effrayer les carnassiers du coin. Ses effectifs sont stables mais restent menacés par l'activité humaine, en particulier l'asséchement et l'exploitation agricole des zones humides ainsi que les installations de loisirs en bord de lac et de rivière.

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Que serait une sortie sans champignons ? Nous voilà les mains dans l'herbe à récolter quelques marasmes des Oréades (Marasmius oreades) appelés aussi mousserons ou faux-mousserons. Les Oréades sont des nymphes des montagnes et des grottes nées de la mortelle Niobé et du Titan Hécatéros. Les marasmes sont une famille de champignons dont le nom du latin Marasmos "désséchement" pour leurs capacité à sécher naturellement.

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Sur notre chemin, nous tombons sur de grands alignements de clitocybes géotropes (Clitocybe geotropa) un champignon de belle taille et comestible à la saveur peut prononcée. Nous en récoltons quelques jeunes exemplaires pour le repas du soir qu is'annonce somptueux.

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On rejette son pied fibreux au profit de son large chapeau. Indicateur d'un sol calcaire et légèrement humide, il se plaît sous les feuillus où il n'est pas rare de le voir pousser en rond de sorcières. Bien qu'il soit commun, il ne se cueille que pendant une courte durée, d'octobre à mi-décembre faisant ainsi de lui l'un des champignons les plus tardifs que l'on peut retrouver dans une poêlée forestière. Si son parfum marqué voire fétide pour certains, il reste bien apprécié du côte du sud-ouest et dans certains pays de l'est de l'Europe. Pour notre part, nous avons apprécié cette récolte en omelette puis en civet végétarien.

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Les mammifères ne sont pas en reste. Nous assistons à une houleuse dispute de ragondins (Myocastor coypus). ┴ peine avons nous le temps de prendre l'appareil photo que le plus petit, vaincu, file à toute allure la queue entre les jambes. En parlant de fuite, non loin de-là, nous croisons un chevreuil (Capreolus capreolus). Discret comme une ombre, sa présence ne nous est indiquée que par un coup de feu, par les cris d'une meute de chien au loin et par sa sihouette se glissant dans la végétation d'une petite île d'un lac privé aux eaux peu profondes.

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Retour sur la métropole lyonnaise. Un groupe de cygnes semble prendre le même chemin que nous. Graciles, le battement de leurs ailes actionnent leur cage thoracique,  leur faisant échapper un râle sonore dans leur envolée. La chasse, la pluie et les journées de travail bien remplis, nous ne retournerons sans doute qu'à l'hiver dans la Dombe pour observer les canards hivernants cherchant un peu de réconfort et de nourriture dans les étangs.

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