dimanche 8 septembre 2019

Congrès national de la LPO - 2019

Photo Bastien le soir au muséum de la Rochelle

Une photo pour mille mots. Nous étions à la toute fin du mois de juin non loin de la Rochelle pour participer au Congrés National de la LPO pour son édition 2019. Nous n'étions pas là sous la bannière du salariat mais du bénévolat, comme membres du groupe jeunes LPO Rhône qui depuis décembre anime notre quotidien. Au programme, une journée dense rythmée par la rencontre des différents représentants des autres groupes jeunes du territoire (pas moins de 7 sur les 12 connus), par la mise en commun de nos attentes et de nos objectifs et par la réalisation d'actions communes. Nous avons également participé aux temps de réflexion sur les grandes thématiques de l'association et pu découvrir la faune et la flore de la côté atlantique. Un programme passionnant.

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Première journée, levé à 5 heures du matin. Nous partons à la réserve naturelle nationale qui se trouve non loin de là, celle du Marais d'Yves. L'objectif alors est d'observer les oiseaux limicoles et les migrateurs qui trouvent refuge ici. C'est pour nous un moment exceptionnel, nous voyons là nos premières barges à queue noire (Limosa limosa) et nos premiers grands gravelots (Charadrius hiaticula). La pluralité de milieux, qu'ils soient lagunaires, de dunes, arborés ou de mares saumâtres, permet aux échassiers de trouver une nourriture variée. S'ajoute à cela la marée qui apporte chaque jour la laissée de mer riche en reste d'animaux et de végétaux, dont une myriade d'invertébrés se nourrissent, devenant à leur tour le repas du jour. Nous sommes une petite dizaine, tous équipés de jumelles, le longues-vues et de guides d'identifications. Nous sommes prêts et motivés pour arpenter la plage à la recherche des premiers oiseaux du matin si attendus.

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Les yeux sont petits voire, encore clos par moments. Pourtant le spectacle est là. Derrière une butté de sable où quelques lapins de garenne  (Oryctolagus cuniculus) prennent plaisir à grignotter les herbes sèches, le ballet des oiseaux débute. Ca piaille dans tous les sens et des nuées de piafs quittent leur refuge nocturne pour partir en direction de la mer pour sonder la vase à la recherche de leur pitance quotidienne.

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Le hanneton foulon (Polyphylla fullo) est une toute nouvelle espèce pour nous. Elle ne va pas sans me faire rire, celle-ci partageant le même nom que celui d'un de mes anciens professeurs d'anthropologie. Il est inféodé aux milieux sableux, les larves se nourrissant de racines là où les adultes affectionnent les jeunes feuilles et plus particulièrement les aiguilles des conifères.

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Ils sont nombreux, les crabes défunts que la mer rejette sur le rivage. Leur carapace est tout aussi vite investie que leur arrivée sur la mer. Des miliers de miniscules mouches, de puces de mer et de crusatcés s'affèrent à tirer profit de ce repas bien tombé. Arrive alors les mouettes et les goélands, qui en quelques coups de becs parviennent à percer la solide carapace et briser les articulations pour faire à leur tour festin. Ne reste alors que quelques bout éparces qui, avec un peu de chance, finiront par former du sable.

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Clape de fin, le soleil est haut dans le ciel, il est temps de retourner en ville pour lancer notre première journée de rencontre, bien que celle-ci est véritable débutée la veille et se soit terminée au petit matin. Un dernier coup d'oeil vers les algues vertes, le large et les gravelots et nous plions bagages pour rejoindre Chataillon-Plage.

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Question : comment concilier l'avis de 35 personnes ? C'est à cela que nous avons répondu pendant ce temps d'échange où nous avons appris à nous connaître, où nous avons découvert le fonctionnement de chaque groupe et où nous avons posé les premières pierres de ce qui, nous l'espèrons, ferra le socle commun des groupes jeunes de la LPO. Les idées fuses, les talents aussi. Néophytes ou connaisseurs confirmés, tout le monde à sa place et son mot à dire. Nous avons certes des orateurs doués pour transmettre nos idées, mais également des profils plus discrets, qui sans avoir nécessairement l'envie de porter la voix, parviennent à faire avancer notre réflexion à pas de géant. Bientôt, nous pourrons présenter à la fois une charte commune, un logo mais aussi une ligne de conduite pour partager les valeurs de notre engagement associatif et naturaliste. 

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La cloche sonne, il est 18 heures. Nous partons sur la plage qui se trouve à 200 mètres de notre séminaire histoire de nous mettre en jambe avant de manger. Le ciel est gris, la mer calme et le thermos indique 21°C. Un vrai bonheur quand on sait que le reste du pays est en alerte canicule et que nous avons roulé 8 heures la veille, serrés à 5 dans la voiture par des températures extérieurs par plus de 42°C. Nous avons alors tout juste le temps de nous initier à une nouvelle clade, celle des cnidaires (Cnidaria) auxquels appartiennent les méduses.

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Deuxième journée, il est l'heure de présenter le bilan et de travailler sur la thématique de la médiation sur la faune sauvage, et plus particulièrement sur les centres de soins. 

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Nous avons cependant le temps d'aller faire un court inventaire dans lequel les moineaux domestiques (Passer domesticus) et les queues de lièvres (Lagurus ovatus) ont une bonne place. C'est là que nous entendrons notre première fauvette mélanocéphale (Sylvia melanocephala) sous les indications d'un des ténors de l'association. La soirée s'achève autours d'un repas partagé et par un spectacle fabuleux autour des oiseaux, évidement, joué par Jean Boucault et Johnny Rasse.

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Dernier jour, départ pour la réserve de l'île de Ré, Lilleau des Niges. Ces marais salants sont habités de centaines d'espèces, dont beaucoup d'oiseaux. C'est là que nous avons pu voir de loin un beau hibou moyen-duc (Asio otus) et notre premier busard des roseaux (Circus aeruginosus), un adulte très mal au point, car le site est connu pour être un site de nidification établit. Outre la faune remarquable, le site est connu pour l'exploitation salinière.

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Derniers moments partagés avant de retourner chacun chez soi. Drôme, Ardèche, Savoie, Rhône, Anjou, Haute Savoie, Auvergne ... sans parler des départements et des régions que j'oublie à la rédaction de ces quelques lignes. Quoi de plus beau que de se découvrir autour d'une passion commune ? Pour beaucoup d'entre-nous, nous avons la joie et la chance de voir une multitude d'espèces pour la première fois, rendant l'instant magique.

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Il est petit, sa gorge est bleue, son sourcil blanc, son chant plaintif et sa renommée grande. Au centre de la photo, un mâle de gorgebleue à miroir (Luscinia svecica). Pour le voir il faut s'armer de patience, et scruter de préférence les buissons où il se pavane, les touffes d'herbes où il niche et les bosquets denses où il chasse les insectes et larves dont il se nourrit. Classé non menacé à l'échelle mondial, il est très rare et protégé en France.

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La centaurée chausse-trappe (Centaurea calcitrapa) ne se laisse pas approcher aisément. Ses longues bractées piquantes, dressées comme des épines la rendent au premier abord peu sympathique et pourtant. Sa floraison violine au coeur de l'été est précieuse pour de nombreux pollinisateurs qui trouvent là une source de nourriture bienvenue. Et que dire alors des entomologistes ? Ils ont là de quoi étancher leur soif de découverte.

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Voici les avocettes élégantes (Recurvirostra avosetta) qui portent si bien leur nom. Ces délicats limicoles prospectent la vase à l'aide de leur long bec recourbé pour saisir les vers, mollusques et crustacés qui y trouvent refuge. Au-dessus de leur tête, les sternes pierregarin (Sterna hirundo), toutes aussi noires et blanches que les avocettes mais à l'épais bec orangé, font de grands plongés dans l'eau. Elles nichent dans la réserve en raison du refuge que présentent les îlots entourés d'eau salé et peuplés pour certains de poissons, leur nourriture principale. Les nids, posés au même sol, sont composés de terre et/ou de galets voire, sont parfois creusés à même le sable. Ils sont férocement protégés des prédateurs et il n'est pas rare de voir une nuée de sternes se lancer à la poursuite d'un faucon crécerelle (Falco tinnunculus) comme nous avons pu le voir ce matin là.

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Photo bombing d'une mouette rieuse (Ichthyaetus melanocephalusdont la tête noire indique qu'il s'agit d'un individu apte à la reproduction. Energique, l'oiseau apprécie les insectes mais ne délaisse pas non plus les poissons et les mollusques. Migrateur, on peut l'observer une grande partie de l'année sur le littoral mais aussi dans les terres. Elle nidifie en grande colonnie au sol, où chaque couple élève entre 2 et 3 poussins.

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Belle tourterelle des bois (Streptopelia turtur), qui fait parler d'elle en raison des autorisations de tirs sur cet oiseau gravement menacé mais dont le conseil d'Etat a autorisé les tirs malgré les faibles effectifs et le rapport alarmant des scientifiques étudiant son cas et sa population. Que dire ? Que notre biodiversité est mal barrée ? Sans doute. Pour en revenir à la bestiole, celle-ci tes migratrice et se trouve sous nos latitudes dès avril.

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La bergeronette des ruisseaux (Motacillia cinerea) nous fait l'honneur de sa présence. Nous sommes habitués à la croiser devant la fenêtre de notre appartement. On la reconnaît à son ventre jaune, son dos et sa tête grise et son sourcil blanc marqué. Le mâle aborde une bavette noire sous le bec ce qui permet son identification aisée. C'est un oiseau des milieux aquatiques, qui aime les insectes et les larves des bords de torrents et des rivières. Migratrice partielle, les osieaux des montagnes et des plaines regagnent à la fin de la nidification les côtes méditerranéennes et d'Afrique du Nord. Cependant, certains individus restent à l'année sur leur territoire, se repprochant des étendues d'eau non gelées et des courts d'eau vifs. Le plus souvent le nid fait de mousse, de crins voire de déchets, est construit dans le trou d'un bâtiment tel un pont ou une digue mais aussi entre les rochers et les racines qui bordent les rives d'une rivière. 4 à 6 poussins y voient le jour.

Fin de congré, retour à Lyon après ces trois jours intenses. Nous avons des images pleins les yeux et beaucoup de projets en tête pour la rentrée du groupe jeunes LPO Rhône qui débutera en septembre. En attendant, c'est weeks-ends escapades et vacances à la découverte de la biodiversité. Le programme de l'été est déjà chargé.

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mardi 20 décembre 2016

Destination Bretagne : Locronan.

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 Nous voilà enfin à Locronan ! Le village est extraordinaire. Celui-ci est fait tout de pierre grise et cadre avec la brume de ce jour. Il faut savoir qu'il jouit d'une belle réputation, en particulier depuis qu'il a été dans le trio de tête du "Plus beau village des français 2015". Néanmoins nous avons pu parcourir ses rues sans nous trouver pris dans une marée humaine comme c'est souvent le cas dans les ruelles dès que le soleil fait son apparition.

 

 Une ville tournée vers la mer.

 On pourrait se croire à l'intérieur des terres. Néanmoins la mer est présente partout à Locronan, que ce soit dans les maisons, sur les murs ou même dans les pavés des trottoirs. Pendant longtemps la ville fût animée par une manufacture de voiles pour les navires. Aujourd'hui c'est du tourisme qu'elle tire bénéfice. Chaque année les quelques 800 habitants voient défiler par moins de 400 000 touristes, en particulier les soirs de marché.

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Un patrimoine unique.

Depuis 1924, le village est classé aux "Monuments histoirques" de part son charme. Cela explique l'abondance de films tournés ici, pas moins de 25 dont certains ayant une belle renomée comme "Un long dimanche de fiançailles" de Jean-Pierre Jeunet et de Guillaume Laurent mais aussi de boutiques atypiques et hors normes.

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 Les hortensias (Hydrangea sp.).

Voici les traditionnels hortensias. Ils ont la particularité de bien se plaire en Bretagne du fait du climat doux de la côte et de son ensoleillement particulier. Ils peuvent par endroit former de véritable buisson et parfois même des arbustes. C'est une institution que d'en avoir dans son jardin pour le plus grand bonheur des moineaux. 

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La boutique magique.

Petite pépite cachée au détour d'une ruelle : une boutique proposant des oeuvres d'artistes locaux mais surtout, des masques africains et asiatiques traditionnels, de VERITABLES masques traditonels et le tout à des prix vraiment minimes. J'ai suivie une licence de socio-anthropologie et pendant celle-ci je me suis prise de passion pour les masques Dogon alors imaginez mon émerveillement dans cette véritable caverne d'Ali Baba !

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Découvrir la ville.

Autre boutique à voir impérativement, la librairie celte. Ne vous laissez pas impressionner par l'armure de l'entrée ou les toiles d'araignée, cette librairie est super ! Non seulement on y trouve de nombreux ouvrages sur la Bretagne mais aussi tout une série de livres sur le merveilleux, les mythes, l'Histoire et même sur les Enfers.

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Cacahuète.

 C'est la mascotte locale. Ce croisé birman se laisse facilement approcher et ne dit pas non à quelques caresses avant de filer. Appelés aussi sacrés de Birmanie, les birmans sont des chats à poils longs (de par leur croisement avec des persans) dont la race serait apparue en France dans les années 1920 et qui est reconnue depuis 1950. 

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La boutique de la mer.

C'est une autre des boutiques que nous avons adoré pendant notre périple, d'ailleurs de nombreux éléments de décoration de notre petit appartement viennent de là. On y trouve des filets de pêches, une multitude de coquillages et d'étoiles de mer, des oursins et des coraux et même, quelques fossiles de poissons préhistoriques.

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Le mot de la fin.

Vraiment, Locronan est un village est à voir et surtout, à dévorer ! N'hésitez pas à vous rendre à la petite boulangerie faisant face à l'église pour déguster le meilleur des kouign-amanns et bien d'autres spécialités comme les sablés Bretons. Après ce périple de deux jours, direction Brest et son jardin botanique aux mille trésors.

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jeudi 17 mars 2016

Les voyages arctiques.

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Actuellement à la Maison des Parcs de la Montagne de Chambéry, on peut assister à une super exposition sur les voyages arctiques. De nombreuses activités sont proposées aux enfants et un film interactif est diffusé toute les heures. Le top ? c'est gratuit et accessible sur une large plage horaire, même le dimanche.

 

Les précurseurs et les grands explorateurs.

La conquête de l'Antarctique et de l'Artique a été jalonnée de grandes explorations polaires. Pour le pôle Nord, le premier homme à l'atteindre est Robert Peary malgré quelques incertitudes sur son exploit. Pour le pôle Sud, le premier explorateur est Ernest Shackleton et le premier à l'atteindre est Robert Falcon Scott. 

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Les animaux du grand froid.

On rencontre peu d'animaux de grande taille dans cette région du monde. La quasi totalité d'entre eux sont des mammifères carnivores et se nourrissent de poissons et/où d'autres mammifères. Parmi ceux-ci ont peu citer l'ours blanc (Ursus maritimus), l'orque (Orcinus orca), le narval (Monodon monoceros), le morse (Odobenus rosmarus), l'éléphant de mer du Sud (Mirounga leonina) et le léopard des mers (Hydrurga leptonyx).

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Les créatures du fond des mers froides.

Elles peuvent sembler effrayantes mais en réalité elles ne mesurent pas plus que quelques millimètres voire quelques centimètres. Elles sont la base du cycle de la vie dans ces régions aux conditions rudes. La plus connue de ces espèces est le krill, de petites crevettes qui vivent en grands bancs et dont certains poissons et baleines se nourrissent. Les poissons sont dévorés par de plus gros poissons et ainsi de suite.

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Les activités proposées.

Tout comme pour l'exposition permanente, l'exposition temporaire sur les explorations polaires se veut didactique. Il est ainsi possible de conduire la barre d'un navire scientifique, de jouer au détective, de découvrir la chambre d'un explorateur faite pour s'abriter de la neige, de faire un jeu de l'oie géant et de ramener chez soit une version réduite de son grand manchot (Aptenodytes forsteri) dont on aura pu écouter au par-avant les cris d'amours.

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Le mot de la fin.

Bref, j'espère que vous aurez l'occasion d'aller profiter de cette très belle installation mais aussi du reste de la galerie qui vaut le détour et pour cause; il y a bien des choses à faire comme répondre à un quizz dans une cabine de téléphérique, partir à la découverte de la flore et de la faune, analyser la neige ou provoquer des tempêtes et des chutes d'eaux diluviennes sur les vallées de la Chartreuse et des Pays de Savoie. . 

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