dimanche 23 juin 2019

Mes 8 premiers mois à la LPO dt Rhône.

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Catastrophe ! Voilà plus d'un mois que je n'ai plus publié ici et j'ai littérallement 6 mois de retard dans mes articles, autant vous dire que ça va chauffer dur sur le clavier ! Pas de panique, voici un retour en image sur mes 8 premiers mois à la LPO délégation territoriale du Rhône comme bénévole, membre du groupe jeunes LPO Rhône et comme animatrice nature salariée histoire de vous partager quelques brides de mon quotidien. La saison d'animation bat son plein et prendra fin d'ici une semaine ou deux, de quoi souffler pendant la rédaction des bilans et des premiers dossiers pour clôturer la saison 2018-2019. C'est un exercice dans lequel je me plaîs, même si le terrain reste ma passion première. Le printemps comme l'hiver m'ont donné énormément de choses à voir et à expliquer aux groupes que j'accompagne, et j'espère de tout coeur que ceux-ci en garderons une trace et qui sait, un peu plus histoire de faire naître quelques passions.

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Comptages Wetland's : suivre une population

Tout comme l'an dernier, nous nous sommes joints en janvier au Wetland's, un inventaire international des oiseaux d'eau visant à suivre année après année leur population et à en établir la santé. Sans surprise les effectifs chutent dramatiquement. Cependant il faut tenir compte pour 2019 des températures très douces qui ont poussé certaines espèces à rester dans le nord de l'Europe.

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Compatages des laridées et des grands cormorans.

Pour cette nouvelle édition, nous sommes présents dans le cadre du groupe jeunes LPO Rhône que nous avons lancé avec un compère. L'objectif est de fédérer les jeunes du territoire autour de nombreuses sorties et actions à thèmes. Pendant la journée nous avons pu bénéficier du regard et de l'expérience de nombreux bénévoles, découvrir de nouveaux oiseaux mais aussi, apprendre à compter des centaines de volatiles et croyez moi, l'exercice n'est pas simple. Pour se faire nous voilà partis à Miribel Jonage, une zone humide de grands lacs situés au nord de Lyon et formés par la carrière en activité qui y extrait des sédiments. C'est un endroit rêvé pour les mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) quoi que, la plumée laissée par celle-ci indique clairement qu'un épervier d'Europe  (Accipiter nisus) a mit fin aux festivités.

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La liste des canards et des oiseaux affiliés à l'eau est longue, on compte les classiques de l'hiver comme le fuligule milouin (Aythya ferina) à la belle tête rouge, le héron cendré (Ardea cinerea) et le fuligule morillon (Aythya fuligula) que j'adore mais aussi, quelques raretés que nous avons pu apprécier comme le garrot à oeil d'or (Bucephala clangula), la tadorne de Bellon (Tadorna tadorna) et le harle bièvre (Mergus merganser). Pour plus d'informations et la liste des espèces observées ça se passe par ICI.

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Le journée s'achève par le comptage au dortoir des laridés (mouettes et goélands) à Grand Large, avec en prime l'observation des traces et indices du castor d'Europe (Castor fiber), celui-ci ayant élu domicile à Miribel depuis quelques années. Bilan ? une super expérience et le sentiment que d'année en année je commence doucement à mieux voir et entendre les animaux qui m'entourent même s'il me reste beaucoup à apprendre.

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Suivi des Grands Ducs d'Europe

Toujours en janvier, nous voilà sur les pas du grand duc d'Europe (Bubo bubo), le plus grand des hiboux de France avec une envergure de 1,88 mètres maximum. Quasi-disparu, il revient peu à peu et on compte dans les vallons qui se forment le long du Rhône quelques rares couples.

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Soirée de pleine lune pour apercevoir le hibou si attendu.

La période des amours battent leur plein, c'est le moment de partir à l'écoute de son chant. Pour l'occasion nous sommes pas loin de 70, réunis en plusieurs équipes et pour cause, le Rhône, l'Ardèche, l'Isère, l'Ain et la Drôme sont prospectés. Malchanceux que nous sommes, nous sommes parmi les seuls à ni voir, ni entendre le grand duc. Le vent, les aboiements de chiens et le bruit des camions au loin nous ont souvent piégé sans que le "hou" si attendu ne se fasse entendre. Pour autant la soirée n'est pas morose. Pendant la tombée de la nuit nous sommes gratifiés du passage des bécassines de bois (Gallinago nemoricola), du remue-ménage des sangliers (Sus scrofa) ou encore, du cri de la chouette hulotte (Strix aluco). De quoi passer un bon moment pour contempler l'obscurité.

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La saison s'annonce triste pour nos oiseaux. L'an dernier la plupart des couples n'ont pas réussi à mener à terme leur nichée, faute de proies mais aussi de milieux où s'installer, les vignes grignotant le peu de zone forestière restant sur les coteaux malgré les interdictions de défrichement. L'hectar approchant le million d'euro et les vins locaux se vendant bien, notre grand duc ne fait, hélas, pas le poids face aux logiques économiques du territoire.

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Inventaire des oiseaux des jardins

Fin janvier, c'est l'inventaire des oiseaux des jardins. Manque de bol, nous n'avons qu'un rebord de fenêtre pour nous exercer, du coup direction le parc de la Tête d'Or pour inventorier les divers piafs qui s'y trouvent.

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Gallinule poule d'eau (Gallinula chloropus) peu farouche.

La poule d'eau (Gallinula chloropus) n'appartient pas aux poules et autres coqs contrairement à ce qu'indique son nom. On la différencie du foulque macroule (Fulica atra) de par son bec rouge à la pointe jaune et de par ses pattes jaunes aux longs doigts dépourvus de palmures. C'est un oiseau des zones humides qui se croise même en ville et qui niche dans les plantes aquatiques, formant un nid composé de végétaux déliquescents. Le mâle et la femelle restent fidèles jusqu'à la mort d'un des deux partenaires. En milieu urbain et péri-urbain, elle se laisse facilement approcher, ce qui est rarement le cas en campagne.

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Sur le lac, les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) et les mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) attendent leur repas. Cela ne va pas sans entraîner quelques conflits. Les poissons sont abondants, les passants distribuant du pain aussi. Pour rappel, le pain est un poison pour les oiseaux, ceux-ci ne le digère pas et entraîne des malformations des ailes, des plumes et des organes et peu même mener à la mort de l'animal.

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Le pigeon colombin (Columba oenas) est un pigeon relativement rare dans le Rhône que l'on peut parfois observer en ville. Il se reconnaît à son oeil noir, ses teintes bleutées et sa taille car il est le plus petit de tous les pigeons d'Europe. Il aime nicher dans les cavités, qu'il s'agisse de celles des arbres ou des falaises. On le rencontre le plus souvent dans les bois non exploités, parfois les grands parcs, les carrières et les façades rocheuses. Hors période de reproduction, il peut se mêler à d'autres espèces, comme le pigeon ramier ou les choucas des tours comme nous avions pu l'observer en mai 2018 au plateau  de Larina.

2019 ne fait que débuter mais de nombreuses espèces sont sur le point de débuter leur reproduction. Exploration de cavités, changement de plumages, premiers chants, arrivée de certains migrateurs, offrande aux femelles ... il n'y a que les vagues de froids, l'absence de feuilles et le gel du matin qui nous font nous sentir en hiver.

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Les arbres de l'île du Souvenir sont pris d'assaut par le givre. Immobiles, les pattes et le bout du bec gelés, les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) cèdent un à un la place aux hérons. Ici ils sont rois et pour cause, plusieurs couples nichent au même endroit. L'ensemble est alors appelé héronière et peut parfois comporter plusieurs espèces de ces échassiers. Ici on en rencontre une seule, l'éternel héron cendré (Ardea cinerea), magnifique oiseau parfois accusé à tort de vider les rivières et les étangs de leurs poissons.

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Belle surprise, sur l'eau un mâle de nette rousse (Netta rufina), un canard aux allures de punk. La femelle, plus discrète, aborde un plumage grisé ainsi qu'un sourcil blanc au dessus de l'oeil. D'ordinaire, la nette se montre timide et s'envole au moindre bruit suspect. On peut de ce fait s'étonner de voir un individu tel que celui-ci se laisser approcher sans manifester le moindre signe d'alarme, allant même jusqu'à courser d'autres canards autour de lui pour s'approprier l'espace. Herbivore, il lui arrive d'ajouter à son menu d'algues et de plantes aquatiques des petits insectes, quelques mollusques voire, des têtards.

Le soleil se couche, direction la Maison de l'Economie Circulaire pour une petite conférence sur les logiciels libres, la programation et les réseaux partagés. Le rendez-vous ayant lieu à l'entré du parc des Chartreux, c'est de nouveau l'occasion de suivre les oiseaux de la métropole pour cette journée de science participative.

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Il est venu au rendez-vous. Le faucon crecerelle  (Falco tinnunculus), si recherché dans Lyon et ses alentours, nous a gratifié de son passage et s'est même posé non loin de nous, sur un balcon où il domine la Saône et la ville. Si vous êtes tentés de le suivre dans sa nidification urbaine, je vous invite à rejoindre Faune-Rhône.

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Engagement, on est plus chaud que le climat !

En février, on se mobilise. Le groupe jeunes LPO Rhône accompagné des étudiants d'ATIB Lyon est sur le terrain et surtout, sous la pluie. Qu'importe, nous sommes motivés, dynamiques et l'instant est convivial. L'objectif de la journée ? Encercler le quartier en créant une immense chaîne humaine. C'est un pari réussi et pas moins de 5000 manifestants ont pu se tendre la main le temps d'un après-midi. Entre slogans et pancartes, nous avons même pu nous octroyer un peu de répit pour observer les hérons et les cormorans nous passant au-dessus de la tête pour rallier la Saône et le Rhône. Ajoutons à cela un rapide discours et un concert aux paroles engagés pile-poil quand le soleil pointe le bout de son nez sur la place Bellecour pour que le tableau soit complet. Bref, une très belle expérience.

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Parmi les participants, des jeunes et des moins jeunes, de véritables hippy, des biens rangés, des bobos, des cathos ... bref tous ceux que l'on se plaît à placer dans une case pour ne plus les en sortir. Ici, les clichés ont la vit dur et quand on voit la multitude de personnalités présentes ce samedi après-midi, on est en droit de se dire ou du moins, d'espérer que les questions sur le climat et la biodiversité animent toutes les strates de la société.

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Contrairement au climat et aux mentalités, certaines choses ne bougent pas, le bâti local et centenaire étant là pour nous le rappeler. Sur cette place d'où nous admirons la cathédrale de Fourvière, bien des luttes et des guerres ont été menées, le Cheval de Bronze représentant Louis XIV n'y échappant pas. Détruite suite à la révolution, cette statue qui surplombe les manifestants sera reproduite en 1825. Preuve que nous sommes capables de détruire comme de reconstruire ce qui nous entour. Ce jour là, nous nous y tenons non pas pour réclamer des têtes mais un avenir pour notre planète.

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Prospection du groupe jeunes LPO Rhône : champignons et chouettes.

Voici une des toutes premières sorties du groupe jeunes. En ce mois de mars, nous voilà partis au Nord Ouest de Lyon à la recherche des champignons de printemps pour l'après-midi. J'avais promis des morilles, nous rentrons avec quatre espèces non comestibles, la sécheresse sévissant terriblement : jusqu'à - 30 % de pluies et de réserves en eaux dans certaines localités du Rhône. En somme, pas de quoi inciter la fonge à sortir le bout de son chapeau. Nous nous contenterons pour la peine de ces jolis schizophylles communs (Schizophyllum commune) qui semblent avoir séchés avant d'avoir pu terminer leur développement. Leurs spores roses leur donnent une couleur assez sympathique et relativement amusante à observer au microscope quand on s'essaye à la mycologie. Néanmoins on prendra garde à ne pas pencher au-dessus, ceux-ci pouvant entraîner des pathologies au niveau du nez et des yeux. Ce schizophylle est fascinant. Présent sur tous les continents, il se développe sur le bois mort dont il se nourrie. Les insectes en particulier les fourmis sont attirés par les carpophores (partie visible). On peut en tirer de nombreux composants, qui entrent dans la fabrication de l'éthanol mais aussi d'antibiotiques.

Faute de champignons, nous nous rabattons sur la végétation des alentours. Les hellébores fétides (Helleborus foetidus) sont les premières à sortir. On les reconnaît au bandeau rouge sang qui borde leurs fleurs ainsi que leurs feuilles vert clair et vert foncé très découpées et qui leur a valu leur surnom de patte d'ours.

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Arrêt sur les bryophites, c'est à dire les mousses, qui se développent sur les pierres dorées qui composent les murets pour retenir les carrés de terre sur lesquels sont cultivées les vignes. C'est un des milieux de prédilection des lézards des murailles (Podarcis muralis) qui sortent tout juste de léthargie. Les couleuvres aiment également si loger pour profiter de la douce chaleur qu'elles diffusent mais aussi des nombreuses proies qui s'y réfugient.

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Pinson des arbres (Fringilla coelebs) prédaté, sans doute par un rapace, la base des plumes étant intacte, signe le plus souvent que c'est un bec et non des dents qui a déplumé l'animal. C'est un des nombreux indices de présence que l'on peut utiliser en tant que naturaliste pour déterminer si on se trouve sur un territoire de chasse d'un animal en particulier. En tout cas cette plumée nous aura bien donnée du fil à retordre pour l'identification.

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Changement d'ambiance, le soir il n'est plus question de champignons et de fleurs mais de chouettes et pas de n'importe laquelle ! La chouette effraie (Tyto alba) est la star de la journée et pour cause, nous voilà embarqués par le référant LPO de ce bel oiseau de nuit blanc pour une séance de repasse. La repasse consiste à passer à des points précis le chant d'un mâle pour susciter la réaction des individus présents et ainsi établir la présence ou non de l'espèce. Pour notre effraie, la repasse se fait à la tombée de la nuit, sur une dizaine de points distants de 2 km et plus.

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Nous sommes quatre équipes, armés de nos enceintes et de nos portables. Pour notre part, nous sommes parmi les plus chanceux. Notre gourpe, sur la dizaine de points attribués, parvient à contacter deux effraies fort éloignées, une chouette hulotte (Strix aluco), six ou sept couples de chevêche d'Athéna (Athene noctua Scopoli), un ragondin (Myocastor coypus) et un lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus). Pas mal pour deux heures de parcours.

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Le groupe jeunes à Miribel Jonage

Découverte de la faune et la flore des grands lacs. Nous sommes une petite dizaine partant à l'exploration de ce territoire que je commence à bien connaître. Nous sommes alors début mars. Guides en poche, jumelles autour du cou et filets à libellules en main, nous voilà équipés pour nous essayer au naturalisme. Le temps est gris et par moment, des gouttes de pluie viennent s'écraser sur nos visages. Qu'à cela ne tienne ! Il nous en faut plus pour nous faire rebrousser chemin. Au programme : traces du castor d'Europe (Castor fiber), vol de cigogne blanche (Ciconia ciconia) et oiseaux rares mais aussi vipérines communes (Echium vulgare), hellobores fétides (Helloborus foetidus) et aulnes glutineux (Alnus glutinosa) pour ajouter un peu de végétal au paysage.

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Pêche à l'épuisette dans les herbiers. La loupe binoculaire est de mise pour observer chacun des critères permettant l'identification de cette larve de demoiselle, créature s'affiliant aux libellules. Pour nous venir en aide, certains membres du Sympetrum, association de l'Ain orientée sur ces insectes, nous prêtent main forte car leur identification n'est pas toujours aisée, le plus simple étant de pouvoir manipuler leur exuvie (enveloppe externe).

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La crainte lors des prélèvements : déranger les espèces s'habritants dans la phragmitaie, un habitat composé de phragmites australes (Phragmites australis), des roseaux aux grands plumeaux qui parlent à tout à chacun lorsqu'il s'agit de se promener dans un milieu humide.

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Ce ne serait être tout, outre le fait de faire fuir les bestioles qui nous pouvons percevoir, partir à la pêche aux larves peut abîmer le fond de vase où une multitude d'arthropodes vivent et se nourrissent. De ce fait, un inventaire doit être mené avec précision et dans le cas où celui-ci est nécessaire, soit dans un cadre de formation, soit dans un cadre de recherche d'informations et de connaissance d'un site.

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Première tortue de l'année observée, une tortue de Floride (Trachemys scripta elegans) entourée de deux goélands leucophés (Larus michahellis). C'est une espèce exogène envahissante, une EEE ou encore espèce "invasive", c'est à dire provenant d'une autre contrée et pouvant présenter une menace pour la santé humaine, l'économie et la biodiversité. Ici la menace réside avant tout dans le fait que cette tortue occupe les milieux de vie de nos tortues indigènes, les privant de site de ponte, d'hivernage ou de nourrissage.

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Arrivée au lac des pêcheurs, c'est une véritable récompense ! Un nombre incroyable d'espèces nous y attendent et parmi les plus remarquables, on peut citer la trentaine de chevaliers. Cette assemblée se compose de chevaliers cul-blanc (Tringa ochropus), de chevaliers gambettes (Tringa totanus) et de chevaliers guignettes (Actitis hypoleucos). Au milieu de tout cela, deux petits gravelots (Charadrius dubius) et un vanneau huppé (Vanellus vanellus) se promènent discrètement à la recherche de nourriture dans la vase et parmi les galets.

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Parmi les reptiles, les lézards montrent le bout de leur museau pour profiter des premiers rayons du soleil. Le petit brun à gauche, c'est le classique lézard des murailles (Podarcis muralis), grand chasseur d'insectes et d'araignées. Le gros vert à droite, c'est un lézard à deux raies (Lacerta bilineata), autrefois nommé lézard vert mais dont la génétique a mit en lumière le fait que le lézard vert et celui à deux raies sont deux espèces distinctes.

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Bilan de la journée : un sacré inventaire à la clé, des pistes pour identifier certaines espèces mais également pour poser les yeux où il faut et tendre les oreilles quand il faut. Un bon moment de convivialité aussi, autour d'un repas partagé ou derrière une longue vue entre jeunes d'un même territoire.

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Une mare pour les sonneurs à ventre jaune.

Avril, pour la peine on se découvre plus que d'un fil. Ce jour là, encore de le pluie, mais juste 3 gouttes qui viennent nous rafraîchir et pour cause, l'effort n'est pas vain. Au programme ? Création de deux mares pour les sonneurs à ventre jaunes (Bombina variegata), des petits crapauds rares et protégés qui portent bien leur nom. Pelles, pioches et brouettes en main, nous voilà lancés dans le chantier.

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Première étape : creuser la pelouse, retirer les mottes de terre, vérifier s'il n'y a pas une racine ou deux qui traînent histoire de ne pas percer la bâche de maintien. Pour ma part, je suis avec les petits loups présents à découvrir les bestioles qui grouillent dans le sol. Vers de terre, insectes et autres limaces font le bonheur des enfants qui n'hésitent pas à mettre les doigts dans la terre et à attraper tout ce qui bouge. C'est l'occasion de faire de la sensibilisation au vivant, à la manipulation des petites bêtes, à leurs besoins et aux différentes manières de les observer.

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Les mares sont creusées, c'est le moment de poser la première couche de géotextile afin de protéger les couches qui retiendront l'eau et permettront aux amphibiens de se développer. À savoir, une mare n'est pas toujours en eau et peut se retrouver longuement à sec. Cela est salvateur pour les espèces comme les grenouilles dont les têtards finissent par sortir de l'eau ce qui n'est pas le cas pour certains de leurs prédateurs qui n'y survivent pas, rendant ainsi le lieu plus sûr pour les grenouillettes et leurs consoeurs.

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Vient ensuite la bâche puis de nouveau le géotextile. Reste alors à couvrir le tout de terre pour que l'ensemble s'intègre au paysage, quitte à frotter le textile avec des mottes de terre. Des branches et des blocs de pierres viennent couvrir le fond, là où les crapauds pourront se dissimuler aux yeux de leurs prédateurs comme le héron cendré (Ardea cinerea). Dernière étape, attendre la tombée de la pluie pour que celle-ci vienne remplir les mares. 

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Fin de chantier et belle surprise, outre le fait de nous faire survoler par un couple d'éperviers d'Europe (Accipiter nisus), nous tombons nez à nez dans les flaques nous entourant avec des tritons palmés (Lissotriton helveticus) mais aussi une grenouille agile (Rana dalmatina) et des pontes de la même espèce.

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Depuis les mares creusées se sont remplies par l'intervention rapide des pluies. Les inventaires à venir nous indiquerons peut être si les sonneurs à ventre jaune se seront installés même si cela semble un peu tôt. Il faudra désormais attendre les mois d'octobre et de novembre pour creuser à nouveau, l'été n'étant pas vraiment propice  à la création de mares et de points d'eau destinés à la faune et à la flore.

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Prospection de printemps.

Mi-avril deux prospections nocturnes animent le territoire. Nous voilà partis dans la recherche des tritons crêtés (Triturus cristatus), et des sonneurs à ventre jaune (Bombina variegata). Le travail n'est pas des moindre.

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L'objectif : chercher si ces espèces sont présentes et si oui, comment mener à bien les missions liées à leur protection sur ce territoire d'élevage car la cohabitation n'est pas toujours aisée entre nature et monde agricole, ne serait-ce que par les enjeux liés à l'eau. Ces deux espèces sont celles d'animaux aux comportements majoritairement nocturnes. Ils s'observent plutôt aux abords des mares à cette saison où la reproduction bat son plein. Nous avons de la chance, le fond de l'air est doux et outre nos lampes frontales, la lune nous offre une superbe lumière pour percevoir ce qui se trame à la surface de l'eau et dans l'herbe.

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Dans les prairies humides, les courtilières (Gryllotalpa gryllotalpa) chantent à tue-tête. Ces gros insectes nous ont causé bien du tort par leur chant similaire à ceux de certains amphibiens nous faisant croire à la présence des crapauds calamites (Epidalea calamita), une espèce, hélas, disparue dans le coin.

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Peu de tritons seront vus ces soirs là, principalement des palmés, quelques alpestres et pour un groupe de chanceux, deux tritons marbrés. Nous remarquons que ce sont avant tout les grenouilles vertes qui peuplent la zone. Les mares sont drastiquement basses, à un point effrayant. Leur état laisse présager qu'il n'y aura sans doute pas ou peu de têtards et de larves parvenant à se maintenir et à atteindre l'âge adulte.

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C'est un triste constat qui poncute les sorties d'avril.

Et la vie au boulot ?

Et bien pour les mois de mars, avril et mai, c'est intense ! J'ai pu découvrir pas moins d'une quarantaine de classes et structures, que cela soit le temps d'une matinée ou sur plusieurs séances. Un vrai plaisir mais beaucoup de travail et d'heures qui m'ont rendu fantomatique sur les réseaux. D'ailleurs, la vie dans les locaux est géniale et l'ambiance incroyable, d'autant plus qu'elle est parfois ponctuée de drôles de surprises.

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Début mai, voici que l'on nous apporte un grand carton. Des élagueurs embauchés par l'ONF ont mené une grande campagne d'abattage malgré l'interdiction de taille pendant la période de nidification. Résultat ? Une couvée de mésanges charbonnières (Parus major) se retrouve orpheline et en péril. Pas une minute à perdre pour sauver les oiseaux, direction ma voiture puis le centre relais de l'Hirondelle pour tenter de les sauver.

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Un rallye pour les naturalistes de tous bords.

Début juin, c'est le grand événement de l'année pour nous, nous organisons notre premier rallye naturaliste, avec le soutien bien heureux des éditions Biotope et La Salamandre, autant vous dire que nous avions la pression.

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Oxalis petite oseille (Oxalis acetosella).

C'est en petit collectif que nous nous élançons sur les routes du nord ouest du Rhône. Nos objectifs ? Recenser le plus d'espèces possible en une matinée afin de dresser un tableau du vivant à l'échelle locale, les communes que nous traversons étant des mailles blanches, c'est à dire des territoires pour lesquels il n'y a pas ou très peu des données. Pour le coup le pari est réussi, car sans avoir vu de grandes raretés, nous avons pu tout de même observer de très nombreuses espèces dont certaines peu communes et contribuer à une meilleure connaissance le faune du département. Cerise sur le gâteau, certains naturalistes se sont pris au jeu et se sont rendus sur place les jours suivant pour mener eux aussi des inventaires.

DSC03057Sur un câble, un mâle de pie grièche écorcheur (Lanius collurio) prend un peu de repos. Cette espèce est connue pour son habitude à épingler ses proies sur les arbres épineux et sur les fils barbelés, d'où son nom évocateur d'écorcheur. Lors de vos ballades, voir un criquet, un petit lézard ou une libellule sera sans doute l'oeuvre de cet oiseau migrateur, et dont le mâle se distingue par son joli masque noir et sa calotte grise.

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Un de nos premiers arrêts se trouve être dans un petit village qui ne paye pas de mine. Nous y découvrons une colonie d'hirondelles des fenêtres (Delichon urbicum) qui jusqu'à présent n'apparaissait pas sur les inventaires, autant vous dire notre joie. Au compteur 21 nids pour environs 75 hirondelles, une véritable satisfaction.

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Les nids sont confectionnés à partir de salive et de boue. Chaque couple le défend avec ferveur des concurrents. C'est là que les petits seront élevés et nourris, à raison d'un passage des parents toutes les 90 secondes en moyenne pour leur apporter les insectes et autres bestioles capturées dans les airs. Les hirondelles sont des espèces grégaires qui vivent en colonie. Ces dernières années elles connaissent un très fort déclin du fait de la diminution des insectes (-75% en 20 ans), mais aussi des modifications de l'habitat. Les maisons aux larges toitures sous lesquelles elles s'intallent laissent peu à peu place à des bâtis sans aspérités où elles ne peuvent nicher.

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Dans les champs, au dessus des pâtures, en lisière de forêt ... tout autant d'endroits où nous avons la chance d'aperçevoir des busards Saint Martin (Circus cyaneus), rapaces emblématiques du Rhône, extrêmement menacés. La sécheresse ayant fait littéralement disparaître les populations de campagnols dont il se nourrit, et les suivis bénévoles lui permettant de se maintenir étant de plus en plus maigre, il y a fort à parier que nous ne le verrons bientôt plus par chez nous, faute de nourriture et de milieux où mener à bien sa reproduction.

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Nous sommes sur des terres aux sols acides, ce qui me laisse le plaisir de croiser des plantes que je vois peu souvent au sud du département et que j'apprécie particulièrement et pour cause, elles ont la réputation d'être des plantes à sorcière. À gauche en violet on retrouve la digitale pourpre (Digitalis purpurea) appelée parfois gants de fée et à droite en jaune, le genêt à balais (Cytisus scoparius). Toutes deux contiennent des composés hautement toxiques d'où leur mauvaise réputation et leur association à la magie noire.

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Chasse aux petites bêtes. Le filet est un outil indispensable pour travailler sur les papillons, libellules et autres arthropodes volants. Cependant il faut le manier avec la plus grande des précautions pour ne pas briser leurs fragiles ailes. Parmi ceux identifiés, on peut citer le petit capricorne (Cerambyx scopolii), un insecte dont les larves sont xylophages et les adultes, amateurs de pollens. D'ailleur on le croise souvent sur les sureaux en fleurs.

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Et pour la suite ?

L'aventure n'est pas finie. Fin juin se tiendra l'assemblée de la LPO France. C'est l'occasion pour les différents groupes jeunes de s'y retrouver pour se rencontrer, pour échanger et pour travailler à la mise en place d'une charte et d'un cadre communs. Cela sera aussi pour nous le moment de présenter nos attentes, nos actions, nos travaux et nos réussites de l'année à l'ensemble des adhérants et réprésentants de l'association.

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Mi-juillet sonnera le premier bilan pour notre groupe jeune LPO Rhône après les 7 premiers mois de mise en route. Cela sera aussi l'occasion de remettre les nombreux prix concours de notre rallye naturaliste. Bref, un planning encore chargé auquel s'ajoute les très nombreuses sorties de l'été. Avis aux lyonnais, si l'envie vous dit, vous pourrez me retrouver dans les parcs urbains de la métropole en juillet et août pour découvrir la faune locale. Pour tout savoir, rendez-vous ICI. En attendant je vous souhaite un bel été et je vous dis à bientôt. Pour ma part, nous ne chômons pas à la maison, ayant été pendant quelques dizianes de jours les parents de substitutions de deux jeunes pigeons de villes, des pigeons bisets (Columba livia) que vous pouvez retrouver ci-dessous et qui depuis, ont pri leur envol.

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jeudi 9 mai 2019

La petite Camargue, un autre visage de l'Alsace.

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En passant par la petite Camargue :

 

Quand on évoque l'Alsace, on pense immédiatement à la choucroute, à l'accent et au Baeckeoffe pour resté encré dans le cliché. On oublie souvent trop vite la faune et à la flore incroyable de cette région et en particulier, ses oiseaux.

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Le lieu est calme, les oiseaux nombreux. Sur une des étendues d'eau, à la tombée de la nuit, nous observons quelques dizaines d'oies cendrées sauvages (Anser anser), nos premières de l'année. Elles trouvent ici dans la réserve de Port Saint Louis, à la limite de la Suisse, un refuge bien mérité. Malmenées par les hommes et leurs loisirs douteux, elles peuvent vaquer en toute quiétude à leurs occupation sous le regard des familles, des promeneurs et des amoureux de nature. Le pacte est conclu, nous reviendrons le lendemain pour découvrir les merveilles de ce site semble-t-il, unique.

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Les voilà, les belles oies sauvages, celles qui font couler l'encre et déchaîner les passions. Certains voudraient les tirer pendant leur retour de migration, là où les oiseaux sont fragiles et faciles d'atteinte, sans tenir compte des dégâts que cela pourrait occasionner aux autres espèces. Cette année encore il aura fallu batailler contre des envies et des décisions à visées électoralistes, fort éloignées des attentes de la population sur la question de l'environnement. De nouveau les tirs ont été interdits pour février mais qu'en sera-t-il pour 2020 ?

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Deux canards chipeaux (Mareca strepera) prennent un peu de repos à l'écart du brouhaha ambiant qui se dégage des étangs. Ternes au premiers abords, ils sont avérés plein de surprise en nous dévoilant un très joli miroir blanc quand ceux-ci se sont affères à leur toilette. Si les effectifs des migrateurs de passage en France augmentent, bouleversement climatique oblige, ceux des nicheurs locaux semblent d'éffondrer à vitesse grand V.

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Reliquats d'un nid tombé du creux d'un arbre. Sa forme ronde pourrait presque faire croire qu'il s'agit de celui de mésanges à longue queue. L'édifice est d'ordinaire rond, souvent couvert de lichens ce qui le rend imperceptible. Le temps à fait son oeuvre, et le nid n'est plus.

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En parlant de mésange à longue queue (Aegithalos caudatus), la voici. Son plumage noir, blanc et rose et ses longues rémiges qui composent les plumes de la queue ne laissent que peu de doute. Bien que nommée mésange, elle n'en est plus une ou du moins, la classification la range désormais dans une autre branche, lui préférant le nom d'orite à longue queue. C'est un petit passereau aux moeurs grégaires, se déplaçant souvent en bande pour chercher sa nourriture. On peut l'observer aussi bien en milieu boisé que dans les parcs et jardins pour peu qu'il y ait suffisament d'arbres et de nourriture.

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Parmi les premiers oiseaux que nous observons, nous pouvons compter les ouettes d'Egypte (Alopochen aegyptiaca). Tout comme leur nom l'indique, ces oiseaux sont originaires de contrées situées beaucoup plus au sud. Naturalisés dans le nord de la France, nous avons pu les voir barbotant dans l'eau ou posés sur les hautes branches des arbres morts qui composent une partie du marais. C'est la seule espèce d'Alopochen non éteinte.

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Le grimpereau des jardins (Certhia brachydactyla) nous fais également honneur de sa présence et de sont chant. Discret, on le différencie de son cousin des forêts (Certhia familiaris) par ses mélodies. Explorant inlassablement les troncs à la recherche d'insectes et de larves, cette petite boule de plumes ne se laisse pas approcher facilement.

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Une autre très belle rencontre a marqué notre périple, celle d'un puis de plusieurs couples de bièvres harles (Mergus merganser). C'est un des rares canards à consommer du poisson, le plus souvent des individus de 5 à 10 centimètres. Il complète souvent son régime alimentaire d'invertèbrés. Cette particularité explique les crans de son bec et le bout légèrement croche de celui-ci. La distinction entre les deux sexes est aisée, le mâle ayant la tête d'un vert métallique alors que la femelle abordera livrée rousse. Il faut 90 à 100 jours aux adultes pour mener à bien la couvaison des oeufs et l'élevage des petits pour en faire des adultes capables de se débrouiller seuls.

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Deux espèces communes se régalent des pommiers d'ornements longeant le site. À gauche on trouve la magnifique grive litorne (Turdus pilaris) et à droite, son cousin le merle noir (Turdus merula) car les deux espèces appartiennent à la même famille, celle des Turdidés. Alors que chez cette grive les sexes sont indissociables au premier coup d'oeil, chez le merle il en est tout autre chose, le mâle ayant un plumage noir et un bec jaune, la femelle des plumes roussâtres et un bec grisâtre, chose observée également chez les jeunes mâles.

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Parmi les hérons cendrés, les buses variables, les geais des chênes, les mésanges bleues et les grands cormorans, il y a un toujours un oiseau qui détonne et attire mon oeil. La grande aigrette (Ardea alba) figure parmi ceux-ci et est l'un des plus beaux et majestueux animaux que je connaisse. Cet échassier gracile figure parmi les grands volatiles de France avec une taille d'un mètre pour 170 centimètres d'envergure. Tout chez elle respire l'élégance : son plumage immaculé, son bec flamboyant vert et jaune et ses longues pattes délicates. 

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Voilà un article pour conclure les actions de l'hiver. Vous l'aurez sans doute remarquez, ici c'est le calme plat. Ma vie professionnelle et associative est plus intense que jamais et je coure après le temps pour boucler tous mes projets. Les mails non lus s'accumulent, tout comme les kilomètres, les nouvelles amitiés et les envies d'articles qui ne peuvent voir le jour. Patience, la mi-juin devrait apporter un peu de répit pour rédiger à loisir.

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jeudi 21 mars 2019

Retour en Camargue.

 

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L'hiver bat son plein. Dans de nombreuses régions de France, c'est le calme plat, pas moins de 90% des oiseaux ont déserté le pays, non pas par peur du froid, mais par manque de nourriture, les insectes étant rares en saison hivernal. Cependant, de nombreuses zones humides de grandes envergures abritent à cette saison des espèces remarquables, leur offrant le gîte et le couvert. 

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Dans ce cas de figure, on peut citer la Dombe qui se trouve non loin de chez nous. Située dans l'Ain, elle se compose de milliers d'étangs destinés à l'origine à la pisciculture et surtout, au ravitaillement de la table du roi. Cependant les têtes sont tombées et nous avons poussé notre voyage un peu plus loin pour finir en Camargue. Nous avions alors en mémoire notre hiver dernier dans la région, où nous avions pu nous émerveillé du vol de milliers de grues cendrées (Grus grus). Hélas cette année elles n'étaient pas au rendez-vous. Pour autant nous ne sommes pas resté sur notre faim, la région étant toujours aussi riche.

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Première surprise à notre arrivée, deux couples de canards souchets (Anas clypeata) se trouvent sur le lac. Cette espèce me fascine tout autant m'amuse. Leur long bec plat leur sert à se nourrir d'insectes aquatiques, de végétaux et de graines mais surtout, à filtrer le plancton à l'aide des soies présentes à l'intérieur du dit bec. Sous nos l'attitude on le rencontre principalement l'hiver, dans les zones de nourrissages où plusieurs espèces se tiennent compagnie. Cela n'est pas le fruit du hasard, les autres canards ayant la tendance à faire remonter les sédiments à la surface où se trouvent les micro-organismes dont se nourrissent les souchets.

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Détour par le Pont de Gau, non loin de Sainte Marie de la Mer. Les stars de la saison sont là. Des centaines de flamants roses (Phoenicopterus roseus) se font causette dans un joyeux vacarme. Grégaires, ses oiseaux filtreurs passent des heures à fouiller la vase de leur bec à la recherche de phytoplancton, en particulier de petites crevettes contenant des caroténoïdes auxquels ils doivent la belle couleur rose de leur plumage.

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Plusieurs d'entre-eux sont bagués. Ils appartiennent à différents programmes de suivis des populations d'oiseaux d'eau. Les flamants pouvant avoir une vie particulièrement longue, 33 ans pour certains. De ce fait, les bagues peuvent être de forme et de couleurs variées en fonction des pays où elles ont été posées mais aussi des années et des campagnes. Au final cela donne un sacré casse-tête pour identifier un individu pour les néophytes.

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Cependant, en France il n'y a plus de bagage de l'espèce, et de ce fait il y a de forte chances que les oiseaux bagués observés ici aient plus de 18 ans hormis s'ils proviennent des lagunes et les étangs d'eau saumâtres du sud de l'Europe. Cette affection de l'espèce pour ce type de milieu explique l''abondance de ces animaux dans le delta du Rhône qui forme en partie la Camargue telle que nous la connaissons aurjoud'hui.

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Le moineau domestique (Passer domesticus) est un oiseau que l'on croit commun et pourtant, sa population est entrain de s'effondrer sans que l'on puisse complètement l'expliquer. Perte de la biodiversité, pesticides, disparition des insectes, diminution des ressources en ville ... tout autant d'hypothèses. Pour lutter contre ce phénomène, on peut poser des nichoirs à moineaux pour que nos compagnons ailés continuent à animer nos villes et nos campagnes. Ici il s'agit d'un mâle que l'on reconnaît à sa calotte de plumes grises. Pour les plus observateurs, vous aurez pu vous apercevoir que lui aussi est bagué, chose peu commune chez cette espèce.

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Le flamant rose entre dans la classification des échassiers, ces oiseaux aux longues pattes d'où ils tirent leur appélation. Il n'est pas le seul à pouvoir prétendre à ce titre. L'aigrette garzette (Egretta garzetta) identifiable à son bec gris verdâtre et à son plumage blanc peut également y prétendre.

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Son bec en forme de dague et élancé indique qu'il s'agit d'un pisicovre, c'est à dire qu'elle possède un régime alimentaire fait à base de poisson. Néanmoins, ce petit héron blanc peut très bien se nourrir de vers, d'insectes, d'amphibiens et de petits reptiles. Grégaire, elle niche dans des héronnières où la couvaison des oeufs et le nourrissage des petits lui prend une grosse partie de son temps et de son énergie. Pendant 7 à 8 semaines, les parents s'évertuent à mener à bien leur rejetons et pour cause, la femelle ne pond qu'une seule fois par an. Le nid patiemment construire ne sera pas réinvesti l'année suivante, hormis en de rares cas.

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Le héron cendré (Ardea cinerea) figurent parmi les plus grands hérons avec une taille de 1 mètre et une envergure frôlant les 2 mètres pour un poids maximal de seulement 1,2 kg. Cette légèreté est commune à une grande partie des oiseaux, du fait de leurs os fins et légers, de la composition et forme de leurs plumes et de la compression de leurs organes pour permettre d'atteindre un aérodynamisme quasi parfait.

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Un petit coup de froid ? Le héron rentre la tête, ouvre les ailes et se laisse sécher par le soleil. D'ordinaire, on le connait sous sa forme élancée qui laisse voir la plupart des caractères de l'animal, à savoir un long cou, un bec coloré de jaune, d'orange et de rose (particulièrement à la saison des amours), une aigrette de plumes noires à l'arrière de la tête, un sourcil marqué et un plastron fait de longues plumes grises (toujours en période nuptiale).

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Il n'est pas rare de voir les hérons cohabiter avec d'autres espèces, ici ils sont en compagnie de timides sarcelles d'hiver (Anas crecca). L'individu présenté en format portrait est un jeune de l'année 2018 qui se reconnaît à son plumage plus terne, à son bec en partie gris, au sourcil lui aussi grisonnant (et non noir comme chez les adultes) et à l'absence d'aigrette. Il devra patienter une année de plus pour pouvoir se reproduire.

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Continuons avec les canards plongeurs. Le fuligule milouin (Aythya ferina) est un petit canard au dimorphisme sexuel prononcé. La femelle est très terne comme chez de nombreuses espèces cousines, ce qui lui permet de se dissimuler dans les végétaux où elle couve. Le mâle quand à lui à une tête et nuque d'un rouge très prononcées. C'est un barboteur qui se nourrit principalement de végétaux, dont les problématiques lentilles d'eau (Lemna sp.).

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Des ragondins  (Myocastor coypus), des ragondins partout ! Ce beau et gros rongeur est originaire des Amériques. Il a été importé en Europe pour fournir les fermes à fourrure. Charmant. En France comme ailleurs, de nombreux individus purent s'échapper et forment aujourd'hui une important population. Aimant s'abriter dans des terriers qu'il construit au coeur des berges, ce qui dans certaines régions est fortement impactant pour les digues.

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Le soleil se couche sur la Camargue, c'est le moment de rentrer. Sur le chemin, nous croisons un vieux sanglier boitillant. Au loin, les lumières d'Arles scintillent, nous guidant un temps jusqu'à Marseille. La nuit approchant, nous avons juste le temps de regarder les derniers passereaux de la journée s'activer dans les phragmites et les canards se réunir au centre des étendues d'eau, loin de l'appétit du renard et des chiens errants.

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mardi 19 février 2019

Retour sur la côte méditerranéenne.

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L'hiver a débuté en douceur dans le sud de la France. Les bords de mer sont calmes, peu de monde flâne le long de l'eau, nous errons dans la ville avant de finir sur le rivage. Les goélands leucophés (Larius michaheliis) sont les rois de la plage à cette heure. Ils ont été récemment dissociés de leurs cousins les goélands argentés (Larius argentatus) dont les pattes sont roses. De ce fait, nos voisins anglais le nomment goéland aux pattes jaunes. C'est un grand oiseau avec une envergure maximale de 160 centimètres et dont le vol est similaire à celui des rapaces, se laissant porter par les vents et pouvant se reconnaître dans les airs à son battement d'ailes lent. Ce ne serait être la seule espèce remarquable qu'il est possible de voir en cette saison aux abords de Marseille et plus globalement dans le sud de la France. En effet bien d'autres bestioles nous ont fait le plaisir de pointer le bout de leur nez ou de leur bec. Parmi celles-ci, on compte le rouge-gorge familier (Erithacus rubecula). Bien qu'il soit commun, on oublie souvent à quel point il peut-être fascinant.

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Chez notre ami le rouge-gorge, mâle comme femelle chantent. Cela tient au fait que l'oiseau est très territorial, quelque soit son sexe, ce qui lui demande de faire savoir à ses congénères qu'il est là et que son domaine s'étant jusqu'ici. Peu farouche, on le rencontre en sous-bois, dans les milieux ouverts et au jardin où on peut le voir se nourrir à la belle saison d'insectes. Quand les invertébrés viennent à manquer, il se tourne vers les baies et les graines.

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Le romarin officinal (Rosmarinus officinalis) est en fleurs. Son nom scientifique, tiré du latin, est des plus poétiques puisqu'il signifie "rosée de la mer". Caractéristique des sols secs et calcaires du sud de la France qui composent la garrigue, il est une source non négligeable de nourriture pour les pollinisateurs hivernaux comme certaines abeilles ou syrphes. D'ailleurs, le miel de romarin est très réputé pour ses qualités gustatives et médicinales.

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Celui-ci provient du parc des Bruyères, une des nombreuses portes d'entrée sur les Calanques. Sa présence dans un parc nationnal interdit toute cueillette même s'il est abondant et apprécié en cuisine méditerranéenne pour parfumer les plats. Parmi les plantes présentes on trouve de nombreuses essences réputées pour leur parfum, leur floraison précoce mais aussi pour le fait qu'elles sont spécifiques à la région. En résulte un tableau bucolique digne du roman "La gloire de mon père" où les lianes et les buissons épineux s'entremêlent sur fond de roche blanche.

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L'ajonc de Provence (Ulex parviflorus) surprend le promeneur. Outre sa jolie floraison jaune au coeur de l'hiver, il dégage une puissante odeur de noix de coco qui ne laisse personne indifférent. Ce buisson épineux était employé comme barrière impénétrable pour cloisonner les zones de pâture et protéger les habitations des maraudeurs.

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On dissocie deux sous espèces, Ulex parviflorus subsp. funkii typique de l'Afrique du Nord et du sud de l'Espagne, et Ulex parviflorus subsp. parviflorus courant dans nos régions. Cet ajonc appartient à la famille des légumineuses au même titre que les pois ou les haricots. Il était et est encore parfois broyé comme fourrage pour le bétail. Souvent confondu avec le genêt, il se différencie de celui-ci de par son arsenal  défensif et la non toxicité de son bois et de ses fruits. On trouve de nombreuses espèces proches sur le territoire comme l'ajonc d'Europe (Ulex europaeus) et sa sous-espèce l'ajonc maritime (Ulex europaeus subsp. maritimus) typique quant à lui du massif armoricain.

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Pour rester dans la thématique Pagnol, voici la clématite brûlante (Clematis flammula) nommée aussi clématite flammette. Elle est proche de la clématite des haies (Clematis vitalba) mais s'en distingue par ses folioles dentées et sa préférence marquée pour les littoraux et les zones de basse altitude (0 à 600 mètres). Autrefois elle était fumée tel un cigare par les enfants pour imiter les plus grand. On peut l'utiliser aussi comme allume feu.

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Les chenilles processionnaires (Thaumetopoea pityocampa) ont pris possession des pins. Issues d'un tout petit papillon de nuit blanc à la durée de vie éphémère : pas plus d'une nuit, les chenilles vivent en groupe dans un cocon commun d'où elles sortent la nuit pour se nourrir des aiguilles du conifère sur lequel elles vivent. De juin à septembre les papillons déposent jusqu'à 320 oeufs sur l'arbre hôte. Six semaines plus tard les chenilles en émergent, crées leur cocon et se mettent à table. Entre février et mars elles descendent de leur arbre, s'enfouissent dans le sol et se mettent en nymphose. À partir de juin les papillons émergent de la terre et cherchent un partenaire puis les femelles pondent sur les arbres et le cycle peut recommencer.

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Passage par la plantation d'oliviers (Olea europaea var. europaea). La taille ne devrait pas tarder, celle-ci est nécessaire s'il on souhaite obtenir une fructification importante en favorisant les branches les plus solides et les mieux portantes. Dans le coin on peut également rencontrer l'olivier sauvage (Olea  europaea var. sylvestris), nommé aussi oléastre et dont la présence dans le sud daterait de - 8000 ans avant notre ère.

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La globulaire buissonnante (Globularia alypum) est un arbrisseau petit et dense aux fleurs touffues bleues aux étamines et pétales abondants. Courant sur tout le pourtour méditerranéen, elle pousse en touffes isolées.

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Médicinale, elle était employée comme panacée en Méditerranée sous forme d'infusion ou de teinture mère, en particulier pour soigner les problèmes liés au diabète en permettant après usage une libération accrue d'insuline. Antiseptique, cicatrisante, astringente et anti-fongique, sa consommation doit être encadrée et pour cause, elle peut aussi causer des vomissements, de l'exitation et des troubles nerveux. Son nom scientifique "Alypon" est tiré du grec et rend hommage à son usage populaire, le terme signifiant "qui soigne". Ses fruits (des akènes) sont dits épizoochores, c'est à dire qu'ils utilisent le plumage ou le pelage des animaux pour se disperser aux quatre vents grâce à leurs déplacements. On parle alors plus généralement de zoochorie.

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La tarente de Mauritanie (Tarentola mauritanica) est un petit gecko méditerranéen aux moeurs nocturnes. On la rencontre sous les végétaux, dans les broussailles, dans les amas de pierres, sur les façades ensoleillées et sur les toits bien exposés. Chasseresse, elle se nourrie de larves et d'insectes cachés dans la végétation ou les failles de la roche. Elle peut même se nourrir de jeunes reptiles dont des juvéniles de son espèce si sa taille lui permet.

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L'hiver, elle hiberne à demi-enfouie dans le sol ou la végétation, hémergeant quand le soleil se présente. L'été, elle sort la nuit et devient active à partir d'une température dépassant les 20°C. Avec l'emballement du climat, elle tend à remonter depuis le sud jusqu'à Lyon en passant par la vallée du Rhône. De ce fait, des prospections à la recherche de ce petit reptil rare et protégé sont organisées pour établir une cartographie de sa population. 

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Comme chaque année, la bruyère multiflore (Erica multiflora) nous émerveille. Des millions de clochettes roses colorent les collines et donnent au paysage des reflets dignes d'un couché de soleil. À savoir, c'est une des rares espèces de bruyères à tolérer les sols calcaires.

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Elle s'ajoute aussi la la liste des espèces méllifères présentées ici. Elle fait le bonheur de nombreux insectes de part sa longue floraison durant parfois plus de 5 mois. Bien que se développant en méditerranée, c'est une plante robuste qui peut résister à des températures frôlant le -10°C. Elle fait également fi des sécheresses prolongées ce qui lui a valu une belle place dans de nombreux jardins. Cependant, s'il on veut profiter de ses fleurs incroyables tout en gardant un joli buisson, la taille ne devra intervenir qu'à la floraison passée. De toute façon cette bruyère ne dépasse pas les 80 cm de haut et possède par nature un port harmonieux et ne nécessite de ce fait que très peu d'interventions. Facile de cullture quand le climat et la nature du sol s'y prêtent, on peut aussi bien la semer, la marcotter, la bouturer ou repiquer ses rejets printaniers.

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Toujours depuis le parc des Bruyères (et dont désormais vous pouvez avoir une idée d'où il tire son nom), le paysage s'ouvre à nous. La Bonne Mère figure comme un point culminant au-dessus de la ville de Marseille tandis que la mer se dessine en arrière plan.  Au-dessus des falaises et éboulis calcaires du premier plan, un faucon crécerelle femelle (Falco tinnunculus) qui se différencie du mâle à l'absence de plumes gris-bleuté sur la tête, s'adonne à sa chasse quotidienne. Tout inspire le calme et la tranquillité dans ce parc, où seul le silence est rompu par l'abboyement des chiens des promeneurs, les cris des enfants et les halètements des coureurs.

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Retour à la maison, avec un petit passage obligé par le massif des Alpilles. Son point culminant se trouve au sommet des Opies, à 498 mètres d'altitudes, bien loin de la pointe des Alpes culminant à 4809 mètres d'altitudes.

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Surprise pendant notre ascension, un joyeux troupeau de chèvres naines nous accompagne. Agiles, elles escaladent les falaises nous distansant sans mal pour rejoindre le sommet. Par endroit nous employons des gaudres, petits ruisseaux typiques de la régions souvent à sec. Leur lit nous sert de sentier pour rejoindre le chemin balisé. Pendant notre visite nous avons également l'occasion de croiser de nombreux grimpeurs attirés par les parois rocheuses abruptes. C'est là aussi que le grand duc (Bubo bubo) à pour habitude de prendre ses quartiers mais pas de traces ce jour là du bel oiseau de nuit. La cohabitation entre hommes et rapaces nocturnes est difficile et souvent les activités de loisir font fuir les animaux nichant sur le massif. C'est sur cette pensée que notre périple prend fin ... enfin presque, car c'est sans compter sur notre petit tour par la Camargue. Suite au prochain billet !

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dimanche 6 janvier 2019

Grands chantiers de fin d'année !

Voilà près de 2 mois qu'il n'y a plus d'actualités sur le blog et pour cause, cette fin d'année a été des plus riches. Nouveau travail, vie associative, aventures en tout genre en pleine nature ... bref, je me suis éloignée des réseaux pour entrer pleinement dans la vie active. Cette fin d'année est l'occasion pour moi de vous présenter toutes ses actions en quelques lignes et quelques photos.
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LES PIEDS DANS L'EAU

L'été indien est bel et bien fini. Octobre et début novembre semblent loin. Ils ont été dans la continuité de cet été chaud et sec qui a frappé une grande partie de la France et qui a marqué nombre d'esprits, ne serait-ce que sur les questions liées au manque d'eau. Mi-octobre, nous avons fait notre dernier plongeon dans le lac d'Aiguebelette, à l'occasion de la fête des plantes rares bordant la plage et présenté dans le précédent article. Ce jour là, nous ne sommes pas les seuls et pour cause, la température extérieure est plus proche des 30°C que des 20°C, un événement certes plaisant sur le moment mais inquiétant quand on songe à l'avenir de notre monde tel que nous le connaissons aujourd'hui. Trêve de paroles noires (ou pas), l'heure est aux souvenirs, en particulier à ceux liés à notre baignades, aux oiseaux et aux champignons présents ce jour là.

DSC04804Parmi les espèces du lac, on observe le grèbe huppé (Podiceps cristatus), un des plus gros représentants de cette famille. Il s'agit ici d'un individu qui sort de la juvénilité du fait que sa tête est encore en partie rayée, une caractéristique absente chez les adultes matures mais présente chez les poussins. C'est un bon pêcheur qui n'hésite pas à s'approcher des berges ou des hommes pendant ses parties de pêche.

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Cet oiseau aquatique comme beaucoup d'autres connaît une forte pression, d'une part liée à la destruction de son habitat avec l'augmentation de l'urbanisme, que cela soit pour le logement ou la création d'espaces de loisirs, et d'autre part, liée au comportement du public en milieu naturel vis à vis de la faune et de la flore. Ayant pour statut celui d'une espèce à "préoccupation mineure", sa population est de faible taille en France (6 000 à 10 000 couples). La chasse pour ses plumes, aujourd'hui interdite, en est une des raisons. Cependant le risque demeure. Lors de notre séjour, nous avons pu observer de nombreux comportements pouvant impacter le gracieux animal. Chiens non tenus en laisse qui tentent d'attraper les oiseaux peu farouches, parents leur lançant des cailloux pour les effaroucher et montrer leur vol à leurs enfants, jeunes adultes s'amusant à leur plonger dessus ... non vraiment en matière d'éducation à l'environnement, il y a encore beaucoup à faire.

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Rapide constat pendant la baignade. L'image parle d'elle même. Le niveau des étendues d'eau est au plus bas et plus que jamais la question de l'aprovisionnement en eau surgit dans les campagnes. Certains veulent le durcissement des quotas, d'autres la création de digues, retenues et barrages. Dans ce méli-mélo il n'est jamais question de sauvegarde des milieux et pourtant, c'est eux qui continent l'or bleu et nous sauvent de la pénurie.

LES MAINS DANS LA TERRE

Novembre et décembre furent des mois riches voire intenses, entre la prise de poste à la LPO Rhône comme animatrice nature et les nombreux chantiers bénévoles, toujours à la Ligue de Protection des Oiseaux, je n'ai été que très peu présente sur le blog, les réseaux et d'une manière plus général, sur le net et Dieu sait que cela fait du bien ! Les vacances d'hiver sont l'occasion de se poser, de faire un point et d'alimenter quelque peu cette rubrique.

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Parc Lacroix Laval de Saint Genis Laval début novembre. Il pleut quelques gouttes le matin et tant mieux, l'objectif de ce samedi est de restaurer une mare forestière en vidant celle-ci des branches et feuillages accumulés dans son fond et de ratiboiser les jeunes feuillus qui la cerne. Cependant ça ne serait tout, un peu loin une autre tâche nous attend : creuser une mare de toute pièce, autant vous dire que la petite 20 aine de motivés que nous étions n'a pas chaumée !

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Creuser l'épaisse couche d'argile demande pas mal d'huile de coude. Les seaux pour vider l'eau qui remonte par capillarité ne sont pas de trop, pas plus que les pelles et les pioches qui sans relâchent entaillent le sol jusqu'à plus d'un mètre de profondeur. Reste alors à installer le fond de la mare, ce qui lui permettra de rester étanche. Une bâche et un géotextile ont de ce fait pris place sous le regard attentif des chargés de missions à l'origine du projet.

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Bref, voilà le premier chantier de novembre achevé. Se fût l'occasion de rencontrer de nombreux jeunes de nos âges plus motivés les uns que les autres, de créer des liens et surtout, d'imisser les débuts du groupe jeunes LPO Rhône et, qui depuis a vu le jour (fin décembre de cette année 2018) et dont vous aurez toute l'info en fin d'article.

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Mi-novembre c'est rebelote ! Cette fois-ci nous sommes dans un domaine viticole dont la culture des vignes répond au label "Terra Vitis", celui de Roche Catin et dont le viticulteur, amoureux de la nature, prend le plus grand soin de la faune, allant jusqu'à baliser les nids d'alouettes dans les vignes.

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Pelles, râteaux et bêches ne sont pas de trop pour creuser la mare temporaire et pour planter la 50aines d'arbustes qui formeront la haie. Celle-ci, attenante aux vignes, ne tardera pas à accueillir d'ici deux-trois ans une faune variée, composée essentiellement de petits passereaux mais aussi d'insectes et de micromammifères essentiels pour mener une lutte saine et pratique contre les ravageurs qui peuvent toucher le vignoble. C'est aussi un milieu idéal pour accueillir certains rapaces nocturnes comme la chouette chevêchette ou de plus gros mammifères comme les lièvres, les hérissons et parfois même les renards. Composée d'essences locales comme l'aubépine, le noisetier, le prunellier ou le tilleul, cette haie est un des nombreux outils à la disposition des exploitants pour apporter un peu de biodiversité sur leurs terres.

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L'événement se déroule à l'occasion de la semaine du Beaujolais nouveau, pour la peine la LPO Rhône tient un stand. En véritable planquée, je me trouve à animer et à présenter les différentes actions de l'association, les oiseaux du domaine, en quoi celui-ci est un refuge pour la faune. C'est aussi le bon plan pour goûter les cognacs, les vins, les champagnes et les miels produits localement. De quoi rester au chaud et tenir un brin de causette.

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Dernier chantier de l'année, celui-ci fin novembre. Opérations classiques : restauration d'une mare et plantation d'une haie champêtre diversifiée favorable aux auxiliaires chez une maraîchère en installation et très sensible à la protection de l'environnement et à la préservation des espèces.

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Première étape, récupérer les arbustes. Une partie de ceux-ci seront plantés par les étudiants de la MFR. Les autres, par les bénévoles du jour. Cornouillers sanguins, prunelliers sauvages, aubépines monogynes ou encore érables champêtres, c'est tout autant d'essences locales qui serviront d'abris et de nourriture à la faune, en particulier aux oiseaux. Ces arbustes serviront aussi de coupe vent pour protéger les cultures maraîchères et les arbres fruitiers. L'abondance de champignons sur la parcelle est bon signe, ceux-ci permettront la mise en place de la mycorhization, ce qui permettra aux arbres de s'épanouir.

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L'arbuste est sorti de son lot, ses branches sont inspectées, ses racines nues enduites d'un pralin, mélange d'eau, de bouse de vache et d'argile. Cette opération à pour objectif de permettre une reprise rapide du végétal, d'empêcher le déssèchement des racines exposées à l'air libre, de favoriser la cicatrisation des blessures causées par la plantation et d'accélerer le développement des radicelles, petites racines puisant l'eau et les nutriments.

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Deuxième étape, restaurer la mare. Actuellement asséchée, elle a fini par se combler peu à peu dans son fond. Les nombreux peupliers n'y sont pas pour rien. Branches, troncs et feuilles mortes terminent dans l'eau, formant une bonne épaisseur de matière organique. L'absence d'eau est une aubaine, elle permet de passer l'étape du vidage pour attaquer celle du curage. L'opération effectuée a permis de rendre sa jeunesse à la boutasse.

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L'avant-après est flagrant, et le résultat est à la hauteur des espérances. La pluie et la source toute proche se chargeront de la remplir. Les mares temporaires comme celles-ci sont extrêmement précieuses aux amphibiens, les larves n'ayant besoin d'eau que pendant une courte période contrairement à certains de leurs prédateurs qui ne peuvent pas se maintenir dans ce type de milieux, ce qui accroît aux tétards leur chance de survie.

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La plantation s'est complétée par celle de myrtilliers horticoles, les blue berry ou myrtillers américains (Vaccinium corymbosum) qui composent les jus et cocktails à la mode dont je suis amatrice. Tout comme les fleurs en clochettes blanches que donne cet arbrisseau cousin des bruyères et des callunes, les fruits bleus possèdes une chair blanchâtre qui les différencie, entre autre, des myrtilles que l'on rencontre dans les sous-bois européens. Résistant à des températures très basses, jusqu'à -30°C, ses fruits atteignent leur pleine maturité à l'approche de l'automne, quand ses feuilles commencent à rougir avant de prendre une teinte de feu à l'approche de l'hiver que le myrtiller passera complètement nu. La culture de cette espèce est ancienne et remonterait aux indiens d'Amérique, mais ça culture à grande échelle ne daterait que de 1908.

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Les pratiques de l'exploitation en devenir sont orientées dans le but de préserver au mieux l'environement. De ce fait de nombreuses espèces sauvages s'y développent, en particulier de champignons qui profitent des troncs des peupliers morts laissés à la périphérie de la parcelle. L'oreille de Judas (Auricularia auricula-judae), cousine des champignons noirs chinois et tout aussi comestible se plaît ainsi à coloniser les branches tombées au sol.

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Nombreuses sont les espèces à avoir fait des peupliers leur demeure. On peut compter par exemple la très méridionale pholiote destructrice (Hemipholiota populnea) observer sur le site, bien trop amère pour être consommée, mais aussi la pleurote en forme d'huître (Pleurotus ostreatus), délicieuse et parfois exposée sur les étales des marchés. De nombreuses recherches sont menées sur les capacités dépolluante de cette pleurote.

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Surprise en retournant le sol, des dizaines de larves de hannetons de la Saint Jean (Amphimallon solstitialis) émergent. Gourmandes et friandes de jeunes racines, elles ne font pas toujours bon ménage avec le jardinier.

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Il ne faut pas les confondre avec les larves de cétoine, des auxiliaires au jardin. Pour faire la distinction : chez les hannetons on a une grosse tête, chez les cétoine une tête minuscule et un gros abdomen. Alors que l'adulte hanneton (imago) ne vit que de juin à août le temps de mener à bien ses amours, sa forme larvaire se développe pendant deux ans dans le sol. C'est un insecte typique de milieux ouverts tels que les prairies, les parcs et les jardins, toujours à proximité de haies et d'arbres pour se poser et ainsi se reproduire. Cette espèce est en pleine expansion, à contrario du hanneton commun (Melolontha Melolontha) qui tend à ne plus être ... commun. Les pratiques agricoles intensives avec l'apparition de monocultures pourraient expliquer l'augmentation de ce petit scarabée.

LA TÊTE DANS LES ETOILES

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Le titre est bien trouvé pour parler de mon nouveau travail. Depuis novembre, j'exerce comme animatrice nature au sein de la LPO Rhône, une consécration pour moi. Expliquer un écosystème, sensibiliser à la protection de l'environnement, faire observer des oiseaux d'eau ou des rapaces à des enfants et des familles, faire des pêches de découverte en mare mais aussi coordonner, défendre des projets pédagogiques, répondre à des commandes ou animer des stands de présentations et des conférences ne sont que quelques unes de mes activités au sein de la LPO Rhône qui depuis le 1er janvier 2018 fait partie de la LPO Régionale AURA : Auverge - Rhône -Alpes. Je me plonge depuis corps et âme dans l'étude et la compréhension des oiseaux.
Fort heureusement je suis bien équipée, en particulier du côté de l'éthnologie avec leformidable ouvrage "Le génie des oiseaux" de Jennifer Ackerman aux éditions Marabout - Siences & Nature, bien que l'auteur face des comparaisons un peu simplistes entre le comportement animal et humaine.

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Mi-novembre, je suis en observation avec une collègue elle aussi novellement arrivée. Au programme de la journée : sortie avec une classe de scolaires sur l'ENS local (espace naturel sensible). Pas de rapaces en vue, mais des pics, des mésanges, des corneilles, des pinsons, des rouges gorges, des palombes et des merles. Un inventaire qui semblerait à première vu pour certains décevant mais qui en réalité est riche en tout point. C'est une découverte pour bon nombre des enfants qui ont pris lors de cette sortie plaisir à découvrir autrement le patrimoine de leur commune mais qui ont pu aussi apprendre à observer leur environnement et à s'en émerveiller.

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Les grands chantiers ne s'arrêtent pas là ! Début décembre avec deux comparses, nous avons lancé le groupe jeunes LPO Rhône, sous l'aval et le regard bienveillant de la LPO Rhône. Ce groupe à vocation à réunir les jeunes du territoire, curieux et passionnés de naturalisme quelque soit leur niveau et leur parcours. Autant dire que de beaux projets ne devraient pas tarder à voir le jour et pour les quels je vous tiendrai informé. D'ailleurs, pour les curieux, je vous invite à nous rejoindre sur notre groupe facebook en cliquant ICI ou à nous contacter par mail à l'adresse suivante :  groupejeune.lporhone@gmail.com 

Autre grande nouvelle, mon entrée au Conseil d'Administration du Mycorium Sauvage de France, association mycologique organisatrice du Mycoforum en 2017 et en 2018 à Saint André de Vivarais, forum dédié au champignon et dont vous avez pu retrouver la présentation en cliquant . Sorties mycologiques, découvertes des plantes et des fleurs sauvages, créations d'expositions et d'évenements dédiées aux champignons à la nature ... autant dire que là aussi, ça dépote et dont bien évidement, vous aurez des nouvelles via les réseaux.

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La tête dans les étoiles mais aussi pleins les yeux. Le blog bien qu'au repos a dépassé pendant les vacances de noël le million pour ce qui concerne les visites. Un exploit pour un site personnel né en 2012 et qui se voulait être une simple plate-forme de partage plutôt discrète. Que de chemin parcouru depuis, de rencontres et de grands événements. Cette barre symbolique est aussi l'occasion de faire un peu de ménage : correction des articles aussi bien sur la véracité des informations que sur l'orthographe, suppression de ceux devenus obsolètes, bref, c'est une mise à neuf de certains contenus qui m'attend. Dans tous les cas c'est un immense merci que j'adresse à tous vous lecteurs, réguliers ou de passage, qui avezt contribué à toute cette aventure en vous attardant sur la Renarde des Alpes. Je vous souhaite de belles réussites pour cette année 2019 et dont j'ai hâte de tirer profit pour vous partager nos aventures dans les Calanques, en Camargue, en Alsace, en Allemagne et à la frontière Suisse.


dimanche 12 août 2018

Sortie en montagne 21.

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LE LAC DU PONTET

En partant du jardin botanique du col du Lautaret, nous ne pouvons nous empêcher de nous arrêter au lac du Pontet, que l'on retrouve déjà dans plusieurs vieux articles du blog . Situé à 1982 mètres d'altitude, le Pontet est facile d'accès depuis le village de Villar d'Arêne. Il fait office de base de loisir pendant l'été pour les locaux et les touristes de passage. On y croise parfois quelques pêcheurs qui titillent les poissons. Ceux-ci sont le fruit d'une campagne d'empoissonnement des points d'eau de montagne qui mena à l'uniformisation et/ou la destruction d'une grande partie de ces écosystèmes fragiles. Le lac n'est plus givré, il y a beaucoup plus simple d'y observer la flore qui est typique des plateaux humides de montagne de haute altitude. La faune commence également à s'éveiller, avec nos premières marmottes des Hautes-Alpes.

 

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Les grassettes communes (Pinguicula vulgaris), charmantes plantes carnivores, sont là. C'est ici que j'ai découvert ma toute première grassette et j'en reste toujours très émue car elle marque la période où a débuté ma passion pour la botanique. Sur la face ouest du lac, des centaines de pieds s'épanouissent sur les sols pauvres.

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La floraison violine débute en juin. Elle tranche avec les feuilles qui détonnent avec la végétation jaunie par les plaques de neige qui ont connu une fonte tardive. Le feuillage des grassettes est un piège mortel où les moucherons viennent s'engluer. Ils y sont digérés par la plante pour pallier au manque de matière organique.

 

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Les tarines sont les vaches emblématiques des montagnes. Nées dans la vallée de la Maurienne en terre savoyarde, on les rencontre désormais un peu partout dans les Alpes. Robuste et agile, ce sont de bonnes laitières également très présente sur les plateaux Maghreb où elles sont favorisées par leur morphologie.

 

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La globulaire à feuilles en coeurs (Globularia cordifolia) est une petite fleur bleue de montagne que l'on rencontre dès l'étage collinéen voire en plaine mais c'est entre 1500 et 2000 mètres d'altitude qu'elle s'épanouit le mieux. Ses feuilles lui ont valu son nom de par leurs formes atypiques.

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Bénéficiant d'un arrêté de protection préfectoral dans le Midi-Pyrénée, on récoltait de ce petit arbrisseau les feuilles qui donnent une fois infusée, un puissant laxatif qui était utilisé en médecine populaire. Cette endémique des Alpes fleurie de Mai à Juillet et pour fleurs des pompons bleus denses. On la nomme également de manière poétique "veuve-céleste".

 

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Arrivés au lac, nous profitons de l'alcamie des nuages. Nous sommes seuls, c'est idéal pour inspecter les berges du lac, retrouver les plantes carnivores qui m'avait fait bondir de joie il y a bientôt 5 ans de cela et voir si les orchidées sont à la fête. Il faudra revenir à la fin de l'été pour observer les linaigrettes qui se balancent au vent.

 

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L'orchis rouge sang (Dactylorhiza incarnata) est aussi appelé dactylorhize couleur de sang. Cette orchidée est une sous-espèce de l'orchis incarnat beaucoup plus massive et foncée que l'espèce type et qui se différencie par la présence de tâches noires sur les deux faces des feuilles très incurvées. Elle bénéficie d'une protection complète sur l'ensemble de la région PACA. Elle pousse dans les zones humides et les prairies marécageuses.

 

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La pie-grièche grise (Lanius excubitor) est un oiseau prédateur de la taille d'un merle noir. Son plumage noir, gris et blanc lui permet de se fondre dans le paysage minéral de la haute montagne même si on la retrouve dans des milieux ouverts, semi-boisés et les bosquets. En France, les individus de cette espèce sont non migrateurs à la différence des populations scandinaves qui tendent à descendre dans les îles britanniques et en Europe de l'Est.

 

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Le spectacle débute dès l'assension. Au loin, la vallée de la Romanche s'étend, écrasée par les montagnes mais c'est tout autre chose qui attire notre regard. Dans la végétation de bord, une multitude de petits oiseaux au plastron rouge virevolte en tout sens. Il s'agit du sizerin cabaret (Acanthis carduelis), un oiseau granivore commun dans le grand nord mais aussi en Europe de l'Est et dans certaines îles italiennes où il trouve les pins dans lesquels il aime nicher. Fin mai et début juin on peut le voir localement former des petits groupes.

 

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Les marmottes des Alpes (Marmota marmota) font leur sortie. Elles sont nombreuses à pointer leur nez au-dessus du lac est ne sont effrayées que si les curieux ne s'approchent d'un peu trop près. Sur la commune, on compte pas moins de 720 observations ne serait-ce que pour ce qui touche aux relevés de population.

 

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La primevère farineuse (Primula farinosa) est une primevère de montagne qui se reconnaît à ses fleurs roses et ses feuilles ovales en rosettes. Elle se plaît en milieu humide, en particulier dans les marais et les abords de ruisseaux. 

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C'est une espèce subalpine qui a d'importants besoins en soleil, en humidité et qui tolère très mal les températures trop élevées. Fait particulier, elle ne croît que sur les sols dépourvus d'acidité ou, où celle-ci se trouve très limitée. Pour ceux qui souhaitent la rencontrer, elle n'est présente que dans les Alpes, le Jura et les Pyrénnées pour ce qui est du territoire métropolitain.

 

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Le narcisse des poètes (Narcissus poeticus) est connu pour le fort parfum qu'il dégage. Longtemps récolté pour la parfumerie et pour orner les maisons, au point qu'il a manqué de dispraître. Désormais il est protégé dans de nombreuses régions. Au lac, il pousse abondamment couvrant les champs de blanc.

 

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Une nouvelle découverte pour moi ! La bartsie des Alpes (Bartsia alpina) est une hémi-parasite qui est l'une des rares plantes à être proche du noir. Ses fleurs se fondent dans ses pièces foliaires tant et si bien que l'on ne sais pas nécessairement où s'arrêtes les feuilles. Elle tire son nom de Johann Barsch, botaniste mort au Surinam et grand ami de Carl Von Linné qui, en son souvenir, donna à cette fleur alpine le non de bartsie.

 

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Le trolle d'Europe (Trollius europaeus) est une des plus grandes et grosses renonculacées que l'on peut rencontrée. Typique des montagnes, seuls les bourdons sont assez puissants pour forcés ses pétales et la butiner. De ce fait la fleur donne l'impression constante d'être en bouton. Certains petits scarabés aiment y prendre habrit.

 

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Voilà une excellente surprise, à la fin de notre sortie nous tombons sur un rond de sorcière de tricholome de la Saint George (Calocybe gambosa) appelés aussi parfois mousserons de la Satin George. C'est un champignon de couleur crème au parfum doux de farine et qui est un excellent comestible. C'est sur cette récolte que s'achève cette énième sortie en montagne qui, bien que courte et grisailleuse, fût pleine de charme et de découvertes.

 

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lundi 6 août 2018

Sortie en campagne 11.

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L'Ain n'est pas qu'un département, c'est aussi une rivière dont les eaux ( de nature calcaires) sont essentielles au bon fonctionnement des vallées fertiles du nord rhônalpin. Prenant sa source dans le Jura à faible altitude (700 mètres), il se jette dans le Rhône après avoir parcouru un peu plus de 190 km. Pendant sa route, le cour d'eau est ponctué de plages de galets blanchis qui font le bonheur des baigneurs mais aussi des oiseaux qui y trouvent de quoi faire leur repas en soulevant les pierres les plus légères, délogeant ainsi quelques pauvres gammares ayant trouvé abri tant bien que mal de la chaleur en se terrant dans les reliquats d'humidité. Son débit important est alimenté par de nombreux affluant tel que la Serpentine, la Cimante ou l'Albarine dont le nom pourrait signifier rivière blanche, rivière divine, rivière sacrée ou encore rivière aux Saules.

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C'est l'été, une pause au bord de l'eau implique de ce fait un casse dalle de saison. Quoi de mieux qu'une gamelle de pastèque ? De son nom scientifique Citrullus lanatus, elle est originaire d'Afrique de l'Ouest et sa culture, vieille de 5000 ans. Aimée des égyptiens, c'est par eux qu'elle se diffusa en Méditerranée.

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Le fond de l'eau est couvert de limons, des particules arrachées à la roche par la force du courant et les phénomènes produis par dl'érosion. Situés entre le sable et l'argile, ils forment un dépôt composé essentiellement de quartz, de tectosilicates et de mica.

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Très fertiles, ils couvraient de manière régulière par l'intermédiaire des crues décennales les vallées de l'Ain. Aujourd'hui contrainte dans son écoulement, la rivière n'a plus la possibilité de fertiliser les terres, d'où l'augmentation des engrais et autres produits à l'échelle locale. Les limons contribuent aussi au bon maintient de la faune et la flore, en particulier des ripisylves qui composent les berges et qui ont besoins d'éléments riches pour se développer. Cependant, une trop grande abondance de limons peu nuire en modifiant la turbidité de l'eau et en causant la prolifération d'algues autotrophes pouvant perturber les milieux.

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La bergeronnette grise (Motacilla alba) est un oiseau qui se reconnaît à sa longue queue parée de noire toujours en mouvement. Proche des habitats humains, elle peut se plaire dans une grande diversité de milieux, aussi bien secs ou humides même si elle reste affiliée à l'eau. Elle fait partie des nombreux animaux composant la faune de l'Ain avec le héron cendré, l'aigrette garzette, la bécassine des marais, la loutre, le castor et le sanglier.

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Le monde aquatique a beau ne pas être l'élément de prédilection dans ma famille, quand l'été se fait aussi mordant on ne cherche pas à comprendre, on fonce ! La transparence et la fraîcheurs des eaux est une véritable invitation à la baignade et au lézardage.

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36°C à l'ombre, 24°C dans l'eau, le choix est rapidement fait, encore faut-il réussir la cruciale étape que celle de plonger les pieds. Chasse aux micro crustacés, ricochets, pyramides de pierres, kayak ... les choix sont multiples pour profiter du site, tout en faisant au mieux pour ne pas impacter le milieu. Les aigrettes sont peu farouches et passent régulièrement au-dessus de nous. Les goélands leucophés s'approchent en quête d'un reste de pique-nique, les cygnes à leur habitude quémandent et les corneilles font un joyeux boucan dans les cimes des peupliers. Tout invite à la détente et au lâché prise. Cependant, on ne saurait oublier le quotidien. Travail d'été oblige, c'est une fois de plus bien loin de la nature que je passe mes journées.

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vendredi 27 juillet 2018

Sortie en montagne 20.

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CHARMANT SOM

 

C'est un mont bien connu de la Chartreuse de par son accès facile en voiture qui mène à son alpage du quel il faut moins d'une heure pour atteindre le sommet. Circuit familiale particulièrement bien adapté aux familles, on en oublierait presque que c'est également un lieu de nature sauvage du quel on peut très facilement observer la grande faune mais également faire de belle découvertes botaniques.

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À la croix, qui culmine à 1867 mètres d'altittude, il est possible d'observer les autres grandes montagnes emblématiques du massif comme Chamechaude, la Grande Sûre et la Dent de Crolles mais aussi, le monastère des pères Chartreux et les Entremonts qui portent bien leur nom. Toujours dans la même démarche que celle du précédant article traitant de la montagne, le Charmant Som vous est présenté à l'ermérgeance des premières fleurs quand le printemps se fait plus chaud mais que la neige tarde à partir puis, à l'arrivée de l'été en juin.

 

Au printemps

Il pleut à grosses trombe, ce qui nous assure d'être presque seuls dans notre escapade. Nous empruntons le sentier qui longe l'alpage ouest, à fleur des parois rocheuses au pied des quelles l'on peut parfois croiser des lagopédes alpins (Lagopus muta) en début septembre quand le temps se fait plus frais.

 

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Les combes sont encore enneigées et sur le premier kilomètre nous avons du nous avancer sur des névés où, fort heureusement, le chemin été déjà tracé par les pas de randonneurs équipés de crampons. L'herbe est alors encore jaunie, le manteau neigeux ne s'étant retiré que quelques jours avant notre arrivée.

 

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Voilà que se présente le merle à plastron (Turdus torquatus). C'est un gros passereau noir dont on peut aisément identifier l'espèce par la bavette blanche qu'il présente sur la gorge et une partie du torse. Typique des montagnes, selon la latitude et l'altitude mais aussi le caractère de l'individu,  il est sédentaire ou migrateur. Par chez nous c'est surtout l'étage alpin qu'il fréquente, en particulier la zone de transition entre la forêt et l'alpage.

 

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Nous n'en avions vu qu'un ou deux pied lors de notre première sortie à Chamechaude, nous sommes heureux de la croiser à nouveau. La soldanelle des Alpes (Soldanella alpina) est une plante qui aime les étages de haute altitude et peut se rencontrer jusqu'à 3000 mètres, pour un peu que l'on est bon marcheur. Apparaissant aux premières fontes des neiges, elle disparaît presque aussitôt. Très fragile, il est déconseillée de la manipuler.

 

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Se partageant les mêmes étages que la soldanelle (800 à 300 mètres), les marmottes des Alpes (Marmota marmota) font leur toutes premières sorties de l'année ! Ce gros rongeur de 40 à 60 centimètres peut aisément atteindre 8 kilos, donnant une silouette fort corpulente qui peut être allourdie par le pelage dense de l'animal. Typique des Alpes comme son nom l'indique, elle a été lâchée dans d'autres massifs comme celui des Pyrénnées.

 

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Malgré son nom de bois gentil ou de bois joli, on ne serait oubilier que le daphné morillon (Daphne mezereum) est un arbuste fortement toxique, que cela soit son bois, ses feuilles ou ses baies dont la dose létale chez l'enfant s'évalue à 4-5 fruits, 10-20 chez l'aldutle. On les utilisait de ce fait pour empoissonner les animaux vus comme nuisibles mais s'est un arbre qui fût fort précieux dans les temps anciens, en particulier pour teinter le linge en jaune. Ses fleurs roses et son parfum suave ont permis sa diffusion dans les jardins de plus basse altitude. 

 

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Populaires chez les amoureux des belles randonnées, les rhodendrons ferrugineux (Rhododendron ferrugineum) sont encore en bouton. Eux aussi ont quitté les montagnes pour se diffuser dans les jardins des particuliers. Appelé parfois laurier rose des Alpes à tord, il est typiques des landes alpines à éricacées qui se situent entre 1400 et 2200 mètres, bien que son étage de prédilection se situe entre 1600 et 2400 mètres.

 

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L'orchis sureau (Dactylorhiza sambucus) est uen orchidée des alpages qui a la particularité se présenter une forme jaune vanille et une forme fushia. Son nom vient du parfum qu'elle dégage, en particulier en fin de floraison et qui se rapproche du sureau noir (Sambucus nigra) dont les ombelles sont prisées par les amateurs de cueillettes sauvages pour réaliser des sirops, des vins et des limonades parfumées.

 

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En cours de route nous tombons sur nos premiers mouflons corses (Ovis aries musimon) de l'année. Introduits pour la chasse sportive, ils forment l'une des deux populations de mouflons présents sur la France continentale, cette espèce étant endémique à l'origine de l'Île de beauté. Introduits  à la fin des années 1990, les 15 individus relâchés ont donné vie à une troupe de pas moins 90 têtes. Des lâchés ont été depuis reprogrammés pour maintenir la population stable, éviter la consanguinité et la pérenniser sur le territoire bien que le milieu ne soit pas vraiment adapté à ce type d'animaux préférant les pentes rocheuses et moins vertes typiques de la Corse.

 

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Le brouillard se lève quand nous atteignons le sommet, une constante dans nos explorations. Nous restons bien sagement sur le sentier, un décrochage étant vite arrivé. Les pierriers sont entourés d'herbe verte et de narcisses jaunes (Narcissus pseudonarcissus), appelé bien souvent jonquilles bien qu'ils n'en soient pas.

 

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Au loin, la Grande Sûre sort de son écrin de nuages. C'est notre prochain objectif, déjà nous avons pu en parcourir les pentes boisées au moment de la rédaction de cette article, pour récolter entre autre les jeunes pousses de sapin et d'épicéa pour la confections de délicieux sirop. La suite dans un prochain article.

 

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Lui aussi est un incontournable des montagnes de Chartreuse. Le chocard à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) n'est pas un banal corvidé au plumage noir. Leur chant très mélodieux se compose de sifflements longs et de cris roulants. Il est un habitué des pâtures et alpages de montagnes où il se nourrit d'insectes, de mollusques, de baies et parfois de petites charognes. Chapardeur, il aime tourner autour des restaurants d'altitude.

 

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Sur la fin de parcours nous voyons enfin les chamois (Rupicapra rupicapra). Tous le long de notre marche, nous les avons croisés, parfois à quelques mètres nous, sans pouvoir figer l'instant magique que nous vivions. La route menant au sentier étant encore peu fréquentée à cette période de l'année, ils ont pris loisir à pâturer en bordure de celle-ci. D'effectif très réduit dans les années 1960, il est aujourd'hui bien implanté dans les massifs français.

 

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Le long du sentier nous tombons sur deux orchidées au nom évocateur. À gauche figure l'orchis moucheron (Gymnadenia conopsea) appelée aussi orchis moustique, peut être en raison du long éperon de ses fleurs et qui dégage une délicieux odeur. À droite l'orchis grenouille (Dactylorhiza viridis) qui présente des fleurs surprenant et que l'on retrouve dans tous l'alpage faisant dos à la fromagerie située en contre-bas.

 

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Le sommet ? Non, un contre-point rocheux qui mène à celui-ci. À la belle saison il se peuple d'aconites-tue loup (Aconitum lycoctonum subsp. vulparia) qui, avec l'aconite napel nommée casque de Jupitère (Aconitum napellus subsp. napellus), est l'un des deux plantes les plus toxiques d'Europe continentale.

 

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Voilà enfin le sommet, depuis lequel on voit le monastère des Pères Chartreux. Cependant, ce n'est pas là que le précieux élixir, la Chartreuse, est distillé. D'atteinte facile, la croix symbolise les 1867 mètres d'altitude du Charmant Som et se trouve sur les lapiaz, des rainures et creux formés par la pluie sur la roche tendre faite de calcaire. Familiale, cette randonnée est un incontournable pour les habitants du bassin grenoblois et du massif.

 

Les prémices de l'été

Voilà la sortie du soleil, enfin ! La floraison bat son plein, il est temps de reprendre les chaussures et le sac de randonnée pour observer tout ça en directe. Nous ne sommes pas les seuls à en avoir l'idée et bientôt le parking de l'auberge du Charmant Som se couvre d'une soixantaine de voiture. Pas farouches, nous entreprenons de botaniser au milieu des enfants, des coureurs et des amoureux de la montagne.

 

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Le sorbier petit néflier (Sorbus chamaemespilus) est une découverte pour moi. Appartenant à la grande famille des alisiers, cet arbrisseau ne dépassant pas un mètre présente une corolle de fleurs rosées. Rare dans le Massif Central, c'est surtout dans les Pyrénées, les Alpes et le Jura qu'on peut l'observer dès 1200 mètres d'altitude.

 

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L'alpage est devenu verdoyant et accueille les vaches, de belles tarines, le temps de l'estive. Matin et  soir, elles rejoignent l'étable de traite. Le lait est directement traité sur place pour devenir des fromages qui sont affinés pendant un an et plus avant d'être mis en vente. L'un des plus célèbres est le coeur de Chartreuse.

 

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Enfin, les rhodendrons ferrugineux (Rhododendron ferrugineum) sont en fleurs. Ils colorent de rose les abords du sommet, ne laissent personne insensible à ce spectacle. Très nectarifère, il est apprécié des abeilles domestiques dont le miel blanc ivoire est commercialisé dans les Pyrénées sous le nom de miel de rhododendron. Son nom scientifique vient du grec et signifie littéralement arbre (Dendron) rose (Rhodo) rouille (Ferrugo).

 

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Voilà belle lurette que l'orchis mâle (Orchis mascula) ne fleurit plus à l'étage colinéaire et en plaine. En montagne, l'altitude aidant, on peut encore le voir fleurir. Cette orchidée terrestre se distingue des autres taxons rencontrés sur le Charmant Som par l'odeur dégagée par ses fleurs violines, proche de celle de l'urine de chat.

 

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Le trolle d'Europe (Trollius europaeus) n'est pas une créature du folklore local mais une plante de la famille des renoncules aux imposantes fleurs jaunes dont seuls certains bourdons parviennent à forcer les pétales pour les féconder. L'impression que donnent les inflorescences d'être perpétuellement en bouton ou non éclosent leur a valu leur surnom de boule d'Or. À savoir, le terme trolle venant de l'Allemand "Trol" et voulant dire "globe".

 

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Un pigamon à feuilles d'ancolie (Thalictrum aquilegiifoliumus) est sur le point de donner ses premières fleurs. Cette espèce se rencontre d'ordinaire dans les bois et les ravines de montagne mais aussi les marais d'altitudes et les prairies riches en matière organique et en apports azotés. Sa floraison débute en juin et se poursuit juillet.

  

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Nouveau focus sur la gentiane acaule (Gentiana acaulis). C'est une espèce calcicole, c'est à dire qui apprécie le calcaire. La roche mère étant de cette nature et affleurant bien souvent la litière, pour même parfois la remplacer, cette plante à fleur se trouve bien aisée de s'y développer au point d'en trouver un pied sur chaque rocher composant la délimitation du sentier. Avis aux amateurs, on la trouve entre 1400 et 3000 mètres d'altitude.

 

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Botaniser, c'est aussi tomber sur des colles. Voilà quatre belles,  certaines dont il est aisé de donner le genre ou la famille comme pour les cirses et le renoncule de cette série de photos. Pour l'espèce sa coince. La patience devient alors la meilleure des armes, pour peu que l'on ait pensé à photographier les feuilles ... 

 

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Nouvel arrêt, cette fois au sommet. Les nuages sont beaucoup plus dissipés, nous pouvons cette fois-ci profiter du spectacle. En face de nous au loin, le Pinet, à gauche Chamechaude, à droite la Dent de Crolles et derrière, la Grande Sûre. Des sommets emblématiques que nous rêvons d'explorer à nouveau. Dans les lapiaz, l'ail du cerf (Allium victoralis) et la gesse jaune (Lathyrus ochraceus) ne vont pas tarder à faire leur apparition.

 

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C'est aussi du sommet que nous avons l'une de nos plus belles surprises de la journée. Ce n'est pas un mais quanrante mouflons corses (Ovis aries musimon que nous voyons remonter l'alpage auquel nous faisons face.

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Une partie des mâles mène la marche, suivie des femelles et des nombreux petits. Ils se dispersent le temps de brouter le coteau pentu avant de dispraître derrière la crête rocheuse. C'est sur le coup des 17 heures que le troupeau se rassemble et quitte le fond du plateau pour remonter vers son air dortoire. Le bêlement de ces animaux ne va pas sans surprendre le promeneur et pour cause, les mouflons sont les ancêtres directes des moutons (Ovis aries). Cependant le mouflon Corse ne serait être à l'origine de ces derniers, c'est dans les espèces situées à l'est et au Sud de l'Eurasie qu'il faut regarder de plus près, en particulier chez le mouflon oritental (Ovis orientalis).

 

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La pensée à deux fleurs (Viola biflora) ne supporte pas le gel. Elle survit en altitude grâce aux névés, les fontes de neige tardives. Protégée part le manteau neigeux, la plante ne laisse pas de prise au froid. Dés la fonte, elle sort de sa torpeur et fleurie. De ce fait on la trouve souvent dans les zones abritées comme les crevasses et les failles rocheuses mais aussi les marais des hauteurs, cette espèce ayant d'importants besoins en eau.

 

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Assis sur les hauteurs, nous nous armons de patience pour voir à l'aide de nos jumelles et notre objectif le va-et-vient des marmottes. Nous suivons aussi du coin de l'oeil le vol infatigable des martinets à ventre blanc (Tachymarptis melba) dont les passages en rase motte au dessus de nos tête font siffler l'air.

 

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L'orpin rose (Rhodiola rosea) n'est pas un orpin et n'appartient même pas au genre des sedums. Nommé également racine d'or, c'est une plante typique des étages de haute altitude mais aussi des pays proche du cercle arctique. Rare, c'est une plante médicinale précieuse pour sa capacité à traiter les états dépressifs. En Sibérie, la racine d'or est couramment utilisée pour lutter contre le manque de soleil qui conduit à des états suicidaire de mélancolique profonde. Son nom d'orpin rose vient de la forme de ses feuilles semblabes à celle des plantes dites grasses et du parfum puissant de rose que dégage sa racine quand elle est tranchée.

 

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La dryade à huit pétales (Dryas octopetala) est une fleur qui tire son nom des dryades mythologiques, des nymphes des arbres affiliées aux chênes. Ce sont de belles jeunes filles timides et souvent bienveillantes dont il faut s'assurer les grâces pour abattre les arbres et les forêts qui sont sous leur protection.

 

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Encore une plante qui doit son nom au massif alpin. Le carmérisier des Alpes (Lonicera alpigena) est un chèvrefeuille qui peut destabiliser au premier abords par sa petite taille et ses grandes feuilles galbres.

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Présent entre 500 et 2200 mètres, il a une préférence marquée pour les bois de hêtres. Sa floraison s'étale de mai à juin. Elle est caractérisée par l'apparition des fleurs liées deux par deux par un ovaire double, ce qui donne des fruits en forme de coeur allongé ou de petites cerises à la fin de l'été. On ne serait les croquer, les baies étant toxiques pour nous autres humains masi faisant le délice des passereaux.

 

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Redescente sur l'aplage puis le parking, avec toujours en vue les verts pâturages, les affleurements rocheux où les grandes gentianes jaunes s'établissent et se confondent parfois avec les vératres blancs, entourées de gaillet. Il nous faudra revenir percer les secrets des fossiles emprisonnés des roches qui scellent l'entrée du sentier, des oiseaux trop rapides pour être saisis et identifiés, des milliers de baies en formation et des lys martagons qui se font désirer en ce début d'été. Septembre semble être le meilleur mois pour revenir profiter de ce petit coin de paradis.       

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mercredi 27 juin 2018

Rallye ornitho avec la LPO.

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Retour dans l'Ain et l'Isère fin mai 2018 pour un événement un peu particulier, un rallye ornitho. Qu'est ce que donc ? Il s'agit tout au long d'un parcours dessiné à l'avance d'observer le plus d'espèces d'oiseaux possible. Composées en petits groupes, les équipes doivent se déplacer sur 3 à 4 sites afin de pouvoir mener leur inventaire. L'enjeu de cette matinée d'observation est d'évaluer année après année la présence et le nombre d'oiseaux pour évaluer leur population. Il n'y a pas de mystère, la tendance est encore et toujours à la baisse, de quoi se miner le moral malgré cette journée placée sous le signe de la convivialité et de la découverte. Cela ne serait cependant faire oublier la beauté de site, en particulier de l'étang de Lemps et du plateau de Larina où nous retournons de temps à autre traîner nos savates. Le temps et couvert et la pluie s'invite par moment, c'est idéal pour observer certains animaux en quête de chevreuil. Un ragondin et un chevreuil d'humeur matinale croise notre route, il n'en faut pas plus pour contribuer à notre bonne humeur. Pour l'occasion je suis avec 4 de mes camarades qui m'ont accompagnés tout au long de mon GPN, et qui, passionnés de nature et d'ornithologie m'ont convié à eux pour cette sortie.

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Le paysage n'est pas forcément celui auquel on s'attend. La centrale nucléaire du Bugey s'offre au promeneur, mais c'est sur les falaises qu'il faut s'attarder. Outre l'autour des palombes (Accipiter gentilis) qui nous a gratifié d'un très rapide passage, il y a fort à voir. Déjà en contre-bas, où une grande héronnière s'étend, on peut y observer les parents nourrir leurs pettis. Sur la falaise, les choucas des tours (Corvus monedula) sont rois, ce qui semble nullement déranger ce pigeon colombin (Columba oenas).

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Les ascalaphes (Libelloides) malgré leur aspect ne sont pas des papiilons. Ils se reconnaissent à leurs ailes en partie transparentes, aux massues au bout de leurs antennes et à leur régime alimentaire qui se compose essentiellement de mouches qu'ils capturent en plein vol. Ils sont typiques des milieux secs et pierreux.

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Le gazé (Aporia crataegi) est aussi nommé piéride de l'aupébine. Généralement, les ailes aux nervures noires des femelles sont beaucoup plus transparentes que celles des mâles et possèdent une marge brune, ce qui permet de différencier les sexes, à condition que les individus aient déjà quelques heures d'existance sous leur forme d'imago. Une quinzaine de pontes de 60 à 120 oeufs jaunes à chaque mise sous feuilles finissent par épuiser dame gazé qui bien souvent, meurt d'épuisement. Comme son nom l'indique, l'aubépine est l'arbre hôte des chenilles de ce papillon. 

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Sur le plateau de Larina, bien d'autres espèces se rencontrent. Ceux de la famille des nymphalidae sont les plus abondants. Souvent de grande taille, ces papillons sont des butineurs précieux car ils sont souvent les seuls à être capable avec leurs longues trompes à atteindre le nectar contenu dans les éperons profonds de certaines fleurs.

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Le lézard vert occidental (Lacerta bilineata) a fait de Larina son fief. Pourtant celui-ci n'y a pas été observé. Il est originaire de l'ENS de l'étang de Lemps. C'est un endroit idéal pour d'observer la faune de part ses observatoires et ses palissades. Bien cachés, nous sommes gratifiés du passage de la bondrée apivore (Pernis apivorus) et semble-t-il du faucon hobereau (Falco subbuteo) s'ajoutant à la multitude de canards présents.

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Deux couples de grèbes huppés (Podiceps cristatus) s'affèrent à leur pêche. En fin de notre parcours, nous avons même la chance d'observer sur le lac devant le quel nous pique-niquons un adulte transportant un petit sur son dos. Cet oiseau se caractérise par plumage pourpre, par son vol saccadé et par son cri de trompette.

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Ô joie ! Nous tombons sur l'emblême de l'ENS : la tortue cistude (Emys orbicularis). C'est la première fois que j'observe des specimens sauvages, autant vous dire que je n'en reviens toujours pas. C'est une des deux espèces de tortues sauvages en France métropolitaine avec la tortue d'Hermann (Testudo hermanni). Aquatique, elle était présente dans tout le pays avant que les milieux humides ne se réduisent à peau de chagrin. Désormais elle est en voie de disparition dans l'ensemble de l'Europe, en Russie et au Nord de l'Afrique.

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L'ornithogale des Pyrénées (Ornithogalum pyrenaicum) est appelé asperge des bois. Au stade de fleurs il n'est plus apte à être cueillie. C'est quand il est en bourgeon, quand le soleil n'est pas encore trop dur, qu'on le récolte en forêt ou en lisière. Sa saveur douce, verte et sucrée en fait un met recherché. De ce fait il se ratifie dans de nombreuses forêts se qui a poussé certaines régions et communes à le protéger complètement ou de manière partielle en réglementant sa récolte. Ce soir là, c'est omelette aux asperges des bois à la maison.

DSC04064Notre itinéraire s'arrête dans les marais qui se trouvent au pied du plateau de Larina. Sur la berge, un héron pourpré (Ardea purpurea) tente de trouver un peu de calme malgré les piaillements incessants des locustelles cachées dans la phragmitaie. La matinée rallye prend fin, au compteur plus de 140 espèces mais avec des effectifs très faibles. Mauvais temps, activité humaine, prédation ... nos amis à plumes sont de moins en moins présents dans nos campagnes et les causes sont multiples. Notre morale s'en trouve quelque peu endeuillé, malgré la convivialité ambiante qui émane du repas partagé avec les autres équipes.

mardi 12 juin 2018

Sortie en campagne 10.

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Nous voilà sur le plateau de Larina, dans l'Ain. C'est un site remarquable qui à travers son statut d'ENS, espace naturel sensible, dispose d'une protection bien définie ainsi que d'un ensemble de missions, à savoir la protection et la mise en valeur de son patrimoine : études scientifiques, visites au public, installations de panneaux, maintient des vestiges gallo-romains. Tourbières, falaises calcaires, pelouses sèches et forêts de charmes sont quelques uns des milieux composent ce site. Le faucon pèlerin (Falco peregrinus) en est l'espéce emblématique, on peut l'observer le long des parois rocheuses où il se plaît à chasser et à nicher. Quand l'espace vient à manquer ou que le milieu est trop perturbé, il se rabat sur les milieux anthropisés. Toits, cornières, balcons ... tout autant d'éléments propices à son installation. Sa présence en ville à l'avantage de réguler en partie les populations de pigeons bisets, en particulier pendant la période de nourrissage des petits.

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L'abondance d'amas de pierres et la présence d'une carrière est propice aux reptiles. Un suivis scientifique est en cours pour connaître, entre autre, la population des serpents du plateau. Mal aimés, ces animaux sont essentiels à nos écosystèmes et sont sous nous latitudes, peu dangereux. La vipère aspic (Vipera aspis), appelée aussi vipère rouge, possède la plus mauvaise des réputations, pourtant c'est un animal timide qui finit bien souvent sous les pneus de nos automobiles comme celle-ci. Parmi les mythes qui l'entourent, on la présenté comme agressive, poursuivant les promeneurs et leur sautant aux cuisses ou au thorax pour les mordre mortellement. Pourtant il n'en est rien. Cependant ces idées demeures tenaces, tour autant que celles qui voudraient que des caisses contenant des serpents soient régulièrement lâchées depuis des hélicoptères ou, que les vipères et les couleuvres s'accouplent pour donner vie à des hybrides aussi dangereux que le mamba noire. Espérons que ces idées préjudiciables à notre environnement viennent un jour à disparaître.

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Le plateau de Larina est connu pour ses strates de roche qui s'emplilent les unes sur les autres. Mises à nu par endroit, elles permettent de découvrir ça et là des vestiges d'un autre temps. Des fossiles de moules, d'huîtres, d'oursins et de divers coquillages apparaissent en relief sur les blocs qui jonchent la prairie. Il rappellent que, il y a quelques millions d'années de ça, plus de la moitié du pays était couverte par une mer chaude grouillante de vie.

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J'adore les orchidées et bien plus encire leurs hybrides. À chaque fois c'est un festival de formes et de couleurs. Ici nous avons un rejeton d'un orchis de l'Homme pendu (Orchis anthropophora) situé tout à gauche et d'un orchis singe (Orchis simia) présenté tout à droite. Le plan ainsi né se nomme l'orchis de Bergonii (Orchis x bergonii ou Orchis anthropophora x Orchis simia), le x marquant l'hybridation. Il n'est fécond qu'avec un individu de la même espèce que ces parents. C'est grâce à l'intervention de pollinisateurs que ce type de phénomènes s'observe, plus ou moins fréquemment selon les espèces.

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L'orchis brûlé (Neotinea ustulata) est une orchidée commune dans les pelouses calcaires bien ensoleillées qui se reconnaît à sa sommité cramoisie et aux gros points qui marquent le label. Commune en France mais vulnérable dans de nombreuses régions et départements, elle est protégée en Corse, dans le Centre et en Picardie. Sa pollinisation s'effectue à travers une miniscule mouche.

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À la lisère de bois on trouve une autre orchidée, poussant ici à côté de l'orchis brûlé. Il s'agît de la céphalanthère à feuilles en épée (Cephalanthera longifolia) ici à droite, une espèce des milieux plus ombragés, contrairement à l'hélianthème des Apennins (Helianthemum apenninum) à gauche et dont les fleurs tout aussi blanches recherchent le soleil. C'est un sous arbrisseau calcicole présent dans de nombreux pays méditerranéens.

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Dans le sous-bois, c'est une autre flore qui s'exprime. Les fleurs blanches des stellaires holostées (Stellaria holostea) se mêlent à celles bleues de la véronique petit chêne (Veronica chamaedrys) formant des bosquets denses. Alors que la première a plutôt tendance à être acidophile, la seconde préfère les sols calcaires. Croiser ce mélange n'est de ce fait pas si courant même si ces deux espèces se rencontrent assez souvent en lisière.

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Bien qu'elle soit en fin de floraison, on peut encore voir la pulsatille rouge (Anemone rubra). Elle se cantonne principalement à la région Auvergne-Rhône-Alpes bien qu'on la trouve dans quelques départements alentours. C'est également dans cette région qu'elle fait l'objet d'une protection soutenue. Certains auteurs ne la dinstingue pas de la pulsatille des montagnes (Anemone montana) dont les couleurs seraient moins prononcées.

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La véronique prostrée (Veronica scheereri) se reconnaît à ses fleurs bleues en épis, son port ras et sa pilosité blanchâtre. Elle aime les milieux secs, pauvres en nutriments, bien ensoleillés et strictement calcaires. Elke est parfois confondu avec la véronique d'Autriche (Veronica austriaca) et la véronique germandrée (Veronica teucrium) ce qui explique sa sous-représentation dans de nombreux départements. Comme pour l'hélianthème des Apennins, sa souche est ligneuse. Bien que pouvant pousser sur de hautes altitudes, plus de 2000 mètres, on ne la rencontre que ponctuellement dans les Alpes.

Une des particularités du plateau est la présence par endroits de résurgences, créant ainsi des îlots humides au milieu des pelouses xérophiles. Des arbres pionniers tels les boulots s'y sont installés, procurant une fraîcheur bienvenue pour des espèces aimants l'ombre, les sciaphiles. Ils donnent aussi l'occasion d'observer une faune qui d'ordinaire se rencontre en contrebas des falaises, dans les étangs de la tourbière.

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La valériane officinale (Valeriana officinalis) fait partie de ses plantes aimant les milieux humides mais ayant besoin de soleil. Cependant celle-ci semble s'accomoder de l'ombre procurée par la proximité du sous-bois. C'est une plante médicinale qui s'emploie pour aider à l'endormicement et pour lutter contre l'anxiété. Sédative, son emploi se fait non sans mesure. Sa racine agît comme l'herbe à chat sur nos compagnons à quatre pattes, ceux-ci étant stimulés par une molécule entrant dans la composition de leurs phéromones sexuelles propres aux félins.

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Les hélianthèmes jaunes ne sont pas simples à différencier vu les similarités entre chacune des dizaines espèces que l'on trouve sur le territoire. Il pourrait ici s'agir de l'hélianthème à feuilles de nummulaire (Helianthemum nummularium). Il est aussi appelé hélianthème commun et se reconnaît à son port élancé, à ses fleurs jaunes et à ses feuilles opposées dont la marge est couverte de poils blancs ou gris. Aimant les sols calcaires qui ont le désavantage de ne pas retenir l'eau, il s'y est adapté en développant des racines peuvent s'enfoncer jusqu'à 50 centimètres de profondeur pour capter la moindre goutte.

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L'épine-vinette (Berberis vulgaris) est un petit arbuste épineux connu pour ses fruits rouges qui font le délice des enfants et des oiseaux. En gelée, en confis, en sirop ou en confiture, ses baies se mangent à toutes les sauces, même en plat de résistance avec du gibier. Seuls quelques départements, localisés surtout en Bretagne, sont dépourvus de cette espèce qui pousse dans une grande variabilité de milieux tant que le sol est calcaire.

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Installé tranquillement, un lézard vert occidental (Laceera bilineata) prend du repos. Chez cette espèce, les mâles peuvent atteindre jusqu'à 30 centimètres de long, ce qui en fait de bons amuses-gueules pour les couleuvres et les rapaces qui s'en nourrissent . Vif, il se réfugie dans la végétation broussailleuse des plateaux ensoleillés. C'est lui aussi un grand fan de vieilles pierre dont il tire profit de la chaleur le soir venu.

DSC02505La vue sur le plateau me laisse songeuse. Au loin, s'étendent des plaines en agriculture intensive, une centrale nucléaire passée d'âge, un fleuve contrain dans son liénaire, des lignes à haute tension et tout au fond, là où le regard s'arrête, le ville de Lyon. Ce n'est pas le paysage que j'aime mais c'est celui qui, pour le moment, et nécessaire à subvenir à nos besoins. Il temps de consommer autrement, mieux, moins. Je suis convaincue qu'il est possible, petit à petit de tendre vers d'autres modes de vie plus sains et plus respectueux de ce qui nous entourent. Mais il faut laisser le temps aux choses, garder espoir et ne pas tomber dans le cliché de l'anticonsumorisme primaire. Une sacrée épreuve en somme. C'est sur cette pensée, et cette vue pour le moins peu habituelle que prend fin cette journée de randonnée en campagne ainsi que l'article.

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