vendredi 1 mai 2020

Sortie dans les marais 21 : bref passage dans la Dombe.

DSCN1618Nous voilà pour une petite virée dans la Dombe pour y voir la faune des lacs. Nous sommes samedi 14 mars, il y a deux jours de cela, l'annonce a été faite que les écoles seront fermées dés lundi. Je suis inquiète, mon travail consiste à intervenir dans ces dernières, et je n'ai aucune idée de comment va pouvoir alors s'organiser mon travail. J'étais loin de m'imaginer que nous serions dès le mardi 17 avril midi presque tous confinés chez nous. Depuis, je suis en télétravail et mon nombre de sortie (courses ou loisir) à l'heure je vous parle sont au nombre de 5 au bout de ces 4 semaines de confinement. Bien qu'une partie de ma journée reste dédiée au boulot, j'ai tout à loisir d'investir une partie de mon temps dans l'écriture et la retranscription de cette dernière sortie avant de connaître la crise de la Covid-19. C'est même plaisant de revoir ces photos et de se rappeler ce que nous avions pu voir ce jour là.

DSCN1573 (2)Mais avant ça, passage par le plateau agricole du Biézin. Je m'y trouvais le jeudi précédent, entre deux séances en classe, pour faire un petit repérage en vue des prochaines sorties programmées avec les scolaires auprès de qui j'interviens comme animatrice nature. Si l'endroit ne paye pas de mine,  je le trouve vraiment fabuleux.

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Milans, busards et faucons crécerelles traçant dans le ciel, cigognes au repos (pas moins de 35), grandes aigrettes mais aussi alouettes des champs (plus de 300) et bergeronnettes grises (environs 70), autant vous dire que je me suis éclatée. Seulement voilà, ce samedi, l'endroit foisonne beaucoup moins de vie, peut être en raison des nombreux visiteurs. Seules quelques buses et corneilles sont de la partie. Ce n'est pas grave. Nous continuons notre chemin en passant par le repère des faucons pèlerins (Falco peregrinus). Là encore nous sommes bredouille, le couple étant sans doute parti en chasse. Nous sommes alors seuls sous l'ombre de la grande antenne où ils nichent.

DSCN1571Avant de partir du côte de l'Ain, petit focus une dernière fois sur le Biézin et en particulier sur le pinson des arbres (Fringilla coelebs). Ici il s'agit d'un mâle en raison de sa gorge rose pâle qui peut tirer à la saison des amours sur le rose saumon. Ici il se plaît énormément du fait des nombreux champs de culture où il peut se nourrir sur la terre en jachère mais aussi, du fait de la présence de petites boisement et de haies où il peut nicher.

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Les étangs sont replis d'oiseaux, et bien qu'une partie des canards hivernants commencent à retourner en direction du grand nord de l'Europe, il reste bien des choses à voir, comme ces canards chipeaux (Mareca strepera) à gauche. On les rencontre dans les zones d'eau profonde, aussi bien que ce soit des marais, les étangs ou les rivières dans lesquels il plonge pour aller récolter les plantes aquatiques dont il se nourrie.

DSCN1575 (2)Trouverez-vous toutes les espèces présentes ? En arrière plan on trouve une oie cendrée (Anser anser) ainsi que quelques sarcelles d'été (Anas querquedula). Au second plan, une troupe de canards souchets (Anas clypeata) filtre la vase. Au premier plan, on retrouve les canards chipeaux (Mareca strepera). Tout le monde semble vivre en bonne intelligence, chacune des espèces se nourrissant différemment et à de hauteurs d'eau variées.

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Petit point rapproché sur les sarcelles d'été (Anas querquedula). Ce sont de petits canards dont le mal se reconnaît à sa tête et son poitrail rouges et à son grand sourcil crème. On les différencie aussi des sarcelles d'hiver (Anas crecca) à l'absence d'une grande tâche blanche à l'arrière du corps et d'un bec un peu plus grand. Domestiqués par les romains à l'antiquité, ce sont des animaux redevenus depuis complètement sauvages.

DSCN1599On change des oiseaux avec ce très gros ragondin (Myocastor coypus) qui tranquillement traverse devant nous. Appel rat gondin ou myocastor, ce gros rongeur nord américain est présent en Europe suite à son introduction pour sa peau et dans une bien moindre mesure pour sa chair. Accusé de causer des dégâts dans les champs et sur les digues. Classé invasif, son impact environnemental et économique serait en réalité plus modéré.

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Et puis il y a les cigognes blanches (Ciconia ciconia). Nombreuses, elles tournent dans les airs au-dessus de nos têtes. Dans la Dombe, elles ont pris l'habitude de nicher à proximité et dans le parc des oiseaux dans les grands arbres. Les prairires humides, les étangs et les fossés qui y sont abondants leur offre une multitude d'opportunités pour se nourrir de petits insectes, de grenouilles et plus rarement de poissons et de rongeurs.

DSCN1609Changement de décor, nous fillons aux observatoires situés à quelques kilomètres. C'est là, cet hiver, que nous avons vu de nombreux canards et oies se nourrir dans la vase, l'étang alors asséché. C'est aussi là que nous avions vu plusieurs grands cormorans et ragondins morts sur les rives, nous laissant très perplexes sur notre observation et sur ce qui peut se passer parfois sur les lacs privés dédiés à la pêche à et d'autres activités.

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Deux rapaces nous passent au-dessus. À gauche un milan royal (Milvus milvus), passe à toute allure après avoir donné quelques coups d'ailes en compagnie de 4 autres congénères pressés. Sans doute un retour de migration. Ils sont tout aussi rapides que cette buse variable (Buteo buteo) qui vole cou tendu, peut être à la recherche d'une proie ou plutôt d'un perchoir pour la nuit, le jour commençant à tomber doucement.

DSCN1606 (2)À notre droite, une grande aigrette (Ardea alba) marche doucement dans l'eau à la lisière des saules. Peut être espère-t-elle déloger quelques petits poissons qu'elle pourra harponner avec son grand bec jaune. Cosmopolite, l'espèce se rencontre aux quatre coins du globe. Cependant en France elle n'est que très rarement nicheuse, hormis dans quelques départements français. Son bec et ses pattes changent alors de couleurs.

La sortie se termine là, à la tombée de la nuit face à un champ de vaches où les cigognes et les hérons sont en chasse. Il faudra maintenant attendre un mois, un mois et demi voire deux mois pour ressortir. Nous ne le savons pas encore. Cependant j'ai encore beaucoup ) vous montrer et à écrire, de nombreuses fiches espèces m'attendant depuis certaines depuis plus d'un an, autant vous dire que je ne m'ennuie pas en ce moment.

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dimanche 26 avril 2020

Sortie en campagne 13.

DSCN0028Plateau agricole d'Irigny dans le sud rhodanien. L'hiver est sur sa fin. Déjà des pointes vertes ici et là se dessinent dans les grands alignements de peupliers, et si la terre labourée reste nue, il n'en est pas même sur les abords des chemins colorés par les herbes jaunes et brunes. Le ciel est magnifique mais annonce aussi l'arrivée de la pluie, d'ailleurs nous n'y manquons pas et prenons sur la fin de notre excursion une averse glacée. Ce n'est pas grave, nous avons pu voir ce que nous voulions et nous émerveiller devant les oiseaux tels que le bruant zizi (Emberiza cirlus), l'un des premiers à chanter de la saison, mais aussi de belles plantes sauvages qui fleuriront d'ici quelques semaines. Ce pendant, on trouve ici bien d'autres espèces. Cerisiers, pommiers, poiriers, tomates, courges, pommes de terre et salades, le plateau est une terre maraîchère dont les étendues se coloreront au printemps des fleurs des fruitiers qui composent les nombreux vergers des la commune reconnaissables à leurs filets paragrêles.

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Lutter contre la grêle est une nécessitée pour les exploitants. En averse, la récolte de l'année peut être détruite. L'an dernier, les poires et les abricots ont été peu abondants, la faute à ce caprice climatique. Pour en revenir aux filets, ils ne sont étendus qu'une partie de l'année. La récolte finie, ils sont sagement repliés sur les tuteurs avant d'être dépliés l'année suivante. Entre temps les arbres sont taillés pour donner les plus beaux fruits.

DSCN00177 bergeronettes grises (Motacilla alba) parcourent un champ où quelques herbes commencent à s'intaller. Graines oubliées, petits vers et mouches cherchant le soleil, leur menu est varié. Ce sont de beaux oiseaux, sautillants aux plumes de la queue toujours agîtées. Inféodés aux milieux humides, on les rencontre également dans les cultures. Pour la nidification, elle se fait dans une anfractuosité rocheuse. 2 à 3 couvées peuvent s'y tenir.

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Dans une haie, les orites à longue queue (Aegithalos caudatus) sont à la recherche de nourriture. Longtemps appelées mésanges à longue queue, elles portent aujourd'hui celui d'ortie, la génétique ayant tranchée. Tête blanche, sourcil et ailes noires, flancs roses et petit bec gris, elles sont aisées à déterminer. C'est une des rares orites / mésanges à nicher non pas dans une cavité mais dans dans un buisson ou dans le lierre.

DSCN0322Dans le ciel, passe une buse variable (Buteo buteo), comme l'atteste la silhouette massive, les rémiges bien écartées, le V blanc sur la poitrine et le bec jaune. C'est une espèce qui a besoin d'espaces forestiers pour nicher et qui va tirer profit des champs et des prés pour chasser les rongeurs et à l'occasion, les reptiles et petits oiseaux de passage. Commune mais farouche, elle est difficile à approcher, même quand elle est dans les airs.

DSCN0511Une fumeterre pousse au pied des serres. Faute de photos détaillées, je ne suis pas en mesure de l'identifier. Peut être s'agit-il de la fumeterre officinal (Fumaria officinalis), aux pédoncules dressés et sépales petits et étroits.

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Cela ne se remarque pas, mais cette espèce appartient à la famille des Papaveraceae, au même titre que les coquelicots et les pavots. Appelée officinale, cette fumeterre était employée pour ses propriétés stimulantes, en raison de la fumarine contenue dans la plante qui à diverses doses peut se montrer toxique voire curarisante, c'est à dire qu'à l'instar du curare il détend les muscles dont le muscle cardiaque, prudence donc dans sa maniuplation.

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Voilà un oiseau que j'adore, le corbeau freux (Corvus frugilegus). Grande silhouette noir et bec gris fort, c'est une espèce ubiquiste, c'est à dire capable de s'adapter à une grande variabilité de milieux et de régimes alimentaires. De mauvaise réputation et associé à la mort du fait de sa fréquentation opportuniste par le passé des charniers et des décharges, il n'en reste pas un animal essentiel au bon fonctionnement des écosystèmes.

DSCN0331Les corbeaux ne sont pas seuls. Un troupe de choucas des tours (Coloeus monedula) s'est jointe à eux. Ces petits corvidés ce nourrissent dans les milieux ouverts comme les champs et les prairies. Ils nichent et passent la nuit de préférence sur des points élevés au-dessus du sol comme les falaises, les constructions humaines et les grands arbres du moment qu'ils possèdent des cavités permettant d'installer un nid et une couvée.

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Passage par la ferme. Les bergers allemands Mambo et James sont attentifs. Oreilles dressées mais regards doux, ce sont de paisibles gardiens fidèles à leur territoire. C'est une race apparue du côté de l'Allemagne comme le laisse entendre son nom, même si elle est officiellement enregistrée sous celui de Deutscher Schäferhund. La mode de l'hypertype conduit de plus en plus ces chiens à avoir des problèmes de santé importants.

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Les salades d'hiver entament tranquillement leur croissance. Laitues et feuilles de chênes sont les stars des étales sur les marchés. Protégées du froid qui pourraient les faire cloquer, il est nécessaire de les arroser de temps à autre pour leur permettre de prendre de belles dimensions. Le sol argileux devient alors extrêmement collant, tâchant de rouge nos chaussures de randonnées plus habituées aux rives du Rhône et aux sommets.

DSCN0011Il ne s'aurait y avoir uniquement des plantes cultivées sur les parcelles. La cardère sauvage (Dipsacus fullonum) y trouve toute sa place. On la nomme cabaret des oiseaux en raison de ses graines qui attirent de nombreux petits passereaux comme le chardonneret mais aussi, qui viennent boire l'eau que ses feuilles (appelée bain de Vénus), retiennent même au coeur de l'été. Cette eau était utilisée par les romaines comme soin de la peau.

Il n'y a pas plus à dire, la pluie se met à tomber et nous avons un grand duc à visiter. Nous en profitons tout de même pour jeter un regard en direction des Alpes qui se dessinent, et qui semblent à la fois si proches et si lointaines. Les beaux jours on peut même y apercevoir le Mont Blanc dans son habit de neige. Bientôt les pommiers et les cerisiers seront en fleurs, et le paysage sera alors bien différent.

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dimanche 19 avril 2020

Retour au source : le jardin famillial.

DSCN1504L'Isère, la Valdaine et les coteaux de l'Ainan. C'est là que j'ai grandi et c'est là aussi que j'aime retourner de temps à autre pour me ressourcer. Situé non loin de la Savoie, le site se caractérise  par ses vallons verdoyants, ses forêts mixtes à tendance feuillus, son histoire méconnue et ses torrents.

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Autant vous dire que je reprends des habitudes de sauvageonne quand j'y arrive, à parcourir les paysages à la recherche d'animaux, de fleurs et de champignons. C'est le moment de mettre ces quelques jours de mars par écrit et de redécouvrir le charme de la région. J'ai toujours l'impression qu'il est difficile de raconter une histoire quand il s'agit de nature à cette saison. Les couleurs sont à mon goût un peu ternes. Heureusement les oiseaux hivernaux et les premières feuilles préparant le printemps sont là pour relever la gamme.

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Pas de morilles pour nous cette année mais leur cousine, la pézize veinée (Disciotis venosa). Si elle n'en possède ni l'aspect et ni l'odeur, elle s'en approche un peu par le goût. Appréciant des biotopes similaires, ce champignon pousse sur les sols calcaires, humifères, à tendance humide, en lisière de bois et en sous-bois quand ceux-ci se composent d'arbres hôtes que sont les noisetiers communs, les frênes élevés et les pommiers.

DSCN1286C'est aussi le moment de ramasser les pézizes coccinées (Sarcoscypha coccinea), à moins que ce ne soit celle d'Autriche (Sarcoscypha austriaca). Pour les différencier, il faut observer les petits poils situés sur son dos, ce que je n'ai bien sûr pas fait. Cependant la première est plus rare, pousse en plaine sur les sites peu fréquentés, là où la seconde aime se faire plus abondante, en particulier en altitude sans craindre les lieux de passage.

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Voilà que les galants des neiges, autrement dit les perces-neiges (Galanthus nivalis) pointent le bout de leur nez. Plantés part les aïeuls, ils forment désormais un immense tapis immaculé à l'arrière d'un des champs attenant à la maison familiale. Il faut savoir que l'espèce, quand elle est sauvage, est à l'heure actuelle protégée uniquement en Isère. Cela tombe bien, nous nous y trouvons. Ce statut mériterait d'être étendue à d'autres départements.

DSCN1288Sur un talus pousse du tussilage pas-d'âne (Tussilago farfara). Pas d'âne en raison de ses feuilles qui rappelleraient la forme d'un sabot laissé dans la boue. Néanmoins, il faudra attendre la fenaison pour les voir sortir, les fleurs étant les premières à apparaître. Celles-ci se transformeront en jolis pompons blancs dont le vent emportera au loin les graines, portées par leur aigrette blanches et duveteuse. Son nom scientifique de farfara désigne le peuplier qui partage des feuilles semblable à celui-ci. D'ailleurs, on peut sur la photo en voir quelques unes défraîchies au sol. Le tussilage aime les sols frais voire ruisselants, pauvres en matière organique et perturbés, ce qui en fait bien souvent une plante pionnière. S'il est commun et présent naturellement en Europe, son arrivée toute récente en Amérique ne permet pas toujours de bien le localiser. Importée par les colons pour ses propriétés médicinales, l'espèce s'avère invasive.

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Je ne pouvais pas passer à côté ! L'hellébore fétide (Helleborus foetidus) est ma plante à fleurs préférée, ne serait-ce que pour les nombreux surnoms qu'on lui donne. Patte de griffon, patte d'ours, griffe de lion, herbe aux fous ou rose de serpent, elle a de quoi faire travailler l'imaginaire. On ne s'aventurera pas pour autant à la tester, la belle étant toxique. D'ailleurs les grecs anciens l'employaient en décoction pour soigner la folie. Un remède bien inefficace hormis si on estime que la mort est une solution à part entière pour mettre fin à la maladie.

DSCN1366Il y a tellement de fleurs du jardin à vous présenter, comme celles du cogniassier du Japon (Chaenomeles japonica). Importé en Europe pour sa belle floraison rose, on s'est peu à peu aperçu que non seulement, il contractait facilement le feu bactérien, mais aussi qu'il le transmettait sans mal. Interdit pour ces raisons en Suisse, en France on le trouve encore ici et là dans les jardineries à destination du grand public.

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Autour de la mangeoire, c'est la pleine effervescence. À gauche, une petite mésange noire (Periparus ater), reconnaissable à sa taille, sa calotte noire, à ses deux taches blanches à l'arrière de la tête et à son absence de cravate noire. À droite, une mésange boréale (Poecile montanus), à moins qu'il ne s'agisse d'une mésange nonnette (Poecile palustris), contemple la scène depuis une branche de noyer commun (Juglans regia).

DSCN1450Un merle noir (Turdus merula) balourd vient se poser. C'est un beau mâle que l'on reconnaît à son plumage noir ainsi que son oeil cerclé de jaune et son bec orangé. Omnivore, il aime tout autant se nourrir des graines mises à disposition que des restes des vieux fruits du verger ou des escargots et autres invertébrés qui se sont mal dissimulés pour passer l'hiver. Territorial, il semble cependant en cette période plus tolérant.

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Deux autres mésanges font aussi leur entrée, la mésange charbonière (Parus major) à gauche qui s'identifie à sa tête noire, ses joues blanches, son ventre jaune et sa cravate noire. On fait facilement la distinction avec la mésange bleue (Cyanistes caeruleus) à la calotte bleue et à la cravate noire presque inexistante. L'une et l'autre ont pour habitude de vivre en bande en dehors de la période de reproduction.

DSC08893Éloignons-nous du jardin pour prendre les chemins de campagne. Les alentours sont calmes et nous ne voyons ni le cul blanc d'un chevreuil, ni le vol d'un rapace, tout juste quelques tambourinements et cris de pics en lisière. L'hiver est bien là même si la neige est absente.

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J'ai toujours peine à croire que lorsque je marche ici, je ne me trouve pas sur le plateau calcaire de la Chartreuse bien qu'elle soit très proche, mais bien sur une langue rocheuse du Jura façonnée de part et d'autre par les glaciers. Qui l'aurait cru ? La topographie de la Valdaine est toute particulière. Située à l'extrêmité des terres froides, elle ne se trouve qu'à quelques pas de la Savoie. C'est là que certaines peuplades d'allobroges sont venues s'intaller, laissant de nombreux vestiges religieux mais aussi de vie courante comme des maisons fortes ou des mottes cadastrales. Certains patelins portent d'ailleurs encore des noms celtes.

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Levons les yeux au ciel. Un milan royal (Milvus migrans) passe au dessus de nos tête dans le ciel strié de nuage. C'est le premier que nous voyons de l'année en Isère, nous sommes ravis. Oiseaux migrateurs, une petite partie d'entre eux reste l'hiver dans le Massif Central. La migration débute tout juste, et nous espérons en voir bien d'autres nous survoler, un peu comme ce que nous avons pu vivre l'an dernier en mars à Miribel Jonage.

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Partons encore plus loin, dans les marais de la Valdaine qui depuis peu sont devenus une extension de la zone Nature 2000 du marais de Chirens où pousse la si rare liparis de Loesel (Liparis loeselii). C'est pourtant  une plante plus commune et tout aussi fascinante que je vous présente ici, le lamier maculé (Lamium maculatum). Si ses feuilles ne sont pas toujours maculées de blanc, ses grosses fleurs roses ne trompent pas.

DSCN1298Passage par l'étang de pêche accolé à l'Ainan, la rivière qui traverse notre petite vallée. Dans les canaux annexes, les grenouilles agiles (Rana dalmatina) sont venues pondre et des centaines d'oeufs flottes à demi-immergés. C'est un garde-mangé précieux pour les tritons alpestres (Ichthyosaura alpestris) qui trouvent là une précieuse ressource de nourriture, en particulier pour les femelles pour assurer leur propre ponte.

DSCN1305Saint Geoire en Valdaine, le village de mon enfance. Bastion catholique, il sera un des villages engagés dans la lutte contre l'influence huguenote. On compte même à la fin du 16e  une attaque  de 80 huguenots contre château de Longpra qui en réalité est une maison forte. La prise sera un échec et mise à mal avec l'aide du château de Virieu et de ses gens.

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Même pendant la révolution, le village reste fidèle à la religion, se tenant éloigné de la révolution. Le corps religieux présent est dit de clergé réfractaire, s'opposant au clergé jureur, celui qui embrassa le constitution civile du clergé qui remaniât profondément les instances religieuses françaises. Persécutés, exilés ou même assassinés, les prêtes tombent alors dans la clandestinité, pratiques la messe en secret et vivent caché au château de Longpra.

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Retournons à nos sentiers boueux. Si les mammifères ne se présentent pas à nous, ils laissent des traces bien marquées de leur passage. Chevreuils, sangliers, écureuils et hérissons semblent avoir profité de la nuit pour partir en vadrouille. C'est un exercice passionnant que celui de trouver un animal avec les indices de présence qu'il peut laisser sur sa route. Et dire que jusqu'en 1992 la loutre d'Europe (Lutra lutra) était présente ici !

DSCN1374Encore un petit tour par la monde des champignons. Sur un vieux sureau noir (Sambucus nigra) pousse des oreilles de Judas (Auricularia auricula-judae). Comestible, l'espèce tiens son nom de sa drôle de forme mais aussi du fait qu'elle pousse souvent sur les sureaux et les noyers, deux arbres réputés pour avoir été la potence à la quelle Judas se serait pendu suite à sa trahison en vers Jésus et ses disciples.

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Des tâches jaunes illuminent la campagne. Le narcisse jaune (Narcissus pseudonarcissus), souvent appelé jonquille bien que ce nom soit dédié à une autre espèce (Narcissus jonquilla), aime se développer en grandes touffes en lisière, en forêt voire dans les champs au sol riche. La primevère acaule (Primula acaulis) est plus discrète et se plaît sur les talus, toujours un peu humides et de préférence ombragés.

DSCN1301À l'autre bout du champ, un tarier pâtre (Saxicola rubicola) nous observe. Tête noir, collier blanc et poitrine rose, on a bien à faire à un mâle. L'hiver il déserte le secteur pour rejoindre le sud et l'ouest, comme nous avons pu le voir pendant notre virée du côté de la Camargue et des marais d'Istre. Les mâles ont pour habitude de toujours se mettre en hauteur et d'agiter les ailes et la queue pour se faire remarquer des femelles.

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Retour au jardin. Moustique le chat se ballade dans les branches.J'ai beau aimer les chats et particulièrement celui-ci que nous avons recueilli alors qu'il n'était pas encore sevré et qu'une fin funeste l'attendait, je ne peux m'empêcher de me dire qu'il participe à la disparition des oiseaux du jardin. Chaque année en France, les chats domestiques provoquent la disparition de 12 millions d'oiseaux, un chiffre dramatique et alarmant.

DSCN1482Des anémones des jardins fleurissent un peu partout à proximité des jardins des anciens, souvenir et témoignage que dans les jardineries, il y a des modes aussi.

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Le rosier que j'ai toujours connu et qui doit avoir pas loin de 29 ans change. Le greffon prend le dessus et aborde désormais à la fois des fleurs roses et d'autres rouges. Ce dernier n'a pas la  vivacité du rosier au fond du jardin, qui n'a jamais vraiment grandi. Planté par ma grand-mère à ses 7 ans, elle aborde aujourd'hui ses 93 printemps. Je vous laisse calculer l'âge du dit rosier. C'est ce que j'aime dans le jardin de mes parents, que ce soit les fleurs ou les fruitiers, ils sont le vestige d'un temps passé.

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Toujours à la mangeoire, il y a entre un et trois pinsons du nord (Fringilla montifringilla) qui viennent chercherl le graillon. Un rapide tour sur faune.france.org nous indique que chez le chalet voisin, une trentaine d'entre eux ont pris position des arbres. Nous ne sommes pas déçu. C'est un vrai spectacle. Nous en profitons à fond.

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En effet, l'espèce est migratrice et regagnera bientôt le grand nord pour nicher. Aimant les hêtraies, ils trouvent refuge dans la forêt toute proche, une hêtraie-sapinière. Granivores, ils trouvent leur bonheur auprès des herbes folles et des champs de céréales dont à l'hiver ils trouvent ça et là des grains non prélevés par la machinerie agricole. Bien sûr, les faînes font en grande partie de son alimentation, jusqu'à 11 grammes par jour.

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Marche au petit matin, quand l'obscurité se retire peu à peu. Le frais nous motive. Nous prenons la route pour partir à 2 kilomètres de là pour aller flâner le long du lac de Saint Sixte. Nous sommes accueillis par un rougegorge famillier (Erithacus rubecula) chantant à plein poumon. Enfin, la période de reproduction commence pour de bon, les oiseaux content leur amour et défendent leur territoire avec beaucoup d'ardeurs.

DSCN1496La encore, il s'agit d'un lieu de légende. La petite église par exemple, elle fût construite sur un temple romain dédié à Dionysos et, qui peut être, se trouve lui même sur un site païen. Connu des gens du coin, un passage défilé permet d'accéder à une partie des fondations de l'édifice, marqués du 12e siècle. Si aujourd'hui elles n'ont rien de particulier à montrer, elles furent pendant longtemps le lieu où les saintes reliques furent entreposées.

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En regagnant notre automobile, nous croisons deux symboles du printemps. La bergeronette grise (Motacilla alba) bien qu'elle ne soit qu'une migratrice partielle, s'agite particulièrement à l'approche des beaux jours. Elle sera bientôt rejointe par les hirondelles des fenêtres (Delichon urbicum) qui aiment visiblement le quartier à la vue du nombres de nids en torchis présents sous le toit des granges et des vieilles maisons.

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De nouveau nous changeons de paysage, une dernière fois. Nous voilà à Velane, une autre part importante de mon enfance. Les forêts sont plus acides, faites de châtaigniers, de sapins et comme toujours, de hêtres. C'est l'endroit rêvé pour courir les champignons comme la girolle, la trompette ou le pied de mouton, mais aussi grimper aux arbres, récolter quelques morilles près des ruisseaux et construire des cabanes.

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Dans le ciel nous observons un sepctacle fauleux. Un pompe s'est formée. C'est le nom que l'on donne au vol circulaire des osieaux quand ils se placent dans les termiques pour s'élever dans les airs. Ici plusieurs espèces se mêlent, à savoir deux buses variables (Buteo buteo) et sept milans royaux (Milvus milvus). Nous pouvons à loisirs les regarder depuis le sommet de la tour du Sacré Coeur qui devient pour l'occasion un poste d'observation.

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Comparons un peu les deux. À gauche, le milan royal avec sa queue en V, sa tête bleue gris, son corps brun et ses deux grandes tâches blanches sous les ailes. À droite la buse, aux ailes et à la queue ronde, au corps brun et au poitrail portant un grand V blanc. Cela ne suffit, la buse variable portant bien son nom. Certaines sont parfois entièrement blanches, d'autres portent du blanc sous les ailes. On s'attachera alors à observer la silhouette.

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L'heure du départ se fait sentir. À la tombée de la nuit nous faisons un rapide tour dans le jardin. Surprise, un bruant zizi (Emberiza cirlus) chante dans un bosquet de ronce. L'an dernier pendant l'été, nous avons pu observer un couple et leur petit faire leur vie dans le bosquet dans la clématite des haies (Clematis vitalba). Matin comme soir il chante du haut de son perchoir où il se dissimule au passage de la buse et du crécerelle.

Au revoir la campagne. Nous reviendrons aux beaux jours, quand nous pourrons de nouveaux sortir de nos logis. Peut être raterons nous le printemps, mais cela ne serait nous éloigner des prés si verts, des forêts de hêtres et de sapins mais aussi des lacs dans lesquelles nous plongerons avec plaisir cet été. En attendant, nous laissons notre regard se perdre dans le ciel bleu qui couvre notre petit appartement urbain.

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samedi 11 avril 2020

Sortie en montagne 30 : la Savoie, ça vous gagne.

DSCN1139Nous y voilà de nouveau. Non contents d'y avoir passé quelques jours, nous sommes repartis en vadrouille pour cette fois-ci explorer les contrées de la Savoie et de la Haute Savoie et comme toujours, en nous concentrant sur les grands lacs. Bourget du lac, lac d'Annecy et lac Leman, voici quelques unes de nos escales alpines qui prennent vite des airs de séjour balnéaire. Pourtant, nous ne sommes pas là pour lézarder, mais pour nous perfectionner dans l'observation des oiseaux et sommes bien heureux d'avoir pu découvrir de nouvelles espèces tout en saisissant les subtilités de la parade nuptiales d'autres. Cette fois encore, ce ne sera pas la botanique ni la mycologie qui primeront mais cela tarder avec l'arrivée des beaux jours et du printemps, enfin, quand il nous sera permis de sortir. En attendant, on se plonge dans les archives 2019 pour faire un peu de tri et se souvenir.

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Arrêt à Motz. Nous retournons faire la ballade qui nous avait temps plus la première fois de notre venue. Les tarins des aulnes (Spinus spinus) s'agitent dans les arbres, occupés à picorer les strobiles (fruits femelles) d'un aulne glutineux (Alnus glutinosa). Avec son plumage jaune vif, son casque noir et son ventre blanc légèrement moucheté de noir et de gris, on le reconnaît aisément. La plupart repartirons bientôt dans le grand nord.

DSCN0609Le nid est tressé avec adresse par les deux parents au sommet d'un arbre. On ne le détecte qu'aux cris aigus des parents à la fin de la saison des amours et aux piaillements des poussins. La ponte donne 4 à 6 oeufs qui ne seront couvés par la femelle que pendant deux semaines. C'est le même temps qui sera nécessaire aux deux parents pour nourrir leurs petits avant que ceux-ci prennent leur envol. Réglés comme du papier à lettre.

DSCN1064La mésange bleue (Cyanistes caeruleus) est un oiseau sublime qui porte sans mal son nom.  Vive, elle est un peu plus petite mais plus agressive que la mésange charbonnière (Parus major) qui présente une tête noire. Celle-ci aborde une plumage nuptiale extrêmement vif qui là rend plus que photogénique. I est bien difficile de différencier mâle et femelle, même en l'ayant en main, la taille et la dimension de la calotte bleue étant de quelques millimètres plus importante chez monsieur. Se déplaçant souvent en petite troupe, elle devient très territoriale à la période de reproduction. Le couple formé met beaucoup d'énergie à chasser les intrus de son territoire. C'est sur celui-ci que l'on trouve le nid, fait de mousses, de poils, d'herbes sèches et de plumes dans une cavité. C'est là que 9 à 13 poussins seront élevés avant de prendre leur indépendance. Les jeunes se reconnaissent à leur plumage jaune.

DSCN0554Nous rêvons éveillés. Nous ne pensions pas voir cette oiseau ici, et notre rencontre se fait tout à fait au hasard. Voici la rémiz penduline (Remiz pendulinus), dont le mâle aborde un masque noir tel Zorro, un dos bleu-grisé et des ailes brunes. Son nom de penduline vient de son nid, qui à la façon des tisserins, se présente comme une nacelle fermée de brins d'herbes sèches entre mêlées. Au paravent, nous ne l'avions vu qu'une seule fois.

DSCN0561Six oiseaux, deux femelles et quatre mâles s'aventurent au sommet des phragmites (Phragmites australis). Nous ne les verrons pas les autres jours, le vent et la pluie, même légers, les dissuadant de se poser au sommet des joncs. Ils ne sont pas connus pour nicher en Savoie et en Haute Savoie et bien que présents sur le site pendant tout l'hiver, ils repartiront bientôt, de préférence dans une ripisylve de peupliers et de saules.

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Entre les roseaux, deux corneilles noires (Corvus corone) dans une cuvette de pierre font leur toilette dans l'eau du Rhône. Une vraie baignoire de luxe. Le fleuve s'ouvre en une grande étendue où les cygnes, les cormorans, les colverts et autres foulques prennent plaisirs à barboter avec en fond, la montagne enneigé. L'endroit est tout trouvé pour observer les oiseaux s'ébattre et vaquer à leurs occupations, depuis la rive sur un banc. 

DSCN0917Les bruants des roseaux (Emberiza schoeniclus) peuvent se montrer nombreux quand un endroit leur plaît. Il ne faudrait pas pour autant imaginer que leurs populations se porte bien. La diminution vertigineuse de leurs effectifs les places désormais parmi la liste des passereaux menacés en France. Il s'agit ici d'une femelle, reconnaissable à sa tête brune ou non entièrement noire, caractéristique propre aux mâles adultes.

DSCN0712Premiers pas de l'année
au bord du lac du Bourget.

Enfin, nous partons à l'abordage des rives du lac du Bourget. Expiant les mauvais souvenirs de pluies et de vent lors de notre dernière venue, nous profitons d'un ciel certes gris, mais sans goutte, pour faire nos vrais premières observations ornithologiques. Les grèbes huppés (Podiceps cristatus) sont en pleine parade, nous les croiserons de nouveau un peu plus tard dans le séjour où nous pourrons observer de près leurs ébats amoureux. Il y a peu de monde, la neige n'ayant pas encore attiré la plupart des amoureux des cimes blanchies. C'est une aubaine pour nous. Oeil plongé dans la longue-vue, mains serrées sur les jumelles et regard rivé sur la surface de l'eau, nous sommes attentifs au moindre mouvement. En décembre, plus d'un millier d'oiseaux étaient réunis là. Ce jour, ils sont un peu plus de 300, ce qui donne tout de même de quoi travailler.

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J'adore les bergeronnettes grises (Motacilla alba). Leurs petits sauts, leurs aller-retours incessant de leur queue et leurs hochements de tête en font de véritables oiseaux à piles. Grande bavette et casque noirs, face blanche et corps gros, on les reconnaît aisément. Elles sont toujours liées à des milieux humides, que ce soit un champ détrempé, une berge de rivière ou la rive d'un grand lac. Elles se nourrissent de petits invertébrés.

DSCN0640Le comptage est lancé. Les grèbes huppés se promènent endormis parmi les fillugules morillons (Aythya fuligula). Après de longues minutes, voici que quelques fillugules milouins (Aythya ferina) aux yeux rougis et même des nettes rousses (Netta rufina) à la belle crête orange font leur apparition. C'est toujours la même histoire, c'est à force de patience (chose que je n'ai pas toujours), que l'on fini par être récompensé.

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Levons la tête, voici les voltigeuses qui partent en chasse dans les airs. Une soixantaine d'hirondelles de rocher (Ptyonoprogne rupestris) font leur apparition. Elles profitent des nuées de moucherons et de drosophiles pour se nourrir. Quelques querelles éclatent ça et là et se soldent souvent par des courses poursuites que nous avons bien du mal à suivre du regard temps les oiseaux passent à toute vitesse devant nous.

DSCN0759Ventre gris, corps noirâtre et légères tâches blanches sur la queue, leur profil fin semble taillé pour la vitesse. Peu bavarde, elle s'installe le plus souvent dans les falaises rocheuses, parfois à très haute altitude. À l'hiver venu, elles se rassemblent en grand groupe et s'installent à proximité des lacs et zones humides de basse altitude, le plus souvent à proximité de grands reliefs et ne part pas en migration à l'autre bout du monde.

DSCN0844Château Thomas,
une toute nouvelle observation.

Encore des fillugules morillons (Aythya fuligula) ? Oui, et ce n'est pas fini, d'ailleurs si vous cliquez sur l'image, vous verrez qu'ils ne sont pas seuls - un véritable où est Charlie ? - la pluie tombe par fines gouttes et le ciel est gris, mais nous sommes à l'abri dans le grand observatoire se trouvant à quelques pas des ruines du château Thomas. Face à nous, une héronnière de hérons cendrés (Ardea cinerea), un site de nidification de grands cormorans (Phalacrocorax carbo) et des centaines de canards. Nous profitons aussi du calme ambiant pour écouter les nombreux chants des passereaux qui entâmes leur saison de reproduction. Il fait étonnamment doux, ce qui nous permet d'aborder la météo avec un sourir en coin de lèvres.

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Enfin nous le rencontrons ! Le fillugule milouinan (Aythya marila) est là, au rendez-vous. Ils sont même deux à se promener sur l'eau, au milieu de 500 fuligules morillons. Proche de ce dernier, le milouinan se différencie par l'absence de huppe, un dos strié de blanc et de girs et une tête présentant des reflets verts. Particulièrement rare en Rhône Alpes, préférant d'ordinaire passer l'hiver en France vers des zones plutôt marines.

DSCN0875Le spectacle ne s'arrête pas là. Soudain, sur le piquet se trouvant à 2 mètres de la fenêtre devant laquelle  nous tenons, un jeune mâle d'épervier d'Europe (Accipiter nisus) se pose. Je peine à laisser exprimer mon émotion sur le moment. Ce petit rapace est spécialisé dans la capture d'autres oiseaux, même si on peut l'observer plus rarement à capturer de petits rongeurs. Le mâle se distingue par le roux de sa gorge et sa petite taille.

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Celui-ci semble être un habitué du lieu, une touffe de plumes blanches à l'arrière de sa tête le distinguant. Tout noble qu'il puisse paraître, une bourrasque de vent et son inattention ont vite fait de le faire glisser de son perchoir. Il préfère alors rejoindre une branche sèche d'un peuplier tombé au sol, lui permettant à loisir d'observer les grands vols d'étourneaux. Pourtant, il dédaigne se mettre en chasse, signe que la faim ne le tiraille pas.

DSCN0888Des feuilles morte dans un arbre ? Non, juste une centaines d'étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) posés sagement. La présence du prédateur ne semble pas les effrayer outre mesure. Silhouette trapu mais profil en vol élancé, vol rappelant celui d'un avion de chasse, ventre rebondi et plumage semblant noir de loin, sans oublier les gris confus, le doute n'est pas permis. Les étourneaux peuvent se montrer être de formidables imitateurs, reprenant les cris de la buse variable, le chant du loriot d'Europe ou le klaxonne d'une voiture. Le groupe ne tardera pas à se séparer, les couples pouvant s'intaller à proximité des uns et des autres mais ne formant alors plus de grands rassemblements. Il faudra alors attendre la fin du sevrage des jeunes pour voir de nouveaux les  vols noircissant le ciel. Fait amusant, les mâles peuvent se montrer polygyne, c'est à dire ayant à plusieurs une seule femelle.

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Il n'y aura pas plus de couleurs avec les deux espèces suivantes. Un héron cendré (Ardea cinerea) se pose sur l'un des petites île, dans l'espoir de faire une bonne pêche avant de retourner à son nid se trouvant non loin de là. En face de lui, un couple de canard souchet (Spatula clypeata) filtre la vase pour se nourrir. Son étrange bec lui permet de récupérer le plancton et les micro-organismes contenus dans la boue et en suspension dans l'eau.

DSCN0966Nous, le lac Leman :
ses oiseaux et son immensité.

Nous y voilà, à la frontière de la Suisse, des Alpes et de la Haute Savoie. Le ciel bleu est superbe, l'horizon infini et les eaux sont calmes. Toutes les conditions sont réunies pour profiter superbement du lieu. Cependant nous déchantons un peu. Les rives du lac sont très urbanisées, partout où nous portons le regard, nous avons le sentiment que la nature a laissé place au béton et au bitum. Les rares zones végétalisées sont pour beaucoup composées d'herbe rase et d'arbres alignés aux milieux des quels des caravanes, des huttes et des tentes se dressent fièrement. Rien n'excite alors notre alors notre âme naturaliste face à ce spectacle, jusqu'a ce que nous dirigions notre longue vue et nos jumelles en direction du coeur du lac.

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Les plages sont couvertes de coquillages, on se croirait à la mer. Si l'image peut sembler romantique, elle n'a rien de tendre. Il s'agit de la palourde asiatique (Corbicula fluminea), une espèce invasive qui met à mal les espèces locales au risque d'en faire disparaître certaines mais aussi, qui endommage nos infrastructures humaines. Celle-ci peut notamment bloquer les grilles et filtres des barrages et des centrales hydrauliques.

DSCN0931Le polypodium commun (Polypodium vulgare) est une petite fougère dont la racine au goût sucrée et de réglisse était suçotée comme un bonbon par les écoliers sur le chemin de l'école. D'ordinaire on l'a rencontre plutôt en lisière forestière, sur les troncs moussus, les sols riches et les talus humides. Ici elle préfère la fraîcheur du lac.

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Comme toujours, les harles bièvres (Mergus merganser) sont de la partie. Si les mâles présentent une jolie tête verte, je préfèrent nettement les femelles au plumage flamboyant. C'est un des très rares canards piscivores (c'est à dire se nourrissant de poisson). Son bec est même équipé de fausses petites dents lui permettant d'harponer sans difficulté la friture. C'est ce qui lui a valu en Amérique du Nord de grand bec-scie.

DSCN0938Topo sur le lac Leman en quelques chiffres. Lac reliquaire, issu de la fonte des glaciers, il est le plus grand lac alpin d'Europe de l'Ouest. Mesurant pas loin de 73 km de long et 14 km de large, il peut depuis certains postes d'observation, donner l'impression de contempler la mer tant l'horizon ne se dessine pas à nos yeux. Le tout donne une superficie de 581 km² et un volume de 89 km³, soit pour se représenter l'imensité que cela peut être 3 560 000 piscines olympiques. Profond par endroit de 309 mètres, il accueille une 30 aines d'espèces aquatiques dont des truites lacustres (Salmo trutta lacustris). Certaines histoires de pêcheurs racontent que des truites vivant cachées dans les profondeurs auraient plus de cent ans et dépasseraient les 2 m là où l'espèce dépasse rarement les 90 cm. Combative, les plus grosses peuvent atteindre 10 à 15 kilos pour le plus grand bonheur des restaurants des rives qui l'affichent sans mal à leur carte. Chaque année, c'est un peu plus de 10 tonnes qui sont prélevées dans le lac.

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À nouveau levons la tête. Une 30 aines de goélands leucophés (Larus michahellis) tournent dans les airs. Ces oiseaux, pas toujours très aimés, font preuve d'une vive intelligence. Qui aurait pu croire qu'à l'aube des années 1900, il était au bord de l'extinction ? En une cinquantaine il a fait un retour incroyable, allant jusqu'à s'installer dans les terres, le littoral étant souvent trop urbanisé pour lui permettre de s'installer convenablement.

DSCN0962Sa cousine la mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus) se trouve non loin de là, sur un énorme roche au milieu de l'eau. Les adultes se reconnaissent à la leur tête qui à la saison des amours approchante, se couvre de plumes noires. Les juvéniles présentent de leur côté une simple tâche noire à l'arrière de l'oeil, comme les adultes en internuptiale (hors reprodruction), mais aussi des plumes brunes sur les ailes.

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Voici mon canard préféré, le fuligule morillon (Aythya fuligula). Le mâle se reconnaît aisément à ses flancs blancs ainsi qu'à sa tête, son poitrail, son dos et sa queue noirs. Son oeil doré et sa huppe son également déterminants pour l'identifier. Il ne tardera pas à quitter la France pour rejoindre l'Islande, la Scandavinie et les pays britanniques où il niche. Le nid au sol se compose de végétation et comporte jusqu'à 11 oeufs blancs ovoïdes.

DSCN0996Pour rester dans la gamme de couleurs, voici la foulque macroule (Fulica atra). Souvent confondue avec la poule d'eau (Gallinula chloropus), elle se différencie par son plumage noir, son bec et sa tâche blanche sur la tête et ses pattes aux doigts larges lui permettant de marcher sur la vase et la boue sans s'y enfoncer. Elle se montre complètement adaptée à son milieu de vie : les étangs, les lacs, les marais aux pièces d'eau ouvertes et les lônes aux eaux calmes. C'est un oiseau principalement herbivore pouvant plonger pour aller chercher des algues et des herbes aquatiques. Cependant elle peut compléter son régime en se nourrissant de petits mollusques et d'insectes. Le nid de grande taille se compose de végétaux flottants. À la naissance des poussins, le mâle et la femelle se répartissent les petits puis partent élever de leur côté pendant 4 semaines, âge où ils pourront se débrouiller seuls. Le père construisant une nouvelle plate-forme pour l'élevage là où madame reste au nid.

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Plus de 70 % des rives du lac sont urbanisées. La faune sauvage n'y trouve que difficilement sa place. La preuve ici avec ces grands cormorans (Phalacrocorax carbo) qui sur leur arbre mort immerge, font face à la carrière de gravier dont le bras mécanique fait un vacarme de tous les diables. Celle-ci est adossée à une aire protégée où les oiseaux trouvent un bref répit, sans pour autant parler de quiétude pour ces derniers.

DSCN1009Le gravier, une denrée si importante pour les animaux. Les mouettes et les sternes y nichent, les gravelots y cherchent leur nourriture, les invertébrés s'y cachent et les promeneurs déambulent sur les plages qui en sont constitués. Bien des enjeux et des tenions se cristallise autour de cette élément minéral qui à première vue nous semble bien anodin. Pourtant, sans lui par de bâti, de routes ou de parterre fleuris bien entretenus.

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La question des chenilles processionnaires (Thaumetopoea pityocampa) se pose dans de nombreux parcs urbains mais aussi chez les particuliers. Cette orite à longue queue (Aegithalos caudatus) semble peut s'en soucier. De son bec fin, elle prélève quelques brins de soie qui compose le nid des larves pour aller construire le sien un peu plus loin. Insectivore, elle ne se frotte pas pour autant aux chenilles qui sont à porté de son bec.

DSCN1034Il n'y a rien de plus beau que la parade des grèbes huppés (Podiceps cristatus).C'est une danse aquatique rythmée de cris, de mouvements saccadés de cou, d'hochements de têtes, de petits plongeons, d'offrandes d'algues et de becs frottés contre les plumes. Mâles et femelles s'observent l'un l'autre exécuter leur ballet avant de le reprendre ensemble sur le même tempo. Ils resteront unis entre mars et juillet avant de se quitter.

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Pendant la période de reproductions, les oiseaux en âge de se reproduire abordent une superbe double huppe de plumes noires et fauves. Le reste de l'année, leurs couleurs sont beaucoup plus discrètes, entre le gris et le blanc.

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À l'approche d'une haie, nous croisons une volée de moineaux domestiques (Passer domesticus). Ce petit granivore fait de moins en moins partie de notre paysage, 70% de ses populations s'étant effondrées sur le vieux continent, la faute en partie à la disparition de son habitat. Les milieux dépourvus de végétations, désertiques mais aussi trop forestiers ne lui conviennent pas. Présents en villes, il se rabat de peu à peu sur les lotissements.

DSCN1070Le cornouillier mâle (Cornus mas) est en pleine floraison. Contraiement à ce que je pensais, c'est un arbuste décrit comme peu courant en France. Dans la mythologie il est lee symbole d'Apollon, dieu de la beauté, des arts, de la lumière, de la guérison mais aussi de la peste qu'il répend à l'aide de son arc. Se rangeant du côté des troyens dans les guerres hélénique, c'est pourtant en cornouillier mâle qu'est fabriqué le cheval de Troie, ingénieuse invention  d'Epéios, qui signera le début de la prise de la ville et la disparition de son peuple.

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Trois culs sont levés au ciel. Ce sont ceux des sarcelles d'hiver (Arnas crecca). Le mâle se reconnaît à sa tête brun et à son grand sourcil vert. Comme bien des oiseaux, c'est également une espèce qui subit des variations de population, son habitant ayant diminué de 20 à 80% selon les secteurs. Le drainage des zones humides et la bétonisation des berges étant quelques uns des exemples de l'impact de l'homme sur ces animaux.

DSCN1106La photo est floue et pour cause, le petit groupe que voilà se tient loin de la rive. Nous ne nous attendions alors pas du tout à croiser un tel spectacle. Il s'agit de macreuses brunes (Melanitta fusca), une espèce qu'il est extrêmement rare de rencontrer en cette période ailleurs que sur les côtes de la manche, au nord de l'Atlantique et sur la mer du nord. Migrant pour nicher au printemps venu dans la toundra, elle est réputée pour ne faire que de court déplacement migratoires, ce qui explique en partie notre surprise. Bonne plongeuse, la macreuse peu facilement plonger à plus de 10 mètres de profondeurs pour aller chercher les mollusques, les petits crustacés, les insectes et les poissons dont elle se nourrie. C'est ce que nous avons pu observer pendant que les 12 individus observés s'adonnaient à leur session de pêche, avec un comportement n'allant non pas sans rappeler l'oiseau qui suit.

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Dernière surprise du séjour, les grèbes à cou noir (Podiceps nigricollis). Nous les avions observés au début de l'hiver, du côté de la Méditerranée. Force est de constater qu'ils se plaisent également sur les lacs de montagne. Ici, les adultes ont commencé à aborder leur plumage nuptiale si particulier. Flancs fauves, tête et cou noirs, une grande touffe de plume blonde à l'arrière de leurs yeux rouge, les voilà parés pour la saison des amours.

DSCN1246J'ai mentie. En réalité il me reste encore une observation mémorable à vous présenter, la plus belle du séjour pour nous. Il s'agit du tournepierre à collier (Arenaria interpres) et pas n'importe lequel. Au lac Leman, cela fait 18 ans qu'est mentionné un tournepierre hivernant, le seul de toute l'Europe de l'Ouest,  de là à dire que c'est le même depuis si longtemps, il n'est guère facile de le savoir, aucune bague ne figurant sur ses pattes orangées.

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Minuscule, il semble à peine plus gros que la bergeronette des ruisseaux (Motacilla cinerea) qui l'accompagne dans sa recherche de nourriture. Vif, il retourne les galets pour dénicher les larves, les crustacées et les insectes qui figurent à son menu, un comportement dont il tire son nom. Quel plaisir de le regarder s'affarer depuis le ponton, notre oeil dans la longue-vue. Ce n'est que la tombée de la nuit qui nous tire de notre contemplation.

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Le saule marsault (Salix caprea) est le premier à donner en spectacle ses chatons argentés. Ici il s'agit d'un arbre mâle et son pollen jaune, porté par le vent, ira donner naissance au contacté d'un chaton femelle à une graine. Elle aussi se ferra fille de l'air quand elle arrivera à maturité. D'à peine 0,2 mm, elle sera transporté dans une capsule cotonneuse. On parle alors d'espèce dioïque, c'est à dire dont l'individu est soit mâle, soit femelle.

Le périple s'arrête là. Nous en avons pris plein les yeux et le coeur. Nous partons cependant sur une petite fausseté, notre hébergement nous ayant laissé un goût amer. Rien de bien grave, il y a bien des endroits où dormir et/ou poser sa tente quand les beaux jours feront leur première apparition. Nous ne quittons les Savoie que pour un temps. Amoureux de ce pays, nous y retournerons très vite pour en découvrir les merveilles.

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dimanche 5 avril 2020

Oullins au rythme de l'Hiver.

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Oullins l'hiver, c'est encore un autre visage de la ville. On cherche les oiseaux et on écoute les chants de la rivière Yzeron qui coule à nos pieds C'est aussi l'odeur des pots d'échappement qui chatouillent nos narines mais c'est surtout, le moment de profiter des rues un peu plus vides qu'à l'accoutumée en cette période froide. Les étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) poussent de la voix. Posés dans les grands platanes ou sur les gouttières, ils commencent à prospecter les cavités où ils pourront nicher dès l'arrivée du printemps. Ces oiseaux alors si sociaux deviennent solitaires, quoi que, pas tant que cela, les couples s'installant souvent près des uns des autres ce qui ne va pas sans engager parfois quelques violentes disputes de voisinage. La ponte intervient entre fin mars et début avril, où 4 à 6 oeufs bleus sont déposés dans le nid. Il faudra alors attendre 3 semaines pour voir toute la famille s'envoler de la cavité l'ayant accueillie. Les parents continuent à nourrir les jeunes après leur envol.

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Petit tour au bord de l'eau. Nous y croisons un rat surmulot (Rattus norvegicus), comme nous en voyons souvent depuis de notre fenêtre ou dans la cours de notre immeuble. En ville, il vit dans les endroits délaissés par les hommes où il se nourrit de déchets. Mail aimé en raison des maladies qu'il véhicule par son urine ou par ses puces, il n'en reste pas un animal fascinant faisant preuve d'une grande intelligence et de sensibilité.

DSC09817Levons la tête. Au-dessus de nous, entre les immeubles, passe l'un de nos oiseaux favoris. Le faucon crécerelle (Falco tinnunculus) est un petit faucon qui a prit possession des villes. Ici nous suivons souvent un couple qui aime venir chasser ici et qui, parfois, se pose sur la barre HLM en face de chez nous, nous laissant tout le loisir de l'observer. Nous avons découvert l'an dernier à la fin de l'été qu'il nichait dans le clocher d'Oullins.

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Saut par le parc de Chabrière. Belle surprise nous y trouvons pour la première fois des pigeons colombins (Columba oenas), un magnifique pigeon de petit taille, au regard noir et à la silhouette élancée. Cavernicole, il niche dans les cavités des arbres, de ce fait les grands platanes sont un lieu tout trouvé, ceux-ci étant souvent creux en raison des champignons dévorant leur coeur. Ici trois individus nous observent depuis les branches.

DSC09823Véritable anachronisme, une grande berce (Heracleum sphondylium) est déjà en fleur alors que nous ne sommes qu'en février ! Pourtant il n'y a pas de doute à avoir : feuilles découpées, limbe verte et pileuse, odeur de mandarine sur les fruits naissants ... tout y est. On trouve même à côté de celle-ci la tige de l'année précédente toute défraîchie par le gel et par le soleil. C'est une plante à la multitude de noms. En fonction des régions elle est appelée pattes d'ours, herbe du Diable ou cornes de chèvre. Son nom latin d'Heracleum est tiré de celui du héron antique Héraclès, plus connu comme Hercule. Aromatique, les feuilles, les jeunes tiges, les sommités fleuries en bouton, les graines et les parties souterraines peuvent se consommer de diverses manières : en infusion, frites, en gratin, en crème brûlée, en gâteau, en soupe ou encore en salade.

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Les étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) sont de retours. Nous sommes alors au début de l'hiver, ils n'ont pas encore l'idée de se consacrer à la reproduction. Tout le joyeux groupe composé d'une quarantaine d'individus est parti dans les branches pour passer la nuit. Il ne faut la croire mais même en ville, le danger est là. Faucon pèlerin, épervier, faucon crécerelle, hibou moyen duc et même buses ... les prédateurs rôdes parmi les arbres.

DSC09826En face de la fenêtre, une famille de 5 corneilles noires (Corvus corone) s'anime. Nous avons pu voir les jeunes prendre leur premier envole, réclamer l'attention de leurs parents, chiper le pain aux canards et jouer dans les feuilles mortes. Toutes présentent des anomalies : une petite taille avec des plumes blanches et abîmées, signe que la faune en milieu urbain ne se porte pas toujours bien, en raison d'une alimentation défaillante.

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Retour à la fin de l'hiver. Dans les fruitiers qui commencent à fleurir, une joyeuse troupe de moineaux domestiques (Passer domesticus) s'exitent. En 30 ans, leur population a diminué de plus de 70%, et cela reste une découverte récente ! Un rappel fort pour ceux qui auraient tendance à laisser de côté nos oiseaux locaux qui sont pourtant fortement menacés pour se centrer exclusivement sur des espèces plus exotiques.

DSCN1362Les tourterelles turques (Streptopelia decaocto) sont des oiseaux graciles originaires du Moyen Orient et présent en France seulement depuis une centaine d'année, d'où son nom de "turque" là où les anglophones ont la délicatesse de la nommer "Eurasian Collared Dove", soit tourterelle eurasienne à collier. Ce beau collier noir n'est présent que chez les adultes, un moyen simple de reconnaître les juvéniles.

DSCN1565L'oie de Guinée (Anser cygnoides) est une oie domestique. Celle-ci ensauvagée longe la Saône, car à vrai dire nous avons quitté Oullins pour remonter tranquillement le long de la rivière. Cette espèce se reconnaît à son tubercule noir massif, absent chez l'espèce sauvage ayant donné naissance à de nombreuses oies domestiques, l'oie cygnoïde (Anser cygnoides). Rare et menacée, on l'a rencontre en Chine, à Tawaïne, en Mongolie, en Russie, au Japon et en Corée. La chasse excessive et la disparition de ses habitats sont les deux facteurs principaux qui conduisent rapidement cette espèce à l'extinction alors qu'elle reste très mal connue. Pour revenir à l'oie de Guinée, c'est une espèce connue comme animal ornemental de part nos contrées mais élevée en Asie comme volaille en raison de sa robustesse, sa croissance rapide et sa capacité de se nourrir d'un peu près tout les types de déchets de cuisine.

DSCN1551Le chevalier guignette (Actitis hypoleucos) se promène parfois devant chez nous. Le voilà sur le bord de la Saône, sur un branche à guetter les petites bêtes dont il se nourrie. D'ordinaire il s'observe sur les rives, se promenant parmis les graviers et les pierres semi-immergés. On le distingue facilement des autres chevaliers grâce à ses pattes jaunes et à la tâche blanche qui par de son ventre et qui remonte au dessus de son aile.

Fin de la ballade, il faut rester chez nous pour au moins un mois, sans doute plus. Nous ne plaignons pas, nous sommes dans un tout petit appartement certes, mais avec deux grandes fenêtres qui s'ouvrent sur le monde et en particulier, sur l'Yzeron, nous avons de quoi nous occuper. Les merles, les corneilles et les mésanges nichent dans les arbres, les hérons passent au-dessus de notre tête et les pigeons commencent leur parade.

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jeudi 26 mars 2020

Sortie dans les marais 20 : l'Île du Beurre.

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Nous voilà partis à flâner le long des rives du Rhône. Nos pas nous conduisent jusqu'à l'Île du Beurre. Beurre, c'est un des noms locaux que l'on donne au castor. Celui-ci semble s'y plaire car deux familles ont élu domicile en ces lieux avec une population s'élevant pour le moment, si j'ai bien lu, à 11 individus. Ce jour là, nous ne les verrons pas. L'Île du Beurre est depuis 1987 inaccessible à l'Homme, hormis à quelques rares élus, principalement des chargés d'études qui ont pour mission d'observer, de répertorier et de protéger la faune et la flore de ce site remarquable. L'île est séparée de la terre par une lône partant du Rhône et s'y jetant de nouveau. Cette dernière est actuellement menacée par le défrichage accrue des coteaux où les vignobles grignotent peu à peu, malgré les interdictions de défricher les rares vallons boisés qu'ils restent. Résultat, plus aucun arbre n'empêche le phénomène d'errosion et les sédiments viennent peu à peu combler la lône et mettre en danger toute la biodiversité qui s'y développe : plus de hutte de castor, plus de reproduction de poissons, plus de martin pêcheur en chasse ... bref, pour quelques billets on met à mal tout un écosystème.

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Une multitude d'oiseaux peuplent les arbres qui bordent le chemin qui permet d'accéder aux observatoires situés sur la rive et des quels il est possible d'observer l'île. Parmi ceux-ci de nombreuses mésanges dont la mésange charbonnière (Parus major) reconnaissable à sa calotte noire, au ventre jaune barré d'une large cravate sombre, et la mésange bleue (Cyanistes caeruleus) à la tête bleue et à la cravate noire fine.

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Un verdier d'Europe (Chloris chloris) monte la garde depuis une branche. Trapu, on voit bien qu'il s'agit d'un oiseau granivore (qui mange des graines), en raison de son bec épais et court. Son plumage vert olive lui permet de passer inaperçu dans le feuillage naissant. L'abondance de gris à l'exception du poitrail qui est d'un vert peut marquer laisse penser qu'il s'agit d'une femelle adulte, les jeunes ayant le ventre moucheté de blanc et de gris.

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À proximité d'un des observatoires, une mangeoire a été installée. Nombreux sont les animaux à venir y chercher de quoi se nourrir. Parmi ceux-ci, le chardonneret élégant (Carduelis carduelis) qui porte très bien son nom. On ne peut le confondre avec son bec fort et un peu allongé pour aller chercher les graines de chardon dans leurs capitules, sa face rouge, son dos brun, ses ailes noires, jaunes et blanches. Un véritable arlequin.

 

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Les berges du Rhône en cet endroit sont bordées par la forêt alluviale, se composant le plus souvent de grands arbres. Depuis la digue, nous y observons les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) regagner les branchages pour former un grand groupe et passer la nuit là.

 

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C'est ce que l'on nome alors un dortoir. Sur celui-ci, nous avons pu compter à la tomber de la nuit 50 à 60 individus se regroupant le plus souvent en silence. Ce mangeur de poissons est souvent mal aimé des pêcheurs, et sans nier les dégâts qu'il provoque parfois dans les piscicultures, de nombreuses études montre qu'il consomme essentiellement des poissons qui n'intêressent pas l'homme, comme quoi la nature est bien faite. Néanmoins, de nombreux tirs administratifs ont été autorisés pour 2019-2020, mettant de nouveau l'espèce en sursit, elle qui a longtemps été en danger en France.

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Les noistiers communs (Corylus avellana) sont en pleine floraison. Les chatons mâles pendant négligemment, laissant leur pollen se faire porter par le vent. Peut être qu'un des grains de celui-ci parviendra à atteindre l'une des nombreuses fleurs rouges et discrètes parsemées sur le bois d'une autre noisetier. Il faudra alors attendre les beaux jours de l'été indien pour aller récolter les noisettes issues de cette union.

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Ce ne sont pas des noisettes que l'on trouve dans les mangeoires, mais des graines de tournesols. Cela ne semble pas du tout déplaire à l'écureuil roux (Sciurus vulgaris) et au ragondin (Myocastor coypus), profitant tout deux des graines tombées au sol par la délicatesse relative des oiseaux. Un couple de poules d'eau (Gallinula chloropus) puis de canards colverts (Anas platyrhynchos) emboîtent alors le pas aux deux joyeux mammifères.

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Les pinsons du nord (Fringilla montifringilla) sont encore là. Ils ne tarderons pas s'envoler en direction du grand nord pour passer la saison des amours, nichers, s'occuper de leurs petits et assister à leur envol avant de revenri chez nous, fuyons ainsi le froid et les neiges des hivers rudes. Nous n'aurons pas la chance de voir ce mâle avec sa calotte entièrement noire, celle-ci ne s'observant hélas qu'en période de reproduction.

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Nous longeons la voie cyclable. Notre passage s'accompagne des cris d'inquiètude des rougegorges familliers (Erithacus rubecula). Ceux-ci sont bien vite remplacés par de jolis chants tenus par les oiseaux désireux de commencer à rappeler aux autres où commencent et se terminent les limites de leur territoire. Gonflant leur poitrail orangé, ils sont attentifs au moindre mouvement de leurs adversaires, allant jusqu'à se battre dans certains cas.

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Nous approchons de l'Île de la Chèvre, cousine à l'Île du Beurre et séparée l'une de l'autre par une étroite lône (bras mort ou secondaire du Rhône). Au-dessus de nous, des allées de choux, de carottes, de cardons et des serres de culture, tournent deux buses variables (Buteo buteo). Agiles, elles utilisent les thermiques, des vents chauds se format sur certaines surfaces, pour s'élever dans les airs sans se fatiguer à utiliser leurs ailes.

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Les plantes ne sont pas en reste. Dans les arbres le lierre grimpant (Hedera helix) s'enroule autour des arbres sans leur porter atteinte. Ils sont une source de nourriture importante pour les oiseaux en cette période. Si on temps les yeux vers le sol, on tombe sans mal sur le datura stramoine (Datura stramonium), plante fabuleuse, venue du nouveau monde, toxique et prisé dans l'imaginaire collectif comme plante à sorcière.

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C'est le grand moment pour les hérons cendrés (Ardea cinerea). Les nids sont désormais agencés à de rares exceptions près, et la couvaison à débutée. Il faudra attendre pas moins de 26 jours pour que les premiers oisillons montrent le bout de leur bec tout affamés qu'ils seront. Leurs parents entammeront alors des allers-retours sans fin pour les nourrir de poissons, de grenouilles, d'insectes et de petits rongeurs.

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Les oiseaux sont paisibles et profitent des rayons du soleil pour quelques ajustements. Les voyageurs du nord de passage chez nous pour l'hiver regagnent d'autres contrées pour se reproduire. Les grands groupes de verdiers se divisent, les couples partant trouver de tranquilles bosquets où installer leur nid, là où les hérons se rassemblent en héronnières bruyantes où souvent plusieurs espèces se mêlent.

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samedi 21 mars 2020

La LPO au rythme de l'Hiver.

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Quoi de neuf à la LPO Rhône ? Beaucoup de choses ! L'hiver a été bien remplit, en particulier le mois de janvier.

Les comptages LPO à Miribel Jonage

Tout commence en début d'année avec le comptage des grands cormorans (Phalacrocorax carbo) au dortoir. Nous participons à celui de Miribel Jonage. Pas moins de 500 individus y passent la nuit. Les effectifs sont stables. J'ai toujours pris plaisir à les voir au fil des mois pêcher les poissons chats. Une étude réalisée dans le secteur et sur appuie des rejections des cormorans montre que leur régime alimentaire se compose de 85 à 95% de ses poissons, de quoi changer le regard de ceux qui les accusent un peu trop vite de prédater les ombres et les gardons. Espérons que les tirs administratifs autorisant le prélèvement de 100 individus dans le Rhône ne conduisent pas à l'effondrement de cette population encore fragile.

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Les arbres des forêts alluviales des petites îles et presque-îles sont des lieux de vigiélature parfaits, du moins, du moment où les bateaux ne passent pas à toute vitesse à ras de berges, poussant les oiseaux à s'envoler. Je vous laisse imaginer la complexité du comptage. Nous sommes ce soir là 7-8, équipés de jumelles et de longues vues à tenter de dénombrer les oiseaux se posant sur les branches pour passer la nuit.

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Mi-janvier, changement de mission mais on garde le même cadre. Nous sommes toujours à Miribel Jonage mais cette fois pour participer au Wetland, le comptage international des oiseaux d'eau. Plusieurs équipes se partagent les différentes zones humides du Rhône pour compter sur la même matinée les oiseaux inféodés à ces milieux. Douceur hivernale obligeant, très peu d'oiseaux sont comptabilisés comme les années précédentes.

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Le rouge-gorge familier (Erithacus rubecula) aime les lisières, les friches, les zones boisées ou plus ouvertes des milieux ruraux. Celui-ci a triste mine, sans doute prédaté par un oiseau de proies ou un chat. Tout bossu et voltant, je ne donne pas cher de sa peau. C'est le lot de la plupart des petits passereaux, ne vivant que rarement plus de deux ans en milieu naturel en raison des nombreux dangers auxquels ils doivent faire face.

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Territoriale et solitaire, c'est un des rares oiseaux où les deux sexes partagent le chant comme moyen de communication et de délimitation de territoire. Chez la plupart des autres espèces, seuls les mâles portent la voix pour la saison des amours pour séduire les femelles, combattre les rivaux et définir l'espace de vie, bref, c'est ce que l'on retrouve chez les mammifères avec les marqueurs olfactifs ou les barrières de bois des pavillons ruraux.

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Comme depuis 3 ans, il y a peu d'oiseaux d'eau hivernants, la faute aux hivers particulièrement doux qui ne poussent pas les canards du grand nord de l'Europe à rejoindre nos latitudes. Piège fatal, quand les vagues de froids arrivent brutalement ils sont souvent pris au dépourvu. Les populations se scindent alors en deux, une partie reste et affronte un froid mortel, l'autre part en migration au risque de ne pouvoir se nourrir sur sa route. Un pari qui se solde souvent par la mort d'un des deux groupes. Ici, ce sont deux mâles et une femelle de nettes rousses (Netta rufina) qui ont pris refuge à Miribel et qui sont des habitués du lieu.

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Changement de paysage, nous voilà au grand large, une vaste étendue d'eau semi-artificielle pour aller identifier les laridés qui vont au dortoir, entendons par là les goélands et les mouettes qui se mettent au lit, mais avant, passage obligé par les phragmites pour voir notre premier rémiz penduline (Remiz pendulinus) pour notre plus grand bonheur. Sur la digue, une multitude de grands cormorans (Phalacrocorax carbo) prennent le soleil.

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Deux solitaires nagent à notre rencontre, une oie domestique (Anser anser domesticus) et un cygne turbeculé (Cygnus olor). Habitués au pain, ils voient dans les humains de quoi avoir un repas sans le moindre effort. Bien mal leur en prend, le pain est dangereux pour les oiseaux et peut déformer leurs ailes, abîmer les plumes rendant l'oiseau inapte au vol, créer des inclusions intestinales et même se montrer mortel. Autant leur donner de l'herbe.

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Dans la même phragmiteraie que les rémiz, de mignonnes orites à longue queue (Aegithalos caudatus) donnent de la voix. Ces oiseaux ont longtemps été rangés jusqu'à peu dans la grande famille des mésanges - désormais ils sont rattachés aux orites, nom que j'adore. Les orties communiquent par petits cris pour s'assurer de savoir où se trouve chaque individu, s'il y a du danger à proximité et s'il y a de quoi à manger à tout hasard dans le coin. Minuscules, ces boules de plumes noires, roses et blanches sont photogéniques, en particulier dans elles explorent les bourgeons des branches de saules qui plient sur leur poids et les conduisent à avoir la tête en bas pour se nourrir. Elles peuvent former des groupes de 4 à 20 individus pour arpenter les cimes des arbres, les haies et les fourrés denses à la recherche de graines, de baies et d'insectes.

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Nouvel observation, celle de quatre goélands cendrés (Larus canus). Petits, ils sont un peu plus gros que les mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) qui les accompagnent. Le plumage en partie brun indique qu'il s'agit de juvéniles, les adultes étant complètement blancs et gris. Se raréfiant, les individus que l'on trouve à proximité du Rhône sont pour la plupart migrateurs et proviennent des pays du nord comme les pays scandinaves.

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Le soleil se couche, nous finissons par un comptage des laridés - c'est à dire des divers goélands et mouettes - qui vont sagement se poser sur la grande digue pour passer la nuit. Nous sommes une vingtaines équipés de jumelles et de longues vues pour compter les 1000 à 1200 oiseaux qui se trouvent là. Un sacré monde mais rien d'important quand on sait que cela représente la totalités des oiseaux présent sur presque le territoire.

 

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Actions LPO chez les exploitants

Ballade sur Irigny, nous en profitons pour aller voir la mare creusée à la fin de l'automne 2019 au milieu des vergers de pommiers et de poiriers, chez deux jeunes exploitants très sympas et dynamiques. Nous étions alors 20 à 25 pour tendre les bâches et adoucir les berges à coups de pelles et de pioches sous un début de pluie battante. D'ailleurs, vous pouvez en retrouver le récit détaillé en cliquant ICI. De retour sur place 4 mois plus tard, elle est toujours là. Le géotextile commence à brunir et se fondera parfaitement dans le paysage d'ici quelques semaines. Le fond devient vaseux, permettant ainsi aux premières plantes de s'installer et de permettre aux animaux d'arriver à leur tour. Déjà les Gerris, petites punaises d'eau carnivores souvent confondues avec des araignées, ont fait leur entrée et chasse les malheureux insectes tombés à l'eau.

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Changement de décor, nous voilà à proximité de Craponne, chez un maraîcher et horticulteur pour réaliser divers nichoirs pour favoriser la biodiversité de son exploitation. Chouette chevêche, huppe fasciée, mésanges bleues et charbonnières, moineaux domestiques ... ce sont là quelques unes des espèces que nous avons tenté de contenter, avec une sacrée équipe de bénévoles, en leur offrant un logis digne de ce nom. 

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Parents comme enfants mettent la main à la pâte. Il faut déjà comprendre les schémas, qui ne sont pas toujours simples à maîtriser, s'assurer que toutes les pièces sont là et que le bon nombre de vis figure sur la bâche. Au final tous les nichoirs seront fabriqués dans la matinée puis posés l'après-midi avec des perchoirs à rapaces pour mener des actions sur les rongeurs pouvant causer des dégâts importants sur les cultures.

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Nouveau passage près d'une mare, celle du Parc Lacroix Laval, la toute première que nous avons réalisé et que je documente ICI. Quelques jours plus tard je débutais à la LPO AuRA Rhône. Creusée dans la parc, à proximité de la forêt, des chemins de promenades et des enclos des chevaux de des daims, cette mare à pour objectif d'acceuillir les amphibiens du parc qui sont nombreux mais trouve pas nécessairement de quoi se reproduire.

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Pour notre plus grande bonheur, dans celle-ci se trouvent déjà des tritons alpestres (Ichthyosaura alpestris), des grenouilles agiles (Rana dalmatina), des limnées (Lymneas sp.) ou encore des larves de libellules. Tout un écosystème devenu fonctionnel et qui abrite de nombreux animaux. Cela ne va pas sans faire plaisir quand on pense à la difficulté que cela a été de la creuser mais aussi auc bons moments de rigolade que cela a été.

 

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À la recherche du hibou grand duc

La nuit commence à tomber. Nous sommes mi-février et pas moins de 70 dans la petite salle des fêtes de Tupin et Semon, sur les hauteurs d'une des rives du Rhône. La mission de la soirée ? Partir à la recherche du hibou grand duc (Bubo bubo), le plus grand hibou du monde avec 1,80 m d'envergure. Repartis en équipes, nous avons chacun notre vallon à surveiller. Il faut alors tendre l'oreille pour entendre le "Hou" grave du mâle et les "Hou hou" plus aiguës de la femelle en faisant abstraction de l'autoroute en contrebas, des aboiements des chiens du voisinage et des cris des autres animaux sauvages présents, sans parler non plus du vent qui déforme les sons qui nous parviennent. Nous prospectons ce soir là les vallons rhodaniens des départements du Rhône, de la Loire, de l'Isère et de l'Ardèche. Autant vous dire que nous sommes motivés, à attendre un peu plus d'une heure immobile dans le froid et la tombée du jour à guetter un signe de présence.

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Notre vallon est entouré de vignes de grand renom. C'est d'ailleurs une des principales menaces pour notre grand duc. L'hectare dépassant parfois le million d'euros, les vals boisés et pourtant protégés ne font pas passe aux appétits de certains. Les pelles mécaniques arrachent sans ménagement les arbres, les rochers sont minés et la faune chassée. Autant dire qu'il faut apporter une vigilance toute particulière dans ces secteurs.

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Nos espérances sont grandes. Le vallon que nous surveillons n'a pas revu de grands ducs depuis 2016, année à la quelle le mâle du couple qui s'y reproduisait, a fini électrocuté sur une ligne à haute-tension. Nous nous attendions pas de ce fait à entendre chanter notre premier duc et pourtant, ce soir là, il a pour la première fois depuis longtemps donné de la voix. ll s'agit d'un mâle que nous n'avons toujours pas réussi à voir.

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Levons les yeux au ciel, un immense vol de choucas des tours  (Coloeus monedulanous survole. Les oiseaux rejoignent leur dortoir qu'ils quitterons au petit matin pour chercher de quoi ce nourrir. Le printemps étant là, on ne trouve désormais que de petits groupes voire, des couples isolés qui nichent dans les cavités des arbres et des bâtiments. Il faudra attendre l'automne pour que voir se former à nouveau ces grands rassemblements.

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Départ pour le second vallon que nous suivons. Monsieur et madame grands ducs sont tous les deux là, donnent de la voix et nous avons même la chance de voir pour la première fois le mâle ! La photo est de piètre qualité mais qu'importe, le majestueux rapace est là. À l'heure actuelle la femelle est en train de couver et nous retournerons voir le charmant couple d'ici quelques semaines pour écouter les cris des poussins sortis de l'oeuf.

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Falaises, vignes, forêts et pelouses sèches, les coteaux et vallons rhodaniens présentent une grande diversité de milieux naturels qui malheureusement sont mis à l'épreuve avec l'intensification de la pratique agricole. C'est regrettable, d'autant quand on voit que de nombreux producteurs et exploitants adoptent des pratiques respectueuses de l'environnement et économiquement viables. Nous avons même pu profiter de l'intervention d'un exploitant locale nous présentant le fonctionnement de sa vigne et de toutes les mesures qu'il met en place pour favoriser la faune et la flore. Une belel initiative que, je l'espère, sera suivie par d'autres.

 

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Prospection hivernale des chauves-souris dans les Monts d'Or

Qu'il fait froid ce matin de février. Un vent terrible et glacé souffle et nous contraint à trouver refuge derrière les arbres des rives de la Saône qui bordent le parking où nous nous trouverons. Nous sommes 35 lèves-tôt réunis pour partir en chasse. Pas de fusils, pas de filets et pas de pièges dans nos sacs masi des lampes torches. Nous partons chercher les chauves-souris hivernantes qui ont trouvé refuges dans les Monts d'Or. Nos investigations ne sont pas menés au hasard mais dansa certains des tunnels des vieilles mines de pierres dorées où peut de personnes s'aventurent, laissant aux animaux tout le repos qu'il leur est permis. La veille, nous avons même bénéficié d'une conférence tenue par un membre passionné et connaisseur des chiroptères, l'autre nom donné aux chauves-souris.

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Nous voilà à l'entrée du tunnel qui mesure tout au plus une vingtaine de mètres. Confectionné avec les débris de pierres dorées, il a été construit comme bien d'autres, pour soutenir les amas de déchets de la carrières. Court, nous mettons tout de même près d'une heure à le parcourir, la recherche étant minutieuse. En effet, chaque cavité doit être inspectée avec attention à lampe torche pour voir d'un peu plus près ce qui s'y cache.

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Cependant on ne serait stationner trop longtemps et éclairer plus d'un bref instant les animaux, la lumière, la chaleur, la vapeur dégagée par la respiration ou encore les ultrasons provoqués par les vestes pouvant mettre à mal les dormeuses. Alors pourquoi les chercher ? Simplement pour établir leur nombre et évaluer l'état de leur population, de nombreuses espèces de chiroptères étant en danger. Dans la galerie d'autres bestioles ont trouvé leur place comme ces araignées se tenant aux aguets, prêtes à partir en chasse à la moindre fibration détectée.

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Vous la voyez, bien cachée au fond de sa cavité ? Une magnifique chauves-souris endormie et de mémoire, que l'on peut nommer oreillard et à rapprocher du type oreillard gris (Plecotus austriacus) car chez les chiroptères, les identifications ne sont pas toujours simples, en particulier pour les novices que nous sommes. Forme du nez, oreilles, forme des arcades, manière dont les ailes sont repliées .... les critères sont nombreux.

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D'autres hivernants se trouve là. La découpure ou noctuelle des cavernes (Scolipterys libatrix) est un jolie papillon, de 4 à 5 centimètres, et qui passe l'hiver dans les caves, les grottes et tout autre souterrain lui permettant de se mettre à l'abri du gel. Hors période hivernale, elle est surtout inféodés aux milieux humides mais se rencontre aussi dans les parcs et jardins. Donnant deux générations en une saison de reproduction, de mars à décembre, c'est la seconde vague de papillons que l'on retrouve dans les tunnels à cette saison.

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Voilà trois courageux affairés dans les galeries. On ne le dirait pas comme ça, mais bien que la température frôle les 5 à 6 degrés C°, il fait bien meilleur qu'à l'exterieur. Les tunnels sont vieux, pour certains ils ont plus de cents ans, pour d'autres à peine 50 ans. On y trouve de nombreux vestiges, comme dans celui-ci où les feuilles de drôles de revues des années 60 sont parsemées sur le sol, sans parler des bidons de produits aujourd'hui interdits, d'anciennes cartouches de chasses et même des carcasses de vielles motocyclettes.

 

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Sortie LPO sur les lacs d'Anse

Petite sortie organisée par les bénévoles de la LPO Rhône et de la LPO Ain pour découvrir les oiseaux d'Anse, et en particulier ceux présents dans les lacs formés par les carrières d'extraction de graviers qui sont bien implantées sur la commune. Sans surprise et comme pour le Wetland, il y a peu d'oiseaux aquatiques à observer. Pas de panique il y a bien d'autres choses à voir, en particulier des plantes, des fleurs, des nids d'écureuils ou encore, des petits passereaux aimant les forêts naissantes et les zones de friches. Nous avons tout de même eu la chance de voir passer dans nos objectifs le pic épeichette (Dendrocopos minor) mâle, un oiseau à la calotte rouge que nous ne voyons pas tous les jours, pour le plus grand bonheur du public. Bref, une sortie comme je les aime qui donne l'occasion de faire tout aussi bien de l'ornithologie que de la botanique.

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Voilà deux belles rosettes que l'on ne serait être tentés de consommer. Pouvez vous les nommer ? À gauche il s'agit de l'onagre (Oenothera sp.), dont l'espèce ne pourra être connue qu'à la floraison. Les feuilles sont réputées pour être comestibles et entrer dans la composition de salades ou de soupes. La racines ont un goût poivré et peuvent être cuisinées comme des pomme de terre. Pour avoir essayé, je trouve cela vraiment pas bon. À droite, il s'agît d'une rosette de cardère sauvage (Dipsacus fullonum) reconnaissable aux aspérités des feuilles basales.

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En voici des cardères sauvages, ils s'agient des sommités fleuries de l'été dernier. À l'automne, les nombreux chardonnerets élégants (Carduelis carduelis) du coin viennent s'y nourrir. Leur bec est particulièrement long pour un granivore, il leur sert à attraper les graines logées dans leurs capitules pour s'en nourrir. Nous avons pu ce jour là en voir quelques uns se battre avec acharnement, signe que la période de reproduction débute.

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Mais qui est passé par là ? Le castor d'Europe (Castor fiber) bien évidement ! Il a grignoté pendant la majeur partie de l'hiver l'écorce et les jeunes branches des saules qu'il récupère sans mal après avoir fait tomber à l'aide de ses dents pouvant ronger le bois pendant des heures. Au printemps venu il laisse de côté cette nourriture pour préférer les feuillages et herbes tendre qui commencent à pousser à profusion.

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C'est la saison pour le rougegorge familier (Erithacus rubecula). On peut l'entendre chanter à tue-tête pour défendre son territoire et attrier une compagne. Attention, mâle comme femelle chantent, ne permettant pas toujours de savoir si on se trouve face à un comportement territorial ou reproducteur, d'autant plus que la plupart des rougegorges migrateurs ne sont pas encore tous partis. Un vrai casse tête pour une si petit oiseau.

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Les aulnes glutineux (Alnus glutinosa) sont en fleurs. À gauche il s'agit de chatons mâles, qui ne sont pas encore matures sur ce plan pour éviter que l'arbre ne s'autoféconde car les chatons femelles, à droite, sont ouverts et en attente du pollen qui sera porté vers eux par le vent. C'est une espèce qui apprécie les milieux humides et qui a besoin d'avoir les pieds dans l'eau pour pouvoir se développer, ce qui le rend sensible à la sècheresse.

 

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Assister au réveil du faucon pélerin.

Levé à 5 heure et demi, aie, je n'en avais plus l'habitude depuis cet été, mais cela en vaut la peine. Nous avons un rendez-vous à ne pas manquer ce matin. Nous rejoignons Pascal, bénévole pour la mission pèlerin à 7 heure, le thermos de thé à la main. Nous sommes une petite quinzaine à assister au réveil du faucon pèlerin (Falco peregrinus). En vol battu, c'est à dire en agitant les ailles, il peut atteindre 100 km/h et en piquer entre 180 et 250 Km/h avec des pointes à 376 Km/h et une vitesse maximale théorique comprise entre 380 et 400 Km/h. Incroyable ! Après avoir vu le plus grand hibou du monde nous nous offrons l'oiseau le plus rapide, de quoi nous rappeler que nous n'avons rien à envier aux autres pays et que, sans être forcément très colorés (quoi que), les oiseaux de France métropolitaine sont tout autant fascinants et méritent que l'on s'attardent sur eux.

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Monsieur et madame s'éveillent et donnent de la voix, juste quelques cris histoire de se dire bonjour avant de partir en chasse. Ils mettront peu de temps à revenir, les serres chargées de leur déjeuner pour le mâle en premier temps, puis la femelle une demie heure plus tard. Sur le pilier, un amas rouge se forme et des plumes nous arrivent au visage, protées pour le vent. Le matin est le meilleur moment pour les observer. La journée ils se montrent relativement absents, affairés à se nourrir et ne revenant que rarement sur la tour.

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Parmi les proies au menu, on trouve surtout des oiseaux, qu'il saisie en vol ou en piqué. Il en tient d'ailleurs une particularité propre à tous les rapaces prédateurs d'autres oiseaux : un très long doigt à chaque patte pour bien les saisir. Ici ce sont surtout les pigeons bisets,et les pigeons ramiers qui figurent au menu, avec aussi des choucas des tours, des corneilles noires, des moineaux, des pinsons et bien d'autres petits passereaux.

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Il n'y a pas de hasard s'il le couple à élu domicile ici, tout comme le couple de faucons crécerelles (Falco tinnunculus) qui vit au sommet de la tour. Madame se cache dans une alcôve (vous la voyez ?), c'est là où depuis plusieurs années, elle pont entre 4 et 5 oeufs crèmes tachetés de rouge brique, à l'abri de la plupart des regards. Elle couvra sa ponte pendant 30 jours, et sera relayée entre 1/3 et 1/4 du temps par son mâle.

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Un dernier coup d'oeil vers le ciel et nous partons en direction d'un champ à la terre fraîchement retournée. C'est là qu'une trentaine d'œdicnèmes criards (Burhinus oedicnemus) a prit la décision de rester pour l'hiver et de ne pas partir en migration. Avec notre longue vue nous parcourons cette étendue nue sans les voir et pourtant ils sont là. As dans le camouflage, ces oiseaux aux grands yeux dorés sont très suivis dans le Rhône par la LPO.

 

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Des nids et des vélos pour aider les hirondelles des fenêtres.

Voilà l'un de mes plus gros projets de l'année dans le cadre de mon travail. L'objectif est de favoriser les populations d'hirondelles des fenêtres (Delichon urbicum). sur la commune de Saint Priest. Pour se faire, le 7 mars nous partons avec les enfants du centre de loisir du fort de la ville, leurs encadrants, l'association "La maison du vélo" ainsi qu'avec Nathalie et Marie-Claire bénévoles LPO Aura Rhône, nous nous embarquons dans un périple à vélo pour une grande chasse au trésor. L'objectif ? Trouver les meilleurs sites dans le quartier de Manissieux pour poser des nids d'hirondelles confectionnés par nos soins pendant les jours suivants pour permettre l'installation d'une nouvelle colonie. L'équipe de France 3 Lyon est là aussi pour nous filmer à travers notre périple. Le reportage passera le soir même, en même temps que la conférence aurpès du grand public (plsu de 50 personnes) pour présenter les hirondelles et martinets présents sur la commune et comment les favoriser. C'est pour moi l'occasion de faire ma première télé. Il n'y a pas photo, passer devant la caméra ce n'est vraiment pas fait pour moi.

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Première étape, confectionner les moules sur lesquels seront appliqués le mélange de béton-bois. D'ordinaire ils sont confectionner en plâtre, mais devant transporter plus de 20 de ces moules, j'ai opté pour des moules en pâte à sel. Ceux ci sont appliqués sur des planches qui les supporterons, protégés d'un filme plastique alimentaire et huilés. Pendant ce temps une autre équipe mélange le béton à prise rapide avec des copeaux de bois.

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C'est alors le moment de passer au tartinage. Équipés de gants, les enfants ont pu dans pendant une après-midi naissance à six nids d'hirondelles en binôme. Le soir, ce sont les habitants de la ville qui ont pris le relais et qui à leur tour ont pu confectionner le mélange avant de l'appliquer sur une dizaines de moules. Il faut désormais attendre une petite semaine pour démouler pour avoir le résultat et si besoin, faire quelques ajustements.

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La séance se termine par une session de jeux autour des oiseaux du Rhône et des migrateurs. Au choix un jeu de l'oie sur le parcours des hirondelles de l'Europe à l'Afrique du sud, des livrets de jeux divers et un jeu géographique de mon invention sur le parcours de six migrateurs et dont je ne suis pas peu fière. Il a pour but de faire aimer la géographie aux enfants de manière ludique tout en découvrant les oiseaux.

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Ce projet qui me tient particulièrement à coeur, je n'en connais pas l'avenir. Une sortie était programmée pour le 7 mai pour voir les hirondelles et les martinets et les nids devaient être posés dans quelques jours, à voir si le confinement s'étendra jusqu'à là. J'écris ces lignes au soir du dimanche 15 mars, dans une ambiance toute particulière. Vendredi, la LPO AuRA suivie par la LPO France a prit pour décision d'annuler toute manifestation avec du public, que l'action soit salariée ou bénévole. Je ne pourrai de ce fait vous parler de notre cycle débuté en février par le groupe jeunes LPO Rhône sur les dinosaures et qui a débuté mi-février par une conférence sur les plumes et les dinosaures et qui devait se poursuivre hier par une visite du musée Confluence qui n'a pu avoir lieu.

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Jeudi il a été annoncé que les écoles seront fermées dès demain, la rumeur annonce un durcissement du confinement, avec un couvre-feu et des déplacements limités dès mardi et la plupart commerces ont clos leur porte samedi à minuit. Drôle de situation, où on s'exaspère du comportement de ceux qui ne comprennent pas l'urgence de la situation et où l'on a peur pour ses proches. Sans pour autant céder à la panique, j'ai le sentiment que ce ne sera que lundi matin, en arrivant au travail et en traversant les rues, que je prendrai  véritablement conscience de la situation. Il y a de fortes chances que je passe le prochain mois en télétravail. Pour le mois à venir, je n'avais pas moins de 38 animations et autres programmées - sans parler de celles de mes collègues, et sans remettre en question les règles de sécurité dictées par les autorités, je ne peux m'empêcher de m'inquiéter pour l'aveneir dont je n'arrive pas à me faire une idée de ce qu'il pourra être fait. Cet article sera publié une à deux semaines après son écriture, peut être que les choses seront plus claires mais j'avoue que même sans céder à la peur, pour l'une des toutes premières fois de ma vie je ne suis pas sereine au point d'en perdre mon optimisme. 

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dimanche 15 mars 2020

Le sud au rythme de l'hiver.

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Nous sommes pour les fêtes dans le sud de la France. Si le temps est aux retrouvailles en famille, il est aussi au grandes découvertes. Logés à Marseille, nous sommes à quelques lieux de sites remarquables et nous sommes rapidement au coeur des zones humides si riches en oiseaux et végétaux qui pour certains, sont sur le point de fleurir. Nous commençons à être familiers des lieux mais nous avons encore beaucoup à apprendre, pour l'heure nous sommes très novices, en particulier pour ce qui touchent aux oiseaux des milieux palustres qui sont si peu communs dans nos montagnes et aux grands migrateurs qui trouvent refuge dans les étangs salés. Nous avons a plusieurs reprises, eu la chance d'observer le coucher du soleil sur la Méditerranée et de voir de grands vols traverser le ciel rougit par les derniers rayons. Seul regret, nous n'avons pas pu explorer les salants du Lion de l'aéroport de Marignane, mais nous y reviendront bientôt.

Fos sur Mer et ses marais salants.

À la limite de l'étang de Berre, les marais salants de Fos sur Mer font office de réservoir de biodiversité. Le site à l'arrêt depuis les années 70 a été réaménagé pour permettre aux promeneurs de cheminer tout autour du lac et des salants sans impacter la tranquillité des oiseaux qui s'y épanouissent.

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Nous avons eu grand plaisir à retrouver un oiseau que nous avons beaucoup entendu chanter cet été dans les hauts herbages des Hautes Alpes et que nous appelons affectueusement "l'oiseau wesh-wesh" en raison de son chant. Il s'agit du tarier pâtre (Saxicola rubicola), chez qui le mâle aborde une tête noire, un collier de plume blanches et un ventre rose-orangé. Si on peut le rencontrer toute l'année en France, il se fait plus discret l'hiver, préfèrent rejoindre le sud de la France et en particulier les milieux côtiers. Pour s'épanouire, trois éléments lui sont absolument nécessaire : des taillis et broussailles pour se cacher et nicher, des points en hauteur pour chasser et des branches élevées pour parader et surtout, surveiller son territoire. Ce dernier trait de caractère s'observe particulièrement à cette période de l'année. Cela nous change de les voir posés dans les buissons épineux, là où en juillet nous les avons vu perchés sur les sommités fleuries des grandes gentianes.

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Voici notre petite star,  le pouillot véloce (Phylloscopus collybita). Infatigable, il saute de tige en tige à la recherche de graines. Très commun et migrateur partiel, on le rencontre essentiellement l'hiver sur le bassin méditerranéen dans les friches, les jardins, les parcs et les campagnes où l'agriculture n'est pas intensive.

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S'il consomme habituellement des insectes, en cette saison il se fait volontiers granivore et use de son bec fin pour déloger les derniers grains de la saison. Peut farouche, il se laisse facilement approcher hormis en période de nidification où il préfère se dissimuler dans les arbres même s'il on peut trouver son nid au sol. Six à sept oeufs y seront pondus puis couvés pendant la femelle pendant deux semaines. Les petits sont élevés par le couple.

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S'il est facile à identifier à cette période, en raison du fait qu'il est le seul représentant des pouillots présents en France l'hiver, cela n'est pas le cas pour les autres saisons. Le reste du temps, il vaut mieux se fier au chants, d'autres espèces très similaires pouvant être confondus avec ce dernier, en particulier le pouillot fitis (Phylloscopus trochilus) aux couleurs vives, aux rémiges plus longues et au sourcil bien plus marqué. 

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Dans le grand étang, les mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) sont abondantes. En plulmage internuptiale à cette période de l'année, on les reconnaît à point noir à l'arrière de la têt et aux bordures blanches des ailes. On reconnaît les jeunes individus aux plumes marrons qui sont caractéristiques des premières et deuxièmes années. Au milieu de se remu-ménage, trois drôles d'oiseaux au bec orange vif attirent nos regards.

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Trois goélands railleurs (Chroicocephalus genei) pêches à proximité de la digue sans être iniquités par les passants. C'est notre toute première observation de l'espèce et nous en sommes très fières. Ils ne sont pas très nombreux en Europe, on dénombre un peu plus de 2000 couples nicheurs sur tout le continent. En période hivernale, il se rapproche des estuaires et des côtes maritimes où il trouve de quoi se nourrir.

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Ce qui a attiré notre oeil, c'est le comportement des deux espèces. Là où les mouettes rieuses plongent en piqué ou, à l'instar des canards colverts, en levant le croupions et toujours avec les ailes proches voire plaquées au corps pour attraper les poissons et les petits invertébrés, les goélands railleurs se jettent dans l'eau depuis une très faible hauteur les ailes bien écartées. C'est un trait que j'aime particulièrement dans le naturalisme : observer le comportement des animaux pour identifier les espèces en un tour de main.

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Côté paysages, nous sommes moins enthousiasmes. Nous avons bien conscience que pour vivre et pour communiquer, nous sommes dépendant de toutes les infrastructures qui nous entoures, mais voir les marais salants enclavés entre la voie rapide, les raffineries, les usines de ciment et les entreprises de pétrochimies et de sidérurgies qui fument noires sans oublier les lignes à haute-tensions, nous serre quelque peu le coeur.

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Il y a aussi ceux que l'on ne se lasse pas de voir, comme le martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) dont le plumage bleu et étincelant donne l'impression de voir un vif éclair quand l'oiseau est en vol.  Sur un parking abandonné, où les herbes ont fini par soulever le béton et le goudron, il tire profit des flaques profondes qui se sont formées suite aux pluies hivernales pour pêcher des petits invertébrés faute de poissons.

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Beaucoup d'autres osieaux s'observent, en particulier des échassiers. Que ce soit de jeunes flamants roses (Phoenicopterus roseus) comme ici ou des aigrettes garzettes (Egretta garzetta) comme celle en dessous.

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Ce petit héron blanc au bec et aux pattes noirs mais aux doigts jaunes n'est pas difficile. On le rencontre tout aussi bien en bord de mer que dans les grandes zones humides d'eau douce mais essentiellement dans le sud de la France. Cosmopolite, on la trouve presque partout même si c'est sa cousine l'aigrette neigeuse (Egretta thula) qui domine du côté des Amériques et se fait très absente en Europe du Nord et dans une grande partie de la Russie. Sociable, on peut l'observer pécher des petits poissons et invertébrés en compagnie d'autres oiseaux, de même en période de nidification où il peut cohabiter avec d'autres hérons mais aussi les grands cormorans (Phalacrocorax carbo).

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Rien ne serait troubler la tranquillité du lieu, si ce n'est les bruits de la voie rapide et les nuages noires qui s'échappent des usines. Au milieu de cela, les cris d'appels des roitelets huppés (Regulus regulus) qui par dizaines épluches les pins qui surplombent l'un des canaux. Bien qu'étincelants avec leurs plumes colorées, ils ne seraient rivaliser avec les fauvettes mélanocéphales (Sylvia melanocephala) qui ont fait chavirer nos coeurs.

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Voici une nouvelle espèce à ajouter à notre cahier du naturaliste. Le grèbe à cou noir (Podiceps nigricollis) est un oiseau magnifique à l'oeil rouge. Ici ils sont pas moins de 74 à se nourri tranquillement au bords de la digue. En période internuptiale comme ici, il présente un plumage noir et blanc, mais en période de reproduction, il aborde des flancs roux, des touffes de plumes jaunes à l'arrière des yeux et une calotte noire bombée sur la tête.

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S'il se nourrie de crustacés, de petits invertébrés en surface comme en moyenne profondeurs et de poissons une grande partie de l'année, il devient strictement piscivore à l'hiver, période où une grande partie de l'aquafaune est en sommeil. La période hivernale est aussi celle qui voit les couples se former. La ponte n'interviendra qu'entre mars et juillet, les mâles couvant comme les femelles, choses rares chez les oiseaux aquatiques.

Forcalquier et ses chamois.

Le temps d'une journée, nous quittons les bords de mer pour nous enfoncer dans les terres. La végétation est aussi sèche que les murs qui ont fait la réputation de la ville de Forcalquier et de ses alentours. Les feuilles sont dans le brûloir, et sans pour autant envoyer des messages, inondent de leur fumée les jardins voisins.

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C'est un temps automnale qui s'offre à nous, et qui nous pousse à partir en aventure. Nous voilà sur les hauteurs d'une vieille abbaye, qui offre une vue incroyable sur les vallons des rivières qui serpentent à nos pieds. C'est là que nous croisons bon nombre d'aigrettes garzettes (Egretta garzettaet de hérons cendrés (Ardea cinerea) que nous percevons avec notre longue vue, parfois à plus de 3 kilomètres de notre promontoire.

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Surprise, émergeant de la forêt toute proche, une troupe de chamois (Rupicapra rupicapra) s'aventure dans une petite clairière avant de partir goûter au vert feuillage de la culture d'oliviers. Nous ne pensions pas faire un telle observation.

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Ce sont huit individus, des femelles accompagnées de leurs jeunes, qui se présentent là. Leur gabarit est similaire à celui du chevreuil, quoi qu'un peu plus petit avec 20 à 40 kilos et 70 à 80 centimètres au garrot. C'est un animal qui se reconnaît aisément avec ses petits cornes recourbées, son marque blanc et noir sur la face et son pelage brun qui ne vont pas sans évoquer son appartenant à la famille des chèvres, les caprinés comme les bouquetins.

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Tout semble au repos, que ce soit les allées calmes du monastère; l'alcôve de l'église, les pinsons des arbres (Fringilla coelebs) sagement installés dans leur dortoir, les bûches de bois fumantes ou la croix veillant sur les pèlerins. nous reviendrons peut être au printemps découvrir la faune et surtout les orchidées dont les rosettes constellent les pelouses sèches et les sous-bois clairs composés de chênes, de garances et de genévriers.

Dernière halte, Arles et la Camargue.

Le séjour prend fin, nous montons dans notre auto direction la Camargue, l'étang de Vaccarès et la ville de Arles, plus grande commune de France avec pas moins de 75983 km². Citée celte puis romaine, son nom signifie littéralement ville des étangs et des marais et il faut avouer qu'elle le porte plutôt bien.

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Ville aux paysages diversifiées, elle comporte des zones montagneuses avec les Alpilles arlésiennes au caractère rocailleux et où des espèces plutôt thermophiles et adaptées à l'aridité, trouvent leur bonheur. On y rencontre notamment un rapace remarquable, le hibou grand duc d'Europe (Bubo bubo). On trouve aussi la plaine de Crau, l'une des très rares steppes que l'on peut rencontrer en Europe de l'Ouest et qui abrite des espèces endémiques ou rares. Enfin, la Camargue couvre une grande partie de la superficie d'Arles. Cette zone humide agricole est précieuse pour les oiseaux d'eau migrateurs qui trouvent là un refuge pour se nourrir et se reproduire.

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Parmi ces oiseaux nicheurs, on peut citer une espèce star, celle du flamant rose (Phoenicopterus roseus). À Pont de Gau, ils passent une grande partie de l'année et s'observent particulièrement bien l'hiver avant que la migration et la nidification leurs fassent prendre leurs appartements d'été. C'est entre autre l'espèce de flamant la plus commune et abondante au monde. On la trouve aussi bien en Europe, en Asie, en Afrique et en Océanie.

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Sociaux, ces animaux aiment se retrouver en grands groupes comportant parfois plusieurs milliers d'individus. À l'arrivée de la période de reproduction, les couples se forment après des parades nuptiales bruyantes. Mâle et femelle construisent alors une coupe de boue surélevé sur un îlot vaseux où sera pondu un seul oeuf. Celui-ci est couvé pendant environs quatre semaines avant de voir émerger un poussin quittera le nid au bout de 10 jours.

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Il rejoint alors un crèche, un groupe de poussins dense surveillé par les adultes. Les parents y retrouvent leur petit régulièrement pour le nourrir avec une excrétion riche en protéines qu'ils glissent de le bec du juvénile. Celui-ci mettra 10 à 11 semaines pour s'émanciper.

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Si dans les années 60 on pouvait trouver des millions de flamants roses par le monde, dont une colonie d'un million d'individus, depuis la population mondiale a été évaluée à un peu plus de 600 000 dans les années 2000 avec 165 000 individus en Méditerranée et 100 000 couples nicheurs dans le monde. S'il n'est classé que LC, c'est à dire préoccupation mineur, on ne peut nier que les effectifs sont en net déclin, la faute à la disparition des zones humides qui abrite ses sites de reproduction avec l'urbanisation, l'augmentation du tourisme dans ces mêmes milieux qui conduit un important dérangement des oiseaux et aux épisodes climatiques déréglés qui sont très néfastes pour l'espèce et en particulier pour leur ressource naturel.

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Une aigrette garzette (Egretta garzetta) chasse paisiblement dans un cour d'eau. Cet échassier rencontré en début de séjour trouve ici des crabes, des petits poissons et des larves pour répondre à son régime alimentaire diversifié. Il tire aussi profit de la héronnière toute proche où il peut nicher sans peine, une héronnière étant un site de nidification rassemblant souvent plusieurs espèces de hérons à la période de reproduction.

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En parlant de héronnière, voici le champion toute catégorie pour en confectionner, le héron cendré (Ardea cinerea). Les couples commencent à regagner leur nid pour préparer la saison de reproduction à venir. Chacun d'eux peut élever 3 à 5 poussins qui mettrons environs deux mois à devenir autonomes et à perdre leur duvet blanc au profit du plumage gris caractéristique de l'espèce. En attendant, il faudra faire d'inlassables aller-retours pour les nourrir. Les proies se composent le plus souvent d'insectes, de poissons et d'amphibiens.

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Les oiseaux ne sont pas seuls, ils sont accompagnés d'un mammifère mal-aimé, le ragondin (Myocastor coypus). Tranquille rongeur pouvant dépasser les kilos, il aime les zones marécageuses où il trouve des végétaux tels des herbes, des racines et de jeunes feuilles à grignoter. 

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Originaire des Amériques, il s'est très bien acclimaté à nos contrées où il suit un cycle de vie similaire à ce que l'on peut observer dans le nouveau monde. Ayant pour prédateur les alligators, il rencontre peu d'animaux pouvant lui porter atteinte hormis les chiens domestiques. Classé comme espèce exogène envahissante (EEE) pouvant porter atteinte à l'environnement, à l'écolnomie et à la santé humaine, il est couramment piégé et chassé. Confidentielle dans certains départements, beaucoup plus commune d'en d'autre, sa consommation n'est pas anecdotique et les produits à base de ragondin prennent le plus souvent le nom de civet, ragoût ou pâté de myocastor, en particulier du côté de la Charente Maritime.

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Cependant les effets néfastes de l'animal portent à question. Son impact sur les berges ne serait pas si étendus et impactants qu'ils sembleraient l'être, tout comme la concurrence qu'il exercerait en vers d'autres espèces locales ou les dégâts sur les cultures, en particulier de maïs. Néanmoins, il faudra encore attendre de nouvelles études spécifiques aux dynamiques de sa population pour établir qu'elle sera la meilleure gestion à adapter.

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La Camargue, c'est aussi le nom que l'on donne à une très vieille race bovine originaire d'ici et bien connue de par ses taureaux à la robe noire et aux cornes en forme de lyre. Élevés de manière semi-sauvage (on parle d'élevage extensif), ils font partis du paysage local et représentent la majorité des animaux de ferme avec les vaches et les chevaux camarguais dans les manades, de vastes fermes situées sur des terres marécageuses

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Changement de décor, nous sommes toujours à Arles mais cette fois-ci pour admirer la pleine alluviale, les oiseaux rupestres et l'incroyable architecture de l'Abbaye de Montmajour. Fondée en 948 et ayant connues de nombreux bouleversement, mille ans plus tard elle est toujours là. C'est entre la moitié du 14e siécle et du 15e siècle que s'annonce son déclin, précipité par les troupes de mercenaires qui parcourent alors la Provence.

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Parmi les habitants du lieu, on peut compter les choucas des tours (Coloeus monedula). Ces jolis corvidés se reconnaissent à leur plumage noir, à leur nuque grise et à leur chant mélodieux. Cavernicoles, ils apprécient les bâtiments, ruines, falaises et pics rocheux présentant des cavités dans lesquelles ils peuvent sans mâle réaliser leur nid. Fidèles, mâles comme femelles participe à la confection du nid et à l'élevage des petits.

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Socialbles, ils vivent en colonnie et se mêlent sans peines aux autres espèces de corvidés, notamment le corbeau freux (Corvus frugilegus) en journée pour se nourrir et la nuit avec les corneilles noires (Corvus corone) dans les dortoires collectifs en dehors de la période de reproduction. Ils sont souvent confondus avec le chocard à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) au nom similaire mais affectionnant les zones plus montagneuses.

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Le soleil commence à se coucher, nous filons vers l'étang de Vaccrès. Au milieu de l'étendue d'eau, sur des mas de pêches, les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) attendent la nuit. Ces oiseaux graciles partirons d'ici quelques temps du côté de la Camargue mais aussi de l'Asie et de la Dombe. Nichant sur les rebords rocheux, on observe régulièrement des nidifications dans les arbres comme aux abords de la Crau.

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Tout est calme. Derrière les grands cormorans perchés sur les mâts de pêche, une troupe de 12 harles huppés (Mergus serrator) passe tranquillement, troublée de temps à autre par le vol des aigrettes garzettes (Egretta garzetta) qui passent tout près des têtes emplumées. Le ciel se fond à la tombée du jour dans l'étendu d'eau, ne laissant pas voir où les éléments s'arrêtent. Nous restons de longues minutes, immobiles, à scruter l'horizon.

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Le jour tombe, dans les cieux pas moins de 3000 à 4000 grues cendrées (Grus grus) s'envolent vers leur dortoir. Le spectacle est magique, encore plus somptueux que ce que nous avions pu voir en 2018. Déjà les ces oiseaux majestueux à la calotte rouge remontent vers le nord pour nicher, en particulier du côté du nord de l'Eurasie. C'est là que se termine notre périple, dans les rayons du soleil se couchant sur un bout de Camargue.

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samedi 7 mars 2020

Brève histoire de Miribel-Jonage l'Hiver.

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Petite escapade à Miribel Jonage, dans les grands lacs au nord de Lyon. Ceux-ci sont issus de l'esclavation de graviers dans l'ancien lit du Rhône. Si la plupart des sites ne sont plus exploités, la carrière est encore ne fonction. Les trous formés sont alors mis en eaux, servant de refuge pour les oiseaux, de lieu de loisir pour les citadins (natation, vélo, pêche etc.) et de lieu d'expension pendant les grandes crues, limitant les risques d'inondation. En cette période de l'année, les niveaux d'eau sont encore faibles, ce qui permet aux canards de surface et plongeurs d'accéder sans mal à leur nourriture. Cela explique la présence de nombreux hivernants qui, arrivant tout droit du grand nord, viennent passer l'hiver chez nous. Nous nous pointons sur place un peu tôt dans la saison, et malgré les nombreux oiseaux, les grandes stars des eaux calmes n'ont pas encore fait leur arrivée.

Décembre

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Belle surprise, dans des billes de bois tendre tombées par le castor, des pholiotes destructrices (Hemipholiota populnea). C'est une espèce infoédée aux peuliers, qu'ils soient bléssés ou morts et tombés au sol.

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Robustes, les champignons sont massifs (parfois plus de 25 centimètres), avec un chapeau orangé voire ocre, parsemé d'écailles tout comme son pied. S'ils sont attirants, il faut garder à l'esprit qu'ils sont non comestibles. Pour en rester au stipe, est fort, de couleur claire et en forme de massue. Sa chair est amère, blanche et élastique, en somme rien de quoi se mettre sous la dent. Plutôt rares, on rencontre cette espèce surtout dans les régions méditerranéennes. C'est la seconde fois que nous avons la chance de croiser cette pholiote dans le département du Rhône. Elle est souvent crainte pour les dégâts qu'elle peut faire sur la production de bois de cagette et pour la confection d'alumettes.

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Comme toujours, les foulques macroules (Fulica atra) se donnent en spectacle. Des centaines d'individus se réunissent en groupes denses et turbulents à la recherche de nourriture et de compagnie. C'est bien souvent dans ces rassemblements que des espèces de canards hivernants plus rares se cachent. 

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Posé sur une bûche flotante, un héron cendré (Ardea cinerea) attend. Il fait dos à l'île sur la quelle se trouve la héronnière. Au printemps, les couples rejoignent leur nid pour l'agrémenter de de branches fraîche. C'est là que pond la femelle, avec une dizaine e ses voisines car il n'est pas rare de voir des nids côtes à côtes. Il est même courant de croiser plusieurs espèces de hérons dans une seule et même héronnière.

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L'armilaire couleur de miel (Armillaria mellea) à longtemps été considère comme bon comestible. Aujourd'hui les mycologues et les mycophages sont plus prudent. Indigeste, on recommande de manger seulement les jeunes exemplaires, exemptent de la moisissure blanche commune à l'espèce est toxique. Outre son statut de comestible plus ou moins contesté, il est connu pour être un redoutable ravageur d'arbres, jouant là un rôle important dans la régénération des boisements mais causant bien du soucis aux arboriculteurs et aux propriétaires de vergers.

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Le grèbe huppé (Podiceps cristatus) est le plus grand et le commun des grèbes que l'on peut rencontrer en France. En période nuptiale, il se dote d'une colerette de plumes rousses surmontée d'une double huppe noire, lui donnant un port royal renforcé par son long cou. Le juvénile se reconnaît à son plumage zébré. Bon plongeur, il peut atteindre des profondeurs de 20 mètres pour se nourrir de larves, de crustacés et de petits poissons.

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La sortie s'arrête là. La pluie, le froid, les tirs de chasse un peu trop proches à la tombée de nuit et les chiens qui lèvent les oiseaux dans les zones protégées finissent par nous faire demi-tour. Nos profiterons du site pour les grands comptages des cormorans, des laridés et de la journée du Wetland's pour profité au mieux de ce site bien apprécié des lyonnais mais à la faune et à la flore méconnue hormis des naturalistes passionnés.

Janvier

Nous avons la chance de faire quelques belles observations, mais l'hiver étant particulièrement doux, peu d'oiseaux nordiques sont venus nous rendre visite. Pas de panique, nous nous rabattons sur la flore et la fonge. Nous sommes aussi plus serein dans nos ballades, les week-ends étant plus calmes et beaucoup moins voire plus soumis aux tirs qui en novembre et en décembre, nous ont par moment plus qu'effrayés dans nos balades.

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Le polypore marginé (Fomitopsis pinicola), a prit possession des arbres en fin de vie. Certains sont même si vieux qu'ils en ont perdu leurs couleurs. De nombreux insectes en prennent alors possession, y passent l'hiver sous forme de larves à se repaître en attendant de devenir imago et de pouvoir, dès le printemps, convoler en noce pour perpétuer l'espèce sur un autre champignon gâté par le temps et délavé par le poids de son âge.

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Bien heureux que nous sommes, le garrot à oeil d'or (Bucephala clangula) est au rendez-vous. Ce petit canard plongeur du nord de l'Europevient nous rendre visite chaque année à Miribel-Jonage avant de retourner nicher dans les cavités des pics noirs des forêts des pays nordiques, toujours à proximité de rivières ou de lacs forestiers où il peut se nourrir de petits poissons, d'insectes, de larves et de crustacés.

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Qu'il faut être patient pour saisir un bref instant le martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) en vol. Ici nous avons à faire à une femelle, la partie inférieur de son bec étant orangée. Posée sur son perchoir avec son plumage gonflé plus que jamais, elle semble attendre la bonne occasion pour saisir les petits poissons imprudents qui viennent trop près de la surface collecter les rares insectes qui ont pu tomber imprudemment dans l'eau.

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Sur la fin de notre périple, un pinson des arbres (Fringilla coelebs) mâle nous observe du haut de sa branche. Le plus souvent les mâles et les femelles de cette espèces vivent séparer les uns des autres, rejoignant de grands groupes composés uniquement d'indivus du même sexe. C'est de là qu'il tire son nom scientifique de coelebs signifiant "célibataire". Quand vient la saison des amours arrive, les couples se forment et quittent leur troupe.

C'est sur un vol de hérons cendrés (Ardea cinerea) en direction de la héronnière qui commence à être peuplé que ce termine notre tranquille tour des lacs de Miribel. Les lonicera apportent un peu de gaieté par le vert de leur feuillage mais il faudra attendre encore quelques semaines pour les voir fleurir et offrir leur parfum si particulier et qui embaume les bosquets dans lesquels les mésanges et les fauvettes viennent nicher.

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vendredi 28 février 2020

Sortie dans les marais 19 : grands lacs des Alpes.

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Les vacances d'hiver sont là. Comme certains oiseaux migrateurs, il est temps pour nous de quitter le Rhône mais seulement pour quelques jours. Nous ne nous envolons cependant pas pour une destination connue pour son soleil et sa chaleur mais pour ses montagnes. À la confluence de l'Ain, de la Savoie et de la Haute-Savoie, nous voilà dans le village des oiseaux à Motz. L'endroit est rêver pour observer les oiseaux et relier les grands lacs alpins qui nous entourent, à savoir le lac d'Annecy mais surtout, le lac du Bourget. Nous avons une petite location nommée les pinsons (ça ne s'inventent pas), qui nous offre une vue imprenable sur les herbiers de la retenue CNR. Chaque matin, nous ce sont les cris des canards et des oiseaux trouvant refuge dans les phragmites qui donnèrent le rythme du lever, un vrai bonheur. Néanmoins, les pluies fortes et abondantes ne nous permirent pas d'observer tout ce que nous souhaitions voir, et il nous faudra bientôt retourner dans ce petit coin de paradis pour en saisir toute la beauté et toute la diversité d'espèce qui s'y épanouissent.

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Quelques mésanges charbonnières (Parus major) nous font bon acceuil. Ces mignonnes profitent alégrement des mangeoires et des boules de graisses qui attirent également quelques pinsons des arbres (Fringilla coelebs) à la gorge rose, des mésanges bleues (Cyanistes caeruleus) et même des chardonnerets élégants (Carduelis carduelis) rouges et jaunes qui trouvent refuge dans les peupliers entourant la location.

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Nous avons même pu découvrir un dortoir de chardonnerets à la tombée du jour dans deux aulnes glutineux (Alnus glutinosa). Un quarantaine d'individus semblent tous réunis pour passer la nuit.  Si les branches et le maigre feuillage ne semblent pas leur apporter la meilleure des protections face aux prédateurs nocturnes, les fruits des aulnes paraissent convenir à leurs appétits de petits passereaux colorés.

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Départ pour le lac du Bourget. C'est l'un des plus grands lacs des Alpes françaises, réputé pour ses paysages et ses bases nautiques mais aussi pour ses oiseaux. L'hiver, il n'est pas rare d'y trouver, entre autre 1000 à 1200 nettes rousses (Netta ruffina) voire si ce n'est plus. Ce joli canard dont les mâles abordent fièrement une tête colorée de brun et d'orangé, repartira au printemps pour aller nicher dans les pays nordiques.

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Nous passons en coup de vent à Château Thomas, il n'y presque personne mais le vent et la pluie ont là aussi raison de nous et des oiseaux. Un écureuil roux (Sciurus vulgaris) se tient non loin de l'observateur. Gonflant les poils pour faire face au froid, il se tient sur les troncs de peupliers abattus au court de l'année. Cette action vise à sécuriser le chemin mais aussi à mettre en valeur le vieux château. Hors le boisement est classé avec un APB, encadrant très rigoureusement les coupes d'arbres, ce qui entraine localement de vives contestations.

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Néanmoins, nous prenons plaisirs à observer 2-3 canards qui non sans être rares, sont peu communs. C'est notamment le cas pour se regroupement de canards chipeaux (Mareca strepera) et de sarcelles d'hiver (Anas crecca) qui barbotent dans les herbiers, non loin d'un couple de canards souchets (Anas clypeata) reconnaissables à longs becs leur permettant de filtrer les micro-organismes présents dans les eaux vaseuses.

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Nous avons même le plaisir de voir surgir au coin de notre oeil un vif éclaire bleu fendant la surface de l'eau calme. Il s'agit du martin pêcher d'Europe (Alcedo atthis). Posé à l'affût sur les branches et les piquets sous la pluie battante, il est à la recherche des petits poissons et des petits invertébrés qui composent son menu. Le bec noir de celui-ci présente du orange sous sa partie inférieur, indiquant qu'il s'agit d'une femelle.

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Sur la rive occidentale du lac du Bourget, on peut voir la belle et grande abbaye d'Hautecombe, qui ne va pas sans rappeler la saga du Seigneur des Anneaux. Nécropole des Dus de Savoie et d'une partie de la royauté italienne jusqu'à la révolution, elle est aujourd'hui tenu par la communauté du Chemin Neuf. C'est un lieu touristique fortement apprécié.

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À ses pieds de nombreux oiseaux d'eau trouvent refuges. C'est le cas pour ces fuligules morillons (Aythya fuligula) dont l'espèce a pour caractéristique d'avoir une huppe noir à l'arrière du crâne, ainsi qu'un bec gris clair au bout noir et un oeil jaune doré. Si les mâles sont reconnaissables à leur plumage noir et blanc, les femelles sont plus discrètes et abordent des teintes grises et noires. Ils retourneront dès mars dans le nord de l'Europe pour nicher. Ces canards de surface ne sont pas les seuls à passer l'hiver ici à chercher de la nourriture (vers, herbes, crustacés ...).

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Ils sont en compagnie de fuligules nyrocas (Aythya nyroca), notre toute observation pour cette espèce. Rares en France, surtout comme hivernants, ce sont de petits canards plongeurs marron-roux voire presque rouge sombre, aux miroirs blancs (plumes colorées des ailes) et au dos noir. L'oeil est bleu pour les mâles, sombre pour les femelles ce qui permet de différencier la femelle nyroca de la femelle morillon qui peuvent parfois se ressembler.

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Au milieu de cette mêlée, une rareté encore plus remarquable, un hybride mâle de fuligule morillon et de fuligule nyroca, F. fuligula x nyroca. Son oeil est jaune, sa huppe petite voire presque absente. Son dos est noir, tout comem sa tête, ses flancs gris et sa poitrine brun-roux. Le doute n'est alors plus permi pour notre plus grand bonheur de faire par nous même cette jolie observation et encore mieux, de l'identifier seuls.

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Changement de paysage, nous voilà dans la réserve du lac d'Annecy, tout au sud de celui-ci. La neige est tombée sur les hauteurs, annonçant que nous sommes bienen hiver. Pour notre part, c'est pluie, toujours puie, encore pluie. Pas de quoi nous décourager. Malheureusement là aussi ornothologiquement et botaniquement parlant, ce n'est pas la fête non plus, les rares promeneurs ne se distinguant pas par leur discrétion.

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Qu'importe, dans les arbres c'est la fête pour les tarins des aulnes (Spinus spinus). Hivernant en France, ils se délectent des aulnes glutineux (Alnus glutinosa) et plus précisément des strobiles, les fruits de ces arbres palustres dont les graines sont dispersées par le vent. Pour en revenir aux tarins, ils sont connus également pour leurs petits cris flués et pour leur vol nuptial très papillonnant voire artistique observables au printemps.

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Les champignons hivernaux sont nombreux mais souvent similaires. Des dizaines d'oreilles de Judas (Auricularia auricula-judae) poussent sur les troncs moussus et à moitié dépéris. À l'entrée des marais, il y a de quoi faire là une belle omelettes si n'est plutôt des soupes ou des ragoûts, ces champignons étant cartilagineux et gélifiant légèrement les liquides dans lesquels ils sont cuits ou infusés. On les trouve dans les spécialités asiatiques.

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Pas de bruit dans la phragmiteraie. Quelques mésanges et moineaux rompent le silence de temps à autre en agitant la hampe des roseaux (Phragmites australis). La neige se rapproche et l'on sent que ce n'est plus le moment pour les passereaux de partir à la recherche de nourriture mais de se mettre à l'abri. 

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Nous partons côté ville, pour flaner sur les berges aménager. C'est qu'il est possible d'approcher les harles bièvres (Mergus merganser), des canards rares dans le Rhône et communs ici au point de venir réclamer du pain au passant, gourmandise mortelle pour les oiseaux ! Il s'agit ici d'une femelle, reconnaissable à sa jolie tête rousse, son poitrail blanc, ses ailes et sa queue grise. C'est l'un des seuls membres de cette famille à se nourrir de poissons, chose qui s'observe à son bec fin, long, crochu et muni de pseudo-dents.

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Le mâle pour sa part aborde une tête vert foncée, des flancs blancs, un dos noir et une queue grise. De belle envergure, les plus gros individus peuvent atteindre un poids de 1,9 kilos et d'une envergure de 97 centimètres. Il est présent dans tout l'hémisphère nord. France, si on peut le voir plus ou moins communément l'hiver, il est relativement absent car essentiellement nicheur dans le nord, où il s'intalle dans le creux de vieux arbres.

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Dans les canaux, un grèbe huppé (Podiceps cristatus) pêche les petits poissons parmi les racines des platanes qui se jettent dans l'eau. Plus grand des grèbes, celui-ci n'est pas encore en plumage nuptiale, n'abordant pas de collerette rousse et noire quoi que celles-ci commencent à se laisser deviner. Ce n'est pas non plus un jeune, son plumage ne présenta pas de reliquat de zébrures noires et blanches typiques des poussins.

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Bon plongeur, il se nourrie également de larves et de petits mollusques. Présent partout en Asie, en Europe et largement répendu en Afrique, il niche entre avril et juillet après s'être livré a des parades nuptiales complexes. Vient alors la construction du nid, souvent constitué d'algues posées sur le fond vaseux ou arrimé aux végétaux. Les oeufs pondus sont couvés pendant 28 jours avant de voir émerger les jeunes qui quittent d'instinct le nid.

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Les mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) ont pris possession du port de plaisance. Elles aussi n'ont pas pris leur livrée nuptiale et n'abordent pas leur tête si caractéristique quand vient la saison des amours. Il leur faut 3 ans pour pouvoir l'aborder et être apte à devenir parents. Les jeunes présentent également du brun sur les ailes et sur une partie du dos. Peu farouche, elle se nourrie aussi bien de déchets, de poissons ou de vers.

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Grand classique, les cygnes tuberculés (Cygnus olor) sont fidèles au poste. Récemment, pas moins de 70 d'entres eux sont morts suite à la consommation de pain détrempé où une bactérie mortelle a pu se développer. On ne le dira jamais assez, le pain est mortel pour les oiseaux. Néanmoins on ne saurait rompre tout contact à la nature. De l'herbe, des épluchures, des graines ... rien de plus simple pour les approcher.

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Clou du spectacle, un garrot à oeil d'or (Bucephala clangula) se pointe à notre départ. La pluie bat plus fort que jamais et je suis mortifiée par le froid au point d'attendre dans la voiture le chauffage à fond. Des centaines et centaines d'oiseaux se sont réunis pour trouver refuge près des phragmites. Fuligules morillons, fuligules milouin, foulques et autres canards colverts attendent la fin du déluge. Nous sommes déçu de ne pas avoir une seule journée de beau pour profiter de la richesse du site. Pas de panique, nous retournerons bientôt sur site nous refaire une santé au pied des alpes en compagnie des oiseaux d'eau et des sommets enneigés.

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