jeudi 12 juillet 2018

Sortie en forêt 76.

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Descente en forêt, plus précisément dans les gorges un torrent de la Valdaine pour se rafraîchir des premières grandes chaleurs qui le soir laissent places aux orages d'été qui font du bien à la terre et dont nos peaux se délectent des gouttes qui s'écrassent sur elle. Le terrain est accidenté, les inondations de 2002 ayant durablement marqué le territoire.

Les champs commencent à jaunir sous l'effet du soleil harassant, l'observation animale est plus difficile et c'est à la tombée de la nuit que nous nous tapissons d'ordinaire pour observer les chevreuils en toute discrétion.

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Les baignades sauvages vont être nombreuses cet été, pour peu que les week-ends ne se fassent pas trop pluvieux. Exit les révisions et les études, le diplôme en poche et un super job pour la belle saison, c'est tout ce qu'il me faut pour profiter du reste. Lecture, dessin, randonné, botanique, blog et mycologie, la nature reprend sa place dans ma vie.

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L'orchis pyramidale (Anacamptis pyramidalis) est une orchidées qui apprécie les talus. Parfois une mutation génétique la rend blanche, on parle alors d'albinisme. Si la coloration est plus terne qu'elle ne devrait l'être on emploiera le terme d'hypochromie et si à l'inverse, elle est bien plus colorée qu'elle ne devrait l'être, on dira hyperchromie. Ces mutations sont recherchés par les amateurs d'rochidées : les orchidophiles.

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Voilà l'Aigueblanc, cours d'eau provenant des limites de la Chartreuse et se jetant dans l'Ainan qui lui même rejoins le Guier. Dans ma famille nous avons toujours nommé le lieu le Gas BlancLe terme "gas" en ancien français désigne un bois ou une forêt, soit la forêt blanche ou le bois blanc. Le terme blanc pourrait faire écho à la couleur des eaux écumeuses qui le traversent mais aussi, à la blancheur du tuf qui s'y forme, créant ainsi de congrégations géologiques de calcaires atypiques le long des falaises argileuses et des parois des cascades qui le composent , mais peut être y a-t-il un sens plus ancien et caché qui justifie ce nom.

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Surprise dans le bois. Quelques girolles pâles (Cantharellus pallens) poussent sur un monticule moussu où des hêtres ont pris place. C'est la première fois que j'en croise ici et c'est une véritable aubaine pour la confection de notre repas du soir. La saison des champignons débute pour ma plus grande joie.

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Nos pas font lever deux chevreuils  (Capreolus capreolus), une chevrette et son faon dissimulés dans les herbes hautes qui encadrent le chemin forestier. Ils sont bien rapide et le temps de sortir l'appareil photo, ils ne sont plus qu'à quelques bonds de la lisière de la forêt dans la quelle ils s'engouffrent avant de nous jeter un dernier regard.

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Ces drôles de choses ne sont ni des crottes, ni des pierres. À gauche il s'agit d'un myxomycète et plus précisément d'une espèce nommée lycogale rose ou lycogale du bois (Lucogala epidendrum) mais aussi lait de loup, nom que je ne lui connais que depuis peu. Il émerge des morceaux de bois mort humides dont il se nourrit. À droite il s'agit de la russule verdoyante (Russula virescens), à la chair ferme et parfumée qui, d'un avis général, est considérée comme la meilleure des russules.

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Voilà un autre myxomycète, peut être le myxomycète blanc (Fuligo septica var. candida) mais rien n'est moins sur avec cet ordre qui compte des dizaines d'autres, beaucoup plus de familles et des milliers d'espèces. Leur détermination est passionnante car sous les loupes binoculaires, ils abordent une architectures et des couleurs que l'on croise rarement dans le vivant, ce qui me fait me prendre de passion pour l'infiniment petit.

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Sucepin, tipules, prêles ... pour un naturaliste le Gas blanc est un endroit à explorer avec attention. Composé de forêts aux profils multiples comme avec la châtaignieraie, la ripisylve, les prairies de fauche, les canaux marécageux, la chênaie et les taillis à petits fruits, il a l'avantage de n'être que peu fréquenté hormis des locaux, le chemin de randonnée et la passerelle ayant été emportés par le déluge de 2002.

Sur le retour, un lièvre prend la fuite. D'abords tapi dans l'herbe à quelques centimètres de la route, il prend la fuite en me voyant sortir l'objectif de l'appareil, peut être un mauvais souvenir d'une rencontre avec un fusil. Deux heures, c'est tout ce qu'il faut pour prendre le temps de profiter de la vie et de ce qui nous entourent, de l'aborder sous un nouveau regard et d'en savourer chaque surprise. Cette journée fût formidable.

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samedi 7 juillet 2018

Sortie en montagne 19.

Chamechaude


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Une montagne, deux saisons, c'est le concept des articles à venir sur le blog. Ces dernières semaines, nous avons eu l'occasion de beaucoup randonner et de faire plusieurs sommets, certains à leur sortie des neiges, d'autres pendant la période de pleine floraison et parfois, les deux. Pour ce premier tour d'horizon des montagnes de Chartreuse, nous nous attarderons sur Chamechaude, toit de l'Isère et du massif culminant à plus de 2082 mètres d'altitudes et véritable terrain de jeu des Grenoblois en mal d'assenssion.

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Forêts mixtes et de conifères, verts alpages, pierriers ... les milieux sont diversifiés, la faune et la flore aussi.

 

Au printemps

Tout est émergeant à cette période mais les éléments restent féroces. Les névés et les dernières neiges sont encore bien présentes et nous barrent l'accés au sommet. Les sentiers subissent la fonte et nombreux sont ceux qui se retrouvent les pieds mouillés à les escalader. Les nuages montant de la vallée limitent notre visibilité. Prudence est le maître mot pour cette première grande randonnée de l'année.

 

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Le sureau rouge (Sambucus racemosa) est un arbuste typique des étages montagnards. Ces baies peuvent se consommer en gelée ou en confiture à condition de les mélanges pour moitié avec d'autres fruits rouges, au risque de voir le mélange devenir quelques peu indigeste. Il se différencie des autres sureaux de par ses fruits de couleur rouge et ses fleurs qui tirent vers le crème et qui ne forment pas d'ombelles bien régulières.

 

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Boueux les sentiers ? Ce n'est pas un hasard. Argileux, le sol reste accroché à nos semelles. Cela tient aux feuillets d'argile qui le composent et qui ont la faculté de se gorger d'eau. Quand ceux-ci arrivent au maximum de leur capacité, ils forment alors une couche compacte qui empêche l'eau de s'infiltrer, formant les ruisseaux printaniers que l'on peut couramment observer dans les alpages et qui arrivent avec force dans la vallée sous forme de torrents tumultueux qui provoquent parfois en période de forte pluies de grands dégâts.

 

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Les premières fleurs de myritiller sauvage (Vaccinium myrtillus) sortent. Dans le Pilat, cela fait plusieurs semaines qu'elles s'épanouissent et nombreux sont ceux à préparer leurs râteaux pour récolter les baies à la fin de l'été. Caractéristique des substrats acides, cette espèce se rencontre souvent en lisière des forêts de conifères, et même en sous-bois quand la lumière arrive à filtrer à travers les branchages. Ses fruits entrent dans un dessert typique des Alpes : la tarte à la myrtille mais il semblerait que les hommes ne soient pas les seuls à convoiter ce petit fruit bleu à l'instar l'escargot de bourgogne (Helix pomatia).

 

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Les scilles printanières (Scilla bifolia) se plaisent sur les pelouses qui bordent les chemins menant au sommet, les talus herbeux où elles forment des tapis bleues composés de milliers d'individus, les sous-bois et même les éboulis. Leur nom scientifique "biofolia" désigne le fait qu'elles ne possèdent que deux feuilles.

 

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Les chocards à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) sont des corvidés curieux et très intelligents qui s'approchent souvent des promeneurs pour leur quémander un bout de leur pique-nique. Bien mal leur en prend, la nourriture humaine bien qu'appétante et facile d'accés n'est pas du tout adapté à leur organisme. Même si cela est tentant, il ne faut jamais les nourrir au risque de réduire de façon drastique leur espèrance de vie.

 

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À l'étage collinéen, les fleurs de printemps ont de puis bien longtemps fini leur cycle de floraison, cependant dès que l'on prend un peu d'altitude, on a la chance de pouvoir les voir de nouveau et de prolonger la saison. De gauche à droite : la primevère élevée (Primula eliator), le pétasite blanc (Petasites albus), le crocus printanier (Crocus vernus) et ce qui semble être une valérinae des montagnes (Valeriana montana).

 

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J'adore la primevère oreille d'ours (Primula auricula). Rustique, elle affectionne les paroies rocheuses. Typique des Alpes, sa diffusion en Angleterre a lancé la grande et populaire mode outre-manche des primevères colorées et de haut port que l'on rencontre désormais en jardinerie et qui ont pour origine cette espèce.

 

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La hêtraie-sapinière est le peuplement typique des étages inférieurs aux alpages. Elle se caractérise par un sol à tendance acide en raison de la présence des conifères, bien que la roche mère soit de nature calcaire. De nombreuses espèces floristiques lui sont inféodées mais aussi, tout un cortège fongique. Il n'y est pas rare d'y découvrir des girolles (Cantharellus cibarius) parmi les feuilles et les aiguilles.

 

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La gentiane de printemps (Gentiana verna) est une des premières plantes à fleurs de montagne à apparaître après la fonte des neiges. Elle tolèrent les sols faiblement acides et reste plutôt abondante sur les sols calcaires. C'est par les fourmis que ses graines sont dispersées, en raison de l'enveloppe riche en protéine qui l'entourent et que ces insectes récoltent pour nourrir leur colonie.

 

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Voilà que la neige nous bloque le passage. Certains bloggueurs on pu atteindre le sommet quelques jours avant le début de notre randonnée et l'ont partagé sur leurs blog. Nous pensions pouvoir faire comme eux mais hélas cette fois-ci il faudra se raviser. Nous terminons au "Champignon", un dôme de roche aux allures oniriques. Un peu plus d'une heure de marche nous sépare alors de la cime.

 

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Sur le retour nous nous dirigeons vers le Granier, un de nos objectifs de l'été. En route nous croisons un très beau pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) qui le temps de l'été quitte l'Afrique pour s'installer sous nos l'atitudes. Il fait partie des oiseaux possédant des dents subterminales dans leur bec, pour cette espèce deux très exactement. Elles lui permettent de tuer sa proie rapidement et sans prendre le risque de recevoir un mauvais coup.

 

Aux prémices de l'été

Les sentiers sont beaucoup plus fréquentés. Les épisodes pluvieux nous ont empêché de mener l'assenssion comme nous l'espérions et à plusieurs reprises, il a fallut reporter cette sortie. Mais voilà que le soleil se présente, le temps est au beau fixe. Nous terminerons cependant notre épopée sous une pluie battante, chose à la quelle nous commençons à être habitués et qui a l'avantage de nous laisser souvent seuls sur les chemins, augmentant ainsi nos chance de voir la faune sauvage vaquer à ses occupations.

 

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Le départ du sentier a bien changé, les pétasties hybrides (Petasites hybridus) ont laissé place aux renoncules à feuilles de platane (Ranunculus platanifolius) qui se différencient des renoncules à feuilles d'aconites (Ranunculus aconitifolius) de par la limbe des feuilles qui est découpée jusqu'au rachis, c'est à dire la base des folioles qui forment la feuille. C'est une espèce typique des flancs des montagnes alpines.

 

DSC04870L'aspérule odorante (Galium odoratum) forme de jolis  bosquets à l'entrée de la forêt. Séchée, elle peut être utilisée pour fabriquer des tisanes au goût de foin et de vanille, si on prend soin de la conserver à l'abris de l'humidité. Elle entre aussi dans la confection du vin de mai si précieux aux alsaciens.

 

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Le carmérisier des Alpes (Lonicera alpigena) est un chèvrefeuille aux fleurs généralement rosées aux étamines rouges et au stigmate long qui aime l'altitude. On le rencontre entre 500 et 2500 mètres en particulier en Europe de l'Est mais aussi en Chine et au Japon. En France on le trouve dans les massifs présents dans la moitié sud du pays. Comme chez presque la totalité des espèces de cette famille, ses baies colorées sont toxiques.

 

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La forêt se densifie à mesure que nous progresssons. Cultivée comme la hêtraie-jardineraie, la sapinière tend peu à peu à mesure de l'atitude et du degré d'inclinaison des pans de la montagne, à se mêler aux épicéas et aux hêtres. Le couvert végétal est composé de fougères, profitant de la litière acide pour se développer.

 

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Le sous-bois n'est pas le lieu le plus évident pour voir de la grande faune. L'obscurtié qui y règne, la densité de troncs, les couleurs et le tapis d'aiguilles qui couvrent les bruits de pas ne permettent pas toujours, même pour les plus aguerris, de sentir la présence des sangliers et autres goupils qui peuplent les lieux.

 

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Enfin, nous voilà proches de l'alpage ! Quelques merveilles se présentent à nous, comme avec cette chenille de petite tortue (Aglais urticae) amatrice des feuilles d'orties et qui a atterrie sur une pétasite hybride (Petasites hybridus), cette soldanelle des Alpes (Soldanella alpina), ce polygala (Polygala sp.) ou encore cette anémone des Alpes (Pulsatilla alpina) aux fleurs blanches et aux feuilles découpées.

 

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La gentiane à feuilles étroites (Gentiana angustifolia) est une gentiane à grosse fleur bleue qui arrive avec les prémices de l'été. Elle s'établie à partir de 500 mètres d'altitude dans les éboulis et les pelouses rases calcaires et parfois, dans l'intestices des falaises. Plus l'altitude se fait élevée, plus elle laisse place à ses cousines : la gentiane des Alpes (Gentiana alpina) et la gentiane acaule (Gentiana acaulis).

 

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Le bois-joli (Daphne mezereum) est un petit daphné arbustif aux fleurs roses et parfumées. L'entièreté de la plante est toxique et sa résine est un puissamment vésicante, ce qui insiste à ne pas ramasser les rameaux de cette plante qui est protégées dans de nombreux massifs en raison de sa raréfaction.

 

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Le raisin des ours (Arctostaphylos uva-ursi) est de la familles des myrtilles et des bruyères : les éricacées. Cet arbuste résiste au climat rude par sa forme de buisson et son port légèrement rampant. Les premières traces écrites de son usage médicinal remontent au 13e siècle. Ses feuilles sont utilisées traditionnellement dans presque tout l'hémisphère nord comme herbe à fumer. Les fruits entrent dans la composition de confitures.

 

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En montagne le temps change très rapidement. Les sentiers se plongent dans le brouillard ce qui invite à la prudence. Chaque année, elle se fait le tombeau d'intrépides qui, trop souvent, oublient que les étroits chemins ne sont pas des parcours de course. Dégât sur la flore, dérangement de la faune, blessures et drames, il est peut être temps de penser la montagne autrement et de ramener un peu de sacralité dans la manière de l'aborder.

 

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À une heure de marche du sommet, nous tombons sur une multitude de plantes à fleurs, certaines nous sont que peu connues. De gauche à droite : le rhododendron ferrugineux (Rhododendron ferrugineum) encore en boutons, une giroflée (Erysimum sp.), ce qui semble être un alysson et ma préférée de toutes, l'hellébore fétide (Helleborus foetidus), bien nommée rose de vipère, griffe de lion ou encore herbe aux fous.

 

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La mésange noire (Periparus ater) est la plus petite des mésanges du territoire français. Insectivore, elle se tourne vers les pignes des conifères à l'hiver venu pour se nourrir. Bien que de petit gabarit, elle pond 8 à 10 oeufs dans un nid composé de mousse et qui parfois a du mal à contenir tout les oisillons.

 

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Nous voilà à la Folatière, que l'on nomme également le Champignon. Cet élément géologique un brin particulier est un point de repère dans ce dédale végétal et peut s'observer depuis le sommet du Charmant Som qui lui fait face. C'est de là que partent les sentiers pour parcourir les flancs de Chamechaude. 

 

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L'orchis  sureau (Dactylorhiza  sambucina) est une orchidée qui peut présenter des fleurs jaune ou violette. Cette espèce est commune à l'étage sub-alpin et débute sa floraison dès le mois de mai, et peut l'étendre à la période de juin selon les altitudes. Si elle se caractérise par sa très forte présence dans le Massif Central, elle est aussi commune dans une moindre mesure dans les Alpes et les autres massifs français.

 

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Les chamois (Rupicapra rupicapra) sont de sortie et entament leur mue annuelle. Au début de l'été, il n'y a pas encore grande foule même si les marcheurs commencent à être nombreux et hélas, oublient trop à mon goût une des règles de base en montagne : discrétion et respect vis-à-vis de la faune. Pour le moment ces capridés sauvages partagent l'alpage avec les marmottes qui sont affairées à reconstituer la litières de leur terrier. 

 

Au sommet de l'Isère

Nous atteignons notre but. Gravir le sommet est beaucoup moins dur que je le pensais. Les pâturages cèdent la place un piérier calcaire blanc où des espèces à fleurs rares nous émerveillent. Le paysage est spectaculaire mais bien vite caché par les nuages, ce qui donne une atmosphère mystique au lieu. Une ascension à la fin de l'été est de ce fait programmée pour nous permettre de prendre le temps d'observer l'Isère depuis son sommet.

 

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Les fleurs du silène acaule (Silene acaulis) pointent le bout de leur nez. Constitués en coussins denses et ras, leur forme leur permet de limiter la déperdition de chaleur, d'être soumis aux vents forts, d'être trop broutés et de faire face aux basses températures. C'est un formidable exemple de l'incroyable ingionisité de la nature et de l'adaptabilité dont le vivant fait preuve pour résister aux éléments.

 

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Autre merveille, la dryade à huit pétales (Dryas octopetala). C'est une plante dite arctico-alpine, c'est à dire une espèce dont la science n'a pas encore réussie à déterminer si l'origine est alpienne ou arctique. L'importance de ce travail résulte entre autre, dans le fait qu'il permet de comprendre l'évolution du vivant et surtout, comment les espèces migrent en fonction des variations de climats, ce qui pourrait permettre de prévoir les réactions et comportements de notre biosphère face à la grande crise climatique qui anime notre planète.

 

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En voilà du paysage. Au loin Grenoble se dresse, à la confluence des massifs de Belledone, de la Chartreuse et du Vercors ce qui légitime son nom de ville porte des Alpes. Les monts de Chartreuses sont calcaires et présentent d'incroyables falaises qui donnent l'impression de sortir d'un coup d'un seul des entrailles de la Terre. 

 

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Enfin, le sommet. La croix culmine à 20082 mètres d'altitude, loin des 1326 mètres de col de porte d'où nous sommes partis. Au bord de l'arrête, plongée dans la brume sur la crête rocheuses, je ne suis pas des plus rassurée mais je ne suis pas seule. Le charme du lieu nous invite à l'exploration, avec prudence, de la flore des falaises qui détonne par rapport à tout ce que nous avions pu voir jusqu'à présent. Bien sûre, les dryades à huit pétales sont toujours bien présentes, au point de verdir de leurs feuilles les bords du sentier.

 

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Surprise, un vulcain (Vanessa atalanta) prend la pause au bord du vide. C'est une espèce migratrice hormis dans le sud de l'Europe où les populations passent l'année sur place. À l'instar de la chenille de petite tortue (Aglais urticae), ses larves se nourrissent comme chez de nombreux papillons des feuilles d'orties.

 

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Chasse aux fossiles ! Le gel, la pluie et le temps érodent la roche, fendent les blocs les plus massifs et font apparaître les vestiges de temps immémoriaux. Huîtres et coquilles en tout genre abondent dans les éboulis qui couvrent une bonne partie du sommet et il suffit de se baisser pour en ramasser. Récemment, un fossile d'une nouvelle espèce de reptile marin a été découvert, signe que la région n'a pas fini de livrer tous ses secrets.

 

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Voici quelques espèces typiques du sommet : l'accenteur alpin (Prunella collaris), un oiseau de petite taille qui a conquit tous les massifs de l'Eurasie, une renoncule m'étant inconnue (Ranunculus), la célèbre linaire des Alpes (Linaria alpina subsp. alpina) que je n'avais pas vu depuis très longtemps et la renoncule de Séguier (Ranunculus seguieri) qui ne pousse pas en dessous de 1800 mètres d'altitude.

 

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Ayant le vertige, la petite grimpette à l'aide du câble pour atteindre le sommet fût une épreuve pour moi, mais rien d'insurmontable ou même de dangereux pour ceux qui sont plus à l'aise. Peu à peu je ne crains plus d'emprunter ce type d'itinéraire et sans pour autant en être guérie, je m'aventure de plus en plus haut sur les sentiers de montagne, parfois à fleur de roche pour la plus grande joie de mon palpitant.

Chamechaude présente de merveilleux itinéraires pour les amoureux de faune, de flore et de beaux paysages. Très fréquentée l'éte, notre prochaine montée ne s'effectura pas avant la fin de l'été, quand les marmottes s'apprêtent à s'endormir profondément dans leur terrier et les chamois à redescendre sur des altitudes leur étant plus favorables pour trouver leur nourriture au coeur de l'hiver.

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jeudi 21 juin 2018

Le jardin des mille fleurs, édition 2018.

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Début juin se tenait les rendez-vous au jardin, événement européen dédié aux amoureux du paysagisme et de l'horticulture. En France, ce sont des centaines de jardins publics mais aussi privés qui se sont ouverts aux visiteurs curieux. Parmi ceux-ci, on en compte un tout particulier, celui des Milles et Unes Fleurs, situé en Isère à Saint Jean de Bournay. Sur 4000 m² s'épanouissent pas moins d'un millier d'espèces à fleurs. En pleine terre ou en pots, elles créent une jungle luxuriante où il fait bon prendre le frais. Autre spécificité de ce jardin extraordinaire à la Charles Trenet, le créateur et jardinier de celui-ci n'est autre que mon professeur de mathématique qui a pu m'a accompagné au cours de mes deux en de BTS GPN et il lui a fallu bien du courage, mon amour pour les maths, hélas pour lui, ayant certaines limites.

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Parmi les pollinisateurs présents, on trouve le moro-sphinx (Macroglossum stellatarum), un papillon commun que certains nomment colibri des jardin. C'est un gros mais rapide lépidoptère (plus de 50 km/h !) attiré par les fleurs violines ou blanches et dont la longue trompe en fait l'un des seuls papillons capable de polliniser les éperons profonds de bon nombre d'espèces. C'est un migrateur qui quitte les Alpes pour passer l'hiver en Espagne.

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Ce jardin jungle abrite une multitude d'Hydrangea dont pas moins 7 des 9 familles qui composent cette célèbre famille auquel le genre des hortensias appartient. Rampants, ras, à feuilles de chêne, des marais ou encore à feuillage rouge, ils ont tous la particularité d'aimer les sols calcaires typiques des plateaux isérois.

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Pavot coccinelle, lys exotique, clématite bicolore, seringat ... le choix est large est varié. Pour revenir à ce beau pavot nommé par les anglo-saxons pavot Lady-bird (Papaver commutatum), est originaire du Nord du Caucase et de Turquie. Le fait qu'il ne soit pas un cultivar à l'avantage de permettre la production de semis viables.

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Les fushias (Fushias sp.) ne sont pas de nos l'attitudes mais originaires de Nouvelle Zélande, du Mexique et d'Amérique du Sud. Certains peuvent se présenter sous la forme d'arbustes de plusieurs mètres de hauteurs. Chez nous, ils sont beaucoup plus modestes et peines à dépasser plus d'un mètre en raison du climat plus tempérés. En serre, ils peuvent perdurer toute l'année pour un temps soit peu qu'on les maintiennent au chaud. C'est sous Loui XIVe qu'ils sont découverts par les occidentaux et nommés du nom d'un célébre botaniste allemend du nom de Leonhart Fuchs, à l'instar de l'orchis de Fuchs (Dactylorhiza fuchsii).

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Autre famille bien présente, celle des roses. Orient express, Richard, De Sévillier ... elles sont plusieurs centaines à s'éppanouirent. L'art des roses et toout particulièrement de faire naître des roses est ancien. Que cela soit au parc de la Tête d'Or ou dans la cour des châteaux, ils sont nombreux à avoir donné vie à nos roses modernes.

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Il y a encore bien des choses à voir, des massifs à l'anglaise, des potagers débordants de groseilles, de choux, d'oignons horticoles et de dahlias en devenir, une serre, un vieux verger, trois fontaine, un jardin des simples et un autre au carré. Bref, c'est à voir et revoir.

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vendredi 1 juin 2018

Exposition botanique de Pérouge.

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Weekend botanique en vue.  Pour l'occasion, nous avons pu rencontrer le groupe mycologique et botanique du Val de Saône, qui a pu mettre en place cette superbe exposition dans le cadre de la Foire aux plantes rares de Pérouge. Celle-ci a pu d'une part permettre aux adhérants de sensibiliser un public élargi, et d'autre part d'inventorier les espèces locales. Nous voilà donc ans Pérouge, cité médiévale réputée pour ses vieilles pierres, son tilleul multicentenaire et ses galettes au sucre vendues aux fenêtres qui font le bonheur des petits et des grands. Cependant, c'est tout autre chose qui fait briller nos yeux. Disposés dans des pots de ver, une centaines d'espèces végétales nous attendent. Carex, prêles, coquelicots, anémones ... c'est tout un décor qui se dresse et qui nous invite. C'est l'occasion rêvée pour compléter mon herbier numérique et m'entrainer à la botanique de terrain, histoire de faire rentrer un peu plus dans la caboche un vocabulaire plus technique et qui m'échappe parfois.

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L'euphorbe petit cyprès (Euphorbia cyparissias) est une plante commune dont la sève était utilisée en médecine populaire pour le soin des verrues et des lésions cutanées. Toxique et irritante, celle-ci était souvent présumée être une plante de sorcière. Le sphinx de l'euphorbe (Hyles euphorbiae) est son régulateur naturel. Bien que ternes, les chenilles donnent naissances à un magnifique papillon aux teintes rosées.

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La populage des marais (Caltha palustris) est une fleur typique des milieux humides et ombragés. Elle se reconnaît à ses inflorescences jaunes et à ses feuilles en forme de coeur. C'est la seule plante à appartenir au genre des Caltha, lui même appartenant à la grande famille des renonculacées comme les boutons d'or.

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L'exposition présentait quelques espèces d'orchidées communes. À gauche, deux orchis mâles (Orchis mascula) nommés ainsi en raison de la forme de leurs tubercules. Au centre, un orchis singe (Orchis simia), du fait de ses fleurs ressemblant à un personnage simiesque et à droite, un orchis militaire (Orchis militaris) dont les tépales rayés de rose sont semblables à la forme d'un casque de soldat d'où son surnom d'orchis guerrier.

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Voilà un travail titanesque ! Chaque espèce a été classée et identifiée avec la nouvelle taxonimie. L'entrée de la phylogénétique dans le monde botanique n'y est pas pour rien. Elle a l'avantage comparé aux anciennes classifications de représenter l'évolution des espèces avec plus de justesse. Les marqueurs retenus ne sont pas ceux de la morphologie mais ceux que l'on peut retrouver sur le génome. Les conséquences sont multiples. Outre des nouveaux noms pour certaines d'espèce, c'est aussi la représentation que nous nous faisons de l'arbre du vivant qui s'en trouve chamboulé, prenant désormais la forme d'une sphère.

L'objectif de ce travail ? Disposer des bons outils pour communiquer au mieux avec le public et le sensibiliser sur les grands enjeux liées à protection de la flore mais aussi, sur les bonnes pratiques liées à l'observation des milieux. Nous avons pu de ce fait avoir quelques précieux conseils sur la détermination des poacées.

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Le rorripe amphibie (Rorippa amphibia) est parfois nommé cresson amphibie. Bien qu'appartenant à la famille de la moutarde, il n'en est pas et est parfois confondu avec celle-ci. Il apprécie les bords de fossés et les milieux marécageux. La difficulté dans l'identification de cette espèce réside dans sa grande capacité à s'hybrider avec des espèces similaires. Néanmoins sa tige vert clair est un bon critère de distinction.

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Voilà un taxon que je trouve particulièrement difficile, celui des carex, nommé communément les laîches. Hormis la laîche à épis pendants (Carex pendula) et quelques autres espèces similaires, leur identification reste ardue. Celle-ci repose avant tout sur la détermination portée sur les épis mâles et femelles.

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Le lin pérenne (Linum perenne) est une espèce très cultivée qui se trouve ça et là en milieu naturel. Il a une nette préférence pour les sols secs et bien exposés, ce qui explique peut être son abondance les longs de talus sur élevés des routes et des autoroutes situées dans le sud de l'Ain que nous aimons emprunter.

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C'est une belle exposition à laquelle nous avons pu participer en tant que curieux. Ce type d'événement est un bon moyen de s'initier à la botanique ou de prendre plaisir à découvrir et redécouvrir les plantes que nous croisons au quotidien et qui parfois titillent notre curiosité, évoquant pour certains de lointain souvenir d'enfance.

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mercredi 25 avril 2018

22e fête des plantes, des graines et de l'arbre de Réaumont

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Trois ans après notre première visite de la fête des plantes, des graines et de l'arbre de Réaumont, nous revoilà en Isère, à proximité des montagnes pour cette 22e édition. Portée par l'association La maison de l'Arbre, la manifestation rassemble les amoureux des plantes autour des stands de pépiniéristes, d'herboristes, de producteurs locaux et de passionnés. Le thème de cette année portait sur la permaculture.

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Des raretés se trouvent sur les étales. Les fritillaires pintades (Fritillaria meleagris) et les violettes sororia "Freckles" (viola sororia freckles) se bousculent dans les panières en osier. On trouve également des cultivars de la tulipe australe (Tulipa sylvestris 'subsp.' australis), que l'on reconnaît à ses pétales teintés de rouge. Cette espèce est extrêmement rare dans nos contrées. Hélas, elle ne fait pas l'objet de mesures de protection.

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Pour les amoureux des plantes et du soin par celles-ci, il y avait de quoi faire son marcher. Pour ceux qui n'ont pas forcément la chance de pouvoir ramasser en nature, avec les bons gestes et de manière sûre, c'est la meilleure des alternatives. Pour les autres, c'est l'occasion de se donner des idées, chose que je vous présenterai dans mon prochain article dédié à mes cueillettes du mois d'avril.

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Quizz proposé par l'association du Pic Vert : reconnaître les sols et leur composition. Des substrats récoltés en nature, des pots de confiture, quelques étiquettes et le tour est joué. Non seulement l'entreprise est ludique, mais elle permet de sensibiliser à la faune du sol et aux techniques de jardinage adaptées au milieu.

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Surprise ! Terre Vivante était là aussi ! Avec en prime la présence de Pascale Aspe, directeur du centre écologique, pour une conférence passionnante rappelant que le jardinier n'est jamais seul au jardin et que, s'il se réfère à la permaculture, une grande partie de son travail consiste à se faire aider de la nature.

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Que de choix ! Tanaisie des chartreux, génépi blanc mais aussi cornouiller de Californie, ginko, narcisse des poètes et iphéon se bouscules dans les sacs et les paniers. Pour les gourmands, on pouvait pour l'occasion trouver à foison des crêpes mais aussi des pommes et des miels locaux, des sirops de lavande ou encore, des sels de thym serpolet. Petit coup de coeur pour ma part pour la confiture d'angélique officinale et pour le Cornus florida 'Cherokee Brave', un cornouiller à la floraison pourpre incroyable de chez "La Grange aux érables". Nous espérions pouvoir les rencontrer à la foire des plantes d'Aiguebelette, où nous avons été absent, il va falloir prendre notre mal en patience. La 19e éditions se trouve ICI.

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lundi 26 mars 2018

6e anniversaire du blog !

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 Gipsy, ma maquette d'araignée géante que j'utilise pour faire aimer les petites bêtes aux enfants.

Voilà, le blog fête sa 6e année d'existence ! Que de chemin parcouru depuis et se sont de nouvelles voies qui s'ouvrent à moi. Né le 26 mars 2012, la Renarde des Alpes s'appelait alors "Grinoires et carnets", nom que l'on retrouve dans l'actuelle url du blog. Il est apparu un après-midi de glandouille, quand je me refusais à réviser mes partiels d'anthropologie. Dédié à l'origine au partage des mes dessins et de mes carnets de croquis pour les membres des forums où j'évoluais, il s'est peu à peu orienté vers tout autre chose, la Nature. 

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De gauche à droite : feuilles d'ortie séchées, renoucule en fleurs, tiges d'hémérocale et armoise séchée.

J'en profite pour vous ouvrir mon antre de sorcière et vous présenter quelques uns des outils que j'utilise. Grande fan des plantes et de botanique, j'ai quelques belles médicinales qui s'empilent en bocaux sur mes étagère. Sur le billot, il y a toujours une fleur pour donner une peu de gaieté à notre petit appartement d'étudiants lyonnais.

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Deux outils indispensables pour faire de la mycologie et la botanique sur le terrain : la boussole et la loupe.

Le temps béni des études s'éloigne peu à peu et bientôt, les examens de fin d'année les clôturons. Je suis habituée à passer par cette étape. Après avoir fait une licence de sociologie et d'anthropologie à l'université Pierre Mendes France de Grenoble il y a 5 ans, je m'apprête à passer d'ici 3 mois mes examens terminaux qui, si tout va bien, me donnerons mon diplôme attestant de ma réussite à travers mes 2 ans d'études environnementales en BTS GPN au lycée Agrotec de Vienne Seyssuel. J'espère, à force de travail acharné, pouvoir vivre de ma passion.

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Notre bibliothéque et ses 350 livres dédiés au naturalisme sous toutes ses formes, à la socio-anthropologie et au paysagisme, sont les choses les plus précieuses que je possède. Tout simplement, je ne peux pas m'en passer.

En attendant, je commence doucement à me professionnaliser. Cela ne vous aura pas échappé, je suis en ce moment à fond dans l'ornitohologie. Cette corde manquait à mon arc mais désormais, je peux l'ajouter à ce dernier, bien que j'ai encore besoin de me perfectionner (et d'une nouvelle paire de jumelles). De ce fait, j'ai l'honneur de vous annoncer que je fais depuis peu partie de la LPO  Rhône. De même, j'ai rejoins une seconde association, La Corne Percée, où je joue le rôle d'une prêtresse gauloise faisant découvrir sur son stand les plantes et les créatures celtes et médiévales. Vous pouvez me rencontrer à l'occasion à travers les fêtes médiévales de la région Auvergne Rhône Alpes. Manque plus qu'à tâter la géologie, domaine où je fais mes débuts depuis peu. Et n'oublions pas l'association du Mycorium sauvage de France dont je suis enfin membre et qui tiendra début octobre son second Mycoforum à Saint André de Vivarais en Ardèche !

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Nouveau visuel pour les cartes de visite, j'en suis toute excitée ! C'est le début de la professionnalisation en attendant l'arrivée des examens et la fin de l'année scolaire qui ne serait bientôt tarder.

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jeudi 22 mars 2018

Les plantes médicinales du Pérou.

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"Femme vendant des plantes médicinales à Mila, co-fondatrice de Coop Naturae.
Région de l'Ancash, Pérou. Photographie de Joao Socola"

Aujourd'hui, j'ai à coeur de vous présenter un projet qui a mit un peu plus de 6 mois à voir le jour, celui de trois passionnés de plantes sauvages et médicinales. Coop Naturae est une association française lancée en août 2017 par Amélie et Mila, toutes deux diplômées en sciences sociales. Issus du monde associatif et celui des ONG, les membres ont à coeur de travailler avec les populations rurales pérouviennes via la culture et l'usage des plantes. 

 

Pourquoi les plantes médicinales ?
Parce que les trois membres fondateurs les utilisent au quotidien mais aussi, parce que le Pérou regorge de végétaux méconnus, présents dans les savoirs traditionnels et qui sont amenés à disparaître si rien n'est fait. C’est un patrimoine immatériel à sauvegarder à travers trois grands axes : préserver, valoriser et diffuser.

Une valeur fondatrice.
Celle de respect, avec comme fer de lance l'idée que « l'Homme et la Nature font partis d'un tout ». Cette démarche s'inscrit dans un contexte de crise écologique et sociale qui implique des changements profonds dans les pratiques, en prenant soin de ce qui nous entoure et dont nous tirons nos ressources, en somme, avoir un mode de vie plus respectueux et responsable. De ce fait, les populations locales font partie intégrante du projet, car c'est par elles qu'il prend vie et se pérennise.

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"Aloysia citriodora Palau : excellent comme huile essentiel. Antispasmodique, eupeptique, carminative, antimicrobien, analgésique local et sédatif. Digestif, aide à contrôler les nerfs et l’anxiété. Aide à contrôler les réactions allergiques, réduit l’information abdominale. Aide pour les traitements du côlon irritable."

 

Un objectif.
7Celui de permettre le developpement d'une agriculture biologique durable et responsable centrée sur les plantes médicinales dans la région andine du Huaraz. Montés en coopérative, les agriculteurs ayant des pratiques basées sur les savoirs-faires traditionnels et respectueux des sols pourront tirer profit de leurs récoltes tout en répondant à un enjeu économique et de santé humaine, le but étant de conserver l'intégriter de la terre, de permettre aux populations d'avoir accès aux soins (les structures médicales étant par endroit rares et vétustes) et de préserver un savoir et une culture propre à cette région des Andes.

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Comment ?

Pour se faire, il faut des fonds, pour assurer la logistique et surtout, l'emploi de tous les intervenants à cette démarche. Le but premier conscite à la rédaction d'un guide cataloguant toutes les espèces médicinales et les pratiques leurs étant associées. C'est un véritable travail d'ethnobotaniste auquel, vous vous doutez bien, je ne peux pas rester insensible. Ce recensement sera effecté par une native de la région, forte d'une belle expérience sur les projets inter-culturels du ministère de la culture, ayant travaillé avec les ONG et sur le projet Qhapaq Ñan de l'Unesco. Le travail sera complété par les travaux d'une chercheuse ainsi que la mise en place d'ateliers auprès de la population, en particulier des agriculteurs et des écoles. La démarche de réaliser des worshops avec les acteurs locaux est essentiel, car il est bien beau de collecter de l'info mais s'il n'y a plus personne pour faire vivre ces pratiques et ces savoirs, ils s'éteignent. Informer, faire pratiquer, montrer, expliquer et sensibiliser, c'est l'essence même du projet. Sans cela, l'entreprise est veine car non durable dans le temps, faute de personnes pour la faire vivre et l'animer.

29342691_292037207994536_9195695263304384512_nLes grandes étapes.
5 mois sont dédiés à la recherche, d'une part sur le recensement des plantes et des connaissances, et d'autre part sur les maladies les plus communes de la région, l'idée étant d'identifier les remèdes pouvant être les plus bénéfiques à la population.

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S'en suivra la création du guide édité en français, en espagnol et en anglais. La recherche s'axe également sur les agriculteurs locaux et leur savoir-faire. L'étude des jeux d'acteurs, des besoins, de la spécifité des sols et des ressources comme celles en eau sont tout autant d'éléments qui doivent être compris et maîtrisés pour permettre la mise en place des ateliers. Conçus avec une série d'outils dévaluation pour savoir si les actions mises en places sont efficaces, ils ont pour objectifs de répondre aux besoins des communautés en étant les plus proches possible de la réalité. La mise en place des ateliers est au coeur du projet. Axés sur l'amélirotation des sols, la gestion de l'eau, la culture et l'utilisation des plantes médicinales, ils doivent servir d'outils aux enseignants, aux acteurs du monde de la santé, aux ONG et à la population.

 

La durabilité de l'action.
Pour que le projet puisse être viable, il est nécessaire que celui-ci intégre les dimensions du développement durable, à savoir l'écologie, la culture et l'économie locale. L'autonomie des personnes impliquées dans le projet passe donc par la récolte, la transformation et la vente des plantes médicinales, en particulier à travers la production d'huiles essentielles mais aussi, par la formation pour que la pratique soit pérenne.

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Comment participer ?
Au Pérou comme dans beaucoup d'autres pays et régions du monde, ce type de projet reste très compliqué à financer, hors comme pour toute chose, l'argent est le nerf de la guerre. Axés sur le tourisme, les fonds publiques tendent à laisser de côté les secteurs du droit, de la santé et de l'éducation. Pour pallier à ces manques, un crowdfunding vient d'être lancé sur le célèbre site Ulule. Pour faire vivre le projet, un simple geste peu suffire. L'avantage de cette plate-forme est que le don est sécurisé mais aussi, que le projet et l'utilisation des fonds, y sont très détaillés. Rien est laissé au hasard et pour cause, cette entreprise est sérieuse et permettrait non seulement aux habitants de bénéficier de soins, de conserver leur identité à travers un savoir ancestral menacé, mais aussi d'acquérir des compétences rendant leur quotidien viable.

 

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Pour aller plus loin.
Pour mieux connaître le projet et mettre votre pierre à l'édifice, rendez-vous sur ulule.com/coop-naturae. Une série des vidéos et des explications claires accompagnées de schémas vous y attendent. Sur facebook, n'hésitez pas à visite la page de Coop Naturae. Vous y trouverez tous les contacts des membres. Enfin, ces superbes photos qui invitent au voyage sont le fruit des membres de l'association, en particulier de Joao Socola et Jean Hr.

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samedi 17 mars 2018

La Camargue en hiver.

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Début décembre, nous avons pu visiter à plusieurs reprises la Camargue. Mon ordinateur ayant rendu l'âme entre temps, je n'ai pu récupérer que quelques photos de cette très belle expérience. Entre marais salins, bords de mer et phragmitaies denses, nous avons pu observer des oiseaux que nous n'avons pas l'habitude d'approcher. Nous avons même pu photographier, de loin, un rassemblement de tadornes de Belon (Tadorna tadorna), le plus gros canard de France parfois appelé affectueusement appelé "oie renard". Autant dire que je les adore.

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Pendant trois jours nous avons circulé sur les petites routes camarguaises, avec comme point de chute la nuit venue, la ville de Marseille. Autant vous dire que nous avons galoper. Cela nous a permit de retourner sur la route des vacances de mon enfance, là où avec mes parents et des frangins nous venions, après avoir quitté l'Isère le temps de quelques jours, nous initier aux joies de la mer. Cette année c'est un peu différent, nous sommes en hiver, il vente mais le spectacle n'en est pas moins fantastique. 

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Les hérons cendrés (Ardea cinerea) se plaisent bien dans les milieux humides qu'ils soient d'eau douce ou d'eau salée. Les premiers couples se forment déjà et entament la construction de leurs nids. Peu farouche, il faut toute fois se montrer discret pour ne pas perturber les oiseaux et mettre à mal leurs premiers amours.

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Dans un des nombreux étangs, les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) attendent sagement la fin de l'ondée. Leur tête dénuée de blanc indique que la période de reproduction n'est pas encore entamée. Ces oiseaux ont la particularité de ne pas avoir de plumage étanche, afin d'avoir une meilleure pénétration dans l'eau quand il plonge pour attraper les poissons. Cela explique pourquoi on les voit faire sécher leurs ailes en les étendant.

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Et puis il y a les stars, ceux que nombreux d'entre nous rêvent de voir. Les flamants roses (Phoenicopterus roseus) sont parmi les plus grands et gros oiseaux européens (mais aussi de leur famille). C'est à leur alimentation faite de minuscules crustacés roses qu'ils doivent leur couleur, d'où la forme étrange de leur bec, qui agît tel un filtre. Les jeunes individus présentent un plumage grisâtre, ce qui indique qu'ils sont encore au stade de juvéniles. 

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À notre arrivé, les flamants étaient en pleine parade nuptiale. Des centaines d'individus entrains de danser et surtout, de chants. Un flamant seul, c'est très bruyant, alors je vous laisse imaginer la cacophonie ce jour là. Le cri est fort et nasillard, proche de ceux des anatidés. Ces sont des animaux sociaux qui communiquer énormément entre eux. Ils possèdent de ce fait une gamme de vocalises très développée pour ne jamais se perdre de vue.

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Dans les nombreux bras d'eau stagnante, on peut voir de temps à autre un ragondin (Myocastor coypus). Mal aimé, cet animal d'origine nord-américaine est arrivé en Europe à travers les fermes à fourrure. S'étant échappé, il a colonisé tout le territoire français. C'est un gros rongeur qui fait parler de lui par son action sur les berges qu'il fragilise et les cultures dans les quelles il va grignoter. De ce fait, il est chassé pratiquement toute l'année.

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Voilà une photo qui devrait en ravir plus d'un. Trois espèces sur un cliché : le héron cendré (Ardea cinerea), l'aigrette garzette (Egretta garzetta) sur la quel je reviens plus bas et la sarcelle d'hiver (Anas creccas), un petit canard amoureux des eaux saumâtres et qui ne se rencontre dans le sud de la France qu'en période hivernale. Le mâle se distingue à sa tête rouge barrée de vert et à son croupion jaune. La femelle ressemble à celle du colvert.

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Il y a deux grands autres échassiers que l'on croise en janvier en Camargue : la cigogne blanche (Ciconia ciconia) dont on peu en ce moment encore voir les vols de migration au-dessus de mon centre de formation sur Vienne, et les grues cendrées (Grus grus). Ma frustration est grandes de ne pouvoir partager avec vous toutes mes photos de leurs vols de centaines d'individus, leur séances de recherche de nourriture au sol et surtout, leur chant mélodieux. Petite consolation, elles aussi remontent au nord et passe par la vallée du Rhône.

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 L'aigrette garzette (Egretta garzetta) est une échassier délicat dont les plumes étant recherchées autrefois pour orner les chapeaux. Elle partage des milieux similaires à ceux des hérons cendrés et les mêmes proies qu'elle saisit avec son bec en forme d'épée. Celui-ci devient jaune et/ou verdâtre en période de reprodiuction.

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Fin du séjour, il est temps de remonter doucement au pied des Alpes. Nous avons la chance d'être à moins d'une heure des Dombes, c'est donc un petit bout de Camargue que nous emportons avec nous et que nous espérons retrouver là-bas, comme en septembre dernier où nous avons pu y observer un grand nombre de cigognes blanches et où nous traînons parfois nos souliers avec la LPO depuis cet automne.

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dimanche 11 mars 2018

Sortie dans les marais 12 (autours des grands lacs).

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Ce n'est pas en réalité une sortie que nous vous présentons ici mais sept. Février a été un mois rude, oscillant entre des périodes de révisions intenses, d'un temps gris ponctué d'éclaircies et de gros épisodes neigeux mais aussi, de quelques sorties ornithologiques. Les plans d'eau sont désertés par les promeneurs, ils sont donc propices à l'observation de l'avifaune locale en toute quiétude. Les oiseaux, contraints par les conditions météo, se réunissent sur les étendus d'eau. Depuis la berge, il est aisé de les repérer. En cette période hivernale, il est possible de rencontrer des espèces rares ou du moins, peu communes.

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Le ciel est gris mais cela n'empêche pas le lac de Paladru d'être couvert d'oiseaux d'eau. Ce grand lac isérois est réputé pour ses petits ports de plaisance où l'on peut y pratiquer la voile mais surtout, pour la mystérieuse église qui y serait engloutie par les flots et dont on pourrait entendre les cloches aux alentours de minuit.

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Une troupe de fuligules morillons (Aythya fuligula) stationne aux abords de la rive. Elles sont plusieurs à se partager les 3,9km² du lac. Les mâles sont reconnaissables à leur plumage noir et blancs. Les femelles et les juvéniles possèdent quant à eux des plumes brune. Cette espèce se reconnaît à sa huppe à l'arrière de la tête, en particulier chez messieurs où elle est très développée en période de reproduction. Les fuligules morillons peuvent être confondus avec les fuligules milouinans (Aythya marila), les fuligules leurs hybrides, le fuligule milouin x fuligule morillon et le fuligule milouinan x fuligule morillon.

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Ces canards plongeurs petits et trapus possèdent comme la plupart des oiseaux de ce genre, celui des Aythya, un oeil de couleur or et une pupille noire. On reconnaît les mâles chantants aux gazouillements et aux sifflements mélodieux qu'ils émettent. Les femelles grognes des sons aiguës et brefs. Elles s'occupent seules de leur couvée.

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La foulque macroule (Fulica atra) est un oiseaux bien connu des promeneurs et même des citadins de par son ubiquité. Présente dans une grande diversité de milieux, elle est chapardeuse et n'hésite pas à retirer la nourriture du bec de ses voisins. Son régime omnivore lui permet de trouver de quoi se nourrir aisément. C'est un oiseau peu farouche qui peut s'approcher par curiosité des badauds. Elle est parfois confondue avec la gallinule poule-d'eau (Gallinula chloropus) qui s'en distingue par un bec et un front rouge, tandis que la foulque macroule les présente comme blancs. Ses pattes sont aussi plus massives.

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À la naissance, les adultes se répartissent les petits. La femelle reste au nid avec la moitié de la portée, tandis que le mâle par construire sa propre demeure avec le reste des jeunes. Passé 4 semaines, les poussins sont capables de se nourrir seuls. À partir de 8 semaines, ils sont peuvent voler et commencent à quitter leurs parents.

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On croise aussi quelques échappés comme cette bernache nonnette (Branta leucopsis) qui tient compagnie à une bande de canards de ferme qui ont élu domicile sur le lac. Cette espèce ne fréquente que le nord du pays et, à l'état sauvage, se montre très farouche, tout le contrainte de cet individu curieux et sûrement, un peu gourmand.

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Plus sauvage, le sud du lac est aménagé sur plusieurs centaines de mettre. Contournant la zone humide composée d'une phragmitaie, d'une ripisylve et de champs humides, le sentier permet de découvrir la faune et la flore locales mais aussi les pratiques agricoles qui y sont associées. Bancs, oeuvres d'art, panneaux et pontons sont tout autant de moyens pour permettre la sensibilisation du public aux enjeux environnementaux.

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C'est l'occasion d'avoir un autre regard sur ce lieu que je fréquente depuis ma petite enfance et qui pourtant, ne m'est pas aussi familier que j'aurai pu le penser. Accompagnée de mon bien aimé et pour l'occasion, photographe, j'ai pu percer quelques uns des secrets de ce site sans pour entendre les cloches de l'église engloutie retentir.

DSC08875Autre département, autre lac. Nous voilà en Savoie, au lac d'Aiguebelette qui a été le lieu de tout mes étés et de mes premiers émois de lycéenne, il y a un peu plus de 10 ans de ça. Il est connu pour être l'un des plus profonds de France mais aussi, l'un des plus chauds. Il est d'ailleur celui d'Europe qui se réchauffe le plus rapidement. Avec ses 5,45km² et ses 71 m-tres de fond, il offre de nombreuses plages pour les baigneurs mais aussi, des aires de tranquillité pour la faune, rendues incessibles par l'installation de barrières et de piquets. Il est le 7e plus grand lac de France mais est la première réserve naturelle régionnale d'eau douce du pays. C'est aussi un espace interdit à toute circulation de bateau motorisé et cela, depuis plus de 50 ans, ce qui garantie en partie la qualité de son eau et la tranquillité nécessaire aux animaux.

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Une réserve naturelle régionale est une aire de protection de la faune, de la flore, des services écosystémiques et des milieux crée et gérée par la région qui peut déléguer son pouvoir de gestion à une structure de son choix, bien souvent une association environnementale, un CEN, un CBN ou une association locale. Cet outil est à la fois un outils de protection mais aussi, de valorisation du territoire que cela soit pour le tourisme, le bien être de la population, ou le maintient d'éléments naturels garantissant la pérennité des services : filtration de l'eau, limitation des crues et inondations, accès à une source d'eau en cas de sécheresse... la liste est longue.

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Comme sur terre, le milieu aquatique est préservé des intrusion humaines. En quelques chiffres, les réserves naturelles régionales couvrent 39 581 ha et sont au nombre de 172. Leur statut perdure pendant 10 ans et peut être renouveler autant de fois que cela est jugé nécessaire. Une aire peut perdre ce statut pour des raisons économiques mais également, parce qu'i lest jugée qu'elle ne craint plus de disparaître ou d'être dégradée.

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Posés au milieu de l'eau, une troupe de grands cormorans (Phalacrocorax carbo) fait face aux premières gouttes de pluie naissantes et qui ne tarderont pas à devenir de gros flocons. Mal-aimés, ces oiseaux sont essentiels au bon fonctionnement de nos lacs, bords de mer et rivières. De récentes études en Allemagne ont révélé que les poissons qu'ils consommaient n'étaient pas ceux pêchés par les hommes, faisant tomber l'argument de la concurence pour les ressources. Reste le problème des élevages piscicoles et des dégâts qui y sont occasionnés par les cormorans. Néanmoins, les abattages massifs ce sont révélés contre-productifs dans cette situation et n'ont réussi qu'à affaiblir cette population. Protégé, le grand cormoran pourrait être de nouveau soumit aux tirs.

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Changement de paysage ! Voilà le Rhône. Le temps d'une journée, Thomas a pu échappé à l'insupportable grisaille de Lyon pour découvrir la Savoie et la Haute-Savoie sous la neige. D'ordinaire, c'est un fleuve sage, bétonné de part en part et entouré de hauts immeubles dont nous perçevons les pointes depuis notre fenêtre. Ici il prend un aspect bien plus sauvage, en particulier quand il a son blanc manteau et que son eau se fait turquoise. Bien que ce tronçon soit situé en montagne, on trouve une grande variété d'oiseaux sur ses rives et les hautes falaises qui le dominent.

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Les choucas des tours (Coloeus monedula) l'ont bien compris, le temps n'est pas à la sortie. Accrochés aux parois rocheuses, ils attendent patiemment que la météo s'appaise. C'est le plus petit des corvidés que l'on trouve en France métropolitaine. On le rencontre aussi bien en milieu naturel que dans les édifices des villes, en particulier dans les clochers ou les allées boisées. C'est un animal sociable qui est fidèle à vie à son partenaire.

DSC08921Tout en suivant le fleuve, on fini par arriver à l'un des plus beaux lacs de France, celui du Bourget. Avec plus de 44,5km², c'est le deuxième plus grand lac issu d'un glacier présent en France. Vieux de 19 000 ans, il est un havre de paix pour de nombreuses espèces, en particulier pour les oiseaux pendant la période de migration. En rencontre dans ses eaux beaucoup de poissons dont certains en sont endémiques. Cette biodiversité riche a conduit les autorités françaises et européennes à classer le lac comme site Ramsar il y a 15 ans, c'est à dire la signature d'uen convention visant à préserver les zones humides remarquables, à y limiter l'action humaine, à conserver les ressources, à former et sensibiliser à leur sujet et à réaliser un travail scientifique sur celles-ci, en particulier à travers l'échange international. L'objectif étant de préserver les populations d'oiseau d'eau qui sont depuis 50 ans gravement menacées.

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Le grèbe huppé (Podiceps cristatus) est un oiseau aux moeurs fascinantes. Il s'agit ici d'un adulte n'ayant pas encore son plumage nuptiale, ses joues n'étant pas rouge-orangées. On le différencie d'un juvénile à l'absence de rayures noires sur son cou et sa tête. Les adultes effectuent des danses et d'offrent des algues pour se séduire. Les couples se forment pendant l'hiver et la nidification intervient entre mars et début juin dans la végétation.

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Les oiseaux ne sont pas timides. Sur les berges enneigés, ils ne sont pas inquiets de voir passer les promeneurs qui sont parfois équipés de skis. Les alouettes (Alaudidae) sont nombreuses à y chercher leur nourriture. À la bonne votre pour déterminer leur nom ! Rien ne ressemble plus à une alouette qu'une autre alouette et avec les trois espèces présentes sur le territoire à cette période de l'année, la marge d'erreur est grande.

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La neige s'est emparée d'Annecy. La ville est superbe, les rues sont désertes et le bruit feutré de la neige donnent une atmosphère toute particulière à cette ballade. Le lac du même est un peu plus petit que le Bourget et un peu moins vieux (entre 17 et 15 000 ans) et bien que possédant une biodiversité remarquable, écologiquement parlant, c'est assez délicat. En effet, pas moins de 45 à 60 % des populations d'oiseaux y ont disparu depuis la fin des années 1990 selon les associations ce qui ne laisse présager rien de bon pour les années à venir.

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Le harle bièvre (Mergus merganser) figure parmi les oiseaux les plus impactés sur le lac d'Annecy, avec une baisse de son effectif de de 65 %. C'est un gros canard au bec crochu pouvant faire plus d'1,5 kg. Le dimorphisme sexuel est marqué : le mâle à une tête vert sombre, celle de la femelle est entièrement rousse. On le rencontre surtout dans le nord Est de la France et n'est nicheur dans le pays qu'au niveau des Alpes dans les roselières.

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Il a fait très fois et les eaux sont glacées. On voit ça et la des bloques de glaces flotter, tels des icebergs. Les embarcations attendent gentiment les beaux jours. Une multitude de bases nautiques ceinturent le lac, faisant de celui-ci un des plus grands sites dédiés aux sports aquatiques d'Europe.

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Dix-sept espèces de poissons peuvent y être pêchées. En raison des pollutions, certaines ne peuvent l'être qu'au titre de la pêche sportive tel que l'omble chevalier (Salvelinus alpinus). Rechercher des pêcheurs, il prend une teinte orangée sous le ventre en période de reproduction. Comme la plupart des salmonidés auxquels il appartient, sa mâchoire s'alonge et son corps s'aippaissit pendant le frayage.

La disposition des quais permet d'approcher la faune. Cependant les animaux ont souvent une préférence marquée pour les eaux calmes, dans les zones d'amarage des bateaux où leur sommeil n'est pas perturbé.

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Une bande de fuligules s'est formée sur une aire de nage. Elle se compose de fuligules morillons (Aythya fuligula) au plumage noir et blanc, avec une petite huppe sur la tête, et de fuligules milouins  (Aythya ferina) aux ailes grises, au croupion noir et à la tête rouge. La population de ces deux espèces diminue drastiquement sur le lac d'Annecy, en raison de la hausse de la température, de l'activité humaine et de la raréfaction de leur milieu.

DSC09108La mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus) tient son nom de son cri aigü. Chez les adultes aptes à se reproduire, la tête est entièrement noire, mais uniquement en période des amours. On peut en voir de grands peuplements que cela soit dans les estuaires, les bords de mer, le long des fleuves ou les lacs.

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Dans la zone humide aménagée, on peut apercevoir de nombreux oiseaux. Bordant la ripsylve, une digue de bois sert de reposoir aux grands cormorans. L'été, dans les phragmites (Phragmites australis), on rencontre parfois un petit oiseau insectivore du même nom : le phragmite aquatique (Acrocephalus paludicola).

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Le merle noire (Turdus merula) est un oiseau commun de nos jardins. Ce mâle que l'on reconnaît à son plumage noir et à son bec jaune, semble bien gros. Face au froid il gonfle son plumage pour mieux isoler son corps, ce qui le fait paraître plus gros qu'il n'est. À cette période de l'année il se régale de baies hivernales comme le lierre.

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Il est temps de revenir au bercail, nous voilà donc dans le Rhône, à l'Île de la Table Ronde. J'avais en tête d'aller voir l'évolution de l'ail des ours (Allium ursinum), et le cas échéant, dans récolter quelques brins. Hélas, il n'est encore que trop peu développée et j'ai du me rabattre sur celui qui pousse dans les coteaux de Seyssuel et qui commence à présenter quelques boutons floraux. Face à l'observatoire, un couple de cygnes tuberculés (Cygnus olor) entame sa parade nuptiale. C'est une danse langoureuse où leurs cous forment de temps à autre un coeur.

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Parmi la végétation se cachent de petits oiseaux. Sans longue vue, difficile de les identifier. Pouillot véloce (Phykkoscopus collybita), bouscarde de Cetti (Cettia cetti) ou locustelle luscinoïdes (Locustella luscinioides) revenue trop tôt de migration, voilà trois candidats qui pourraient correspondre à l'oiseau de cette photo. Mais avant d'identifier la bête, la voyez-vous dans le décor, parmi les tiges brunies et défraîchies ?

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D'une traite nous filons à l'Île du Beurre et de la Chèvre. Arrivée sur place nous tombons nez à nez avec deux martins pêcheurs d'Europe (Alcedo atthis) en plein duel. Rapide, ils n'ont pu être imprimés sur la lentille de l'appareil photo. Si l'île du Beurre est un espace protégé du Rhône où il n'est ni possible de s'aventurer, ni possible de récolter de plantes sauvages, il n'en est pas de même pour l'île de la Chèvre. Cultivée en grande partie, de nombreuses adventices poussent sur ses abords. Il faut alors bien prendre garde à ne pas les prélever dans des secteurs traités. Dans le panier, une grosse poignée de rosettes d'onagre bisanuelle (Oenothera biennis). Leur racine piquante peut être cuisinée comme un légume ancien : en vapeur, bouillie ou en gratin. Petite déception cependant, bien que ce ne soit que les spécimens soient très jeunes et n'aient jamais connu de floraison, ils se sont avérés trop épicés pour être consommés tels quels et ont demandé d'être préparés tel un accompagnement plus classique : pommes de terre, carottes, persil et oignons.

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Si l'île du Beurre est si connue, c'est en partie la via Rhôna, la piste cyclable qui suit le Rhône de sa source jusqu'à ce qu'il se jette dans la mer. Cependant il ne faut pas en oublier la série de palissades et d'affûts qui attire un public familiale. Parmi les attratction, une héronière à la quelle on peut accèder par un observatoire vitrée et qui en est séparé par une lône, un bras mort du Rhône. Pas moins d'une soixantaine de couples de hérons cendrés (Ardea cinerea) nifdifient ici. Ces oiseaux ont pour habitude de se réunnir pour pondre et pour élever leurs petits.

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L'avantage de la vie est groupe, c'est qu'il y a toujours un adulte dans le coin pour donner l'alarme.

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Un couple de cygnes tuberculés a élu domicile dans la lône. Grands cormorans et canards colverts s'y croisent aussi. Et puis il y a le castor d'Europe (Castor fiber). Deux familles y ont élu domicile au Sud de l'île. Nocturnes, les membres qui la composent ne s'observent que rarement, dans leur vadrouille au clair de lune. Avec l'arrivé des beaux jours ils s'aventurent de nouveau dans la ripisylve pour mettre à terre les arbres dont il se nourrit.

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Fin du périple, nous voilà au barrage de Vienne. Construit en aval de la ville pour que le niveau du Rhône soit similaire à celui de la ville de Vienne, il est un endroit prisé pour observer la faune. Que cela soit sur le fleuve ou son contre-canal, les amateurs de naturalisme peuvent se régaler en observant des castors, des ragondins, des colverts, des filigules en tout genre, des pies, des grands cormorans, des mouettes rieuses, des goélands leucophés, des hérons cendrés, des martins pêcheurs ou encore, des hérons bihoreaux. Et puis il y a la découverte, avec l'observation que nous faisons pour la première fois de canards chipeaux (Anas strepera). Communs mais timides, les mâles de cette espèce présentent un plumage cendré. Les cannes sont proches des cannes de colvert et il est difficile de les distinguer de ces dernières. De plus leur écologie est très similaire. Néanmoins, il est partiellement migrateur et niche plus rarement en France.

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lundi 27 novembre 2017

La nature en ville.

DSC02558La nature en ville, c'est un terme nouveau, né pour décrire quelque chose qui a toujours été là, près de nous, mais que nous n'avons pas toujours su voir. Le vivant sauvage, la plante non maîtrisée, l'oiseau qui s'intalle sous la fenêtre et l'animal dit nuisible font partis de cette nature en ville. Elle prend place dans le pied de lierre qui s'infiltre dans les jardins et court sur les murettes à recherche de lumière. C'est là, dans les interstices des pierres, que viennent prendre refuge les lézards de murailles et les chauves souris comme les pipistrelles, coupant court à à nos villes aseptisées.

DSC02567C'est aussi en ville que l'on remarque le plus la présence de belles étrangères, les espèces dites invasives ou EEE (espèces exogènes envahissantes). Les plantes à fleurs invasives égayent nos bords de routes, poussent souvent là où aucunes autres ne peuvent pousser en raison de la pollution et sont parfois des réserves de nourriture pour les animaux. Cependant, dans un même temps, leurs fortes capacités d'adaptation entraînent la disparition de notre faune et de notre flore et d'important dégâts pour notre santé, notre environnement et notre économie.

DSC02572Dans la formation de gestionnaire environnemental (via le BTS GPN), la nature en ville est une question de plus en plus présente. Comment favoriser la nature dans la ville ? Comment la faire connaître ? Comment concilier celle-ci avec notre mode de vie et nos infrastructures ? Comment la préserver ? Quelle gestion et quelles mesures pour les EEE ? C'est là que se trouve une partie des grands enjeux auxquels les gestionnaires sont amenés à trouver des solutions, d'autant plus que la demande de naturalité dans nos ville se fait de plus en plus grande.