jeudi 17 décembre 2020

Sortie en campagne 17 : du fleuve au fort.

DSCN5584Septembre, au bord du Rhône. Nous nous accordons un peu de répis le long de l'eau. Je suis soumise aux heures de sortie encore, les ballades se font alors le plus souvent après 16 heures ou en début de soirée. Cela correspond tout à fait à l'été indien que nous rencontrons et qui se poursuivra jusqu'à novembre, mais pour l'heure nous ne le savons pas encore. Il y a beaucoup de monde. Motocross, pêcheurs et randonneurs s'en donnent à coeur joie sous fond de musique techno. Malgré tout, nous réussissons à nous trouver un petit coin de calme pour pique-niquer sur une des rives et sous les arbres au frais. La faune est relativement absente en raison du bruit et la plupart des fleurs sont passées ou désséchées avec les fortes températures. Nous avons tout de même la chance de voir quelques oiseaux comme un martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis), et j'en suis plus que ravie. Cela me rappelle Oullins avec plaisir.

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En plein repas nous regardons au-dessus de la raffinerie qui nous fait face. Au loin, un vol de 50 cigognes blanches (Ciconia ciconia) entame sa migration arpès s'être levé doucement dans les airs. Elles ont du passer la matinée du côté de Corbas dans les grandes plaines de cultures et profitent des thermiques pour reprendre leur route. Équipés de jumelles, nous assistons à leur lent départ en direction de la Camargue puis de l'Afrique.

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À quelques lieux de nous, une mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus) se rafraîchie. Il est rare d'en croiser dans le coin à cette période de l'année, la plupart étant encore du côté de la Loire et des zones cottières pour nicher. Les mouettes se réunissent sur les plans d'eau par centaines, parfois par milliers. Elles y confectionnent leurs nids à partir de joncs et les dissimulent dans la végétation. Dès la naissance les poussins le quitte pour suivre leurs parents à la nage. On parle alors de poussins nidifuges.

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Nous partons un peu plus loin, direction Gringy pour la base nature du SMIRIL. Arrivés sur place nous trouvons sur le tronc d'un arbre mort un superbe polypore soufré (Laetiporus sulphureus). C'est un champignon que j'apprécie beaucoup pour sa consistance tendre et ferme à la fois. Je le cuisine le plus souvent comme de la volaille braisée, dans une poêle avec un peu de matière grasse et pour finir, avec beaucoup de fromage.

DSCN5593La faune se montre ici un peu plus diversifiée. Les mésanges notamment dont nous croisons 3 espèces différentes. Ici c'est la mésange bleue (Cyanistes caeruleus), une habituée des mangeoires l'hiver et qui peut se montrer aggressive face à d'autres oiseaux concurrents malgré sa petite taille. Septembre sonne la fin de la reproduction de l'espèce. Le plus souvent deux nichées sont menées à terme mais il n'est pas rare d'en voir une troisième chez les couples les plus productifs. Les oisillons mettent une vingtaine de jours à devenir indépendants et à quitter le nid. Il leur en faudra encore 2 à 3 de plus pour quitter également leurs parents qui profitent de ce labs de temps pour les former au monde extérieur. Hélas pour eux, une grande partie des jeunes ne survivent pas à leur première année, les prédateurs, les intempéries et les maladies ayant raison d'eux. Néanmoins les effectifs semblent stables.

DSCN5590Du sommet des bosquets, un drôle de liane verte a fait son apparition. Il s'agit du houblon grimpant (Humulus lupulus), une vivace bien connue pour parfumer la bière.Cependant, ce sont les cultivars, les versions cultivées qui est employée car plus parfumées. Il s'agit ici de l'espèce sauvage. Elle a longtemps souffert de la même réputation que le lierre, bien que cela soit faux pour l'une comme l'autre. Les romains pensaient que le houblon suçait la sève des arbres. Dans les faits il ne se sert des autres végétaux que comme tuteur.

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Si le houblon ne fait pas forcément le bonheur des oiseaux à l'arrivée de l'automne, deux autres arbustes remplissent sans mal cette fonction. À gauche, il s'agit du sureau yéble (Sambucus ebulus), un sureau arbustif aux baies sombres et toxiques pour l'Homme, mais fort nourrissantes pour les petits passereaux migrateurs comme les fauvettes.Des frutis on peut obtenir une jolie teinte violine. À droite, il s'agit de l'aubépine monogyne (Crataegus monogyna), dont les cenelles rouges sont comestibles. Farineuses, on peut en tirer profit en confiture après les avoir cuites et passées au moulin. Anciennement, elles étaient séchées puis moulue pour confectionner une farine dite du "pauvre", de la même manière que les sorbes.

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Et puis il y a les reines de la mare. Sur le SMIRIL on en compte de nombreuses et toutes sont peuplées de grenouilles vertes (Pelophylax kl. vert). S'il est difficile de définir l'espèce en raison des nombreuses hybridations, on peut en déterminer le complexe à l'aide de quelques critères simples comme la présence de deux bandes marquées sur le dos, ou la couleur des sacs vocaux. Même là rien n'est sûr et seule la génétique peut trancher.

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Un frelon européen (Vespa crabro) s'est posé au milieu de la mare. Face à une grosse grenouille, je ne sais pas lequel des deux est vainqueur. La teinte rouge de son torax et sa taille permettent d'exclure le frelon asiatique (Vespa velutina), qui est parfois appelé frelon jaune bien qu'il soit majoritairement noir. Bientôt le froid et le manque de nourriture aura raison de sa colonie, et seules les jeunes femelles suvivront en se mettant en dormance dans la litière ou derrière une écorce. Le nid quand à lui sera détruit par les éléments, et les rares larves restantes, dépourvues de protecteurs, serviront de nourriture aux petits oiseaux.

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Changement de paysage, nous partons pour le fort Montcorin au nord de la commune. Ce fort millitaire sert de local à certaines associations sportives mais aussi, de vollière géante au gardien du fort. Si de nombreux oiseaux d'élevages assez surprenants peuvent y être observés comme des races rares d'oies, de canards ou de poules, on trouve tout autant de petits oiseaux sauvages. Parmi ceux-ci, on trouve les orites à longues queues (Aegithalos caudatus). Longtemps appelées mésanges, elles ont été sorties de cette famille et ont depuis pris le nom d'orites. Grégaires, le plus souvent on les entend avant de les voir.

DSCN5630Nous empruntons le petit sentier foréstier. J'adore me promener ici car il y a toujours des animaux à observer, en particulier les pics. Deux espèces sont particulièrement présentes, le pic épeiche (Dendrocopos major) et le pic vert

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(Picus viridis). Si le premier est plutôt forestier, le second s'aventure sans crainte dans les vergers où il cherche sa nourriture (fourmis, insectes) à même le sol. Au détour d'un virage nous tombons sur une loge. Creusée par le pic à l'aide de son bec et de patience, c'est là qu'il niche. Le diamètre d'un trou permet à coup sûr de savoir de quelle espèce il s'agit, le diamètre étant propre à chacune d'entre elles. Ici on peut suppose sans mal que c'est le pic vert qui demeure. Reste à attendre le printemps pour nous mettre en affût et peut être voir l'envol des jeunes.

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De petits piaillements se font entendre, suivis d'une multitude de boules de plumes vertes, jaunes, blanches et grises. Il s'agit de roitelets triple bandeaux (Regulus ignicapilla), le plus petit oiseau d'Europe avec son cousin le roitelet huppé (Regulus regulus). Pour les différencier, le premier possède une bande blanche au dessus de l'oeil. La femelle possède un bandeau jaune vif alors que celui du mâle tire sur l'orangé.

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Principalement insectivore, il doit en période hivernale manger l'équivalence de son poids chaque jour pour survivre, ce qui représente 5 à 6 grammes. Il peut alors incorporer un peu de nourriture végétale, principalement des graines qu'il glane en groupe, parfois avec d'autres passereaux, à basse et mi-hauteur dans la végétation. Il quitte rarement le sous-bois et affectionne les peuplements de conifères. Il se rencontre parfois dans les jardins.

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Le paon bleu et l'une des 3 espèces de paons. Sauvage comme domestique, elle est la moins menacée.

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On passe du tout petit au très gros. Au fort, une grande basse-cour anime les fossés. Parmi les canards, dindes, oies et poulets, plusieurs couples de paons bleus (Pavo cristatus) déambulent. Non plumés, ils partent parfoisdans les vergers se promener mais jamais très loin et très longtemps. Empruntant le chemin que les oiseaux prennent régulièrement, nous avons pu trouver quelques belles plumes car les animaux sont en pleine mue. Elles trônent fièrement dans le salon et font le bonheur du chat qui adore les mâchonner.

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Un autre oiseaux, cette fois-ci originaire de nos lattitudes, aborde de jolies plumes bleues. Il s'agit du geai des chênes (Garrulus glandarius), un corvidé connu pour ses couleurs vives et ses cris rauques. Opportuniste, il se nourrit essentiellement de glands d'où son nom, de fruits, de noyaux et occasionnelement d'éléments carnés : oisillons, charognes, insectes etc. Fin septembre, les geais tournent dans le verger à la recherche des pommes, des kakis et des poires tombés des arbres avant récolte et inaptes à la commercialisation.

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En retournant en direction du village, nous tombons sous une autre espèce de liane européenne, la clématite des haies (Clematis vitalba). Appelée herbe aux gueux, elle était utilisée dans le passé par certains mendiants pour créer des ulcères sur la peau et attirer la pitié. Elle est aussi connue dans le film "La gloire de mon père", même s'il semblerait qu'il s'agisse plutôt de sa cousine la clématite brûlante (Clematis flammula), plus suddiste.

DSCN5707Retour à la maison. J'ai craqué, me voilà avec une ribambelle des livres. Je peine encore à m'y mettre mais je commence à trouver le temps et l'envie de me mettre au lit avec un bon livre. J'ai envie d'explorer cet hiver le monde de l'alimentation par une entrée sociologique et anthropologique.

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En attendant, j'observe les oiseaux de ma fenêtre. Un soir un choucas des tours (Corvus monedula) est venu se poser sur le clocher qui fait face à notre appartement. Certains jours, à la tombée du soleil, nous en voyons plus d'une centaine partir en direction de Lyon pour gagner leur dortoir, que nous pensons avoir peut être trouvé. Des corneilles noires (Corvus corone) suivent le même chemin matin et soir. Les corvidés ont beaux être mal-aimés, je ne peux m'empêcher d'en faire mes animaux préférés.

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lundi 9 novembre 2020

Sortie en montagne 31 : Explorer le Pilat.

DSCN5359BALLADE SOLO

Cette fois-ci je ne suis pas de la partie. En arrêt pour pas mal de temps, c'est mon bien-aimé qui a prit la route pour se dégourdir les jambes et prendre un grand bol d'air frais. Le voilà donc sur la route, direction la Loire et plus particulièrement le sommet du Pilat.

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Camus écrivait "L'automne est un deuxième printemps où chaque feuille est une fleur". On ne peut que lui donner raison quand on regarde le paysage. Les poacées, appelées anciennement graminées, longe les routes et les chemins, bruyssant au passage des randonneurs. En fermant les yeux je m'imagine passer les doigts dans les herbes folles jaunies de fin de saison.

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Parmi les plantes à fleurs que l'on retrouve sur le massif du pilat, on peut nommer la callune (Calluna vulgaris) qui, bien souvent, est confondue avec la bruyère. Pour la distinguer on regardera attentivement ses fleurs pour remarquer que les pétales ne sont pas soudés, et ses feuilles sont divisées, chose absente chez les bruyères. La callune est une espèce hôte de nobreux papillons et une ressource alimentaire pour les animaux sauvages l'hiver.

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Typique des sols acides, de nature ensolleilée et bien draînée, elle est souvent consommée par les moutons dans les pâturages. Sur le Pilat, les troupeaux ll'incorpore à leur alimentation automnale avec la fougère aigle (par parsimonie pour cette dernière). Au printemps ce sont els jeunes pousses d'herbes fraîches qui sont particulièrement appréciées par les brebis, pendant l'été les feuillages et l'hiver, c'est le foin qui domine.

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C'est dans les parterres de bruyères que les orthoptères s'adonnent à leurs chants et leurs amours. Cela ne va pas sans faire écho à notre sortie détermination publiée il y a quelques temsp sur le blog. Ici nous avons  un criquet, facilement identifiable à ses antennes courte et à son abdomen fin. Cependant il sera peu aisé de l'identifier, une manipulation en main et/ou des photos précises étant essentielles pour bien le nommer.

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Les sauterelles de leur côté sont le plus souvent massives (mais pas toujours) avec des antennes bien plus longues que le corps ou de taille équivalante. Ici il pourrait, peut être, s'agire de la dectique verrucivore (Decticus verrucivorus). Son nom de verucivore vient de l'utilisation passée et supposée de l'insecte pour détruire les verrues en utilisant ss mandibules. Les mâles aiment se mettre au soleil pour chanter, ce que l'on observe ici.

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Le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) se plaît tout particulièrement sur le Pilat, dont les sols acides sont tout à fait adaptés à l'espèce. Ses baies orangées sont très appétantes pour les oiseaux, tant est si bien qu'elles ont en mené bon nombre à leur perte. Les oiseleurs, chasseurs de petits oiseaux pour la compagnie, les utilisaient pour attirer les chardonnerets et autres grives dans leurs filets pour les consommer ou les revendre.

DSCN5387Le sommet approche. Les promeneurs y sont nombreux, au point de contraindre certains à faire un détour, mesures Covid obligent. L'air est doux, le soleil haut et les nuages abondants. Cependant il n'est pas trop compliqué de distinguer les sommets des Alpes ainsi que la plaine de Saint Etienne et Lyon au loin. Sur cette dernière question il n'y a pas de mystères, nous préférons mille fois mieux la vue des cimes que celle de la métropole. Depuis notre déménagement et hormis pour le travail, nous n'avons mis les pieds en ville qu'à de rares occasions, nous confortant dans notre choix de nous éloigner peu à peu du tissu urbain. Si les usines et les grands axes routiers s'offrent à nos yeux depuis nos fenêtre, nous pouvons profiter désormais quand le temps le permet, d'une jolie vue sur le Mont Blanc, nous apportant un peu de poésie. Pour autant, nous ne pouvons rivaliser avec le panorama de somemt du Pilat.

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Pointe de la Crête de la Pérdrix, villages, sommet du Mont Blanc, nuages s'étirants à perte de vue ... ce sont là quelques unes des images qu'il est possible de garder en mémoire. Comble su spectacle, il est courant d'observer des faucons crécerelles (Falco tinnunculus) et leur progéniture chasser au-dessus des pâtures où il est tout aussi facile de voir les brebis accompagnées de patous brouter les herbes tendres.

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Dans les pierres et les éboulis, un oiseau est roi. C'est le rouge-queue noir (Phoenicurus ochruros),agile petit passereau présent aussi bien en montagne qu'en ville. La femelle est plutôt grise là où le mâle présente un plumage noir marqué, mais tout deux partagent une queue et un croupion roux qui vaut à l'espèce son nom. Insectivore, il chasse ses proies le plus souvent au sol, parmi les pierres ou sur les murs des bâtiments où il niche.

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Il est là ... et il n'est plus là. C'est un oiseau migrateur qui de plus en plus, prend l'habitude de rester ici l'hiver. S'il est vrai que les températures sont douces, ce n'est pas pour autant que les insectes sont abondants, loin et là. Les individus faisant ce choix se retrouvent à l'arrivé du printemps bien faibles si ce n'est morts, et sont incapables pour les survivants de faire face à ceux revenant d'Afrique qui sont bien plus fringuants malgré les kilomètres.

DSCN5397 Les chirats sont une autre des spécificités du Pilat. Il s'agit du nom local donné aux éboulis et aux coulées de rochers. Ces pierriers abirtent une faune et une flore remarquables bien que peu d'espèces soient présentes, en particulier quand il s'agit des lichens. Cette formation géologique qui ne se retrouve que que sur les pends ouest du massif central et de l'autre côté de l'Atlantique, dans les Appalaches.

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Relatives jeunes aux vues des temps géologiques, les chirats sont le fruit des dernières glaciations ayant eu lieu il y a 100 000 à 10 000 ans de cela. Ils se sont formés sous l'action du froid, faisant literrelament éclater la roche enblocs de plus petite taille nommés des gneiss.

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Le Pilat recèle d'une grande variabilités d'autres habitats. Parmi ceux-ci on peut compter sur les forêts de hêtres, les landes à callunes, de landes à joncs nains, les lisisères à fougères aigles ou encore de prairies rases qui sont des milieux rares/patrimoniaux pour la plupart. Cette diversité est précieuse car elle permet d'observer des espèces en régression telles que les serpents ou certains rapaces qui tirent profits de ces milieux pout chasser..

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Voilà un bien drôle de taxi. Il s'agit d'un des 3 bousiers européens, appelé scarabé demi-ponctué (Scarabaeus semipunctatus) aux reflets bleutés. Sous son ventre, une multitude d'acariens sont logés. Peut être trouvent-t-ils là de quoi se nourrir et/ou de quoi se déplacer, à la manière des remoras qui se collent aux requins et aux grands cétacés pour parcourir de grandes distances et parfois, profiter du reste de leur repas.

Et voilo, le soleil se couche déjà - nous ne nous doutions pas à l'époque qu'il ne serait bientôt plus possible de faire des sorties pour un mois, peut être plus. L'épisode Covid-2 s'annonce, nous nous parrons en explorons notre kilomètre réglementaire et en laissant la longue vue à la fenêtre. De là, et sans pour autant voir le Rhône, nous avons la chance d'apperçevoir les oiseaux des milieux auquatiques passer au-dessus de la raffinerie.

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dimanche 20 septembre 2020

Sortie en campagne 15 : soirées d'été.

Première soirée :

DSCN5110Nous sommes le 30 juin. Il fait chaud, trop chaud. Les températures ne cessent de m'inquiéter. Comme l'an dernier, des records de chaleur et de sécheresse sont battus. Le paysage est de plus en plus jaune et je m'interdis d'imaginer à quoi ils pourront ressembler dans le futur, même si j'ai bien une idée. Cela ne va pas sans me miner le morale. Pour remédier à ça, nous allons faire un petit tour hors de l'appartement. Le soir tombe. Les rues du village sont désertes et presque tous les comemrces sont fermés. Un bonheur. Nous aimons cette tranquillité qui nous a tant manqué ces dernières années. Celle-ci n'est rompue que de temps à autre par le pot d'échappement d'une mobilette, comme dans mon bled d'enfance. Les dernies martinets noirs (Apus apus) qui ont élu domicile sur l'église fendent le ciel. La plupart d'entre eux sont partis en Afrique. Au printemps ils reviendront nicher.

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Notre envie de sortir a été également motivée par une jolie rencontre dans la matinée. Une chauve-souris (Chiroptera), sans doute dérangée, est venue se poser sur le mur de l'église à la recherche d'une cavité dans laquelle trouver refuge pour la journée. Pour l'heure impossible de dire quelle espèce il s'agit, l'identificaton étant rarement possible sans que la tête, les oreilles voire les parties génitales ne soient examinées.

DSCN5113Dans quelques jours la Lune sera pleine. Pour l'heure elle ne se montre que timidement. Elle est ainsi dans sa phase gibbeuse croissante, c'est à dire que 66 à 96% de sa face est visible. Au premier regard on peut observer les mers luniares. Ce sont ces grandes pleines noires composées de basalte. En contre-bas, les cratères s'illustrent par leurs dimensions. Plus de 30 000 d'entre eux parsèment la surface. Bien qu'observables à l'oeil nu, ils sont peu profonds, 200 mètres maximum, et seul la lumière rasante permet de les voir.

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Un dernier regard par la fenêtre. Le sommet du Pilat se dresse au loin. Haut de 1431, il fait parti des contre-forts du Massif Central. De nature acides, la roche et le sol offrent une flore très différente de celle à la quelle nous avons l'habitude de voir. Le nom du massif veindrait d'une légende selon la quelle le corps pendu de Ponce Pilat y aurait été abandonné dans un puits, sur le versant Est, non loin de la ville de Vienne.

DSCN5147Sur le chemin, nous repérons les baies et les fruits qui murissent. C'est notement le cas des prunelles (Prunus spinosa) qui bien qu'appétissantes, ne pourront être consommées qu'à l'automne et de préférence blettes, quand elles ont perdu leur âpretées et donnent leur sucre. Certes on peut les manger tel quel, mais en confitures ou même en macérat (voire saumure) elles sont bien meilleures et libèrent tout leur goût de fruit sauvage.

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Les jeunes faisans de Colchide (Phasianus colchicus) ont bien grandis. Toujours sous l'oeil vigilant de leur mère, ils cherchent de quoi se nourrir dans les prairies fauchées. Aimant les graines, ils se nourrissent tout aussi bien d'insectes, de vers, de petits fruits et de limaces. Cette grande diversité dans leur régime alimentaire leur permet de devenir rapidement autonome. On nomme compagnie le groupe formé par la poule faisane et ses petits.

DSCN5139Le faisan n'est pas originaire d'Europe mais d'Asie. Il a été introduit en France par vagues successives entre le Moyen Âge, la Renaissance et notre époque contemporaine. Concidéré comme animal domestique, il est rare de le voir se reproduire en milieu naturel. Elevé et lâché pour le loisir de la chasse, on en compte plus de 31 sous-espèces. Ces introductions ne sont pas sans conséquence pour la biodiversité locale.

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Pour le moment, les petits faisans ne sont pas inquiétés par la sortie des fusils. D'ici peu les mâles prendront un beau plumage brun-roux, un collier blanc et une tête bleue-verte. Une plaque de peau rouge apparaîtra aussi à la base de son bec. Les femelles elles garderont leur plumage brun-gris plus discret qui leur permet quand elels nichent au sol dans la végétation de ne pas se faire repérer par leurs prédateurs.

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Les jeunes rouge-queue noirs (Phoenicurus ochruros) se lancent dans leurs premiers vols. Ternes, ils prendront d'ici peu une jolie teinte rousse à la base de la queue. Pour l'heure bien nombre d'entre eux, comme d'autres osieaux, sont à la recherche d'eau. En témoigne les traces de pattes laissées dans la boue d'une flaque après un orage éphèmére mais violent. La taille et la forme des doigts permettent d'avoir une idée des espèces présentes.

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En lisière, un lièvre d'Europe (Lepus europaeus) est à l'affût. Oreilles dréssées, il nous a sans doute vu. Dès qu'il fait un peu moins chaud, voilà que ce gros léporidé (famille des lièvres et des lapins) sort pour chercher les herbes tendres. Plaine agricole oblige, il n'est pas rare de le voir grignotter les légumes des exploitants. Peu voire non tiré dans le secteur, il se laisse facilement observer sans a avoir la patience d'en faire l'affût.

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Deux petits rapaces fotn des allés retours des champs à la forêt et par moment, volent en stationnaire. Il s'agit du faucon crécerelle (Falco tinnunculus) et de son cousin le faucon hobereau (Falco subbuteo). Bien que mangeant la même chose, le premier aura une nette préfèrence pour les rongeurs et les petits osieaux du type passereaux (mésanges par exemple) tandis que le second se tournera de préfèrence vers les gros insectes comme les libellules et d'oiseaux plus ou moins rapides comme les hirondelles et les martinets.

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Enfin la nuit tombe. Nous partons tranquillement chez nous, accompagné du croassement d'une famille de corneilles noires (Corvus corone) qui a élu domicile dans les vergers. Silouhette élancée, corps et bec noirs, il n'y a pas de doutes. Elles n'ont pas encore rejoins les grands vols de corvidés qui se réunissent le soir en dortoirs. Cela ne serait tarder, les petites corneilles commencent à avoir une stature similaire à celle des adultes.

 

 

Deuxième soirée :

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Nous sommes le 3 juillet. Le ciel est incroyable, et on pourrait presque y voir une énergie divine tant la lumière fondant les nuages est belle. Il ne nous en faut pas plus pour sortir les basquets, les jumelles et l'apapreil photo. Nous partons voir la culture de kiwi sur laquelle Thomas travail. Bingo, une chevêche d'Athéna (Athene noctua) se pose au-dessus de notre tête. Le moment est court mais intense. Nous adorons cette petite chouette aux grands yeux dorées. Il en était de même dans l'antiquité par les grecs puis les romains. Ceux-ci voyaient en elle la messagère de la déesse Athéna (appelée Minerve à Rome), déesse de la sagesse, de la connaissance, de la sicence et de la guerre tactique. C'est ainsi qu'on peut la voir frappée sur des pièces de monnaies gallo-romaines qui portent son nom mais aussi, de la retrouver sur la pièce d'un euro grecque. Les récompenses des vainqueurs sportifs ou de guerres athéniens se voyent également remettre des amphores et des vases ornés de cette petite chouette.

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Voilà la Lune pleine, 96 à 100% de sa surface est visible. Cette observation est possible tous les 29 jours 1/2. Cette phase de pleine lune ne s'oberve qu'une partie de la nuit, celle-ci étant en mouvement. Si c'est un plaisir pour le néophyte de pouvoir faire cette simple observation, elle l'est beaucoup moins pour les astronomes qui ne peuvent pas avec son reflet, observer avec aisance les autres astres que sont les étoiles et les planètes.

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Dans le clair obscure, les rouge-queue noirs (Phoenicurus ochruros) poussent quelques cris. Présents dans les éboulis, les falaises et les bâtiments, ils s'aventurent à la recherche de nourriture dans les champs. Insectivores, ils mangent tous les arthropodes qui se trouvent à portée de bec. Päillons, mouches, larves, araignées, lombrics ou mouches, rien ne leur échappe. En fonction de la saison, il peut se nourrir de baies prélevées sur les buissons.

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Sous la lune, un tarier pâtre (Saxicola rubicola) surveille sa famille. Tête noire, collier blanc et poitrine rosée, il s'agit d'un mâle. Cet oiseau des fourrés aime se mettre sur les piquets et les branches en hauteur pour scruter son territoire. Il s'assure ainsi qu'aucun concurents ne puissent en prendre possession. Insectivore lui aussi, il peut aussi bien chasser en journée qu'à la tombée de la nuit, toujours à proximité de la végétation.

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Avec l'avancée de l'été, les oiseaux sont beaucoup plus discrets. Certains comme le serin cini (Serinus serinus) peuvent encore chanter de temps à autre mais les notes qui s'échappent de leur bec sont beaucoup plus tenues.

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Les petits ayant pour beaucoup pris leur envol et les couples s'étant défaits, il n'est plus nécessaire pour les mâles de protéger leur territoire en poussant la voix. Revenons en au serin cini. Il est le plus petit représentant de sa famille, les fringilles, en Europe. Il se reconnaît à ses mouchetures brunes et à ses teintes jaunes, qui sont presques absentes chez la femelle. Avec son bec épais, il brise les délicates graines de graminées. Il peut dans une moindre mesure se tourner vers les graines des arbres pour s'alimenter.

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L'obscurité est là, et après une marche rafraîchissante nous partons nous couche. Quelques corneilles coassent à notre passage. Les feuillages fatigués des érables bruissent. Sur nos têtes, les chauves-souris chasses et nous distinguons le long du chemin des ombres s'enfuyant à notre arrivée. Il est bien dur de se mettre au lit, tant tout nous incite ici à rester à révasser sous les étoiles et sous cette énorme Lune brillante.

 

Troisième soirée :

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Nous voilà quelques jours plus tard, le 5 juillet. Le sol a plus que jamais soif et les cultures de céréales sont sur le point d'être récoltées. On pourrait se croîre dans une zone aride. Pourtant les fortes chaleurs d'août ne sont pas encore là, mais à cette instant nous l'ignorons, tout occupé à découvrir le nouveau terrain de jeu qu'est le vilage et ses alentours. J'ai peine à croire que la ville, l'autoroute et les industries sont si proches. Devant nous, se dressent des colines, des champs jaunies et quelques maisons au toit de tuiles rouges. Nanmoins il ne faudra pas plus d'un petit quart d'heure de marche à pied pour revenir à la réalité. Mais pour l'heure savourons l'instant présent. Pour cette troisième sortie, nous trichons un peu en partant à l'heure du repas. C'est une occasion rêvée pour pique-niquer en campagne, mais pris dans nos observations naturalistes, nous finirions par dîner chez nous au milieu de la nuit.

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Au-dessus des chants de blé, le Mont Blanc se dresse avec fierté. Nous ne pensions pas en avoir une si belle vue et pourtant. Culminant à 4 809 mètres d'altitudes, il écrasse de sa préstance tous les massifs alentours qui semblent bien petits. Plus sommet des Alpes et d'Europe de l'Ouest, il délimite la France et l'Italie, les deux pays se disputant depuis l'appartenance sur sommet depuis 1865. Un conflit qui n'est toujours pas réglé.

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Dans l'armoise commune (Artemisia vulgaris), plante précieuse pour les douleurs menstruelles et pour la digestion, une troupe de moineaux domestiques (Passer domesticus) s'anime gaiement. Perçue comme une espèce commune voire insignifiante, le moineau domestique a vu en 30 ans ces populations s'éffondrer, faisnat de l'oiseau un animal de moins en moins commun. Un exemple de l'importance qu'il faut accorder à ce que l'on nomme la nature ordinaire et qui est tout aussi riche que ce que l'on peut trouver dans les forêts vierges.

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Voilà les champs de céréales. Sous les épis une multitues d'oiseaux se cachent comme les cailles des blés (Coturnix coturnix). Sur les têtes dorées, les coccinelles (Coccinellidae) chassent les pucerons (Aphidoidea). C'est tout un écosystème qui se met en place. Je pourrais passer des heures, adossée dans la talus d'en face, à contempler les animaux qui s'y abritent ou pendant la marche, à passer mes doigts le long des tiges.

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En moins d'une heure, le ciel présente quatre visages, quatre visages qui peu  peu annonce l'orage. Nous pressons le pas, non pas sans prendre 2 minutes pour nous asseoir pour contempler les nuages. Situés au sommet d'une coline aux pieds de laquelle serpente le Rhône, nous prenons l'habitude d'être accaompagnés par le vent et les averses. Souvent brèves, elles ont le mérite de nous faire oublier pendant un temps la canicule.

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Ce soir là, pour la première fois de l'année, je vois des pieds de daturas stramoines (Datura stramonium) fleuris. La fleur n'est pas rare, mais elle n'en est pas moins fascinante. Plante de sorcière et du vaudou, maudite pour sa toxicité et admirée pour ses usages chamaniques, je l'aime surtout dans sa dimension ethnobotanique, sa relation à l'Homme à travers l'Histoire étant incroyablement riche et complexe. De quoi passer des heures à lire sur son origine encore discutée, ses multiples noms ou sur la place qu'on lui laisse aujourd'hui dans la légistation.

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D'autres espèces communes attirent notre attention. Quand on parle de pigeons ramiers (Columba palumbus) ou de corneilles noires (Corvus corone), bien souvent les yeux se tournent et les bouches font la moue, signe que ces animaux ne sont pas vraiment dignes d'intrêrets. Et pourtant, il y a là aussi tellement à dire. Quand je suis en sortie nature comme éducatrice à l'environnement, je peux parler pendant des heures de ces deux espèces aux comportements si surprenants. Le pigeon qui donne du lait de gorge pour nourrir ses pettis, les corneilles qui peuvent élever leurs rejetons pendant plusieurs années ou pleurer un mort ... il y a tant de choses à apprendre.

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Sur le chemin du retour nous avons une jolie surprise. Une jeune pie grièche écorcheur (Lanius collurio) comme l'atteste ses ailes brunes, son masque noir et sa gorge blanche. L'obscurité ne le laisse pas voir mais le bout du bec est crochu et croisé. Il lui permet d'attraper les insectes et petits animaux comme les jeunes lézards dont il se nourrie. En cas d'abondance, peut arrocher ses rpoies sur les épines des buissons et sur les barbelés des prés pour pouvoir venir les manger un peu plus tard. Hélas, c'est une espèce en forte régression.

Pour l'heure, aucune sortie n'est prévue à nouveau. Je susi en arrêt et je profite de mon chez moi pour dessiner, écrire mes articles blogs et m'adonner à bien d'autres choses. Je susi patiente et je pense que bientot, j'irai courrir dans les champs. Pour l'heure mon évasion se faire à travers mes carnets illustrés que vous pouvez retrouver sur mon Instagram ICI, un retour aux sources, le blog étant apparu à l'origine créé pour partager mes dessins.

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dimanche 26 avril 2020

Sortie en campagne 13.

DSCN0028Plateau agricole d'Irigny dans le sud rhodanien. L'hiver est sur sa fin. Déjà des pointes vertes ici et là se dessinent dans les grands alignements de peupliers, et si la terre labourée reste nue, il n'en est pas même sur les abords des chemins colorés par les herbes jaunes et brunes. Le ciel est magnifique mais annonce aussi l'arrivée de la pluie, d'ailleurs nous n'y manquons pas et prenons sur la fin de notre excursion une averse glacée. Ce n'est pas grave, nous avons pu voir ce que nous voulions et nous émerveiller devant les oiseaux tels que le bruant zizi (Emberiza cirlus), l'un des premiers à chanter de la saison, mais aussi de belles plantes sauvages qui fleuriront d'ici quelques semaines. Ce pendant, on trouve ici bien d'autres espèces. Cerisiers, pommiers, poiriers, tomates, courges, pommes de terre et salades, le plateau est une terre maraîchère dont les étendues se coloreront au printemps des fleurs des fruitiers qui composent les nombreux vergers des la commune reconnaissables à leurs filets paragrêles.

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Lutter contre la grêle est une nécessitée pour les exploitants. En averse, la récolte de l'année peut être détruite. L'an dernier, les poires et les abricots ont été peu abondants, la faute à ce caprice climatique. Pour en revenir aux filets, ils ne sont étendus qu'une partie de l'année. La récolte finie, ils sont sagement repliés sur les tuteurs avant d'être dépliés l'année suivante. Entre temps les arbres sont taillés pour donner les plus beaux fruits.

DSCN00177 bergeronettes grises (Motacilla alba) parcourent un champ où quelques herbes commencent à s'intaller. Graines oubliées, petits vers et mouches cherchant le soleil, leur menu est varié. Ce sont de beaux oiseaux, sautillants aux plumes de la queue toujours agîtées. Inféodés aux milieux humides, on les rencontre également dans les cultures. Pour la nidification, elle se fait dans une anfractuosité rocheuse. 2 à 3 couvées peuvent s'y tenir.

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Dans une haie, les orites à longue queue (Aegithalos caudatus) sont à la recherche de nourriture. Longtemps appelées mésanges à longue queue, elles portent aujourd'hui celui d'ortie, la génétique ayant tranchée. Tête blanche, sourcil et ailes noires, flancs roses et petit bec gris, elles sont aisées à déterminer. C'est une des rares orites / mésanges à nicher non pas dans une cavité mais dans dans un buisson ou dans le lierre.

DSCN0322Dans le ciel, passe une buse variable (Buteo buteo), comme l'atteste la silhouette massive, les rémiges bien écartées, le V blanc sur la poitrine et le bec jaune. C'est une espèce qui a besoin d'espaces forestiers pour nicher et qui va tirer profit des champs et des prés pour chasser les rongeurs et à l'occasion, les reptiles et petits oiseaux de passage. Commune mais farouche, elle est difficile à approcher, même quand elle est dans les airs.

DSCN0511Une fumeterre pousse au pied des serres. Faute de photos détaillées, je ne suis pas en mesure de l'identifier. Peut être s'agit-il de la fumeterre officinal (Fumaria officinalis), aux pédoncules dressés et sépales petits et étroits.

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Cela ne se remarque pas, mais cette espèce appartient à la famille des Papaveraceae, au même titre que les coquelicots et les pavots. Appelée officinale, cette fumeterre était employée pour ses propriétés stimulantes, en raison de la fumarine contenue dans la plante qui à diverses doses peut se montrer toxique voire curarisante, c'est à dire qu'à l'instar du curare il détend les muscles dont le muscle cardiaque, prudence donc dans sa maniuplation.

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Voilà un oiseau que j'adore, le corbeau freux (Corvus frugilegus). Grande silhouette noir et bec gris fort, c'est une espèce ubiquiste, c'est à dire capable de s'adapter à une grande variabilité de milieux et de régimes alimentaires. De mauvaise réputation et associé à la mort du fait de sa fréquentation opportuniste par le passé des charniers et des décharges, il n'en reste pas un animal essentiel au bon fonctionnement des écosystèmes.

DSCN0331Les corbeaux ne sont pas seuls. Un troupe de choucas des tours (Coloeus monedula) s'est jointe à eux. Ces petits corvidés ce nourrissent dans les milieux ouverts comme les champs et les prairies. Ils nichent et passent la nuit de préférence sur des points élevés au-dessus du sol comme les falaises, les constructions humaines et les grands arbres du moment qu'ils possèdent des cavités permettant d'installer un nid et une couvée.

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Passage par la ferme. Les bergers allemands Mambo et James sont attentifs. Oreilles dressées mais regards doux, ce sont de paisibles gardiens fidèles à leur territoire. C'est une race apparue du côté de l'Allemagne comme le laisse entendre son nom, même si elle est officiellement enregistrée sous celui de Deutscher Schäferhund. La mode de l'hypertype conduit de plus en plus ces chiens à avoir des problèmes de santé importants.

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Les salades d'hiver entament tranquillement leur croissance. Laitues et feuilles de chênes sont les stars des étales sur les marchés. Protégées du froid qui pourraient les faire cloquer, il est nécessaire de les arroser de temps à autre pour leur permettre de prendre de belles dimensions. Le sol argileux devient alors extrêmement collant, tâchant de rouge nos chaussures de randonnées plus habituées aux rives du Rhône et aux sommets.

DSCN0011Il ne s'aurait y avoir uniquement des plantes cultivées sur les parcelles. La cardère sauvage (Dipsacus fullonum) y trouve toute sa place. On la nomme cabaret des oiseaux en raison de ses graines qui attirent de nombreux petits passereaux comme le chardonneret mais aussi, qui viennent boire l'eau que ses feuilles (appelée bain de Vénus), retiennent même au coeur de l'été. Cette eau était utilisée par les romaines comme soin de la peau.

Il n'y a pas plus à dire, la pluie se met à tomber et nous avons un grand duc à visiter. Nous en profitons tout de même pour jeter un regard en direction des Alpes qui se dessinent, et qui semblent à la fois si proches et si lointaines. Les beaux jours on peut même y apercevoir le Mont Blanc dans son habit de neige. Bientôt les pommiers et les cerisiers seront en fleurs, et le paysage sera alors bien différent.

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dimanche 19 avril 2020

Retour au source : le jardin famillial.

DSCN1504L'Isère, la Valdaine et les coteaux de l'Ainan. C'est là que j'ai grandi et c'est là aussi que j'aime retourner de temps à autre pour me ressourcer. Situé non loin de la Savoie, le site se caractérise  par ses vallons verdoyants, ses forêts mixtes à tendance feuillus, son histoire méconnue et ses torrents.

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Autant vous dire que je reprends des habitudes de sauvageonne quand j'y arrive, à parcourir les paysages à la recherche d'animaux, de fleurs et de champignons. C'est le moment de mettre ces quelques jours de mars par écrit et de redécouvrir le charme de la région. J'ai toujours l'impression qu'il est difficile de raconter une histoire quand il s'agit de nature à cette saison. Les couleurs sont à mon goût un peu ternes. Heureusement les oiseaux hivernaux et les premières feuilles préparant le printemps sont là pour relever la gamme.

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Pas de morilles pour nous cette année mais leur cousine, la pézize veinée (Disciotis venosa). Si elle n'en possède ni l'aspect et ni l'odeur, elle s'en approche un peu par le goût. Appréciant des biotopes similaires, ce champignon pousse sur les sols calcaires, humifères, à tendance humide, en lisière de bois et en sous-bois quand ceux-ci se composent d'arbres hôtes que sont les noisetiers communs, les frênes élevés et les pommiers.

DSCN1286C'est aussi le moment de ramasser les pézizes coccinées (Sarcoscypha coccinea), à moins que ce ne soit celle d'Autriche (Sarcoscypha austriaca). Pour les différencier, il faut observer les petits poils situés sur son dos, ce que je n'ai bien sûr pas fait. Cependant la première est plus rare, pousse en plaine sur les sites peu fréquentés, là où la seconde aime se faire plus abondante, en particulier en altitude sans craindre les lieux de passage.

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Voilà que les galants des neiges, autrement dit les perces-neiges (Galanthus nivalis) pointent le bout de leur nez. Plantés part les aïeuls, ils forment désormais un immense tapis immaculé à l'arrière d'un des champs attenant à la maison familiale. Il faut savoir que l'espèce, quand elle est sauvage, est à l'heure actuelle protégée uniquement en Isère. Cela tombe bien, nous nous y trouvons. Ce statut mériterait d'être étendue à d'autres départements.

DSCN1288Sur un talus pousse du tussilage pas-d'âne (Tussilago farfara). Pas d'âne en raison de ses feuilles qui rappelleraient la forme d'un sabot laissé dans la boue. Néanmoins, il faudra attendre la fenaison pour les voir sortir, les fleurs étant les premières à apparaître. Celles-ci se transformeront en jolis pompons blancs dont le vent emportera au loin les graines, portées par leur aigrette blanches et duveteuse. Son nom scientifique de farfara désigne le peuplier qui partage des feuilles semblable à celui-ci. D'ailleurs, on peut sur la photo en voir quelques unes défraîchies au sol. Le tussilage aime les sols frais voire ruisselants, pauvres en matière organique et perturbés, ce qui en fait bien souvent une plante pionnière. S'il est commun et présent naturellement en Europe, son arrivée toute récente en Amérique ne permet pas toujours de bien le localiser. Importée par les colons pour ses propriétés médicinales, l'espèce s'avère invasive.

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Je ne pouvais pas passer à côté ! L'hellébore fétide (Helleborus foetidus) est ma plante à fleurs préférée, ne serait-ce que pour les nombreux surnoms qu'on lui donne. Patte de griffon, patte d'ours, griffe de lion, herbe aux fous ou rose de serpent, elle a de quoi faire travailler l'imaginaire. On ne s'aventurera pas pour autant à la tester, la belle étant toxique. D'ailleurs les grecs anciens l'employaient en décoction pour soigner la folie. Un remède bien inefficace hormis si on estime que la mort est une solution à part entière pour mettre fin à la maladie.

DSCN1366Il y a tellement de fleurs du jardin à vous présenter, comme celles du cogniassier du Japon (Chaenomeles japonica). Importé en Europe pour sa belle floraison rose, on s'est peu à peu aperçu que non seulement, il contractait facilement le feu bactérien, mais aussi qu'il le transmettait sans mal. Interdit pour ces raisons en Suisse, en France on le trouve encore ici et là dans les jardineries à destination du grand public.

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Autour de la mangeoire, c'est la pleine effervescence. À gauche, une petite mésange noire (Periparus ater), reconnaissable à sa taille, sa calotte noire, à ses deux taches blanches à l'arrière de la tête et à son absence de cravate noire. À droite, une mésange boréale (Poecile montanus), à moins qu'il ne s'agisse d'une mésange nonnette (Poecile palustris), contemple la scène depuis une branche de noyer commun (Juglans regia).

DSCN1450Un merle noir (Turdus merula) balourd vient se poser. C'est un beau mâle que l'on reconnaît à son plumage noir ainsi que son oeil cerclé de jaune et son bec orangé. Omnivore, il aime tout autant se nourrir des graines mises à disposition que des restes des vieux fruits du verger ou des escargots et autres invertébrés qui se sont mal dissimulés pour passer l'hiver. Territorial, il semble cependant en cette période plus tolérant.

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Deux autres mésanges font aussi leur entrée, la mésange charbonière (Parus major) à gauche qui s'identifie à sa tête noire, ses joues blanches, son ventre jaune et sa cravate noire. On fait facilement la distinction avec la mésange bleue (Cyanistes caeruleus) à la calotte bleue et à la cravate noire presque inexistante. L'une et l'autre ont pour habitude de vivre en bande en dehors de la période de reproduction.

DSC08893Éloignons-nous du jardin pour prendre les chemins de campagne. Les alentours sont calmes et nous ne voyons ni le cul blanc d'un chevreuil, ni le vol d'un rapace, tout juste quelques tambourinements et cris de pics en lisière. L'hiver est bien là même si la neige est absente.

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J'ai toujours peine à croire que lorsque je marche ici, je ne me trouve pas sur le plateau calcaire de la Chartreuse bien qu'elle soit très proche, mais bien sur une langue rocheuse du Jura façonnée de part et d'autre par les glaciers. Qui l'aurait cru ? La topographie de la Valdaine est toute particulière. Située à l'extrêmité des terres froides, elle ne se trouve qu'à quelques pas de la Savoie. C'est là que certaines peuplades d'allobroges sont venues s'intaller, laissant de nombreux vestiges religieux mais aussi de vie courante comme des maisons fortes ou des mottes cadastrales. Certains patelins portent d'ailleurs encore des noms celtes.

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Levons les yeux au ciel. Un milan royal (Milvus migrans) passe au dessus de nos tête dans le ciel strié de nuage. C'est le premier que nous voyons de l'année en Isère, nous sommes ravis. Oiseaux migrateurs, une petite partie d'entre eux reste l'hiver dans le Massif Central. La migration débute tout juste, et nous espérons en voir bien d'autres nous survoler, un peu comme ce que nous avons pu vivre l'an dernier en mars à Miribel Jonage.

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Partons encore plus loin, dans les marais de la Valdaine qui depuis peu sont devenus une extension de la zone Nature 2000 du marais de Chirens où pousse la si rare liparis de Loesel (Liparis loeselii). C'est pourtant  une plante plus commune et tout aussi fascinante que je vous présente ici, le lamier maculé (Lamium maculatum). Si ses feuilles ne sont pas toujours maculées de blanc, ses grosses fleurs roses ne trompent pas.

DSCN1298Passage par l'étang de pêche accolé à l'Ainan, la rivière qui traverse notre petite vallée. Dans les canaux annexes, les grenouilles agiles (Rana dalmatina) sont venues pondre et des centaines d'oeufs flottes à demi-immergés. C'est un garde-mangé précieux pour les tritons alpestres (Ichthyosaura alpestris) qui trouvent là une précieuse ressource de nourriture, en particulier pour les femelles pour assurer leur propre ponte.

DSCN1305Saint Geoire en Valdaine, le village de mon enfance. Bastion catholique, il sera un des villages engagés dans la lutte contre l'influence huguenote. On compte même à la fin du 16e  une attaque  de 80 huguenots contre château de Longpra qui en réalité est une maison forte. La prise sera un échec et mise à mal avec l'aide du château de Virieu et de ses gens.

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Même pendant la révolution, le village reste fidèle à la religion, se tenant éloigné de la révolution. Le corps religieux présent est dit de clergé réfractaire, s'opposant au clergé jureur, celui qui embrassa le constitution civile du clergé qui remaniât profondément les instances religieuses françaises. Persécutés, exilés ou même assassinés, les prêtes tombent alors dans la clandestinité, pratiques la messe en secret et vivent caché au château de Longpra.

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Retournons à nos sentiers boueux. Si les mammifères ne se présentent pas à nous, ils laissent des traces bien marquées de leur passage. Chevreuils, sangliers, écureuils et hérissons semblent avoir profité de la nuit pour partir en vadrouille. C'est un exercice passionnant que celui de trouver un animal avec les indices de présence qu'il peut laisser sur sa route. Et dire que jusqu'en 1992 la loutre d'Europe (Lutra lutra) était présente ici !

DSCN1374Encore un petit tour par la monde des champignons. Sur un vieux sureau noir (Sambucus nigra) pousse des oreilles de Judas (Auricularia auricula-judae). Comestible, l'espèce tiens son nom de sa drôle de forme mais aussi du fait qu'elle pousse souvent sur les sureaux et les noyers, deux arbres réputés pour avoir été la potence à la quelle Judas se serait pendu suite à sa trahison en vers Jésus et ses disciples.

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Des tâches jaunes illuminent la campagne. Le narcisse jaune (Narcissus pseudonarcissus), souvent appelé jonquille bien que ce nom soit dédié à une autre espèce (Narcissus jonquilla), aime se développer en grandes touffes en lisière, en forêt voire dans les champs au sol riche. La primevère acaule (Primula acaulis) est plus discrète et se plaît sur les talus, toujours un peu humides et de préférence ombragés.

DSCN1301À l'autre bout du champ, un tarier pâtre (Saxicola rubicola) nous observe. Tête noir, collier blanc et poitrine rose, on a bien à faire à un mâle. L'hiver il déserte le secteur pour rejoindre le sud et l'ouest, comme nous avons pu le voir pendant notre virée du côté de la Camargue et des marais d'Istre. Les mâles ont pour habitude de toujours se mettre en hauteur et d'agiter les ailes et la queue pour se faire remarquer des femelles.

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Retour au jardin. Moustique le chat se ballade dans les branches.J'ai beau aimer les chats et particulièrement celui-ci que nous avons recueilli alors qu'il n'était pas encore sevré et qu'une fin funeste l'attendait, je ne peux m'empêcher de me dire qu'il participe à la disparition des oiseaux du jardin. Chaque année en France, les chats domestiques provoquent la disparition de 12 millions d'oiseaux, un chiffre dramatique et alarmant.

DSCN1482Des anémones des jardins fleurissent un peu partout à proximité des jardins des anciens, souvenir et témoignage que dans les jardineries, il y a des modes aussi.

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Le rosier que j'ai toujours connu et qui doit avoir pas loin de 29 ans change. Le greffon prend le dessus et aborde désormais à la fois des fleurs roses et d'autres rouges. Ce dernier n'a pas la  vivacité du rosier au fond du jardin, qui n'a jamais vraiment grandi. Planté par ma grand-mère à ses 7 ans, elle aborde aujourd'hui ses 93 printemps. Je vous laisse calculer l'âge du dit rosier. C'est ce que j'aime dans le jardin de mes parents, que ce soit les fleurs ou les fruitiers, ils sont le vestige d'un temps passé.

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Toujours à la mangeoire, il y a entre un et trois pinsons du nord (Fringilla montifringilla) qui viennent chercherl le graillon. Un rapide tour sur faune.france.org nous indique que chez le chalet voisin, une trentaine d'entre eux ont pris position des arbres. Nous ne sommes pas déçu. C'est un vrai spectacle. Nous en profitons à fond.

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En effet, l'espèce est migratrice et regagnera bientôt le grand nord pour nicher. Aimant les hêtraies, ils trouvent refuge dans la forêt toute proche, une hêtraie-sapinière. Granivores, ils trouvent leur bonheur auprès des herbes folles et des champs de céréales dont à l'hiver ils trouvent ça et là des grains non prélevés par la machinerie agricole. Bien sûr, les faînes font en grande partie de son alimentation, jusqu'à 11 grammes par jour.

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Marche au petit matin, quand l'obscurité se retire peu à peu. Le frais nous motive. Nous prenons la route pour partir à 2 kilomètres de là pour aller flâner le long du lac de Saint Sixte. Nous sommes accueillis par un rougegorge famillier (Erithacus rubecula) chantant à plein poumon. Enfin, la période de reproduction commence pour de bon, les oiseaux content leur amour et défendent leur territoire avec beaucoup d'ardeurs.

DSCN1496La encore, il s'agit d'un lieu de légende. La petite église par exemple, elle fût construite sur un temple romain dédié à Dionysos et, qui peut être, se trouve lui même sur un site païen. Connu des gens du coin, un passage défilé permet d'accéder à une partie des fondations de l'édifice, marqués du 12e siècle. Si aujourd'hui elles n'ont rien de particulier à montrer, elles furent pendant longtemps le lieu où les saintes reliques furent entreposées.

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En regagnant notre automobile, nous croisons deux symboles du printemps. La bergeronette grise (Motacilla alba) bien qu'elle ne soit qu'une migratrice partielle, s'agite particulièrement à l'approche des beaux jours. Elle sera bientôt rejointe par les hirondelles des fenêtres (Delichon urbicum) qui aiment visiblement le quartier à la vue du nombres de nids en torchis présents sous le toit des granges et des vieilles maisons.

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De nouveau nous changeons de paysage, une dernière fois. Nous voilà à Velane, une autre part importante de mon enfance. Les forêts sont plus acides, faites de châtaigniers, de sapins et comme toujours, de hêtres. C'est l'endroit rêvé pour courir les champignons comme la girolle, la trompette ou le pied de mouton, mais aussi grimper aux arbres, récolter quelques morilles près des ruisseaux et construire des cabanes.

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Dans le ciel nous observons un sepctacle fauleux. Un pompe s'est formée. C'est le nom que l'on donne au vol circulaire des osieaux quand ils se placent dans les termiques pour s'élever dans les airs. Ici plusieurs espèces se mêlent, à savoir deux buses variables (Buteo buteo) et sept milans royaux (Milvus milvus). Nous pouvons à loisirs les regarder depuis le sommet de la tour du Sacré Coeur qui devient pour l'occasion un poste d'observation.

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Comparons un peu les deux. À gauche, le milan royal avec sa queue en V, sa tête bleue gris, son corps brun et ses deux grandes tâches blanches sous les ailes. À droite la buse, aux ailes et à la queue ronde, au corps brun et au poitrail portant un grand V blanc. Cela ne suffit, la buse variable portant bien son nom. Certaines sont parfois entièrement blanches, d'autres portent du blanc sous les ailes. On s'attachera alors à observer la silhouette.

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L'heure du départ se fait sentir. À la tombée de la nuit nous faisons un rapide tour dans le jardin. Surprise, un bruant zizi (Emberiza cirlus) chante dans un bosquet de ronce. L'an dernier pendant l'été, nous avons pu observer un couple et leur petit faire leur vie dans le bosquet dans la clématite des haies (Clematis vitalba). Matin comme soir il chante du haut de son perchoir où il se dissimule au passage de la buse et du crécerelle.

Au revoir la campagne. Nous reviendrons aux beaux jours, quand nous pourrons de nouveaux sortir de nos logis. Peut être raterons nous le printemps, mais cela ne serait nous éloigner des prés si verts, des forêts de hêtres et de sapins mais aussi des lacs dans lesquelles nous plongerons avec plaisir cet été. En attendant, nous laissons notre regard se perdre dans le ciel bleu qui couvre notre petit appartement urbain.

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samedi 23 novembre 2019

Expédition en Camargue.

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Nous n'avons pu résister à passer de nouveaux quelques jours dans le sud. Le crochet par la réserve de Crau s'est mue en une longue visite des marais de Camargue. Mais avant cela, nous bifurquons en direction des falaises de Liou, non loin du Colorado Provençal avant de venir poser nos valises du côté de la citée phocéenne. Nous espérons voir alors les vols de guêpiers que nous avons pu croiser quelques semaines plutôt lors de notre escapade au mont Ventoux. Pour le coup, nous sommes chanceux et nous nous trouvons au sommet d'un rocher où pas moins d'une quarantaine de guêpiers d'Europe (Merops apiaster) aux couleurs chatoyantes nous survolent. Un moment magique passé à observer les oiseaux s'éloiogner dans le lointain. L'après-midi sera ponctué par ce type de rencontre, nous donnant un nouveau regard sur les terres agricoles éloignées du bord de mer et que nous boudions jusqu'alors lors de nos expéditions.

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Sur une aire d'autoroute au niveau de Valence, nous sommes témoins d'un spectacle sublime. Deux circaètes Jean-Leblanc (Circætus gallicus) sont en pleine chasse à quelques dizaines de mètres de nous. Immense rapace d'1,80 mètre pour les plus grands, il se nourrie presque exclusivement de reptiles et en particulier de serpents.

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De nombreux fruits se trouvent au pied de la falaise de Liou, ce qui fait le bonheur des passereaux. Les ronces (Rubus sp.) mais aussi les amélanchiers à feuilles ovales (Amelanchier ovalis) et les pommiers sauvages (Malus sylvestris) sont une grande source de nourriture pour ces derniers. Nous ne verrons pas le vautour percnoptère (Neophron percnopterus) tant espéré mais des dizaines de martinets à ventre blanc (Tachymarptis melba). Les faucons crécerelles (Falco tinnunculus) feront même une timide apparition.

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Des éclairs bleus traversent le ciel. Il ne s'agit pas des guêpiers mais d'un oiseau que nous croisons pour la première fois, le rollier d'Europe (Coracias garrulus). Cet oiseau turquoise au vol léger est un insectivore qui s'attaque aux gros insectes. Migrateur, on le rencontre uniquement dans le sud de la France où pendant l'été, il éleve ses petits le plus souvent abrités dans une cavité de pic, toujours entre 5 et 10 mètres de haut.

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Le promontoire rocheux regorge de papillons et en particulier de silènes (Brintesia crice), un lépidoptère reconnaissable à ses grandes ocelles noires et à ses ailes brunes. Sa chenille se nourrie essentiellement de poacées, anciennement appelées graminées. L'adulte se rencontre dans les milieux herbeux secs, de préférence dans la moitié sud du pays, parfois plus haut mais toujours éloigné des zones côtières.

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Changement de décor, nous voilà désormais au jardin de Gaston, du côté de la Crau. Arboretum et jardin de ville, le lieu est aussi connu pour sa collection d'oiseaux où les espèces sauvages et d'ornement se croisent. Nous pensions naïvement faire fasse à des oiseaux indigènes mais les nombreuses bagues vertes aux pattes des animaux nous ont indiqué que nous étions dans l'erreur, nous créant ainsi quelques fausses joies. Au milieu de la grande étendue d'eau, un couple de poules d'eau (Gallinula chloropus) se relaie pour couver. Le nid fait de branches glanées ici et là accueille les cinq petites têtes rouges des poussins qui viennent tout juste de naître. Nidifuges, il ne leur faudra moins d'une heure pour se jeter à l'eau et suivre leurs parents, histoire d'attendre que tout le monde soit sortie de son oeuf, ait eu le temps de se sécher et de faire connaissance avec le reste de la famille. Ils seront autonomes dans 3 à 6 semaines.

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Coup d'arrêt, un eider à duvet (Somateria mollissima) fait son apparition, un beau mâle en plumage post nuptial. Nous en avons les yeux brillants, nous qui depuis plusieurs jours suivons les observations de deux individus du côté de Nice depuis nos téléphones. Seulement voilà, celui-ci est bagué et en partie plumé pour ne pas quitter le plan d'eau. Il faudra donc encore attendre pour voir notre premier eider sauvage.

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Sur la berge creusée par l'eau, une tortue de Floride (Trachemys scripta elegans) prend un bain de soleil avant de rejoindre ses congénères dans l'étang. On l'a nomme également tortue à tempes rouges en raison de ce signe distinctif qui permet de ne pas la confondre avec les autres trotues nord américaines car oui, la belle n'est pas originaire de nos latitudes ce qui cause bien du tord à notre faune autochtone.

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Un fuligule morillon (Aythya fuligula) mâle barbotte tranquillement à proximité. Lui aussi porte à la patte une bague indiquant qu'il s'agit d'un animal de captivité. Nous avons l'habitude de croiser cet oiseau, mais plutôt en période hivernale où il se rassemble sur les étangs de Miribel et du parc de la Tête d'Or en petits groupes, souvent mêlé à d'autres canards. Chose surprenante, l'espèce peut être chassée dans certains territoires français mais est interdite à la vente. Il pourrait alors s'agir ici d'un hybride, qui n'est pas soumis à la même réglementation.

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Changement de paysage, nous partons pour les portes de la Camargue, non sans avant tomber sur un site remarquable. En bord de nationale, enclavé entre des entrepôts industrielles, une vieille gare et la rivière, un champ. Les jeunes pousses de la culture sont immergées de moitié, piégeant les insectes non volant au sommet des feuilles. C'est l'occasion rêvée pour de nombreux oiseaux de venir se nourrir sans le moindre effort.

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Ce sont là des centaines de volatiles qui ne sont perturbés dans leur recherche de nourriture que par le passage bref d'une buse variable (Buteo buteo). Des goélands (Larius sp.), des mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus), des choucas des tours (Coloeus monedula), des étourneaux sansonnet (Sturnus vulgaris) et quelques corneilles noires (Corvus corone) sont affairés à se remplir le ventre. Une telle diversité d'espèces et un si grand nombre d'animaux laisse penser sans grand doute que la nourriture est plus qu'abondante.

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Nous voilà arrivés à la réserve naturelle nationale des Marais du Vigueirat, sur un coup de tête et après avoir croisé un panneau indiquant le site au détour d'une route de campagne. Sur place, on nous indique que la saison et l'heure ne sont pas les meilleurs pour croiser les oiseaux. En effet il fait chaud et la majeure partie des étangs est à sec. Qu'importe, nous sommes là pour découvrir le site.

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Première belle surprise, les cistudes d'Europe (Emys orbicularis). Ces tortues d'eau douce, indigènes en France, sont rares et difficiles à observer d'ordinaire. C'est la troisième fois que nous la crooisons cet été mais jsuqu'alors nous n'avions jamais pu la voir de si près. Inféodées aux eaux boueuses, elle se nourrie principalement de petits animaux mais peut également se tourner vers les végétaux tendres et les charognes pour complémenter son alimentation. Pour distinguer les sexes des individus, rien de plus simple, là où les jeunes et les femelles ont les yeux jaunes, les mâles les ont rouges.

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Depuis l'observatoire en restauration, nous admirons dans le loin une myriade d'oiseaux colorés et de grande taille sans pouvoir leur donnent de nom. Une troupe de hérons gardes-boeufs (Bubulcus ibis) vient suivre les chevaux camarguais qui entre dans notre champ de vision pour se nourrir des insectes que les pas des équidés font s'envoler dans l'air chaud et poussiéreux. C'est l'heure pour nous de rejoindre la visite guidée du marais.

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Arrivés dans le coeur de réserve, nous faisons la découverte de dizaines d'espèces. L'endroit est fantastique et accessible seulement sur autorisation comme c'est le cas pour cette visite guidée. Au loin, les flamants roses se nourrissent en fouillant la vase (Phoenicopterus roseus). Le passage d'un circaète Jean Leblanc croisé plus tôt sur la Crau fait lever la plus part des oiseaux qui ne mettront que peu de temps à revenir se poser sur l'étang.

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Dans le ciel, les cigognes blanches (Ciconia ciconia) font des passages remarqués et remarquables mais c'est leur cousine qui attire notre attention. Au loin, une cigogne noire (Ciconia nigra) s'élève dans les airs. Oiseau solitaire et rarissime, nous le voyons pour la première fois, autant dire que notre émotion est grande. Celle-ci est renforcé par l'observation d'une sarcelle marbrée (Marmaronetta angustirostris), petit canard présent uniquement en Espagne. C'est le premier signalement de l'espèce en France pour l'année en France, et nous sommes pas peu fiers de pouvoir ajouter cette observation à notre liste de nouvelles coches.

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Prenons le temps de poser les yeux au sol. La satice commune (Limonium vulgare) forme de grands tapis roses. Appelée lavande de mer bien qu'elle n'en soit pas une, elle a pour particularité d'exuder le sel contenu dans le sol et l'eau où elle puise de quoi se nourrir. Ce sel se retrouve au revers des feuilles qui, comestibles permettent de confectionner de délicieuses salades sauvages.

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Protégée par endroits, le pâturage, la cueillette et la bétonisation des côtes sont les trois principales menaces qui repose sur cette fleur. Aimant les pré-salés, l'irrigation et la désalinisation des sols pour créer de nouveaux espaces agricoles posent également problème dans le bon maintient de ses populations. On la trouve d'ailleurs sur une grande partie des côtes françaises mais aussi dans le bassin méditerranéen et même en Europe du Nord, jusqu'en Suède. Son nom scientifique est inspiré du grec "Leimon" qui désigne les prairies humides dans lesquelles bon nombre des espèces de satices se développent.

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Autre espèce halophile (qui se développe dans des milieux riches en sel), la salicorne d'Europe (Salicornia europaea). Les jeunes pousses sont bien connues en cuisine. Elles peuvent être cuisinées à la vapeur, blanchies comme des épinards, comme des cornichons au vinaigre ou plus simplement sautées à la poêle. Le site dans lequel nous nous trouvons étant une réserve, il est bien sûr hors de question de les récolter.

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Fouillant la vase, des mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus), des échasses blanches (Himantopus himantopus), des chevaliers cul-blanc (Tringa ochropus), des chevaliers gambettes (Tringa totanus), des chevaliers guignettes (Actitis hypoleucos) et des chevaliers sylvains (Tringa glareola), une bécasse des marais (Gallinago gallinago) et bien d'autres oiseaux se mêlent et se chamaillent joyeusement dans un grand brouhaha. Dans notre observatoire, nous ne bougeons pas, subjugués par le spectacle.

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Changement d'étang. Nous sommes accueillis par un jeune crabier chevelu (Ardeola ralloides). Là aussi c'est la première fois que nous en observons un de si près. Face à nous, une île ou pas moins de 70 spatules blanches (Platalea leucorodia) prennent du repos. Elles sont entourées d'une colonie de grands cormorans (Phalacrocorax carbo) nichant là depuis 2-3 ans. Les ibis facinelles (Plegadis falcinellus) complètent le tableau. 

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Arrêt à Marseille, devant un bon plat traditionnel. Voilà de quoi reprendre nos esprits. Nous avons vécu une journée très folle, et bien qu'il ne s'agisse que d'animaux et de plantes, le plaisir de faire de nouvelles découvertes, de voir pour la première fois des espèces aussi bien communes que rares et de prendre le temps d'observer la nature nous met toujours autant en joie. Il nous reste encore temps à découvrir ! 

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Pour finir le séjour, petit saut par les Calanques, avec une superbe vue sur la baie des singes. Sur la roche, pousse la criste marine (Crithmum maritimum).  Comestible, elle possède elle aussi un goût proche de l'anis et légèrement salé. Cependant on prendra bien garde à respecter les règles de récolte, l'espèce étant protégée par endroit et/ou soumise à la réglementation pour ce qui est de sa cueillette.

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Poussant en buissons haut de 20 à 50 centimètres, sa floraison n'attire pas l'oeil au premier abord, ses fleurs vertes se confondant avec ses feuilles charnues. Résistant aux embruns salés, elle ne connaît que peu de concurrence sur les affleurements rocheux et les falaises où elle se développe, du fait qu'elle figure parmi les rares plantes à supporter les assauts des vagues. Cela lui a valu le surnom de perce-pierre, même si par endroit elle est connue comme fenouil de mer en raison de sa saveur.

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Toujours pour rester dans les comestibles, voici le diplotaxis à feuilles étroites (Diplotaxis tenuifolia) reconnaissable à ses feuilles découpées et à sa floraison jaune. On la nome également roquette sauvage ou roquette jaune, elle n'est pas du meêm genre que la roquette (Eruca sativa) mais appartiennent à la même famille, celle des brassicacées au même titre que les choux, la moutarde, les radis, les giroflées ou encore le colza.

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Nous regardons les voiliers se laisser porter par le vent et les bateaux de traversée partir pour la Corse. C'est le moment de prendre le large mais cette fois-ci dans le sens inverse, en direction de la vallée du Rhône, des gris vignobles et de l'herbe jaunie qui parsème les coteaux. L'automne se fait sentir avec une pointe d'été dans les températures. La migration bien avancée ne serait nous faire oublier que c'est le moment de rejoindre notre logis.

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dimanche 27 octobre 2019

Sortie en montagne 27 : le Pilat.

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Escapade en amoureux. Le Pilat semble le lieu tout trouvé. Il y a peu de monde ce jour là, juste quelques habitués venus récolter les myrtilles à l'aide de grands seaux de plastiques blancs et de peignes, outil à main destiné à la récolte des baies. Nous ne sommes pas là pour cela, seul le paysage nous attire à cette occasion. Nous sommes en recherche de calme et de sérénité. L'air est frais, le ciel dégagé, la faune et la flore et surtout le silence y contribuent. Nous sommes sur le crêt de la Perdrix culminant à 1431 mètres d'altitude, sommet de ce petit massif situé à la pointe nord-est du Massif Central bien qu'il soit proche des Alpes. Les grands pierriers de roches granitiques nous permettent de nous initier à la lichénologie, et de m'aperçevoir que malgré toute ma bonne volonté ce domaine ne sera jamais vraiment le mien, du moins pour l'aspect identification.

DSC05356En voilà un de lichens, identifié par le brillant Hervé Cochini, et dont j'ai déjà perdu le nom ... Mixte entre différents organismes, il s'agit le plus souvent d'un mariage plus ou moins heureux entre une cyanobactérie et un champignon.

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Sur les chirats, les amas rocheux du Pilat, on peut rencontrer la lécanorie à deux formes (Lecanora biformis), un lichen vert très épais représentatif du massif et de ses sommets. On le rencontre aussi en Cors, en Savoie, dans les Pyrénées ou dans le Massif Centrale. Peu commun, il abonde dans les rares endroits où il se plaît, ne laissant pas penser au regard profane comme le notre qu'il se trouve devant un petit joyau. Son aspect de croûte, en plaque et fendu le classe dans la famille des lichens crustacés, nommés aussi incrustant car donnant l'impression d'être fusionnés à la pierre et ne pouvant s'en détacher aisément. Ils figurent parmi les organismes pionniers, capables de s'installer dans les conditions les plus dures et formant le substrat nécessaire à l'installation à toute autre forme de de vie.

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La callune commune (Calluna vulgaris) ressemble aux bruyères avec qui elle peut pousser conjointement, toujours sur des sols acides. Cependant la callune présente des fleurs aux pétales peu soudées, donnant des fleurs en étoiles, là où les bruyères présentent des pétales soudées, ressemblant à des clochettes. 

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Les myrtilles (Vaccinium myrtillus) sont là. Fruits du myrtiller, petit arbuste de la famille des Ericacées comme les bruyères et les callunes, ils figurent dans la tradition gastronomique locale. Ses fleurs rosées en forme d'outre sont caractéristiques de cette famille et attire de très nombreux pollinistateurs, animaux souvent peu communs dans les peuplements de conifères et de landes de montagne, milieux où la plante aime croître dans nos régions.

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Quelques autres plantes illuminent la montagne. De gauche à droite, on peut observer la matricaire odorante (Matricaria discoidea), espèce nord-américaine à l'odeur de pomme verte et d'ananas, le fenouil des Alpes (Meum athamanticum) au goût anisé, la linaigrette (Eriophorum sp.) aux graines munies de longues soies blanches et enfin, l'achillée millefeuilles (Achillea millefolium) aux propriétés médicinales bien connues.

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Je suis toujours heureuse d'en voir. La digitale pourpre (Digitalis purpurea) est une plante des sols calcaires, portant en elle le poids des légendes liées à la sorcellerie du Moyen Âge et surtout de la Renaissance.

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Car il ne faut pas se mentir, si la belle est si populaire, c'est pour ses propriétés toxiques, médicinales, délirogènes et surtout, son usage par les sorcières dans l'imaginaire populaire. Elle serait entrée dans la conception du baume de vol, appliqué sur les manches des balais pour partir au sabbat. En Irelande, il n'en est pas de même, les parties fleuries étant bouillies pour être transformées en encre pourpre, utilisée pour peindre des croix sur l'entrée des maisons pour éloigner le démon. Sa longue et large fleur accueille sans mal le bout d'un doit, d'où son nom scientifique de "digitalis" mais aussi de doigtier, gant-de-la-bergère, gant-de-fée, gant-de-Notre-Dame ou gantière, mettant en lumière la perception ambigue de cette espèce portant des noms parfois Saints mais associée à la magie noire. Les anglais ont la délicatesse de la nommer foxglove, ce qui signifie gant de renard.

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Sur la route pour atteindre les crêts, nous tombons sur un jeune faucon crécerelle (Falco tinnunculus), posé sur le rebords d'un petit barrage. Impassible et affairé à sa toillette, il est survolé d'une miriade d'hirondelles des fenêtres, mécontentes de la présence de ce prédateur potentiel. Il n'en est pas de même pour la famille de crécerelles que nous croisons à notre arrivée. Deux jeunes accompagnés de leurs parents s'exercent à la chasse.

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Nous nous approchons d'une mare. Dans celle-ci évolue une multitude degrenouillettes. Celle-ci, peu timide, ne tardera pas à perdre sa queue par résorbation pour devenir une grenouille adulte. Sur 100 000 oeufs, seulement 1 à 10 % donneront un adulte viable, le reste servira de nourriture pour tous les prédateurs évoluant autour et dans la pièce d'eau. Ainsi, les tétârds constituent une des bases de la chaîne alimentaire des milieux humides.

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Restons en forêt. Sous l'ombre des sapins et des épicéas, nous sommes bien. Certains arbres semblent dépéris. Sur l'un d'eux, c'est tout un écosystème qui a prit place. Un polypore marginé (Fomitopsis pinicola) exsude des gouttelettes. Celles-ci contiennent molécules fongicides et des antibactériennes. Les abeilles sauvages viennent s'en délecter, assurant ainsi une automédication efficace. Cela ne serait être suffisant au champignon, il est également exceptionnel du fait qu'il serait transporté par le bec des pics, comme ici avec le pic noir (Dryocopus martius), pour coloniser de nouveaux troncs de conifères. Les recherches sur ces sujets en sont à leurs débuts. 

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Continuons dans les baies. Deux espèces s'illustrent particulièrement bien sur les sols acides de moyenne montagne. Le framboisier (Rubus idaeus) figure parmi les arbrisseaux les plus connus pour ses fruits sucrées et légèrement acides et ses tiges peu épineuses.

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Le sureau rouge (Sambucus racemosa) est un arbuste typique de montagne et de moyenne montagne. Les grappes de drupes rouges de part leurs couleurs attirent aisément les oiseaux qui sans mal les dispersent par leurs fientes au quatre coins de la forêt. On peut consommer ses fruits en confiture ou sirop, à condition de les mélanger à hauteur de 50% avec d'autres baies. Souvent on le couple avec du sureau noir ou des mures. En pleine floraison, on le différencie des autres sureaux par les fleurs qui forment non pas de belles ombrelles blanches mais des inflorescences crèmes et/ou verdâtres de forme pyramidale. 

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C'est au milieu des champs et des vaches quand prend fin notre épopée d'une après-midi, après un passage un peu décevant à la Jasserie, ou qui du moins, ne correspondait pas aux souvenirs que nous en avions. Les sentiers sont magnifiques, nous alternons entre les boisements de conifères et les pierriers exposés au soleil et où les serpents et les lézards ont trouvé refuge. Récompense du sommet, les baies font notre goûter.

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vendredi 30 août 2019

Du marais au plateau : quelques reptiles de l'Isère.

 

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L'étang de Lemps

Il fait bon, c'est le début de l'été et la nature est en fête. Chaussures de randonnée aux pieds, nous partons en direction de l'Isère, à la limite de l'Ain pour nous offrir une matinée reptiles. Les écailleux sont plutôt du genre à aimer le soleil et cette saison est celle de leurs amours, tout autant de conditions pour espérer en croiser quelques uns.  L'an dernier j'avais pu visiter l'étang avec mes camarades de BTS lors du rallye ornitho de la LPO 38. Cette année c'est en amoureux que nous nous y rendons, ayant à coeur de faire découvrir à Thomas la joie de voir les tortues sauvages. L'étang de Lemps appartient à un ensemble constitué d'une pièce d'eau, du marais de Gâ et du bois de Burnoud. Ces entités constituent une ZNIEFF, c'est à dire une zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique. Le site n'est pas pour autant protégé ou classé, il s'agit avant tout d'une zone d'inventaire relevant des caractéristiques particulière d'un lieu sur le plan de la biodiversité (que cela soit par ses espaces ou ses espèces). Ainsi, on peut y trouver des rainettes vertes, du chat forestier, des lièvres d'Europes, des busards Saint-Martin, des hérons pourprés ou des orchidées, mais c'est bine autre chose qui ce jour là attira notre attention. Ce fût le cas notamment avec cet arbuste qui semble au premier abords anodin, l'épine-vinette (Berberis vulgaris) mais au combien fascinant. Hôte du champignon pathogène du blé, la rouille noire (Puccinia graminis), il fût systématiquement éliminé des campagnes. Heureusement on le trouve aisément sur les coteaux calcaires, dans les zones de friches ou dans le nord du pays. On peut de ce fait profiter de ses grappes de fleurs jaunes qui aurait donné le nom de Berberis à la plante de par leur forme de coquille.

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À peine arrivés nous tombons nez-à-nez avec une magnifique cistude d'Europe (Emys orbicularis), une petite tortue indigène très craintive, inféodée aux milieux aquatiques. Il s'agit ici d'une femelle, la pupille de l'oeil étant jaune. Chez les mâles elle se présente rouge.

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Sur l'étang, un radeau servant de reposoir aux canards et aux tortues. Un grand observatoire permet de les admirer en toute quiétude. Appelée également tortue boueuse, la cistude aime chasser dans les eaux palustres des étangs, des marais et des rivières envasées où la végétation est importante. C'est dans celle-ci qu'elle trouvera les poissons, les insectes et les algues dont elle se nourrie. Quand l'hiver arrive, elle s'enfonce dans la vase pour n'en ressortir que le printemps venu, s'assurant ainsi une hibernation tranquille. Quasi menacée, elle est en grande régression en particulier dans le le sud de la France. En Suisse, elle avait pratiquement disparu mais depuis 10 ans, un programme de réintroduction vise à son retour dans le pays.

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La grenouille verte (Pelophylax sp.) est une appellation qui désigne les grenouilles de cette colorie présentes en Europe. Cela comporte trois espèces distinctes : la grenouille de Lessona (Pelophylax lessonae), la grenouille rieuse (Pelophylax ridibundus) et la grenouille de Pèrez (Pelophylax perezi). Tout ce joyeux monde se reproduit, entraînant l'apparition d'hybrides fertiles, autant vous dire qu'il y a du challenge dans les identifications.

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Sous la haie, au milieu des véroniques de Perse (Veronica persica), un magnifique lézard à deux raies mâle (Lacerta bilineata). Nommé pendant fort longtemps lézard vert, la génétique et l'observation minutieuse à conduit à la distinction de deux espèces : à l'Ouest de l'Europe celui à deux raies, à l'Est le lézard vert (Lacerta viridis).

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Monsieur, chez qui la gorge est d'un bleu particulièrement vif, mord la queue de madame, signe que l'accouplement est sur le point de se produire. Cependant, un concourant arrivant à toute vitesse, la joute amoureuse prend fin pour devenir une véritable combat entre les deux rivaux se soldant par une course poursuite effrénée. Le vainqueur aura non seulement le droit de se reproduire mais aussi, de jouir du territoire. Deux à trois mois plus tard, sortirons du sable 20 à 40 bébés lézards d'1 gramme. En fonction de la température du sol et de la profondeur d'enfouissement, les oeufs donneront des mâles ou des femelles, la chaleur jouant sur le sexage de l'individu à naître.

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L'adulte atteint facilement 30 centimètres, 40 plus rarement. Les 2/3 de son corps sont composés de sa queue. Celle-ci lui sert de balancier dans ses courses, de réserve de graisse, d'apparat de séduction et en cas de danger, de leurre. Rapide, il se saisi sans mal de ses proies. Sauterelles, mouches, araignées, vers et parfois même petits mammifère, c'est un bon chasseur qui se déplace cependant bruyamment, ce qui ne va sans attirer l'attention.

DSC01997Les juvéniles, particulièrement vulnérables, on une croissance rapide ce qui leur permet dès la première année de se protéger d'un nombre important de prédateurs. Chats, rapaces (buses et circaètes), serpents (en particulier les couleuvres) ... les dangers sont nombreux.

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Pour survivre au mieux, les petits lézards verts abordent une robe différente de celle de leurs parents, marquée par deux bandes blanches qui a valu à cette espèce son nom. Dans les feuilles de lierre et des ronciers, ce juvénile semble à l'abri de toute menace et peut à loisir saisir les jeunes grillons des bois émergeant de la litière forestière. Si tout ce passe bien pour lui, il pourra se rerpduire dès l'âge de deux ans, vivre au grand maximum une quinzaine d'années et tirer à profit de ses incroyables capacités, comme celle de grimper aux arbres à l'aide de ses doigts légèrement ventousés comme ceux des geckos.

Cette visite de l'étang se termine par un peu de botanique. Les asperges des bois étant montées en fleurs, il n'est plus question d'en faire la collecte pour réaliser une délicieuse omelette, pas plus que les feuilles d'ail des ours devenues trop rêches et amères. Les pousses de tarrier ne sont pas elels aussi au menu. Bref, il faudra alors se contenter des fleurs de saison et de quelques feuilles de mélisse officinale pour l'infusion du soir.

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Le Grémil pourpre bleu (Lithospermum purpurocaeruleum) est une superbe fleur dont les graines blanches, dures et nacrées sont similaires à des perles. C'est elles qui ont donné à la plante le nom grec de Lithospernum, qui signifie littéralement semence de pierre. On le retrouve également sous une autre appellation : Buglossoides purpurocaerulea. 

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Sauvage, on le trouve de plus en plus dans les jardineries comme couvre-sol, celui-ci se plaisant à l'ombre des arbres, des lisières de forêts et des broussailles. De la famille des Boraginacées comme la bourrache et la consoude, ses fleurs naissent violines avant de terminer bleues, indiquant par cette couleur aux pollinisateurs que la plante ne dispose plus de nectar, la reproduction s'étant effectuée. Un échange de bon procédé en somme. C'est là que notre excursion du matin s'achève, mais ce n'est que pour prendre plus de hauteur sur le plateau qui surplombe une autre zone humide à quelques kilomètre de là seulement, terrain de chasse favoris des hirondelles et des rapaces.

 

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Le plateau de Larina

Nous avions pu l'an dernier le découvrir à travers une randonnée sympathique mais aussi en apprécier toute la faune. Pour 2019, pas de vipère aspic (Vipera aspis) en vue mais bien d'autres choses, à l'instar des hérons cendrés (Ardea cinerea) qui nidifient au pied du belvédère ou le vol de nos toutes premières hirondelles des rochers (Ptyonoprogne rupestris) qui ont élu domicile sur les falaises du plateau. La chance nous sourit, il fait toujours aussi beau et il y a peu de monde, deux conditions essentielles pour croiser des animaux aux heures où nous nous aventurons dans Larina, entre les vestiges d'un autre âge, les blocs de pierre couverts de fossiles et les bosquets de peupliers trembles. L'endroit est connu pour ses lièvres, ses papillons mais aussi ses orchidées qui se plaisent sur ce sol pauvre est calcaire, présentant à la fois des milieux de pelouses humides et de pelouse sèches, le rêve pour les orchidphiles.

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En parlant d'orchidées, en voici une qui ne paye pas de mine, l'orchis de l'homme-pendu (Orchis anthropophora). Son nom vient de ses fleurs au sépal beige-rosé qui évoquerait des petits hommes pendus au casque que forme les tépales, fruits de la fusion des pétales et des sépales de la plante. C'est une orchidée qui s'hybride facilement avec d'autre, donnant des rejetons stériles mais magnifiques comme l'Orchis x.spuria.

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La pulsatille rouge (Pulsatilla rubra) est une très belle fleur relativement rare qui apprécie les landes sèches, en particulier là où évolue les genêts. Typique du Massif Centrale, on ne la trouve qu'en de rares occasions ailleurs. Elle bénéficie d'une protection intégrale sur l'ex-région Rhône-Alpes. De floraison assez précoce, le plus souvent en avril, elle ne dévoile que pendant peu de temps ses pétales rouge bordeaux qui la rendent singulière.

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Les oiseaux balayent le ciel : hirondelles, martinets, milans ... tous profitent des thermiques pour prendre de l'assension et foncer sur leur proies : des insectes pour les deux premiers, des charognes pour le dernier. Au loin deux paons chantent, rendant l'instant irréel. Nous avons beau guetter sur les crêtes et les failles rocheuses, aucun rapace ne viendra à notre rencontre. Il faudra attendre notre prochaine sortie pour forcer la  chance.

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Ce jeune lézard des murailles (Podarcis muralis) est en pleine mue, portant son ancienne peau comme un chandail. Européen, il a été introduit en Amérique du Nord. Les vieux murs, les éboulis, les rochers et les souches constituent son principal habitat. Urbain on le retrouve sans peine en ville et au coeur des villages, là où la plupart de ses cousins désertent le goudron et le béton. Carnivore, il becte sans mal les papillons et leurs chenilles, les araignées, les criquets et grillons, les verres de terre et les mouches, ce qui en fait de lui un précieux auxiliaire du jardinier et qui, croquant même dans les pucerons, ne demande pas grand chose pour s'installer au jardin.Un tas de bois, quelques vieilles pierre, un bout de mur bien exposé au soleil, un tas de sable pour la ponte ... et le tour est joué. Il n'est pas rare de le voir couvert de tiques, mais ce sont les chats domestiques et les oiseaux de proies qui présentes le plus grand danger pour ce petit lézard qui n'excède que très rarement les 20 centimètres. Chez moi, dans le Dauphiné, les anciens le nomme la larmuze / la larmuse, surnom que je ne lui connaissais pas. Polymorphe, il peut parfois être confondu avec d'autres lézards plus rares et plus discrets comme le lézard des souches (Lacerta agilis) ou les jeunes lézards verts (Lacerta viridis). Protégé partout en France, on est tout de même parfois tenté enfant de le courser pour le voir abandonner sa queue. Grave erreur, car non seulement cela porte atteinte à l'animal en l'effarouchant, mais cela conduit aussi l'animal à se séparer d'une précieuse réserve de graisse et d'un atout majeur de séducation utilisé dans la recherche d'un partenaire, réduisant ainsi ses chances de se reproduire.

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Des papillons ? Pas tous. L'ascalaphe soufré (Libelloides coccajus) à droite appartient à l'ordre des névroptères, constitué de familles d'insectes les pour la plus part étranges et surprenants comme les mantispes. Ici on a un véritable croisement entre une libellule et un papillon, ce qui donne un redoutable prédateur aux ailes colorées.

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Le flambé (Iphiclides podalirius) est un véritable papillon. On le reconnaît à ses grandes ailles zébrées et à ses ocelles orangées.Sur celui-ci elles sont abondantes, sans doute ont elles finis dans le ventre d'un oiseau gourmand. Il vole de mars à septembre, et trois générations peuvent émerger en une seule année. La femelle pont ses oeufs sur les arbustes de la famille des rosacés, en particulier les prunelliers, cerisiers et autres aubépines. On y observe alors de jeunes chenilles noirs devenir peu à peu vertes au fil de leur croissance, se fondant dans le feuillage qu'elles dévorent.

Escapade terminée, retour sur Lyon, la routine de la ville mais aussi, le bonheur de faire le travail que nous aimons. C'est toujours un plaisir de découvrir de nouvelles espèces, de ce dire qu'elles sont à portée de main et que la patience et un brin de chance suffisent à les approcher d'un peu plus près. Depuis Larina et l'étang de Lemps, nous nous sommes équipés en matériel, et sans être de véritables naturalistes, nous avons la prétention de nous en approcher peu à peu chaque jours afin d'en devenir de véritables.

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vendredi 16 août 2019

Sortie en campagne 12.

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Escapade sur l'ENS (Espace Naturel Sensible) de Montagny, à la recherche des reptiles et des rapaces. Il fait chaud, trop chaud, le soleil nous brûle la couenne et nous nous précipitons sous le peu d'ombre que nous trouvons. Pas un promeneur, nous sommes seuls pour chercher les animaux et les fleurs du bocage. L'objectif de la journée est de mettre la main sur quelques unes des espèces remarquables et emblématiques du site. Déjà nous sommes chanceux en croisant notre tout premier gobe-mouche gris (Muscicapa striata) et un très gros ragondin (Myocastor coypus), signe que nous ne sommes pas seuls à arpenter les sentiers et les haies champêtres. De grandes formations rocheuses ponctues ça et là le paysage, ce sont tout autant de refuges pour les animaux en mal de fraîcheur. Cependant elles ont bien d'autre fonctions pour ces derniers.

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Sous un gros bloc de pierre, se trouve une oothèque, une ponte de mante religieuse (Mantis religiosa) semblable à un panier d'osier dans lequel la mante aurait déposé ses oeufs. Redoutable prédatrice, on l'a dit ravisseuse en raison de ses pattes avant repliées sur elles-mêmes et que l'insecte déploie pour saisir dans leur course les rampants et autres abeilles, mouches et papillons ayant l'imprudence de passer un peu trop près d'elle.

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L'orchis bouffon (Anacamtpis morio) peuple les prairies humides de Montagny. Cette orchidée y est protégée et se plaît dans les champs de fauche où souvent, elle passe à trépas avant d'avoir pu mener à maturité ses graines. Cependant on ne saurait trop vite blâmer l'agriculteur qui travaille sa parcelle, cette action maintenant le milieu pauvre en limitant l'ajout de matière organique dans le sol, chose essentiel pour notre orchidée qui ce fait absente dans des milieux trop riches même si elle semble tolérante sur certains substrats amendés.

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Pas de serpents en vue hélas, mais un oeuf caché dans les hautes herbes ! Suspecté d'être celui d'une couleuvre verte et jaune (Hierophis viridiflavus), une espèce appréciant les broussailles et les zones ensoleillées, ce qui correspond tout à fait à là où nous nous trouvons.

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Le couleuvreau à fendu la membrane souple de son oeuf et a pu ainsi débuter sa vie de serpent. C'est un animal fascinant, pas venimeux pour un sous mais gourmand qui se nourrie en premier lieu de lézards mais qui ajoute également à la carte de son menu des oisillons, des poissons, des amphibiens, des rongeurs et d'autres serpents qu'elle va avaler d'un coup d'un seul, à l'exeption des plus grosses proies qu'elle tue par constriction. Intégralement protégée, elle souffre aujourd'hui encore de la méconnaissance dont elle fait l'objet et fini parfois sous les coups d'un balai ou d'un bâton. Le trafic routier, l'agriculture intensive et l'urbanisation sont bien d'autres facteurs impactant cette espèce qui semble malgré tout réussir à se maintenir tant bien que mal, en particulier à proximité des zones humides car, outre le fait d'être discrète, la belle est une excellente nageuse.

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Méfiance, les tiques (Ixodida) sont particulièrement actives cette année. Chaussures hautes, grandes chaussettes et bas de pantalons fermés, ce ne sont là que quelques uns des recours pour limiter les piqûres. Véhiculant de terribles maladies comme celle de Lyme, un mal encore mal détecté et mal connue, nous traquons chaque centimètre de notre peau quand nous revenons de sortie. Ici il s'agirait d'une tique du sanglier.

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Le lézard des murailles (Podarcis muralis) peut lui aussi être victime des tiques et il n'est pas rare d'en découvrir 5 ou 6 sur un même individu. Ici il s'agit d'un beau mâle en apparat de séduction, reconnaissable à son ventre orange, signe de sa bonne santé.

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Confortablement installé sur son rocher, il défend ardemment son territoire, ne supportant la présence de concurrents convoitant la même partenaire. Le reste du temps, il s'adonne à la chasse d'araignées, de criquets, de vers et de mouches, le rendant fort utile pour tout jardinier ayant pris le soin d'installer dans son jardin un muret en pierres sèches. Ces principaux prédateurs naturels sont les couleuvres et les oiseaux tel le circaète Jean-le-blanc  (Circaetus gallicus). En milieu urbain et dans les zones rurales habitées densément, les chats domestiques sont la principale cause de mortalité des lézards des murailles.

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Le genêt à balais (Cytisus scoparius) est un arbuste à l'éblouissante floraison jaune. Il tient son nom de son utilisation ancestrale comme balais pour nettoyer les sols de terre battue. Il était alors vu comme un outil de magie noire, celui des sorcières en opposition au balais de bouleau blanc sur lequel ces dernières ne pourraient monter pour se rendre au sabbat. Toxique et abortif, sa mauvaise réputation pourrait venir de ces deux propriétés.

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Dans les bordures, au pied des haies, milles trésors s'animent. Un nid de guêpe sur une ronce commune, les fleurs d'une grande berce, un bouquet de renoncules ... voilà de quoi faire briller les yeux de bien des amoureux de la nature. La saison est idéal pour s'adonner à l'ornithologie et à la botanique, car tout dans le printemps invite à la découverte : l'herbe est encore verte, les oiseaux chantent dans les arbres et les insectes butinent gaiement.

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L'Aurore (Anthocharis cardamines) est un très beau papillon inféodé à la cardamine des près (Cardamine pratensis), plante sur laquelle les deux individus s'accouplant se trouvent. Pour différencier le mâle de la femelle rien de plus simple, ce dernier est le seul à porter sur le dessus de sa première paire d'ailes deux grandes tâches orangées. Non sélective, la chenille peut tout aussi bien se nourrir de cardamine que d'alliaire (Alliaria petiolata).

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La stellaire holostée (Stellaria holostea) adore les talus où elle peut y former de grands tapis blancs. Grêle, ses tiges évoquent des articulations, d'où son utilisation dans la théorie des signatures pour soigner les problèmes osseux. La médecine et la science ont depuis exclue cette espèce des soins, sa ressemblance n'allant pas au-delà de la forme. On lui donne aussi le nom de langue d'oiseau en raison de ses longues feuilles.

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Le lièvre d'Europe (Lepus europaeus) et le lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) cohabitent joyeusement à Montagny, bien qu'ils ne partagent pas exactement la même écologie. Le lièvre aime les steppes, un milieux pratiquement disparue France. Il se rabat de ce fait sur d'autres milieux ouverts comme les prairies et les champs cultivés.

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Le lapin pour sa part aime les talus sur les terrains secs à la terre meuble, bordés de haies touffues, talus dans lesquels il creuse son terrier qu'il tapisse d'herbes sèches. En fonction de la saison et des bonnes conditions, jusqu'à 12 petits peuvent y voir le jour et cela, 3 à 5 fois dans l'année. Discret, il a bien manqué de disparaître suite à l'introduction en différents points de la myxomatose en 1952, fruit de l'intiative personnelle d'un médecin soutenue par la suite par les instances de l'Etat, et conduisant à la mort en trois ans de 95 à 98 % de ses effectifs. Aujourd'hui le lapin de garenne a bien du mal à s'en remettre et les réintroductions n'étant que peu fructueuses à l'heure actuelle.

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Un lapin ? Non, un ragondin (Myocastor coypus! Dodu, ce gros mâle remonte un petit ruisseau traversant un champ. Le ragondin n'est pas une espèce originaire de chez nous. Américain, il est arrivé en France par la mise en place de fermes à fourrures. Certains individus dégourdis réussirent à s'échapper et s'installèrent chez nous. Sa présence fait débat. Piégé pour les dégâts qu'il occasionne, certaines études tendraient à montrer que son impact est limité quand d'autres le pointe comme une des causes du déclin des berges et de la faune y étant associée.

Fin de la marche, aujourd'hui nous avons trouvé bien des trésors ! J'aime ces sorties qui se font dans la douceur de l'après-midi, quand la chaleur n'est pas encore trop vive et que les animaux pointent sans mal le bout de leur museau à la proche du soir. Les oiseaux chantent à plein poumons, pressés de se reproduire et les lézards se dorent sur les pierres des vieux murets bordant les chemins de campagne que nous empruntons. Le paradis.

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mardi 19 février 2019

Retour sur la côte méditerranéenne.

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L'hiver a débuté en douceur dans le sud de la France. Les bords de mer sont calmes, peu de monde flâne le long de l'eau, nous errons dans la ville avant de finir sur le rivage. Les goélands leucophés (Larius michaheliis) sont les rois de la plage à cette heure. Ils ont été récemment dissociés de leurs cousins les goélands argentés (Larius argentatus) dont les pattes sont roses. De ce fait, nos voisins anglais le nomment goéland aux pattes jaunes. C'est un grand oiseau avec une envergure maximale de 160 centimètres et dont le vol est similaire à celui des rapaces, se laissant porter par les vents et pouvant se reconnaître dans les airs à son battement d'ailes lent. Ce ne serait être la seule espèce remarquable qu'il est possible de voir en cette saison aux abords de Marseille et plus globalement dans le sud de la France. En effet bien d'autres bestioles nous ont fait le plaisir de pointer le bout de leur nez ou de leur bec. Parmi celles-ci, on compte le rouge-gorge familier (Erithacus rubecula). Bien qu'il soit commun, on oublie souvent à quel point il peut-être fascinant.

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Chez notre ami le rouge-gorge, mâle comme femelle chantent. Cela tient au fait que l'oiseau est très territorial, quelque soit son sexe, ce qui lui demande de faire savoir à ses congénères qu'il est là et que son domaine s'étant jusqu'ici. Peu farouche, on le rencontre en sous-bois, dans les milieux ouverts et au jardin où on peut le voir se nourrir à la belle saison d'insectes. Quand les invertébrés viennent à manquer, il se tourne vers les baies et les graines.

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Le romarin officinal (Rosmarinus officinalis) est en fleurs. Son nom scientifique, tiré du latin, est des plus poétiques puisqu'il signifie "rosée de la mer". Caractéristique des sols secs et calcaires du sud de la France qui composent la garrigue, il est une source non négligeable de nourriture pour les pollinisateurs hivernaux comme certaines abeilles ou syrphes. D'ailleurs, le miel de romarin est très réputé pour ses qualités gustatives et médicinales.

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Celui-ci provient du parc des Bruyères, une des nombreuses portes d'entrée sur les Calanques. Sa présence dans un parc nationnal interdit toute cueillette même s'il est abondant et apprécié en cuisine méditerranéenne pour parfumer les plats. Parmi les plantes présentes on trouve de nombreuses essences réputées pour leur parfum, leur floraison précoce mais aussi pour le fait qu'elles sont spécifiques à la région. En résulte un tableau bucolique digne du roman "La gloire de mon père" où les lianes et les buissons épineux s'entremêlent sur fond de roche blanche.

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L'ajonc de Provence (Ulex parviflorus) surprend le promeneur. Outre sa jolie floraison jaune au coeur de l'hiver, il dégage une puissante odeur de noix de coco qui ne laisse personne indifférent. Ce buisson épineux était employé comme barrière impénétrable pour cloisonner les zones de pâture et protéger les habitations des maraudeurs.

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On dissocie deux sous espèces, Ulex parviflorus subsp. funkii typique de l'Afrique du Nord et du sud de l'Espagne, et Ulex parviflorus subsp. parviflorus courant dans nos régions. Cet ajonc appartient à la famille des légumineuses au même titre que les pois ou les haricots. Il était et est encore parfois broyé comme fourrage pour le bétail. Souvent confondu avec le genêt, il se différencie de celui-ci de par son arsenal  défensif et la non toxicité de son bois et de ses fruits. On trouve de nombreuses espèces proches sur le territoire comme l'ajonc d'Europe (Ulex europaeus) et sa sous-espèce l'ajonc maritime (Ulex europaeus subsp. maritimus) typique quant à lui du massif armoricain.

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Pour rester dans la thématique Pagnol, voici la clématite brûlante (Clematis flammula) nommée aussi clématite flammette. Elle est proche de la clématite des haies (Clematis vitalba) mais s'en distingue par ses folioles dentées et sa préférence marquée pour les littoraux et les zones de basse altitude (0 à 600 mètres). Autrefois elle était fumée tel un cigare par les enfants pour imiter les plus grand. On peut l'utiliser aussi comme allume feu.

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Les chenilles processionnaires (Thaumetopoea pityocampa) ont pris possession des pins. Issues d'un tout petit papillon de nuit blanc à la durée de vie éphémère : pas plus d'une nuit, les chenilles vivent en groupe dans un cocon commun d'où elles sortent la nuit pour se nourrir des aiguilles du conifère sur lequel elles vivent. De juin à septembre les papillons déposent jusqu'à 320 oeufs sur l'arbre hôte. Six semaines plus tard les chenilles en émergent, crées leur cocon et se mettent à table. Entre février et mars elles descendent de leur arbre, s'enfouissent dans le sol et se mettent en nymphose. À partir de juin les papillons émergent de la terre et cherchent un partenaire puis les femelles pondent sur les arbres et le cycle peut recommencer.

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Passage par la plantation d'oliviers (Olea europaea var. europaea). La taille ne devrait pas tarder, celle-ci est nécessaire s'il on souhaite obtenir une fructification importante en favorisant les branches les plus solides et les mieux portantes. Dans le coin on peut également rencontrer l'olivier sauvage (Olea  europaea var. sylvestris), nommé aussi oléastre et dont la présence dans le sud daterait de - 8000 ans avant notre ère.

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La globulaire buissonnante (Globularia alypum) est un arbrisseau petit et dense aux fleurs touffues bleues aux étamines et pétales abondants. Courant sur tout le pourtour méditerranéen, elle pousse en touffes isolées.

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Médicinale, elle était employée comme panacée en Méditerranée sous forme d'infusion ou de teinture mère, en particulier pour soigner les problèmes liés au diabète en permettant après usage une libération accrue d'insuline. Antiseptique, cicatrisante, astringente et anti-fongique, sa consommation doit être encadrée et pour cause, elle peut aussi causer des vomissements, de l'exitation et des troubles nerveux. Son nom scientifique "Alypon" est tiré du grec et rend hommage à son usage populaire, le terme signifiant "qui soigne". Ses fruits (des akènes) sont dits épizoochores, c'est à dire qu'ils utilisent le plumage ou le pelage des animaux pour se disperser aux quatre vents grâce à leurs déplacements. On parle alors plus généralement de zoochorie.

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La tarente de Mauritanie (Tarentola mauritanica) est un petit gecko méditerranéen aux moeurs nocturnes. On la rencontre sous les végétaux, dans les broussailles, dans les amas de pierres, sur les façades ensoleillées et sur les toits bien exposés. Chasseresse, elle se nourrie de larves et d'insectes cachés dans la végétation ou les failles de la roche. Elle peut même se nourrir de jeunes reptiles dont des juvéniles de son espèce si sa taille lui permet.

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L'hiver, elle hiberne à demi-enfouie dans le sol ou la végétation, hémergeant quand le soleil se présente. L'été, elle sort la nuit et devient active à partir d'une température dépassant les 20°C. Avec l'emballement du climat, elle tend à remonter depuis le sud jusqu'à Lyon en passant par la vallée du Rhône. De ce fait, des prospections à la recherche de ce petit reptil rare et protégé sont organisées pour établir une cartographie de sa population. 

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Comme chaque année, la bruyère multiflore (Erica multiflora) nous émerveille. Des millions de clochettes roses colorent les collines et donnent au paysage des reflets dignes d'un couché de soleil. À savoir, c'est une des rares espèces de bruyères à tolérer les sols calcaires.

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Elle s'ajoute aussi la la liste des espèces méllifères présentées ici. Elle fait le bonheur de nombreux insectes de part sa longue floraison durant parfois plus de 5 mois. Bien que se développant en méditerranée, c'est une plante robuste qui peut résister à des températures frôlant le -10°C. Elle fait également fi des sécheresses prolongées ce qui lui a valu une belle place dans de nombreux jardins. Cependant, s'il on veut profiter de ses fleurs incroyables tout en gardant un joli buisson, la taille ne devra intervenir qu'à la floraison passée. De toute façon cette bruyère ne dépasse pas les 80 cm de haut et possède par nature un port harmonieux et ne nécessite de ce fait que très peu d'interventions. Facile de cullture quand le climat et la nature du sol s'y prêtent, on peut aussi bien la semer, la marcotter, la bouturer ou repiquer ses rejets printaniers.

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Toujours depuis le parc des Bruyères (et dont désormais vous pouvez avoir une idée d'où il tire son nom), le paysage s'ouvre à nous. La Bonne Mère figure comme un point culminant au-dessus de la ville de Marseille tandis que la mer se dessine en arrière plan.  Au-dessus des falaises et éboulis calcaires du premier plan, un faucon crécerelle femelle (Falco tinnunculus) qui se différencie du mâle à l'absence de plumes gris-bleuté sur la tête, s'adonne à sa chasse quotidienne. Tout inspire le calme et la tranquillité dans ce parc, où seul le silence est rompu par l'abboyement des chiens des promeneurs, les cris des enfants et les halètements des coureurs.

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Retour à la maison, avec un petit passage obligé par le massif des Alpilles. Son point culminant se trouve au sommet des Opies, à 498 mètres d'altitudes, bien loin de la pointe des Alpes culminant à 4809 mètres d'altitudes.

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Surprise pendant notre ascension, un joyeux troupeau de chèvres naines nous accompagne. Agiles, elles escaladent les falaises nous distansant sans mal pour rejoindre le sommet. Par endroit nous employons des gaudres, petits ruisseaux typiques de la régions souvent à sec. Leur lit nous sert de sentier pour rejoindre le chemin balisé. Pendant notre visite nous avons également l'occasion de croiser de nombreux grimpeurs attirés par les parois rocheuses abruptes. C'est là aussi que le grand duc (Bubo bubo) à pour habitude de prendre ses quartiers mais pas de traces ce jour là du bel oiseau de nuit. La cohabitation entre hommes et rapaces nocturnes est difficile et souvent les activités de loisir font fuir les animaux nichant sur le massif. C'est sur cette pensée que notre périple prend fin ... enfin presque, car c'est sans compter sur notre petit tour par la Camargue. Suite au prochain billet !

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