lundi 9 novembre 2020

Sortie en montagne 31 : Explorer le Pilat.

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Cette fois-ci je ne suis pas de la partie. En arrêt pour pas mal de temps, c'est mon bien-aimé qui a prit la route pour se dégourdir les jambes et prendre un grand bol d'air frais. Le voilà donc sur la route, direction la Loire et plus particulièrement le sommet du Pilat.

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Camus écrivait "L'automne est un deuxième printemps où chaque feuille est une fleur". On ne peut que lui donner raison quand on regarde le paysage. Les poacées, appelées anciennement graminées, longe les routes et les chemins, bruyssant au passage des randonneurs. En fermant les yeux je m'imagine passer les doigts dans les herbes folles jaunies de fin de saison.

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Parmi les plantes à fleurs que l'on retrouve sur le massif du pilat, on peut nommer la callune (Calluna vulgaris) qui, bien souvent, est confondue avec la bruyère. Pour la distinguer on regardera attentivement ses fleurs pour remarquer que les pétales ne sont pas soudés, et ses feuilles sont divisées, chose absente chez les bruyères. La callune est une espèce hôte de nobreux papillons et une ressource alimentaire pour les animaux sauvages l'hiver.

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Typique des sols acides, de nature ensolleilée et bien draînée, elle est souvent consommée par les moutons dans les pâturages. Sur le Pilat, les troupeaux ll'incorpore à leur alimentation automnale avec la fougère aigle (par parsimonie pour cette dernière). Au printemps ce sont els jeunes pousses d'herbes fraîches qui sont particulièrement appréciées par les brebis, pendant l'été les feuillages et l'hiver, c'est le foin qui domine.

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C'est dans les parterres de bruyères que les orthoptères s'adonnent à leurs chants et leurs amours. Cela ne va pas sans faire écho à notre sortie détermination publiée il y a quelques temsp sur le blog. Ici nous avons  un criquet, facilement identifiable à ses antennes courte et à son abdomen fin. Cependant il sera peu aisé de l'identifier, une manipulation en main et/ou des photos précises étant essentielles pour bien le nommer.

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Les sauterelles de leur côté sont le plus souvent massives (mais pas toujours) avec des antennes bien plus longues que le corps ou de taille équivalante. Ici il pourrait, peut être, s'agire de la dectique verrucivore (Decticus verrucivorus). Son nom de verucivore vient de l'utilisation passée et supposée de l'insecte pour détruire les verrues en utilisant ss mandibules. Les mâles aiment se mettre au soleil pour chanter, ce que l'on observe ici.

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Le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) se plaît tout particulièrement sur le Pilat, dont les sols acides sont tout à fait adaptés à l'espèce. Ses baies orangées sont très appétantes pour les oiseaux, tant est si bien qu'elles ont en mené bon nombre à leur perte. Les oiseleurs, chasseurs de petits oiseaux pour la compagnie, les utilisaient pour attirer les chardonnerets et autres grives dans leurs filets pour les consommer ou les revendre.

DSCN5387Le sommet approche. Les promeneurs y sont nombreux, au point de contraindre certains à faire un détour, mesures Covid obligent. L'air est doux, le soleil haut et les nuages abondants. Cependant il n'est pas trop compliqué de distinguer les sommets des Alpes ainsi que la plaine de Saint Etienne et Lyon au loin. Sur cette dernière question il n'y a pas de mystères, nous préférons mille fois mieux la vue des cimes que celle de la métropole. Depuis notre déménagement et hormis pour le travail, nous n'avons mis les pieds en ville qu'à de rares occasions, nous confortant dans notre choix de nous éloigner peu à peu du tissu urbain. Si les usines et les grands axes routiers s'offrent à nos yeux depuis nos fenêtre, nous pouvons profiter désormais quand le temps le permet, d'une jolie vue sur le Mont Blanc, nous apportant un peu de poésie. Pour autant, nous ne pouvons rivaliser avec le panorama de somemt du Pilat.

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Pointe de la Crête de la Pérdrix, villages, sommet du Mont Blanc, nuages s'étirants à perte de vue ... ce sont là quelques unes des images qu'il est possible de garder en mémoire. Comble su spectacle, il est courant d'observer des faucons crécerelles (Falco tinnunculus) et leur progéniture chasser au-dessus des pâtures où il est tout aussi facile de voir les brebis accompagnées de patous brouter les herbes tendres.

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Dans les pierres et les éboulis, un oiseau est roi. C'est le rouge-queue noir (Phoenicurus ochruros),agile petit passereau présent aussi bien en montagne qu'en ville. La femelle est plutôt grise là où le mâle présente un plumage noir marqué, mais tout deux partagent une queue et un croupion roux qui vaut à l'espèce son nom. Insectivore, il chasse ses proies le plus souvent au sol, parmi les pierres ou sur les murs des bâtiments où il niche.

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Il est là ... et il n'est plus là. C'est un oiseau migrateur qui de plus en plus, prend l'habitude de rester ici l'hiver. S'il est vrai que les températures sont douces, ce n'est pas pour autant que les insectes sont abondants, loin et là. Les individus faisant ce choix se retrouvent à l'arrivé du printemps bien faibles si ce n'est morts, et sont incapables pour les survivants de faire face à ceux revenant d'Afrique qui sont bien plus fringuants malgré les kilomètres.

DSCN5397 Les chirats sont une autre des spécificités du Pilat. Il s'agit du nom local donné aux éboulis et aux coulées de rochers. Ces pierriers abirtent une faune et une flore remarquables bien que peu d'espèces soient présentes, en particulier quand il s'agit des lichens. Cette formation géologique qui ne se retrouve que que sur les pends ouest du massif central et de l'autre côté de l'Atlantique, dans les Appalaches.

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Relatives jeunes aux vues des temps géologiques, les chirats sont le fruit des dernières glaciations ayant eu lieu il y a 100 000 à 10 000 ans de cela. Ils se sont formés sous l'action du froid, faisant literrelament éclater la roche enblocs de plus petite taille nommés des gneiss.

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Le Pilat recèle d'une grande variabilités d'autres habitats. Parmi ceux-ci on peut compter sur les forêts de hêtres, les landes à callunes, de landes à joncs nains, les lisisères à fougères aigles ou encore de prairies rases qui sont des milieux rares/patrimoniaux pour la plupart. Cette diversité est précieuse car elle permet d'observer des espèces en régression telles que les serpents ou certains rapaces qui tirent profits de ces milieux pout chasser..

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Voilà un bien drôle de taxi. Il s'agit d'un des 3 bousiers européens, appelé scarabé demi-ponctué (Scarabaeus semipunctatus) aux reflets bleutés. Sous son ventre, une multitude d'acariens sont logés. Peut être trouvent-t-ils là de quoi se nourrir et/ou de quoi se déplacer, à la manière des remoras qui se collent aux requins et aux grands cétacés pour parcourir de grandes distances et parfois, profiter du reste de leur repas.

Et voilo, le soleil se couche déjà - nous ne nous doutions pas à l'époque qu'il ne serait bientôt plus possible de faire des sorties pour un mois, peut être plus. L'épisode Covid-2 s'annonce, nous nous parrons en explorons notre kilomètre réglementaire et en laissant la longue vue à la fenêtre. De là, et sans pour autant voir le Rhône, nous avons la chance d'apperçevoir les oiseaux des milieux auquatiques passer au-dessus de la raffinerie.

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vendredi 2 octobre 2020

Sortie en campagne 17 : identifier les criquets.

DSCN5444Les pelouses sont complétement grillées. Il y aurai de quoi s'inquiéter mais ce n'est pas complétement anormale pour la saison, hormis que cela arrive bien plus tôt que d'ordinaire. Ce jour là, c'est dans les herbes dorées que nous posons nos sacs. L'objectif de la journée : identifier les criquets de la campagne dans laquelle nous nous trouvons, celle d'Irigny. Boîte loupe et guide de détermination en main, nous nous lançons à la chasse aux orthoptères. Il faut à la fois être vivace pour saisir les insectes mais aussi délicats pour ne pas briser leurs pattes fragiles et ne pas froisser leurs fines ailes. Par chance, le soleil n'est pas trop fort et nous arrivons à trouver un peu de frais. Le travail entâmé, nous nous aperçeverons que nous ne serons pas trop de trois pour nous lancer dans les identifications. Pour nous aider, nous utilisons le "Cahier d'dentification des orthoptères de France, Belgique, Luxembourg et Suisse" de Yoan et Eric Sardet (pau en 2015). Pour les espèces, elles peuvent être toutes retrouvées ICI.

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Les Orthoptères :

Les orthoptères (Orthoptera) sont un ordre qui regroupe le sous-ordre des Caelifères (Caelifera) qui comporte les criquets, et le sous-ordre des Ensifères (Ensifera) à laquelle se rattachent les grillons et les sauterelles. Dans le monde on compte 22 000 espèces et sous-espèces d'ortohptères dont 220 sont présentes en France. Pour notre identification nous nous sommes concentrées sur les criquets et les sauterelles.

DSCN5443Reconnaître les criquets :

Ils se reconnaissent à leurs antennes courtes, souvent épaisses et multiarticulées, c'est à dire composées de plusieurs ségements. Ils vont se montrer aussi bien solitaires que grégaires, chacun de ces deux comportements pouvant transformer morphologiquement l'insecte (forme, couleur, taille des ailes etc.). Les mâles chantent pour défendre un territoire et attirer les femelles. Ces dernières peuvent à leur tour répondre de manière sonore pour indiquer aux mâles qu'elles acceptent l'accouplement. Question régime alimentaire, toutes les espèces de criquets sont phytophages, c'est à dire se nourrissant de végétaux.

DSCN5422Reconnaître les sauterelles :

Elles se reconnaissent à leurs antennes fines et aussi longues ou plus longues que leur corps. De moeurs solitaires, seuls les mâles chantent pour appeler les femelles à la saison de reproduction. Pour cela, ils utilisent leurs élytres (ailes rigides protégeant les ailes de vol) l'une contre l'autre, là où les criquets pour stritueller (verbe tiré du chant des orthoptères, la stridulation) vont plutôt utiliser leurs fémurs de leurs pattes arrières en les frottant sur leurs élytres pour produire un son. Les sauterelles sont omnivores, avec un penchant plus marqué pour les protéines animales. Certains criquets peuvent devenir leur proie.

DSCN5452Reconnaître les mantes religieuses :

Les mantes religieuses ne font pas parties de l'ordre des orthoptères mais de celui des Mantoptères (Mantodea) et de la famille des Mantidées (Mantidae). Elles se reconnaissent à leurs pattes avant pliées. Applées ravisseuses, elles leur permettent d'attraper leurs proies qu'elles saisient le plus souvent quand celles-ci sont en plein vol. Patientes, elles chassent en affût, dans la végétation. Selon le milieu où elles vivent elles peuvent être vertes, brunes, orangées et parfois même légérement violacées. Cette espèce fait partie des 8 présentes sur le territoire français et des 2500 que l'on trouve dans le monde.

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Première étape : la capture.

Hop nous voilà partis à attrapper les criquets. Les herbes hautes, les lisières, les bords de ruisseaux ou les fondsassèchés des rivières sont autant d'endroits où il est possible de les trouver. Nous nous concentrons ce jour là sur une parcelle n friche qui n'est plus en culture depuis 2017 et qui est attenante à la forêt du fort. Elle figure d'ecotone, une zone riche en biodiversité car à la confluence de deux milieux naturels différents.

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Le Criquet blafard (Euchorthippus elegantulus) :

C'est le premier sur lequel nous mettons la main. L'espèce se caractérise par sa couleur beige même s'il exite une grande variabilité entre individus, certains tirants sur le brun ou le vert. Nous tombons essentiellement sur des femelles que nou reconnaissons à la loupe. Pour avoir tous les critères de reconnaissance de l'espèce c'est par ICI. De taille moyenne, entre 14 et 26 mm, on le trouve de mai à novembre dans les milieux herbeux, de préférences chauds et bien exposé, jusqu'aux limites de l'étage montagnard (1500 m d'altitude).

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Le Caloptène italien (Calliptamus italicus) :

C'est l'une des espèces les plus communes en France. Ce criquet brun et massif possède de jolies ailes rouges protégées par des élytres mouchetées de noir. Les mâles mesures 15 à 23 mm tandis que les femelles, bien plus grandes, sont comprises entre 23 et 34 mm. S'adaptant à une grande variété d'haitats, il aime particulièrement la chaleur. Il n'est pas simple à attrapper mais le grand nombre d'individu permet de faire quelques jolies prises. Là aussi, nous ne trouvons que des femelles, reconnaissables à l'absence du pallium saillant, un organe présent chez les mâles à l'arrière de l'abdomen. Elles sont aussi démunies de cerques en forme de pince.

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Sa colorie lui permet aisément de se dissimuler dans la végétation. En cas de danger il déploie ses ailes colorées et d'un bond peut s'envoler à l'autre bout de la parcelle. La couleur vive couplée au saut vif eut entraîner chez certains prédateurs un état de surprise pendant un quart de seconde, laissant alors le temps au criquet de s'échapper. Hélas cela ne marche pas à tous les coups, en particulier quand il s'agit des pettis rapaces à l'affût.

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Les prédateurs des criquets :

Ce jour là nous en croiserons quelques uns. Mantes, rapaces, passereaux, lézards, échassiers, araignées ... la liste est longue comme mon bras. Néanmoins en cette fin de saison ils sont moins nombreux, certains ne s'attaquant qu'aux larves tandis que d'autres sont déjà partis en migration. Reste alors les gros insectes et les vertébrés qui sont décidés à passer l'hiver ici. En voici trois que j'aime tout particulièrement.

DSCN5426 (2)Le faucon crécerelle (Falco tinnunculus) :

Deux juvéniles sont posés sur le câble éléctrique qui nous surplombe. Souhaitons leur bonne chance car nombreux sont les jeunes rapaces à ne pas passer la première année. Même si l'espèce favorise les petites rongeurs comme les campagnoles et les mulots, elle ne dédaigne pas se rabattre sur d'autres proies comme des oiseaux, des lézards ou de gros insectes dont font partis les orthopthères. La capture se fait le plus souvent au sol parmi les herbes. Les criquets sont directement capturés au bec. L'entièreté de l'insecte est consommé à l'exception des aileset des parties dures.

DSCN5475Le faisan de Colchide (Phasianus colchicus) :

Ce superbe faisan de Colchide est issu d'un lâché d'élevage. Les belles couleurs de son plumage sont un critère de selection dans le cadre des chasses. Personnelement je suis assez opposée à cette pratique. Si les adultes sont plutôt granivores, ils ne dédaignent pas se nourrir de temps à autre de gros invertébrés. Les jeunes vont essentiellement se nourrir d'insectes dont de jeunes criquets qui sont alors peu habilles au vol et saut. Ces proies faciles apportent toutes les protéines dont ont besoin les faisandeaux, les petits du faisan. Sur la zone agricole nous avons pu en suivre.

DSCN5436La mante religieuse (Mantis religoiosa) :

C'est une redoutable prédatrice qui est capable d'attrapper des insectes aussi gros qu'elle. Pour se faire elle les saisie avec ces pattes avant, les ravisseuses qu'elle tient replié le reste du temps comme si elle priait, d'où son nom de religieuse. On l'appelle aussi parfois tigre des herbes pour faire référence à son ppétit et à sa capacité à se fondre dans le décors pour attraper ses proies à l'affût. Ce jour là nous ne trouvons que des femelles à l'abdomen gonflé d'oeufs. Elles les pondront très prochainement dans une oothèque. Il s'agit une coque organique que fabriques également les blattes.

Les mantes sont des animaux très fragiles et particulièrement bien adaptés à leur environnement ce qui les rend parfois un peu dur à trouver, surtout quand elles sont immobiles. Il est préférable de ne les manipuler qu'avec une grande délicatesse pour ne pas abimer leur abdomen ou froisser leurs ailes délicates.

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C'est toujours pour moi un émerveillement de tomber sur des mantes, que ce soit il y a deux ans au pet du loup, à la fin de l'été avec les mantes cachées dans les cagettes de légumes du marcher ou rentrant par la fenêtre ou en promenade. Cela me rappel à mes souvenirs de vendange, les ballade dans les Callanques ou encore, de wwoofing où les empuses avaient été une véritable découverte pour moi et m'avait provoqué une vive émotion.

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Avec les pluies et les gelées, les femelles et les mâles ayant survécus aux amours ne tarderont pas à mourir. En effet la mante est connue pour vivre un peu moins d'une année et les mâles, pour servir de nourriture à leurs belles pendant ou après les ébats amoureux. Dans les faits, 1/3 à 2/3 des reproducteurs arrivent à survivre en s'échappant ou en choisissant de s'accoupler à une femelle ayant déjà le ventre bien plein. Ouf !

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L'automne est vraiment là ! Kiwis, courges, potimarrons, raisins, mures et pommes, les cultures sont remplies de fruits et de légumes de fin de saison. Attirants plus la convoitise des humains que des animaux, ils sont protégés par de hauts grillages pour éviter toute forme de pillages. Arriver le matin devant un rang entièrement vidé pendant la nuit reste quelque chose de profondément démoralisant et d'injuste quand on pense au travail investi.

Désormais je me troune vers une autre identification, celle des champignons ! D'ailleurs je serai dans l'équipe organisatrice du grand forum Mycodrium destiné à la nature, aux champignons, à la gastronomie et à l'agro-écologie. Vous pourrez en retrouver toutes les conférences et sorties sur youtube sur la chaîne Ver de Terre Production le 9 octobre (ICI), le 10 octobre (ICI) et le 11 octobre (ICI) - bon visionnage !!!

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dimanche 20 septembre 2020

Sortie en campagne 15 : soirées d'été.

Première soirée :

DSCN5110Nous sommes le 30 juin. Il fait chaud, trop chaud. Les températures ne cessent de m'inquiéter. Comme l'an dernier, des records de chaleur et de sécheresse sont battus. Le paysage est de plus en plus jaune et je m'interdis d'imaginer à quoi ils pourront ressembler dans le futur, même si j'ai bien une idée. Cela ne va pas sans me miner le morale. Pour remédier à ça, nous allons faire un petit tour hors de l'appartement. Le soir tombe. Les rues du village sont désertes et presque tous les comemrces sont fermés. Un bonheur. Nous aimons cette tranquillité qui nous a tant manqué ces dernières années. Celle-ci n'est rompue que de temps à autre par le pot d'échappement d'une mobilette, comme dans mon bled d'enfance. Les dernies martinets noirs (Apus apus) qui ont élu domicile sur l'église fendent le ciel. La plupart d'entre eux sont partis en Afrique. Au printemps ils reviendront nicher.

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Notre envie de sortir a été également motivée par une jolie rencontre dans la matinée. Une chauve-souris (Chiroptera), sans doute dérangée, est venue se poser sur le mur de l'église à la recherche d'une cavité dans laquelle trouver refuge pour la journée. Pour l'heure impossible de dire quelle espèce il s'agit, l'identificaton étant rarement possible sans que la tête, les oreilles voire les parties génitales ne soient examinées.

DSCN5113Dans quelques jours la Lune sera pleine. Pour l'heure elle ne se montre que timidement. Elle est ainsi dans sa phase gibbeuse croissante, c'est à dire que 66 à 96% de sa face est visible. Au premier regard on peut observer les mers luniares. Ce sont ces grandes pleines noires composées de basalte. En contre-bas, les cratères s'illustrent par leurs dimensions. Plus de 30 000 d'entre eux parsèment la surface. Bien qu'observables à l'oeil nu, ils sont peu profonds, 200 mètres maximum, et seul la lumière rasante permet de les voir.

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Un dernier regard par la fenêtre. Le sommet du Pilat se dresse au loin. Haut de 1431, il fait parti des contre-forts du Massif Central. De nature acides, la roche et le sol offrent une flore très différente de celle à la quelle nous avons l'habitude de voir. Le nom du massif veindrait d'une légende selon la quelle le corps pendu de Ponce Pilat y aurait été abandonné dans un puits, sur le versant Est, non loin de la ville de Vienne.

DSCN5147Sur le chemin, nous repérons les baies et les fruits qui murissent. C'est notement le cas des prunelles (Prunus spinosa) qui bien qu'appétissantes, ne pourront être consommées qu'à l'automne et de préférence blettes, quand elles ont perdu leur âpretées et donnent leur sucre. Certes on peut les manger tel quel, mais en confitures ou même en macérat (voire saumure) elles sont bien meilleures et libèrent tout leur goût de fruit sauvage.

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Les jeunes faisans de Colchide (Phasianus colchicus) ont bien grandis. Toujours sous l'oeil vigilant de leur mère, ils cherchent de quoi se nourrir dans les prairies fauchées. Aimant les graines, ils se nourrissent tout aussi bien d'insectes, de vers, de petits fruits et de limaces. Cette grande diversité dans leur régime alimentaire leur permet de devenir rapidement autonome. On nomme compagnie le groupe formé par la poule faisane et ses petits.

DSCN5139Le faisan n'est pas originaire d'Europe mais d'Asie. Il a été introduit en France par vagues successives entre le Moyen Âge, la Renaissance et notre époque contemporaine. Concidéré comme animal domestique, il est rare de le voir se reproduire en milieu naturel. Elevé et lâché pour le loisir de la chasse, on en compte plus de 31 sous-espèces. Ces introductions ne sont pas sans conséquence pour la biodiversité locale.

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Pour le moment, les petits faisans ne sont pas inquiétés par la sortie des fusils. D'ici peu les mâles prendront un beau plumage brun-roux, un collier blanc et une tête bleue-verte. Une plaque de peau rouge apparaîtra aussi à la base de son bec. Les femelles elles garderont leur plumage brun-gris plus discret qui leur permet quand elels nichent au sol dans la végétation de ne pas se faire repérer par leurs prédateurs.

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Les jeunes rouge-queue noirs (Phoenicurus ochruros) se lancent dans leurs premiers vols. Ternes, ils prendront d'ici peu une jolie teinte rousse à la base de la queue. Pour l'heure bien nombre d'entre eux, comme d'autres osieaux, sont à la recherche d'eau. En témoigne les traces de pattes laissées dans la boue d'une flaque après un orage éphèmére mais violent. La taille et la forme des doigts permettent d'avoir une idée des espèces présentes.

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En lisière, un lièvre d'Europe (Lepus europaeus) est à l'affût. Oreilles dréssées, il nous a sans doute vu. Dès qu'il fait un peu moins chaud, voilà que ce gros léporidé (famille des lièvres et des lapins) sort pour chercher les herbes tendres. Plaine agricole oblige, il n'est pas rare de le voir grignotter les légumes des exploitants. Peu voire non tiré dans le secteur, il se laisse facilement observer sans a avoir la patience d'en faire l'affût.

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Deux petits rapaces fotn des allés retours des champs à la forêt et par moment, volent en stationnaire. Il s'agit du faucon crécerelle (Falco tinnunculus) et de son cousin le faucon hobereau (Falco subbuteo). Bien que mangeant la même chose, le premier aura une nette préfèrence pour les rongeurs et les petits osieaux du type passereaux (mésanges par exemple) tandis que le second se tournera de préfèrence vers les gros insectes comme les libellules et d'oiseaux plus ou moins rapides comme les hirondelles et les martinets.

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Enfin la nuit tombe. Nous partons tranquillement chez nous, accompagné du croassement d'une famille de corneilles noires (Corvus corone) qui a élu domicile dans les vergers. Silouhette élancée, corps et bec noirs, il n'y a pas de doutes. Elles n'ont pas encore rejoins les grands vols de corvidés qui se réunissent le soir en dortoirs. Cela ne serait tarder, les petites corneilles commencent à avoir une stature similaire à celle des adultes.

 

 

Deuxième soirée :

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Nous sommes le 3 juillet. Le ciel est incroyable, et on pourrait presque y voir une énergie divine tant la lumière fondant les nuages est belle. Il ne nous en faut pas plus pour sortir les basquets, les jumelles et l'apapreil photo. Nous partons voir la culture de kiwi sur laquelle Thomas travail. Bingo, une chevêche d'Athéna (Athene noctua) se pose au-dessus de notre tête. Le moment est court mais intense. Nous adorons cette petite chouette aux grands yeux dorées. Il en était de même dans l'antiquité par les grecs puis les romains. Ceux-ci voyaient en elle la messagère de la déesse Athéna (appelée Minerve à Rome), déesse de la sagesse, de la connaissance, de la sicence et de la guerre tactique. C'est ainsi qu'on peut la voir frappée sur des pièces de monnaies gallo-romaines qui portent son nom mais aussi, de la retrouver sur la pièce d'un euro grecque. Les récompenses des vainqueurs sportifs ou de guerres athéniens se voyent également remettre des amphores et des vases ornés de cette petite chouette.

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Voilà la Lune pleine, 96 à 100% de sa surface est visible. Cette observation est possible tous les 29 jours 1/2. Cette phase de pleine lune ne s'oberve qu'une partie de la nuit, celle-ci étant en mouvement. Si c'est un plaisir pour le néophyte de pouvoir faire cette simple observation, elle l'est beaucoup moins pour les astronomes qui ne peuvent pas avec son reflet, observer avec aisance les autres astres que sont les étoiles et les planètes.

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Dans le clair obscure, les rouge-queue noirs (Phoenicurus ochruros) poussent quelques cris. Présents dans les éboulis, les falaises et les bâtiments, ils s'aventurent à la recherche de nourriture dans les champs. Insectivores, ils mangent tous les arthropodes qui se trouvent à portée de bec. Päillons, mouches, larves, araignées, lombrics ou mouches, rien ne leur échappe. En fonction de la saison, il peut se nourrir de baies prélevées sur les buissons.

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Sous la lune, un tarier pâtre (Saxicola rubicola) surveille sa famille. Tête noire, collier blanc et poitrine rosée, il s'agit d'un mâle. Cet oiseau des fourrés aime se mettre sur les piquets et les branches en hauteur pour scruter son territoire. Il s'assure ainsi qu'aucun concurents ne puissent en prendre possession. Insectivore lui aussi, il peut aussi bien chasser en journée qu'à la tombée de la nuit, toujours à proximité de la végétation.

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Avec l'avancée de l'été, les oiseaux sont beaucoup plus discrets. Certains comme le serin cini (Serinus serinus) peuvent encore chanter de temps à autre mais les notes qui s'échappent de leur bec sont beaucoup plus tenues.

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Les petits ayant pour beaucoup pris leur envol et les couples s'étant défaits, il n'est plus nécessaire pour les mâles de protéger leur territoire en poussant la voix. Revenons en au serin cini. Il est le plus petit représentant de sa famille, les fringilles, en Europe. Il se reconnaît à ses mouchetures brunes et à ses teintes jaunes, qui sont presques absentes chez la femelle. Avec son bec épais, il brise les délicates graines de graminées. Il peut dans une moindre mesure se tourner vers les graines des arbres pour s'alimenter.

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L'obscurité est là, et après une marche rafraîchissante nous partons nous couche. Quelques corneilles coassent à notre passage. Les feuillages fatigués des érables bruissent. Sur nos têtes, les chauves-souris chasses et nous distinguons le long du chemin des ombres s'enfuyant à notre arrivée. Il est bien dur de se mettre au lit, tant tout nous incite ici à rester à révasser sous les étoiles et sous cette énorme Lune brillante.

 

Troisième soirée :

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Nous voilà quelques jours plus tard, le 5 juillet. Le sol a plus que jamais soif et les cultures de céréales sont sur le point d'être récoltées. On pourrait se croîre dans une zone aride. Pourtant les fortes chaleurs d'août ne sont pas encore là, mais à cette instant nous l'ignorons, tout occupé à découvrir le nouveau terrain de jeu qu'est le vilage et ses alentours. J'ai peine à croire que la ville, l'autoroute et les industries sont si proches. Devant nous, se dressent des colines, des champs jaunies et quelques maisons au toit de tuiles rouges. Nanmoins il ne faudra pas plus d'un petit quart d'heure de marche à pied pour revenir à la réalité. Mais pour l'heure savourons l'instant présent. Pour cette troisième sortie, nous trichons un peu en partant à l'heure du repas. C'est une occasion rêvée pour pique-niquer en campagne, mais pris dans nos observations naturalistes, nous finirions par dîner chez nous au milieu de la nuit.

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Au-dessus des chants de blé, le Mont Blanc se dresse avec fierté. Nous ne pensions pas en avoir une si belle vue et pourtant. Culminant à 4 809 mètres d'altitudes, il écrasse de sa préstance tous les massifs alentours qui semblent bien petits. Plus sommet des Alpes et d'Europe de l'Ouest, il délimite la France et l'Italie, les deux pays se disputant depuis l'appartenance sur sommet depuis 1865. Un conflit qui n'est toujours pas réglé.

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Dans l'armoise commune (Artemisia vulgaris), plante précieuse pour les douleurs menstruelles et pour la digestion, une troupe de moineaux domestiques (Passer domesticus) s'anime gaiement. Perçue comme une espèce commune voire insignifiante, le moineau domestique a vu en 30 ans ces populations s'éffondrer, faisnat de l'oiseau un animal de moins en moins commun. Un exemple de l'importance qu'il faut accorder à ce que l'on nomme la nature ordinaire et qui est tout aussi riche que ce que l'on peut trouver dans les forêts vierges.

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Voilà les champs de céréales. Sous les épis une multitues d'oiseaux se cachent comme les cailles des blés (Coturnix coturnix). Sur les têtes dorées, les coccinelles (Coccinellidae) chassent les pucerons (Aphidoidea). C'est tout un écosystème qui se met en place. Je pourrais passer des heures, adossée dans la talus d'en face, à contempler les animaux qui s'y abritent ou pendant la marche, à passer mes doigts le long des tiges.

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En moins d'une heure, le ciel présente quatre visages, quatre visages qui peu  peu annonce l'orage. Nous pressons le pas, non pas sans prendre 2 minutes pour nous asseoir pour contempler les nuages. Situés au sommet d'une coline aux pieds de laquelle serpente le Rhône, nous prenons l'habitude d'être accaompagnés par le vent et les averses. Souvent brèves, elles ont le mérite de nous faire oublier pendant un temps la canicule.

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Ce soir là, pour la première fois de l'année, je vois des pieds de daturas stramoines (Datura stramonium) fleuris. La fleur n'est pas rare, mais elle n'en est pas moins fascinante. Plante de sorcière et du vaudou, maudite pour sa toxicité et admirée pour ses usages chamaniques, je l'aime surtout dans sa dimension ethnobotanique, sa relation à l'Homme à travers l'Histoire étant incroyablement riche et complexe. De quoi passer des heures à lire sur son origine encore discutée, ses multiples noms ou sur la place qu'on lui laisse aujourd'hui dans la légistation.

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D'autres espèces communes attirent notre attention. Quand on parle de pigeons ramiers (Columba palumbus) ou de corneilles noires (Corvus corone), bien souvent les yeux se tournent et les bouches font la moue, signe que ces animaux ne sont pas vraiment dignes d'intrêrets. Et pourtant, il y a là aussi tellement à dire. Quand je suis en sortie nature comme éducatrice à l'environnement, je peux parler pendant des heures de ces deux espèces aux comportements si surprenants. Le pigeon qui donne du lait de gorge pour nourrir ses pettis, les corneilles qui peuvent élever leurs rejetons pendant plusieurs années ou pleurer un mort ... il y a tant de choses à apprendre.

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Sur le chemin du retour nous avons une jolie surprise. Une jeune pie grièche écorcheur (Lanius collurio) comme l'atteste ses ailes brunes, son masque noir et sa gorge blanche. L'obscurité ne le laisse pas voir mais le bout du bec est crochu et croisé. Il lui permet d'attraper les insectes et petits animaux comme les jeunes lézards dont il se nourrie. En cas d'abondance, peut arrocher ses rpoies sur les épines des buissons et sur les barbelés des prés pour pouvoir venir les manger un peu plus tard. Hélas, c'est une espèce en forte régression.

Pour l'heure, aucune sortie n'est prévue à nouveau. Je susi en arrêt et je profite de mon chez moi pour dessiner, écrire mes articles blogs et m'adonner à bien d'autres choses. Je susi patiente et je pense que bientot, j'irai courrir dans les champs. Pour l'heure mon évasion se faire à travers mes carnets illustrés que vous pouvez retrouver sur mon Instagram ICI, un retour aux sources, le blog étant apparu à l'origine créé pour partager mes dessins.

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vendredi 14 août 2020

Sortie en campagne 14 : un nouvel air.

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À gauche, la vue de notre fenêtre avant, à droite, la vue de notre fenêtre maintenant, et bien qu'elle reste très urbaine, elle nous ravie par le passage des nombreux milans noirs (Milvus migrans) qui se font de plus en plus rares dans le ciel, la migration de l'espèce ayant débuté à la mi-juillet. Bientôt les cigognes blanches (Ciconia ciconia) puis les grues cendrées (Grus grus) prendront le même chemin. Leur vol nocturne sera plus discret.

DSCN4724Nous aimons les zones humides, mais nous avons avant tout exploré les champs et les vergers, des milieux regorgeant d'une faune à laquelle je suis peu familière et pour cause. Dans le cadre de mes loisirs, je suis toujours au bord de l'eau ou dans les forêts et dans celui de mon métier, c'est exactement la même chose. Autant dire que pour moi les soirées passées en bordure des cultures céréalières à guetter les chouettes et les lièvres ont été un véritable régale. Il n'en ai pas de même pour mon bien-aimé qui a fait de l'arboriculture son travail et qui connaît bien ces milieux sur lesquels il travail. Pourtant, reste toujours aussi émerveillé par le moindre moineau ou merle qui se présente à lui parmi les branches des pommiers et des pêchers. En cette période de chaleur, où bien d'autres choses de la vie se sont ajoutées, je n'ai pas toujours loisir à explorer ce nouveau chez moi. Qu'importe, j'ai pu longuement en profiter en juin et d'ici quelques semaines je compte bien retourner me promener aux prés.

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Voilà un oiseau dont je n'ai jamais fait la présentation sur le blog. La fauvette grisette (Sylvia communis) est un oiseau typique des champs et vergers. Je prends plaisir à la découvrir. Tête grise, ailes rousses et ventre blanc, on ne peut se tromper. Sans chant peut par moment ressembler à celui de se cousine la fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla), mais il est beaucoup plus monotone. Les mâles chantent souvent au sommet des buissons.

DSCN4673Un classique des prairies à graminées, le chardonneret élégant (Carduelis carduelis) qui porte si bien son nom. Exclusivement granivore, il ne peut se nourrir que de graines, à l'exception des oisillons qui pour se développer rapidement ont besoins d'invertébrés, un source de nourriture riche en protéines. Braconnés pour être mis en cage comme animaux de compagnie, ils sont piégés à la glu comme à Poissy (78) l'an denier ou par appelé en juin de cette année an Occitanie. Pour rappel en 10 ans l'espèce à diminue de 25 à 40 % selon les départements.

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En voilà une que l'on ne présente plus et qui, pourtant pas simple à saisir. La buse variable (Buteo buteo) est un oiseau ubisquiste (multi-tâches) qui s'adapte à un grand nombre de milieux. Dans les verges, elle va surtout prédater les petits mammifères comme les mulots et les campagnols. Plus rarement, elle peut prélever quelques passereaux de la dimension d'une mésange ou d'un moineau, en particulier des juvéniles prenant leur envol.

DSCN4738Depuis les champs, nous avons vu sur Fourvière et sa basilique. Presque chaque jour, j'emprunte le long tunnel qui passe juste en dessous du monument et d'un sacré paquet de quartiers. Gaz d'échappement, bouchons et klaxonnes, c'est souvent un vrai périple pour rejoindre mon bureau et les lieux d'animations qui se trouvent au-delà de la colline.

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Cela fait du bien de s'éloigner de Lyon et sa banlieue. Nous respirons un autre air. Nous en restons néanmoins proches, et les jours où la circulation est calme il ne nous faut à peine plus de 25 minutes pour atteindre le centre ville, mais cela reste rare et pour le moment, nous n'avons pu que peu expériementer les aller-retours ville-campagne.

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DSCN4730Le soleil se couche sur les Mont du Lyonnais. De l'autre côté de cultures, depuis notre fenêtre, nous avons vue sur le sommet du Pilat qui se plonge dans l'obscurité. 15 minutes de marche et nous pouvons tremper les pieds dans le Vieux Rhône. Le rêve pour nous qui aimons l'eau et la montagne. Il se pourrait d'ailleurs que d'ici quelques temps une expédition "pêche à l'écrevisse rouge" se monte sur une des rives du fleuve. À voir.

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Surprise ! Voici un insecte que je n'avais vu qu'une fois dans ma vie, il y a de cela 3 ans. Il s'agit du rhinocéros européen (Oryctes nasicornis), un magnifique scarabée et l'un des plus gros du genre. Le mâle se reconnaît à la corne qui orne sa tête et dont l'espèce tire son nom. Rare, nous avons eu la bonne chance lors d'une balade nocturne en juin d'en voir voler au-dessus de nos têtes et même un venir se poser à nos pieds. Sa larve est semblable à celle du hanneton. Se nourrissant de bois mort, elle reste sous cette forme pendant 2 à 4 ans.

DSCN4622La mare réalisée à l'automne 2019 est à sec. C'est une écologie normale pour ce type de milieux qui le plus souvent se veut temporaire. Néanmoins la sécheresse de cette année n'a fait qu'accroître le phénomène, ne permettant ainsi plus aux animaux aquatiques (escargots, araignées, grenouilles, éphémères, insectes etc.) de se développer normalement. À la date du 7 août, 72 départements sont en restriction sécheresse. La Creuse et la Haute Vienne sont en crise intégrale, c'est à dire que le prélèvement d'eau ne peut se faire pour des aspects prioritaires : santé, sanitaire, consommation et sécurité civile. Même les exploitants ne sont plus considérés comme prioritaires. Dans le Rhône, l'alerte est dite renforcée localisée. En somme, réduction sous conditions des usages des ressources en eau par les exploitants et interdiction d'usage de l'eau à certains horaires. Au moment où j'écris ces lignes, un reclassement en crise localisée est envisagé.

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Dans les pommiers les jeunes grives font leurs premiers vols. À cette période de l'année on peut rencontrer deux espèces, la grive draine (Turdus viscivorus) et la grive musicienne (Turdus philomelos). Très similaires, on les distingue par leur paterne de tâches sur le ventre qui sont plus grandes et variées chez la grive draine. Néanmoins le chant reste le meilleur moyen de savoir à laquelel des deux on a à faire.

DSCN4695En voilà un que l'on entend plus souvent qu'on ne le voit. Le rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos) est connu pour son chant poétique, fort et inimitable. Succession de strophes rapides et de complaintes tristes, je l'ai véritablement découvert l'été 2019 lors des prospections nocturnes à la recherche des tritons crêtés (Triturus cristatus) et des chouettes et des hiboux de la campagne des Monts du Lyonnais et des Grandes Terres.

DSCN4554Dans les fourrés où se cachent les animaux, les plantes grimpantes prennent leurs aises pour atteindre la lumière. Parmi celles-ci la vesce de Cravovie (Vicia cracca), dont lesj eunes gousses peuvent se manger comme des manges-tout cuits à l'eau ou en cuisson vapeur.

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Jointe à celle-ci, la bryone dioïque (Bryonia dioica), qui dans nos campagnes à la même réputation que la mandragore (Mandragora officinarum) que l'on trouve dans le sud et qui n'est pas qu'une plante appartenant au bestiaire fantastique d'Harry Potter. La bryone est une plante toxique dont la racine ressemble à un corps, formant une grosse tête et quatre membres. De nombreuses légendes l'associant aux sorcières et aux maléfices en ont fait une plante populaire dans la mythologique fantastique lui valant le surnom de navet du Diable ou rave de serpent. À l'automne les lianes grimpantes perdent leurs feuilles et offrent de très belles rouges qui ornent les bosquets et font le plaisir des oiseaux.

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Dans les vergers, c'est de la folie. Les pics verts (Picus viridis) sont de sortie avec leurs nichées. Deux, peut être même trois couples ont élu domicile ici. C'est un vrai régale de faire de rapides affûts pour les observer ou juste de les voir décoller d'entre les rangées de fruitiers. Le pic vert se nourrie essentiellement au sol dans l'herbe, où avec sa longue langue gluante il va capturer les fourmis dissimulées dans leurs galeries.

DSCN4806Sortie nocturne. C'est le moment pour les carabes (Carabidae) de sortir. Il est bien difficile de les identifier et parmi la cinquantaine d'espèces présentes en France, très peuvent l'être sans dissection. Reconnaissables à leurs reflets métalliques et à leurs mandibules puissantes, se sont des prédateurs partant en chasse dès que le soleil disparaît. Bioindicateurs, les carabes permettent de connaître la bonne santé d'un milieu ou d'une culture.

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J'adore les lièvres bruns (Lepus europaeus). Dès qu'ils se sentent observés, ils se plaquent au sol puis déguerpissent à toute allure. Hauts sur pattes, avec de longues oreilles aux bouts noires et de grands yeux, ils ont tout ce qu'il faut pour attirer la sympathie. Ces quelques éléments permettent de le dissocier des lapins de garennes (Oryctolagus cuniculus), plus petits et moins communs dans parcelles arboricoles.

DSCN4714Notre lièvre est aussi appelé lièvre d'Europe bien qu'il soit présent à l'ouest de l'Asie. En montagne on trouve son cousin le lièvre variable (Lepus timidus) aux oreilles plus petites et au pelage marron l'été et blanc l'hiver, ce qui lui permet ainsi de ce dissimuler des prédateurs. Pour en revenir au lièvre brun, c'est avant tout au printemps qu'on le croise le plus souvent, quand les mâles s'affrontent pour une belle. On nomme cela le bouquinage.

DSCN4795Si l'été il affectionne les herbes, il se tourne peut à peu à l'arrivée de la fin de l'automne vers les graminées, les bourgeons et les écorces ce qui peut créer des dégâts dans les vergers, notamment en stoppant l'arrivée de sève dans les rameaux quand le collet (base de l'arbre) est rongé.

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Bien que de  taille modérée (4 kg pour un adulte), il peut vivre une dizaine d'année. Donnant naissance en moyenne à 13 petits au bout de 3 à 4 mois et produisant 5 portées par an (sur une période de 6 mois), la hase, la femelle du lièvre, est une super reproductrice. Néanmoins le taux de mortalité reste élevé pour les jeunes, les épidémies étant leur principale cause de mortalité, suivie les oiseaux de proies, les canidés et certains félidés comme le lynx en faisant aisément leur repas. Néanmoins dans le sud du Rhône les prédateurs sont quasi-absent, expliquant son fort développement accru part l'uniformisation des paysages agricoles qui lui sont favorables, chose rare. Dans la plupart des territoires il est en régression ou en stabilisation d'effectif après une forte chute dans les années 90. Les maladies importées, la disparition de certains types d'habitats comme les prairies humides, la chasse non réglementée et les collisions en sont les principaux facteurs.

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Dans les rangs de petits fruits (framboises, myrtilles etc.) une faisane de Colchide (Phasianus colchicus) est venue couvée. Bonne pioche pour elle, la voila l'heureuse mère d'une dizaine de poussins. Il est rare de voir les faisans parvenir à se reproduire, néanmoins la nom fauche en raison du confinement et la quasi-éradication des renards roux (Vulpes vulpes) pourrait expliquer la reproduction de cet oiseau normalement absent en Europe.

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En effet, le faisan de Colchide est originaire d'Asie et ne se rencontre pas en France. Néanmoins, il y est introduit depuis des siècles pour la chasse de loisir. Son impact n'est pas négligeable su la faune locale, en particulier sur les reptiles. J'ai toujours beaucoup de mal avec ce type de chasse, en particulier quand elle implique de tirer tout les carnivores d'un territoire pour être sûr qu'ils ne tirent pas profit eux aussi des lâchers de gibier.

DSCN4641Non loin des cerisiers, dans la forêt qui entoure le fort, une famille de geais des chênes (Garrulus glandarius) glane les fruits au sol. L'oiseau porte bien son nom, ayant fait des glands l'essentiel de son alimentation. Cependant il possède un régime alimentaire plus diversifié avec au menu des fruits et des baies, des insectes, des noix et des noisettes et même de petits animaux comme des oisillons même si cela reste relativement rare.

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Voilà notre petit chouchou de l'été, le tarier pâtre (Saxicola rubicola). Le mâle se reconnaît facilement à sa tête noire, à son poitraille rose pâle et à son collier blanc. Petit, il se dissimule dans les bosquets mais se plaît à se poser au sommet des arbustes et des ronciers pour faire entendre sa voix. Outre le fait d'attirer les femelles, celle-ci lui sert avant tout à défendre son territoire face aux autres mâles envieux de ses possessions.

DSCN4627Se mettre sur un perchoir fait également partie de sa technique de chasse. C'est une espèce qui se nourrie d'arthropodes variés, en particulier d'insectes, de papillons et d'araignées qu'il saisie après les avoir guetté. Les petites sont nourris de papillons, de larves et de chenilles que leurs parents écrasent dans leurs becs avant de leur donner ou en les frappant contre une pierre pour enlever les poils et les parties dures difficile à leur digestion.

DSCN4659Pour protéger les fruits de la grêle et des intempéries violents, des filets sont installés en dessus des abricotiers, cerisiers, pommiers, pêchers et poiriers, qui ce ne sont là que quelqu'uns des fruitiers présents autour de nous.

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C'est là que mon bien-aimé passe une majeure partie de son temps. Éclaircir les fruits, défeuiller, tondre, traiter, récolte et conditionner, les tâches ne manquent pas. Avec la transformation du commerce, ces plantations vieilles pour certaines de 50 ans, ont dû être modifiées pour répondre aux attentes de la distribution. Voilà les pommiers arrachés pour que des plans plus productifs soient installés. Adieu les carrés de poiriers aux variétés rustiques, places aux Williams. Bref, la diversité n'est pas que celle des espèces sauvages, c'est celle aussi des vergers. Hélas notre système économique ne permet pas de la maintenir au mieux, faute de rentabilité.

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J'adore les cultures de petits fruits. Celles-ci sont grillagées et pour cause, il est fréquent que des promeneurs irrespectueux viennent y faire leur marché. C'est l'occasion d'y observer de nombreuses espèces, comme le bruant zizi (Emberiza cirlus), un joli oiseau jaune qui aime venir y chanter. Les lièvres, les faisans et les chats domestiques ensauvagés y trouvent également refuge parmi les grandes herbes et les bosquets ombragés.

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Les jeunes orites à longue queue (Aegithalos caudatus) ont pris leur envole et on rejoint avec leur parent leur groupe. Plus d'une trentaine d'individus s'aventures et piaillent dans les jardins des pavillons se trouvant à quelques pas des cultures. Appelées il y a encore peu mésanges à longue queue, elles ont été exclues de ce groupe taxonomique à la suite des études génétiques. Néanmoins ce nom est maintenu dans le langage courant.

DSCN4776En voilà une que je n'ai jamais vu ou du moins très peu en Isère. Il s'agit de la perdrix rouge (Alectoris rufa), sûrement le fruit d'un lâcher. Je trouve cet oiseau adorable bien qu'un peu ridicule quand il se déplace et qu'il ne se sent pas menacé. En régression voire disparue sur certaines aires de son territoire, les croisements génétiques lors d'introductions d'individus pour le tir ont également contribué à l'apauvrissement de l'espèce.

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Un autre grand classique des zones agricoles, le faucon crécerelle (Falco tinnunculus). Ce petit rapace est connu pour son vol en Saint Esprit qui lui permet depuis les airs de repérer les rongeurs et les passereaux dont il aime se nourrir. Pour autant, il ne dédaigne pas les gros insectes qu'il attrape en vol. Pour la nidification, on le trouvera de préférence dans les cavités de bâtiments et parfois dans les troncs creux.

DSCN4736Les jeunes, malhabiles, terminent souvent leur vol dans le sommet des arbres depuis lesquels ils appellent leurs parents. Nous revivons les scènes que nous avons pu vivre depuis notre appartement à Oullins. Là confusion est possible avec le faucon hobereau (Falco subbuteo) qui niche ici aussi et au vol similaire mais préférant consommer de gros insectes même s'il peut attraper occasionnellement des oiseaux ou des chauves-souris.

DSCN4784Les derniers milans noirs (Milvus migrans) prennent la direction de l'Afrique. C'est un long périple qui les attend, et il ne seront de retour qu'au printemps prochain. On le reconnaît facilement à sa queue fourchue. Silhouette sombre, on s'apperçoit en s'approchant d'un peu plus près qu'il est bien plus colorée avec une tête grisée - sans pour autant égaler avec le milan royal (Milvus milvus) qui est un peu plus grand. Dans le Rhône nous avons la chance d'avoir le deuxième plus grand site de France pour la reproduction du milan noir avec environs 55 couples nicheurs. De quoi assurer un bal constant au-dessus de nos têtes, les oiseaux cherchant continuellement leur nourriture. Charognard, il se nourrie essentiellement de poissons mort qu'il trouve le long des berges et de petits rongeurs qu'il trouve dans les restes de fauche. Dans certains cas, il peut même s'exercer à la chasse, bien souvent sur des animaux affaiblis (oiseaux, chauves-souris, rongeurs), ce que ne fait jamais son cousin le milan royal.

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L'été est bien installé. Les orages de chaleur nous donnent de jolis arc en ciel, les blés dorés sont prêts pour la fauche et les couchés de soleil colorent le ciel d'ôcre. Cela ne va pas sans la raréfaction des animaux. La plupart passent la journée au frais sans se montrer et certains comme les martinets noirs (Apus apus) ont entamé leur migration. J'ai désormais hâte à ce que l'automne arrive, avec son lot de feuilles mortes et de champignons.

Voilà un court récit sur notre nouvel environnement, et si pour l'heure je ne peux pas pleinement l'explorer, je ne doute pas que d'ici quelques temps je pourrai découvrir toute la magie et les nombreux secrets. Pour l'heure la nuit commence à tomber, et il est grand temps de rentrer par les rues désertes du village.

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samedi 16 mai 2020

La faune urbaine : découverte.

DSCN1878Voici la vue depuis mes fenêtre pendant le confinement. Au moment je commence cet article, nous avons presque passé les 5 semaines et nous attaquons le 34e jour a rester chez soi pour la plupart d'entre nous. Si j'ai pendant longtemps regretté les sorties du weekend et surtout, de ne plus pouvoir exercer comme animatrice nature dans les écoles et sur les espaces naturels sensibles de la Métropole, j'ai aussi appris peu à peu à découvrir la faune et la flore de mon quartier, et je dois dire que j'ai beaucoup de chance. L'Yzeron passe sous nos fenêtre et un alignement d'arbres ensauvagé abrite de nombreux oiseaux que nous avons loisir à observer du matin au soir. Cet article est ainsi pour moi l'occasion de vous parler et de vous présenter tout ce que nous avons pu expérimenter et observer, en complément du billet que j'ai pu tenir au jour le jour en présentant une espèce ou un événement marquant par jour. Il complète également l'article à venir sur l'observation très particulière et rare d'une corneille pêcheuse depuis notre appartement. Bref, un condensé des centaines de photos que nous avons pu prendre pendant cette drôle de période qui ne nous permet pas encore voir de quoi demain sera fait, ce qui ne me laisse pas sans angoisse.

Toutes ces espèces ont été observées sur une surface de 84190 m² (8,4 ha) et sur un linéaire de 1,37 km, toujours en respectant les règles du confinement.

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Grand brouhaha au petit matin. Une troupe de 6 geais des chênes (Garrulus glandarius) se font la guerre des les robiniers faux acacia (Robinia pseudoacacia). Plumes dressés sur la tête, cris et même petits coups de becs, le temps n'est pas à la diplomatie. Le bleu de leurs ailes et leur gorge saumon se dessinent entre les feuilles naissantes. Il s'agit d'un bleu structurel, c'est à dire que les plumes ne contiennent pas de pigments de cette couleur, c'est leur structure qui renvoient cette couleur. On parle alors de bleu structurel.

DSCN1855Le geai des chênes porte bien de son nom car les glands composent une grande partie de son alimentation, en particulier l'automne. À l'arrivée de l'hiver, il fait des provisions qu'il enterre dans le sol. Intelligent, il mémorise chacune de ses cachettes mais aussi ce qu'elles contiennent. Il consomme alors prioritairement les denrées qui s'abîment vite. Néanmoins il ne parvient pas toujours à retenir où sont les 1500 loges et certaines ne sont jamais ouvertes. Les graines et en particulier les glands qui y sont dissimulés peuvent alors croître pour donner des arbres. Le geai contribue ainsi à la régénération des forêts. Si c'est un allier des forestiers, son attirance pour les fruits des vergers conduit chaque année à la mise en place de campagnes de tirs et à son classement en espèce chassable, à moins que ce soit l'idée tenace mais complètement fausse que la prédation qu'il peut avoir de temps à autre sur les oisillons conduisent à la diminution de certaines espèces de gibiers ...

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La saison des canetons est ouverte ! Les mères canards colverts (Anas platyrhynchos) sont venues sous nous fenêtres les premières semaines du confinement avant de se faire plus rares. Le record de 2019 des 21 canetons pour une canne n'a pas été encore battu mais nous avons tout de même vu une famille avec 19 petits. Plus généralement nous comptons des portées de 1, 3, 6, 8 ou 12 jeunes. C'est un véritable exploit de voir les femelles réussir à mener leurs progénitures à l'âge adulte, les prédateurs étant nombreux. Les rapaces, les renards mais surtout les chiens des promeneurs, les chats ensauvagés et même les silures figurent parmi les dangers et pour certains, ne devraient pas à mon sens exister si nous étions plus responsables avec nos animaux de compagnie.

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Et puis parfois il y a des ratés. Cette femelle accompagnée d'un mâle s'est montrée peut attentive en vers ses poussins, les abandonnant fréquemment et longtemps malgré les cris plaintifs de ceux-ci. Nous ne parviendrons pas à les sauver et chaque jour nous verrons leur nombre diminuer jusqu'à ce qu'il n'en reste plus un seul. Ce comportement peu commun peu s'expliquer de nombreuses manières : des canetons avec des tares non visibles à nos yeux et conduisant la mère à l'abandon, un instinct protecteur peu ou pas développé, une nouvelle couvaison ou un cycle d'ovulation en route d'où la présence du mâle ... le mystère reste entier.

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Qu'ils sont adorables à barboter dans l'Yzeron au milieu du pollen qui flotte à la surface. Ils sont sortis de leur oeuf après 28 jours d'incubation par leur mère. À leur sortie, ils quittent directement le nid pour ne plus y revenir, on les dits alors nidifuges. C'est un trait de caractère propre aux oiseaux dont les poussins doivent être en capacité de se débrouiller dès leur naissance pour chercher leur nourriture. Les rapaces et la plupart des passereaux sont dit quant à eux nidicoles, c'est à dire que les oisillons restent au nid et on besoin d'être nourris par leurs parents. Les cantons seront élevés pendant 7 semaines avant de devenir indépendant et de se reproduire l'année suivante.

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En fin d'après-midi, les colverts ont pris l'habitude de se poser sur le muret qui se trouve juste en dessous de la fenêtre pour se reposer. D'ordinaire il y a encore de nombreuses voitures et de travailleurs qui passe par là mais en cette période la voie sans issue est vide et peu sont ceux à si promener. Nous pouvons alors les observer à loisir. Si l'espèce est commune et connue de tous, on ne prend pas toujours le temps de l'observer dans son comportement. Par exemple ici, en regardant le mâle de plus près, on peut voir qu'il n'a pas de plumes qui rebiquent au bout de la queue, signe qu'il n'est pas dans une phase de séduction ou de reproduction.

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Au bout de 3 à 4 semaines, les colverts se sont montrés de moins en moins timides, peut être en raison des nourrissages qui se sont multipliés. Pourtant on ne le répétera jamais assez, le pain et autres produits de boulangeries sont dangereux pour les canards et les cygnes, leur en donner c'est les condamner. Plumes abîmés rendant les oiseaux inaptes au vol, dénutrition, ailes retournées, perte d'impermabilité les rendant incapables de flotter, trosions de l'estomac, étouffemens, intoxications bactériennes ... ce ne sont là que quelques uns des problèmes engendrés par cette pratique. Et pour ceux qui répondront que l'on ne voit jamais des canards dans cet état, je leur répondrai qu'ils ont bien de la chance de n'être jamais tombés sur le cadavre d'un volatiles dans les fourrés, les animaux se cachant toujours aux yeux des prédateurs et de leurs congénères pour mourir.

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Voilà un autre animal qui profite du calme des rues. Les chats domestiques (Felis silvestris catus) et les chats arrêts, des chats de salon ensauvagés, on prit possession des lieux. J'ai beau adorer les chats, je ne peux m'empêcher de penser aux dommages qu'ils causes à la faune. Chaque année ce ne sont pas moins de 12 millions d'oiseaux qui sont prédatés par les nos félins. À mon sens, je ne vois pas vraiment de solution. La castration, la diminution des animaux de compagnies et la sensibilisation du grand public me semblent être les meilleurs outils pour concilier temps bien que mal chat domestique et biodiversité.

DSCN1634 (2)La photo est floue mais la silhouette ne trompe pas. Plumage noir, bec jaune et vol saccadé, nous sommes en présence du grand cormoran (Phalacrocorax carbo). Rapide, il vole presque aussi vite que le colvert (67 km/h), ce qui en fait le deuxième oiseau le plus rapide de France au vol battu, le maître toutes catégories confondues restant le faucon pélerin suivit des martinets noirs et des martinets à ventre blanc. Pour en revenir au cormoran, il ne passe qu'occasionnelement au-dessus de nos têtes, préférant d'ordinaire suivre le fleuve. Si l'espèce n'est pas connue comme nicheuse dans la région Auvergne Rhône-Alpes, entre 1989 et 2019 quelques cas ont été signalés dans la Dombe dans l'Ain et il y a des suspissions de nidifications dans le Rhône du côté de Jonage et dans la Loire. Si la population se porte bine à l'heure actuelle, elle reste fragile. N'oublions pas que l'oiseau à manqué de disparaître de France. L'absence de blanc sous le ventre indique qu'il s'agit bien d'un adulte et non d'un immature. Vu la saison c'est étonnant d'en voir un ici, la saison de reproduction ayant déjà débuté un peu partout dans le pays.

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Celui-là, on ne peut pas le louper. L'étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris) est un très bel oiseau qui si il semble sombre de loin, aborde un plumage coloré, ponctué de taches blanches et de reflets irisés. Un grand bec jaune ponctue l'ensemble, au risque de le confondre au mâle du merle noire (Turdus merula). Grégaire, nous voyons tout aussi bien de grands groupes que des couples et des individus isolés, ces derniers étant toujours rejoints par des congénères. L'exception est faite quand ilse  trouve sur une antenne ou une branche où il chante sa sérénade, une mélodie qui nous accompagne du matin au soir pour notre plus grand plaisir.

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C'est la grande saison de reproduction. Ce peuplier et plus particulièrement ses branches mortes donnent là de quoi préparer au mieux le nid de l'étourneau. Installé dans une cavité, le plus souvent de pic épeiche ou de pic vert, il peut tout autant être fait dans un tronc creusé par les âges que dans un vieux bâtiment aux mûrs défraîchis. En ville et en agglomération, on le trouve même à nicher dans les lampadaires.  4 à 6 oeufs bleus seront pondus puis couvés pendant 15 jours. Il faudra encore 21 jours pour voir les oisillons s'envoler et 5 à 10 jours pour qu'ils puissent devenir autonomes. Ils rejoignent alors des groupes de jeunes avec qui ils passeront l'automne et l'hiver.

DSCN2055Son régime alimentaire est varié. S'il est essentiellement insectivore, il peut aussi se tourner vers les raisins et les fruits, en particulier quand les insectes se font rares comme ces dernières années. Les dégâts qu'il peut occasionner (et qui ne sont pas anodins chez certains exploitants) le place bien souvent, trop souvent, sur la liste des espèces pouvant occasionner des dégâts et anciennement appelées nuisibles. Ce terme n'est plus reconnu depuis 2016 dans la législation française mais continue à être utilisé dans le langage courant. Grands amateurs de larves de tipules (Tipula), on peut les voir ici et là les débusquer dans les pelouses et les prairies. C'est un chance pour le jardinier qui aime sa pelouse et qui doit faire face au dépérissement de l'herbe, les larves en question s'attauquant parfois au colet et aux racines des poacées (graminées), conduisant à leur jaunissement puis à leur mort par dénutrition.

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En voilà une autre qu'en cette période on ne croise que peu souvent. La mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus) déserte le Rhône à l'arrivée du printemps pour aller nicher dans la Loire où se trouve un des plus grands sites de nidification de France mais aussi sur les côtes bretonnes et du nord. Ici il s'agit d'un juvénile, sa tête n'étant pas entièrement noire et les plumes de ses ailes étant pour certaines teintées de brun. D'ordinaire grégaire, en voir une seule détonne. Elle ne tardera pas à nous quitter pour rejoindre ses congénères, peut être dans la Loire mais aussi du côté des Pays de l'Est, des adultes avec des bagues ayant été observées cet hiver le long du Rhône, des bagues indiquant qu'elles venaient d'Estonie, de l'Ukraine et de la Pologne.

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Il y a moins voire plus de fauches aux abords des immeubles et le long de l'Yzeron. C'est une explosion végétale qui se profile alors. Le lamier maculé (Lamium maculatum) est l'une des premières fleurs à avoir fait son apparition. On l'appel maculé car ses feuilles sont parfois tachetés de blanc même si dans la région on l'observe peu. Si elle préfère d'ordinaire les zones ombragées et fraîches, on la trouve aussi dans des milieux plus ouverts, du moment que la terre est suffisamment riche pour subvenir à ses besoins. J'aime en récolter les fleurs pour les faire sécher et les utiliser dans les infusions. Si elles n'ont ni goût, ni vertus, elles ont l'avantage de colorer l'eau en un rouge-violine profond, ce qui je trouve donne encore plus envie de les boire.

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Un autre lamier se trouve non loin de là. Il s'agit du lamier blanc (Lamium album). Appelé ortie blanche, il n'appartient pas à la famille des orties, les urticacées mais à celle des lamiacées, que l'on reconnaît le plus souvent à leur tige carrée. S'il a quelques propriétés médicinales comme celle d'être expectorante un grand nombre de celles qui lui sont attribuées sont en réalité absentes chez cette plante. En effet sa blancheur lui a valu dans la théorie des signatures d'être associé à la pureté, et on lui prêtait à tort la capacité d'accroître la production de lait chez le bétail, et en particulier la vache mais aussi chez la femme.

DSCN2897Un petit dernier pour la route, présent à moins d'un mètre des deux premiers. Il s'agit du lamier jaune (Lamium galeobdolon). Lui aussi est appelée fausse ortie. On lui préfère cependant le nom d'ortie jaune et comme pour les autres, il n'en partage que le nom.

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Sa reproduction passe intégralement par l'action des insectes. Sa pollinisation est entomogame, c'est à dire que ce sont les butineurs qui apportent le pollen de fleur en fleur et qui permettent la fécondation des ovules. De la naît des graines qui a maturité sont transportées par les fourmis, trouvant là une source de nourriture et qui bien involontairement finissent par les replanter. On parle alors de dissémination par myrmécochorie. Ce n'est pas le cas de la grande ortie (Urtica dioica) qui pousse au milieu de tous ces lamiers comme si elle aimait entretenir les confusions. La belle est anémophile, c'est à dire que son pollen est dispersé par le vent. Pour les graines on parle de dyszoochorie : la dissimilation des graines se fait lors du transport de ces dernières par des animaux qui souhaitent les manger et qui en laisse s'échapper.

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Le bal des rapaces commence. Au dessus de nos têtes mais aussi au loin dans la friches, ce sont pas moins de 8 espèces que nous avons entendu chanter et/ou voler. À notre tableau de chasse photo, il nous manque la buse variable (Buteo buteo) qui aie tourner dans les airs, le faucon pèlerin (Falco peregrinus) qui chasse dans le loin et la chouette hulotte (Strix aluco) que nous n'avons qu'entendue. Il m'en reste donc 4 à vous présenter. Figurent parmi celles-ci les milans. À gauche, il s'agit d'un milan royal (Milvus milvus), avec une envergure de 1,75 m à 1,95m d'envergure, ce qui en fait un grand oiseau. Les deux tâches blanches de ses ailes et sa queue fourchue ne laisse pas de doute. À droite il s'agit de son cousin le milan noir (Milvus migrans), plus petit mais plus ubiquiste. Tout deux reviennent d'Afrique même si quelques milans royaux passent l'hiver ici et dans le massif central.

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L'image est floue, et pour cause, elle est prise de nuit. Je n'aurai jamais cru voir sur Oullins, au milieu dans l'espace urbain, un faucon hobereau (Falco subbuteo). Ce n'est pas la première fois que nous le voyons, mais c'est notre première observation aussi longue et surtout, de l'oiseau dans un moment de vie. Celui-ci est afféré à mangeur ne grenouille, un autre surprise, l'espèce étant plutôt connue pour se nourrir de petits passereaux et d'insectes et plus particulièrement de libellules. C'est encore un migrateur qui pour sa part passe l'hiver en Afrique subtropicale et descend même jusqu'en Afrique du Sud. Il repartira de France à la mi-septembre, après avoir pondu 2 à 3 oeufs dans le nid abandonné d'un corvidé ou d'un rapace. La couvaison et l'élevage de la progéniture prennent 28 et 31 jours. Les jeunes restent un mois de plus en compagnie de leurs parents.

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De notre fenêtre, nous sommes des privilégiés. Au sommet de l'immeuble qui nous fait face, un couple de faucons crécerelles (Falco tinnunculus) vient se reposer, particulièrement quand il pleut. Il nous a offert quelques fou rires aussi, notamment un soir à 20 heures où toute la barre se mettant à frapper des mains, l'oiseau posé sur le toit se mit à brailler comme pour se joindre à l'effort. Depuis quelques temps nous ne voyons plus que le mâle venir et pour cause, madame s'apprête à pondre. Celle-ci a arrêté la chasse et attend que monsieur viennent la nourrir. Chez certains rapaces, la couche de gras présent chez la femelle détermine le nombre d'oeuf. Plus le mâle est bon chasseur et peut assurer le nourrissage de la femelle, signe qu'il est fiable pour subvenir au besoin d'un grand nombre d'oisillons et que les rongeurs sont abondants, plus il y aura de jeunes au nid.

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Nous avons même pu à la toute fin du confinement, observer l'envolé de petits crécerelles. Nous n'en sommes pas sur mais nous pensons qu'il s'agit du couple nichant dans le parc que nous avons pu observer à deux ou trois reprises. Voilà un jeune mâle et une jeune femelles, sans doute frères et soeurs, accrochés tant bien que mal sur le grand immeuble qui fait office la plupart du temps de reposoir à leurs géniteurs, las de leur rôle font comprendre à leurs enfants qu'il est temps de prendre leur indépendance plus ou moins violemment.

DSCN1835 (3)C'est le dernier de la liste, l'épervier d'Europe (Accipiter nisus). Celui-ci tourne haut dans le ciel en compagnie de martinets à ventre blanc qui ne se gênent pas pour lui faire comprendre qu'il n'est pas le bien venu du fait de son statut de prédateur. Le torse légèrement roux indique qu'il  s'agit d'un mâle, la femelle étant entièrement blanche et grise. C'est une espèce discrète, spécialisée dans la chasse des petits oiseaux, un trait de caractère qui s'observe au doigt médian de ses pattes qui est beaucoup plus long pour attraper les passereaux en vol plus facilement. Il préfère chasser dans les milieux ouverts entourés de boisements mais on le trouve aussi en ville. La chasse y alors plus compliquée, les proies se réfugiant majoritairement dans les haies. Le taux de réussite est alors de 5% seulement. Néanmoins, l'affût aux mangeoires permet à l'épervier de faire un bien meilleur score.

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Voilà le martinet à ventre blanc (Tachymarptis melba), avec pour la photo de gauche une comparaison entre ce dernier et l'épervier. C'est un oiseau de belle envergure, pas moins de 55 à 60 centimètres. Pourtant c'est un poids plume avec 80 à 100 grammes et pour les plus gros, parfois 120 grammes. Ce martinet niche d'ordinaire sur les paroies rocheuses, de préférence en montagne. Pourtant il semble avoir trouvé son bonheur dans quelques villes de France dont la métropole lyonnaise où les grands immeubles leur offre une opportunité bienvenue pour nicher. Dans certains quartiers en Suisse, on peut rencontrer pas moins de 150 couples.

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C'est un migrateur qui revient d'Afrique tropicale aux alentours d'avril pour nicher en Europe. C'est un des oiseaux les plus rapides de France, pouvant aller à plus de 200 kilomètres heures quand il poursuit un congénère pour défendre son air de nidification ou le territoire de la colonie. Quand le soir tombe et qu'il n'est pas encore venu la période de reproduction, les martinets à ventre blanc montent en altitude et vont passer la nuit à dormir en volant. Un comportement épatant, d'autant plus quand on sait que les jeunes peuvent passer les trois premières années de leur vie sans se poser. Un record détenue par d'autres oiseaux comme les albatros.

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C'est un insectivore qui avec son large bec, saisi les insectes au vol. Il peut ainsi prélever des papillons et des mouches mais le plus souvent ce sont des moucherons, des moustiques et des drosophiles qui font les frais de cet habile chasseur. Au moment de nourrir les petits il rapporte au nid une boulette d'insectes tout englués qu'il met une vingtaine de minutes à fabriquer. Les oisillons seront alimentés avec ce régime pendant huit semaines avant de pouvoir prendre leur envol. Ils reviendront années après années dans le secteur sans pour autant s'installer au même endroit que leurs parents, les colonies vivant souvent côte à côte.

DSCN2985Un nouveau venu ! Le martinet noir (Apus apus) s'est joint à son cousin. Plus petit avec une envergure de 40 à 50 cm pour 45 gr, il arrive un peu plus tardivement. Tout aussi rapide, ses moeurs sont relativement similaires à l'exception qu'il se fait beaucoup moins alpin. Adapté à la construction humaine, on n'observe plu qu'en Corse des individus nicher dans leur habitat naturel : les falaises et les cavités des troncs d'arbres. On parle alors d'espèce anthropophile. Dès la fin juillet, il quitte la France pour retourner en Afrique, continent où il trouve suffisamment de nourriture, l'hiver n'étant pas la meilleure saison pour trouver des moucherons et d'autres petits insectes volants.

DSCN2980Toujours sur l'immeuble d'en face, qui est une source d'inspiration formidable, les martinets noirs s'affaîrent. 17 entrées d'aérations abandonnées font office de sie de nidification et déjà, quelques individus s'y engouffrent. On classe les oiseaux en trois catégories : les effleureurs qui passent à proximité pour voir s'il n'y a personne dans les cavités (entre 1 et 2 ans), les frappeurs qui entrent quitte à se faire déloger violemment (entre 2 et 3 ans) et les nicheurs, qui occupent le site (plus de 3 ans). Un couple de martinet met plus d'un an à préparer son nid. Pour cela il collecte des fils de toile d'araignée portés par les airs, des plumes et des brindilles légères. Ils sont aussi connus aussi pour leurs courses  poursuites, que l'on nomme chasses huantes. Souvent menées par les jeunes, elles permettent aux différentes colonies de délimiter leurs territoires. C'est là qu'ils peuvent atteindre 180 à 200 km/h. Depuis nous avons pu faire une autre observation très sympa, un couple s'étant installé sous nos fenêtres. Nous pourrons, avec un peu de chance, entendre les petits piailler depuis la toiture où ils sont installés.

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En voilà un qui se montre autant qu'il se fait entendre et qui chante matin et soir, accompagnant souvent notre levé. Très répandu, il présent dans une grande variabilité de milieu pour peu qu'il y ait des arbres. Ainsi les parcs urbains boisés, les forêts, les haies et autres bosquets sont pour lui un lieu tout trouvé pour nicher et se nourrir. Peu discret, on le reconnaît au brouhaha qu'il fait quand il cherche sa nourriture dans les feuilles mortes et à son cri caractéristique à son envol quand i lest dérangé. Son plumage noir et son bec jaune chez les mâles sont un autre élément de distinction. Les femelles sont de leur côté moins voyantes avec une livrée qui tire sur le roux et un bec gris-noir. Les jeunes sont similaires à l'exception des mâles qui ont le bec jaune.

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On peut parfois le confondre avec l'étourneau sansonnet, mais celui-ci est plus petit (à droite). Le merle noir mâle (à gauche) laisse voir une stature plus importante et ici, une gorge gonflée, prête au chant. Pesant entre 80 et 100 gr, son gabarit est souvent retenu pour évaluer et classer les autres passereaux dans les guides ornithologiques grand public. Il n'est pas toujours apprécié dans les jardins du fait de son appétence pour les fruits. Cependant il se nourrit avant tout de petits invertébrés, en particuliers de vers de terre qu'il récolte dans les pelouses rases et de larves de lépidoptères comme celles de tipules qui posent parfois problème dans les gazons.

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Les apiacées ce n'est jamais simple. Ici on croirait avoir une seule espèce et pourtant il y en a bien deux. À gauche, on se retrouve avec un cerfeuil des bois (Anthriscus sylvestris), la tige toute verte, poilue et aux fleurs dont certains pétales sont plus longs que les autres. Rien  à voir avec le cerfeuil penché (Chaerophyllum temulum) dont les pétales sont beaucoup plus uniformes et la tige teintée de pourpre ce qui lui vaut parfois d'être confondu à tort avec les ciguës. Si le premier est parfois consommé, le second est toxique et peut à l'ingestion provoquer des paralysies. Les deux aiment les lisières forestières, les haies et parfois la proximité de l'eau. Tout autant de raisons d'éviter de les confondre si on souhaite s'initier à la cuisine du cerfeuil des bois.

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Ils ne sont pas à l'abri des aléas du sol. S'il est courant de croiser des cerfeuils aux feuilles présentant des anomalies, en ville cette probabilité est plus élevé, le sol étant par endroits appauvri ou/et pollué. Ici il s'agit d'une dépigmentation, donnant au feuillage un motif sublime mais ne permettant pas à la plante la plupart du temps, de subvenir à ses besoin car manquant de chlorphyle pour synthétiser une partie de sa nourriture. Cela explique la fragilité de nombreux cultivars au feuillage dit panaché, souvent dû dans ce cas à une anomalie génétique.

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En voilà un que nous guettons chaque soir et qui est presque à chaque fois au rendez-vous. Il s'agit du héron cendré (Ardea cinerea), un bel oiseau d'un mètre de haut. La période de reproduction pour la plupart de ses congénères est bien entamée, et tandis que la plupart des hérons passent la nuit au nid, celui-ci vient pêcher à la tombée du jour et parfois se coucher dans l'alignement d'arbres qui nous fait face. Voilà seulement, il n'est plus le bienvenue depuis quelques jours, chassés par un couple de corneilles noires (Corvus corone) dont les petits sont nés depuis peu. Régulièrement, nous assistons à leurs course-poursuites presque tous les jours.

DSCN2155Hop, en deux coups de becs les poissons terminent dans le gosier du héron. Il profite de la faible hauteur d'eau pour se saisir des petites chevênes. Pour ce juvénile reconnaissable à son coup gris, c'est une aubaine, le lieu n'étant fréquenté qu'occasionnellement par un autre échassier et parfois par un vieux héron cendré au bec cassé qui traîne le plus souvent du côté du parc de Gerland. C'est d'ordinaire un oiseau farouche mais au fur et à mesure des jours et du confinement, celui-ci c'est montré de moins en moins timide, se laissant même approcher par les passants ou pointant le bout de son bec orangé dès 16 heures ou même 11 heures du matin quand il pleut et que les promeneurs se font rares comme ce 3 mai où il est accompagné dans sa pêche par un énorme silure glane (Silutus glanis) se tenant un peu plus loin et dont nous ne voyons que la nageoire dorsale dépasser de l'eau et quelques petits poissons sauter pour sauver leur vie à l'arrivée de ce monstre des rivières. À noter c'est le deuxième plus grand poisson d'eau douce d'Europe derrière le grand esturgeons (Huso huso) et figure dans le liste des 10 poissons d'eau douce les plus grand au monde avec l'estugeon blanc (Acipenser transmontanus) ou encore l'arapaïma (Arapaima gigas).

DSCN2170Pour en revenir au héron cendré, il lui faut 2 à 3 ans pour atteindre sa maturité sexuelle. Avec un peu de chance nous pourrons voir celui-ci pendnat un moment depuis chez nous. Nous ne sommes sans doute pas les seuls à assister à ce spectacle, l'oiseau étant présent de partout. Asie, Europe, Afrique, Amérique du Nord, Océanie et même Groélande, sans oublier un détour par le Brésil, on peut dire que c'est une espèce qui sait s'adapter à son environnement, celui-ci aimant tout autant les prairies humides, les plages, les mangroves, les marais ou les lagunes pour peu qu'il y ait du poisson, des amphibiens, des insectes ou des rongeurs.

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Ce n'est pas le seul échassier à apprécier le coin. Nous voyons de temps à autre une aigrette garzette (Egretta garzetta) venir l'hiver. Printemps oblige, cela faisait bien longtemps qu'il n'y en avait pas eu une sur les rives bétonées. Celle-ci s'est pointée au bout du 43 jours de confinement. Contrairement au héron, elle semble préférer les eaux plus vives, en particulier quand c'es suote à la tombée de la pluie. La voir affronter le courant a de quoi déclancher quelques rires chez nous. C'est une espèce qui appartient elle aussi à la famille des hérons mais de plus petit gabarit que le précédent, comme on peut le voir à côté des colverts, ne dépasse que rarement les 600 gr pour une envergure maximale d'environs un mètre et uen taille de 65 cm.

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Très attachée aux milieux humides, on la trouve sur les cotes et le long des fleuves, même si elle reste rare dans les terres et même absente dans certains départements. Ici, elle trouve de quoi ce nourrir. Elle possède un régime alimentaire varié, se nourrissant de crustacés, de petits poissons, de larves ou d'insectes. Pour les attraper, elle peut brasser le fond de l'eau vaseux pour faire remonter les invertébrés à la surface, ouvrir des ails pour attirer les poissons par cette ombre bienvenue ou encore, pêcher en affût et déployer brutalement son cou pour harponner de son bec en un éclair une proie malchanceuse ou s'approchant imprudemment trop près de la surface.

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DSCN2335Des poissons qui plaisent aux oiseaux pêcheurs, dans le petit bout de l'estuaire de l'Yzeron que nous observons, il y en a des centaines et des centianres. Nous avons enfin pu prendre le temps de les observer et de les identifier. Voici Bubulle, une superbe carpe koï (Cyprinus rubrofuscus) ou nommée aussi carpe d'ornement d'une 20aine de cm et qui, normalement, ne devrait pas se retrouver dans le Rhône. En effet il s'agit d'un poisson d'agrément qui trouve d'ordinaire sa place dans les bassins et les mares. On peut supposer qu'il a soit été relâché dans le Rhône volontairement, soit utilisé comme appât à la pêche en raison de sa couleur attirant les poissons carnassiers comme le brochet. Ces deux pratiques l'une comme l'autre sont interdites. Outre le fait de mettre un animal dans un milieu qui n'est pas le sien, il peut conduire à l'installation d'une espèce invasive/EEE (Espèce Envahissante Exotique) et/ou, à l'appauvrissement génétique d'une espèce souche. Pour l'heure Bubulle ne semble pas poser de problème et échapper aux prédateurs comme les silures et les hérons. C'est par l'ensemble de tâches noires que l'on distingue à sur sa queue que nous parvenons à le reconnaitre, celles-ci étant semblables à des empreintes digitales. À savoir, c'est l'une des plus anciennes espèces de poisson domestiqué connue à l'heure actuelle.

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Restons dans le domaine avec la carpe commun (Cyprinus carpio). Ce gros poisson herbivore pouvant atteindre dans la nature pas loin de 8 à 10 kg (30 à 35 kg pour les plus grosses) et 60 à 80 cm, se reconnaît à sa bouche aux lèvres claires qui lui servent à brouter le fond de l'eau. Ubiquiste, on la rencontre aussi bien dans les rivières, les étangs et les canaux du moment que le courant y est faible, voire là où les aux les eaux stagnantes. Elle aime tout particulièrement les zones envasées et partage souvent la compagnie des brèmes comme sur la seconde photo où les deux poissons sont côté à côte, le plus petit des deux étant la brème. Péchée depuis au moins le néolithique, la carpe bien que moins consommé à notre époque moderne reste un poisson de choix.

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Nous sommes vendredi 8 mai, et pendant 2 heures, nous avons pu voir un ballet incroyable. 21 carpes, mais sans doute bien plus, défilent devantn os yeux, se préparant au frais. Certaines font une trentaine de centimètres, d'autres pas loin d'un mètre. Les voir tourner et se poursuivre dans moins d'un mètre d'eau arrête la plus par des passants peu habitués à ce spectacle. Pour notre part nous ne l'avions pas vu depuis 2017, un an après notre arrivée. Parmi les poissons présents, il semble y avoir plusieurs sous-espèces : carpes miroirs, carpes cuire etc.

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La voilà la brème bordelière (Blicca bjoerkna), poisson au milieu de vie si typique qu'il sert même d'indicateur. Ainsi si vous êtes dans une dans la zone dite « zone à brème », cela indique que vous êtes à l'exutoire d'une rivière ou dans un fleuve et que vous pouvez croiser des carpes, des sandres, des brochets, des silures ou encore des gardons. Cette brème se reconnaît à son dos trapu, presque bossu et à ses nageoires teintes d'oragné à la base. Longue de 25 à 30 cm, elle est souvent une proie de choix bien que délaissée par les pêcheurs. Poisson filtreur quand il est jeune, cette espèce se nourrie aussi bien de vers, d'insectes et de débris de plantes au fond de l'eau avec sa bouche orientée vers le bas. On a découvert qu'elle était l'une des espèces pouvant consommer la moule zébrée (Dreissena polymorpha), une espèce asiatique invasive pouvant obstruer les sorties d'eau.

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On trouve aussi de beaucoup plus petits poissons. À gauche il s'agit d'un groupe d'ablettes (Alburnus alburnus), un espèce grande 8 à 18 cm, aux écailles argentées et souvent appréciée des carnassiers, ce qui leur vaut d'être courament utilisés comme leurre pour la pêche au gros. Bien que petites, les ablettes peuvent vivre 6 ans, si elles sont assez habiles pour éviter tous les danger de la rivière. À droite il s'agit de eux jeunes perches communes (Perca fluviatilis), reconnaissables à leurs zébrures. Adulte, elle atteint 20 cm et se nourrie alors d'alevins, de crustacés, d'insectes et de petits poissons tel que l'abelettes. Nous avons donc le loisir de voire les proies et les prédateurs se cotoyer dans les mêmes eaux, sans pour autant voir de perches adultes. Il semble y avoir là plusieurs sous-espèces : carpes miroires, carpes cuires etc. à la vue des flancs.

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Cependant, le poisson qui nous fascine le plus n'est pas de ceux que je vous ai présenté jusqu'à là. Il s'agit de la chevesne (Squalius cephalus), et dont les belles nageoires rouges attirent notre oeil. Si on l'a trouve le plus souvent dans les rivières à truites et à saumons, elle se montre peut difficile et se développe sans mal dans le Rhône et dans ses affluents. Omnivore, c'est ce qui lui permet de se plaire dans une grande variabilité de milieu pour peu qu'elle puisse former des bancs avec d'autres congénères. Si nous observons des individus dépassants rarement 20 cm, il faut savoir que les plus gros peuvent atteindre 80 cm pour 4 kg.

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Dans nos sociétés modernes, la chevesne n'est plus un poisson prisé en raison de ses nombreuses arrêtes, hormis en friture quand il s'agit de juvéniles. Autrefois, il était courant de le cuire au four ou en court bouillon. Néanmoins, elle reste très populaire dans les pays de l'Est où on la consomme bouillie, frite, farcie ou fumée. Présente en nombre dans toute l'Europe, elle représente une manne financière pour de nombreux ports de pêches des grands fleuves. Classé dans les poissons  chair blanche, il est riche en protéine et pauvre en calories.

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Voilà où se donne rendez-vous toute la poiscaille du coin. Si l'endroit ne paye pas de mine, on arrive en quelques pas à plus d'un mètre de fond, et croyez moi, j'en ai déjà fait les frais. La pente douce permet d'observer les poissons par ordre de grandeurs, les petits se tenant plus proche du pont, là où la hauteur d'eau est la moins importante et où, hélas pour eux, les hérons et les aigrettes les saisissent sans mal. Les gros sont un plus loin, afin de pouvoir se mouvoir sans s'échouer mais pas sans tomber nez à nez avec le hameçon des pêcheurs qui cherchent là, le plus souvent, de quoi faire un bon stock d'appâts ou un peu de pêche sportive avec les silures.

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Les photos le rendent mal, mais quand on parle de bancs dans le rivière Yzeron, on parle de centaines et de centaines de poissons qui, serrés les uns contre les autres, suivent le rythme lent de l'eau. Certains sont là pour frayer, d'autres pour échapper aux prédateurs ou au contraire, pour trouver de quoi se nourrir et d'autres encore viennent y chercher des eaux calmes ou riches en oxygène. Tout autant de raisons qui explique leur multiplicité.

DSCN2778Tout n'est pas si rose. De nombreux poissons flottes morts au fur et à mesure que la pluie se fait attendre. Pour autant il faut être prudent dans la conclusion et si la pollution reste une éventualité, il ne faut pas oublier qu'il peut y avoir bien d'autres raisons. Faible teneur en l'oxygène de l'eau, sédimentation de celle-ci, trop hautes ou trop faibles températures, bactéries, champignons, virus, promiscuités entre les animaux ... le choix est vaste et souvent multiple. Nous l'avons surtout observé sur des brêmes bordelière (Blicca bjoerkna) mais aussi sur les brèmes communes (Abramis brama) qui, aimant le fond, sont beaucoup plus grosses et beaucoup plus difficiles à photographier. Pour les chesvenes et les ablettes, ce sont les poissons que nous avons observé avec le plus de dégâts aux nageoires, surtout chez les petits individus. Peut être est-ce dû à une forte prédation dans le secteur, des chasses étant souvent observées depuis la fenêtre. Pour les dégradations corporelles, il s'agit bien souvent de champignons. Ils sont présent sur toutes les espèces confondues, et cette brème en fin l'amère expérience.

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Parmi les infections que nous pensons avoir identifié, on peut parler des saprolégnioses, des micro-organismes de l'ordre des Chromista, et qui conduisent à des tâches blanches cotonneuses voire filamenteuses qui virent parfois au gris et provoque des nécroses dermiques ulcéreuses. Il y a aussi le Rhabdovirus carpio, un virus qui produit la virémie printanier et qui s'identifie à des saignements cutanés, en particulier au niveau de la queue. Ces maladies s'installent bien souvent sur des plaies et/ou quand l'eau à un pH acide.

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Voilà une fleur typique du début du printemps. La stellaire holostée (Stellaria holostea) se reconnaît à ses pétales blancs semi bifides, c'est à dire divisés en deux jusqu'au milieu mais aussi à ses tiges renflées à leur extrémité, un peu comme le serait des os. D'ailleurs c'est de là qu'elle porte son nom d'holostée, qui signifie "fait d'os". Plutôt forestière, elle pousse sur les talus ombragés en lisière et dans les forêts, sur des sols riches en humus. Dans l'usage traditionnel, et selon la théorie des signatures, on pensait qu'elle pouvait soigner les fractures - ce qui n'en est rien. Les jeunes pousses peuvent être utilisées en salade mais pour ma part je préfère les laisser aux chenilles de papillons de nuit qui en font leur alimentation unique, à l'instar de la noctuelle héliaque (Panemeria tenebrata), un petit papillon brun et orangé avec une grande variabilité de motifs.

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Autre plante du moment, la petite pimprenelle (Sangisorba minor) dont les rosettes aux feuilles tendres s'étallent dans l'herbe. C'est le moment de les récolter pour les manger en salade, leur goût étant proche de celui de la pomme et du concombre. Riche en tanins en particulier au niveau des racines, elle fût par le passé utilisée comme anti-hémoragique. D'ordinaire elle pousse dans les pairies sèches et les sols pauvres. La voir au bord de l'eau dans une terre humifère est surprenant, sauf si on prend en compte le fait qu'à l'origine les rives de l'Yzeron étaient bétonnées et ont été entièrement restaurées, laissant ça et là des ourlets de sols sableux pauvres.

DSCN2046Un éclair jaune fend la surface l'eau et une course-poursuite s'engage devant nous. Il s'agit de deux mâles de bergeronettes des ruisseaux (Motacilla cinerea) qui se disputent le territoire. L'an dernier nous avons pu observer un couple nourrir et apprendre à chasser à leur jeune fraîchement émancipé. Il y a fort à parier qu'il en sera de même cette année. Ventre et croupion jaunes, sourcils et gorge blancs, dos gris souris et ailes couleur ardoise, on a là un oiseau superbe. Cependant elle ne serait être la seule à aborder ce plumage et il est aisé de la confondre avec la bergeronette printanière (Motacilla flava) et le bergeronette citrine (Motacilla citreola). Néanmoins ces deux dernières sont beaucoup moins courantes dans notre secteur et comportent beaucoup plus de jaune sur le ventre et/ou la tête. La bergeronnette des ruisseaux comme son nom le laisse entendre, est inféodée aux milieux d'eau vive. Elle niche dans les anfractuosités de la roche et des vieux bâtiments. Chez nous, c'est sur le vieux pont de l'avenue que le couple que nous suivons niche. Nous n'avons pas encore trouvé où exactement.

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C'est une migratrice qui entame dès septembre sa migration. Fuyant les hivers rigoureux et le risque de voir les cours d'eau qu'elle aime geler, elle se réfugie en Afrique et dans le bassin méditerranéen où elle s'assure ainsi d'avoir toujours des eaux libres lui offrant de quoi se nourrir. De retour en avril, parfois même plutôt, elle prend possession de son nid assez rapidement. Celui-ci est fait de végétaux. C'est là qu'elle pondra quatre à six oeufs qui seront couvés pendant deux semaines. Il en faudra deux de plus pour que les jeunes deviennent autonome. Le couple peut alors relancer une couvé pour juin ou juillet si les ressources sont suffisamment abondantes.

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La bergeronnette des ruisseaux est un oiseau insectivore. Elle chasse dans le lit des rivières, entre les galets et en eau peu profonde les mouches, les larves de phryganes (Phryganea) cachées dans leur fourreau, les nymphes et les argules que l'on nomme plus fréquemment poux de rivières (Argulus), de petits crustacés de 2 à 30 mm qui se fixent aux poissons pour s'en nourrir, le plus souvent au niveau de la tête. Bien que frêle avec une taille de 18 cm pour 15 à 23 gr, elle reste une redoutable chasseresse qui saisie ses proies sans difficulté.

DSCN2570 (3)La fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) est particulièrement énergique et hante à tue-tête, que ce soit en face de la fenêtre ou dans le bosquet d'à côté. Seul le mâle à la tête noire, la femelle abordant une jolie calotte rousse, ce qui permet de différencier aisément les deux sexes. Son chant mélodieux peut être confondu avec celui du merle, mais il est plus rapide et n'est pas flûté. D'ailleurs si vous voulez le découvrir, je vous invite à l'écouter sur le studio les trois becs. Elle peut même imiter d'autres espèces de passereaux comme le rossignol philomèle. On retrouve cette espèce dans les milieux ouverts, dans des boisements plutôt jeunes et les lisières de bois. Les ripisylves, les forêts de bord de rivière, figurent parmi les habitats qu'elle affectionne. Elle y trouve les insectes dont elle nourrie ses petits mais aussi les baies dont elle se gave à l'automne avant de partir en migration. Dérèglement climatique oblige, la douceur locale et l'abondance de nourriture incitent de plus en plus de fauvettes restent à l'année dans le Rhône. Les petits suivront le même chemin que leurs parents dès leur première année.

DSCN2556De celle-là, on s'en serait bien passé. Il s'agit de l'une des renouées invasives, au nombre de 3 : la renouée du Japon (Fallopia japonica), la renouée de Sakhaline (Fallopia sachalinensis) et la renouée de Bohème (Fallopia bohemica),  l'hybride des deux premières. Venues d'Asie et naturalisées en France au 19e, ce n'est seulement que depuis les années 50-60 qu'elles posent soucis. Certes elles ont des avantages, mais cela ne serait faire oublier qu'elles détruisent les berges, colonisent des milieux en conduisant la disparition d'un grand nombre d'espèces végétales et l'enthomofaune, elles concurrencent les autres plantes à fleurs en étant plus attractive pour les pollinisateurs et à terme transforment les paysages en déserts vert. Il faut aussi tordre le cou à l'idée courante selon laquelle elles pousseraient uniquement sur les sols pollués, ce qui est loin d'être le cas mais aussi, qu'elles sont dépolluantes. Certes elles captent une partie des métaux lourds du sol en se développant, mais dès que leurs parties aériennes fanent ou qu'elles même meurent, elles rendent cette pollution au sol, parfois même en surface là où les composants se trouvés profondément enfuient, ce qui contribue à rependre ceux-ci dans l'eau et dans la litière forestière. Il ne faut donc pas avoir peur de les traitr pour ce qu'elles sont, des invasives.

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Tournons la tête. À côté de nous, une mésange charbonnière (Parus major) est toute occupé à faire sa toilette. Sa large cravate noire se terminant entre ses pattes indique qu'il s'agit d'un mâle, la femelle ayant une plus petite cravate. C'est un passereau adapté à beaucoup de milieux du moment qu'il comporte des arbres. Les parcs, les forêts, les jardins, et les friches sont les lieux où on est presque toujours assuré de la voir ou de l'entendre. Vivant en couple à la période de reproduction, cette mésange devient plus grégaire à l'arrivée de l'automne et se déplace bien souvent en groupe que l'on peut observer aux mangeoires l'hiver. Insectes, bourgeons, fruits, graines et mêmes animaux morts, elle sait tirer profit de la moindre ressource de son territoire.

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Des cris se font entendre. De l'autre côté de la rivière, les jeunes mésanges charbonnières prennent leur indépendance. Les parents continuent de venir leur apporter de quoi se nourrir depuis 4 jours mais il leur faudra bien vite apprendre seuls. On reconnaît les juvéniles à leur jouent jaunes et non blanches, à leur plus petite taille à leur bec bordé de jaune, le jaune citron de leur ventre et de leurs ailes ainsi qu'à leur cravate peu marquée.

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DSCN2302 (2)Ô surprise ! Elle n'est pas seule ! Outre la mésange bleue (Cyanistes caeruleus) et la mésange noire (Periparus ater) qui traînent dans le coin, voilà que la mésange huppée (Lophophanes cristatus) s'invite ! Nous sommes ravies de l'observer car sans qu'elle soit rare, ce n'est pas courant pour nous de l'observer. Plumes dressées au dessus de la tête, motifs blancs et noires sur la face et ventre chamois, on ne peut pas la loupée. Le plus souvent on l'observe dans les conifères, à décortiquer les graines. À l'arrivée du printemps elle se tourne vers les insectes pour nourrir ses petits. Son nid est fait dans un entrelacement de branches, dans une cavité ou encore dans les vestiges d'un grand nid de rapace ou de corvidé. Fait de mousses, il peut contenir 5 à 8 oeufs. Couvés pendant pendant 2 semaines , il faudra encore 22 jours avant de les voir s'envoler et trouver leur propre territoire. Territoriale, elle le défend sans ménagement son espace de vie et ne se montre jamais grégaire. La plantation de plus en plus fréquente de pins et de cèdres favorise son expansion à travers tout le pays, mais on la rencontre aussi dans les parcs et les jardins.

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Un orage bienvenue s'invite dans la soirée, après des semaines de sec. Le lit de la rivière se gonfle, l'aigrette revient, les feuilles des robiniers faux acacia desséchées reprennent vie et les canards s'en donnent à coeur joie en barbotant gaîment. Le Rhône, comme la moitié du pays, est à la mi-avril classé dans les territoires dont les niveaux de précipitations sont très bas. Ajoutons à cela des températures records, et nous voilà à la limite de la sécheresse. Heureusement toute fin avril, voilà que la pluie tombe, et avec ça les arcs en ciel. Cependant ne crions pas victoire trop tôt. Depuis début mai, la tendance est aux fortes chaleurs voire très fortes, et il faudra encore bien des précipitations pour retrouver un niveau viable pour les nappes.

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Voici la lune du 4 mai qui se lève dès 17h14. C'est une lune croissante descendante. 87 % de  son disque est illuminé et on peut déjà voir un grand nombre des cratères des mers lunaires. Elle illumine la végétation sur notre retour à l'appartement. Cependant ce n'est pas la lune que nous attendons. Celle du 7 mai attire ma convoitise. Son lever est tardif : 21h24. Éclairée à 99%, il s'agit de la pleine lune et même d'une super lune ! Ce terme désigne une lune pleine qui se trouve à la plus petite distance possible entre cet astre et la terre. En résulte la possibilité d'en faire de très belles observations et des marées un peu plus marqué qu'à l'ordinaire.

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Passons du côté des corvidés avec les pies bavardes (Pica pica). Elles figurent parmi les espèces que j'adore, et pas seulement parce que son nom scientifique est le même que le cri d'un célèbre pokémon. C'est un oiseau facilement reconnaissable à son plumage noir et blanc irisé, à sa longue queue et à son vol battu. Très intelligente, la pie s'installe dans un grand nombre de milieux du moment qu'ils aient un espace ouvert. Elle a tendance à prendre place de plus en plus dans les espaces urbains, car elle supporte mal de vivre en compagnie du geai des chênes (Garrulus glandarius) qui plus forestier, voit ses populations augmenter sans que l'on sache encore exactement pourquoi. Les nichées de pies connaissent une baisse importante de leur taux de survie (jusqu'à 24%) si des nichées de geais se trouvent à proximité, expliquant cet exode observé.

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Il n'en fallait pas plus à certains pour décréter que leur nombre était trop important. Classée anciennement nuisible et désormais dans la clade des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts, on s'en donne à coeur joie pour la détruire. Tirs, piégeages, appelants et même corvicides, un mot poli pour dire poison, tout y passe. Son tort ? Être trop bruyantes pour les oreilles de certains, manger les graines destinées aux passereaux pour d'autres, becter des fruits et surtout, on l'accuse à tort de se nourrir d'oisillons voire du petit gibier. Dans les faits la pie se nourrie essentiellement d'insectes, ces derniers représentant dans la majorité des cas plus de 80 % de son alimentation. À ça s'ajoute des fruits, des charognes ainsi que quelques oeufs et/ou jeunes oiseaux dont les parents n'assurent pas la garde correctement. Elle joue de ce fait un rôle essentiel en permettant de maintenir la sélection naturelle des populations de passereaux qu'elle peut prédater. Ces faits ne sont pas nouveaux, et sont abondamment documentés par les études de terrain et la littérature scientifique. Hélas, les idées reçues ont la vie belles et de nombreuses mentalités ne sont pas prêtes de changer. Quand on lit sur les forums dédiés au tir et au piégeage des corvidés qu'il est regrettable de ne plus pouvoir tirer les moineaux ou les cigognes (et ce n'est pas anecdotique) parce que c'est "amusant", que l'on a encore beaucoup de chemin à faire.

DSCN2827J'adore les corneilles noires (Corvus corone). Celles-ci ont aussi mauvaise presse, si ce n'est plus que les pies bavardes. Depuis le début du confinement, nous pouvons observer un couple qui niche sur un platane qui nous fait face. L'an dernier, il avait mené à terme une couvée de trois jeunes que nous avons pu observer dans leur émancipation. Nous nous étions attachée à l'une d'elle, frêle et aux plumes décolorées comme tous les membres de sa famille. Pains, fast food et autres nourritures industrialisées sont un désastre pour les oiseaux, et nous nous en observons les conséquences directement sur ces animaux. Hélas, les parents entamant une nouvelle nichée, elle a été chassée du territoire malgré tous ses efforts pour rester en leur compagnie. Je ne m'attarderai pas beaucoup plus sur les corneilles. En effet, je prépare un petit article de derrière des fagot sur des observations folles que nous avons pu faire. Depuis le 3 avril, nous nous sommes aperçu qu'une puis deux corneilles avaient pris l'habitude de pêcher des poissons directement dans la rivière. Un fait rare et fascinant que nous essayons de documenter au mieux.

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Nous voilà à nous remettre à l'observation et à l'étude des arbres. À gauche, il s'agit de l'orme champêtre (Ulmus minor), une espèce qui se raréfie un peu partout en France, la faute à la graphiose. Cette maladie est véhiculée par des scolytes qui se nourrissent des écorces et par contact racinaire. Néanmoins, ce ne sont que les ormes de plus de 20 ans qui sont touchés. Celui-ci semble arrivé à la date fatidique. Il partage la même friche avec l'érable plane (Acer platanoides) à droite. Sa floraison est superbe et je ne prends que trop souvent le temps de l'observer. Elle a prit fin très vite pour être remplacé par des feuilles vertes mates.

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Quelle belle surprise ! Sur notre chemin de ballade nocturne et alors que la nuit tombe (d'où le flou, la luminosité de la photo étant trompeuse), un pic épeiche (Dendrocopos major) se pose juste devant nous dans un saule. On reconnaît ici qu'il s'agit d'une femelle, celle-ci ne présentant pas de calotte rouge à l'arrièe de la tête. Sautant de branche en branche, elle finit par partir dans le parc en poussant de nombreux cris. Selon les régions, la nidification s'établie entre mars et mai, et les premiers tambourinements sur les troncs pour ouvrir la saison des amours se font parfois entendre en décembre. Chez cette espèce, c'est surtout le mâle qui couve les 5 à 7 oeufs qui ont été pondue, la femelle le ravitaillant à heures régulières en insectes et graines.

DSCN2733 (2)Retour à l'appartement. Un bruit se fait entendre dans le ciel. Ce n'est pas un oiseau mais un Mavic 2 Enterprise Dual, un drone utilisé par les forces de l'ordre. Nous l'aurons vu tourner dans le secteur 5-6 fois, nous rappelant au passage que le quartier sans être chaud, n'est pas non plus des plus calmes. Inondation, vols, tentatives de cambriolage, voitures volées puis brûlées ou fracassées, agressions, immeubles en feu ... depuis notre fenêtre et surtout depuis notre arrivée il y a 4 ans nous en avons vu des vertes et des pas mures, mais cela serait dresser un portrait peu fidèle de notre coin de paradis. Certes la violence est présente, mais il faut dire aussi qu'Oullins n'est pas que cela. Commerces de proximité, poumon vert qu'est l'Yzeron, parcs et jardins, initiatives de solidarités entre habitants ... la liste est longue. À travers mon travail j'ai même pu organiser une sortie de découverte des oiseaux en ville, participer au collectif de compostage et je m'émerveille tous les jours des nombreux animaux et plantes que je peux croiser. Cela ne reste pas la campagne ni la montagne où nous rêvons de vivre, mais pour le moment le lieu nous siée bien.

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Un délicieux parfum vient se frotter à nos narines. Les robiniers faux-acacias (Robinia pseudoacacia), appelés à tort acacias dans le langage courant, sont en pleine floraison. Leur odeur lourde et sucrée attire de nombreux pollinisteurs à la recherche de nectar. C'est là un merveilleux moyen pour l'arbre de faire transporter son pollen vers un congénère et ainsi d'assurer sa descendance. Pollen qui, d'après des études toutes récentes, aurait la capacité de modifier les conditions météorologiques quand il est relâché dans l'atmosphères par beaucoup d'arbres en même temps, ce dernier se fractionnant et permettant aux gouttes de pluies de se former dans certaines conditions bien particulières. Fascinant. Entamée en mi-parcours de confinement, la floraison à hélas pris fin trois semaines plus tard. Fort heuresement, d'autres essences ont pris le relais.

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C'est le cas du sureau noir (Sambucus nigra), une essence que j'affectionne beaucoup. À l'heure où j'écris, quelques fleurs infuses dans un peu d'eau, de sucre et de citron au fond de mon frigo. Le mélange donnera à coup sûr une délicieuse limonade au goût floral. À l'automne il donne de délicieux fruits qui peuvent être consommées en sirop ou gelée. Cet étourneau ne s'y trompe pas mai il devra encore attendre un peu avant de s'en délecter. On peut le confondre avec les deux autres espèces de sureaux présentes ne France : le sureau rameux (Sambucus racemosa) aux fleurs en grappes et non en ombelles qui est plutôt inféodé aux montagne, et le sureau yèble (Sambucus ebulus) dépourvu de bois et entièrement toxique.

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Nous n'avons pas l'habitude de croiser devant l'immeuble cet oiseau pourtant si commun. Il s'agit de la tourterelle turque (Streptopelia decaocto). Petite et au plumage gris, on reconnaît ici qu'il s'agit d'un juvénile, les adultes abordant autour du cou un demi collier noir au niveau de la nuque. D'origine asiatique, elle a migré au XXe siècle pour prendre possession de l'Europe. En France, elle ne semble pas porter atteinte ni faire concurrence aux autres espèces animales et ne pas avoir d'incidence sur la flore. Granivore, on peut parfois l'observer au sol se nourrir des graines des herbacées et des arbres, mais elle peut aussi varier les plaisirs en picorant des insectes, des bourgeons ainsi que des fleurs. À cette période, la nidification de l'espèce est bien entamée.

DSCN1968 (2)Deuxième colombidé de la liste de ceux que nous avons pu observer. Il s'agit d'un pigeon colombin (Columba oenas), le plus petit pigeon de France et même d'Europe. On le reconnaît à son oeil noir, à son croupion blanc, à ses ailes grises et à son poitrail coloré. Attention à ne pas le confondre avec notre pigeon des villes dont certains ont des couleurs et des motifs très similaires. Il aime les grands parcs, les forêts mixtes non exploitées, les corps de ferme, les falaises, les pics rocheux et les vieux arbres dans lesquels il niche le plus souvent. Sur Oullins, plusieurs couples occupent les cavités des quelques platanes qui n'ont pas encore été abattus.

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Après le plus petit, voici le plus gros pigeon de France et d'Europe. Le pigeon ramier (Columba palumbus) est imposant, avec 500gr et plus pour les plus gros individus. La tâche blanche sur la nuque et une partie du cou chez les adultes permettent de le reconnaître du premier coup. La période de reproduction débute tôt, parfois en février ou en mars. Deux oeufs blancs assez gros sont pondus dans un nid plate-forme fait de branches dans les arbres. Comme pour d'autres oiseaux du même genre, il nourrit ses petits à base de lait de jabot, une substance laiteuse produite dans l'organe du même nom et qui est très riche en protéines et en lipides mais dépourvu de glucides. Les flamants et les manchots empereurs possèdent également cette faculté.

DSCN1648Voici le dernier de la liste, le pigeon biset (Columba livia). Il y a tant à dire sur sur lui. Moqué, dévalué, vu comme doué de peu d'intelligence et même sale, au première abord il est difficile de trouver un quelconque intérêt à l'animal. Et pourtant, son histoire est riche. Le pigeon biset des villes que nous connaissons est issu des grands élevages du Moyen Âge et de la Renaissance, voir même de ceux qui ont pris fin qu'au début du 20e siècle. À l'origine cette espèce est complètement sauvage, et vit sur les pourtour de la Méditerranée, en particulier en Espagne et reste rare en France. Certains fossiles vieux de 300 000 ans ont même été retrouvés en Palestine. Plus gris sur la tête, avec un paterne de couleur invariable, il préfère les falaises et les pitons rocheux. Farouche, il ne se laisse pas approcher. Tout l'inverse du pigeon urbain. Élevé pour sa chair, comme messager ou comme animal de compagnie, il a été pendant longtemps signe de richesse. Avoir autrefois un pigeonnier était signe de puissance, et plus celui-ci était gros, plus le nombre de pigeons était important et plus la fortune de son possesseur grande. Certains n'hésitez pas à faire construire des pigeonniers bien plus grands que nécessaire pour accueillir tous leurs oiseaux, se faisant passer pour plus riches qu'ils ne l'étaient. Cela se remarquait essentiellement au moment de marier les filles de la famille, où la dote perçue ne correspondait pas ce qu'elle aurait dû à la vu du dit pigeonnier. D'où l'expression "se faire pigeonner". Aujourd'hui la colombophilie est encore pratiquée, notamment à travers les concours de pigeons voyageurs que l'on peut reconnaître aux bagues en plastiques portées à leur patte. C'est le cas ici avec cette femelle qui le temps d'une journée a fait halte sur notre toiture. Michel, le pigeon que nous avons recueilli l'an dernier, y a bien tenté sa chance mais la belle, insensible aux sérénades, est repartie le lendemain.

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Les voilà nos deux rescapés, Jean-Claude à gauche et Michel à droite. Trouvés au sol l'an dernier après être tombés au sol, ils ont séjourné quelques temps chez nous avant de pouvoir prendre leur indépendance. Par chance, leur plumage à l'un comme à l'autreprésente des tâches et de singularités uniques qui nous permettent de les reconnaître parmi les autres pigeons. Ce sont là les vestiges de la sélection qui au fur et à mesure des siècles, a donné une grande variabilité de couleurs chez ces oiseaux, allant du blanc au noir, en passant par le blanc et toutes les variantes de gris et de beiges. Cependant, les oiseaux les plus claires semblent être ceux les plus prédatés et les pigeons domestiques ré-ensauvagés tendent à devenir de plus en plus gris même si des exceptions existent ça et là. Pour en revenir à nos protégés, si Jean Claude ne passe à notre fenêtre que très rarement, Michel s'y tient tous les jours et arrive parfois à grappiller quelques miettes.

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Michel est décidé à trouver l'amour. Le voilà qui se jette sur une pigeonne affairée à boire au bord de la rivière, au point de la faire tomber à l'eau. Bien que trempée, cela ne devrait pas être compliquée pour elle. Cependant nous l'observons s'ébattre et essayer désespérément de rejoindre la rive sans succès. Ne pouvant laisser l'animal se noyer sous nos fenêtres, me voilà plongée dans la rivière pour sauver la désespérée. Il lui en coûtera une nuit au sec et une sacrée chirurgie. En effet, ces pattes sont liées entre elles par un fil de pêche muni de plomb et certains de ces doigts nécrosés commençaient à se décrocher. Comme l'image, cela n'a rien de ragoûtant mais c'est une réalité, nos déchets tuent les pigeons mais aussi les cygnes, les cormorans, les aigrettes et bien d'autres oiseaux de la même manière. Même nos cheveux représente un risque en créant des nécroses autour des leurs doigts. Il aura fallu attendre plus d'une heure pour la libérer de ce fardeau, et même si elle en garde un lourd handicap, elle devrait sen sortir. Baptisée Micheline, elle ne convolera finalement pas en noce avec notre Michel.

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Il avait de quoi penser que notre ami Michel allait finir sur la béquille si n oubliait que les oiseaux possède un cloaque. Mais il semblerait qu'il ait trouvé l'amour à travers cette pigeonne nommée Georgette. Plus terne, elle est aussi estropiée aux pattes, ce qui pourrait laisser penser à un fétichisme du côté de notre ami emplumé dans le choix de ses conquêtes. Avec un peu de chance, ils mettrons rapidement une couvé de deux oeufs qu'ils pourront renouveler jusqu'à trois fois dans l'année. Il faudra attendre trois semaines pour les voir sortir de leurs oeufs, quatre pour quitter le nid et une de plus pour être pleinement indépendant, soit pas loin d'un mois et demi. Si on doit faire un rapide ratio entre le temps entre chaque ponte et leur nombre, Georgette et Michel seront parents à temps plein au moins six mois dans l'année ! Vous l'avez compris, je suis devenue une mère pigeon.

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En voilà un qui a dû suivre depuis sa branche et tout au long du confinement les feux de l'amour chez pigeons bisets. Il d'agit du pinson des arbres (Fringilla coelebs) et plus particulièrement d'une belle femelle à la vue de sa tête peu colorée. Nous le soupçonnant d'avoir niché en face de la fenêtre, tout comme le verdier d'Europe (Chloris chloris) et la mésange bleue (Cyanistes caeruleus) que nous parvenons à entendre chanter sans jamais pouvoir les photographier. Si nous l'avons vu tout l'hiver chercher des graines au sol, ce printemps il est plus discret, tout occupé qu'il est à chercher des insectes dans les arbres et arbustes pour nourrir ses petits.

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Je ne résiste pas à l'nevie de vous présenter encore quelques plantes du quartier. Lors de nos cinq sorties nocturnes, à la tombée de la nuit, nous sommes partis chasser avec notre appareil photo les grenouilles vertes (Pelophylax sp.) et les alytes accoucheurs (Alytes obstetricans), deux amphibiens qui depuis quelques temps bercent nos nuit de leurs chants quand le voisinage ne décide pas de nous faire partager sa musique à 2 heures du matin, ce qui est rare. Cette échappée est donc pour nous un véritable bol d'air, et nous laisse le temps de nous pencher sur l'iris d'eau (Iris pseudacorus) aux fleurs jaune d'or et sur la morelle douce amère (Solanum dulcamara), une espèce que je suis ravie de voir en zone urbaine, signe de l'ensauvagement de la ville.

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Si nos sorties sont aussi nocturne, outre le fait pour nous trouver seuls, c'est également pour observer les chauves-souris (Chiroptera). Dés les premières jours passés dans l'appartement, nous avons pu en observer une se s'accrocher dans une branche de robinier faux acacia avant de repartir en chasse. Cependant, elles se sont vite fait la mal, et c'est du côté du parc que nous avons dû aller traîner nos pieds pour les voir. Nous aurions dû, courant avril, fabriquer notre propre batbox pour écouter, enregistrer et identifier les cris et ainsi, savoir la quelle des nombreuses espèces à élue domicile sur la commune. Il faudra être encore un peu patient pour se lancer dans la construction et pouvoir jouer aux détectives nature.

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Jeune présentant un plumage brun-gris au niveau des ailes et un bec caractéristique car très peu coloré.

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Les cygnes tuberculés (Cygnus olor) ont animé un  bon nombre de nos journées. Le record est de pas moins 16 oiseaux au plumage blanc. Là aussi nous avons pu faire une étude approfondie de ces majestueux volatiles. Ce sont les plus gros d'Europe avec pas moins d'une envergure de 2 à 2,40 mètres et 13 kilos pour les plus gros. Beaucoup d'entre ont encore des plumes brunes, signe qu'ils sont des pré--adultes et que la reproduction n'est pas pour eux. D'ailleurs, nous pensons que leur présence peut tenir à cela, car chassés par les adultes reproducteurs ayant besoin d'un plus grand territoire à cette période de l'année, ils ont pu trouver refuge ici.

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Petite chorégraphie à apprendre par coeur en post-confinement pour se remettre à l'exercice.

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Les premiers temps, l'espace fût occupé par un couple, peut être celui de l'an dernier. Jour après jour nous avons pu observer leur parade nuptial : cou dressé, cou à droite, bec dans l'eau, à nouveau cou dressé, cou à gauche et nouveau bec dans l'eau. C'est un régale. Cependant monsieur, reconnaissable à son tubercule un peu plus gros au dessus du son bec orange, n'est pas près à partager. Le voilà occupé à chasser tous ceux qui s'approche. Seulement voilà, ils sont bien tenaces et semblent avoir fini par abdiqués, à moins qu'ils ne soient trop occupés à lancer la couvaison. Dès que les jeunes seront robustes, il y a fort à parier que toute la petite famille viendra de nouveau nous rendre visite, pour le plus grand bonheur des promeneurs qui sont nombreux à venir les voir, et hélas, à les nourrir de pain. L'an dernier, 70 cygnes sont morts en Alsace après en avoir ingéré.

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Bec plat, pattes palmés et aisance dans l'eau, nul doute que le cygne turberculé est un oiseau aquatique. Herbivore, il peut filtrer la vase avec son bec, pâturer les algues en immergeant son cou jusqu'au torse, brouter les prairies et les prés humides et même si l'occasion se présente, attraper des mollusques et des insectes. D'ailleurs, les derniers jours du confinement, les cygnes ont été à la fête. Un agent d'entretien semble avoir jeté l'intégralité de sa tonte dans la rivière. Voilà donc le repas servi pour les oiseaux qui s'empressent de s'y repaître, laissant la trace de leur passage dans la marrée verte. Là aussi je ne m'étendrai pas plus, ayant eu le temps pendant ces 55 jours de beaucoup écrire. Un article dédié spécialement aux cygnes européens et bien plus encore ne serait tarder dans les semaines à venir. D'autres espèces ce sont aussi faites tirer le protrait.

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Une dernière pour la route, avec la mauve sylvestre (Malva sylvestris) qui s'épanouie au bord de l'eau. Sa floraison rose, ses pétales veinés et ses feuilles rappelant la palmure d'un canard lui donne, je trouve, un charme fou. Riche ne tanin, ses fleurs peuvent être bues en infusion contre les mots de gorge, mais je préfère le plus souvent les laisser à la nature, de nombreux insectes en tirant usages. Je préfère collecter ses feuilles pour en faire des salades, des soupes ou des beignets farcies. Autant dire que la cuisine sauvage, ce n'est pas toujours voire rarement diététique avec moi.

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Les voilà les insectes dont en partie les pollinisteurs qui tirent profits des fleurs. Abeilles, coccinelles, cétoines dorées et papillons, tous ont profité que les tondeuses et débroussailleuses dorment au local. Seulement, depuis 10 jours elles tournent à plein carburateur et bien des espèces ont été rasés à ras, emportant dans leur mise à boule à zéro les oeufs et les larves de l'année. Cependant, certaines mentalités ont été ravies pendant ces quelques jours d'enfermement de ce retrouver sur un espace de nature permettant de remplacer les parcs, et il a fort à parier que dans bien des endroits, on peut verra la tonte drastique devenir plus douce et moins fréquente, au bénéfice de la biodiversité et du bien être de chacun des habitants.

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Voilà notre échappatoire, l'Yzeron.  C'est là que nous avons pu observer 55 espèces d'oiseaux pour seulement 1 espèce de mammifère, 1 espèce de reptile (le lézard de murailles), 9 espèces de poissons et 2 espèces d'amphibiens, soit 68 espèces de vertébrés à travers 1223 observatiosn rentrées sur le site de la LPO, Faune-France. Pour en revenir à la rivière , celle-ci serpente à travers 10 communes sur 25 kilomètres avant de se jeter dans le Rhône. Réaménagé sur une partie de son linéaire urbain, les 7 millions d'euros investis n'étaient pas de trop pour ce projet pilote et suivit au niveau de l'ONU. Peu à peu les effets se font ressentir, les crus sont moins violentes et mieux canalisées, la faune et la flore reviennent et le public profite de ce nouvel espace de vie. Il faudra cependant attendre encore plusieurs années pour que les écosystèmes installés deviennent pérennes.

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En voilà un autre que nous adorons, mal aimé comme la pie et la corneille. Il s'agit du rat surmulot (Ratus norvegcus), souvent confondu avec le rat noir (Rattus rattus), beaucoup plus rare car supplanté par le premier au court du 18e siècle. Le rat surmulot est aussi appelé rat brun en raison de la couleur de son pelage ou rat des égouts du fait de son incroyable capacité à s'installer un peu partout dans nos réseaux souterrains. Pouvant transmettre certaines maladies, en particulier via son urine et ses déjections, il est bien souvent piégé et cela, jusque dans la coure de notre immeuble. Cependant, son fort taux de reproduction et sa croissance rapide, ainsi que la nourriture toujours plus disponible en ville (poubelles, pain donné aux oiseaux, restes de Mac Do jetés sur la voie public etc.) lui permettent de maintenir sans mal sa population. Ainsi, on estime qu'il y a deux rats apr habitants dans Paris et qui galopent joyeusement sous leurs pieds. Une véritable société parallèle s'étend sous nos pieds, car les rats sont très intelligents et possèdent un  système d'organisation semblable au notre.

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Le confinement, ça aura été l'occasion pour moi d'amméliorer ma cuisine, et croyez le ou non, j'ai même réussie à perdre du poids (le vélo d'appartement n'y est pas pour rien). J'ai pu redécouvrir Gastronogeek et me perdre dans ses lives, prendre l'envie d'acheter des livres comme "le répertoire des saveurs" de Niki Segnit et m'apperçevoir que j'étais devenue allergique à la fraise. Pas de bol quand on sait que Thomas en ramène régulièrement des marchés et de l'exploitation où il travaille (ça et quelques kilos de pommes, de carottes et de patates). Heureusement, je trouve aussi mon réconfort dans les énormes salades qui accompagnent chacun de nos repas.

Aujourd'hui est le dernier jour du confinement. Demain une nouvelle forme de normalité s'installera et cela, pour un temps dont nous n'avons encore aucune idée. Il faudra réinventer pour nombreux d'entre nous nos métiers. Pour ma part, je poursuis le télétravail jusqu'à la fin mai, ce que je vis un peu comme le prolongement du confinement. Un dernier clape dans les mains, un regard vers l'Yzeron et l'envie d'évasion se fait plus fort que jamais. Au total 63 espèces ont été partagés sur le blog (qui a fêté ses 8 ans il y a un mois et demi) sur la centaine que nous avons vu (flore et faune confondues), de quoi nous rappeler que la ville grouille de vie. Et pour le coiffeur ? On attendra encore un peu ! Pour l'heure, je me consacre surtout à mes livres.

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lundi 11 mai 2020

Carnet de bord : nature et confinement.

Pendant quelques semaines, nous avons dû apprendre à changer nos habitudes. Nous ne sommes pas à plaindre, même si nous vivons dans un petit appartement en ville, il y a mille choses à faire et à voir. Voici le retour de ce que nous avons pu voir, vivre et expérimenter quotidiennement pendant ce confinement. Un journal de bords en sommes pour garder un souvenir de ce début de printemsp 2020.

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DSCN1621Jour 1 : Vivre sa maison.

On ne se laisse pas abattre, sans être plein, le frigo n'est pas vide. On s'installe pour la première journée aussi confortablement possible que nous le permet notre appartement de 29 m². Rouleaux de printemps maison, Twitch, Youtube, blog ... ce premier jour à des airs de vacance sans en être. Pour l'heure je suis dans l'attente des retours de ma direction. Chômage partiel, télétravail ... je suis dans le flou comme la plupart des entreprises et des associations devant faire face à une situation inédite. Je prends mon mal en patience et profiter de ma journée au lit.

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DSCN1624Jour 2 : Colère et incompréhension.

Grande nouvelle, je passe en télétravail. On pousse les meubles, on réorganise l'espace et on s'autorise 2 min à l'exterieur pour aller chercher les chaises de camping, histoire de pouvoir s'assoir ailleur que dans le canapé. Pas de jardin ni de balcon pour nous, mais deux fenêtres qui donne sur l'Yzeron, petite rivière au parcours urbain, un alignement d'abres ensauvagé et une magnifique barre d'immeuble. Pause de midi, je passe la tête dehors, deux gugus s'amusent à faire du bateau dans les 50 cm de fonds du cours d'eau. Idée brillante en cette période !

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DSCN1627Jour 3 : C'est le bordel.

Troisième jour de confinement, deuxième jour de télétravail et c'est déjà un poil le bazar. Il faut apprendre s'organiser pour vivre 24 h sur 24 h à deux dans un petit espace, même si ce n'est pas la première fois que nous nous retrouvons enfermé ensemble pour une longue période. Le linge sèche sagement dans un coin, le courrier s'entasse sur le canapé et nous retrouvons le plaisir de veiller tard, avec notamment la redécouverte de Stalker et de Zootycoon, deux jeux de notre enfance qui promettent de longues nuits sans sommeil. C'est l'occasion de jeter une oeil dans la bibliothèque.

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DSCN1636Jour 4 : Les corneilles noires.

Nous profitons d'une pause à 13 heures pour regarder dehors. Les oiseaux n'ont pas changé leurs pratiques, et nous prenons plaisir à voir que le couple de corneilles noires (Corvus corone) semble couver enfin. Nous allons de ce fait pouvoir suivre au fur et à mesure des jours l'évolution de la nidification. Elles ne sont pas les seules. À quelques mètres de là, un couple de merles noirs (Turdus merula) a choisi un arbre couvert de lierre pour s'installer et commencer à fonder leur famille. Malgré cela et pour la première fois, je suis complètement abattue par la situation.

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DSCN1648Jour 5 : Michel trouve l'amour !

Vous souvenez-vous de Michel et Jean Claude, les deux pigeons que nous avons élevé l'été dernier ? Si Jean Claude ne passe nous voir qu'une fois par semaine, Michel est là presque tous les jours à défendre son bout de rebord de fenêtre dont il a fait sa maison. Depuis peu il n'est plus seul et est accompagné d'une très belle pigeonne, au haut pedigree puisque celle-ci est baguée des bagues rouges et blanches des pigeons de concours ! Sacré Michel. Reste à savoir ce qui a convaincue cette dame pigeon de rester sur notre quartier d'Oullins plutôt que regagner son pigeonnier.

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DSCN1652Jour 6 : Retour à la base, l'orchidophilie.

Je me remets dans la botanique et surtout dans les orchidées. Quel plaisir trop longtemps oublié ! Sur le groupe facebook - Plantes sauvages "à découvrir" - que j'administre avec bien d'autres (pour ne citer que Nicolas, Natacha, Fabienne, Martin, Giles et Eric), on fait chauffer nos méninges pour répondre à toutes les demandes qui affluent pour identifier les plantes des jardins mais aussi les archives photos dans lesquels certains se sont replongés. Cela me change les idées et me fait oublier pour un temps la musique du voisin qui tourne en boucle depuis le premier jour ...

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DSCN1665Jour 7 : Un gâteau doublement maison.

Qu'il est bon ce gâteau, toujours en intérieur certes, mais auprès de ceux que j'aime, la visioconférence étant salvateur dans une situation comme celle-ci. Les presque 28 bougies souflées, il est temps de se mettre au lit. La journée a été bien remplit, le télétravail n'étant pas de tout repos. Entre les visioconférences, les dates à déplacer, les partenaires à contacter, les coûts à estimer et les nouvelles propositions à faire, il y a de quoi trouver du travail pour quelques jours. Les écoles et les centres d'acceuils pour mineurs sont fermés jusqu'au 4 mai. Pour l'animation nature, on oublie.

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DSCN1661Jour 8 : Ceux qui sont en famille.

Ils sont revenus ! Il y deux jours ces 10 petits canetons et leur mère étaient passés sous nos fenêtres sans donner de nouvelles depuis. Les voilà de nouveau en bas de chez nous à barboter joyeusement dans l'eau de l'Yzeron, au milieu des croûtons de pain, des pigeons et des rats surmulots. Tous les ans nous avons droit à ce spectacle qui nous réjouit. Il y a deux ans, nous avons même pu suivre les aventures d'une canne avec 21 petits et qui conduisit 19 d'entre eux à l'âge adulte, remplissant le canal de canards, avec une journée records avec 75 colverts dont 59 canetons.

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DSCN1702Jour 9 : Révélation !

Cela fait longtemps que nous nous demandons ce qu'est cet arbre qui, en face de chez nous, prend une jolie teinte sur ces branches quand les autres sont encore nus. À chaque fois nous avons raté le court moment où sont à profusions ces drôles de feuilles-fruits. Penchés sur la fenêtre, nous avons pu percer le secret de cet arbres, il s'agit d'un orme champêtre (Ulmus minor) ! Nous profitons de notre chance, la plupart des ormes mourant passé la vingtaine de la graphiose, une maladie dû au Ophiostoma ulmi, un pathogène ayant conduit à la raréfaction de l'espèce.

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DSCN1671Jour 10 : Se sentir unis.

Je me sens un peu seule dans notre imeuble. D'ordinaire nous croisond rarement des gens mais là, c'est désert. Ne se manifestent à nous que deux voisins avec la musique qui tourne à fond, ainsi que le chantier d'en face où les crachats s'accumulent dans la cours et où les gravats vont jusqu'à bloquer les portes de locataires furieux. Heureusement, 20 heures sonnent. Décrié par certains, ce moment c'est un bol d'air. On frappe des mains, on allume des bougies, on crie et le temps d'un instant on se sent un peu moins inutile, juste uni avec la barre HLM d'en face où tout le monde joue le jeu.

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DSCN1704Jour 11 : Quand les souris dansent.

Nous avons toujours eu l'habitude de voir passer des chats à nos fenêtres. Depuis quelques jours, ils sont plus nombreux et se montrent aussi bien en journée qu'à la tombée de la nuit. Si certains semblent sauvages, la plupart sont des chats d'appartements qui s'offrent de temps à autre une petite escapade. Si cela peut sembler amusant, il ne faut pas oublier que les chats domestiques en sont une des principales causes de disparition des oiseaux, pas moins de 12 millions pour la France métropolitaine. Ici, ils semblent plus attirés par la sortie des égouts où les rats sont nombreux

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DSCN1713Jour 12 : La nature s'éveille.

Un autre coup d'oeil par la fenêtre, un autre arbre. Le reconnaissez vous ? C'est l'erable mais pas n'importe le quel, l'érable plane (Acer platanoides). Je n'ai jamais vraiment pris le temps d'admirer sa floraison, maintenant je le regrette. Si en premier lieu on peut penser à un bouquet de feuille de loin, en prenant le temps de lever les yeux on s'apperçoit qu'il s'agit en réalité de fleurs vertes disposées en délicats bouquets tels des pompons au sommet des branches de l'année. L'érable plane peut tout aussi bien être monoïque ou dioïque, les fleurs des deux sexes étant semblables.

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DSCN1741Jour 13 : Michel, le retour à la maison.

Nous y avons cru mais hélas, Michel est de nouveau seul, sa pigeonne n'ayant pas montrer depuis le bout de son bec. La période est tendu pour les pigeons bisets des villes (Columba livia). Les passants les nourrissent moins et sur notre fenêtre, la bataille fait rage. Convoité de tous, ce poste d'observation est devenu LA place pour séduire de la donzelle et grappiller quelques miettes. En guerrier, Michel défend avec honneur son chez lui et, de cette lutte, aorde même une vilaine cicatrice au coin du bécot. Fort heureusement, la cicatrice semble disparaître peu à peu.

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DSCN1745Jour 14 : Les oubliés de l'Hiver.

La plupart des mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) ont pris le large, en particulier dans la Loire où se trouve l'un des plus grands sites de reproduction de France et d'Europe. Depuis nous ne voyons plus les grands rassemblements qui se formaient devant chez nous. Pourtant, celle-ci semble avoir loupée le coche. C'est bien normal, il s'agit d'un jeune individu reconnaissable à sa tête dépourvue de noir en cette saison et à ses plumes brunes visible sur les ailes et la queue. Il lui faudra attendre l'an prochain pour s'envoler en direction d'autres contrées.

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DSCN1762Jour 15 : Il y a de l'amour dans l'air.

Outre la guerre qui fait rage sur notre rebord de fenêtre, le bout bétonné de la rivière Yzeron qui passe devant chez nous fait lui aussi l'objet de convoitise. Depuis quelques jours le jeune cygne qui aimait y séjourné ne se présente plus, chassé par un couple fort agressif qui doit aussi dissuader quatre autres cygnes tuberculés de s'y installer (Cygnus olor). Cependant, le temps n'est plus à l'affrontement mais à l'amour, les eux tourtereaux ayant engagés cet après-midi un bal amoureux. Peut être les verrons-nous comme chaque année, se promener avec leurs cygneaux.

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DSCN1794Jour 16 : Petit baigneur.

Un joli rat gambade sur la rive d'enface. Il profite de l'absence de promeneurs pour se jeter à l'eau pour un bon bain, toujours en prenant garde de ne par trop s'éloigner de la terre ferme, de gros poissons venant chasser dans la rivière. Les rats ont mauvaises presse. Vecteurs de maladies, vivants dans les égouts et se nourrissant de nos déchets, ils ont peu de choses pour eux au premier abord. Et pourtant, affectueux, intelligents, s'adaptant à bien des conditions et des situations, faisant preuve d'organisation, je trouve pour ma part qu'ils ont tout pour plaire. Je les adore.

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DSCN1852Jour 17 : C'est la guerre !

Ce matin dans les arbres, c'est la guerre. Les geais des chênes (Garrulus glandarius) braillent à plein poumons. Régulièrement nous en entendons plus que nous voyons 4 à 6 individus se faisant chamaille. La nidification approche et les couples deviennent territoriaux. Tout cela n'est pas vu d'un bon oeil par les deux corneilles noires (Corvus corone) qui nichent dans le grand platane qui surplombe. De ce côté là rien de nouveaux, la nidification ne semble pas évoluer. Nous sommes impatient de voir les oisillons réclamer leur premier repas à leurs parents.

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DSCN1886Jour 18 : Incroyable observation.

Restons avec les corneilles noires (Corvus corone). Nous avons assistés à une scène plus que rare. Au milieu de l'eau, à 40-50 cm de la rive, une corneille se jette dans l'Yzeron, s'immergeant le bas ventre. Elle en ressort de là avec un poisson dans les doigts et part le déguster sur une branche. Preuve de cette action unique, les écailles sur son bec. Si cela est un peu documenté sur la côte, on n'en retrouve pratiquement pas de traces dans les lacs et les rivières ce qui nous laisse baba. Un exemple ICI, relaté par Ornithomedia et la spécialiste du muséum de Paris Marie-Lan Taÿ Pamart.

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DSCN1845 (2)Jour 19 : Ils sont là !

Cela fait plusieurs jours que nous attendons fébrilement le retour des martinets à ventre blanc (Tachymarptis melba). Les voilà enfin ! C'est un oiseau que nous portons tout particulièrement dans notre coeur. Les premiers cris entendus nous ont fait bondir de joie. En y regardant de plus près, bien que la photo ne soit pas des plus nettes, ils n'étaient pas seuls ce jour là, un épervier d'Europe (Accipiter nisus) semant a zizanie dans le groupe de la quinzaine de martinets en lors en chasse. On peut alors aisément comparer la dimension des deux oiseaux.

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DSCN1964Jour 20 : Première sortie.

C'est notre toute première sortie autre que vivrière depuis le début du confinement. On en profite pour faire tourner la voiture, Thomas reprenant le travail le lendemain dans les vergers. C'est l'occasion pour moi de voir de plus près les centaines de poissons que nous observons depuis la fenêtre quand nous avons besoin de nous changer les idées. Parmi eu une carpe koï (Cyprinus carpio haematopterus). On peut supposé qu'elle a été relâchée là ou bien que, utilisée comme leurre vivant pour la pêche, elle ait réussi à s'échapper et à survivre pour atteindre cette taille.

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DSCN1807 (2)Jour 21 : Toujours l'attente.

L'attente des chauves-souris. Depuis le 1 avril, nous observons le ballet des chiroptères devant la fenêtre. Début avril nous en croisions une téméraire survolant l'Yzeron, allant jusqu'à se percher dans les arbres. Depuis, elle ne semble plus vouloir passer devant notre fenêtre. Difficile de savoir qui elle est, et si son comportement donne des indices, une photo de sa tête serait la bienvenue. Désormais, la belle et certaines de ses comparses, se sont mises à tourner au sommet de la barre HLM nous faisant face. Autant vous dire que l'on est mal parti pour les saisir sur le vif.

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DSCN2123Jour 22 : Une nouvelle venue.

La tourterelle turque (Streptopelia decaocto) est venue se poser face à la fenêtre. C'est un oiseau courant et pourtant, c'est la première fois que nous la voyons devant chez nous. La proximité de la rivière et les fortes températures laissent penser que la belle est venue chercher ici de quoi se désalterrer. Elle ne présente pas le colier noir caractéristique de son espèce, un élèment qui nous permet de dire sans trop de mal qu'il s'agit d'un jeune individu. Les adultes pour l'heure entâment leur saison de reproduction avec les premières pontes se profilant à l'horizon.

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DSCN2077Jour 23 : Au petit matin.

De chez moi je n'ai pas pu voir la lune rose,  ce n'est pas bien grave, le ciel me suffit largement. Thomas part à 6 heures et demi du matin pour aller travailler dans les vergers. Je profite souvent de son lever pour faire le mien. Dehors, il n'y a pas âme qui vive. J'aime tendre l'oreille à la fenêtre pour écouter le rouge queue noir (Phoenicurus ochruros) chanter de sa voix déraillée. C'est le premier d'une longue série, la fauvette noire (Sylvia atricapilla) prenant rapidement sa suite. À partir de 10 heurs, il n'y a plus que les martinets pour donner de la voix.

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DSCN2170Jour 24 : Le héron cendré.

Depuis hier, le jeune héron cendré (Ardea cinerea) qui aime venir pêcher au pied du pont ne se montre plus timide et s'affiche dès 16 heures là où il attendait d'ordinaire 9-10 heures. Nous avons même pu le filmer en pleine chasse ! Ce soir il s'est posé dans l'alignement de peupliers qui fait face à la piscine. Cette énorme boulle de gui (Viscum album), semblable à un nid dans le contre-jour, fait office de plateforme. Dérangé par un couple de promeneurs, il repartira se trouver un dortoir plus confortable du côté au parc Chabrière, qui depuis trois semaines a fermé ses portes.

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DSCN1824Jour 25 : Sur mon arbre perché.

Le pinson des arbres (Fringilla coeleb) est un peu plus discret que d'ordinaire et pour cause, c'est le grand moment de la nidification. Les mâles défendent encore de la voix leur territoire mais on sent bien qu'ils gardent désormais leur énergie pour tout autre chose. En effet les femelles comme celle-ci, affairées les semaines précédentes à construire leur nid, ont commencé à pondre et à couver. Il revient alors au mâle de la nourrir. Les petits naîtrons d'ici deux semaines. Deux parents ne seront pas de trop pour subvenir à leurs besoins. Ils prendront leur envole au bout de 15 jours.

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DSCN2049Jour 26 : Au bord du ruisseau.

Les bergeronettes des ruisseaux (Motacilla cinerea) sont des oiseaux superbes et reconnaissables à leur gorge, queue et croupion jaunes. Le mâle présente un ventre entièrement coloré en période nuptiale, ce qui permet de voir qu'il s'agit ici d'une femelle d'où les flancs blancs. Se nourrissant d'insectes et de larves aquatiques vivant entre les graviers et les galets, c'est une espèce inféodée à l'eau. La nidification intervient le plus souvent en avril, et le nid est construit dans un trou d'une rive, d'un mur ou d'un arbre au-dessus d'une rivière ou d'un ruisseau calme.

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DSCN2302 (2)Jour 27 : Une nouvelle espèce.

Nous savions que des mésanges huppées (Lophophanes cristatus) étaient présentent dans le coin, mais nous ne les avions jamais vus. Voilà chose faite. Il ne faut pas être devin pour comprendre que c'est la belle huppe de plumes noires et blanches qui surplombent leur tête qui leur a valu leur nom. Elles aiment les conifères dont elles consomment les graines quand la saison ne leur permet pas de trouver des insectes ou des araignées dans les branchages. Farouches, elles se montrent rarement à découvert, profitant du feuillage pour se mettre à l'abri des prédateur comme l'épervier.

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DSCN2055Jour 28 : La saison des nids.

Les étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) sont concentrés. En effet chaque couple a investi une cavité dans laquelle il a installé son nid. La ponte commence à pointer le bout se son nid et il faut se presser d'aller chercher les dernières plumes et brindilles pour aménager cet espace de vie. C'est peut être ce que s'est dit ce bel adulte au plumage coloré et au bec bien remplit. Il a prit appuie sur la branche d'un érable plane (Acer platanoides) où les feuilles commence à bien se développer, chose absente si on regarde à la date du jour 12, soit deux semaines plutôt.

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DSCN2267Jour 29 : Toujours sur le qui-vive.

Voici un beau merle noir (Turdus merula), reconnaissable à son plumage noir et à son bec jaune. En ce moment, il chante à plein poumon et surtout, il prend beaucoup de temps à chasser les autres mâles de son territoire. La femelle elle, à trouver refuge dans un tronc couvert de lierre où elle couve ses oeufs à l'abris des regards. Installer en face de notre fenêtre, de l'autre côté de la rivière, nous pouvons à loisir suivre leurs aventures et entendre leurs cris. I lfaut compter deux à trois semaines pour la couvaison et deux semaines avant l'envol des petits.

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DSCN2288Jour 30 : Bavardons un peu.

Si elles se faisaient bruyantes, les pies bavardes (Pica pica) le sont beaucoup moins depuis quelques semaines. Tête et gorge noire, ventre blanc, longue queue et démarche sautillante, la pie dans l'imaginaire est une terrible voleuse. Hors, il n'en est rien, et les vols sont non seulement peu courant mais pas nécessairement plus nombreux que ceux que l'on trouve chez d'autres corvidés ou même chez certains rapaces comme le balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) qui aime décorer son nid de morceaux de plastiques blancs. Comme on dit, à chacun ses goûts.

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DSCN1968 (2)Jour 31 : Encore un pigeon !

Oui, encore un pigeon mais pas n'importe lequel, le pigeon colombin (Columba oenas). Il fait parti des 4 colombidés que l'on peut observer depuis notre fenêtre et des 5 que l'on trouve en France Métropolitaine. Plus petit au point d'être le plus petit de sa famille en Europe, on le reconnaît à son oeil noir. Arboricole, il niche dans les cavités des grands arbres, en particulier les platanes. Il n'y a donc pas de hasard à ce que celui-ci se trouve une branche de cette espèce. Cela résout aussi le mystère du chant que nous entendions il y a quelques semaines de cela.

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DSCN2495Jour 32 : Un sauvetage.

L'image peut retourner l'estomac si on prend le temps de regarder les pattes de ce pauvre pigeon, cependant une image vaut parfois milles mots. Ce jour, nous sommes occupé à regarder par la fenêtre. Devant nous, une pigeonne en train de noyer. Pas le choix, je saute dans la rivière pour la récupérer et me retrouve avec l'eau au dessus du nombril. L'animal est mal au point mais sauf. La cause de la noyade ? Un fil de pêche avec des plombs qui relie ses deux pattes l'empêchant de marcher et ayant sectionné des doigts. Amis pécheurs, par pitié, ne laissez pas traîner vos déchets.

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DSCN2509Jour 33 : Liberté chérie !

Une bonne nuit de sommeil dans une cagette, deux séances pour retirer les doigts morts ainsi que les fils de pêche et les plombs pris dans les chairs, et voilà la pigeonne baptisée Micheline remise sur pattes. Le test de la marche validé, l'oiseau pouvant se déplacer chose dont il était incapable la veille au soir, voilà le moment de prendre l'envol et de prendre la direction de la liberté. Il est 7 heures, personne à l'horizon. Le jour fini de se lever et belle commence à s'agiter. C'est le moment de s'envoler. Avec les pigeons, on ne s'ennuie jamais. Une nouvelle passion ?

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DSCN2578 (2)Jour 34 : Un migrateur tardif.

Premiers arrivés de l'année, les milans royaux (Milvus milvus) sont désormais là. Nous en voyons de temps à autre passer dans le ciel depuis notre fenêtre. Avec une envergure de 175 à 195 centimètres, son corps roux, ses ailes brunes ornées de deux grandes tâches blanches et sa tête gris-bleuté, il ne passe pas inaperçu, même quand il est haut dans le ciel. Piètre chasseur, il consomme avant tout des poissons morts le long des berges des rivières, des fleuves et des étangs. Il peut cependant de temps à autre se tourner vers les petits rongeurs pris dans les pâles des faucheuses.

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DSCN2644 (2)Jour 35 : Une rencontre magique

Il est 21 heures, nous profitons de la tombée de la nuit et de quelques gouttes de pluie pour sortir. Dehors il n'y a personne, le bonheur. Malgré l'obscurité la faune est très active. Chauves-souris, canards, rats et petits passereaux d'en donnent à coeur joie. Soudain, une silhouette se détache de l'ombre pour se poser dans un un érable. Un crécerelle ? Un épervier ? Non, un faucon hobereau (Falco subbuteo) occupé à manger une grenouille. Nous n'en croyons pas nos yeux. Il s'agit sans doute d'un individu prenant une pause dans sa migration.

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DSCN2344 (2)Jour 36 : Le bal des rapaces.

L'image est floue, presque lointaine. Nous sommes à la tombée de la nuit. C'est encore un rapace migrateur qui passe à portée de notre fenêtre et comme chaque jours, nous prenons un peu plus conscience de la chance que nous avons de voir autant de rapaces alors que nous sommes en pleine ville. Ce sont en effet pas moins de 7 espèces qui se sont présentées à nous depuis le début du confinement. Ici il s'agit d'un milan noir (Milvus migrans), plus petit que son cousin le milan royal et moins abondant dans notre ciel. C'est un des derniers que nous verrons pendant cette période.

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DSCN2733 (2)Jour 37 : Sous haute surveillance.

Ce n'est pas un oiseau que nous voyons ce soir dans le ciel. Des hélices en guise d'ailes, une caméra pour les yeux, une carrosserie de métal pour plumage et un spot pour s'éclairer, un gros drone vol au dessus du square, peut être un Parrot Anafi. Personne en vue, le pilote semble ne pas être dans les parages. Engin privé piloté depuis un des immeubles du quartier ou équipement des forces de l'ordre pour surveiller qu'il n'y a as de trafics douteux, notre quartier étant un peu chaud, nous ne le serons pas. Peut être reviendra-t-il nous visiter dans quelques jours.

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DSCN2466 (2)Jour 38 : Un parfum si délicat.

Depuis des jours, une odeur de fleur délicat embaume l'air quand nous tendons le nez à la fenêtre. Les robiniers faux acacias (Robinia pseudoacacia) sont en fleur et leur parfum est délicieux. C'est en prenant le temps d'observer la floraison que nous avons remarqué pour la première fois que les pigeons ramiers inscrivaient volontiers à leur menu les bourgeons floraux du robinier mais qu'ils laissaient de côté les fleurs ouvertes. SI certains oiseaux tirent profit de l'arbre, nous voyons très peu voir aucun insecte butineur, une observation inquiétante à mon sens.

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DSCN2628Jour 39 : Le dernier de la famille.

Aujourd'hui je m'ennuie. Cependant, ce ne semble pas être le cas pour ces deux pigeons ramiers (Columba palumbus) qui sont pleins d'énergie. Si d'ordinaire on les croise volontiers dans les arbres, ils font exception en se posant sur la barre HLM qui nous fait face. Bien que massifs (il s'agit ici du plus gros pigeon d'Europe), ils ne font pas le poids face au couple de corneille nicheuse qui les chasseront sans ménagement. Désormais il ne nous manque plus que la très foretière tourterelle des bois (Streptopelia turtur) et nous aurons vu tous les colombidés de France depuis chez nous.

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DSCN1753 (2)Jour 40 : Petit mais bruyant !

Encore un rapace, l'un des plus communs si ce n'est le plus commun en ville : le faucon crécerelle (Falco tinnunculus). Ici il s'agit dela femelle, sa tête n'étant pas bleu-gris comme celle du mal mais restant barrée de noire au niveau de l'oeil. Depuis plusieurs jours voir semaines; nous ne la voyons plus, celle-ci ayant sans doute commencé à préparer la ponte. Nous avons cependant pu l'observer à se faire nourrir un au sommet d'un cèdre dans le parc d'à côté par son mâle. Au fil de nos sorties de janvier à mi-mars puis de nos constations à le fenêtre, nous avons comptabiliser 3 couples.

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DSCN2227Jour 41 : Décourir l'Yzeron.

Nous avons une chance inouïe. Bien que nous vivons en ville, nous avons un petit bout de nature qui tout les matins, s'offre à nous quand nous ouvrons les volets. Ils s'agit de l'Yzeron, rivière rhodanienne qui se jette dans le Rhône à un peu plus de 600 mètres de là. Longue de 25 km et prenant sa source dans les Monts lyonnais, elle termine sa course à Oullins. Elle est connue pour ses crues. L'année de notre arrivée, nous avons vu l'eau si bien monter qu'une partie des voitures des voisins furent emportées sous nos fenêtres. Depuis des aménagements ont permis de les limiter.

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DSCN2980Jour 42 : Martinet noir.

Les martinets noirs (Apus apus) sont arrivés à leur tour depuis quelques jours.  Plus petit,  affectionne les mêmes milieux urbains que son cousin le martinet à ventre blanc, avec un préférence pour des loges moins hautes. Nous avons déjà pu en voir trois regagner les vieilles bouches d'aération de l'immeuble d'en face pour nicher. Un bonheur pour nous qui avons beaucoup d'affection pour l'espèce. Faisant partis du groupe Martinets et Hirondelles de la LPO du Rhône, nous avons pu arpenter les rues l'an dernier à la recherche des sites de nidification.

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DSCN3090Jour 43 : Elle est revenue !

Auourd'hui il pleut. Cela semble plaire à l'aigrette garzette (Egretta garzetta) que nous n'avions pas revu depuis le début du confinement. Si elle ressemble aux hérons garde boeufs (Bubulcus ibis) qui fendent parfois notre ciel, elle s'en distingue par son long bec noir, ses pattes noirs aux doigts jaunes et à la longue plume à l'arrière à sa tête et qui porte son nom : l'aigrette. C'est cette même plume qui a manqué de peu de conduire l'espèce à sa disparation. Les longues plumes d'aigrettes étaient utilisées autres fois pour orner les chapeaux. Un temps, heureusement, révolue.

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DSCN2570 (2)Jour 44 : Un autre réveil.

Voilà encore un autre volatille qui accompagne de son chant notre réveil. La fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) a un chant proche de celui du merle mais beaucoup moins flutté et plus rapide que ce dernier. Il s'agit ici d'un mâle reconnaissable à sa calotte noire, la femlle en ayant une rousse. Vu comme les plumes sont hérissées sur sa tête, il y a fort à parier qu'il y ait un rival dans le coin qui convoite son territoire et peut être même sa femelle. Si tout ce passe bien pour lui, il pourra repartir en migration à la fin de l'été, mais certains individus restent à l'année, notamment à Oullins.

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DSCN2019Jour 45 : Un peu de couleure.

Les rives de l'Yzeron se colorent. Le lamier blanc, et lamier jaune et surtout le lamier maculé (Lamium maculatum) sont de la partie. Ce dernier se reconnaît à ses grandes fleurs violettes au labelle ponctué de violet et à ses feuilles souvent, mais pas toujours, maculées de blancs d'où son nom. On voit facilement qu'il appartient à la famille des lamiacées comme la sauge, la menthe et la mélisse grâce à sa tige carré et à sa fleur en symétrie à miroir. Cependant il n'a aucune odeur et n'a pas de goût particulier. J'utilise les fleurs séchées pour colorer les infusions en rouge.

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DSCN3081Jour 46 : pluie, pluie, pluie.

Voilà un temps à ne pas mettre le nez dehors, ça tombe bien, puisqu'on ne le peut pas. La ville prend des airs d'automne. Il fait froid, il fait gris et les rues deviennent encore plus silencieuses. J'adore cette ambiance où je peux me plonger dans mes pensées. Aujourd'hui c'est le 1er mai, Thomas travaille une partie de la journée au marcher et moi, je suis en congé Autant vous dire que j'ai pu profiter sans le moindre remord de cette matinée passée sous la couette à glandouiller. 10 heures, c'est le moment de se mettre à la fenêtre, de voir les gouttes tombées sur la rivière.

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DSCN2840Jour 47 : Un met de choix.

Ce soir le héron cendré est encore là, et il a de quoi se faire plaisir. Corps fuselé, nageoires rouges et flancs argentés, pas de doute il s'agît de la chevesne (Squalius cephalus). Des centaines d'entre elles viennent se réfugier quand les eaux sont calmes dans l'embouchure de l'Yzeron. Si elles sont loin de toute faire les 80 cm et les 4kg que certaines peuvent atteindre, on en trouve tout de même de belle taille. Cependant, celles qui finissent dans le bec de monsieur héron sont avant tout de plus petites chevesnes, souvent blessées ou fatiguées qui se réfugient sous le pont.

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DSCN3166Jour 48 : Le parfum du printemps.

Les sureaux noirs ne sentent plus, leur fleuraison à prit fin après 3 semaines de plein spectacle. Le sureau noir (Sambucus nigra) a prit le relaie. Plus suave, son odeur ne vient pas des fleurs en elles-mêmes mais d'un champignon microscopique vivant en symbiose sur les ombelles blanches. Avec les fleurs, on fait une délicieuse limonade, des beignets et des infusions. Avec les fruits, on obtient des sorbets, des gelées et des sirops. Les merles, les fauvettes et les étourneaux sont aussi amateurs des baies sucrées qui leur apporte beaucoup de calories.

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DSCN3237 (2)Jour 49 : Rencontre avec Woody

Le jour commence  àtomber, nous sortons dégourdir nos pieds. Un élcair rouge et vif passe devant nous. Il s'agit d'une femelle pic épeiche (Dendrocopos major). Nous n'en croyons pas nos yeux, la voilà à quelques pas de nous, pas timide pour un sous, affairée à gravir les branches d'un sol. En quelques battements d'ailes, elle se trouve de l'autre côté du chemin, dans le parc. Accrochée au tronc d'un sophore, elle lance une série de cris aigues avant de partir dans le bois. Sans doute cherche-t-elle de quoi nourrir son mâle resté dans la loge à couver ses oeufs.

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DSCN3283Jour 50 : Le bal des couleurs.

Nous nous y reprenons à plusieurs fois pour nous assurer que l'eau de l'Yzeron c'est bien maculé de vert. Une pollution ? Du pollen ? Des algues ? rien de tout cela, juste un reste de tonte jeté dans la rivière. Espérons que le courant emporte vite l'herbe et que celle-ci n'entraine pas une asphyxie chez les poissons comme cela s'observe ailleurs. Néanmoins le spectacle à quelque chose de charmant et pour le temps d'une soirée, j'oublie mes allergies naissantes, une première pour moi. Déjà que je ne peux que peu sortir, me voilà doublement confinée pour plusieurs jours.

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DSCN2248Jour 51 : Le grand envole.

Depuis trois jours, les jeunes mésanges charbonnières (Parus major) s'émancipent du nid qui nous fait face de l'autre côté de l'eau. Après avoir été couvés pendant deux semaines, ils seront choyés pendant trois de plus. Elles resteront encore deux à cinq jours à proximité du gîte familial à être nourrie par leurs parents avant de prendre leur envol. Pendant cette période, leur alimentation se compose essentiellement de chenilles. Un aubaine pour les cultivateurs et les jardiniers qui à cette période de l'année doivent protéger leurs cultures.

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DSCN3267Jour 52 : Un regard vers le ciel.

C'est la super lune. Ce 7 mai, son lever est tardif : 21h24. C'est une pleine lune éclairée à 99% qui projette une superbe lumière à l'ntérieur de l'appartement. On peut en voir les cratères et les mers. Ce sont là des paysages emplis de poésie. Super lune car elle la plus proche de la terre. C'est la dernière de l'année, ce qui lui vaut d'être si médiatique. Certaines croyances voudrait qu'elle accélère la croissance des champignons, mais la science a permit de trancher. Après des années d'études de terrain et d'analyses chiffrées, il s'avère que la lune n'a aucune influence sur la pousse.

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DSCN3451Jour 53 : L'Yzeron, notre bouée.

L'Yzeron nous aura sauvé pendant cette période de confinement en nous offrant de nombreuses espèces à observer. Aujourd'hui nous sommes gâtés, plus d'une vingtaine d'énormes carpes communes (Cyprinus carpio) passe devant chez nous. Le frais s'annonce tôt cette année, en partie à cause des fortes chaleurs. Dans le lot, il semble y avoir quelques individus issus des sélections menées par l'homme, en particulier avec des carpes ayant des traits de carpes miroirs et de carpes cuirs. Bref, c'est un domaine que nous avons très envie d'explorer.

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DSCN3522Jour 54 : La fougue de la jeunesse.

Dernière sortie avant le déconfinement, nous sortons très tôt pour profiter du calme des lieux mais aussi du chant des oiseaux qui se fait de plus ne plus tôt. Nous ne sommes pas déçus. Dans tousles sens ça piaille et pas qu'un peu. Les premières portées de mésanges charbonnières (Parus major) prennent leur envol. Nous en croisons 3, peut être même 4 et c'est toujours le même spectacle : des petits intrépides qui découvre le monde sous l'oeil vigilant de leurs parents qui viennent les nourrir de temps à autre en réponse à leurs cris incessants.

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DSCN3477Jour 55 : Urgence coiffeur ?

Enfin, voilà le dernier jour et le dernier clappement de main sonne. Demain ne sera pas un retour à la normale. Je suis encore pour trois semaines en télétravail complet, peut être plus, et cette idée me déprime bien que je sois heureuse que mon emploi ait été maintenu. Je ne sais pas de quoi serait fait nos lendemains, une chose est sûr, c'est que j'attendrai encore un peu avant de couper ma tignasse, car j'ai retrouver un vif intérêt pour les couettes et les tresses, intérêt que je compte mettre à profit du mieux que je peux. Bref, voilà la dernière note de ce carnet de bord improvisé.

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Voilà, le récit de confinement s'arrête là, enfin, pour la plupart d'entre nous. Ce n'est pas un retour à la normale, et il faudra encore bien des mois avant de sortir de cette drôle de situation. Je n'aurai jamais cru vivre une chose comme celle-ci, et désormais je suis en partie convaincue que nous y reviendrons tôt ou tard, autant se préparer et se former encore plus à la vie en autonomie. Bref, une aventure s'arrête, une autre se lance.

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dimanche 26 avril 2020

Sortie en campagne 13.

DSCN0028Plateau agricole d'Irigny dans le sud rhodanien. L'hiver est sur sa fin. Déjà des pointes vertes ici et là se dessinent dans les grands alignements de peupliers, et si la terre labourée reste nue, il n'en est pas même sur les abords des chemins colorés par les herbes jaunes et brunes. Le ciel est magnifique mais annonce aussi l'arrivée de la pluie, d'ailleurs nous n'y manquons pas et prenons sur la fin de notre excursion une averse glacée. Ce n'est pas grave, nous avons pu voir ce que nous voulions et nous émerveiller devant les oiseaux tels que le bruant zizi (Emberiza cirlus), l'un des premiers à chanter de la saison, mais aussi de belles plantes sauvages qui fleuriront d'ici quelques semaines. Ce pendant, on trouve ici bien d'autres espèces. Cerisiers, pommiers, poiriers, tomates, courges, pommes de terre et salades, le plateau est une terre maraîchère dont les étendues se coloreront au printemps des fleurs des fruitiers qui composent les nombreux vergers des la commune reconnaissables à leurs filets paragrêles.

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Lutter contre la grêle est une nécessitée pour les exploitants. En averse, la récolte de l'année peut être détruite. L'an dernier, les poires et les abricots ont été peu abondants, la faute à ce caprice climatique. Pour en revenir aux filets, ils ne sont étendus qu'une partie de l'année. La récolte finie, ils sont sagement repliés sur les tuteurs avant d'être dépliés l'année suivante. Entre temps les arbres sont taillés pour donner les plus beaux fruits.

DSCN00177 bergeronettes grises (Motacilla alba) parcourent un champ où quelques herbes commencent à s'intaller. Graines oubliées, petits vers et mouches cherchant le soleil, leur menu est varié. Ce sont de beaux oiseaux, sautillants aux plumes de la queue toujours agîtées. Inféodés aux milieux humides, on les rencontre également dans les cultures. Pour la nidification, elle se fait dans une anfractuosité rocheuse. 2 à 3 couvées peuvent s'y tenir.

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Dans une haie, les orites à longue queue (Aegithalos caudatus) sont à la recherche de nourriture. Longtemps appelées mésanges à longue queue, elles portent aujourd'hui celui d'ortie, la génétique ayant tranchée. Tête blanche, sourcil et ailes noires, flancs roses et petit bec gris, elles sont aisées à déterminer. C'est une des rares orites / mésanges à nicher non pas dans une cavité mais dans dans un buisson ou dans le lierre.

DSCN0322Dans le ciel, passe une buse variable (Buteo buteo), comme l'atteste la silhouette massive, les rémiges bien écartées, le V blanc sur la poitrine et le bec jaune. C'est une espèce qui a besoin d'espaces forestiers pour nicher et qui va tirer profit des champs et des prés pour chasser les rongeurs et à l'occasion, les reptiles et petits oiseaux de passage. Commune mais farouche, elle est difficile à approcher, même quand elle est dans les airs.

DSCN0511Une fumeterre pousse au pied des serres. Faute de photos détaillées, je ne suis pas en mesure de l'identifier. Peut être s'agit-il de la fumeterre officinal (Fumaria officinalis), aux pédoncules dressés et sépales petits et étroits.

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Cela ne se remarque pas, mais cette espèce appartient à la famille des Papaveraceae, au même titre que les coquelicots et les pavots. Appelée officinale, cette fumeterre était employée pour ses propriétés stimulantes, en raison de la fumarine contenue dans la plante qui à diverses doses peut se montrer toxique voire curarisante, c'est à dire qu'à l'instar du curare il détend les muscles dont le muscle cardiaque, prudence donc dans sa maniuplation.

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Voilà un oiseau que j'adore, le corbeau freux (Corvus frugilegus). Grande silhouette noir et bec gris fort, c'est une espèce ubiquiste, c'est à dire capable de s'adapter à une grande variabilité de milieux et de régimes alimentaires. De mauvaise réputation et associé à la mort du fait de sa fréquentation opportuniste par le passé des charniers et des décharges, il n'en reste pas un animal essentiel au bon fonctionnement des écosystèmes.

DSCN0331Les corbeaux ne sont pas seuls. Un troupe de choucas des tours (Coloeus monedula) s'est jointe à eux. Ces petits corvidés ce nourrissent dans les milieux ouverts comme les champs et les prairies. Ils nichent et passent la nuit de préférence sur des points élevés au-dessus du sol comme les falaises, les constructions humaines et les grands arbres du moment qu'ils possèdent des cavités permettant d'installer un nid et une couvée.

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Passage par la ferme. Les bergers allemands Mambo et James sont attentifs. Oreilles dressées mais regards doux, ce sont de paisibles gardiens fidèles à leur territoire. C'est une race apparue du côté de l'Allemagne comme le laisse entendre son nom, même si elle est officiellement enregistrée sous celui de Deutscher Schäferhund. La mode de l'hypertype conduit de plus en plus ces chiens à avoir des problèmes de santé importants.

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Les salades d'hiver entament tranquillement leur croissance. Laitues et feuilles de chênes sont les stars des étales sur les marchés. Protégées du froid qui pourraient les faire cloquer, il est nécessaire de les arroser de temps à autre pour leur permettre de prendre de belles dimensions. Le sol argileux devient alors extrêmement collant, tâchant de rouge nos chaussures de randonnées plus habituées aux rives du Rhône et aux sommets.

DSCN0011Il ne s'aurait y avoir uniquement des plantes cultivées sur les parcelles. La cardère sauvage (Dipsacus fullonum) y trouve toute sa place. On la nomme cabaret des oiseaux en raison de ses graines qui attirent de nombreux petits passereaux comme le chardonneret mais aussi, qui viennent boire l'eau que ses feuilles (appelée bain de Vénus), retiennent même au coeur de l'été. Cette eau était utilisée par les romaines comme soin de la peau.

Il n'y a pas plus à dire, la pluie se met à tomber et nous avons un grand duc à visiter. Nous en profitons tout de même pour jeter un regard en direction des Alpes qui se dessinent, et qui semblent à la fois si proches et si lointaines. Les beaux jours on peut même y apercevoir le Mont Blanc dans son habit de neige. Bientôt les pommiers et les cerisiers seront en fleurs, et le paysage sera alors bien différent.

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dimanche 19 avril 2020

Retour au source : le jardin famillial.

DSCN1504L'Isère, la Valdaine et les coteaux de l'Ainan. C'est là que j'ai grandi et c'est là aussi que j'aime retourner de temps à autre pour me ressourcer. Situé non loin de la Savoie, le site se caractérise  par ses vallons verdoyants, ses forêts mixtes à tendance feuillus, son histoire méconnue et ses torrents.

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Autant vous dire que je reprends des habitudes de sauvageonne quand j'y arrive, à parcourir les paysages à la recherche d'animaux, de fleurs et de champignons. C'est le moment de mettre ces quelques jours de mars par écrit et de redécouvrir le charme de la région. J'ai toujours l'impression qu'il est difficile de raconter une histoire quand il s'agit de nature à cette saison. Les couleurs sont à mon goût un peu ternes. Heureusement les oiseaux hivernaux et les premières feuilles préparant le printemps sont là pour relever la gamme.

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Pas de morilles pour nous cette année mais leur cousine, la pézize veinée (Disciotis venosa). Si elle n'en possède ni l'aspect et ni l'odeur, elle s'en approche un peu par le goût. Appréciant des biotopes similaires, ce champignon pousse sur les sols calcaires, humifères, à tendance humide, en lisière de bois et en sous-bois quand ceux-ci se composent d'arbres hôtes que sont les noisetiers communs, les frênes élevés et les pommiers.

DSCN1286C'est aussi le moment de ramasser les pézizes coccinées (Sarcoscypha coccinea), à moins que ce ne soit celle d'Autriche (Sarcoscypha austriaca). Pour les différencier, il faut observer les petits poils situés sur son dos, ce que je n'ai bien sûr pas fait. Cependant la première est plus rare, pousse en plaine sur les sites peu fréquentés, là où la seconde aime se faire plus abondante, en particulier en altitude sans craindre les lieux de passage.

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Voilà que les galants des neiges, autrement dit les perces-neiges (Galanthus nivalis) pointent le bout de leur nez. Plantés part les aïeuls, ils forment désormais un immense tapis immaculé à l'arrière d'un des champs attenant à la maison familiale. Il faut savoir que l'espèce, quand elle est sauvage, est à l'heure actuelle protégée uniquement en Isère. Cela tombe bien, nous nous y trouvons. Ce statut mériterait d'être étendue à d'autres départements.

DSCN1288Sur un talus pousse du tussilage pas-d'âne (Tussilago farfara). Pas d'âne en raison de ses feuilles qui rappelleraient la forme d'un sabot laissé dans la boue. Néanmoins, il faudra attendre la fenaison pour les voir sortir, les fleurs étant les premières à apparaître. Celles-ci se transformeront en jolis pompons blancs dont le vent emportera au loin les graines, portées par leur aigrette blanches et duveteuse. Son nom scientifique de farfara désigne le peuplier qui partage des feuilles semblable à celui-ci. D'ailleurs, on peut sur la photo en voir quelques unes défraîchies au sol. Le tussilage aime les sols frais voire ruisselants, pauvres en matière organique et perturbés, ce qui en fait bien souvent une plante pionnière. S'il est commun et présent naturellement en Europe, son arrivée toute récente en Amérique ne permet pas toujours de bien le localiser. Importée par les colons pour ses propriétés médicinales, l'espèce s'avère invasive.

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Je ne pouvais pas passer à côté ! L'hellébore fétide (Helleborus foetidus) est ma plante à fleurs préférée, ne serait-ce que pour les nombreux surnoms qu'on lui donne. Patte de griffon, patte d'ours, griffe de lion, herbe aux fous ou rose de serpent, elle a de quoi faire travailler l'imaginaire. On ne s'aventurera pas pour autant à la tester, la belle étant toxique. D'ailleurs les grecs anciens l'employaient en décoction pour soigner la folie. Un remède bien inefficace hormis si on estime que la mort est une solution à part entière pour mettre fin à la maladie.

DSCN1366Il y a tellement de fleurs du jardin à vous présenter, comme celles du cogniassier du Japon (Chaenomeles japonica). Importé en Europe pour sa belle floraison rose, on s'est peu à peu aperçu que non seulement, il contractait facilement le feu bactérien, mais aussi qu'il le transmettait sans mal. Interdit pour ces raisons en Suisse, en France on le trouve encore ici et là dans les jardineries à destination du grand public.

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Autour de la mangeoire, c'est la pleine effervescence. À gauche, une petite mésange noire (Periparus ater), reconnaissable à sa taille, sa calotte noire, à ses deux taches blanches à l'arrière de la tête et à son absence de cravate noire. À droite, une mésange boréale (Poecile montanus), à moins qu'il ne s'agisse d'une mésange nonnette (Poecile palustris), contemple la scène depuis une branche de noyer commun (Juglans regia).

DSCN1450Un merle noir (Turdus merula) balourd vient se poser. C'est un beau mâle que l'on reconnaît à son plumage noir ainsi que son oeil cerclé de jaune et son bec orangé. Omnivore, il aime tout autant se nourrir des graines mises à disposition que des restes des vieux fruits du verger ou des escargots et autres invertébrés qui se sont mal dissimulés pour passer l'hiver. Territorial, il semble cependant en cette période plus tolérant.

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Deux autres mésanges font aussi leur entrée, la mésange charbonière (Parus major) à gauche qui s'identifie à sa tête noire, ses joues blanches, son ventre jaune et sa cravate noire. On fait facilement la distinction avec la mésange bleue (Cyanistes caeruleus) à la calotte bleue et à la cravate noire presque inexistante. L'une et l'autre ont pour habitude de vivre en bande en dehors de la période de reproduction.

DSC08893Éloignons-nous du jardin pour prendre les chemins de campagne. Les alentours sont calmes et nous ne voyons ni le cul blanc d'un chevreuil, ni le vol d'un rapace, tout juste quelques tambourinements et cris de pics en lisière. L'hiver est bien là même si la neige est absente.

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J'ai toujours peine à croire que lorsque je marche ici, je ne me trouve pas sur le plateau calcaire de la Chartreuse bien qu'elle soit très proche, mais bien sur une langue rocheuse du Jura façonnée de part et d'autre par les glaciers. Qui l'aurait cru ? La topographie de la Valdaine est toute particulière. Située à l'extrêmité des terres froides, elle ne se trouve qu'à quelques pas de la Savoie. C'est là que certaines peuplades d'allobroges sont venues s'intaller, laissant de nombreux vestiges religieux mais aussi de vie courante comme des maisons fortes ou des mottes cadastrales. Certains patelins portent d'ailleurs encore des noms celtes.

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Levons les yeux au ciel. Un milan royal (Milvus migrans) passe au dessus de nos tête dans le ciel strié de nuage. C'est le premier que nous voyons de l'année en Isère, nous sommes ravis. Oiseaux migrateurs, une petite partie d'entre eux reste l'hiver dans le Massif Central. La migration débute tout juste, et nous espérons en voir bien d'autres nous survoler, un peu comme ce que nous avons pu vivre l'an dernier en mars à Miribel Jonage.

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Partons encore plus loin, dans les marais de la Valdaine qui depuis peu sont devenus une extension de la zone Nature 2000 du marais de Chirens où pousse la si rare liparis de Loesel (Liparis loeselii). C'est pourtant  une plante plus commune et tout aussi fascinante que je vous présente ici, le lamier maculé (Lamium maculatum). Si ses feuilles ne sont pas toujours maculées de blanc, ses grosses fleurs roses ne trompent pas.

DSCN1298Passage par l'étang de pêche accolé à l'Ainan, la rivière qui traverse notre petite vallée. Dans les canaux annexes, les grenouilles agiles (Rana dalmatina) sont venues pondre et des centaines d'oeufs flottes à demi-immergés. C'est un garde-mangé précieux pour les tritons alpestres (Ichthyosaura alpestris) qui trouvent là une précieuse ressource de nourriture, en particulier pour les femelles pour assurer leur propre ponte.

DSCN1305Saint Geoire en Valdaine, le village de mon enfance. Bastion catholique, il sera un des villages engagés dans la lutte contre l'influence huguenote. On compte même à la fin du 16e  une attaque  de 80 huguenots contre château de Longpra qui en réalité est une maison forte. La prise sera un échec et mise à mal avec l'aide du château de Virieu et de ses gens.

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Même pendant la révolution, le village reste fidèle à la religion, se tenant éloigné de la révolution. Le corps religieux présent est dit de clergé réfractaire, s'opposant au clergé jureur, celui qui embrassa le constitution civile du clergé qui remaniât profondément les instances religieuses françaises. Persécutés, exilés ou même assassinés, les prêtes tombent alors dans la clandestinité, pratiques la messe en secret et vivent caché au château de Longpra.

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Retournons à nos sentiers boueux. Si les mammifères ne se présentent pas à nous, ils laissent des traces bien marquées de leur passage. Chevreuils, sangliers, écureuils et hérissons semblent avoir profité de la nuit pour partir en vadrouille. C'est un exercice passionnant que celui de trouver un animal avec les indices de présence qu'il peut laisser sur sa route. Et dire que jusqu'en 1992 la loutre d'Europe (Lutra lutra) était présente ici !

DSCN1374Encore un petit tour par la monde des champignons. Sur un vieux sureau noir (Sambucus nigra) pousse des oreilles de Judas (Auricularia auricula-judae). Comestible, l'espèce tiens son nom de sa drôle de forme mais aussi du fait qu'elle pousse souvent sur les sureaux et les noyers, deux arbres réputés pour avoir été la potence à la quelle Judas se serait pendu suite à sa trahison en vers Jésus et ses disciples.

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Des tâches jaunes illuminent la campagne. Le narcisse jaune (Narcissus pseudonarcissus), souvent appelé jonquille bien que ce nom soit dédié à une autre espèce (Narcissus jonquilla), aime se développer en grandes touffes en lisière, en forêt voire dans les champs au sol riche. La primevère acaule (Primula acaulis) est plus discrète et se plaît sur les talus, toujours un peu humides et de préférence ombragés.

DSCN1301À l'autre bout du champ, un tarier pâtre (Saxicola rubicola) nous observe. Tête noir, collier blanc et poitrine rose, on a bien à faire à un mâle. L'hiver il déserte le secteur pour rejoindre le sud et l'ouest, comme nous avons pu le voir pendant notre virée du côté de la Camargue et des marais d'Istre. Les mâles ont pour habitude de toujours se mettre en hauteur et d'agiter les ailes et la queue pour se faire remarquer des femelles.

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Retour au jardin. Moustique le chat se ballade dans les branches.J'ai beau aimer les chats et particulièrement celui-ci que nous avons recueilli alors qu'il n'était pas encore sevré et qu'une fin funeste l'attendait, je ne peux m'empêcher de me dire qu'il participe à la disparition des oiseaux du jardin. Chaque année en France, les chats domestiques provoquent la disparition de 12 millions d'oiseaux, un chiffre dramatique et alarmant.

DSCN1482Des anémones des jardins fleurissent un peu partout à proximité des jardins des anciens, souvenir et témoignage que dans les jardineries, il y a des modes aussi.

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Le rosier que j'ai toujours connu et qui doit avoir pas loin de 29 ans change. Le greffon prend le dessus et aborde désormais à la fois des fleurs roses et d'autres rouges. Ce dernier n'a pas la  vivacité du rosier au fond du jardin, qui n'a jamais vraiment grandi. Planté par ma grand-mère à ses 7 ans, elle aborde aujourd'hui ses 93 printemps. Je vous laisse calculer l'âge du dit rosier. C'est ce que j'aime dans le jardin de mes parents, que ce soit les fleurs ou les fruitiers, ils sont le vestige d'un temps passé.

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Toujours à la mangeoire, il y a entre un et trois pinsons du nord (Fringilla montifringilla) qui viennent chercherl le graillon. Un rapide tour sur faune.france.org nous indique que chez le chalet voisin, une trentaine d'entre eux ont pris position des arbres. Nous ne sommes pas déçu. C'est un vrai spectacle. Nous en profitons à fond.

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En effet, l'espèce est migratrice et regagnera bientôt le grand nord pour nicher. Aimant les hêtraies, ils trouvent refuge dans la forêt toute proche, une hêtraie-sapinière. Granivores, ils trouvent leur bonheur auprès des herbes folles et des champs de céréales dont à l'hiver ils trouvent ça et là des grains non prélevés par la machinerie agricole. Bien sûr, les faînes font en grande partie de son alimentation, jusqu'à 11 grammes par jour.

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Marche au petit matin, quand l'obscurité se retire peu à peu. Le frais nous motive. Nous prenons la route pour partir à 2 kilomètres de là pour aller flâner le long du lac de Saint Sixte. Nous sommes accueillis par un rougegorge famillier (Erithacus rubecula) chantant à plein poumon. Enfin, la période de reproduction commence pour de bon, les oiseaux content leur amour et défendent leur territoire avec beaucoup d'ardeurs.

DSCN1496La encore, il s'agit d'un lieu de légende. La petite église par exemple, elle fût construite sur un temple romain dédié à Dionysos et, qui peut être, se trouve lui même sur un site païen. Connu des gens du coin, un passage défilé permet d'accéder à une partie des fondations de l'édifice, marqués du 12e siècle. Si aujourd'hui elles n'ont rien de particulier à montrer, elles furent pendant longtemps le lieu où les saintes reliques furent entreposées.

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En regagnant notre automobile, nous croisons deux symboles du printemps. La bergeronette grise (Motacilla alba) bien qu'elle ne soit qu'une migratrice partielle, s'agite particulièrement à l'approche des beaux jours. Elle sera bientôt rejointe par les hirondelles des fenêtres (Delichon urbicum) qui aiment visiblement le quartier à la vue du nombres de nids en torchis présents sous le toit des granges et des vieilles maisons.

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De nouveau nous changeons de paysage, une dernière fois. Nous voilà à Velane, une autre part importante de mon enfance. Les forêts sont plus acides, faites de châtaigniers, de sapins et comme toujours, de hêtres. C'est l'endroit rêvé pour courir les champignons comme la girolle, la trompette ou le pied de mouton, mais aussi grimper aux arbres, récolter quelques morilles près des ruisseaux et construire des cabanes.

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Dans le ciel nous observons un sepctacle fauleux. Un pompe s'est formée. C'est le nom que l'on donne au vol circulaire des osieaux quand ils se placent dans les termiques pour s'élever dans les airs. Ici plusieurs espèces se mêlent, à savoir deux buses variables (Buteo buteo) et sept milans royaux (Milvus milvus). Nous pouvons à loisirs les regarder depuis le sommet de la tour du Sacré Coeur qui devient pour l'occasion un poste d'observation.

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Comparons un peu les deux. À gauche, le milan royal avec sa queue en V, sa tête bleue gris, son corps brun et ses deux grandes tâches blanches sous les ailes. À droite la buse, aux ailes et à la queue ronde, au corps brun et au poitrail portant un grand V blanc. Cela ne suffit, la buse variable portant bien son nom. Certaines sont parfois entièrement blanches, d'autres portent du blanc sous les ailes. On s'attachera alors à observer la silhouette.

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L'heure du départ se fait sentir. À la tombée de la nuit nous faisons un rapide tour dans le jardin. Surprise, un bruant zizi (Emberiza cirlus) chante dans un bosquet de ronce. L'an dernier pendant l'été, nous avons pu observer un couple et leur petit faire leur vie dans le bosquet dans la clématite des haies (Clematis vitalba). Matin comme soir il chante du haut de son perchoir où il se dissimule au passage de la buse et du crécerelle.

Au revoir la campagne. Nous reviendrons aux beaux jours, quand nous pourrons de nouveaux sortir de nos logis. Peut être raterons nous le printemps, mais cela ne serait nous éloigner des prés si verts, des forêts de hêtres et de sapins mais aussi des lacs dans lesquelles nous plongerons avec plaisir cet été. En attendant, nous laissons notre regard se perdre dans le ciel bleu qui couvre notre petit appartement urbain.

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samedi 21 mars 2020

La LPO au rythme de l'Hiver.

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Quoi de neuf à la LPO Rhône ? Beaucoup de choses ! L'hiver a été bien remplit, en particulier le mois de janvier.

Les comptages LPO à Miribel Jonage

Tout commence en début d'année avec le comptage des grands cormorans (Phalacrocorax carbo) au dortoir. Nous participons à celui de Miribel Jonage. Pas moins de 500 individus y passent la nuit. Les effectifs sont stables. J'ai toujours pris plaisir à les voir au fil des mois pêcher les poissons chats. Une étude réalisée dans le secteur et sur appuie des rejections des cormorans montre que leur régime alimentaire se compose de 85 à 95% de ses poissons, de quoi changer le regard de ceux qui les accusent un peu trop vite de prédater les ombres et les gardons. Espérons que les tirs administratifs autorisant le prélèvement de 100 individus dans le Rhône ne conduisent pas à l'effondrement de cette population encore fragile.

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Les arbres des forêts alluviales des petites îles et presque-îles sont des lieux de vigiélature parfaits, du moins, du moment où les bateaux ne passent pas à toute vitesse à ras de berges, poussant les oiseaux à s'envoler. Je vous laisse imaginer la complexité du comptage. Nous sommes ce soir là 7-8, équipés de jumelles et de longues vues à tenter de dénombrer les oiseaux se posant sur les branches pour passer la nuit.

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Mi-janvier, changement de mission mais on garde le même cadre. Nous sommes toujours à Miribel Jonage mais cette fois pour participer au Wetland, le comptage international des oiseaux d'eau. Plusieurs équipes se partagent les différentes zones humides du Rhône pour compter sur la même matinée les oiseaux inféodés à ces milieux. Douceur hivernale obligeant, très peu d'oiseaux sont comptabilisés comme les années précédentes.

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Le rouge-gorge familier (Erithacus rubecula) aime les lisières, les friches, les zones boisées ou plus ouvertes des milieux ruraux. Celui-ci a triste mine, sans doute prédaté par un oiseau de proies ou un chat. Tout bossu et voltant, je ne donne pas cher de sa peau. C'est le lot de la plupart des petits passereaux, ne vivant que rarement plus de deux ans en milieu naturel en raison des nombreux dangers auxquels ils doivent faire face.

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Territoriale et solitaire, c'est un des rares oiseaux où les deux sexes partagent le chant comme moyen de communication et de délimitation de territoire. Chez la plupart des autres espèces, seuls les mâles portent la voix pour la saison des amours pour séduire les femelles, combattre les rivaux et définir l'espace de vie, bref, c'est ce que l'on retrouve chez les mammifères avec les marqueurs olfactifs ou les barrières de bois des pavillons ruraux.

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Comme depuis 3 ans, il y a peu d'oiseaux d'eau hivernants, la faute aux hivers particulièrement doux qui ne poussent pas les canards du grand nord de l'Europe à rejoindre nos latitudes. Piège fatal, quand les vagues de froids arrivent brutalement ils sont souvent pris au dépourvu. Les populations se scindent alors en deux, une partie reste et affronte un froid mortel, l'autre part en migration au risque de ne pouvoir se nourrir sur sa route. Un pari qui se solde souvent par la mort d'un des deux groupes. Ici, ce sont deux mâles et une femelle de nettes rousses (Netta rufina) qui ont pris refuge à Miribel et qui sont des habitués du lieu.

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Changement de paysage, nous voilà au grand large, une vaste étendue d'eau semi-artificielle pour aller identifier les laridés qui vont au dortoir, entendons par là les goélands et les mouettes qui se mettent au lit, mais avant, passage obligé par les phragmites pour voir notre premier rémiz penduline (Remiz pendulinus) pour notre plus grand bonheur. Sur la digue, une multitude de grands cormorans (Phalacrocorax carbo) prennent le soleil.

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Deux solitaires nagent à notre rencontre, une oie domestique (Anser anser domesticus) et un cygne turbeculé (Cygnus olor). Habitués au pain, ils voient dans les humains de quoi avoir un repas sans le moindre effort. Bien mal leur en prend, le pain est dangereux pour les oiseaux et peut déformer leurs ailes, abîmer les plumes rendant l'oiseau inapte au vol, créer des inclusions intestinales et même se montrer mortel. Autant leur donner de l'herbe.

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Dans la même phragmiteraie que les rémiz, de mignonnes orites à longue queue (Aegithalos caudatus) donnent de la voix. Ces oiseaux ont longtemps été rangés jusqu'à peu dans la grande famille des mésanges - désormais ils sont rattachés aux orites, nom que j'adore. Les orties communiquent par petits cris pour s'assurer de savoir où se trouve chaque individu, s'il y a du danger à proximité et s'il y a de quoi à manger à tout hasard dans le coin. Minuscules, ces boules de plumes noires, roses et blanches sont photogéniques, en particulier dans elles explorent les bourgeons des branches de saules qui plient sur leur poids et les conduisent à avoir la tête en bas pour se nourrir. Elles peuvent former des groupes de 4 à 20 individus pour arpenter les cimes des arbres, les haies et les fourrés denses à la recherche de graines, de baies et d'insectes.

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Nouvel observation, celle de quatre goélands cendrés (Larus canus). Petits, ils sont un peu plus gros que les mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) qui les accompagnent. Le plumage en partie brun indique qu'il s'agit de juvéniles, les adultes étant complètement blancs et gris. Se raréfiant, les individus que l'on trouve à proximité du Rhône sont pour la plupart migrateurs et proviennent des pays du nord comme les pays scandinaves.

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Le soleil se couche, nous finissons par un comptage des laridés - c'est à dire des divers goélands et mouettes - qui vont sagement se poser sur la grande digue pour passer la nuit. Nous sommes une vingtaines équipés de jumelles et de longues vues pour compter les 1000 à 1200 oiseaux qui se trouvent là. Un sacré monde mais rien d'important quand on sait que cela représente la totalités des oiseaux présent sur presque le territoire.

 

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Actions LPO chez les exploitants

Ballade sur Irigny, nous en profitons pour aller voir la mare creusée à la fin de l'automne 2019 au milieu des vergers de pommiers et de poiriers, chez deux jeunes exploitants très sympas et dynamiques. Nous étions alors 20 à 25 pour tendre les bâches et adoucir les berges à coups de pelles et de pioches sous un début de pluie battante. D'ailleurs, vous pouvez en retrouver le récit détaillé en cliquant ICI. De retour sur place 4 mois plus tard, elle est toujours là. Le géotextile commence à brunir et se fondera parfaitement dans le paysage d'ici quelques semaines. Le fond devient vaseux, permettant ainsi aux premières plantes de s'installer et de permettre aux animaux d'arriver à leur tour. Déjà les Gerris, petites punaises d'eau carnivores souvent confondues avec des araignées, ont fait leur entrée et chasse les malheureux insectes tombés à l'eau.

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Changement de décor, nous voilà à proximité de Craponne, chez un maraîcher et horticulteur pour réaliser divers nichoirs pour favoriser la biodiversité de son exploitation. Chouette chevêche, huppe fasciée, mésanges bleues et charbonnières, moineaux domestiques ... ce sont là quelques unes des espèces que nous avons tenté de contenter, avec une sacrée équipe de bénévoles, en leur offrant un logis digne de ce nom. 

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Parents comme enfants mettent la main à la pâte. Il faut déjà comprendre les schémas, qui ne sont pas toujours simples à maîtriser, s'assurer que toutes les pièces sont là et que le bon nombre de vis figure sur la bâche. Au final tous les nichoirs seront fabriqués dans la matinée puis posés l'après-midi avec des perchoirs à rapaces pour mener des actions sur les rongeurs pouvant causer des dégâts importants sur les cultures.

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Nouveau passage près d'une mare, celle du Parc Lacroix Laval, la toute première que nous avons réalisé et que je documente ICI. Quelques jours plus tard je débutais à la LPO AuRA Rhône. Creusée dans la parc, à proximité de la forêt, des chemins de promenades et des enclos des chevaux de des daims, cette mare à pour objectif d'acceuillir les amphibiens du parc qui sont nombreux mais trouve pas nécessairement de quoi se reproduire.

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Pour notre plus grande bonheur, dans celle-ci se trouvent déjà des tritons alpestres (Ichthyosaura alpestris), des grenouilles agiles (Rana dalmatina), des limnées (Lymneas sp.) ou encore des larves de libellules. Tout un écosystème devenu fonctionnel et qui abrite de nombreux animaux. Cela ne va pas sans faire plaisir quand on pense à la difficulté que cela a été de la creuser mais aussi auc bons moments de rigolade que cela a été.

 

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À la recherche du hibou grand duc

La nuit commence à tomber. Nous sommes mi-février et pas moins de 70 dans la petite salle des fêtes de Tupin et Semon, sur les hauteurs d'une des rives du Rhône. La mission de la soirée ? Partir à la recherche du hibou grand duc (Bubo bubo), le plus grand hibou du monde avec 1,80 m d'envergure. Repartis en équipes, nous avons chacun notre vallon à surveiller. Il faut alors tendre l'oreille pour entendre le "Hou" grave du mâle et les "Hou hou" plus aiguës de la femelle en faisant abstraction de l'autoroute en contrebas, des aboiements des chiens du voisinage et des cris des autres animaux sauvages présents, sans parler non plus du vent qui déforme les sons qui nous parviennent. Nous prospectons ce soir là les vallons rhodaniens des départements du Rhône, de la Loire, de l'Isère et de l'Ardèche. Autant vous dire que nous sommes motivés, à attendre un peu plus d'une heure immobile dans le froid et la tombée du jour à guetter un signe de présence.

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Notre vallon est entouré de vignes de grand renom. C'est d'ailleurs une des principales menaces pour notre grand duc. L'hectare dépassant parfois le million d'euros, les vals boisés et pourtant protégés ne font pas passe aux appétits de certains. Les pelles mécaniques arrachent sans ménagement les arbres, les rochers sont minés et la faune chassée. Autant dire qu'il faut apporter une vigilance toute particulière dans ces secteurs.

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Nos espérances sont grandes. Le vallon que nous surveillons n'a pas revu de grands ducs depuis 2016, année à la quelle le mâle du couple qui s'y reproduisait, a fini électrocuté sur une ligne à haute-tension. Nous nous attendions pas de ce fait à entendre chanter notre premier duc et pourtant, ce soir là, il a pour la première fois depuis longtemps donné de la voix. ll s'agit d'un mâle que nous n'avons toujours pas réussi à voir.

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Levons les yeux au ciel, un immense vol de choucas des tours  (Coloeus monedulanous survole. Les oiseaux rejoignent leur dortoir qu'ils quitterons au petit matin pour chercher de quoi ce nourrir. Le printemps étant là, on ne trouve désormais que de petits groupes voire, des couples isolés qui nichent dans les cavités des arbres et des bâtiments. Il faudra attendre l'automne pour que voir se former à nouveau ces grands rassemblements.

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Départ pour le second vallon que nous suivons. Monsieur et madame grands ducs sont tous les deux là, donnent de la voix et nous avons même la chance de voir pour la première fois le mâle ! La photo est de piètre qualité mais qu'importe, le majestueux rapace est là. À l'heure actuelle la femelle est en train de couver et nous retournerons voir le charmant couple d'ici quelques semaines pour écouter les cris des poussins sortis de l'oeuf.

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Falaises, vignes, forêts et pelouses sèches, les coteaux et vallons rhodaniens présentent une grande diversité de milieux naturels qui malheureusement sont mis à l'épreuve avec l'intensification de la pratique agricole. C'est regrettable, d'autant quand on voit que de nombreux producteurs et exploitants adoptent des pratiques respectueuses de l'environnement et économiquement viables. Nous avons même pu profiter de l'intervention d'un exploitant locale nous présentant le fonctionnement de sa vigne et de toutes les mesures qu'il met en place pour favoriser la faune et la flore. Une belel initiative que, je l'espère, sera suivie par d'autres.

 

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Prospection hivernale des chauves-souris dans les Monts d'Or

Qu'il fait froid ce matin de février. Un vent terrible et glacé souffle et nous contraint à trouver refuge derrière les arbres des rives de la Saône qui bordent le parking où nous nous trouverons. Nous sommes 35 lèves-tôt réunis pour partir en chasse. Pas de fusils, pas de filets et pas de pièges dans nos sacs masi des lampes torches. Nous partons chercher les chauves-souris hivernantes qui ont trouvé refuges dans les Monts d'Or. Nos investigations ne sont pas menés au hasard mais dansa certains des tunnels des vieilles mines de pierres dorées où peut de personnes s'aventurent, laissant aux animaux tout le repos qu'il leur est permis. La veille, nous avons même bénéficié d'une conférence tenue par un membre passionné et connaisseur des chiroptères, l'autre nom donné aux chauves-souris.

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Nous voilà à l'entrée du tunnel qui mesure tout au plus une vingtaine de mètres. Confectionné avec les débris de pierres dorées, il a été construit comme bien d'autres, pour soutenir les amas de déchets de la carrières. Court, nous mettons tout de même près d'une heure à le parcourir, la recherche étant minutieuse. En effet, chaque cavité doit être inspectée avec attention à lampe torche pour voir d'un peu plus près ce qui s'y cache.

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Cependant on ne serait stationner trop longtemps et éclairer plus d'un bref instant les animaux, la lumière, la chaleur, la vapeur dégagée par la respiration ou encore les ultrasons provoqués par les vestes pouvant mettre à mal les dormeuses. Alors pourquoi les chercher ? Simplement pour établir leur nombre et évaluer l'état de leur population, de nombreuses espèces de chiroptères étant en danger. Dans la galerie d'autres bestioles ont trouvé leur place comme ces araignées se tenant aux aguets, prêtes à partir en chasse à la moindre fibration détectée.

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Vous la voyez, bien cachée au fond de sa cavité ? Une magnifique chauves-souris endormie et de mémoire, que l'on peut nommer oreillard et à rapprocher du type oreillard gris (Plecotus austriacus) car chez les chiroptères, les identifications ne sont pas toujours simples, en particulier pour les novices que nous sommes. Forme du nez, oreilles, forme des arcades, manière dont les ailes sont repliées .... les critères sont nombreux.

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D'autres hivernants se trouve là. La découpure ou noctuelle des cavernes (Scolipterys libatrix) est un jolie papillon, de 4 à 5 centimètres, et qui passe l'hiver dans les caves, les grottes et tout autre souterrain lui permettant de se mettre à l'abri du gel. Hors période hivernale, elle est surtout inféodés aux milieux humides mais se rencontre aussi dans les parcs et jardins. Donnant deux générations en une saison de reproduction, de mars à décembre, c'est la seconde vague de papillons que l'on retrouve dans les tunnels à cette saison.

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Voilà trois courageux affairés dans les galeries. On ne le dirait pas comme ça, mais bien que la température frôle les 5 à 6 degrés C°, il fait bien meilleur qu'à l'exterieur. Les tunnels sont vieux, pour certains ils ont plus de cents ans, pour d'autres à peine 50 ans. On y trouve de nombreux vestiges, comme dans celui-ci où les feuilles de drôles de revues des années 60 sont parsemées sur le sol, sans parler des bidons de produits aujourd'hui interdits, d'anciennes cartouches de chasses et même des carcasses de vielles motocyclettes.

 

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Sortie LPO sur les lacs d'Anse

Petite sortie organisée par les bénévoles de la LPO Rhône et de la LPO Ain pour découvrir les oiseaux d'Anse, et en particulier ceux présents dans les lacs formés par les carrières d'extraction de graviers qui sont bien implantées sur la commune. Sans surprise et comme pour le Wetland, il y a peu d'oiseaux aquatiques à observer. Pas de panique il y a bien d'autres choses à voir, en particulier des plantes, des fleurs, des nids d'écureuils ou encore, des petits passereaux aimant les forêts naissantes et les zones de friches. Nous avons tout de même eu la chance de voir passer dans nos objectifs le pic épeichette (Dendrocopos minor) mâle, un oiseau à la calotte rouge que nous ne voyons pas tous les jours, pour le plus grand bonheur du public. Bref, une sortie comme je les aime qui donne l'occasion de faire tout aussi bien de l'ornithologie que de la botanique.

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Voilà deux belles rosettes que l'on ne serait être tentés de consommer. Pouvez vous les nommer ? À gauche il s'agit de l'onagre (Oenothera sp.), dont l'espèce ne pourra être connue qu'à la floraison. Les feuilles sont réputées pour être comestibles et entrer dans la composition de salades ou de soupes. La racines ont un goût poivré et peuvent être cuisinées comme des pomme de terre. Pour avoir essayé, je trouve cela vraiment pas bon. À droite, il s'agît d'une rosette de cardère sauvage (Dipsacus fullonum) reconnaissable aux aspérités des feuilles basales.

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En voici des cardères sauvages, ils s'agient des sommités fleuries de l'été dernier. À l'automne, les nombreux chardonnerets élégants (Carduelis carduelis) du coin viennent s'y nourrir. Leur bec est particulièrement long pour un granivore, il leur sert à attraper les graines logées dans leurs capitules pour s'en nourrir. Nous avons pu ce jour là en voir quelques uns se battre avec acharnement, signe que la période de reproduction débute.

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Mais qui est passé par là ? Le castor d'Europe (Castor fiber) bien évidement ! Il a grignoté pendant la majeur partie de l'hiver l'écorce et les jeunes branches des saules qu'il récupère sans mal après avoir fait tomber à l'aide de ses dents pouvant ronger le bois pendant des heures. Au printemps venu il laisse de côté cette nourriture pour préférer les feuillages et herbes tendre qui commencent à pousser à profusion.

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C'est la saison pour le rougegorge familier (Erithacus rubecula). On peut l'entendre chanter à tue-tête pour défendre son territoire et attrier une compagne. Attention, mâle comme femelle chantent, ne permettant pas toujours de savoir si on se trouve face à un comportement territorial ou reproducteur, d'autant plus que la plupart des rougegorges migrateurs ne sont pas encore tous partis. Un vrai casse tête pour une si petit oiseau.

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Les aulnes glutineux (Alnus glutinosa) sont en fleurs. À gauche il s'agit de chatons mâles, qui ne sont pas encore matures sur ce plan pour éviter que l'arbre ne s'autoféconde car les chatons femelles, à droite, sont ouverts et en attente du pollen qui sera porté vers eux par le vent. C'est une espèce qui apprécie les milieux humides et qui a besoin d'avoir les pieds dans l'eau pour pouvoir se développer, ce qui le rend sensible à la sècheresse.

 

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Assister au réveil du faucon pélerin.

Levé à 5 heure et demi, aie, je n'en avais plus l'habitude depuis cet été, mais cela en vaut la peine. Nous avons un rendez-vous à ne pas manquer ce matin. Nous rejoignons Pascal, bénévole pour la mission pèlerin à 7 heure, le thermos de thé à la main. Nous sommes une petite quinzaine à assister au réveil du faucon pèlerin (Falco peregrinus). En vol battu, c'est à dire en agitant les ailles, il peut atteindre 100 km/h et en piquer entre 180 et 250 Km/h avec des pointes à 376 Km/h et une vitesse maximale théorique comprise entre 380 et 400 Km/h. Incroyable ! Après avoir vu le plus grand hibou du monde nous nous offrons l'oiseau le plus rapide, de quoi nous rappeler que nous n'avons rien à envier aux autres pays et que, sans être forcément très colorés (quoi que), les oiseaux de France métropolitaine sont tout autant fascinants et méritent que l'on s'attardent sur eux.

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Monsieur et madame s'éveillent et donnent de la voix, juste quelques cris histoire de se dire bonjour avant de partir en chasse. Ils mettront peu de temps à revenir, les serres chargées de leur déjeuner pour le mâle en premier temps, puis la femelle une demie heure plus tard. Sur le pilier, un amas rouge se forme et des plumes nous arrivent au visage, protées pour le vent. Le matin est le meilleur moment pour les observer. La journée ils se montrent relativement absents, affairés à se nourrir et ne revenant que rarement sur la tour.

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Parmi les proies au menu, on trouve surtout des oiseaux, qu'il saisie en vol ou en piqué. Il en tient d'ailleurs une particularité propre à tous les rapaces prédateurs d'autres oiseaux : un très long doigt à chaque patte pour bien les saisir. Ici ce sont surtout les pigeons bisets,et les pigeons ramiers qui figurent au menu, avec aussi des choucas des tours, des corneilles noires, des moineaux, des pinsons et bien d'autres petits passereaux.

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Il n'y a pas de hasard s'il le couple à élu domicile ici, tout comme le couple de faucons crécerelles (Falco tinnunculus) qui vit au sommet de la tour. Madame se cache dans une alcôve (vous la voyez ?), c'est là où depuis plusieurs années, elle pont entre 4 et 5 oeufs crèmes tachetés de rouge brique, à l'abri de la plupart des regards. Elle couvra sa ponte pendant 30 jours, et sera relayée entre 1/3 et 1/4 du temps par son mâle.

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Un dernier coup d'oeil vers le ciel et nous partons en direction d'un champ à la terre fraîchement retournée. C'est là qu'une trentaine d'œdicnèmes criards (Burhinus oedicnemus) a prit la décision de rester pour l'hiver et de ne pas partir en migration. Avec notre longue vue nous parcourons cette étendue nue sans les voir et pourtant ils sont là. As dans le camouflage, ces oiseaux aux grands yeux dorés sont très suivis dans le Rhône par la LPO.

 

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Des nids et des vélos pour aider les hirondelles des fenêtres.

Voilà l'un de mes plus gros projets de l'année dans le cadre de mon travail. L'objectif est de favoriser les populations d'hirondelles des fenêtres (Delichon urbicum). sur la commune de Saint Priest. Pour se faire, le 7 mars nous partons avec les enfants du centre de loisir du fort de la ville, leurs encadrants, l'association "La maison du vélo" ainsi qu'avec Nathalie et Marie-Claire bénévoles LPO Aura Rhône, nous nous embarquons dans un périple à vélo pour une grande chasse au trésor. L'objectif ? Trouver les meilleurs sites dans le quartier de Manissieux pour poser des nids d'hirondelles confectionnés par nos soins pendant les jours suivants pour permettre l'installation d'une nouvelle colonie. L'équipe de France 3 Lyon est là aussi pour nous filmer à travers notre périple. Le reportage passera le soir même, en même temps que la conférence aurpès du grand public (plsu de 50 personnes) pour présenter les hirondelles et martinets présents sur la commune et comment les favoriser. C'est pour moi l'occasion de faire ma première télé. Il n'y a pas photo, passer devant la caméra ce n'est vraiment pas fait pour moi.

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Première étape, confectionner les moules sur lesquels seront appliqués le mélange de béton-bois. D'ordinaire ils sont confectionner en plâtre, mais devant transporter plus de 20 de ces moules, j'ai opté pour des moules en pâte à sel. Ceux ci sont appliqués sur des planches qui les supporterons, protégés d'un filme plastique alimentaire et huilés. Pendant ce temps une autre équipe mélange le béton à prise rapide avec des copeaux de bois.

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C'est alors le moment de passer au tartinage. Équipés de gants, les enfants ont pu dans pendant une après-midi naissance à six nids d'hirondelles en binôme. Le soir, ce sont les habitants de la ville qui ont pris le relais et qui à leur tour ont pu confectionner le mélange avant de l'appliquer sur une dizaines de moules. Il faut désormais attendre une petite semaine pour démouler pour avoir le résultat et si besoin, faire quelques ajustements.

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La séance se termine par une session de jeux autour des oiseaux du Rhône et des migrateurs. Au choix un jeu de l'oie sur le parcours des hirondelles de l'Europe à l'Afrique du sud, des livrets de jeux divers et un jeu géographique de mon invention sur le parcours de six migrateurs et dont je ne suis pas peu fière. Il a pour but de faire aimer la géographie aux enfants de manière ludique tout en découvrant les oiseaux.

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Ce projet qui me tient particulièrement à coeur, je n'en connais pas l'avenir. Une sortie était programmée pour le 7 mai pour voir les hirondelles et les martinets et les nids devaient être posés dans quelques jours, à voir si le confinement s'étendra jusqu'à là. J'écris ces lignes au soir du dimanche 15 mars, dans une ambiance toute particulière. Vendredi, la LPO AuRA suivie par la LPO France a prit pour décision d'annuler toute manifestation avec du public, que l'action soit salariée ou bénévole. Je ne pourrai de ce fait vous parler de notre cycle débuté en février par le groupe jeunes LPO Rhône sur les dinosaures et qui a débuté mi-février par une conférence sur les plumes et les dinosaures et qui devait se poursuivre hier par une visite du musée Confluence qui n'a pu avoir lieu.

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Jeudi il a été annoncé que les écoles seront fermées dès demain, la rumeur annonce un durcissement du confinement, avec un couvre-feu et des déplacements limités dès mardi et la plupart commerces ont clos leur porte samedi à minuit. Drôle de situation, où on s'exaspère du comportement de ceux qui ne comprennent pas l'urgence de la situation et où l'on a peur pour ses proches. Sans pour autant céder à la panique, j'ai le sentiment que ce ne sera que lundi matin, en arrivant au travail et en traversant les rues, que je prendrai  véritablement conscience de la situation. Il y a de fortes chances que je passe le prochain mois en télétravail. Pour le mois à venir, je n'avais pas moins de 38 animations et autres programmées - sans parler de celles de mes collègues, et sans remettre en question les règles de sécurité dictées par les autorités, je ne peux m'empêcher de m'inquiéter pour l'aveneir dont je n'arrive pas à me faire une idée de ce qu'il pourra être fait. Cet article sera publié une à deux semaines après son écriture, peut être que les choses seront plus claires mais j'avoue que même sans céder à la peur, pour l'une des toutes premières fois de ma vie je ne suis pas sereine au point d'en perdre mon optimisme. 

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dimanche 15 mars 2020

Le sud au rythme de l'hiver.

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Nous sommes pour les fêtes dans le sud de la France. Si le temps est aux retrouvailles en famille, il est aussi au grandes découvertes. Logés à Marseille, nous sommes à quelques lieux de sites remarquables et nous sommes rapidement au coeur des zones humides si riches en oiseaux et végétaux qui pour certains, sont sur le point de fleurir. Nous commençons à être familiers des lieux mais nous avons encore beaucoup à apprendre, pour l'heure nous sommes très novices, en particulier pour ce qui touchent aux oiseaux des milieux palustres qui sont si peu communs dans nos montagnes et aux grands migrateurs qui trouvent refuge dans les étangs salés. Nous avons a plusieurs reprises, eu la chance d'observer le coucher du soleil sur la Méditerranée et de voir de grands vols traverser le ciel rougit par les derniers rayons. Seul regret, nous n'avons pas pu explorer les salants du Lion de l'aéroport de Marignane, mais nous y reviendront bientôt.

Fos sur Mer et ses marais salants.

À la limite de l'étang de Berre, les marais salants de Fos sur Mer font office de réservoir de biodiversité. Le site à l'arrêt depuis les années 70 a été réaménagé pour permettre aux promeneurs de cheminer tout autour du lac et des salants sans impacter la tranquillité des oiseaux qui s'y épanouissent.

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Nous avons eu grand plaisir à retrouver un oiseau que nous avons beaucoup entendu chanter cet été dans les hauts herbages des Hautes Alpes et que nous appelons affectueusement "l'oiseau wesh-wesh" en raison de son chant. Il s'agit du tarier pâtre (Saxicola rubicola), chez qui le mâle aborde une tête noire, un collier de plume blanches et un ventre rose-orangé. Si on peut le rencontrer toute l'année en France, il se fait plus discret l'hiver, préfèrent rejoindre le sud de la France et en particulier les milieux côtiers. Pour s'épanouire, trois éléments lui sont absolument nécessaire : des taillis et broussailles pour se cacher et nicher, des points en hauteur pour chasser et des branches élevées pour parader et surtout, surveiller son territoire. Ce dernier trait de caractère s'observe particulièrement à cette période de l'année. Cela nous change de les voir posés dans les buissons épineux, là où en juillet nous les avons vu perchés sur les sommités fleuries des grandes gentianes.

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Voici notre petite star,  le pouillot véloce (Phylloscopus collybita). Infatigable, il saute de tige en tige à la recherche de graines. Très commun et migrateur partiel, on le rencontre essentiellement l'hiver sur le bassin méditerranéen dans les friches, les jardins, les parcs et les campagnes où l'agriculture n'est pas intensive.

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S'il consomme habituellement des insectes, en cette saison il se fait volontiers granivore et use de son bec fin pour déloger les derniers grains de la saison. Peut farouche, il se laisse facilement approcher hormis en période de nidification où il préfère se dissimuler dans les arbres même s'il on peut trouver son nid au sol. Six à sept oeufs y seront pondus puis couvés pendant la femelle pendant deux semaines. Les petits sont élevés par le couple.

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S'il est facile à identifier à cette période, en raison du fait qu'il est le seul représentant des pouillots présents en France l'hiver, cela n'est pas le cas pour les autres saisons. Le reste du temps, il vaut mieux se fier au chants, d'autres espèces très similaires pouvant être confondus avec ce dernier, en particulier le pouillot fitis (Phylloscopus trochilus) aux couleurs vives, aux rémiges plus longues et au sourcil bien plus marqué. 

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Dans le grand étang, les mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) sont abondantes. En plulmage internuptiale à cette période de l'année, on les reconnaît à point noir à l'arrière de la têt et aux bordures blanches des ailes. On reconnaît les jeunes individus aux plumes marrons qui sont caractéristiques des premières et deuxièmes années. Au milieu de se remu-ménage, trois drôles d'oiseaux au bec orange vif attirent nos regards.

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Trois goélands railleurs (Chroicocephalus genei) pêches à proximité de la digue sans être iniquités par les passants. C'est notre toute première observation de l'espèce et nous en sommes très fières. Ils ne sont pas très nombreux en Europe, on dénombre un peu plus de 2000 couples nicheurs sur tout le continent. En période hivernale, il se rapproche des estuaires et des côtes maritimes où il trouve de quoi se nourrir.

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Ce qui a attiré notre oeil, c'est le comportement des deux espèces. Là où les mouettes rieuses plongent en piqué ou, à l'instar des canards colverts, en levant le croupions et toujours avec les ailes proches voire plaquées au corps pour attraper les poissons et les petits invertébrés, les goélands railleurs se jettent dans l'eau depuis une très faible hauteur les ailes bien écartées. C'est un trait que j'aime particulièrement dans le naturalisme : observer le comportement des animaux pour identifier les espèces en un tour de main.

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Côté paysages, nous sommes moins enthousiasmes. Nous avons bien conscience que pour vivre et pour communiquer, nous sommes dépendant de toutes les infrastructures qui nous entoures, mais voir les marais salants enclavés entre la voie rapide, les raffineries, les usines de ciment et les entreprises de pétrochimies et de sidérurgies qui fument noires sans oublier les lignes à haute-tensions, nous serre quelque peu le coeur.

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Il y a aussi ceux que l'on ne se lasse pas de voir, comme le martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) dont le plumage bleu et étincelant donne l'impression de voir un vif éclair quand l'oiseau est en vol.  Sur un parking abandonné, où les herbes ont fini par soulever le béton et le goudron, il tire profit des flaques profondes qui se sont formées suite aux pluies hivernales pour pêcher des petits invertébrés faute de poissons.

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Beaucoup d'autres osieaux s'observent, en particulier des échassiers. Que ce soit de jeunes flamants roses (Phoenicopterus roseus) comme ici ou des aigrettes garzettes (Egretta garzetta) comme celle en dessous.

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Ce petit héron blanc au bec et aux pattes noirs mais aux doigts jaunes n'est pas difficile. On le rencontre tout aussi bien en bord de mer que dans les grandes zones humides d'eau douce mais essentiellement dans le sud de la France. Cosmopolite, on la trouve presque partout même si c'est sa cousine l'aigrette neigeuse (Egretta thula) qui domine du côté des Amériques et se fait très absente en Europe du Nord et dans une grande partie de la Russie. Sociable, on peut l'observer pécher des petits poissons et invertébrés en compagnie d'autres oiseaux, de même en période de nidification où il peut cohabiter avec d'autres hérons mais aussi les grands cormorans (Phalacrocorax carbo).

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Rien ne serait troubler la tranquillité du lieu, si ce n'est les bruits de la voie rapide et les nuages noires qui s'échappent des usines. Au milieu de cela, les cris d'appels des roitelets huppés (Regulus regulus) qui par dizaines épluches les pins qui surplombent l'un des canaux. Bien qu'étincelants avec leurs plumes colorées, ils ne seraient rivaliser avec les fauvettes mélanocéphales (Sylvia melanocephala) qui ont fait chavirer nos coeurs.

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Voici une nouvelle espèce à ajouter à notre cahier du naturaliste. Le grèbe à cou noir (Podiceps nigricollis) est un oiseau magnifique à l'oeil rouge. Ici ils sont pas moins de 74 à se nourri tranquillement au bords de la digue. En période internuptiale comme ici, il présente un plumage noir et blanc, mais en période de reproduction, il aborde des flancs roux, des touffes de plumes jaunes à l'arrière des yeux et une calotte noire bombée sur la tête.

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S'il se nourrie de crustacés, de petits invertébrés en surface comme en moyenne profondeurs et de poissons une grande partie de l'année, il devient strictement piscivore à l'hiver, période où une grande partie de l'aquafaune est en sommeil. La période hivernale est aussi celle qui voit les couples se former. La ponte n'interviendra qu'entre mars et juillet, les mâles couvant comme les femelles, choses rares chez les oiseaux aquatiques.

Forcalquier et ses chamois.

Le temps d'une journée, nous quittons les bords de mer pour nous enfoncer dans les terres. La végétation est aussi sèche que les murs qui ont fait la réputation de la ville de Forcalquier et de ses alentours. Les feuilles sont dans le brûloir, et sans pour autant envoyer des messages, inondent de leur fumée les jardins voisins.

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C'est un temps automnale qui s'offre à nous, et qui nous pousse à partir en aventure. Nous voilà sur les hauteurs d'une vieille abbaye, qui offre une vue incroyable sur les vallons des rivières qui serpentent à nos pieds. C'est là que nous croisons bon nombre d'aigrettes garzettes (Egretta garzettaet de hérons cendrés (Ardea cinerea) que nous percevons avec notre longue vue, parfois à plus de 3 kilomètres de notre promontoire.

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Surprise, émergeant de la forêt toute proche, une troupe de chamois (Rupicapra rupicapra) s'aventure dans une petite clairière avant de partir goûter au vert feuillage de la culture d'oliviers. Nous ne pensions pas faire un telle observation.

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Ce sont huit individus, des femelles accompagnées de leurs jeunes, qui se présentent là. Leur gabarit est similaire à celui du chevreuil, quoi qu'un peu plus petit avec 20 à 40 kilos et 70 à 80 centimètres au garrot. C'est un animal qui se reconnaît aisément avec ses petits cornes recourbées, son marque blanc et noir sur la face et son pelage brun qui ne vont pas sans évoquer son appartenant à la famille des chèvres, les caprinés comme les bouquetins.

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Tout semble au repos, que ce soit les allées calmes du monastère; l'alcôve de l'église, les pinsons des arbres (Fringilla coelebs) sagement installés dans leur dortoir, les bûches de bois fumantes ou la croix veillant sur les pèlerins. nous reviendrons peut être au printemps découvrir la faune et surtout les orchidées dont les rosettes constellent les pelouses sèches et les sous-bois clairs composés de chênes, de garances et de genévriers.

Dernière halte, Arles et la Camargue.

Le séjour prend fin, nous montons dans notre auto direction la Camargue, l'étang de Vaccarès et la ville de Arles, plus grande commune de France avec pas moins de 75983 km². Citée celte puis romaine, son nom signifie littéralement ville des étangs et des marais et il faut avouer qu'elle le porte plutôt bien.

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Ville aux paysages diversifiées, elle comporte des zones montagneuses avec les Alpilles arlésiennes au caractère rocailleux et où des espèces plutôt thermophiles et adaptées à l'aridité, trouvent leur bonheur. On y rencontre notamment un rapace remarquable, le hibou grand duc d'Europe (Bubo bubo). On trouve aussi la plaine de Crau, l'une des très rares steppes que l'on peut rencontrer en Europe de l'Ouest et qui abrite des espèces endémiques ou rares. Enfin, la Camargue couvre une grande partie de la superficie d'Arles. Cette zone humide agricole est précieuse pour les oiseaux d'eau migrateurs qui trouvent là un refuge pour se nourrir et se reproduire.

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Parmi ces oiseaux nicheurs, on peut citer une espèce star, celle du flamant rose (Phoenicopterus roseus). À Pont de Gau, ils passent une grande partie de l'année et s'observent particulièrement bien l'hiver avant que la migration et la nidification leurs fassent prendre leurs appartements d'été. C'est entre autre l'espèce de flamant la plus commune et abondante au monde. On la trouve aussi bien en Europe, en Asie, en Afrique et en Océanie.

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Sociaux, ces animaux aiment se retrouver en grands groupes comportant parfois plusieurs milliers d'individus. À l'arrivée de la période de reproduction, les couples se forment après des parades nuptiales bruyantes. Mâle et femelle construisent alors une coupe de boue surélevé sur un îlot vaseux où sera pondu un seul oeuf. Celui-ci est couvé pendant environs quatre semaines avant de voir émerger un poussin quittera le nid au bout de 10 jours.

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Il rejoint alors un crèche, un groupe de poussins dense surveillé par les adultes. Les parents y retrouvent leur petit régulièrement pour le nourrir avec une excrétion riche en protéines qu'ils glissent de le bec du juvénile. Celui-ci mettra 10 à 11 semaines pour s'émanciper.

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Si dans les années 60 on pouvait trouver des millions de flamants roses par le monde, dont une colonie d'un million d'individus, depuis la population mondiale a été évaluée à un peu plus de 600 000 dans les années 2000 avec 165 000 individus en Méditerranée et 100 000 couples nicheurs dans le monde. S'il n'est classé que LC, c'est à dire préoccupation mineur, on ne peut nier que les effectifs sont en net déclin, la faute à la disparition des zones humides qui abrite ses sites de reproduction avec l'urbanisation, l'augmentation du tourisme dans ces mêmes milieux qui conduit un important dérangement des oiseaux et aux épisodes climatiques déréglés qui sont très néfastes pour l'espèce et en particulier pour leur ressource naturel.

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Une aigrette garzette (Egretta garzetta) chasse paisiblement dans un cour d'eau. Cet échassier rencontré en début de séjour trouve ici des crabes, des petits poissons et des larves pour répondre à son régime alimentaire diversifié. Il tire aussi profit de la héronnière toute proche où il peut nicher sans peine, une héronnière étant un site de nidification rassemblant souvent plusieurs espèces de hérons à la période de reproduction.

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En parlant de héronnière, voici le champion toute catégorie pour en confectionner, le héron cendré (Ardea cinerea). Les couples commencent à regagner leur nid pour préparer la saison de reproduction à venir. Chacun d'eux peut élever 3 à 5 poussins qui mettrons environs deux mois à devenir autonomes et à perdre leur duvet blanc au profit du plumage gris caractéristique de l'espèce. En attendant, il faudra faire d'inlassables aller-retours pour les nourrir. Les proies se composent le plus souvent d'insectes, de poissons et d'amphibiens.

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Les oiseaux ne sont pas seuls, ils sont accompagnés d'un mammifère mal-aimé, le ragondin (Myocastor coypus). Tranquille rongeur pouvant dépasser les kilos, il aime les zones marécageuses où il trouve des végétaux tels des herbes, des racines et de jeunes feuilles à grignoter. 

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Originaire des Amériques, il s'est très bien acclimaté à nos contrées où il suit un cycle de vie similaire à ce que l'on peut observer dans le nouveau monde. Ayant pour prédateur les alligators, il rencontre peu d'animaux pouvant lui porter atteinte hormis les chiens domestiques. Classé comme espèce exogène envahissante (EEE) pouvant porter atteinte à l'environnement, à l'écolnomie et à la santé humaine, il est couramment piégé et chassé. Confidentielle dans certains départements, beaucoup plus commune d'en d'autre, sa consommation n'est pas anecdotique et les produits à base de ragondin prennent le plus souvent le nom de civet, ragoût ou pâté de myocastor, en particulier du côté de la Charente Maritime.

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Cependant les effets néfastes de l'animal portent à question. Son impact sur les berges ne serait pas si étendus et impactants qu'ils sembleraient l'être, tout comme la concurrence qu'il exercerait en vers d'autres espèces locales ou les dégâts sur les cultures, en particulier de maïs. Néanmoins, il faudra encore attendre de nouvelles études spécifiques aux dynamiques de sa population pour établir qu'elle sera la meilleure gestion à adapter.

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La Camargue, c'est aussi le nom que l'on donne à une très vieille race bovine originaire d'ici et bien connue de par ses taureaux à la robe noire et aux cornes en forme de lyre. Élevés de manière semi-sauvage (on parle d'élevage extensif), ils font partis du paysage local et représentent la majorité des animaux de ferme avec les vaches et les chevaux camarguais dans les manades, de vastes fermes situées sur des terres marécageuses

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Changement de décor, nous sommes toujours à Arles mais cette fois-ci pour admirer la pleine alluviale, les oiseaux rupestres et l'incroyable architecture de l'Abbaye de Montmajour. Fondée en 948 et ayant connues de nombreux bouleversement, mille ans plus tard elle est toujours là. C'est entre la moitié du 14e siécle et du 15e siècle que s'annonce son déclin, précipité par les troupes de mercenaires qui parcourent alors la Provence.

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Parmi les habitants du lieu, on peut compter les choucas des tours (Coloeus monedula). Ces jolis corvidés se reconnaissent à leur plumage noir, à leur nuque grise et à leur chant mélodieux. Cavernicoles, ils apprécient les bâtiments, ruines, falaises et pics rocheux présentant des cavités dans lesquelles ils peuvent sans mâle réaliser leur nid. Fidèles, mâles comme femelles participe à la confection du nid et à l'élevage des petits.

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Socialbles, ils vivent en colonnie et se mêlent sans peines aux autres espèces de corvidés, notamment le corbeau freux (Corvus frugilegus) en journée pour se nourrir et la nuit avec les corneilles noires (Corvus corone) dans les dortoires collectifs en dehors de la période de reproduction. Ils sont souvent confondus avec le chocard à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) au nom similaire mais affectionnant les zones plus montagneuses.

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Le soleil commence à se coucher, nous filons vers l'étang de Vaccrès. Au milieu de l'étendue d'eau, sur des mas de pêches, les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) attendent la nuit. Ces oiseaux graciles partirons d'ici quelques temps du côté de la Camargue mais aussi de l'Asie et de la Dombe. Nichant sur les rebords rocheux, on observe régulièrement des nidifications dans les arbres comme aux abords de la Crau.

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Tout est calme. Derrière les grands cormorans perchés sur les mâts de pêche, une troupe de 12 harles huppés (Mergus serrator) passe tranquillement, troublée de temps à autre par le vol des aigrettes garzettes (Egretta garzetta) qui passent tout près des têtes emplumées. Le ciel se fond à la tombée du jour dans l'étendu d'eau, ne laissant pas voir où les éléments s'arrêtent. Nous restons de longues minutes, immobiles, à scruter l'horizon.

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Le jour tombe, dans les cieux pas moins de 3000 à 4000 grues cendrées (Grus grus) s'envolent vers leur dortoir. Le spectacle est magique, encore plus somptueux que ce que nous avions pu voir en 2018. Déjà les ces oiseaux majestueux à la calotte rouge remontent vers le nord pour nicher, en particulier du côté du nord de l'Eurasie. C'est là que se termine notre périple, dans les rayons du soleil se couchant sur un bout de Camargue.

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