jeudi 22 mars 2018

Les plantes médicinales du Pérou.

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"Femme vendant des plantes médicinales à Mila, co-fondatrice de Coop Naturae.
Région de l'Ancash, Pérou. Photographie de Joao Socola"

Aujourd'hui, j'ai à coeur de vous présenter un projet qui a mit un peu plus de 6 mois à voir le jour, celui de trois passionnés de plantes sauvages et médicinales. Coop Naturae est une association française lancée en août 2017 par Amélie et Mila, toutes deux diplômées en sciences sociales. Issus du monde associatif et celui des ONG, les membres ont à coeur de travailler avec les populations rurales pérouviennes via la culture et l'usage des plantes. 

 

Pourquoi les plantes médicinales ?
Parce que les trois membres fondateurs les utilisent au quotidien mais aussi, parce que le Pérou regorge de végétaux méconnus, présents dans les savoirs traditionnels et qui sont amenés à disparaître si rien n'est fait. C’est un patrimoine immatériel à sauvegarder à travers trois grands axes : préserver, valoriser et diffuser.

Une valeur fondatrice.
Celle de respect, avec comme fer de lance l'idée que « l'Homme et la Nature font partis d'un tout ». Cette démarche s'inscrit dans un contexte de crise écologique et sociale qui implique des changements profonds dans les pratiques, en prenant soin de ce qui nous entoure et dont nous tirons nos ressources, en somme, avoir un mode de vie plus respectueux et responsable. De ce fait, les populations locales font partie intégrante du projet, car c'est par elles qu'il prend vie et se pérennise.

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"Aloysia citriodora Palau : excellent comme huile essentiel. Antispasmodique, eupeptique, carminative, antimicrobien, analgésique local et sédatif. Digestif, aide à contrôler les nerfs et l’anxiété. Aide à contrôler les réactions allergiques, réduit l’information abdominale. Aide pour les traitements du côlon irritable."

 

Un objectif.
7Celui de permettre le developpement d'une agriculture biologique durable et responsable centrée sur les plantes médicinales dans la région andine du Huaraz. Montés en coopérative, les agriculteurs ayant des pratiques basées sur les savoirs-faires traditionnels et respectueux des sols pourront tirer profit de leurs récoltes tout en répondant à un enjeu économique et de santé humaine, le but étant de conserver l'intégriter de la terre, de permettre aux populations d'avoir accès aux soins (les structures médicales étant par endroit rares et vétustes) et de préserver un savoir et une culture propre à cette région des Andes.

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Comment ?

Pour se faire, il faut des fonds, pour assurer la logistique et surtout, l'emploi de tous les intervenants à cette démarche. Le but premier conscite à la rédaction d'un guide cataloguant toutes les espèces médicinales et les pratiques leurs étant associées. C'est un véritable travail d'ethnobotaniste auquel, vous vous doutez bien, je ne peux pas rester insensible. Ce recensement sera effecté par une native de la région, forte d'une belle expérience sur les projets inter-culturels du ministère de la culture, ayant travaillé avec les ONG et sur le projet Qhapaq Ñan de l'Unesco. Le travail sera complété par les travaux d'une chercheuse ainsi que la mise en place d'ateliers auprès de la population, en particulier des agriculteurs et des écoles. La démarche de réaliser des worshops avec les acteurs locaux est essentiel, car il est bien beau de collecter de l'info mais s'il n'y a plus personne pour faire vivre ces pratiques et ces savoirs, ils s'éteignent. Informer, faire pratiquer, montrer, expliquer et sensibiliser, c'est l'essence même du projet. Sans cela, l'entreprise est veine car non durable dans le temps, faute de personnes pour la faire vivre et l'animer.

29342691_292037207994536_9195695263304384512_nLes grandes étapes.
5 mois sont dédiés à la recherche, d'une part sur le recensement des plantes et des connaissances, et d'autre part sur les maladies les plus communes de la région, l'idée étant d'identifier les remèdes pouvant être les plus bénéfiques à la population.

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S'en suivra la création du guide édité en français, en espagnol et en anglais. La recherche s'axe également sur les agriculteurs locaux et leur savoir-faire. L'étude des jeux d'acteurs, des besoins, de la spécifité des sols et des ressources comme celles en eau sont tout autant d'éléments qui doivent être compris et maîtrisés pour permettre la mise en place des ateliers. Conçus avec une série d'outils dévaluation pour savoir si les actions mises en places sont efficaces, ils ont pour objectifs de répondre aux besoins des communautés en étant les plus proches possible de la réalité. La mise en place des ateliers est au coeur du projet. Axés sur l'amélirotation des sols, la gestion de l'eau, la culture et l'utilisation des plantes médicinales, ils doivent servir d'outils aux enseignants, aux acteurs du monde de la santé, aux ONG et à la population.

 

La durabilité de l'action.
Pour que le projet puisse être viable, il est nécessaire que celui-ci intégre les dimensions du développement durable, à savoir l'écologie, la culture et l'économie locale. L'autonomie des personnes impliquées dans le projet passe donc par la récolte, la transformation et la vente des plantes médicinales, en particulier à travers la production d'huiles essentielles mais aussi, par la formation pour que la pratique soit pérenne.

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Comment participer ?
Au Pérou comme dans beaucoup d'autres pays et régions du monde, ce type de projet reste très compliqué à financer, hors comme pour toute chose, l'argent est le nerf de la guerre. Axés sur le tourisme, les fonds publiques tendent à laisser de côté les secteurs du droit, de la santé et de l'éducation. Pour pallier à ces manques, un crowdfunding vient d'être lancé sur le célèbre site Ulule. Pour faire vivre le projet, un simple geste peu suffire. L'avantage de cette plate-forme est que le don est sécurisé mais aussi, que le projet et l'utilisation des fonds, y sont très détaillés. Rien est laissé au hasard et pour cause, cette entreprise est sérieuse et permettrait non seulement aux habitants de bénéficier de soins, de conserver leur identité à travers un savoir ancestral menacé, mais aussi d'acquérir des compétences rendant leur quotidien viable.

 

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Pour aller plus loin.
Pour mieux connaître le projet et mettre votre pierre à l'édifice, rendez-vous sur ulule.com/coop-naturae. Une série des vidéos et des explications claires accompagnées de schémas vous y attendent. Sur facebook, n'hésitez pas à visite la page de Coop Naturae. Vous y trouverez tous les contacts des membres. Enfin, ces superbes photos qui invitent au voyage sont le fruit des membres de l'association, en particulier de Joao Socola et Jean Hr.

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mercredi 17 août 2016

Sortie en montagne 14.

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 Petite virée en montagne au Cirque de Saint Même. Nous sommes partis à la recherche de la source du Guiers Vif, une rivière rapide d'eau fraîche qui sépare en partie la Savoie et l'Isère. Nous avons eu la chance de nous y rendre l'an dernier un peu plus tard dans la saison (juste ici). Nous avons pu y découvrir de nouvelles espèces végétales en fleurs et quelques oiseaux colorés grâce au temps pluvieux et à le bruine qui nous entourait.

 

L'érine des Alpes (Erinus alpinus).

Elle porte aussi le joli nom de mandoline des Alpes. On ne l'a rencontre que dans les zones montagneuses de l'ouest et du centre de l'Europe, ce qui en fait une plane endémique. Elle forme de gros buissons gazonnants sur les sols et les roches calcaires. Ressemblant à une primevère, elle appartient cependant aux plantaginacées.

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La grasette des Alpes (Pinguicula alpina).

 C'est une plante carnivore des tourbières alpines (présente aussi dans les zones humides de montagne), dont les feuilles sont couvertes de "glue" et de sucs digestifs sur lesquelles les insectes viennent se piéger puis sont peu à peu digérés. Elle produit une grande fleur blanche unique. Assez rare, elle n'est pas protégée en France.

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La véronique à feuilles d'ortie (Veronica urticifolia).

On la trouve souvent sur les sols calcaires et ombragés, à tendance humide. Plante de montagne, elle pousse entre 1000 et 2000 mètres d'altittude et sa floraison s'étale de juin à août. Ses feuilles ressemblent quelques peu à celles de l'ortie d'où son nom mais n'en on pas les propriétés urticantes. Elle produit des fleurs hermaphrodites.

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L'orchis de Fuchs (Dactylorhiza fuchsii).

Cette orchidée sauvage fleurit très tôt dans l'été et souvent, à la fin du printemps quand les conditions lui permettent. On la reconnaît au labelle de la fleur qui est très trilobé chez cette espèce bien que la facilité qu'ont les orchidées à se croiser ne simplifie que rarement les identifications. Comme la plupart des orchidées et des plantes citées dans cet article, elle aime les sols calcaires. C'est une espèce dite eurosiberienne.

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À la recherche des orchidées de chartreuse.

Nous sommes partis avec un très bon couple d'amis (dont vous pouvez voir les superbes clichés ICI) à la recherche des orchidées de Chartreuse. Nous avons pu voir quelques beaux spécimens comme cette céphalanthère rouge (Cephalanthera rubra) à droite ou cet orcis à deux feuilles (Platanthera biofolia). À savoir, il existe plus du'une soixantaine d'orchidées dans le parc de Chartreuse sans compter les nombreux hybrides.

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La pyrole à feuilles rondes (Pyrola rotundifolia).

C'est une plante rare qui possède un fonctionnement proche de celui des orchidées, à savoir des mycorhizes (association symbiotique entre une plante et des champignons). C'est une plante médicinale qui est très utilisée en Chine malgré sa rareté et pour cause, elle possède des propriétésanti-biotiques importantes contre certains bacilles qui sont dangereux pour l'Homme. Elle est aussi utilisée pour bien d'autres troubles de l'organisme. 

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Les cascades du cirque de Saint Même.

 J'ai déjà eu l'an dernier l'occasion de vous parler un peu des cascades qui traversent le cirque de Saint Même et qui forment le Guiers vif, court d'eau impétueux qui sépare la Savoie et l'Isère et que les contrebandiers avaient plaisirs à traverser pour semer leurs poursuivants. De la grotte on peut en voir jaillir la source dont l'eau n'est qu'à quelques degrés celsius. Elle a parcouru plusieurs kilomètres sous terre avant de voir à nouveau le ciel.

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Le sentier des cascades.

Les quatre cascades majeurs du cirque se sont formées dans des roches urgiennes, c'est à dire une pierre sédimentaire du crétacé. Elles sont très présentes dans le parc et sont réputées pour leur solidité. On les employait dans la construction de maisons. C'est dans ces mêmes roches qu'il y a peu un fossile exceptionnel d'une nouvelle espèce de reptile marin de grande taille a été découvert dans le coeur de la Chartreuse.

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Le mot de la fin.

C'est un plaisir de retourner chaque année dans ce lieu somme toute assez impressionnant observer les oiseaux et découvrir de nouvelles espèces de plantes endémiques, rares et/ou typiques des Alpes et des forêts calcaires de nos montagnes. Pas de soleil en vu mais un épais brouillard proche de nos têtes que l'on nomme en montagne "plafond" et qui je trouve, porte plutôt bien son nom. Pour le prochaine article nous repartirons pour l'Herretang.

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mardi 15 mars 2016

Plantes médicinales de Marseille.

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 On ne le dirait pas à première vue mais Marseille est liée de par son passé aux plantes médicinales. Cela vient en partie de son statut de port qui depuis ses débuts reçoit les marchandises exotiques et précieuses du monde entier et de ce fait, les précieuses plantes pour soigner. Aujourd'hui les plantes médicinales sont de nouveau sur le devant de la scène. Entre science, nécessité et effet de mode, il est devenu courant de se les procurer.

 

L'herboristerie du Père Blaize.

Crée en 1815, cette herboristerie a été fondée par un certain Père Blaize (à ne pas confondre avec le père Blaize de Kaamelott) dont on ne sait que peut de chose (il aurait été guérisseur quelque part dans les montagnes de Haute Provence). Dans les innombrables tiroirs, on trouve une grande diversité de plantes médicinales entières, en poudre ou en morceaux destinées à soigner les malades ou à les accompagner vers la guérison.

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Après avoir connue 6 générations continues, l'herboristerie du Père Blaize a été revendu. 

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L'empreur, une institution.

 Il s'agît de la plus ancienne quincaillerie de France (fondée en 1827). C'est une entreprise familiale. Si aujourd'hui elle attire les foules pour les produits rétros et "authentiques" que l'on y trouve, on s'y rendait autrefois pour sa droguerie et les différents produits naturels qu'elle proposait. Fioles, pots et boacaux, éponges naturelles mais aussi bonbons pour les maux d'estomacs et sirops contre la fièvre et les rages des dents y étaient proposés. 

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Le kit parfois pour aller pique-niquer et ramener le fruit de sa récolte dans la garrigue marseillaise.

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Le Fort Saint Jean et le jardin des migrations.

Au Fort Saint Jean, on peut trouver un très beau jardin retraçant les plantes qui ont accompagnées les hommes tout au long de leur périple autour de la méditerranée. La plupart de ces plantes sont comestibles et/ou médicinales. C'est un bonne endroit pour s'entrainer à les reconnaître et pour apprendre leur histoire.

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Le jardin des migrations donnent vue sur la mer. Une délicieuse odeur s'en dégage tout au long de l'année.

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Le MuCEM et l'histoire des plantes.

Pour comprendre un peu mieux les plantes médicinales, le MuCEM attenant au fort est un très bon musée qui retrace l'histoire des peuples de la Méditerranée. De nombreuses expositions, conférences, projections et ateliers sont proposées en ces lieux sur ce thème ou sur des sujets se rattachant à celui-ci. 

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Notre Dame de la Garde et son jardin.

En contre bas de l'édfice se trouve un jardin qui serpente le long de la paroi rocheuse. Bien qu'il ne soit pas exclusivement destiné aux plantes médicinales, on y rencontre beaucoup d'espèces locales ayant ce statut. On peut ainsi citer le romarin commun (Rosmarinus officinalis) ou le pistachier lentisque (Pistacia lentiscus).

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Le mot de la fin.

P1070082La mode (pour ne pas dire le business) du "tout naturel" me pousse souvent à me méfier des remèdes dits naturels. Néanmoins l'étude de l'histoire des plantes médicinales (cette discipline se nomme l'ethnobotanique) me passionne. Celle-ci est riche, elle est à mon sens essentielle pour comprendre l'histoire de l'Europe, des peuples et de nos pratiques passées mais aussi moderne pour tout ce qui touche à notre santé et au "bien être", bien loin des charlatans et des potions miracles. 

dimanche 23 mars 2014

Dame Sorcière.

Toujours dans mon approche plus ou moins ethnographique des plantes, des animaux, des traditions oubliées et de la nature dans son ensemble, j'en suis venue à me pencher sur ce que l'on nomme dans le langage courant la Sorcière:

http://chezguizbis.blogspot.fr/2012/03/inspiration-mucha.html

Dans l'imaginaire européen, la sorcière est le plus souvent représentée sous les traits d'un vieille femme laide, méchante et sale qui utilisent des ingrédients farfelus dans un chaudron pour créer des poisons et des filtres d'amour.

Mais dans les faits, qui étaient ces femmes qui, à la Renaissance, avaient une bien sombre réputation au point de finir sur le bûcher?

Les sorcières et sorciers étaient des femmes et des hommes, nomades ou non, qui ont hérités des religions dites païennes la connaissance des plantes et du corps, la croyance magique et les rituels. À l'image des prêtresses nordiques, ils étaient appelés comme guérisseurs, voyants, médiums, jeteurs de sorts, empoisonneurs ou comme purificateurs en échange d'argent, d'un bon repas ou/et d'offrandes diverses.
Avec la christianisation, les pratiques magiques et les soins par la nature ont été diabolisés en étant relégués au rend d'hérésie.

Les recettes des filtres magiques et des potions de guérisons étaient jalousement gardées. Des codes étaient utilisés pour permettre aux initiés de comprendre les écrits et de les protéger des curieux. Ainsi les ingrédients et les actions pouvaient paraître des plus insolites aux yeux des non initiés (sic: l'emploi de la traditionnelle bave de crapaud).

Voici une petite liste glanée sur le net non exhaustive des correspondances entre les formules employées et les plantes. Attention, chaque époque et chaque lieu a son propre vocabulaire de sorcière,ici ne figure qu'un des nombreux langages employés par ce que l'on nommait les hommes et femmes médecine:

Aile de chauve-souris => houx
Arbre à concombre => magnolia

Baton de jupiter => molène
Bec d’oie => potentille
Belle dame => belladone
Bile humaine => sève de navet
Blé des fourmis => chiendent
Blé noir => sarrasin
Bois de mai => aubépine
Bois de vie => bois de gaiac
Bourreau des arbre => lierre grimpant
Bourse à berger / bourse de capucin => bourse de pasteur
Bouton d’or => ficaire, renoncule
Brosse à chevaux => prêle des marais
Buisson ardent => fraxinelle

Caille-lait => gaillet
Cillot => molène
Capuche de moine / casque de jupiter => aconit
Cassave => manioc
Casse-pierre => renouée
Cendrée => chélidoine
Cervelle de chat => gomme de cerisier
Char de Vénus => aconit
Chasse-diable => millepertuis
Cheveux de Vénus => capillaire
Cheveux du diable => cuscute
Cloche d’argent => viome
Coeur d’aigle => absinthe
Coeur de berger => bourse de pasteur
Corbeille d’argent => alysse odorant
Corail rouge => piment rouge
Corne de licorne => hélonias
Coudrier => noisetier
Courrone de terre => lierre
Crache-venin => bryone
Crinière de lion => origan des marais
Cumin des près => carvi

Dent de lion => pissenlit
Disocorée chevelue => igname

Echelle du Christ / herbe à fièvre => centaurée
Ecorce sacrée => cascara
Eupatoire des Anciens / herbe à la trompette/ herbe de saint John => aigremoine

Faux buis => busserole
Fée verte => absinthe
barda
Fenouil puant => aneth
Férule fétide => asa foetida
Fève de loup => hellébore
Fiel de terre => fumeterre
Figuier d’inde => banian
Fleur de chocolat => géranium

Gant de fée /gant de Marie => ancolie
Gant de Notre Dame => digitale
Gazon de Marie => alysse
Gommier bleu => eucalyptus
Graine d’Horus => marube
Gratte-cul => églantier
Grippe de loup => lycopode
Gueule de chien => gueule de loup

Hélénine => grande aunée
Hellébore des Anciens => verâtre blanc
Herbe à bouteille => pariétaire
Herbe à la coupure / herbe du cardinal => grande consoude
Herbe à l’ail => alliaire
Herbe à lait => polygala vulgaire
Herbe au somme => jusquiame noire
Herbe au cents goûts => armoise
Herbe aux mille trous / herbe de la saint Jean => millepertuis
Herbe aux myopes => euphraise
Herbe aux sorcières => belladone
Herbe aux sorciers => datura
Herbes à verrues => chelidoine
Herbe de l’enchanteur / herbe de sainte Marie => verveine
Herbe de saint Jacques => jacobée
Herbe des vierges => absinthe
Herbe du bonhomme => lierre terrestre
Herbe du bon soldat => benoîte
Herbe sacrée / herbe sainte => yerba

Jasmin sauvage => jasmin de virginie

Lait de louve / lait de serpent => euphorbe
Lait de notre-Dame => chardon-marie
Laitue des chiens => chiendent
Laitue indienne => pourpier d’hiver
Langue d’addition => cornouiller
Langue de cheval => liatrix
Langue de moineau => renouée à fleur
Langue d’oie => grasette
Langue de serpent => erythrone
La sorcière / l’élégante / maître des bois => aspérule
Lilas les indes => margousier
Lys de la vallée => muguet

Manteau de Notre-Dame / manteau des dames => alchémille
Maroute => camomille puante
Mauve indienne => abutilon 
Mescal => peytol
Millet des Indes => maïs
Molène => bouillon-blanc
Morelle grimpante => douce amère
Mousse d’Irlande => carragheen
Moutarde des allemands / mourtarde des capucins => raifort
Museau de veau => gueule de loup
Museau de porc => pissenlit

Navet du diable => bryone
Noisetier des sorcières => hamamélis

Oeil de cheval => grande aunée
Oeil du Christ => sauge
Ombrage des bois / pain de saint Jean=> caroubier
Oreille de souris => piloselle épervière

Pain du coucou => plantago
Patience crepue => patience sauvage
Patte d’ours => acanthe
Patte de chat => asaret
Patte de corbeau (ou de corneille) => géranium tâcheté
Patte de crapaud => noyer cendré
Patte de loup => bugle rampant
Pas d’âne /pied d’âne / pied de taureau => tussilage
Perce-muraille => pariètaire
Petit chène => veronique germandrée
Petit houx => fragon épineux
Pied de griffon => hellébore noire
Plante du tonerre => joubarbe
Plante royale => basilic
Plume d’aigle => ail sauvage
Plume de paon => coquelicot
Poivre à queue => cubère
Polypode du chène => polypode (ou fougère)
Pomme épineuse => datura
Pommier d’arménie => abricotier
Poupée de cire => fumeterre
Prune de java => jamelongue
Punaise mâle => coriandre

Queue de cheval /queue de chèvre=> prêle
Queue de cochon => fléau du léopard
Queue du chapon => valériane
Queue de renard => prêle ou amarante
Quintefeuille => potentille rampante

Racine de l’amour => racine de patchouli
Racine d’oeil => hydratis
Racine de Licorne => alétris
Raisin de renard => parisette à 4 feuille
Raisin d’ours => busserole
Réglisse des bois => polypode
Reine de la nuit => vanille
Reine des près => ulmaire / pygamon (toxique)
Rouvre => chêne
Roseau aromatique => acore vrai (appelé aussi calami)
Rose de noël => hellébore noire
Rudbeckie pourpre => echinacée (populaire en allemagne)

Sabline rouge => arenaria
Sabot de Vénus => valériane américaine
Salivaire => pyrèthre d’afrique
Sang => sang de dragon (résine rouge tiré du dragonnier) / sève de sureau noir
Sang d’Arès => pourpier
Sang de chatte => verveine
Sang d’oie => lait de murier
Sang de nez => millefeuille
Sang de titan => laitue sauvage
Sang d’héphaistos => absinthe
Santé de l’homme => ginseng
Sensitive => mimosa
Serpentaire => clématite
Soucis des jardins => soucis ou calendula
Sparte => genet d’espagne
Sperme d’amon => joubarbe
Sperme d’Hélios => rose de Noël
Sperme d’Hermes => aneth

Tabac indien => lobélie
Tête de grenouille => renoncule
Thé des abyssins => qat
Toile d’arignée => cuscute
Trifiol => trèfle
Tue-loup /tueur de brutes /tueur de femmes / tueur de léopard => aconit napel
Turquette => herniaire

Verbénaire => verveine
Verge des ménagères => genêt à balai
Violette du sorcier => petite pervenche

Yeux de chat => chicorée sauvage

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Bref, voilà un inventaire à la Prevert qui peut donner un autre regard sur les pratiques du passé en particulier, sur les soin par les plantes, à une époque où les médicaments et les techniques médicales n'étaient pas celles-d'aujourd'hui. D'ailleur, herboristerie et médecine n'étaient pas dissociées l'une de l'autre, comme l'explique ce long texte du dénommé "Karsho":

"L’histoire des plantes médicinales

Se soigner par les plantes est une forme de médecine aussi ancienne que peut l’être la conscience humaine. Des études ont observé le comportement de certains animaux qui consomment sans se tromper des plantes comestibles. La connaissance des plantes a souvent commencé par l’observation des animaux. Les moutons par exemple, broutent d’eux même la fougère mâle quand ils souffrent de vers intestinaux. La fougère mâle est un remède contre le ver solitaire connu depuis la plus haute antiquité.
Les effets sur l’organisme de la consommation de plantes sauvages ont été observés pendant des millénaires. Consommées régulièrement en période de disette, on ne peut manquer de constater certain effets : laxatifs, diurétiques, constipants, sudorifiques, adoucissants, …
Au XVIIIè siècle par exemple, on ajoutait de la farine de glands au pain. On utilisait aussi les glands pour faire du café pendant la seconde guerre mondiale.
Mais les intoxications sont toujours un risque à garder à l’esprit.

Les premiers textes médicinaux parvenus en France provenaient de Chine, Egypte et Mésopotamie, montrant

http://postlucemtenebrae.eu/luis-ricardo-falero_maitre_sorcieres/

ainsi que le savoir thérapeutique existait déjà il y a 3000 ou 4000 ans. A l’époque, la médecine était surtout pratiquée à base de rituels magiques, puis furent développés des remèdes à base de minéraux, d’animaux et surtout de végétaux.
On sait que les Egyptiens connaissaient les propriétés sédatives du pavot ou encore que les Assyriens utilisaient correctement la belladone contre les spasmes.
Toute la base de la médecine occidentale se retrouve dans les médecines grecque, latine, arabe.
Au Moyen Age, l’Europe connaît une période d’extrême ignorance, tous savoirs étant mis à l’écart par l’Eglise. Le savoir médical est alors réservé aux ecclésiastiques. Les « non prêtres » utilisant un savoir médical quelconque avaient vite fait de passer pour hérétiques.
C’est à partir de la Renaissance que les textes anciens sont « retrouvés ». L’Antiquité est un sujet qui passionne. Les peintures et sculptures représentent les héros des mythes grecs. On traduit, on compile des ouvrages, et la connaissance des végétaux se précise. Le XVIè siècle est marqué par un grand intérêt pour les plantes, en témoignent quantité d’ouvrages et de publications très illustrées. Tout ce savoir, ces livres, vont se propager jusque dans les campagnes où il va se mêler aux savoirs populaires. Le fond devient commun mais chaque région y ajoute ses
propres connaissances ancestrales. Citons par exemple le suc d’ortie, préconisé par Dioscoride (1er siècle) contre les saignements de nez. En 1980, on retrouvait cet usage de l’ortie à Banon (Alpes de Haute Provence). Mais si le suc d’ortie a eu sa place dans un livre, ce n’est pas le cas de toutes les plantes, comme le plantain œil de chien qui est utilisé dans la médecine populaire sans avoir été mentionné dans un quelconque ouvrage.
Ainsi, l’intérêt pour l’Antiquité et la redécouverte des savoirs a établi les bases d’un savoir « savant » qui nous conduira vers la médecine moderne que nous connaissons actuellement.

 

 Le remède du peuple

De tous temps, il y a eu la médecine des riches et la médecine des pauvres. Voici une citation qui résume bien l’idée :
« Les hommes qui appartiennent aux premières classes de la société ont sur les propriétés des médicaments des préjugés qu’il serait dangereux de heurter : ils aiment la multiplicité des remèdes, ils prennent pour de grandes vertus la singularité de leurs noms, leur rareté et surtout leurs prix élevés. Médecins, n’allez pas leur prescrire ces végétaux précieux mais d’un emploi trop vulgaire, que la nature fait croître abondamment dans nos campagnes, réservez les pour le peuple. Voulez vous donner une haute idée de votre génie? N’ordonnez jamais que des remèdes extraordinaires, ou des substances amenées à grands frais des contrées les plus éloignées. »
MONTFALCON, Dictionnaire des sciences médicales, 1850

 

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Les fortunéss ont toujours préféré le recours aux remèdes et drogues exotiques, aux épices, aromates et résines comme le benjoin et la myrrhe. Toutes ces substances étaient très coûteuses et très souvent falsifiées. Le principe était qu’un médicament était d’autant plus efficace qu’il était cher et complexe.
Un exemple typique est la Thériaque. Cette composition était attribuée à Andromaque, médecin de Néron (1er siècle). Elle contenait plus de 100 produits différents, animaux, végétaux et minéraux, dont certains très toxiques comme l’opium ou le venin de vipère. A l’origine un remède aux poisons, la Thériaque est vite devenue un remède à tout faire. En 1884, la pharmacopée française en donnait encore une formule à 60 composants.
Bon nombre de recueils de recettes au XVIIè et XVIIIè siècles en particulier font état d’une grande quantité de recettes compliquées.
Il va sans dire que les pauvres ne pouvaient mettre en pratique ces formules.
Le mot « simple » fera son apparition au XVè siècle, désignant un médicament constitué d’une seule substance. Par la suite, il s’appliquera pour désigner les plantes médicinales.

Dans la société traditionnelle, le savoir sur les simples était indispensable pour survivre. Transmis de génération en génération, il s’enrichissait du savoir empirique et des recettes rapportées par les colporteurs, les pèlerins, les ouvriers saisonniers, …Ce savoir qui fait aujourd’hui sourire a su se préserver au fil du temps. Comme cité plus haut avec l’ortie, on gardait des recettes du 1er siècle et au delà.
Le savoir médical populaire a eu ses spécialistes : des guérisseurs qui préparaient potions et onguents auxquels ils ajoutaient leur propre pouvoir de magnétiseur. On venait de loin pour profiter de leurs recettes.

Après l’opposition médecine des riches/médecine des pauvres, une autre confrontation a vu le jour : savoir savant/savoir populaire. Bon nombre de médecins actuels jugent la médecine populaire avec dédain. C’est signe qu’un fossé s’est creusé entre les deux car la base de la médecine savante prend racine dans la médecine populaire. Cette dernière s’inscrit dans une association entre médecine, croyances magiques et religion. La médecine moderne s’est complètement émancipée de ces concepts non avérés scientifiquement.

 

 Les femmes et la médecine traditionnelle

C’est surtout par les femmes que c’est transmis le savoir sur les plantes dans les campagnes. C’était un domaine qui leur était souvent réservé et la connaissance des remèdes était l’une des rares libertés qu’elles avaient.
Ces guérisseuses étaient appelées les « bonnes femmes ». Sur les illustrations médiévales on voit souvent une femme choisir les plantes pour en préparer un remède.

 

http://www.calirezo.com/dotclear/index.php?post/2004/09/16/1054-sorcieres

Mais ces remèdes et cette liberté seront dénoncés par l’Eglise, principale détentrice du savoir et soucieuse de son influence sur le peuple. Les femmes détenant les secrets des plantes seront donc considérées comme sorcières et persécutées du XIIè au XVIIè siècle. Les pèlerinages aux saints guérisseurs ont ainsi toute légitimité.
Pour l’Eglise, la sorcière était celle qui avait partie liée avec les forces de la nature, considérées comme des forces mauvaises. Le Diable était parfois nommé « le maître qui fait germer les plantes ».
Quoi qu’il en soit, même si l’empirisme véhicule certaines erreurs, la médecine moderne a explicité et confirmé la valeur de bon nombre de « remèdes de bonnes femmes ». Malgré le dédain des médecins « savants », les guérisseuses parvenaient à soigner avant que ceux ci n’arrivent dans les campagnes. Très rares sont ceux qui ont reconnu leurs limites et le succès des "bonnes femmes" dee campagne. Citons le témoignage d’un célèbre médecin provençal au XVIIIè siècle:
« Ne sommes nous pas obligés de déclarer avec confusion l’impuissance où nous sommes de pouvoir secourir les malades, tandis qu’une femmelette guérit par un simple remède, à nous inconnu, la maladie qui nous parraisoit incurable. Les médecins qui ont de la bonne foi ne sauroient en disconvenir. »
Pierre Garidel, Histoire des plantes qui naissent aux environs d’Aix, 1715

De nos jours, les conditions sociales se sont nettement améliorées pour les femmes, et le rapport avec les herbes se transmet toujours. Les nouvelles héritières peuvent comparer avec des ouvrages de vulgarisation scientifique et modifier leurs pratiques vers un empirisme éclairé, limitant les erreurs potentielles.

 

 La médecine des signatures

Les Hommes ont pendant longtemps observé la nature. Ils y voyaient un espace soumis et guidé par la volonté du créateur. Toutes les réponses devaient être dans la nature, pour qui saurait décoder ces messages en formes, en couleurs, en comportements, des animaux, végétaux et minéraux. Tout un savoir s’est donc construit sur cette perception des analogies entre la nature et l’Homme.
De tous temps, les Hommes ont distingué les plantes aux particularités remarquables et offrant des similitudes avec des parties du corps ou des maladies.
Cette médecine par analogie était déjà pratiquée dans la Chine ancienne. Elle fut redécouverte en Europe à la Renaissance, via les travaux de médecins alchimistes parmi lesquels Paracelse (1493-1541), Porta (1540-1615), Crollius, …
Les alchimistes étaient d’accord pour dire que la forme, l’image des plantes étaient la signature de leurs pouvoirs, offerts par la volonté divine. C’est de là que vient le nom de « médecine des signatures ».
Cette pratique, qui ne manque pas de faire sourire nos esprits « scientifiques » modernes, en a quand même surpris plus d’un car de nombreuses vertus supposées par ce mode de thérapie se sont avérées réelles.
Cependant, la « mode » de l’analogie a aussi attribué des pouvoirs imaginaires aux plantes. Toutes les plantes capillaires devaient soigner le cuir chevelu et la noix, avec sa forme en cerveau, devait vaincre la folie. Mais aujourd’hui, sait on tout de la noix?
Le domaine sexuel a lui aussi (et lui surtout) fait l’objet de toutes les fantaisies. Tout le monde y voyait des analogies partout ou presque et toutes sortes d’interprétations ont vu le jour.
Prenons l’exemple de Crollius dans son livre La Royale Chimie (1624). Il parlait des racines d’orchidées sauvages à deux tubercules. L’un des deux était toujours plus flétri car c’est dans ses réserves que tige, feuilles et fleurs avaient prélevé l’énergie. Crollius écrivait que « [les deux tubercules] peuvent se corriger l’un l’autre : car le plus grand, plus haut et plus plein excite grandement au fait, mais le plus bas, mol et ridé, a un effet tout contraire : car au lieu d’eschauffer il refroidit, merveille de la sagesse de la nature. » C’est à dire que la même plante était supposée être aphrodisiaque ou anaphrodisiaque selon le tubercule choisi.

 

Source inconnue.

Voici un exemple d’analogie dont la science moderne a reconnu les vertus : le millepertuis. Ces feuilles ont de nombreuses glandes translucides bien visibles par transparence. Elles évoquent donc les blessures (trous) et la transpiration (image des pores de la peau). Les glandes de l’inflorescence sécrètent un suc rouge qui rappelle le sang.
On se sert encore du millepertuis comme cicatrisant et anti inflammatoire.

 

 Plantes médicinales et magie

De nombreuses plantes médicinales, et en particulier les plantes toxiques, ont été liées à la magie. Citons la plus caractéristique des familles : les Solanacées (belladone, jusquiame, datura, mandragore, …)
Ces plantes ont des actions sur le psychique : hallucinations, délires, …
Les breuvages hallucinatoires étaient utilisés par les sorcières médiévales pour la divination ou pour apaiser les douleurs. Le vol des sorcières était d’ailleurs très certainement une sensation de vol par hallucinations.
Les plantes ont fait l’objet de toutes les craintes et de tous les fantasmes, et tant que contre sort, amulette ou talisman. Toutes ces croyances finissent par créer des ambiguïtés. Le sureau par exemple est protecteur dans le nord de l’Europe (Scandinavie) et maléfique dans le Berry.

 Les rites de la cueillette

Un savoir très ancien a associé aux plantes des planètes et des signes du zodiaque. Il y a donc une période propice pour chaque plante. Généralement les plantes étaient cueillies en lune croissante, bien que l’on note parfois quelques exceptions. La rue par exemple était cueillie en lune croissante quand on la destinait à soigner la gorge et en lune décroissante pour un effet abortif.
Des recherches montrent que l’influence de la lune, observée par nos ancêtres, existe bel et bien.

Pendant longtemps, l’herboriste s’apparentait au prêtre et la cueillette était un véritable culte au végétal. La personne qui s’apprêtait à cueillir la plante la considérait avec respect et procédait à tout un rituel de purification : jeûne, abstinence, ablutions, vêtements blancs, … et s’approchait pieds nus puis s’agenouillait devant la plante.
On ne la coupait jamais avec du fer, considéré comme un métal vil, mais avec des métaux précieux comme l’or et l’argent. Une coutume consistait à déterrer la plante avec une pièce d’or.
En général on recommandait la cueillette à la main.
Parfois, quand la plante était considérée comme néfaste, on l’approchait à reculons pour la surprendre et éviter un quelconque maléfice du Diable.
De très nombreuses plantes étaient cueillies le jour du solstice d’été. On les appelle les Herbes de la St Jean. La plus symbolique d’entre elles, solaire par excellence, est le millepertuis.

 

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De la gloire à l’oubli

Certaines plantes étaient si utilisées qu’on les croyait capable de tout guérir. On leur a donné le titre de panacées, du grec pan = tout et akos = remède. Parmi elles : la sauge officinale, la bétoine, la verveine officinale, …
Mais le temps faisant, certaines plantes à la réputation parfois surfaite ont été jugées « peu usités » ou « faibles » et leur usage a fini par disparaître.

Au début du XIXè siècle, le savoir populaire se dégrade et alimente les critiques de la médecine savante. Peu de temps avant la Révolution, les médecins de la Faculté avaient obtenu l’autorisation d’interdire les médicaments empiriques fabriqués par le non médecins et non apothicaires.
Au début des années 1800, les premiers principes actifs sont extraits (du pavot). C’est le début de la pharmacologie moderne qui signe le déclin de la médecine populaire.
Plusieurs causes ont précipité ce déclin :
- la prolifération des charlatans
- la mauvaise qualité des plantes vendues (abîmées, périmées ou falsifiées)
- l’exode rural qui rend difficile la transmission du savoir
- la baisse de confiance en comparaison avec les nouveaux médicaments.

C’est une véritable révolution pharmaceutique qui est en marche et qui fait table rase sur les fables. La technique remplace la tradition et la magie. Mais même si certains médicaments sont parfois indispensables (les antibiotiques par exemple) il ne faut pas oublier qu’il y a une plante derrière."

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dimanche 29 décembre 2013

Mes amies les plantes.

 photo libre de droit

 Pardon aux auteurs des photos, j'ai perdu leurs noms dans mes manipulations.

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Article séléctionné par Paperblog: ici.

Voici quelques indications sur la récolte et l'utilisation des plantes sauvages. Attention! Des spécimens des espèces proches, cousines, de la même famille ou semblables d'apparence de la plante recherchée peuvent parfois être toxiques voir mortel, ramasser et utiliser les plantes demande une bonne connaissance de celle-ci! Il ne faut les récolter et les employer que si on a été soit même initié et qu'on les connaît bien. De plus il s'agit ici de ma pratique personnelle, il existe bien d'autres techniques et emplois que ceux cités.

photo libre de droit

Récolte

Pour ce qui concerne la délicate étape que peut être de sécher les plantes, voilà ma technique.

- pour les grandes plantes à fleurs dans leur intégralité et , sans les racines/bulbes/rhizomes: je confectionne des bouquets que je pends la tête en bas, quand il fait froid ou humide près de la cheminé, sinon dans une pièce bien aérée. J'applique cela à la lavande, parfois aux rose, à la reine des près et aux ramures de noisetier.
- pour les plantes plus petites et toujours dans leur intégralité (avec ou sans fleurs) mais sans la partie souterraine: je les enferme dans le tiroir de mon buffet qui est sombre et sec. Cela est très efficace et j'ai eu de bon résultats avec la fougère aigle, les orchidées mâles, l’hellébore fétide, les feuilles de noyer, les feuilles de ronce, les feuilles de framboisier, les feuilles de menthe et le lichen.
- pour les plantes humides ou ramassée par mauvais temps et les pétales de fleurs: je les disposent dans une panière en osier et de manière à ce qu'elles ne soient pas trop tassées et bien aérées et je les expose à la lumière d'une fenêtre, près du feu de la cheminée ou au dessus d'un radiateur. Cela marche bien avec les fleurs de coucou, de lamier pourpre, l'aubépine mais aussi les oreilles de judas qui sont des champignons.
- pour les champignons justement et les plantes récoltés en période de beau temps: je coupe en lamelles les champignon et je les expose comme les plantes en plein caniard, en prenant soin de les rentrer le soir et de les sortir le matin pour éviter qu'ils ne prennent la rosée. Cela marche bien avec les cèpes, les trompette de la mort, les oreilles de judas aussi, la sauge des près, les fleurs de sureau, les plantes de la famille des lamiacées,les russules, les feuilles d’eucalyptus et les lactaires poivrés.
- pour les champignons ramassés au printemps ou fragiles et les bulbes, racines et rhizomes: je les coupe en deux, les accrochent en les piquants avec une aiguille sur un fil que je tant de par et d'autre d'une pièce sombre et sèche. J'emploi ce procédé pour les morilles, la racine de chicorée, les girolles, les chanterelles et l'ail sauvage.
- pour les graine et écorces: je les laisse sécher à l'air libre tout simplement, comme avec les graines de poivrons, de litchis et les peaux de ce dernier.
- pour les truffes et certaines racines: je les laisse se dessécher au frigo pendant quelques jours, en particulier avec les truffes d'été.
- pour les peau d'agrumes: sur le poêle à feu, surtout quand c'est l'époque des clémentines.
- pour les insectes: dans une boite en carton bien au sec loin de la lumière puis une fois sec dans des boites d'observation en plastique hermétiques.

Il existe d'autres méthode que je n'ai pas encore pratiqué. Les séchoir composés de toiles tendues dans des endroits secs sont parfaits, pour l'avoir vu, avec les pétales de coquelicots et de mauve, les fleurs de bourrache et les feuilles de sauge. Les séchoirs en grillage au dessus du feu sont efficace pour conserver les champignons comme les cèpes et autres bolets.

Sinon il y a les conserves, en particulier pour les champignons délicats: amanites des césars, géotropes et les macérâts à base d'huile qui se conservent bien, en particulier le millepertuis et le soucis.

Photo libre de droits.

Utilisation

Alors pour les plantes dans mon quotidien, en général les plus courantes ou du moins les plus facilement identifiables, voilà une petite liste de mémoire (l'utilisation de celle-ci est celle que je pratique mais il est possible de les employer pour plein d'autres choses).

Par contre il faut prendre garde à leur emploi, certaines comme la reine des près se garde que quelques mois (6 ici), d'autres sont contre-indiquées avec les médicaments comme le millepertuis. De plus, certains mélanges comme guimauve/thé peuvent former, par la présence de tanins particuliers par exemples, des mariages malheureux voir dangereux (avec ces deux plantes pour l'estomac par exemple). Bref, comme dans la cueillette, prudence.
Quand je dis "séchées" pour des plantes ou leurs parties, cela ne vaut pas dire que c'est une obligation mais la manière dont je les consomme car la plupart des plantes se consomment fraîches aussi mais dans tout les cas, il faut se renseigner.

- La primevère officinale et la primevère acaule: les fleurs séchées en infusion pour les refroidissements, les maux de gorge, la toux avec du miel. Les jeunes feuilles fraîches en salade.
- Les lamiers: les fleurs séchées en infusions pour la toux, les maux de ventre et d'estomac, purger le corps. Je les mélanges avec la primevère souvent. Les jeunes pousses en salade, en particulier de lamier pourpre car elles ont un petit goût de terre proche de celui de la truffe.
- Le sureau: les fleurs séchées dans l'eau du bain pour pour apaiser. En cuisine on peut les infuser et les incorporer dans tout et n'importe quoi mais je n'aime pas trop. En infusion elles ont un goût vert et elles aident contre les infections de la gorge.
- La reine des près: les fleurs séchées en infusion calmes les maux de tête, la douleur, le stress car elles sont à l'origine de notre aspirine. Elles augmente la pression sanguine (donc attention aux malades du cœur, à ceux qui coagulent mal ou qui ont d'autres troubles du sang). On peut les infuser pour parfumer des desserts.
- Les plantains: les feuilles jaunes et fraîches du plantain lancéolé se mangent en salade et ont un goût de champignon marqué. Les graines séchées sont laxative chez toutes les espèces dont on utilise les feuilles avec du saindoux pour faire une crème contre les piqûres et bonne pour la peau. Frotter une feuille fraîche contre un bouton d'insecte ou d'ortie ou en appliquer le suc soigne et apaise celui-ci.
- L'eupatoire chanvrine: les feuilles séchées font de bonnes infusions pour la toux.
- La guimauve, la mauve, la rose trémière et l'hibiscus: les fleurs séchées en infusions, elles décongestionnent les voies respiratoires, apaise les gorges irritées et calme la toux.
- Le millepertuis: les têtes florales séchées en infusion pour calmer les troubles de l'humeur, soigner la dépression, les idées noires, les baisses et sautes d'humeur.
- La menthe poivrée: les feuilles fraîches ou sèches en infusion, à ne pas utiliser sur un estomac fragile ou malade, pour la toux, les maux de tête, la fatigue ou le manque de dynamisme. En cuisine comme dans les soins. Attention, il existe bcp de menthes dont certaines sont toxiques.
- L'aubépine: les sommités, les jeunes feuilles et les fruits séchés en infusion contre le stress, les maux d'estomac, les palpitations cardiaques. L'infusion froide versée sur les cheveux les assainie, les réparent, les tonifie et pour les cheveux blancs, les colores. Son odeur de foin et son goût de sous-bois se marie bien dans les desserts. Ses fruits sont anti-oxydants.
- Les fleurs d'onagre: les fleurs séchées en infusion pou la toux ou dans les desserts.
- L'origan/marjolaine, le serpolet, le thym: feuilles séchées pour avoir un bon sommeil et les méninges moins encombrés. En sirop pour soigner la tout, surtout le thym. En cuisine avec les viandes.
- La lavande: les épis fleurit séchés: pour parfumer le linge, dans l'eau du bain pour apaiser, frottée sur la peau contre les insectes. Dans les desserts mais je n'ai testé qu'au restaurant.
- La fougère mâles: les jeunes feuilles séchées infusées puis vaporisées contres les insectes.
- L'ortie dioïque: les jeunes feuilles séchées broyées en sels ou en infusion pour le sommeil et les maux de ventre.
- La mélisse officinale: les jeunes feuilles séchées infusées pour la digestion difficile, pour ses propriétés apaisantes, pour les angines, les toux et les refroidissements. Je la mélange toujours à la menthe.
- Les feuilles de ronce et de framboisier: les jeunes feuilles séchées infusées avec de la menthe et bu comme du thé. Bon pour les maux d'estomac et le manque de vitalité.
- Les roses: les pétales séchées infusées pour leur bon goût et leur douceur, frais pour faire du sirop à consommer tel quel ou pour parfumer les desserts.
- Les soucis: les fleurs séchées puis infusées et appliquées en compresses sur les piqûres de moustiques.
- Le laurier sauce: les feuilles séchées comme la plupart des champignons: pour la cuisine.
- L'aigremoine eupatoire: les têtes fleuries séchées en infusion ou en compresses comme anti-inflammatoire et comme astringent. 

Photo libre de driots.


dimanche 22 septembre 2013

La théorie des Signatures.

 

 

La théorie des signatures

(Cet article paraitra bientôt dans le numéro 3 de "La Renarde des Alpes).

 

5Avvocadoes-Womb

(photo issue de: http://bistrobarblog.blogspot.fr/2012/01/la-theorie-des-signatures.html)

La théorie des signatures est une médecine qui date du Moyen Age mais qui prend racine à l'antiquité avec Pline l'Ancien notamment puis, qui se démocratise à la Renaissance avec l'alchimie mais il se pourrait qu'elle soit bien plus ancienne.

En effetOtzie, conservé pendant 5300 dans la glace, portait un collier de champignon pour soigner sa trichinose et des documents datant des babyloniens parlent de plantes associées pour leur forme à des maladies spécifiques de certaines parties du corps humain.

Elle se fonde sur la ressemblance entre certaines plantes ou animaux et parties du corps humain ou, avec des capacités de celles-ci qui sont proches ou opposées aux troubles qui les animent. Néanmoins, certaines des plantes utilisées dans cette conception médicale sont employées depuis bien plus longtemps pour soigner les maux, la conception de signature leur ayant été apposées pour expliquer leur action bénéfique.

On peut caractériser cette pratique ainsi: Smilia similibus curantur, les semblables soignent les semblables (Marc Lachèvre).

De la théorie des signatures découle aujourd'hui quelques unes des conceptions de l'homéopathie, de la naturopathie et de l'utilisation des fleurs de Bach.

 

1Kidney-Beans

(photo issue de: http://bistrobarblog.blogspot.fr/2012/01/la-theorie-des-signatures.html)

Les principaux enseignants de cette doctrine sont:

Théophrase-Otto Brunfels-Pline l'Ancien-Cameriarus-Paracelse-Leonhart Fuchs-Henri Mondeville-Giambattista della Porta-Jean-Baptiste Porta-Nicholas Culpeper-Taton-Foucault-Jacob Böhme-Bellon-Crollius.

Il faut toujours être prudent dans l'emploie des plantes car elles peuvent se montrer toxiques ou du moins fortement allergisantes. Elles ne se révèlent pas toujours être des remèdes appropriés et souvent, leurs emplois appartient plus au domaine de la croyance que de la science. Certaines d'entre-elles semblent pire que le mal.

De plus de nombreuses espèces citées sont protégées, mieux vaut les laisser dans leur milieu.

 

2Walnut-Brain

(photo issue de: http://bistrobarblog.blogspot.fr/2012/01/la-theorie-des-signatures.html)

Avocat: il évoque le ventre maternelle bien bombé de part sa forme mais aussi par son temps de maturation (9 mois). On l'utilise pour stimuler le col de l'utérus, pour régler le cycle hormonale, pour perdre du poids après un accouchement ou prévenir le cancer de l'utérus.

Café: les graines ressemblent aux deux lobes d'un cerveau. On l'emploie pour accentuer la résistance physique et l'acquittée mentale.

Capillaire de Montpellier: elle évoque des cheveux et accélérerait leur pousse.

Carotte: sa couleur orange et son eau de cuisson jaune évoque les jaunissements qu'elle est censé combattre. Coupée en deux elle évoque un œil (pupille, iris …) et était consommée pour accroître la vue.

Céleri: semblable au cartilage des os, il est utilisé pour solidifié ceux-ci. Riche en sodium, leur effet serait en effet bénéfique pour le squelette.

Cervidés: ses bois sont gages de puissance et de virilité car un mâle avec de grandes ramures aura l'assurance de posséder un harem. On les consomme en poudre afin de se rendre plus viril.

Champignon de Paris (ou rosé des prés): coupé en deux, il ressemble à une oreille. On le consomme pour rétablir une mauvaise audition. La présence de vitamine D pourrait justifier cette utilisation.

Chélidoine: le latex jaune qui s'échappe de la plante est utilisé contre les jaunissements mais aussi pour le foie car il évoque la bile.

Toxique.

Chou: de par son odeur, il est associé à l'état d'ivresse. Son suc chasserait l'état d'ivresse.

Concombre de mer: sa forme et couleur évoque selon les cultures les selles et est employé pour le transite, soit la forme phallique et sera alors utilisé pour le désir amoureux. Sa capacité de se vider entièrement pour se reconstituer lui confère un fort pouvoir « magique ».

Corydale bulbeuse: ressemblant à la rate, elle en soignerait tout les troubles.

Toxique.

Dentaire: elle tire son nom de ses racines qui ressemble à des dents. Elle en soignerait les maux.

Digitales: celles poussant en altitude sont liées au soin des cœurs défaillants par manque d'oxygène en montagne car elles s'y épanouissent sans difficulté. Depuis on a découvert que ces plantes, en particulier la digitale rouge, ont des propriétés cardio-toniques mais leur grande toxicité à fait stopper tout emploie de celles-ci.

Toxique.

Euphraise: son motif centrale évoque un œil. Elle est employée pour solutionner les troubles et les inflammations liés à la vue.

Férule: elle évoque des cheveux et accélérerait leur pousse

Toxique.

Ficaire: la forme de ses rhizomes évoque les hémorroïdes. Elle était conseillée de se fait pour s'en défaire.

Toxique.

Figue: en générale se fruit pend deux par deux comme des testicules et contient de nombreuses graines associées au spermatozoïdes. On le mangeait dans le but d'accroitre le nombre de cellules reproductrices et de pallier au manque de virilité.

Gingembre: Sa couleur et parfois, sa forme,évoque un estomac. On l'utilise pour aider la digestion et lutter contre la nausée.

Ginseng: la forme phallique de la racine est associé à la force virile. On la consomme pour s'assurer une descendance nombreuse.

Haricot rouge: sa couleur et sa forme évoque un rein (il existe une variété du nom de rognon). On l'employait pour les problèmes rénaux,.

Hépatite à trois lobes: sa ressemblance avec un foie à raison du dessous rouge de sa feuilles trilobée explique son utilisation comme remède lorsque les troubles de cet organe se présente.

Hermodacte: nommé doigt de Mercure, la ressemblance de sa racine avec ce membre a popularisé son emploie pour soigner celui-ci puis plus généralement, les articulations et leurs troubles comme la goutte.

Toxique.

Jujube: comme pour le pruneau, cuit sa consistance et sa couleur évoque les selles. On l'emploit contre la constipation.

Lichen du chêne: elle évoque des cheveux et accélérerait leur pousse

Limace: sa production de bave va de paire avec l'excès de muqueuses dans l'organisme. On l'emploiera contre la toux grave et le rhume. Aujourd'hui sa composante que l'on retrouve aussi chez l'escargot, l'hélix, est utilisée dans les sirops contre la toux.

Mandragore: sa grosse racine qui ressemble à un corps humain (forme 4 membres) est très recherchée quand elle présente un analogie femelle (fente), mâle (excroissance) ou qu'elle est dédoublée (image du couple). Elle est utilisée pour avoir des relations sexuelles harmonieuses, connaitre l'amour ou souhaiter la mort. En sorcellerie on raconte qu'il faut faire déraciner la plante par un chien attaché à celle-ci car, à sa sortie elle pousserait un cri qui serait fatal. Dans les faits la plante a un effet thérapeutique semblable à celui de la jusquiame, de la belladone ou de la datura et a pu servir d'anesthésique préopératoire.

Toxique.

Noix: ressemblance de l'amande avec un cerveau. Elle est employée pour les troubles de la mémoire et de l'attention. La science a mit à jour la présence de sérotonine essentielle pour le cerveau.

Olive: de par sa rondeur et sa petite taille, elle évoque les ovaires et les ovules. On l'emploie pour permettre au cycle menstruel d'être plus efficace.

Orange: coupée elle ressemble à la glaire mammaire. Elle serait bonne pour la lymphe du sein.

Orchidées: en particulier chez les orchis mâles et l'orchis bouc, présentes deux bulbes ressemblants à des testicules humains. On les consommait pour résoudre les problèmes de virilité, et aujourd'hui encore, sous la forme d'une poudre sucrée ou braisés.

Patate douce: sa forme proche du pancréas (enfin presque) permet de régler l'index glycémique, notamment de manière concrète chez les diabétiques.

Pimprenelle: la couleur rouge flamboyant de la fleur était associée à la capacité d'absorber le sang. On l'employait pour les hémorragies.

Polytric: il évoque des cheveux et accélérerait leur pousse

Prêle: la tige ressemble à une colonne vertébrale. On l'utilise contre les maux de dos.

Toxique.

Pruneau: cuit, il évoque les selles. Il est employé pour avoir un bon transite et lutter contre la constipation, chose avérée.

Pulmonaire officinale: les tâches des feuilles évoquent les tumeurs et les tâches dû à la pneumonie. Utilisée pour les troubles des voies pulmonaires, les voies engorgées et la toux.

Raisin: en grappe, il évoque les alvéoles pulmonaires. On le consomme pour soigner les infections pulmonaire. Scientifiquement, il réduirait les risques de cancer du poumon et ses pépins réduiraient les crises d'asthme.

Reine des près: comme pour le saule blanc, elle vit les pieds dans l'eau et est donc employée contre la fièvre. C'est partir de la composition moléculaire de celle-ci que l'aspirine fût crée.

Rhinocéros: comme les bois de cervidés, sa corne permet aux mâles de s'accoupler avec les meilleures femelles. De se fait elle sera associée à la virilité et consommée dans ce but.

Sagittaire: les feuilles de la plante sont lancéolées, c'est à dire en forme de flèches. Elles servaient à soigner les blessures de ces dernières.

Toxique.

Sanguinaire du Canada: la couleur rouge vif du bulbe l'associe au sang dont elle soignerait tout les maux.

Toxique. 

Saule blanc: le fait qu'il ait les racines dans l'eau rappel la pratique de placer les pieds d'un malade dans une bassine d'eau pour faire baisser sa température. De ce fait il soignerait la fièvre et permettrait de réguler la température corporelle surtout quand elle est élevée. Depuis, on a découvert que l'écorce de cet arbre contiendrait des extraits proches de l'aspirine.

Chez les amérindiens, la souplesse des branches du saule permettrait de combattre l'arthrite qui se caractérise par une grande raideur.

Sceau de Salomon: racine proche d'une articulation. Soignerait l'arthrose, l'arthrite et les blessures/douleurs articulaires.

Toxique.

Sève: sa capacité à refermer les plaies des arbres est associée à l'action des plaquettes. On l'ingère pour permettre la bonne cicatrisation.

Toxique selon les essences.

Tomate: ces quatre compartiments, sa couleur rouge et son jus abondant évoque le cœur. Elle est ingérée pour réduire les troubles cardiaques.

Vipérine: les fleurs ressembles à la gueule d'un serpent, le pistil à une langue fourchue et les graines sont en V comme pour vipère ou venin. On employait la plante contre les morsures de reptiles.

Vigne: elle serrait vive et posséderait de par son odeur, les mêmes propriétés que le chou, à savoir qu'elle chasserait l'ivresse qui se caractérise souvent par un état de torpeur.

 

theorie-des-signatures

(photo issue de: http://ettolrubi.meabilis.fr/naturopathie/theorie-des-signatures.html)

Plus généralement, les plantes à latex étaient utilisées pour la lactation, celles pubescentes pour remédier à la calvitie.

D'autres sont utilisées pour leur signature olfactive, une senteur forte pouvant être utilisée pour un mal coriace par exemple.

Pour les viandes, on conseillait aux femmes de manger de la viande d'animaux femelles et pour les hommes, de la viande d'animaux mâles pour que les deux sexes acquièrent des capacités et spécificités propres à leur genre.

Il existe également une signature entre le symbolisme entre la partie du corps et la plante qui sera marqué par un des quatre éléments ou un astre par exemple. Ainsi le feu est associé à la digestion, à la sexualité, au métabolisme et à la joie de vivre. De ce fait une plante aux couleurs chaudes, à la texture et au goût piquants ou chaud (présence de poils par exemple) comme l'ortie ou le millepertuis, sera utilisée. L'élément terre se caractérise dans les os par leur aspect de structure. On consommera alors des plantes aux fruits et tiges ligneux, rigides, en cloches au goût âpre et amer comme l'épinard, la bette, la bryone et la belladone (deux plantes très toxiques!). L'eau se matérialise dans les humeurs, la lymphe, le sang. Les plantes aux couleurs pastelles, vertes, argents, qui sont rondes, fraîches et humides au goût fade ou acidulé seront employées ce qui comprend le sureau, l'aulne ou encore le saule. L'air quand à lui réside dans la respiration et dans les cellules. Les plantes associées possèdent des fleurs délicates aux couleurs variées mais douces, les feuilles évoques des plumes, leur parfum est agréable et léger comme l'achillée ou la mauve.

Il en va de même pour les astres. Le système uro-génital sera associé chez l'homme à la Lune qui a pour plante l'oignon et l'ail. De ce fait on emploiera celle-ci a des fins thérapeutique sur cette partie du corps.

 

7Mushroom-Ear

(photo issue de: http://bistrobarblog.blogspot.fr/2012/01/la-theorie-des-signatures.html)

Sources:

- divers sites internet.

- "LA THÉORIE DE LA SIGNATURE DES PLANTES ET SES IMPLICATIONSpar Michel DENIZOT, ACADEMIE DES SCIENCES ET LETTRES DE MONTPELLIER Séance du 11/12/2006 Conf. n°3952, Bull. 37, pp. 205-216 (2007).

- "Bioactive", Marc Lachèvre 2010.

- "L'héritage oublié des signes de la nature", de Danielle Ball-Simon et Piotr Daszkiewicz, éd. Les Deux Océans, 1999.

- "L’esprit des plantes ou la théorie des signatures" par Catherine-Katell GUT.

dimanche 15 septembre 2013

Fin du carnet (et ce n'est pas une blague).

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[p 145 à p 170]

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Voilà enfin et avec beaucoup de retard, la fin de ce tome 5 sur les plantes médicinales. Je vais pouvoir noter mes récoltes, mes découvertes, mes observations en ayant toujours sous la main les infos concernant mes plantes préférées (ou d'une moins une partie d'entre-elles).

J'avertis le lecteur qu'il y a pu se glisser dans mes écrits des erreurs et qu'il ne faut pas hésiter à me corriger et à être précautionneux avec les indications données et surtout, ne jamais utiliser les plantes si on les connaît pas ou peut et laisser tranquilles les plantes toxiques ou protégées.

 

Pour avoir tous les artcile et toute la série, c'est ici.

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vendredi 7 juin 2013

Sortie dans les près 6.

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Soleil et prairies, quoi de mieux? Bien que quelques orages et ondées fraîches viennent nous arroser, on profite de pouvoir sortir et de parcourir la campagne à la recherche de ses habitants et des jolies fleurs des champs. En tête, la scabieuse des champs avec sa corolle d'infloréscences violettes.

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 Le coquelicot (à gauche) est revenu dans les près, l'utilisation des pesticides ayant beaucoup diminuée dans la région, de nombreuses plantes sont de nouveau visibles. A droite une fleur d'orobanche à odeur d'oeuillet qui distille un délicat parfum.

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 On a beau connaître son chez soi, certaines plantes nous sont tellement communes qu'on fini par ne plus les voir et même en oublier le nom. A gauche un crepis dont le sous genre m'échappe. A droite et plus connu, le genet à balai qui dans le passé a épousé bien des maisonnées.

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 Scrofulaire noueuse. Cette plante peut mesurer jusqu'à mètre cinquante de haut et fleurit de juin à septembre. Malgré sa mauvaise odeur et son goût désagréable, elle est employée comme plante médicinale.

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 On utilise les rhizomes, les sommités fleuries et les feuilles fraîchement cueillies pour leurs propriétés dépuratives, diurétiques, vulnéraires, cholérétiques, hypoglycémiantes et cicatrisantes. Elles s'appliquent dans les cas de diabètes, de dartres, d'hémorroïdes, de furoncles et de gales. Néanmoins il faut être précautionneux, une trop grande dose ingérée peut provoquer des diarrhées et des vomissements.

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 Tout au long de leur histoire, les fougères ce sont vu attribuer différentes propriétés, plus ou moins avérées. La fougère mâle était utilisée comme vermifuge mais aussi pour attirer la pluie.

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 Les pousses de tamier commun font parties des lianes comestibles mais la cueillette doit se faire avant que les épis ne soient ouverts, passé ce délai les tiges deviennent trop amères et ne sont plus adaptées à la cuisine.

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 De même après la récoltes, ces "asperges" sauvages doivent être cuisinées dans les plus brefs délais, au risque de voir la plante devenir acre et amère. Pour gommer cette amertume en cuisine, il suffit de la faire cuire rapidement dans plusieurs eaux différentes.

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 La mélisse des bois est une plante très fréquente qui comme sa cuisine des jardins, à ses feuilles qui distillent une bonne odeur de citron d'où son surnom de citronnelle. L'infusion de celles-ci calme les maux de ventre et facilite la digestion.

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 L'orchis ou platanthère à deux feuilles tient son nom, hé bien de ses deux feuilles. C'est une espèce héliophile, c'est à dire qui peut se satisfaire du demi-ombre. Cette orchidée est classée comme préoccupation mineur sur la liste des espèces menacées en Europe.

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 Rare dans la région méditerranéenne, elle est commune dans le reste de la France et peut pousser jusqu'à 2200 mètres d'altitude sur les étages colinéens mais aussi subalpins.

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Le belle et toxique ancolie commune  se rencontre dans les lieux boisés mais aussi sur les bords de chemins. Elle fait partie des cinq espèces d'ancolies françaises, toutes faisant preuve de jolies teintes de bleu.

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 Retour sur l'orobanche à odeur d'oeillet, un classique mais aussi sur le gaillet mou qui l'entour (fleurs blanches). Les sommitées florales non éclosent de ce dernier sont comestibles crues.

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 Voici la chenille du lasiocamp quercus, c'est à dire du bombyx du chêne qui se nourrie de bruyères, d'arbres fruitiers et d'arbustes (feuillages). Le mâle et la femelle se différencient par leur couleur, ce premier étant brun foncé et cette dernière étant presque beige.

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 La pie-grièche écorcheur est passée par là. Ce petit passereau, pas plus gros qu'un moineau, empale ses proies quand elle est repue pour s'en constituer des réserves. Ainsi scarabées, araignées, sauterelles ou comme dans ce cas, hannetons, finissent sur les épines ou les bouts pointues des branches et parfois les barbelées.

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 La grande listère est un orchidée difficile à voir en raison de ses fleurs vertes qui se fondent dans le paysage. Cette orchidée appelée aussi listère à feuilles ovales fleurit de mai à juillet dans les zones de mi-ombre. Elle est classée comme préoccupation mineur.

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 Le sceau de salomon odorant est sur la fin de sa floraison, déjà de nombreuses fleurs se referment et se désséchent. Utilisé en usage externe, le rizhome est antiecchymotique.

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Bref voilà une jolie promenade à travers champs et parfois en bords de forêt qui donne l'occasion de voir les petits trésors de la nature.

dimanche 26 mai 2013

Dans les près 5.

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Ah les beaux jours! Cela était juste avant qu'une vague de froid et de grisaille ne vienne s'intaller de part chez nous. Heureusement que nous avons pu et sû profiter de ces quels rayons de soleil.

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La chaleur qui a suivit cette longue période de pluie a permis à de nombreuses fleurs de s'épanouire comme avec les lys des champs à gauche (nommés saxifrages) ou les clochettes du muguet qui est très en retard cette année.

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D'autres jolies espèces de bord de champs et de bords de champs sont apparues ou fleuries. A gauche la berce est de retour avec son l'eau d'insecte attirée par son parfum. C'est une plante comestible assez savoureuse mais que l'on facilement confondre avec des espèces mortelles comme la ciguë. A droite il s'agit d'aubépine, un petite arbuste épineux aux fleurs blanches. Elle servait autrefois de haies et de barrière pour délimiter les champs et d'abris pour de nombreuses espèces d'oiseaux. C'est aussi une plante médicinale que l'on peut préparer en infusion et bien qu'il est favorable de la cueillir quand elle monte en fruit, on peut la ramasser et la consommer toute l'année.

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Se promener dans les champs c'est voir des vestiges du passé, remarquer là où l'homme maîtrise la nature et où celle-ci a reprit ces droits. C'est ainsi que dans un près entouré de bois qu'une bicoque de pisé (maison dauphinoises traditionnelle) se dresse. Elle abrite désormais le bétail mais aussi pendant l'été quelques pipistrelles (chauves-souris) que l'on peut observer à la tombée de la nuit.

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Quelques nuances de bleu avec la belle et toxique ancolie commune représentative de nos Alpes (à gauche) et avec la raiponce en épi, plus banale dans ces contrées mais tout aussi jolie. Autrefois ça racine était utilisée comme condiment.

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La knautie des champs, de son petit scabieuse, est une fleur commune de nos champs et prairie. Les fleurs et inflorescences séchées peuvent être mêlées à du beurre mou pour être servit comme accompagnement. Cette plante médicinale à des" vertus stomachiques, expectorantes, toniques, vulnéraires, astringentes, dépuratives et digestives. Elle permet de lutter contre les diverses affections de la peau comme les eczémas, les dartres et les prurits. Cette plante est également efficiente pour traiter les problèmes d’aphtes et de leucorrhées. D’autre part, la scabieuse a démontré une réelle efficacité dans le traitement de certaines maladies des voies respiratoires, notamment la grippe, la bronchite et l’asthme"

(cf: http://les-plantes-medicinales.net/2011/04/scabieuse-scabiosa/)

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C'est aussi un petit paradis pour un grand nombre d'insectes et d'antrhoposes amateurs de nectar. Tout comme chez la berce, on peut rencontrer plusieurs espèces se côtoyer et faire festin tranquillement sur un même plan.

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Parmi les nombreux insectes que l'on peut observer, deux maîtres du camouflages: l'agrypnus rectangularis à droite (appelé lacon communément) et la palomena prasina à droite (punaise verte). Inoffensive, elle devient malodorante pour se défendre en cas de danger.

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IL est déjà trop tard pour cueillir les poussent de tamier commun. Celles-ci sont déjà trop coriace pour les dents et le palais. Elles ont un goût très particulier, légérement amère et se cuisine comme des asperges, il faut donc les blanchir avant de les accommoder. Attention l'ensemble de la plante n'est pas comestible, en particulier ses baies à l'automne qui sont très toxiques.

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Premières marguerites dans les champs, bien plus tardivent que leurs cousines basques déjà présentes dans le paysage dès le moi de mars. A chaque coin de France sa saison et sa floraison.

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Un peu de jaune dans ce paysage verdoyant. Les salsifis sauvages sont en fleurs (à gauche). Contrairement aux espèces cultivées, ce sont les boutons et les jaunes pousses qui sont consommées. A droite, un joli plant de crépis. La proximité et la ressemblance entre les différent genre rend difficile l'identification de l'espéce, peut être est-ce ici un crepis vesicaria ou biennis.

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La rhinanthe crête-de-Coq ou rhinanthe velue est sortie (à gauche).Cette plante est comme les orobanches une plante parasite qui se nourrie en partie d'autres plantes, en particulier des racines et des rhizomes. Les anthyllides vulnéraires sont nombreux. Ces légumineuses de la famille du pois et font paries des plantes "proies" des rhinanthes. Même dans le monde végétale il y a des "chasseurs" et des "chassés".

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La pimprenelle ou petit pimprenelle ont des étamines étonnement longues qui lui fait ressembler à un hochet. Outre ses feuilles aux goûts de concombre, c'est un anti-hémorragique puissant et de récentes études chinoises mettent en avant ses biens faits pour la peau  (anti-microbien, anti-bactérien, astringent ...).

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Voilà une nouvelle station d'orobanches à odeur d'oeillet/girofle. Là aussi pas besoin de poser les yeux au sol pour les détecter, leur simple parfum suffit pour les repérer. Certaines du genre sont protégées, d'autres combattues pour les dégâts qu'elles provoquent en se nourrissants des plantations.

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On pensait la saison des hannetons finie, mais que nenni. En lisière de champs, sur les feuilles des hêtres, une myriade de ces insectes se donne en amours. En dessous d'eux un superbe lézard vert attend que les amants épuisés tombent au sol pour s'en repaître. Mais l'animal est rapide et ne s'est pas laissé photographié.

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La sauge des près est une plane commune des champs et prairies calcaires. Elle est vendue comme plante ornementale pour les jardins et posséde quelques vertus de la sauge médicinale mais son goût acre rend son utilisation peu commune.

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Voilà deux jolies légumineuses qui sont très fréquentes chez nous. A gauche le classique trèfle des près qui est cultivé comme plante fourragère à travers toute l'Europe. A droite la vesce commune, elle aussi cultivée comme plante fourragère mais aussi comme engrais vert de par sa capacité à fixer l'azote dans le sol.

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Passage par un petit bout de forêt où un cour d'eau rafraîchit l'air. La végétation se fait plus atypique en particulier avec ce tapis de aspérule odorant. Séchée cette plante prend un goût et une odeur de vanille très prononcée. Cependant une trop forte consommation de celle-ci peut provoquer des maux de tête et des troubles digestifs.

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Et pour finir, une larve de cercope qui pour se protéger s'englobe de ses déjections. Minuscules et inoffensives, elles se nourrissent de la sève des plantes.

dimanche 13 janvier 2013

Sortie en forêt 15.

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Le temps d'une accalmie, direction la forêt et sa magie. On a beau être en hiver, la nature est verdoyante. Petit must de la journée, le vol d'un couple de faisans au dessus de ma tête.

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Mais avant passage obligé par le champs où quelques brins d'ail sauvage percent le sol travaillé, au milieu des racines de maïs toutes retournées.

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L'humidité et le bois mort sont idéals pour le lichen qui fait festin sur cette vieille souche de châtaignier.

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Pour me faufiler dans les bois j'utilise les mêmes passages que les animaux, notamment en passant sous les vieux fils barbelés. C'est là que les animaux  laissent leurs poils. Parmi ceux trouvés, quelques soies (poils) de sanglier.

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La grande perveche à gauche est une plante à fleur bleue utilisé en médecine pour lutter contre les problèmes de circulation sanguine pour ce qui est du cerveau et de l'oreille interne. Autrefois les feuilles et tiges étaient utilisées pour les hématomes, l'eczéma et faire des gargarismes et pour régler les troubles de mémoire défaillante. A droite la violette des chien donne une fleur violette parfois claire. Elle entre dans la composition des bonbons à la violette de Toulouse. On surnomait Napoléon le père violettes car il devait revenir de son exil à la période de floraison de celles-ci.

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Quand on gratte sous les feuilles, une multitude de créatures apparaissent. On comprend mieux l'entrain des merles à gratter sous les feuilles. Ici à gauche un petit criquet aux couleurs ternes et à droite, une larve bien dodue de coléoptère.

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Les grands vents de ces derniers jours ont fait chuter les cimes des arbres morts et délavés. Ici un bout de tronc d'un essence inconnue, au quel s'enroule les restes d'une énorme tige de lierre.

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Les champignons n'en sont pas en reste, dans l'herbe verte quelques petits chapeaux apparaissent.

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De même pour le lamier qui semble apprécier l'hiver. Cette espèce-ci, échappée d'un jardin, aborde sur ces feuilles de jolies marques argentées.Ici il s'agît d'un lamier type Maculatum.

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Mais très vite il faut quitter le champs, la forêt s'approche et le prés s'engage dans le bois.

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Un dernier regard sur les étourneaux dans les arbres et sur les stérées subtomenteuses aux pieds des piquets des clôtures...

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...deux trois caresses aux ânes, une feuille parfumée glissée entre les doigts et je m'engage dans la forêt.

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Nos bois n'ont rien à envier aux forêts tropicales, la végétation y est toute aussi luxuriante et le terrien tout aussi accidenté. Ici pour traverser le ruisseau, un arbre tombé couvert de mousse fait office de pont.

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De la mousse dans ce coin, il y en a. Que ça soit sur les bords pentus ou les arrêtes qui longes le cour d'eau, elle recoure entièrement le sol de la forêt.

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Qui dit forêt dit fougère. Voici la scolopendre appelée aussi langue de cerf ou herbe hépatique ou encore herbe à rate. Comme toutes ses consoeurs elle ne fleurit pas mais libère des spores à travers les petites lignes que l'on voit sur la photo de droite, ce sont les indusies. Quand la plante les libère on appel l'act reproducteur sporulation. Les spores sont dissiminés par le vent.

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La scolopendre de son vrai nom Phyllitis scolopendrium est une plante médicinale qui est expectorante, astringente et émolliente grâce au tanin qu'elle contient. Dans l'antiquité on pensait qu'elle soignait les maux de la rate d'où son surnom d'herbe de la rate. On l'utilise en sirop.

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Le polysticum setiferum appelé le polystic à soies est une fougère qui apprécie l'humidité, les bords de ruisseaux et les bois à l'ombre et pentus. 

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Comme toutes les fougères, elle aussi se reproduit par les spores qu'elle garde à l'abri dans de petits sacs sous ses feuilles.

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C'est une plante plutôt rare selon les régions, protégée en PACA, rare dans les Alpes et les pré-Alpes. Comme quoi.

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En période de disette, les pousses de fougères ont été consommées pour palier au manque de nourriture. A la vapeur ou blanchies dans de l'eau, elles se consomment comme un légume mais sont indigestes et n'ont pas vraiment bon goût.

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Quand on déplie une petite pousse de fougère, on peut voir que toutes les ramifications sont déjà formées mais se présentent sous forme de "soie".

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Bref, voilà un petit topo amazonien du lieu. Pour en savoir plus sur les fougères: http://www.dsne.org/IMG/pdf/livret_fougeres_79_final.pdf

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Les fleurs mâles des noisetiers commences à fleurir. Bientôt, elles laisseront des nuées de pollen jaune et épais se disséminer au vent pour féconder les fleurs femelles, toutes petites et rouges et qui fleurissent à l'intersection des branches les plus petites.

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Qui aurai pensé que les abords du ruisseau regorgerait d'autant de champignons?

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Et voici le sommet de la virtigineuse cascade aux fées, que l'on peut voir ici vu de dessous au début du printemps: l'histoire de la cascade aux fées.

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Au bord de l'eau, des pleurotes!  Chapeau plus ou moins beige et lamelles blanche (même si cela n'apparaît pas sur les photos), pied faible voir absent,  pas de doute voici le pleurote tardif, un excélent champignon.

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J'ai un peu de mal à les identifier, j'ai préféré les laisser sagement sur leur tronc.

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C'est une toute jeune colonie qui je l'espère, ferra le plaisir d'un connaisseur si un courageux s'aventure jusqu'à elles.

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D'autres champignons colonisent les arbres, du plus petit au plus grand comme avec ces moisissures à gauche ou cette vesse à droite.

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Bien des espèces mycologiques, dont beaucoup qui me sont inconnues comme celles-ci, se sont installés au bords de l'eau pour fructifier. Surprenant quand on sait le froid et les gelées que nous avons eux en plaines. L'encaissement du bois a peut être permis aux zones humides de ne pas geler.

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En tout cas, pour tout ce qui concernent les champignons, il semblerait que c'est au près de l'eau qu'ils s'épanouissent le mieux.

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Un peu comme ces étranges champignons, qui telle un mains sortent de la verdure. Le premier à gauche est un xylaria hypoxylon (drôle de nom). Il est friand de bois mort et on peut le trouver toute l'année, en particulier dans les zones moussues, néanmoins il n'offre aucun intérêt culinaire. A droite il s'agît  d'un clavaire, apparemment clavaire droit mais sans grand conviction. Les clavaires font partis de la famille des gomphaceae, qui regroupes des espèces comestibles ou laxatives.

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Le lierre grimpant ou herbe de la Saint Jean, est une liane persistante qui peut être cultivée comme plante ornementale. Il peut atteindre 30 cm et fait parti des rares lianes que l'on trouve en Europe, avec le chèvre feuille, le houblon ou la clématite. Il est à tord considéré comme un vampire des arbres, en réalité il ne se nourrie que par son système racinaire souterrain et se hisse au sommet des arbres avec ses barbilles que l'on voit ici pour s'exposer au soleil et accomplir sa photosynthèse.

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Contrairement au lierre que l'on trouve dans le jardin, celui de la forêt n'a pas ses baies encore matures. Toxiques pour l'homme, elles sont essentielles pour les oiseaux, surtout en hiver où elles sont une ressource en nourriture importante. 100gr de lierre bouillit dans 2L d'eau pendant quelques minutes vous donnera un très bon liquide vaisselle. Autrefois utilisé comme purgatif, il entre aujourd'hui dans la composition de sirops antitussifs. La médecine populaire l'utilise pour soigner les rhumatismes et les problèmes cutanés.

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La forêt est aussi l'un des meilleurs endroits pour observer le passage des animaux. Une trace en forme de deux "doigts" dans la boue ou un petit tas de crottes rondes, pas de doute, le chevreuil est passé par là. Ce petit cervidé d'Europe, pas plus de 60 à 75 cm au garrot est courant dans la Valdaine.

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Triste fin pour ce pic épeiche dont il ne reste que quelques grandes plumes noires et blanches. Ici il s'agit des plumes du régime primaire et secondaire, ce sont celles qui sur les ailes de l'oiseau lui permettent de planer.

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Le soleil n'est resté que peu de temps, déjà d'épais nuages font leur apparition et la forêt se fait sombre et froide. Néanmoins la vue du ciel, surplombé par les arbres reste superbe.

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Les pézizes écarlates sont un signe annonciateur d'un regain d'activité fongique, chouette! C'est un champignon qui apprécie le bois pourrissant ou les débris de celui-ci. Il mesure 1 à 5 cm et est caractérisé par sa couleur surprenante qui tranche dans les bois.

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C'est un champignon peu courant sans pour autant être rare. C'est lui qui aurait donné la passion de la mycologie à Christiaan (avec deux a) Persoon, un célèbre mycologue hollandais au quel on doit une des première classification des champignons.

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C'est un champignon comestible mais qui n'a aucune valeur gustative, il est bien plus agréable de le regarder en forêt, quoi qu'il peut faire son effet dans une assiette de part sa couleur.

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Le laurier des bois est un arbrissau que l'on peut trouver partout en France jusqu'à 1600 mètres d'altitude sur les sols calcaires. Il donne de jolies grappes de fleurs vertes de février à avril. Ses baies sont noirs. Cette plante est toxique. On l'appel lauréole ou daphné à feuilles de laurier. Mâcher une seule baie ou fleur de la plante peut provoquer des brûlures de la bouche et de la gorge.

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L'oxalis petite oseille ou "pain de coucou" a un goût acidulé, on consomme ses feuilles dans des salades composées mais il ne faut pas en abuser. On l'a trouve de partout, dans les forêts, les talus et les zones riches en humus, jusqu'à 2100 mètres. C'est une plante médicinale qui donne d'avril à juin de jolies fleurs à 4 pétales blanches veinées pourpre. Les folioles de la plante la nuit et par de fortes chaleurs prennent une position de repos verticale pour se protéger. On l'utilisie en homéopathie et en phytothérapie. En médecine populaire on considérait les feuilles comme un remède contre les problèmes de peau, contre le scorbut et contre les intoxications à l'arsenic au le mercure ( cf: p101 "350 plantes médicinales".)

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Bref, le bois est resté sauvage, les arbres sont tombés d'eux mêmes et les ronces et lianes s'étendent du mieux qu'ils peuvent. S'engager dans ses méandres est un vrai parcour de santé. 

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Pour revenir au pic épeiche, voici son nid démasqué. Face à la cascade et entouré d'arbres morts qui offrent le couvert, c'est un logît de premier choix.

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Des fougères sur un tronc d'arbre, accrochées à des racines ou dans les airs, la forêt prend des semblants de jungle tropicale et sauvage.

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Ce n'est peut âtre pas la cascade aux fées, mais cette petite chute d'eau, entravée par un tronc qui a chuté et couvert de lierre grimpant reste malgré tout impressionnante. Années après années elle a charrié le calcaire du sol pour créer à ses pieds des aspérités en tuf.

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Une vie incroyable se trouve dans la gorge de la cascade: mousses, fougères, bois calcifié mais aussi champignons et insectes s'y épanouissent.

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A gauche, une famille de polypores de couleur variables (c'est leur p'tit nom) qui ont prit l'idée de pousser au ras de l'eau. A droite un morceau de tuf. Ce type de roche très friable est du aux ions carbonates contenus dans l'eau des ruisseaux et rivières continentales. On peut trouver à l'intérieur des reliquats de végétaux ou de coquilles.

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Il commence à se faire tard, deux trois gouttes de pluie glacées commencent à tomber. Il est bientôt temps de rentrer.

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Mais avant, un dernier regard sur la grande variété mycologie de la forêt. Ici de jolis champignons inconnus, variants du gris au jaune pétant.

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D'autres inconnus encore. L'hiver n'est pas la période où l'on s'attend à trouver une grande variété de champignons, ce qui corse l'identification.

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Lavée et délavée par l'eau et les intempéries, cette vieille racine s'est mue en yin et yang, le symbole de l'équilibre présent dans chaque éléments du monde dans la philosophie chinoise.

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Dans le creux d'un vieu frêne en partie mort, un rare ganoderme d'Europe à gauche à fait son nid. A propos de nid, en voici les reliquat à droite. Abandonné depuis quelques emps, il a pu appartenir a un rouge gorge aux vues des restes de mousses et de la hauteur à la quel se situe celui-ci (environ 1 m 20). Pour identifier quelques nids: http://nature-photo.e-monsite.com/album/les-nids-d-oiseaux/

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Autre bizarrerie de la nature, le géoglosse glabre, proche du Xylaire polymorphe (appelé "doigt du Diable), ressemble à un gros têtard. Ce drôle de champignon non comestible est plutôt rare et passe souvent comme inaperçu sur les écorces où il pousse. Il porte le nom de langue-de-terre. Il en existe plusieurs espèces que l'on ne peut différencier que de manière microscopique.

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Et tout ça sur le même arbre!

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Arbre colonisé par de nombreuses autres espèces de champignons, de lichens, de fougères, de mousses ou mêmes d'algues.

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La forêt est un frigo à ciel ouvert pour les oiseaux qui savent bien chercher et fouiller les feuilles. Noisettes, noix, cha^taignes, glands et autres graines leurs permettrons de tenir pendant pendant la période froide.

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Voici l'ellébore fétide, c'est une très grande fleur à l'odeur désagréable qui d'ordinaire nfleurit entre février et mai. A maturité ses pétales sont verts clairs bordés de rouge. 

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Elle se naturalise bien dans les jardins et a été souvent cultivée pour des fins décoratives car c'est une plante vivace très résistante. Néanmoins c'est une espèce toxique qu'il ne faut pas porter à la bouche. 

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Elle est aussi appelée pied-de-griffon enraison de ses feuilles, mais elle porte également le nom de rose des serpents, patte d'ours, mords-cheval, herbe printanière ou favalau. Elle peut mesurer 45 cm à 70 cm. 

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Elle pousse jusqu'à 1800 mètres d'altitude et partout en France sauf en Bretagne et dans le Nord. La plante a des propriétés cario-toniques et narcotiques. On l'utilisait autrefois pour les troubles du cerveau mais la dangerosité de la plante à fait cesser tout emploie car le rhizome fait rougir la peau, les fleurs et feuilles contiennent un violent poison et son ingestion provoque des vertiges, des vomissement et même parfois la mort.

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Ici je suis arrivée trop tard pour récolter quelques oreilles de judas qui sont devenues entièrement noires après avoir émient leurs spores. Ça sera pour la prochaine fois la bonne platrée d'oreilles.

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Mais c'est sans compté sur la petite colonie qui c'est installée à mes pieds. La récolte est faible mais jointe à celle du jardin l'assiette devrait être honorable.

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Voilà un autre inconnu solitaire du bois.

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Les escargots, du moins ce qu'y en reste sont aussi à la fête. L'hiver l'escargot s'enfouit dans le sol pour se protéger du froid. C'est la seule espèce de mollusque à avoir conquit la terre ferme et la deuxième plus importante au monde après le genre des insectes. Les escargots sont consommés depuis10 000 ans et étaient autrefois étaient considérés comme une viande maigre au même titre que celle de grenouille ou de tortue!

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Dans les hauteurs du bois, bien au sec, une nouvelle colonie de tramètes c'est installée sur de vieux branchages.

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Jolie surprise pendant cette promenade improvisée, un arbre colonisé sur toute sa hauteur par une famille de tramète rougissante. Il est trop coriace pour être croqué.

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C'est une espèce commune  qui peut prendre une variété de forme large et multiple, pouvant passer du rose claire au rouge sang. Elle est cependant toujours striée sur le dessus du chapeau.

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D'autres champignons étranges peuvent être rencontrés dans nos forêts en ce moment. A gauche quelques inconnus, gris et ronds, qui lorsqu'ils sont pressés ils relâchent des spores violets. A droite, une famille de calycelles citrines se sont installées sous les écorces d'une branche. Ce champignon est classé comme non comestible par son manque d'intêret culinaire.

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Bref, un sympa petit tour par ce temps froid qui fait du bien aux jambes et à la tête.