lundi 17 juillet 2017

Tendres poisons : Venum, un monde empoisoné.

DSC07661À deux pas de chez nous se trouve le Musée des Confluences, prouesse architecturale au croisement du Rhône et de la Saône. Pour l'été, ce musée dédié à l'histoire naturelle mais aussi humaine accueille l'exposition temporaire Venum, un monde empoisoné. Autant vous dire que nous nous sommes régalés avec cette thématique !

 

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On doit l'architecture du Musée des Confluences à l'agence d'architecture Coop Himmelb(l)au connue pour ses monuments atypiques de verre et d'acier.

 

Quand on parle de poisons, on pense de suite à La Voisin, terrible empoisonneuse disposant d'une clientèle couronnée et qui conduisit à l'affaire des poisons à la cour du rois Soleil ou encore, à  la mort par lempoisonnement forcé de Socrate, brillement peinte par Jacques-Louis David. Les poisons, qu'ils soient faits de la main de l'Homme ou directement tirés de la nature, ont émaillé notre histoire de faits divers et rocambolesques qui ont fait entrer certains personnages dans la grande Histoire.

DSC07665Pauvre Héracles, ou Hercule si vous préférez son patronyme latin. Fils d'Alcmène et de Zeus, sa force et sa filiation divine ne lui permettront pas d'échapper à une mort terrible. Trompée par le centaure Nessos, Déjanire la seconde épouse d'Héracles fit revêtir à son bien aimé une tunique empoisonnée, persuadée de s'attirer l'amour éternel de celui-ci. Notre héros, revêtu de son habit, voit alors sa peau et sa chair partir en lambeaux. Pour mettre fin à son calvaire, il demande à son fils de l'innumer sur un bûcher au sommet du Mont Œta. Son tourment enfin abrégé, il fut accueillit sur le Mont Olympe parmi les dieux.

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La Voisin, terrible empoisonneuse. 

DSC07675DSC07688La couleuvre verte à long nez (Philocheras baroni), appelée aussi serpent liane à long nez et présentée sur cette photo, est un serpent placide amateur de lézards mais dont certains proches parents causent chaque années des drames et des décès humains dans les régions où ils vivent. Cette famille à la particularité d'être composée d'espèces dont les crochets se trouvent à l'arrière de leur gueule.

Sur la vignette à gauche, il s'agît d'une vipère à cornes (Cerastes cerastes). Ce serpent massif vit dans les zones désertiques et se plaît à se dissimuler dans les roches nues et dans le sable. Elle présente, en plus de deux petites écailles formant sur sa tête des cornes, de longs crochets qui peuvent s'enfoncer profondément dans sa proie. Sans être nécessairement mortel, son poison est extrêmement virulent et peut causer des hémorragies, des oedèmes et des vomissements.

DSC07691Il ne faut pas oublier que la notion de poison est toute relative. La virulence d'un poison dépend de l'âge, du sexe, du physique et des allergies d'un individu mais aussi de son espèce. Pour certains oiseaux, l'écaille chiné (Euplagia quadripunctaria) est parfaitement inconsommable, ses couleurs étant là pour le rappeler. Par contre cela ne posera pas de problème aux chauves-souris.

Les espèces colorées avertissant de leur dangerosité ou de leur toxicité, qu'elle soit réelle ou non, font preuve de ce que l'on nomme l'aposématisme. Ce procédé se rencontre chez certains crapauds comme le siffleur à ventre jaune (Bombina variegata) ou de nombreux coléoptères comme la cocinelle à sept points (Coccinella septempunctata) mais aussi chez les papillons de couleur blanche. C'est Alfred Russel Wallace le premier à avoir développé le concept d'aposématisme.

DSC07700"Chez les crabes aussi on trouve des toxines virulentes voire mêmes mortelles."

DSC07744Le musée des Confluence, c'est aussi des expositions permanentes qui retracent le foisonnement du vivant et, Ô bonne surprise, qui tâchent par de nombreux outils pédagogiques à montrer que l'Homme n'est qu'une branche parmi des millions et des millions d'autres qui composent l'arbre du vivant. C'est brillamment amené et très bien construit. Sincèrement, c'est la première fois que je vois cela dans un musée. Ce qui m'a particulièrement touché, c'est le fait qu'enfin le schéma classique de l'Homme au sommet d'une pyramide hiérarchisant les espèces commence à disparaître dans les représentations et mine de rien, c'est une grande avancée même s'il reste encore du travail.

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Il est temps de revoir notre conception du monde, de la nature et du vivant, et cela, dans notre quotidien.

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Parmi les expositions temporaires ou non il est possible d'observer de nombreux animaux naturalisés, des squelettes, des fossiles de dinosaures, des reliques égyptiennes, des statuettes hindous, des oeuvres d'art inuites, des cristaux de quartz, des papillons et des orthoptères sous verre ou encore, des méduses dans leur aquarium et des veuves noires sagement installées sous une lumière tamisée. Vous l'avez compris, en un seul bâtiment une grande partie de mes passions sont réunies. Voilà une bonne excuse pour oublier la vaisselle et flâner des heures devant les vitrines.

DSC07775Bienvenu sur la terre des géants. Aux pieds de ce titan, une tortue et dans fond, le crâne d'un célèbre prédateur.

DSC07786Pour finir, voici une statuette d'une des divinités de la mythologie chinoise, Lei Gong. Dieudu tonnerre, il frappe de sa foudre ceux dont les méfaits sont restés impunis et ceux qui se sont illustrés par leurs mauvais comportement. Il a de nombreuses caractéristiques que l'on retrouve en partie ici, à savoir le bec d'oiseau, les ailes et les serres mais aussi un maillet à sa main droite généralement. Parfois représentée sous la forme d'un géant, il est dieu majeur dans certaines congrégations taoïstes.

En Conclusion : je suis plus que ravie de cette sortie, il y a encore beaucoup de choses à voir. Le musée des Confluences en quelques chiffres c'est 2,2 millions d'objets et 330 000 fiches d'inventaires dont 117 000 dédiées à la paléontologie, 112 500 aux sciences de la vie et 21 000 pour les sciences humaines. En plus c'est gratuit pour les étudiants ! Pour plus d'infos : http://www.museedesconfluences.fr


jeudi 31 mars 2016

Une nouvelle série d'émissions en vue.

 

Le pouvoir des plantes :

Ce n'est pas un mystère, je suis passionnée de naturalisme, de mycologie, de botanique et ethnologie. De ce fait j'ai lancé un nouveau format vidéo très court qui me prend bien moins de temps que ceux expérimentés jusqu'ici (pas plus de  5 heures pour tout réaliser). Les vidéos ont pour sujets les plantes mais pas n'importe les quelles, celles ayant un rapport bien particulier aux hommes : les croyances magico-religieuses. Bon visionnage !

 

Pouvoir de plantes est une petite mission d'ethnobotanique, d'une à deux minutes, qui traite des plantes et en particulier de celles aux quelles les hommes ont prêté (et prêtent parfois encore) des vertus et des pouvoirs magiques. Pour ce premier épisode, nous partons à la découverte de l'ancolie, la plante des amoureux mais aussi des empoisonneuses et pour cause, elle est l'une des plantes les plus dangereuses d'Europe.

 

Pouvoir de plantes est une petite mission d'ethnobotanique, d'une à deux minutes, qui traite des plantes et en particulier de celles aux quelles les hommes ont prêté (et prêtent parfois encore) des vertus et des pouvoirs magiques. Pour ce deuxième épisode, nous partons à la découverte de la belladone, la plante des sorcières et des médecins de campagnes qui faisait le bonheur des belles italiennes.

 

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lundi 14 janvier 2013

L'hellébore fétide.

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L'hellébore fétide, helleborus feotidus, est une plante de la famille des renonculacées. Son nom vient de l'odeur fétide qui se dégage de ses feuilles tiges et fleurs. 

Description:

C'est une plante vivace qui mesure 45 à 70 cm aux feuilles principales caulinaires d'un vert très foncé avec 12 segments disposés en palme. La tige comme les fleurs sont d'un vert très claire à la différence que celle-ci sont bordée à maturité d'une ligne rouge pourpre à leur extrémité. Ces mêmes fleurs sont composées de 5 pétales légèrement boutonneux. Elles se présentes sous forme de clochettes tombantes. Elles donnent de nombreuses graines. La plante perdure en moyenne 3 à 4 ans, et fleurit de février à mai. Elle pousse partout sauf en Bretagne, dans le Nord et sur la côté méditerranéenne et jusqu'à 1800 mètre d'altitude.

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Histoire et pratiques:

Le nom ellébore fétide vient du grec aireo: je tue et de bora: nourriture  pour désigner la plante comme vénéneuse. C'est de son nom que vient le mot latin hélibar: remède contre la folie.

On la nomme aussi pied-de-griffon ou patte-d'ours en raison de la forme de ses feuilles mais également rose de serpent en raison de sa toxicité, herbe de printemps car elle est une des premières à fleurir ou favalau en patois.

Elle porte également le nom de mords-cheval car on l'utilisait autrefois sur les animaux qui ayant trop consommés d'herbe verte à la sortie de l'hiver, se retrouvaient avec des poches de gaz dans l'estomac ce qui peut être mortel pour eux. Dans ce cas on attachait un bout de la plante à une ficelle puis on la faisait ingurgiter à la bête. Cette entreprise avait pour but de le faire vomir et ainsi libérer les gaz. Puis on retirait la corde pour éviter l'intoxication.

On s'en servait également sur le bétail dont on ignorait la cause du mal. On pratiquait une incision dans la queue où on introduisait un bout de tige de la plante emmaillotée dans de la laine, dont on laissait un bout dépasser de l'abscé formé. Cela avait pour but d'activiter les protections imnuinitaires de l'animal et de permettre à l'animal de lutter contre le mal inconnu.

La plante a également des propriétés cardio-toniques et narcotiques. On l'utilisait autrefois pour soigner les troubles du cerveau mais sa grande dangerosité a fait arrêter tout emploie de celle-ci. En effet, non seulement le rhizome au contact de la peau la fait rougir, mais les fleurs, tiges et feuilles contiennent un très violent poison qui provoques des vertiges, des vomissements spasmodiques etarfois la mort.

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