samedi 6 juin 2020

Quand la corneille se met à la pêche !

DSCN3271Le confinement a eu du bon dans notre compréhension d'une espèce que nous pensions bien connaître : la corneille noire (Corvus corone). Nous en avons vu une puis deux s'atteler à la pêche, chose que j'ignorais et qui semble extrêmement rare dans les zones continentales. Nous voilà donc à suivre leurs aventures tels des détectives, l'appareil photo à porté de main pour filmer et photographier ce comportement atypique. En voici le récit jours après jours. Le fait me fascine et je pense bien élaborer quelque chose autour de ces observation : un article à publier et/ou une conférence peut être. Cela ne vas pas sans me rappeler une autre observation que j'avais pu faire au début de l'hiver. Dans ma voiture, coincée dans un bouchons, j'avais pu voir une drôle de scène sur la Saône. Un groupe de mouettes rieuses avait réussi à regrouper et maintenir à la surface un groupe de poissons, l'entourant et plongeant à proximité. Au dessus du banc, trois corneilles au ras de l'eau, en vol tant bien que mal stationnaire, semblent tenter d'attraper les poissons avec leurs pattes tendues. Un souvenir qui marque encore ma mémoire et qui me fait de plus en plus me prendre de passion pour les corvidés.

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20/03 : début d'après-midi, nous observons une corneille au nid comme l'an dernier. Son plumage est défraîchi et comporte de nombreuses plumes blanches, signe le plus souvent d'une mauvaise alimentation. Sa compagne ou compagnon se pose souvent sur une branche à proximité.

03/03 : la corneille est observée au matin avec du poisson en bec ! Elle a été vue à le saisir avec ses pattes : à 40-50 cm du bord de la rivière, elle s'immerge jusqu'au dessus des pattes dans l'eau et ressort avec un poisson vivant de 8-10 cm qu'elle part manger sur une branche. Nous sommes ébahis. Nous avons pu filmer la consommation mais pas la pêche.

04/04 : la corneille passe en début d'après midi devant la fenêtre avec du poisson dans le bec pour le manger sur une branche, nous n'avons pas vu la pêche, ce qui ne nous permet pas de savoir si le poisson a été trouvé vivant ou mort. Nous commençons à nous dire que quelque chose d'inabituelle se passe. Entre temps, j'ai pu récolter quelques informations.

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05/04 : début d'après midi, il y a de nombreux allers-retours au nid. La saison de reproduction semble s'entâmer tranquillement.

06/04 : une corneille est au bord de la rivière sous le pont, elle remonte le filet d'eau pour s'abreuver puis se pose sur le béton comme en affût en début de soirée. Nous sommes posés en affût à la fenêtre, apapreil en main, mais il n'a rien à capter.

11/04 : la corneille est au bain après avoir donné l'impression d'être posté en affût. Nous sommes là encore au milieu de l'après-midi, et si nous n'avons pas d'images de pêches, nous avons celles- de la toilette.

13/04 : la corneille sur sa branche fêtiche et mange un poisson tranquillement dans l'après-midi. Nous n'avons là aussi pas pu voir s'il s'agissait d'une action de pêche ou la capture d'un poisson déjà mort.  Dans la soirée, la voilà qui va se poser en affût. D'un bon elle se met là où d'ordinaire elle prend son bain et attrape 2 petits poissons qui semblent morts ou mal au point, en mettant les pattes dans l'eau à mi hauteur. Nous avons enfin des images et vidéos de pêche mais ce ne sont pas celles que nous attendons.

14/04 : ce matin la corneille mange du pain là où elle a été vue la veille manger les poissons, hélas. Ce lieu est souvent un lieu où il y du pain est donné en abondance aux animaux, pour mon plus grand désarroi.

16/04 : ce matin pour le couple de corneille, c'est grande chasse aux riveaux. Dans le ciel, il y a 4 corneilles dont un individu qui pique violement sur 2 autres et un quatrième qui se tient éloigné. Un vrai spectacle de voltige.

17/04 : passage en rase motte de la corneille au plumage abîmé, les pattes toutes tendues comme pour essayer de saisir la carpe Koï qui se trouve en surface. Elle saisie un morceau de pain sec sous le pont, par un peu plus loin pour le tremper dans l'eau. Elle le saisi en bec, puis repasse en rase motte au-dessus de l'eau, toujours pattes tendues, provoquant la panique chez la friture en surface qui part à tout allure dans le fond de la rivière.

20/04 : aujourd'hui, la corneille passe au ras de l'eau en trempant le bout des pattes sans rien attraper mais l'image est belle.

21/04 : il est 17h20, la corneille se pose sur le muret puis soudain plonge les pattes les premières en direction de l'eau. Un camion blanc nous empêche de voir la scène. La corneille réapparaît de l'autre côté avec un poisson au bec. Toujours posée sur un muret, elle le dévore en 2 minutes en s'aidant e ses pattes, chose que nous avons pu filmer. Elle retourne alors au nid et semble régurgiter de la nourriture mais nous n'avons rien de visible à l'image.

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23/04 : les corneilles se montres de plus en plus agressives, en fin d'après midi elles ont chassé un jeune héron qui à ses habitudes ici et qui, le pauvre, s'enfuit à grands cris. Sur les coups de 21h retour de celui-ci. S'en suit une grosse bagarre entre le couple de corneilles qui se lance dans l'attaque à totue allure. Il se réfugie dans les robiniers faux-acacia avant de partir, ne pouvant faire face aux harcèlements des corvidés. En résulte une belle vidéo.

24/04 : les corneilles ont braillé toute la matinée avant de se calmer, et nous en avons vu et filmé une manger quelque chose qui ressemble à du poisson. Vers 10h30 bagarre avec une pie et une des corneilles. La pie est très vite rejointe par une autre pie, puis trois puis 5. De quoi faire tourner la corneille en bourrique pendant 45 min au moins et nous donner de super images et vidéos de cette scène de vie.

25/04 : la corneille aux plumes abîmées mange un poisson faisandé de l'autre côté de la rive avant de s'envoler plus loin et de laisser la carcasse que nous avons pu observer pendant notre balade nocturne. Sans doute un poisson attrapé par un des nombreux pêcheurs et laissé sur le bord.

28/04 : une corneille au bord de l'eau s'envole et se pose au nid avec un gros ver au bec, peut être pour nourrir les petits. Il est alors 16h48 et nous nous disons que l'éclosion a dû avoir lieu, nous avons hâte des voir comme l'an dernier les petites corneilles faire le show dès qu'elles seront en âge de sortir du nid et d'explorer les alentours.

01/05 : il a plu presque toute la semaine. Depuis deux jours, les deux parents corneilles se relaient pour nourrir les poussins. Dès qu'un adulte arrive au nid, parfois avec de la nourriture au bec sans que nous puissions voir de quoi elle se compose, l'autre part immédiatement. Ce soir un des parents s'est posé aux postes habituels d'affût de pêche, en particulier vers et sous le pont, sans pour autant tenter une capture, le courant étant fort. Vers 21h15 nous sommes appelé à la fenêtre par des grands bruits. Le jeune héron est de nouveau pris en chasse par le couple et le pauvre cri dans tous les sens. Les attaques sont violentes et il finit par être partir. Si un des adultes revient de suite vers le nid, ce n'est pas le cas de l'autre qu ne reviendra que vers 21h20. Peu avant en fin d'après midi un comportement similaire avait été observé en direction d'un chat qui, passant rapidement avait fait l'objet de nombreux cris d'alarme de la part des deux corneilles qui, rassurées, ont fini par se poser dans l'alignement d'arbres à leur poste habituel.

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03/05 : il est 21h13, il n'a pas plu aujourd'hui et sur la fin de la journée, il a fait soleil. Le courant est fort. Le jeune héron tente à nouveau sa chance pour s'installer au bord de l'eau mais une fois de plus il se fait chasser. Un running gag.

05/05 : une corneille est au poste d'affût de chasse, mais n'a pas le plumage abîmé que peut présenter le couple qui vit juste dans le grand platane. Elle prend le pain qui vient d'être donné aux pigeons avant de s'envoler à tir d'ailes.

06/05 : une corneille au plumage intégralement noir se poste au bord de la rivière sous le pont.Soudain elle saisie un poisson bien vivant, le secoue dans tout les sens, le pose au sol, le frappe de son bec, le ressaisi et s'envole avec à l'opposé du nid. Nous avons le temps de filmer à partir moment où elle se saisie du poisson et s'envole avec, mais toujours pas la pêche. Nous nous apercevons alors qu'il y a bien deux corneilles pêcheuses, la corneille péchant d'ordinaire se trouvant alors avec ses oisillons.

08/05 : enfin nous captons la corneille dans sa pêche. Il s'agit du nouvel individu. Il est alors 19h. Elle tente de pêcher du côté gauche de l'Yzeron sous le pont. Elle semble capturer un petit poisson qu'elle avale de suite, puis saute de l'autre côté, attrape en donnant un coup de bec dans l'eau un poisson un peu plus grand que son bec et s'envole avec. Ce n'est pas la grande scène que nous avons pu observer au tout début de notre étude des corneilles locales mais c'est un bon début.

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09/05 : grosse bagarre entre la corneille au plumage délavé qui niche ici et la corneille au plumage noir qui pêche sous le pont, ce qui nous conforte dans notre idée. Peut être s'agit-il d'un petit de l'an dernier ou d'une année précédente qui revient sur le territoire de ses parents pour appliquer ce qu'il a apprit d'eux sans que cela ne plaise à ses derniers.

10/05 : petite pêche de la corneille comme d'habitude sous le pont, il est alors 14h10. Son plumage noir ne laisse pas de doute sur son identité. Une autre théorie nous apparaît : la corneille "noire" pêcherai sous le pont où le courant est fort mais le niveau d'eau faible, et au la corneille "délavée" pêcherai plus en eau plus profonde et calme même si nous la croisons parfois sous le pont. D'ailleurs, ce matin elle était à un de ses postes de pêche favoris, là où il y a 80 cm à 110 cm de fond. 18h25, nous faisons une seconde observation de pêche, la corneille "noire" se poste a un nouveau poste d'observation, devant la fenêtre et derrière le mur, là au l. Je ne la vois plus mais el'eau est profonde de 50 à 60 cm. Elle ressort de là quelque secondes plus tard, un poisson frétillant de la queue dans son bec et long de 8 à 12 cm.

11/05 : déconfinement ou non, il est 17h50 et c'est l'heure du ménage. C'est pile le moment qu'à choisi la corneille au plumage noir pour se mettre sur le poste d'observation où la rivière est profonde, à 80 - 100 cm. Hop elle sort de la rivière avec un poisson d'environs 15 cm - crotte nosus n'avons pas le temps de prendre l'appareil photo. Elle se saisie de sa proie, se pose au sol et la mange en quelques coups de bec avant de se saisir d'un vieux crouton de pain et de s'envoler. Encore un coup loupé pour nous.

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12/05 : 10h00 bataille de corneilles dans les airs au dessus de l'Yzeron au niveau du gros platane.

13/05 : il est 17h20, nous montons en voiture pour le contrôle technique et il pleut à très grosses goutte, au point que la rivière prenne un sacré courant. C'est le moment que choisit la corneille au plumage bien noir, posée sur le toit de la sortie d'eau des égouts, pour s'envoler. Elle a un poisson au bec.

19/05 : enfin, les petites corneilles se montrent. Deux jeunes sont perchées dans les robiniers juste en face de la fenêtre. 16h30, surprise, une corneille se jette dans l'eau sous mes yeux, là où l'eau est profonde de 1m en bas de pente, à 40 cm du bord, et flotte comme un canard quelques secondes à côté de deux gros cygnes. Elle fait un petit bond, attrape un poisson en surface avec ses pattes, le passe dans son bec puis s'envole sur une branche juste au dessus de l'eau. Tout cela est sous les yeux des deux jeunes corneilles noires, de quoi leur apprendre à leur tour la pêche. Vidéos et photos des deux jeunes.

 20/05 : il est 16h. En face de la fenêtre, une corneille au pumage bien noir c'est saisie d'une grosse brême morte qu'elle a remonté sur la rive et qu'elle commence à décortiquer à coups de bec. Pas de chance le poisson roule de la pente et retourner à l'eau. Elle l'abandonne là et par en s'envolant. Dans un même temps, une autre corneille situé devant la sortie d'eau usée se jette à l'eau, attrape du bec un petit poisson, le déguste sur la rive, puis s'envole.

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21/05 : montage ne 2h30 de la vidéo sur les observations de corneilles. Les deux petites corneilles sont posées dans les robiniers faux acacia en face de la fenêtre. L'une fait des vols d'entraînement, l'autre somnole et étire ses ailes.

22/05 : il 7h30 du matin, les deux petites corneilles font leurs volent d'essaie. Deux corneilles adultes croassent à plein poumonsur les branches de l'arbre mort à côté du micoucoulier comme à l'heure habitudes. Elles s'envolent puis deux autres viennent faire de même. Une d'entre elles part à son tour pendant que l'autre reste à croasser pendant 10 minutes, toujours en regardant en direction du sol comme toutes ces congénères. De temps à autre d'autres corneilles réponden au loin. Ce comportement nous l'observons depuis 8 semaines au moins et nous peinons à comprendre à quoi il correspond.

27/05 : grands cris dans le ciel, il est 19h50. Le coupel de corneilles aidé de leurs deux jeunes chasse un pauvre héron. Nous déménageons bientôt et sans doute est-ce la dernière fois que nous voyons cette scèbe.

01/06 : il est 16h30, une corneille adulte se lance à l'eau et attrape un petit poisson à la surface de l'eau. Elle est suivit d'un autre adulte et survolée par un juvénile. Il s'agit là de la famille que nous suivons depuis plusieurs semaines et nous venosn de voir une leçon de pêche. Nous en sommes émus.

06/06 : grand déménagement, adieux corneilles pêcheuses !

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samedi 14 décembre 2019

Sortie dans les marais 16.

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C'est le week-end ! Le soleil brille dans le ciel et l'air ambiant est doux malgré que nous soyoons en automne. Il faut en profiter. Nous voilà donc partis en direction Miribel Jonage, un ensemble de grands lacs formés par l'extraction des graviers issus de l'ancien lit du Rhône. D'ailleurs, la carrière est toujours en fonction et chaque fillon exploité à vocation à finir en étendue d'eau. Si une partie du plus grand étang est dédié à l'homme et à ses activités ludiques à travers une grande base nautique équipée entre autre d'un golf et de pontons à bateau, le reste de l'espace est relativement calme et seuls les promeneurs et les pêcheurs s'y aventurent. Cela en fait donc un avre de pais pour de nombreuses espèces, en particulier pour les oiseaux hivernants qui y trouvent refuges. Enfin, c'est un corridor écologique qui permet aux animaux revenants du sud de prendre repos dans leur périple avant de continuer leur traversée qui, entre autre, relie le fleuve Rhône aux zones humides de la Dombe.

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Entrés dans la lisère, nous tombons sur deux espèces que j'aime beaucoup. À gauche il s'agit de l'aubépine monogyne (Crataegus monogyna) aux beaux fruits rouges et à la floraison mellifère. Pour rester dans les odeurs, à droite il s'agit du calament nepeta (Clinopodium nepeta), plante très parfumée aux fleurs violines utilisée en Corse comme herbe aromatique dans la cuisine, chose que l'on ne retrouve pas sur le continent.

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Une jolie liane aux baies rouges s'enroule sans faire de mal au branches des buissons qui bordent le chemin. Il s'agit du tamier commun (Dioscorea communis) qui à cette période de l'années des feuilles jaunes en forme de coeur.

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Surnommé sinistrement herbe aux femmes battues, il était employé pour dissimuler les hématomes et autres bleus. Entièrement toxique, les jeunes pousses peuvent être toute fois consommées après avoir été récoltées au printemps puis passées dans au moins deux eaux de cuisson distinctes. Elles sont alors accommodées comme des asperges.On les connaît alors sous le nom de respountchous et sont assez prisées dans le sud de la France. On ne serait réserver le même traitement aux fruits ou au tubercules qui, dangereux par ingestions, peuvent également provoquer des dermites s'ils sont trop manipulés à main nue voire même des ampoules là où ils ont été en contact avec la peau.

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Sur un vieux champignon de bois, un bout de mue de serpent. Il s'agit des écaille ventrales, reconnaissables à leur grande taille et que l'on appel parfois gastrosteges. Composées de kératine à l'instar de nos ongles, elles protègent le corps du reptile, retiennent l'humidité et l'aident même à se mouvoir. La mue intervient à différents âges de l'animal. Celui-ci doit le plus souvent gêner pour pouvoir sortir de son ancienne peau avec aisance.

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En parlant de champignon, le voici. Il s'agit peut être d'un polypore hérissé (Inonotus hispidus) dont la carpophore délavé par la pluie lui confère un aspect blanc.  Poussant sur le tronc tombé à terre d'un peuplier noir (Populus nigra), il est connu pour s'installer souvent sur les vieux fruitiers, en particulier les pommiers (Malus sp.). Quand il est encore frais, il présente un chapeau roux et brun velouté, presque poilu.

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Sur le lac, plus de 500 foulques macroules (Fulica atra) se ressemblent en grand bancs. Nous sommes pliés de rire à les observer. Outre le vacarne, les osieaux se divisent en petits groupes tournants sur eux mêmes avant de se réunir, semblant au loin à des radeaux à la dérive. En période de reproduction il en est tout autre chose, les mâles devenant très territoriaux et ne laissant approcher que certaines femelles dans l'espoir de les courtiser.

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Pafois confondue avec le poule d'eau (Gallinula chloropus), on la différencie par son bec blanc et la tâche de la même couleur qui orne son front, ainsi que sa grande dimension et ses pattes aux larges doigts gris. Omnivore, on l'observe souvent à se nourrir de végétaux  attrapés dans le fond vaseux. Elle peut également se nourrir des petits invertébrés qu'elle glane dans les algues ou sur les rives des plans d'eau calmes qu'elle aime investir.

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Fendant le ciel, trois cigognes blanches (Ciconia ciconia) nous survolent. Elles viennent de la Dombe, où certaines d'entre-elles s'y sont établies pour l'année. Les prés semi-immergés, les marais, les champs retournés et les étangs aux berges en pente douce sont des lieux idéaux pour qu'elles puissent mener leurs chasses sans peine. Poissons, grenouilles, scarabées, mouches, petites rongeurs ... le choix est plus que large.

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Le calme plat est troublé par l'agitation d'une famille de cygnes tuberculés (Cygnus olor). Les petits, encore incapables de voler, déploient leurs ailes et encouragés par leurs parents, les battent de toutes leurs force, les plumes blanches détonnant avec le duvet gris qui recouvre ces gros poussins devenus adolescents. Il leur faudra , pour les parent, attendre en tout et pour tout 4 à 5 mois pour voir les cygnons s'élever dans les airs.

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Depuis le belvédère de l'étang des pêcheurs, deux géants nous attendent. À gauche, isolé et vêtu de cendre, le héron cendré (Ardea cinerea) qui semble jeune à la vue de son bec clair et des plumes plutôt claires de sa calotte.

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En dessous, trois grandes aigrettes (Adrea alba) donnent le change. Si on connaît le gracile volatile avant tout par sa blancheur, on oublie trop souvent que la belle prend des teintes marquées à la période des amours. Les tibias rougissent et le beau bec jaune devient plus verdâtre voire gris. Cependant cela ne se retrouve que chez une seule sous-espèce, Adrea alba alba qui est la plus commune des quatre grandes aigrettes que l'on retrouve sur le globe. Bonne chasseuse, son régime alimentaire est plus varié et comporte aussi bien des petits poissons que des grenouilles, des reptiles, des larves ou des insectes massifs, celle-ci n'hésitant pas à chercher dans les champs inondés les campagnols poussés par les galeries immergées à remonter à la surface.

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Pas moins de 13 tortues de Floride (Trachemys scripta elegans) barbottent dans les eaux claires de Miribel Jonage. Avec leurs tempes rouges, on ne peut les confondre avec aucune autre espèce indigène. Bien que très belles, ces américaines arrivées chez nous depuis une quarantaine d'années mettent à mal la faune en prenant le pas sur les tortues locales que ce soit pour les sites de pontes ou pour les ressources alimentaires.

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Une grenouille du type verte (Pelophylax sp.) partage le même milieu. C'est l'un des rares amphibiens à passer la majeur partie de son temps dans les mares. À l'arrivée de l'hiver, elle s'enfouie dans la vase pour hiverner, ne respirant alors que par sa peau. Sa cousine canadienne la grenouille des bois (Lithobates sylvaticus) est encore plus incroyable, ayant la capacité de geler intégralement avant de revenir à la vie quand arrive le printemps.

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Deux espèces de lézards se tirent la vedette. À gauche, le lézard de murailles (Podarcis muralis) qui sur un vieux mur réchauffe sa carcasse avant de partir à la chasse aux araignées et aux sauterelles. Non loin de là, dans un pique-nique abandonné sans aucune honte ce qui est hallucinant, un lézard vert à deux raies (Lacerta bilineata) fait festin d'une grappe de raisin bien qu'il aime tout autant croquer des insectes.

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Défilé de gobes mouches noirs (Ficedula hypoleuca). C'est bien simple, ils sont de partout à en ce retour de migration. Passant par la France pour regagner ses appartements d'hiver en Afrique occidentale après avoir niché dans le Nord de l'Europe, parfois même en France bien que cela soit relativement rare. Sa reproduction est très rapide, la femelle couvant 13 à 15 jours et le couplant menant à terme la portée en 12 à 17 jours.

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C'est dans une cavité (souvent de pic), que les oeufs bleus au nombre de 5 à 8 sont pondus. Fin juin voire début juillet, les nids sont désertés et les petits apprennent à faire leurs armes. C'est alors le moment de redescendre sous des latitudes plus clémentes. C'est ainsi qu'au début de l'automne les gobes mouches noirs abandonnent leurs belles couleurs pour adopter un plumage gris plus discret qui leur permet de passer inaperçu.

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Le Silène (Brintesia circe) est un papillon brun de belle taille qui à la particularité de partager son nom à la fois avec des plantes herbacées de la famille des Caryophyllaceae, un singe indonésien au pelage noir (Macaca silenus) et un satyre, demi-dieu personnifiant l'Ivresse. Percepteur du dieu Dionysos, on le fait souvent naître des amours d'Hermés mais aussi de Pan et d'une nymphe, de Pan et de Gaïa ou de Gaïa et d'Ourannos.

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Les oiseaux ont peut être déserté les nichoirs, mais les berges restent pleines de vie. Les castors d'Europe (Castor fiber) sont à l'oeuvre. Plutôt nocturnes, on peut parfois les observer en journée. Si l'été ils se nourrissent de jeunes pousses, ils se tournent assez volontiers le reste du temps vers les écorces, les jeunes branches et les feuillages qu'ils atteignent en faisant tomber à la force de leurs dans les troncs d'arbres au bois tendre.

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Voilà un des grands mal aimés du moment, le grand cormoran (Phalacrocorax carbo). Accusé de voler le poisson des pêcheurs, ses populations sont tombées au plus bas. Protégé, il a pu remonter doucement la pente bien qu'aujourd'hui il fasse l'objet à nouveau de tirs important, bien que nombreuses études tendent à prouver que l'oiseau ne pêche pas les mêmes espèces que celles prisées par les pêcheurs de loisirs et les pêcheurs professionnels. Reste le problème des piscicultures, ou bien des moyens autres que le tir peuvent être mis en place. Sur la dizaines de cormorans en pêche observés ce jour là, tous se nourrissaient de poissons chat américain (Ameiurus melas), une espèce invasive qui diminue l'effectif des autres espèces de poissons. La solution au problème est là, sous nos yeux, et nous ne trouvons rien de mieux que de lui tirer dessus.

C'est sur ce constat triste mais aussi, l'observation plus joyeuse d'un bongios nain (Ixobrychus minutus) et d'une mouette pygmée (Hydrocoloeus minutus), deux espèces peu communes, que nous achevons notre ballade d'une journée. Marcher au rythme des oiseaux, dans des aires de nature calmes et encore ensauvagées est un bonheur, malgré les tirs rapprochés ça et là qui nous ont pas endroits fait prendre la fuite.

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lundi 16 octobre 2017

La côte méditerranéenne par la gastronomie.

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DSC09836Bientôt nous seront en Isère pour redécouvrir la joie de chasser les champignons. En attendant, voici la retranscription de notre virée à la fin de l'été sur la côte méditerranéenne, entre la Camargue et l'Italie, aux couleurs du soleil. La criste marine (Crithmum maritimum) est une plante commune le long des côtes. Protégée, elle est soumise à une réglementation précise dans sa récolte. On l'utilise pour parfumer les salades et les soupes avec son goût iodé ou cuisinée comme des cornichons au vinaigre.

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Quel délice de marcher pieds nus sur les gros rochers blancs et les cheveux dans le vent. La chaleur est écrasante mais un brin d'air frais qui souffle sur la digue la rend agréable. S'ajoute à ça l'odeur de la mer et le chant des goélands. Un bout de trempette dans l'eau et la faim se fait déjà sentir bien que l'après midi n'en soit qu'à ses débuts.

DSC09860Connaissez-vous la panisse ? À Marseille sur le bord de mer, c'est une véritable institution, en particulier à l'Estaque où on se retrouve à faire la queue devant les stands à friture entre deux baignades ! Issu de la cuisine du soleil et en particulier niçoise (voire la socca), la panisse est un disque de farine de pois chiche mêlée à de l'eau bouillante. La pâte obtenue est frite puis saupoudrée de sucre.

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Les kilos perdus avant l'été sont bien vite retrouvés. Cuites dans un bain d'huile puis sucrées, les panisses ont tendance à faire exploser le maillot si on ne prend pas garde à sa gourmandise. Pour moi, hélas, il est déjà trop tard.

Il y a bien d'autres tentations sur le bord des plages qui font le bonheur des touristes affamés mais aussi, des marseillais qui retrouvent là un peu d'autenthicité dans leur ville en mutation, prise d'assaut par les gatte-ciels.

DSC09859On peut notamment citer le chichi frégi, une spécialité locale doux le nom signifie "zizi". Il est composé d'un mélange de farine de blé et de pois chiche, de sucre blanc, d'huile d'olive, de levure, de fleur do'ranger, de seil et d'eau. La préparation est découpée en long pâtons puis frite puis roulée encore chaude dans du sucre semoule.

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Il peut être mangé nature ou fendu en deux pour être garni de confiture, de crème de marron, de nutella; de chocolat fondu et/ou de chantilly. Le mieux est de le manger chaud. Après un tel repas, seul les estomacs les plus solide peuvent se targuer d'avoir encre de la place pour le repas du soir.

La meilleure chose à faire alors, pour digérer, et d'entamer une petite promenade sur les quais. La corniche Kennedy semble toute indiquée pour l'exercice. Donnant une superbe vue sur la mer et longue de 3,7 kilomètres, elle laisse le temps d'une bonne, les ventres tendus de retrouver leur forme initiale, non sans difficulté.

DSC09831Les bateaux attendent sagement leur propriétaire. Rangés en épis sur les petits ports de plaisance (qui sont nombreux à Marseille), ils sont protégés des vagues et la houle par une muraille de pierres et de béton. C'est un abri bien heureux pour les alvins, les puces de mer et les crabes.

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Parmi les poissons prisés des pêcheurs du dimanche, on peut citer le pagre (Pagrus pagrus), la dorade royale (Sparus auratus) et le Saint Pierre (Zeux faber), poisson de belle taille que l'on reconnaît à l'oeil noir qui orne son flanc (une ocelle) et sa longue nageoire dorsale. C'est une prédateur solitaire qui capture ses proies à l'aide de sa grande mâchoire.

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La côte méditerranéenne que nous aimons, c'est aussi celle de l'Italie. Pour le temps d'une matinée, nous voilà dans la cité des délices, Vintimille. Située à la frontière franco-italienne, cette ville est connue pour son marché aux fruits et aux légumes qui fait sa renommée. C'est le vendredi, sur le bord de mer, qu'il ets le plus beau.

DSC09865L'heure du repas sonne. Avant de partit nous traversons la passerelle Squarciafichi tout de fer forgé et de pierre pour aller manger un bout au Vecchia Napoli. Certains d'entre nous ont craqué pour une pizza, mais nous avons avant tout opté pour des plats traditionnels qui transpirent bon les épices, l'huile d'olive et la mer, le summum étant les spaghettis aux "Scampi fritti", des langoustines frites (Nephrops norvegicus pour le nom scientifique). Autre plat incontournable, les Spaghetti alle vongole (les spaghettis aux palourdes) qui font le bonheur des fins gourmets. Ce plat napolitain est une institution dans la région de Naples où il se décline en fonction des pâtes utilisées et de la sauve (avec ou sans tomates). Rajoutons encore deux plaisirs gastronomiques : les calamars frits (Calamari fritti) accompagnés d'une série de sauces piquantes et sucrées et la pizza au gorgonzola, au jambon cru et à la roquette. Bref, de quoi bien continuer la journée. À cela s'ajoute le désert italien le plus connu des français : le tiramisu ! Et pourtant, la recette que nous connaissons actuellement est très récente, elle ne serait pas antérieur à 1960, une goutte d'eau dans la longue histoire de la cuisine italienne. Cependant, pour certains il serait né de la gourmandises des filles frivolles des lupanars il y a plus de de 600 ans.

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Vintimille, un nom qui chante, tout comme nos estomacs et nos papilles à regarder ces photos qui nous évoquent une journée pleine de surprises et de calories. De quoi se mettre à nouveau l'eau à la bouche à regarder les étallages de pellegrino, de mozzarella di bufala et de ricotta, des fromages au combien appréciés localement.

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Mais trêve de bavardages, la journée est bien avancée et le chemin encore long. Prochaine étape maritime, Nice et son jardin botanique qui surplombe la ville depuis les hauteurs et présente une superbe collection de végétaux adaptés aux climats secs et fouettés par les embruns comme ceux de la Méditerranée. De quoi être dépaysé.

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dimanche 18 juin 2017

Sortie dans les marais 11.

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 Toujours en Isère et toujours à la fin avril, nous nous sommes offert un petit tour le long des berges de l'étang de Saint Sixte. Creusé par les Chartreux, il est l'objet, comme la plupart des lacs et étangs du coin, de légendes et d'hisoitres. Ainsi s'y trouverait dans le fond un passage qui mènerait jusqu'au lac d'Aiguebelette mais aussi des véhicules de la seconde guerre mondiale. Devant être bientôt vidé, il révélera peut être ses secrets.

 

La fête à la grenouille.

 L'eau de Saint Sixte est remplit de têtards de grenouilles vertes (Pelophylax sp.). Celles-ci partagent avec le crapaud commun (Bufo bufo) une spécificité : leurs oeufs sont couverts d'une toxine qui les protègent des appétits des poissons. Cela explique pourquoi ce sont les seuls espèces de batraciens, bien souvent, à cohabiter avec les poissons rouges et les carpes dans les bassins, les autres pontes se faisant tout simplement croquer.

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La perche soleil (Lepomis gibbosus).

 Ce poisson américain aux couleurs chatoyantes a été introduit dans de nombreuses régions du monde. Chez nous, il met en péril les écosystèmes de certaines zones humides de par son appétit et son adaptabilité. Dans son milieu d'origine c'est un grand migrateur qui remonte les cours d'eau douce pour se reproduire.

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Les rubaniers (Sparganium sp.).

Ce sont des plantes aquatiques résistantes qui supportent des températures frôlant les -20°C. Elles se caractérisent par leurs rhizomes cylindriques et leurs fleurs particulières évoquant de drôles de pompons. Elles sont souvent utilisées dans les bassins de phytoépuration et dans la création de filtre pour piscines naturelles.

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Les tourbières et leur drainage. 

Longtemps les tourbières et les marécages ont été considérés comme des zones impropres à la vie humaine. Difficiles à cultiver, maléfiques et abritant de nombreuses maladies via les moustiques, ils ont été par endroit systématiquement asséchés par la création de drains. Aujourd'hui ils représentent moins 1% de la surface du territoire. Pourtant, ils ont bien des avantages comme celui de limiter les inondations et les sécheresses.

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De vie à trépas.

Surprise ! Dans la tourbe du bas-marais se trouve le squelette d'un jeune mouton. Celui-ci a pu être prédaté ou, plus probablement, est mort naturellement avant d'avoir été déposé ici pour le plus grand plaisir des charognards. Encore aujourd'hui les zones humides sont utilisées, hélas, comme d'écharge et dépotoir.

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Le mot de la fin.

Week-end tranquille au bord de l'eau avant d'attaquer les examens, Dieu que ça fait du bien ! Depuis le soleil est parti et il pleut à grosses gouttes, ce qui n'est pas un mal quand on voit la grise mine que tire ici la végétation. Néanmoins les nappes restent basses, 67% d'entre-elles seraient en dessous de leur seuil critique.

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