lundi 8 octobre 2012

Chamanisme birman et tatouages.

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Article qui provient du site Ethnikan:

http://www.ethnikan.com/produits.php?idcat=21

 

Protection, dévotion, guérison, décoration mais aussi réalisation d’un vœu et démarcation individuelle ou clanique… voici ce que vise le tatouage en Birmanie. 
Magie, prophylaxie, assimilation ethnique ou revendication identitaire restent les objectifs premiers. Se protéger est la fonction essentielle de cet art de la parure corporelle. Les redoutables guerriers birmans ont combattu les Indiens, les Thaïs et les Anglais armés, entre autres, des tatouages qui les rendaient invincibles. 
Le « x » tatoué, traditionnellement utilisé pour prévenir les morsures de serpents, détourne les balles. Il aurait aidé les soldats birmans aux massacres des Indiens en 1930 et 1938. Encore aujourd’hui les Thaïs ont peur de cette armée tatouée, féroce et sous-équipée. 
A l’inverse, le tatouage ne rend pas les femmes Chins plus fortes mais… plus laides ! Le motif, proche d’une toile d’araignée, inscrit dès l’enfance sur leurs visages, devait décourager l’enlèvement par les Birmans de ces femmes trop belles. La légende, qui date d’un milliers d’années, ne s’applique naturellement pas à tous les tatouages claniques. La plupart célèbre la virilité, le courage du tatoué ou indique ses esprits tutélaires. Le tatouage est la médecine du corps et de l’âme.

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L’introduction du tatouage dans la magie birmane remonterait à 2000 ans avant JC. Les Shans auraient appris les techniques du tatouage dans leur implantation d’origine, le sud de la Chine. Ils les auraient ensuite transmises aux Birmans au cours de leur migration. Les Birmans ont sublimé cet art dans leur foi mystique et magique.
Dans une société assez primitive, le tatouage est un médicament religieux – préventif et curatif. Il se prend avant toute entreprise dangereuse ou incertaine (se marier, voyager, s’engager dans l’armée…). On raconte l’histoire de ce voleur qui projetait le pillage d’une pagode : il se fit tatouer l’image du dieu Hipsay qui, traditionnellement, veille sur les criminels et dont il s’attira les bonnes grâces en récitant un mantra adapté à ses œuvres tout au long du processus de tatouage. Un perroquet sur l’épaule, porteur de chance, n’aurait pas suffit au mécréant.
Le docteur spirituel Shan, le sayah, délivre potions, charmes, exorcismes et tatouages. On met souvent en relation saignées, scarifications et tatouages au sens de techniques ancestrales et rituelles de purification. La douleur et la violence font partie intrinsèque du rite de tatouage – clanique, mystique ou prophylactique. Parce que le tatouage est puissant et qu'il donne, par le biais du chamane, des pouvoirs, il fait mal. 

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L’association entre tatouages, pouvoirs et esprits était quasi-absolue jusque dans les années 50. Mais la magie ne naît pas que de la représentation gravée dans la peau. Le cérémoniel du chamane, l’attitude du patient, le bon vouloir du dieu interfèrent dans la magie – celle qui attribue l’invincibilité au soldat, l’invisibilité au moine, la charité au pauvre, la guérison au malade… Le chamane incorporait dans la peau de ce dernier, avec l’encre, la poudre le guérissant du mal. Une pique de tatouage permet de ponctuer la peau, grâce à un poids situé à l’extrémité (en général figurant lui-même l’esprit magique présidant au tatouage). La poudre provenait d'une boîte médecine ou d'une statuette composée de matériaux magiques, lesquels, grattés par la pique de tatouage, se glissaient sous le derme. La puissance prophylactique émane à la fois de la statuette, du matériau dont elle est constituée, du tatouage et des esprits ainsi invoqués ou éloignés par le pouvoir du chamane. L’encre et le poids dépendent de la mission dévolue au tatouage – d’où l’existence de recueils, les parabaïks, où le chamane consignait en quelque sorte son encyclopédie de tatouages médicale et mystique. Le rôle de la parole, celle du docteur spirituel et celle répétée par son patient, est primordial. L’image tatouée a une force intrinsèque mais le pouvoir magique et médical résulte de la réussite de l’intégralité du rite. L’échec sera imputé, comme toujours chez les Birmans, à l’incapacité du croyant à plaire à l’esprit tutélaire (peut-être ne lui aura-t-il pas fait assez d’offrandes ? Le jour du tatouage était-il insuffisamment favorable ou trop proche des célébrations d’un autre dieu ?), voire au choix d’un esprit dont le pouvoir attendu relevait des compétences d’un autre. 

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Bouddhisme et animisme se mêlent joyeusement ; le chamane édicte ses ordonnances pour la pagode (quel Bouddha prier, avec quel mantra et quelles offrandes), à l’autel des nats et à celui des amulettes animistes qu’il délivre souvent, seules ou conjointement au tatouage. Ces statuettes chamaniques constituent toujours un bien précieux. Le docteur spirituel a doté l’amulette de sa fonction magique (chance, fécondité, santé) et du culte approprié. Parmi ces figures d’esprits, on retrouve de manière non exclusive les nats, ces déïtés animistes (anciens rois et reines, personnages pieux ou animaux mystiques), sanctifiées et récupérées par le bouddhisme birman ; il y a 37 déïtés premières et de multiples divinités additionnelles ou variations locales. Les amulettes de tatouage les plus puissantes détenaient ainsi des extraits végétaux recueillis sur le Mt-Popa. Cet extraordinaire lieu de dévotion abrite la maison des nats. La cérémonie du Shinbyu, qui marquait anciennement le passage à l’âge adulte, comporte un rite de « monstration des nats » et elle était suivie d’une épreuve de tatouage « social » pour le jeune homme. Une seconde phase de tatouage, magique et individuel, se déroulait quelques années plus tard. Aujourd’hui, si le Shinbyu mixte encore bouddhisme et folklore animiste, il a lieu avec de jeunes garçons et ne se lie plus à aucun rite de tatouage. 

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L’iconographie, elle, est identique : démons, nats, animaux mythiques (ex : kinnara, mi-humain mi-oiseau), chiffres magiques, chats pour l’habileté, symboles bouddhistes etc. Les Birmans poussaient ces croyances jusqu’à porter des sous-chemises figurant ces mêmes représentations. 
La spiritualité anismiste et le pouvoir magique des charmes et tatouages font partie d’une mystique si profondément ancrée dans la société birmane que le XXIème siècle n’en a pas encore totalement triomphés. Un nat y veille.
© Ethnikan

Article qui provient du site Ethnikan:

http://www.ethnikan.com/produits.php?idcat=21

 

 


dimanche 7 octobre 2012

Le chamanisme sibérien.

Cet article a été publié sur wikipédia par mes soins le 26/08/2013

La culture est universelle à l'homme. Les croyances aussi. De part le monde, elles sont multiples, uniques et complexes. Les pratiques courantes et banales chez les uns seront barbares, incroyables, mystérieuses ou mystiques pour les autres. L'une d'elle intrigue depuis quelques années les occidentaux, celle du chamanisme sibérien, une des plus vieilles formes de spiritualité de l'Homme.

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(http://agoras.typepad.fr/regard_eloigne/2007/01/voyageurs_du_ch_1.html)

Il est difficile de retracer et d'étudier l'histoire et la pratique de cette forme de chamanisme. Un des raisons à cela est la politique menée pendant la période pré-stalinienne et sous le Stalinisme, qui a engendré l'exécution ou l'internement systématique des chamans et chamanes de l'ex-URSS. Pendant 70 ans la pratique chamanique a été interdite, et bien que la transmission orale ait été importante et que quelques peuples isolés n'ont pas été touchés par ces mesures, un grand nombre de pratiques et de savoirs ont disparu.

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(http://agoras.typepad.fr/regard_eloigne/2007/01/voyageurs_du_ch_1.html)

L'exode rural est aussi un facteur qui engendre la perte de ses connaissances. Reste les écrits anthropologiques et ethnologiques, mais ceux-ci ne sont pas toujours neutres, les approches datant d'avant les années 30 étant souvent ethnocentriques. Il faut donc faire un tri objectif dans les informations.

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(http://www.artevod.com/arts_du_mythe_manteau_de_siberie)

Il est aussi possible de trouver des informations dans des cultures proches, comme les cultures inuites ou amérindiens mais le problème et de différencier les cultes communs des cultes particuliers et propres à chacune des cultures.

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(http://www.stage-chamanisme.com/tsaatan.html)

On ne choisit pas de devenir chaman, on est appelé à le devenir par les esprits. Ceux-ci se manifestent sous des formes animales. Bien que nombreuses formations soient proposées en Occident, on ne sait que peu de choses de la formation de l'inspirant chaman. Le rôle du chaman d'un point social est de maintenir la cohésion du groupe, il est le sage, le médecin et le sorcier mais n'a pas de pouvoir décisionnel, il n'est que le conseillé. Il n'y a aucune différenciation entre chamane et chaman, même si ce rôle revient le plus souvent aux femmes.

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(http://www.stage-chamanisme.com/tsaatan.html)

Le chamanisme sibérien a pour philosophie de considérer toute chose comme élément d'un grand tout. Hommes, animaux, esprits, montagnes, rochers et plantes sont égaux.

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(http://www.stage-chamanisme.com/tsaatan.html)

Le rôle du sage:

Il est le garant du savoir du groupe et de son histoire. Il connaît les épopées, les joies et les peines de celui-ci. Il est le symbole de la transmission mais aussi de la préservation.

Le rôle de l'homme médecin:

Guérisseur, il soigne les blessures petites ou grandes. Pour cela il utilise des plantes médicinales, des préparations, des onguents, des incantations, des prières et de l'encen. La musique et les chants joues un rôle important, ils appelent les esprits à aider le malade à guérir. Différents totems sont appelés pour le bon rétablissement.

Le rôle du sorcier:

Le soricer à plusieurs fonctions:

       Le médecin de l'âme: il en appel aux esprit pour lever une malédiction.

       Le devin: il voyage dans l'astral pour connaître le devenir de son peuple et du monde.

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(http://www.stage-chamanisme.com/tsaatan.html)

Pour cela le ou la chaman(e) va devoir entamer un voyage initiatique.

Cela ne peut sa produire sans plusieurs éléments essentiels: les objets rituels, la danse, la musique, les chants, la foule.

Paré des ses habits de rituels et parfois d'une coiffe, d'un masque ou d'un maquillage élaboré, le chaman va commencer au rythme de son tambour à dancer en appelant son totem protecteur. La trance n'est pas obligatoire, elle peut survenir au bout de plusieurs heures, tout de suite ou pas du tout. Quand elel survient, la foule encourage le chaman par deschants et des tapements de main. Celui-ci va commencer à raconter son périple dans l'autre monde, sa lutte contre les esprits maléfiques, sa rencontres avec les bons esprits qui vont lui donner les réponses aux questions qu'il leur a posé ou accorder un droit, lever une malédiction. Il va revenir de son voyage épuisé.

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(http://www.parismatch.com/Actu-Match/Environnement/Actu/Siberie-changement-climatique-rechauffement-144555/)

Il y a encore beaucoup d'apects du chamanisme sibérien à raconter.