dimanche 12 novembre 2017

Sortie dans les calanques 15.

DSC00286Nous sommes en automne et pourtant, par moment les rayons du soleil ont un petit relent d'été. Mer bleue, maillots de bain et voiles blanches, il n'y a pas à dire, la belle saison ne semble pas vouloir rendre les armes et la Méditerranée semble bien décidée à l'aider. Le peid dans l'eau, nous profitons des embruns avant de nous replonger dans les examens et autres raports de stage de fin d'année.

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Les bateaux de croisières emmènent les plaisanciers vers des mers plus chaudes, où ils pourront prendre plaisir à barboter dans les 5 piscines du toit, du plus grand toboggan sur mer, de la dizaine de casinos ou encore, des buffets gargantuesques. Pour notre part, nous préférons de loin rester sur le plancher des vaches, à écouter le bruissement des vagues, le cris des mouettes et sentir l'air iodé depuis la rive. Il en faut pour tous les goûts, certes, mais je préfère de loin l'intimité d'un petit bateau à celle des navires usines et de la foule, où l'on se mêle sans jamais vraiment se rencontrer ni se connaître.

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Le petit port de Callelongue est bien sage et peu nombreux sont les bateaux à le quitter. Il se trouve que le temps de notre venue, la calanque est fermée aux promeneurs et touristes. Les incendies ravages la région et les fortes chaleurs de ces jours doublés d'une absence de pluie font monter le risque de départ de feu en flèche.

DSC00195Ce charmant petit bout du monde se caractérise par ses cabanons de pêcheurs hauts perchés, son petit restaurant et ses nombreux chemins de randonnés. On peut également en découvrir les fonds qui regorgent de vie, pas si loin du temps où une usine pétrochimique employant du soufre, du pétrole et de la soude.

DSC00222Hop hop ! Les pieds dans l'eau, où les poissons nous font la manucure et où les vagues viennent nous tremper le bout des fesses. Gageons que les gambettes soient bien bronzées.

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Sur les plages, on trouve parfois quelques magnifiques algues rouges. Arrachées par les éléments à leur support de roche, elles viennent s'échouer sur le bord de mer sur nos pieds gelés. Regroupées le plus souvent dans le taxon que composent les rhodophytes, leur teinte rouge les caractérise face aux autres types d'algues. De certaines espèces on tire du carraghénane, un additif alimentaire nommé E407. Monté en chaleur, il produit mélangé à un liquide, un gel épaississant. Néanmoins il ne serait pas dénudé de toxicité, en particulier sur les organes liés à la digestion, ce qui explique pourquoi certains praticiens déconseillent voire interdissent la consommation de produits en contenant à leurs patients. Pour les végéta*iens et les vegans, cet additif reste (avec la pectine de pépins de pommes) une alternative aux gélifiants tirés de produits animaux.

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La calanque de Callelongue est la première du massif. Sa proximité avec la ville de Marseille ne l'empêche pas de regroger de vie. Dans le fond de l'eau, des oursins, des concombres de mer et des crabes. Les patelles (Patella sp.), sont des gastéropodes à coques qui vivent sur les rochers où elels broutent les algues. Il s'agît ici de patelles communes (Patella vulgata), un coquillage qui, il y a encore peu, était très consommé en Europe.

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Sous les arches rocheuses, on rencontre de nombreuses espèces végétales typiques du bord de mer. Avec leur belle floraison jaune, la cinéraire (Jacobaea maritima) ne passe pas inaperçue. On la trouve désormais dans les jardineries. S'en suit la lavande de mer (Limonium vulgare) nommée aussi Saladelle et une des soudes locales.

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La jusquiame blanche (Hyoscyamus albus), se reconnaît en partie à ses fleurs ... jaunes pâles. C'est une méditerranéenne qui se plaît dans le sud de la France hormis dans les départements pyrénéens. De la famille des solanacées comme les morelles, les pommes de terre et les tomates, elle est connue pour sa toxicité.

DSC00354La criste marine (Crithmum maritimum) est une plante du littoral que l'on retrouve sur toutes les côtes françaises.

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Souvent présentée comme une plante sauvage comestible à redécouvrir, elle n'en reste pas moins une espèce protégée dont la cueillette est soumise à réglementation. L'intérêt retrouvé pour certains plantes est fantastique, permettant de découvrir à la fois de nouvelles saveurs et de s'initier doucement à la botanique et plus globalement au naturalisme. Cependant, cette nouvelle tendance n'est pas sans risques. Le retour "à la nature" doit s'accompagner de l'acquisition de bases solides, afin de protéger des espèces qui sont en nette régression avec l'urbanisation mais aussi, face à des pratiques de récoltes abusive. Cette démarche est aussi essentielle pour limiter les risques de confusion et d'empoisonnement qui ces dernières années ont plus que triplés, laissant place parfois à des drames qui auraient pu être évitez si les bases avaient été respectées un minimum. Cet automne, le nombre de cas d'empoisonnements par la récolte de champignons (redevenue à la mode) à été multiplié par 10 dans certains départements. La prudence est de mise !

DSC00388En longeant les rochers, là où viennent s'échouer les algues et les buveurs de bières à la nuit tombée, une drôle d'infrastructure se présente à nous. Nous venons de tomber, tout à fait par hasard, sur le Téléscaphe.

DSC00393Il ne reste que de ce projet ambitieux que le mécanisme tractant les longs câbles métaliques. Le Téléscaphe était un téléphérique sous-marin unique en son genre qui permettait de relier Marseille et Callelongue par les fonds marins.

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Les badauds parcouraient, contre finances, un peu plus de 500 mètres dans des petites cabines où pendant dix minutes, ils pouvaient contempler la faune et la flore marine à travers de grands panneaux de verre. Né de l'imagination fertile de deux ingénieurs au début des années 60, il prend forme en 1966, est inauguré en 1967 et est mit hors circuit en 1968. Une sacrée histoire plus qu'ephémère pour une installation qui se voulait unique en son genre. Malgré les quelques 30 000 visiteurs (et plus), les frais d'entretiens de la machinerie sont exorbitants et le soutien des forces politique est complètement absent. Le Téléscaphe ferme alors ses portes mais n'est pas entièrement démantelé.

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Le temps à fait son oeuvre, l'eau de mer à rongé le métal, les rayons des grandes roues se sont creusés, se remplissant peu à peu de cristaux de sel formés par les nombreuses tempêtes et les forts rayons du soleil. Après être resté sans entretient pendant plus de 50 ans, tout en faisant face aux éléments, il ne reste plus grand chose de ce rêve Marseillais. Seuls quelques blocs de bétons éparses semblent faire de la résistance.

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Bref, c'est une belle fin de saison où la mer nous chatouillait les pieds et où de véritables trésors s'offraient à nous. Désormais, il fait gris et froid, mais se rappeler les joies de la mer et du soleil donne un délicieux goût de nostalgie aux heures passées devant le feu, livre de révision sur les genoux, mug de thé chaud à la main.

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samedi 28 octobre 2017

Sortie en montagne 16.

DSC01979Évasion dans la Loire et plus particulièrement dans le massif du Pilat, pour une ascension forestière vers les sommets. Loin du brouhaha de la ville, la fraîcheur des arbres et l'envie de se faire une bonne fricassée de champignons nous ont poussé à nous perdre en auto parmi les forêts sombres de conifères. Le dépaysement est complet, loin des arrêtes rocheuses de la Méditerranée et des verts sommets de la Chartreuse que nous aimons tant. Les étroits chemins caillouteux nous mènent vers de sombres fourrés.

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Les genêts ne sont plus en fleurs depuis un moment mais forment de jolis bosquets verdoyant le long du chemin.

Après nous être engagés sur les chemins forestiers dans notre petite auto, nous voilà partis vers l'ascension du sommet, sans savoir vraiment où nous nous trouvions. Sans pour autant nous perdre, nous aimons prendre plaisir à partir à l'aventure en laissant libre court à notre imagination et à nos pieds quand nous sommes en forêt.

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Surprise, pendant notre marche nous tombons sur une très belle poussée de girolles (Cantharellus cibarius). Entre les pierres du chemin, elles se frayent un chemin jusqu'à notre panier, laissant ainsi voir la force dont les champignons peuvent faire preuve, certaines poussant ou ayant déplacées d'imposants blocs de roches.

DSC01998Après une bonne toilette pour les débarasser de leur terre, elles finiront en omelette avec quelques oignons.

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En montagne, c'est encore la saison des petits fruits. Baies d'églantier (Rosa sp.), de busserole (Arctostaphylos uva-ursi) et de framboisiers sauvages (Rubus ideas) régalent nos yeux et parfois nos estomacs. Quelques fleurs comme celle de la grande berce (Heracleum sphondylium) viennent compléter le tableau.

DSC02004Le lieu est très riche en naturalité, c'est à dire qu'il possède un caractère sauvage de par les éléments qui le compose. Fourrés denses de ronces, éboulements de pierres, terriers, bois mort et troncs sur pied (que l'on nomme chandelles) font partis du décor. C'est un lieu privilégié pour écouter et voir la faune mais aussi, pour se sentir immergé dans cet espace remarquable. Si le mal de la civilisation prend le promeneur, il lui est possible de voir au loin les grandes villes et usines de la Loire. Ici les pics se sont donnés à coeur joie.

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Quelques bolets ligériens (de la la Loire).

Arrivés sur le sommet, nous pouvons voir que la forêt laisse place à une végétation beaucoup plus rase qui fait le bonheur des moutons et des callunes. Le vent souffle sans discontinuer et le ciel est gris-bleuté ce qui est bienvenu car bien que l'air soit frais, nous suons à grosses gouttes après avoir affronté des montés escarpées.

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Quelques arbres se maintiennent sur le col. Vieux, petits et parfois tortueux, leur condition reflètent la force des éléments qui parcours ce milieu et face aux quels les plantes doivent faire face. Cela donne des groupement et des biotopes très particuliers que l'on ne peut rencontrer qu'après avoir usé de ses mollets.

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mardi 8 août 2017

Sortie dans les Calanques 14 : les Calanques par la mer.

DSC09372Qu'il fait chaud dans le sud de la France. À Marseille, le thermostat dépasse par moment les 40°C, ce qui rend l'air ambiant difficile à supporter. C'est une des raisons qui nous a mené à partir en famille en mer. Sur notre petit zodiac, prêté pour l'occasion, nous avons eu la chance de découvrir les Calanques par la mer.

DSC09373Il y a un petit goût de vacance avant l'heure. L'embrun de la mer, le vent calme et frais, les clapotis de l'eau et les immenses falaises blanches qui nous font face nous donnent des ailes. Passé le léger mal de mer, on peut profiter du décor sublime qui s'offre à nous. À savoir, le Massif des Calanques est une formation géologique de falaises calcaires dénudées de sol, ce qui les rend extrêmement arides et explique leur végétation très atypique adaptée aux conditions rudes. Elle est longue de 20 kilomètres et cumule au plus haut à 565 mètres d'altitude. Les Calanques, à distinguer du Massif, se rencontre sur toute la côte méditerranéenne française ainsi que sur le pourtour de la Corse. Elles sont l'un des atouts touristiques du sud de la France et sont visitées par plus de 10 milions de visiteurs chaque année.

DSC09434LA BAIE DES SINGES

Cette plage se trouve à l'ouest du le Cap Croisette, à côté de l'île de Tiboulen de Maïre appelée aussi La Tourtue et face à La Maïre, à l'extrémité des Goudes. On la nomme parfois la plage du bout du monde, en particulier par les marseillais. Vous pouvez la découvrir depuis la rive ICI.

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Autrefois c'était un haut lieu de contrebande et sa réputation était plus que mauvaise. Aujourd'hui, elle accueille de nombreux touristes, que ça soit sur sa plage privée ou sur celle du bout des Goudes. Un restaurant, le restaurant de la baie des singes, se trouve également face à l'île de La Maïre ainsi qu'un club UCPA. L'île qu'est La Maïre n'est pas accessible au public pour des raisons écologiques, les mêmes qui ont conduit au retrait du troupeau de chèvres sauvages qui y paissait depuis des décennies. On trouve les vestiges militaires d'une tourelle à son sommet mais aussi sur sa face intérieur. Celles-ci reflètent également le passé minier, pastoral et touristique de l'île.

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DSC09093À quelques dizaines de mètres de là, séparée par la Méditerranée, on trouve l'île Tiboulen de Maïre, qui se situe également dans l'archipel du Riou et se reconnaît à son feu qui prône à son sommet, situé 49 mètres au dessus de l'eau. Ces deux îles abritent une flore et une faune marine de grand intérêt, en particulier à travers leurs grottes et leurs tunnels où l'on peut observer le fragile et magnifique corail rouge ainsi que des éponges, des anémones jaunes, des langoustes, des poulpes, des rascasses et des congres.

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On pourrait presque distinguer sous le bleu de la mer le complexe de cavités et de failles qui abritent cette faune et cette flore remarquables. La zone est réputée pour être abritée des vents ce qui permet de pratiquer la plongée même quand les conditions ne sont pas vraiment au beau fixe. Néanmoins la natation y est fortement déconseillée hormis pour les bons nageurs en raison du courant. Ci-dessous un aperçu des différents éléments que l'on peut croiser pendant la navigation entre les deux îlots.

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Passé par l'Ouest le Cap Croisette, il est possible de voir s'elever fièrement le Fortin des Goudes. Il a vu le jour à la suite de la défaite de 1871 de Napoléon III. Séré de Rivières, général militaire de son état, reçoit alors à l'époque un important budget pour réaliser une série de constructions afin de protéger la côte des tirs d'obus.

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LA CALANQUE DE CALLELONGUE

En s'approchant de La Mounine, nous passons à proximité de Callelongue, la première des Calanques situées entre Marseille et Cassis. Son nom provençal signifie "Grande Crique". Entre 1967 et 1968, un téléphérique sous-marin, le téléscaphe, la reliait aux Goudes. Si on lève la tête on peut également voir le col du sémaphore, en particulier en arrivant

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sur la calanque de la Mounine. Longue, étroite et peu profonde, c'est un véritable aquarium naturel où on peut aisément observer les poissons, les coquillages et les oursins, ce qui explique qu'elle est particulièrement appréciée des plongeurs et des pêcheurs. Néanmoins elle peut être soumise à de violents courants qui empêchent alors toute baignade dans son eau turquoise. Vous pouvez la découvrir par la terre avec cet ancien article ICI.

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LA CALANQUE DE SORMIOU

C'est une calanque que nous aimons beaucoup et que nous avons pu visiter par la terre à plusieurs reprises. L'été la route permettant d'y accéder est fermée pour limiter les feux et les accrochages, celle-ci étant étroite et les visiteurs très nombreux. Il faut donc s'armer de patience et rejoindre la plage à pied. C'est un endroit idyllique mais bien que trop fréquenté à mon goût. C'est aussi là que l'on peut découvrir les célèbres cabanons (ICI).

DSC09167En arrivant par la mer, nous faisons face au Bec de Sormiou qui cache le Cap Redon. On le nome parfois l'Extrême Bec de Sormiou en raison de la difficulté de son ascension. Il n'y est pas rare d'y croiser des grimpeurs bien équipés. C'est là que se trouve la grotte du Capelan (du nom du poisson), une grotte semi-émergée dont les trois entrées permettent d'accéder à cette formation géologique soit par la nage, soit en l'escaladant, soit par la plongée sous-marine.

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C'est également un hotspot de la plongée, la faune marine y étant particulièrement diversifiée et l'eau claire permettant d'avoir une vision nette, même depuis le bord des falaises.

Il n'y a pas meilleur endroit pour s'arrêter pour manger un bout, piquer une tête, lire la dernière sortie d'espace naturel et bronzer un peu. Néanmoins la baignade ne s'éternise pas, l'eau étant particulièrement fraîche en raison des jours de vent qui ont précédé notre sortie. Cela nous a valu un bon mal de chien au retour à la maison.

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DSC09233SUGITON ET L'OEIL DE VERRE

Ce sont deux calanques que les étudiants connaissent bien. Celles-ci se trouvent juste en dessous de l'université de Luminy, et s'atteignent facilement après une petite heure de marche et avoir gravi une série de rochers escarpés. C'est un spot remarquable pour les amateurs de plongeons. Cependant la zone n'est pas protégé et le secteur fut endeuillé suite à des chutes de pierres mortelles.

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À proximité se trouve l'Oeil de Verre, une calanque difficilement atteignable avec ses 400m de dénivelé. Elle a la particularité de présenter dans sa paroi rocheuse un énorme oeil coloré en céramique pour faire écho à son nom qui viendrait d'une déformation de son nom occitan qui signifierait "eau à voir", en raison des cascades d'eau de pluie qui s'y forment quand le temps se fait gris.

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LES CALANQUES DE L'EISSADON

Cette calanque, comme celles qui l'entourent, n'est accessible que par la mer. Elle est particulièrement impressionnante de par la taille de ses falaises et son aiguille de calcaire blanc. Au coeur de celle-ci une brèche permet de voir à travers la roche. Une large faille permet de traverser la pierre pour atteindre la calanque de l'Oule.

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Il est possible de faire cette traversée en kayak pour profiter de cette particularité géologique et du calme qui y règne. C'est également un site d'escalade apprécié pour ces nombreuses anfractuosités et sa végétation éparse mais remarquable. Pour les plus téméraires, il est possible de gravire le sommet des falaises à pied.

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DSC09270LES CALANQUES D'EN-VAU ET DE PORT PIN

Ce sont deux des plus célèbres calanques marseillaises, en particulier celle d'En-vau, connue pour figurer dans de très nombreux films et séries télé, parfois à gros budget. Il faut souvent plus d'une heure pour y accèder à pied et c'est bien souvent en bateau qu'elle est visitée. Entourée de grandes falaises, son eau est peu chauffée par le soleil du fait de l'ombre, il y est donc difficile de s'y baigner.

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Il est également possible de visiter ces deux petits coins de paradis en kayak en partant depuis Cassis. Il suffit de longer la côte de roche blanche couverte de pins d'Alep (Pinus halepensis). Appelé aussi pin blanc de Provence ou pin de Jérusalem, il ne se trouve que sur les sols calcaires et dans les zones peu soumises au gel et à la neige. Il peut vivre 500 ans et atteindre plus de 30 mètres de haut.

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On peut rencontrer sur les plages et dans les eaux peu profondes d'En-vau et de Port Pin des sangliers se baigner et se promener joyeusement parmi les nageurs et les amateurs de bronzette. Cette proximité des animaux fait parfois oublier qu'ils sont sauvages. La tentation de les nourrir et de les caresser est alors grande mais il faut bien prendre garde à ne pas céder à l'envie au risque de se voir chargé par toute une troupe de ces pachydermes.

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Parmi les films tournés ici, on peut citer le Fantomas de 1964 avec Louis de Funès et réalisé par André Hunebelle et la Calanque, une série télévisuelle composée de 50 épisodes diffusés sur TF1 entre 1987 et 1988. Plus récemment, de nombreux clips de l'été ont été tournés çà la fin du printemps dans ce lieu mythique.

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CASSIS ET LE CAP CANAILLE

Je ne connaissais Cassis que depuis les hauteurs des falaises (ICI), désormais je la connais par la mer. En entrant dans la baie de cette ville célèbre, on est accueilli par un ensemble de roches blanches calcaires taillées en escalier par les éléments et qui plongent dans la mer. Celles-ci offrent des cavités idéales pour les poissons et les anémones qui y trouvent refuge. Elles contrastent avec les roches rouges qui font le Cap Canaille.

DSC09353On le voit de loin, ce Cap aux nombreux records. Il possède les falaises les plus hautes de France et les deuxièmes falaises maritimes les plus hautes d'Europe. Celles-ci se nomment les Falaises Soubeyrannes. Elles détrônent sans mal celle du Granier, ce qui ne va pas sans me faire un petit pincement au coeur. Leur couleur leur vient du mélange de roche qui les forme : le grès composé de grains de sables de quartz et qui donne cette teinte rouge, de calcaire et de poudingue, une roche sédimentaire composée de galets liés par une matrice ou un ciment.

La route des Crêtes, que nous avons eu l'occasion de parcourir l'an dernier, serpente tout le long de ces falaises, donnant un panorama incroyable sur la Méditerranée et ses îles. Les aphyllantes de Montpellier et les cistes s'y plaisent beaucoup. C'est aussi là qu'un grand nombre des scènes des films de la franchise Taxi ont été tournées.

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LE MOT DE LA FIN : DÉCOUVRIR LE PORT

Quelle bonheur d'être en mer, c'est une toute nouvelle expérience pour moi. Hormis le vent qui s'est levé sur la fin de journée, comme toujours en Méditerranée, la visite a été idyllique. Rentrés au port, nous avons pu profiter du décor mais aussi de la faune qui s'épanouie sous la cale des bateaux.

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vendredi 21 juillet 2017

Découvrir le Trièves : Le Centre européen de l'écologie de Terre Vivante.

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Comme chaque année à la fin du printemps, des centaines d'étudiants en BTS GPN entament une grande migration à travers la France (et parfois le monde) pour réaliser leur stage d'étude et cela, pendant 2 mois complets. Avec mon comparse Sébastien, avec qui je partage la même formation et la même salle de classe et, que vous pouvez voir se faire dorer tranquillement la pillule au bord du bassin ou admirer le paysage sur ces photos, nous avons eu la chance de pouvoir réaliser le notre au Centre Européen de l'Ecologie de Terre Vivante du 23 mai au 17 juillet 2017. Nombreux ceux sont d'entre-vous qui devez connaître la maison d'édition du même nom et qui se rattache au centre. Parmi les publications les plus connues, on peut citer le magasine "Les quatre saisons du jardin bio" dont les articles sont tirés en grande partie des expérimentations menées ici.

À travers ce long billet, je vais tâcher de vous raconter mon vécu dans ce site idyllique, enclavé dans les montagnes du Trièves mais aussi, de vous faire découvrir les bonnes adresses et les gens fantastiques que j'ai pu côtoyer, sans oublier le travail que j'y ai mené, du moins, dans les grandes lignes. Faune, flore, champignons et inventaires, j'espère ne rien oublier de ces deux mois riches en aventures.

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Par où commencer ? Par l'acceuil chaleureux de Cathy et de Christian au Cris-Cath où j'ai été logée ? Par le travail fantastique d'Héléna qui nous a accompagné pendant ces deux mois ? Par la flore et la faune ? J'avoue qu'il m'est dur de choisir. Le plus simple est peut être de vous parler de Terre Vivante. Cette SCOP, issue d'une association vieille de 38 ans, est venue il y a 23 ans de ça, poser ses valises dans le Trièves dans 50 hectares de friche. Plus tard s'en suivra l'arrivée de la maison d'édition, d'abord à Mens puis directement dans l'enceinte du centre et cela, depuis 3 ans. Pour reprendre leur phrase d'accroche, Terre Vivante c'est l'écologie pratique mais aussi des livres, un magazine (37 ans de vie pour plus de 30 000 lecteurs) et un centre d'étude et d'expérimentation ouvert au public de juin à aout. Cuisine, jardinage, soins et méthodes de vie, construction écologique ... ils sont les précurseurs de tout ce qui fait l'écologogie que nous connaissons aujorud'hui. Depuis 2015 c'est Olivier Blanche qui est à la tête de la direction. Si le coeur vous en dit, le centre de formation propose des visites guidées des jardins, des stages de vanneries et de jardinage, des ateliers pour les scolaires et des formations pour les professionnels.

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Aperçu des jardins. Fin mai, ils étaient illuminés par les ancolies. Désormais on y trouve des lavandes, des serpolets et des rudbeckias. Les tomates sortent sur les bottes et le lièvre prend plaisir à grignoter les courgettes.

DSC06621Le stage de vannerie vivante se fait à côté des cultures de saules. Les jeunes rameaux sont maintenus dans l'eau pour prendre racine dans le sol rapidement.

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Le principe est de créer des structures tréssées et feuillues.

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Depuis la terrasse, un panorama superbe s'offre aux visiteurs sur les montagnes. Au pied des glycines, dans les centranthus, on rencontre parfois le sphinx gazé (Hemaris fuciformis), aux ailes entièrement transparentes. D'ici quelques semaines, une marequarium devrait s'installer juste à côté. Deux vitres permettrons aux petits et au grands d'observer la vie aquatique qui s'y développe.

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À propos de mare, en voici la réalisation. Au cours de mon séjour, j'ai pu voir un atelier se dérouler juste à côté du Projet Biotope sur le quel je travaillais. Avec pour encadrant le photographe et auteur de l'ouvrage "J'aménage ma mare naturelle" Gilels Leblay, cette dernière à vite prit forme. Il n'aura pas fallu plus de 3 jours pour que les sonneurs à ventre jaune et diverses libellules ne s'y installent et viennent y pondre.

DSC07524Exemple d'une ponte de libellule sur des végétaux aquatiques. Cette femelle d'anax empereur (Anax imperator) pond dans la tige de la plante pour y installer à l'abri un oeuf. La larve qui en sortira sera une terrible chasseresse qui n'hésitera à pas à se nourrir d'insectes, de têtards voire même de petits poissons et de ses congénères.

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Ce mâle de libellule déprimé (Libellula depressa) est gravement blessé. Il a disputé un point d'eau à d'autres mâles mais n'a pas su faire le poids. Le voilà privé d'une de ses ailes. Sauvé de la noyade, il n'est pas pour autant tiré d'affaire. Il fera s'en doute le plaisir d'un oiseau de passage.

DSC07469Exuvie d'un libellule sortie de l'eau après y avoir séjourné plusieurs mois voire plusieurs années.

DSC07351En parlant de Gilles Leblais, le voilà à l'oeuvre aux portes ouvertes de Terre Vivante entrain de photographier une céphalanthère à feuilles étroites (Cephalanthera longifolia) parmi les molinies bleues (Molinia caerulea). Ce jour là et malgré la petite pluie fine, le public a été au rendez-vous. À l'occasion, nous avons pu participer à une visite organisée par la LPO sur le centre pour nous initier au chant des oiseaux. Roitelets huppés et à triples bandeaux, merles, fauvettes, buses, pouliots véloces et pies ont pu, si ce n'est être observés, du moins entendus. En effet, la faune et la flore du site sont remarquables, et bien qu'il soit cultivé par endroit, ce n'est pas moins de 50 hectares de forêts, de prairies et de cours d'eau qui composent une mosaïque d'habitats où les espèces s'épanouissent. Lièvres, cerfs, renards, sangliers, chevreuils et martres sont à la fête.

DSC08618Le centre se caractérise également par ses expérimentations. Actuellement on trouve à l'étude de nouvelles techniques pour accroître la production du potager tout en respectant le sol mais aussi, la culture de légumes anciens et de champignons comme c'est le cas pour ces pleurotes en forme d'huître (Pleurotus ostreatus).

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Une botte de paille, du mycélium, de l'eau et le tour est joué. Dans les faits c'est un peu plus compliqué mais le résultat paye. Après quelques mois les premiers carpophores, partie que l'on récolte chez les champignons, font leur apparition et sont bons à récolter. Ils finiront dans la cuisine.

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Un peu de pluie et ces caprophores reprendrons leur forme. Certains champignons résistent très bien au manque d'eau et peuvent adapter leur forme en fonction de la météo. Certains peuvent être de bons comestibles mais devenir toxiques après s'être desséchés puis réhydratés aux premières pluies tombées.

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La paille est un excellent substrat pour la culture de nombreuses espèces comme les pleurotes ou les shiitakés.

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Certains champignons et myxomycètes préfèrent comme substrat le bois, le café ou le fumier. Parfois d'autres espèces peuvent le contaminer ce qui implique de faire preuve de vigilance. La culture de champignons non comestibles est également possible et permet de diversifier l'aspet du jardin mais aussi de valoriser des espèces rares ou peu connues comme l'hydne rameux (Hericium clathroides) ou l'hydne hérisson (Hericinum erinaceus).

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DSC08555Voilà notre lieu de travail, le Lab'Biotope, du moins en grande partie car nous avons pu également nous exercer au travail de bureau à la maison bleue, nom donné à la maison d'édition où l'on trouve également le bureau des jardiniers, des animateurs et de la comptabilité. Je ne m'étendrai pas plus sur le projet mais je vous invite à le découvrir d'ici quelques semaines sur le site officiel de Terre Vivante : http://www.terrevivante.org.
Ce projet est mené par Héléna Amalric, biodesigner de métier, créatrice, porteuse de projet, amoureuse de la nature et des champignons et touche à tout. Travailler avec un telle passionnée a vraiment été une chance pour nous, nous avons pu tâter du terrain et nous éclater à proposer des initiatives et à les mettre en place. Si vous souhaitez découvrir une partie de son travail, je vous invite à vous rendre à cette adresse : http://www.champignonluminescent.com. Nous avons débarqué sur le site seulement 2 jours après l'arrivée du laboratoire et, on peut le dire, il n'avait alors pas du tout cet aspect là. Après 5 semaines de travail acharné sur les conseils et directive d'Antonin, charpentier de métier et de talent, il a pu s'intégrer parfaitement au paysage et l'ambiance générale que l'on trouve sur le Centre.

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Voici quelques exemples d'expérimentations qui ne tarderont pas à arriver au labo. Celui-ci se centre sur le biomimétisme : puiser dans des mécanismes présents dans le vivant, que ça soit chez les espèces ou les écosystèmes et les dynamiques naturelles, pour répondre aux besoins de nos sociétés tout en respectant notre environnement. C'est une science vielle comme le monde dont on peut citer quelques exemple pour l'illustrer : l'utilisation du système de vol de la libellule pour concevoir l'hélicoptère, l'echolocalisation des cétacés pour les sonars sous-marins ou l'utilisation de la forme du crâne du martin pêcheur pour limiter le bruit provoquer par le train le plus rapide du monde qui se trouve au Japon, le Maglev qui tient des pointes à 603 km/h.

DSC07581Pour parvenir à mener à bien cette entreprise, de nombreux partenaires se sont joints à ce projet. Parmi ceux-ci, on peut compter sur la Casemate de Grenoble et plus particulièrement de son Fab Lab qui met à disposition des étudiants et des porteurs de projet un local et du matériel.

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Un Fab Lab, c'est à dire un laboratoire de fabrication, est un espace de partage en open source (c'est à dire où l'information est libre d'accés), où des logiciels, des outils et des appareils de fabrication sont mis à disposition d'un public de manière libre pour aider des projets à voir le jour. Celui de Grenoble porte également une dimension pédagogique.

DSC07633"Photographie à travers l'objectif d'un des microscope de la Casemate."

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DSC06688Visite aux Jardins du Margarou à Prébois pour agrémenter la foret jardin en devenir. Une forêt jardin est une technique de permaculture qui consiste à cultiver dans la forêt des essences fruitières mais aussi des légumes racines et des légumes fruits voire des plantes à fleurs.

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Elle se différencie du jardin forêt, également pratiqué à Terre Vivante, par le fait qu'elle n'est pas pas entièrement plantée par l'Homme. Le but ici est de tirer profit des spécificités d'un milieu sans le dégrader, sans le modifier en profondeur et sans apporter d'ajout, que ce soit de l'engrais ou de l'eau. Il faut prendre garde à ne pas introduire de plantes invasives, car le milieu est riches. On y rencontre de nombreuses espèces rares et/ou protégées. Peu avant la fin du stage, j'ai eu le bonheur d'enfin trouver le cirse de Montpellier (Cirsium monspessulanum), une plante peu commune chez nous en Isère et protégée en Rhône Alpes.

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DSC06632Voici l'une des espèces emblématiques du Centre qui fait l'objet de soins et de suivis particuliers sur l'ensemble du pays. Le sonneur à ventre jaune (Bombina variegata) est un petit crapaud qui se reconnaît facilement à sa pupille noire en forme de coeur, à son iris dorée, à son ventre jaune et à son chant mélodieux qui est très proche de celui du petit duc scops (Otus scops). Il est menacé par la disparition de son habitat mais se rencontre en nombre dans les nombreuses mares des jardins ce qui nous a permit de les suivre dans leurs amours pendant ces deux mois.

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Il n'est pas rare d'observer des sonneurs à la surface de l'eau profitant tranquillement du soleil et de la fraîcheur de la mare.

DSC06599Ces sont des animaux particulièrement bien adaptés à leur milieu. Leur dos leur permet de se camoufler dans le fond et sur les berges des mares où ils vivent. Une fois repérés, ils n'hésitent pas à se retourner pour montrer leur ventre jaune ponctué de tâches noires indiquant leur toxicité à leurs prédateurs potentiels. On le trouve aussi dans les lacs, les talus et les fossés, en lisière de forêt et dans les zones bocagères.

C'est un bon auxiliaire au jardin qui peut vivre longtemps et qui apprécie de manger les limaces, les escargots et les insectes mais parfois aussi, d'autres auxiliaires comme les cloportes et les lombrics. Sa protection est totale, c'est une espèce au statut de vulnérable en France, c'est à dire qu'elle subie des menaces importantes pouvant conduire à sa disparition bien que très polyvalente dans son choix d'habitats. En Belgique elle a même manqué de peu de disparaître complètement.

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Autre espèce remarquable, le lézard vert occidental (Lacerta bilineata). Il s'agît ici de deux mâles se mesurant pour savoir le quel des deux aura droit sur le ponton baigné de lumière. On les reconnaît à leur gorge bleue ce dont les femelles et les juvéniles sont dépourvus. 

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Ce lézard a des besoins importants en chaleur se qui le rend fréquent sur les murets et les pierres des rocailles. Parfois, il s'aventure dans les clairières forestières où il trouve une végétation suffisamment dense pour se dissimuler et chasser. C'est aussi un bon auxiliaire. Au Centre, le lézard vert d'occident est facile à observer et, est peu farouche.

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Les clairières forestières sont souvent dues à la chute d'un ou plusieurs arbres permettant la création d'une ouverture dans le manteau forestier. Les espèces pionnières, c'est à dire celles qui sont les premières à s'installer dans ce nouveau milieu, vont se développer rapidement avant d'être supplantées par d'autres espèces.

DSC06847Les ronces, le sorbier des oiseleurs et le sureau noir sont des exemples de plantes pionnières. Elles vont s'intaller là où le sol est riche en humus et la lumière abondante. Leur ombre va être propice aux plantules des arbres comme les pins, les érables ou les chênes qui vont se développer, protégés des rayons du soleil. Ils finiront pas couvrir à leur tour ces espèces pionnières qui, par manque de luminosité, finissent par disparaître. Cela fait parti du cycle naturel de la forêt. Le bois mort y joue un rôle extrêmement important. Sa décomposition enrichie le sol et permet aux végétaux de se développer, abrite et nourrie les insectes et par la même occasion, les oiseaux comme les pics qui prédatent les larves xylophages. Bref c'est un maillon important dans les dynamiques de nos forêts que l'on a bien trop souvent tendance à supprimer par méconnaissance ou apriori.

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Découverte aux mares à proximité des boutasses d'un crâne de biche blanchi par le soleil.

Nous avons pu à plusieurs reprises observer des cerfs élaphes (Cervus elaphus), plus particulièrement une biche et son petit, que ça soit à travers nos diverses prospections de terrain ou à travers l'affût que nous avons mené au petit matin dans une clairière éloignée des chemins forestiers, après avoir écouté pendant une nuit les hulottes.

DSC06715Qui dit jardin dit rongeurs. On en trouve de nombreux à venir grignoter les pieds de blettes et les tomates bien mûres. Parmi ceux-ci on peut citer le campagnol (Clethrionomys sp.). Celui-ci a été victime d'une vipère aspic (Vipera aspis) que nous avons pu voir partir avec son butin.

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Ce mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus) a été piégé. Trop gourmand il a fait bien des dégâts et n'a pas su résister à la gourmandise disposée dans le piège. Il sera relâché un peu plus loin dans un endroit calme où il trouvera à loisir la nourriture qu'il lui faut. Peu difficile, il se nourrie de grains, d'insectes, de racines, d'herbes, de champignons et de fruits.

DSC08433Voici un aperçu des montagne au petit matin à Terre Vivante, quand la brume s'apprête à quitter la cime des pins. Nous avons pu profiter de ce spectacle à l'occasion d'un affût nocturne que nous avons mené début juillet.

DSC08606Certains téméraires ont pu passer une partie de la nuit dans leur hamac, bercés par les sérénades des siffleurs à ventre jaune. Nous sommes partis en aventure peu avant le couché du soleil et nous nous sommes avancés dans la nuit jusqu'à minuit. Nous avons pu au petit matin repartir une demie heure avant le levé du soleil. Ce fût une nuit assez fantastique et malgré le nombre que nous étions, nous avons pu observer cerfs, chevreuils et sangliers, le tout accompagné des chants des rapaces nocturnes et du vol des chauves-souris.

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Le tableau qu'offre les pins maritimes à la tombée du jour est superbe. Une ambiance très particulière se dégage la nuit de la lisière, entre magie, frisson et excitation de la découverte.

DSC08595En arrivant sur la pinède à mollinies, nous tombons sur la dépouille d'un malheureux épervier d'Europe (Accipiter nisus). Ce majestueux oiseau de proie discret chasse à l'effet de surprise. Il se plaît dans les zones mêlant forêts mixtes de conifères et de feuillus et alternant avec des prairies et des ouvertures, tout ce qu'offre le site. C'est avant tout des petits oiseaux qu'il prédate, en particulier les grives et les merles bien que ces derniers soient plutôt visés par les femelles éperviers, plus grosses et plus puissantes que les mâles. Il possède une large répartition, on le trouve ainsi dans toute l'Eurasie et au nord de l'Afrique, où il est représenté par 6 sous espèces distinctes. L'emploi de certains produits comme le DDT ont produit une chute vertigineuse des populations de cet oiseau qui depuis peu, commence à revenir dans notre paysage bien que sa dynamique reste fragile, en particulier dans les pays nordiques et de l'Est.

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Exemples de proies potentielles ou de restes de repas de l'épervier d'Europe (Accipiter nisus).

DSC08392Cette sortie ne va pas sans me rappeler celle de la LPO à la quelle nous avons pu participer. Afin de mieux connaître sa biodiversité et ses habitats, le Centre a mandaté l'association pour effectuer une série d'inventaires et d'études. Nous avons ainsi pu être initié à l'identification des orthoptères qui comprennent entre autre les criquets et les sauterelles et aux lépidoptères, c'est à dire les papillons. Nous avons pu aussi nous initier au chant des cigales des collines (Cicadetta brevipennis) et des nombreux oiseaux du coin, bien difficiles à voir dans le feuillage dense des arbres.

DSC08414À cette occasion, nous avons même pu trouver une mue de ce qui semble être une coronelle lisse (Coronella austriaca), abandonnée dans un bosquet de petits arbrisseaux épineux.

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Nous avons même pu observer cette femelle orvet
(Anguis fragilis), appelé parfois serpent de verre.

Après une matinée passée avec cette belle équipe, nous nous sommes éclipsés pour profiter du jardin. Désormais et grâce aux membres de la LPO, nous savons différencier et reconnaître la zygène de la filipendule (Zygaena filipendulae) et la zygène transalpine (Zygaena transalpina) ainsi que leur milieu.

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De gauche à droite : une zygène de la fillipendule sur un orchis moucheron (Gymnadenia conopsea), une filipendule commune (Filipendula vulgaris), l'explication des critères de détermination chez cette famille de papillons et un de ses prédateurs, la redoutable mante religieuse (Mantis religiosa).

DSC07064Ce terrain où sont menées les observations, nous le connaissons bien. Nous l'avons parcouru de manière assidue pour en déterminer les habitats et les espèces le peuplant par la pratique d'analyses phytosociologiques. Cette démarche consiste à identifier un milieu par la végétation, son abondance et les groupements de plantes qui la composent et la caractérisent.

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Voici l'exemple d'un schéma d'une étude phytosociologique menée sur une pelouse calcaire semie-arride. Les mesures de terrain sont très importantes car permettent de situer dans l'espace et dans un contexte des espèces.

DSC07066     DSC06880     DSC07061     DSC07091Pendant notre travail, nous avons pu croiser de jolies surprise comme c'est le cas pour cette chrysalide.

DSC08746Nosu avons également prélevé quelques fourmis pour nous essayer à la rentrée à la myrmécologie. Connaître l'espèce des individus récoltés nous permettra de savoir exactement quel type de milieu nous avons mais aussi, de savoir si s'y trouve les fourmis hôtes d'espèces rares de papillons comme l'azuré du serpolet (Phengaris arion).

DSC07868Pendant ces deux mois de stage nous avons également pu nous exercer à l'entomologie et plus particulièrement, à travers l'étude des papillons. Ainsi nous avons pu nous familiariser avec la baccanthe (Lopinga achine) que l'on reconnaît à ces grosses ocelles et à ses ailes marrons. C'est un papillon peu commun mais que l'on voit sans mal à Terre Vivante. Elle est protégée à l'échelle européenne et figure en France sur la liste rouge des insectes.

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Parmi les autres espèces que l'on peut citer, voici le petit sylvain (Limenitis camilla), qui apprécie les forêts ouvertes et les clairières forestières ainsi que les lisières broussailleuses. N'ayez crainte, celui-ci à rapidement retrouvé sa liberté après une petite séance photo. Sa chenille hiberne dans un hibernaculum sur les jeunes rameaux des arbres, c'est à dire dans un étui de feuilles et de soie qui la protège du gel et des prédateurs.

DSC07898Hélas, trois fois hélas, nous avons pu aussi faire la rencontre de la pyrale du buis (Cydalima perspectalis), un petit papillon de nuit exotique originaire d'Asie qui décime les populations de buis de nos forêts ce qui lui a valu son statut d'EEE (Espèce Exotique Envahissante). C'est un gros problème quand on sait qu'une grande partie des forêts du Trièves se composent de sous-bois à buis, un milieu qui pourrait disparaître d'ici quelques années comme c'est le cas sur les coteaux viennois.

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Que serait le blog sans ses orchidées ? Fin mai, elles étaient encore nombreuses à pousser et à fleurir. On peut ainsi citer, de gauche à droite la cépahlanthère rouge (Cephalanthera rubra), l'ophrys mouche (Ophrys insectifera), la néottie nid d'oiseau (Neottia nidus-avis) et l'épipactis pourpre noirâtre (Epipactis atrorubens).

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L'orchis de Fuchs (Dactylorhiza fuchsii) est une orchidée commune qui peut présenter un labelle aux motifs et teintes variées. Assez courante, il n'est pas rare de la voir fleurir en juillet. Elle est typique des forêts calcaires.

DSC06818Exemple de ce à quoi ressemble la pinède à molinies peuplée de genévrier commun (Juniperus communis) dans la quelle on trouve énormément de fleurs remarquables. C'est un type de de forêt caractéristique du Trièves.

DSC07901S'il y en a bien un qui fait le buzz cet été, c'est le blob ! Ce Physarum est un drôle d'organisme composé d'une unique cellule. Il a aussi la faculté d'être ni un animal, ni un végétal, ni un champignon ce qui pousse certains chercheurs à reconsidérer la manière dont le vivant est catégorisé. Il se nourrit de spores et de mycéliums vieillissants (de champignons) en sécrétant des enzymes qui vont les digérer. Il est également capable de se déplacer, à hauteur d'un centimètre par heure. Certains spécimens peuvent même parcourir plus de 30 kilomètres tout au long de leur vie.

Pour rester dans le thème de l'incroyable, j'en profite pour glisser quelques mots sur le salon du biomimétisme, Biomim'Expo, qui s'est tenu au dessus de Paris à Senlis au Ceebios (vous avez bien lu) le 29 et 30 juin 2017 et au quel nous avons pu participer. De ce que je peux vous en dire, ce n'est que du bonheur ! De l'innovation à gogo, des découvertes étonnantes, un peu de langue de bois tout de même mais surtout, des gens qui font bouger les choses et qui inventent le monde de demain... et nous au milieu. Il y a vraiment de quoi ce sentir tout petit.

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 Des champignons, du café, des livres ... de quoi tenir deux jours sur place sans soucis.

DSC08504Pendant ces deux jours nous avons ainsi pou découvrir les villes de demain, aux grands immeubles couverts d'arbres, les nouvelles énergies qui marqueront peut être l'après pétrole et surtout, de nombreuses initiatives locales. Nous avons pu aussi assister à de superbes conférences comme celle de Audrey Dussutour sur le blob.

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Un grand merci au mycologue François Petit avec qui nous avons pu échanger pendant ces quelques jours et qui a partagé avec nous ces découvertes :  une jolie caisse de truffes d'été (Tuber aestivum) et quelques pleurotes pulmonaires (Pleurotus pulmonarius). Ci dessous-sous, un exemple des concepts et des innovations que nous avons pu présenter sur le stand. Il s'agît d'une pile à boue qui fonctionne avec de la laine de graphite et des bactéries électrogènes présentes dans le sol des mares et sur les berges des cours d'eau fréquentés par les animaux.

DSC08509Avec ce dispositif il est possible d'alimenter une led et un petit réveil. Pour en savoir plus, je vous invite à découvrir le collectif Enzym & Co, véritable star du salon et dont deux des membres, Chloé et Michka, on pu le temps d'un workshop organisé à Terre Vivante au début du mois de juillet, nous initier à ce procédé.

DSC06889Retour au Centre, avec au passage la découverte de cette jolie chenille qui se dissimule dans les arbres en prenant les motifs du lichen dans le quel elle vit. Il s'agît de celle de la boarmie des lichens (Cleorodes lichenaria), un papillon qui se fond tout aussi bien que sa larve dans le décor. Sa repartions est atypique, on le trouve surtout en Bretagne, dans le Centre de la France et dans les Alpes du sud.

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Voici un petit coléoptère (Coleoptera) qui m'est inconnu. Il pourrait s'agir de la rhagie mordante (Rhagium mordax) ou de la rhagie sycophante (Rhagium sycophanta). Les adultes sont phytophages et les larves xylophages.

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DSC08626Levé du soleil sur le jardin des cinq éléments. C'est le moment de mettre l'arrosage avant qu'il ne fasse trop chaud et que l'apport en eau ne s'évapore en un claquement de doigt. Dans les plates-bandes, les jardiniers que sont Genièvre, Maxime et Pascal s'évertus à pailler et à construire des massifs colorés et parfumés. Ainsi les bourraches prennent pied à ceux des courgettes et des vignes.

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Les jardins ne manquent de fantaisie et du surprise avec les scutigèes (Scutigera) qui se glissent parmi les roses de la maison d'édition et les cupidones (Catananche caerule). Heureusement le chien de Genièvre veille.

DSC07477Le triton palmé (Lissotriton helveticus) cohabite souvent dans les mares du Centre avec le sonneur à ventre jaune. C'est un animal possédant comme beaucoup de batraciens une respiration cutanée, il peut aussi bien s'oxygéner par sa peau que par l'aide de ses poumons. On ne le rencontre dans l'eau que pendant la période de reproduction.

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En cela, il partage de nombreux points communs avec la grenouille rousse (Rana temporaria) qui présente un comportement et des aptitudes similaires. Néanmoins elle est plus forestière que son voisin le triton.

En prenant un peu de hauteur, on peut aisément surplomber le Centre et profiter de la vue sur les montagnes. Bientôt, une parcelle en terre nue accueillera une plantation de raisin de table issus de variétés locales.

DSC06720Mais tout beau qu'il soit, le Centre n'est pas l'une des seules pépites du Trièves. Parmi celles-ci on compte le village de Tréminis et sa grande diversité de milieux qui en font une des communes de France la plus riche en espèces végétales, du fait qu'elle se trouve à la limite de deux climats mais aussi par l'écart important entre ses sommets et le coeur du village (plus de 2000 mètres de dénivelé) et l'abondance de coteaux ensoleillés.

DSC06729Pendant toute la durée de mon séjour, j'ai pu être hébergée dans le cadre idyllique du Cris-Cath, un gîte comme on en fait pas deux et qui depuis 30 ans régale les randonneurs et les amoureux de la motnagne. Je peux vous dire que là bas, je ne me suis pas laissée aller. Extrêmement bien accueillie par Cathy et Christian, avec qui j'ai passé des soirées que je ne suis pas prête d'oublier et dont j'ai eu le coeur très gros à quitter, j'ai pu être initiée aux bons petits plats locaux comme les ravioles à la pomme de terre et aux oignons fris.

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Néanmoins les conditions ne sont pas idéales pour travailler le soir sur le projet. Non mais vous avez vu la nonchalance de ce fauve ? C'est scandaleux d'autant plus qu'ils sont deux à se relier pour effectuer la besogne. Non mais je vous jure ! C'est également le moment que mon ordinateur a choisi, après avoir bien entamé mon stage, pour rendre l'âme avec toutes mes données, mes rapports et mes photos. Dans l'attente de trouver une solution je me suis mise pendant quelques jours à travailler à l'ancienne, autant vous dire que les deux matous ont apprécié l'abondance de feuilles pour y piquer un somme.

DSC07401Aperçu de la vue depuis la terrasse, le cadre n'est-il pas incroyable ? voilà le Grand Ferrant sur le quel le soleil projette ses derniers rayons. Les repas le soir sont animés, il y a très souvent de nouveaux visages avec qui discuter et même parfois, refaire le monde. DSC07800Dans nos assiettes, on ne compte plus les délices. C'est Cathy qui est aux fourneaux et ce que l'on peut dire, c'est qu'elle s'y connaît. Tartes aux fleurs de sureau, gâteaux aux noix, escalopes de veau à la crème, petits pommes de terre nouvelles, lasagnes au chèvre et aux épinards sauvages, plâtrées  de reines des glaces ... on ne sait plus où en donner du ventre, d'autant plus que tous les produits viennent de la ferme et sont cultivés sans aucuns phytosanitaires. Bref, si vous êtes une fine fourchette, vous savez où vous rendre, d'autant plus que je ne vous ai pas encore parlé des fromages. Deux fois par jours, vaches et chèvres sont traites à la main dans les champs ou viennent à l'étable pour passer sous la trayeuse. Le lait est transformé dans la journée pour devenir de délicieux fromages blancs et secs que j'ai eu la chance de déguster au dîner et au petit déjeuner. Je vous promets que pour commencer la journée, une tartine de chèvre frais sur un bon pain de campagne avec un peu de confiture rhubarbe-fraise, il n'y a rien de mieux ! Au dessus de la ferme, on peut trouver la basse-cour où coqs, oies, poussins et canards sont réunis. À l'occasion, Cathy organise des visites de la ferme pour les petits et les grands qui souhaitent découvrir cet univers passionnant et riche.

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Le troupeau de chèvres n'est peut être pas bien gros mais le soin porté aux animaux et à la traite demande du temps. Dans son domaine, Christian est roi. Dans un parc au pied des montagnes, il s'affère avec ses biquettes.

DSC08674Les chèvres sont friandes de feuilles, en particulier de celles des ronciers, et bien qu'elles se contentent d'herbes et de temps à autre de branches de frênes dont elles raffolent, elles ne rechignent pas non plus leur ration quotidienne de grains. Parfois, elles s'offrent un extra en grignotant l'écorce des arbres. Dans de nombreuses régions du monde elles sont élevées pour leur bon caractère et leur capacité à résister à la sécheresse, au froid, aux zones désertiques ou broussailleuses. Ce sont des animaux rustiques aux quels on s'attache rapidement et que l'on prend plaisir à voir galoper dans le pré, en particulier quand il s'agît des cabris qui pas farouches pour un sous viennent vous mordiller le bout de la manche et reparte avec une touffe de vos cheveux. Là aussi on ne se lassent pas du paysage qui est tout simplement extraordinaire. Les aigles en ont fait leur domaine.

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DSC08813Les chèvres savent poser mieux que personne. Elles savent aussi distinguer les herbes grasses de celles qui pourraient leur causer bien du soucis même si les plus jaunes croquent parfois ici ou là la feuille d'une toxique.

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C'est parfois le cas de la digitale jaune (Digitalis lutea) qui contient de la digitaline. Cela ne leur empêche cependant pas de se faire plus ou moins manger la tête. Elle aime les sols calcaires et se rencontre le plus souvent à proximité des forêts. Elle ne fait pas plus d'un mètre et peut être confondue avec la digitale à grandes fleurs (Digitalis grandiflora).

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Y il a un petit goût de paradis dans ces montagnes, un je ne sais quoi qui vous donne envie de vous y perdre ne serait-ce qu'un après midi pour écouter le clapotement de l'eau et le brame du cerf qui ne serait tarder.

DSC08798C'est un coin où l'on peut faire de nombreuses randonnées et avoir de très bonnes surprises. Au retour des chèvres, nous sommes tombés sur ce beau mâle chevreuil (Capreolus capreolus), tranquillement entrain de brouter à quelques pas d'un lièvre tout aussi tranquille. Ce petit cervidé n'excède pas 30 kilos mais fait preuve d'une rapide et d'une endurance à toute épreuve. Il s'agît ici d'un brocard car il porte des bois. Il les perdra à l'automne mais ceux-ci repousseront rapidement pour la saison des amours. Ces bois sont une source importante de calcium et de minéraux pour les rongeurs.

La veille de mon départ, j'ai pu avoir la surprise de me faire conduire par Christian sur la futur ENS du village. Au passage nous prenons avec nous Jean, ancien prof d'SVT de Valence qui connait le secteur depuis plus de 50 ans et qui pratique depuis tout aussi longtemps la botanique et qui est à l'origine du projet. Avec de tels guides, je ne risque pas de m'ennuyer d'autant plus que quelques jolies raretés sont encore fleuries.

DSC08766Le chardon fausse bardanne (Carduus personata) est aussi appelé chardon masqué. Il tient son nom de sa ressemblance avec les bardane de par son involucre et les bractées qui ressemblent en tout points à ses lointaines cousines mais qui n'accrochent pas. Cette espèce se trouve souvent à l'étage montagnard. Elle apprécie la fraîcheur et les bords de ruisseaux. En France on la rencontre à l'est du pays, en particulier dans les Alpes. Quelques stations sont à noter dans le Massif Central.

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Enclavée entre les montagnes, cette zone humide est un véritable fond de cuvette. C'est là que se trouve le captage d'eau potable mais aussi, une biodiversité très riche avec un cortège d'espèces atypiques que l'on ne croise pas couramment. Il est possible d'y observer par exemple la parnaisie des marais (Parnassia palustris) et le cirse de Montempellier (Cirsium monspessulanum) partager les mêmes touradons (typiques des tourbières) dans le cœur du marais bien que leurs besoins soient très différents.

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Il y a bien d'autres espèces remarquables à observer ici. De gauche à droite : l'épipactis des marais (Epipactis palustris), le tabac d'Espagne (Argynnis paphia), le monotrope sucepin (Monotropa hypopitys) et l'oeillet de Montpellier (Dianthus hyssopifolius). Vous avez dû au passage remarquer que de nombreuses plantes portairnt le nom "de Montpellier". Cela tient au fait que la ville comportait l'uen des toutes premières écoles de botanique moderne. De nombreuses espèces y ont été identifiées d'où leur dénomination.

DSC08170Ce n'est cependant pas la première fois que je me rendais au marais. J'avais déjà pu, le temps d'une matinée, découvrir les orchidées de la commune et de sa zone humide avec mon acolyte Sébastien, mais aussi avec Freddy et Anthony, guides de montagne et Valérie, la dame aux plantes. Cette sortie a vu le jour après une soirée très animée autour d'un immense plat de ravioles au Cris-Cath où j'ai pu rencontrer les acteurs locaux (office de tourisme et mairie), la joyeuse troupe des rencontres paysannes et brièvement les globes bloggueurs. Je vous invite à y jeter un coup d'oeil car ça vaut le détour, d'autant plus que vous pourrez avoir un autre regard sur Tréminis et ses alentours (juste ICI).

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La laîche à épis pendants (Carex pendula), appelée aussi laîche pendante, est une grande poacée (graminée) qui aime les zones fraîches, à tendance forestières, humides et si possible dans les ravines. On la rencontre presque partout dans le pays. Très résistante au froid, on la rencontre souvent dans les jardineries.

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Cette fois là encore nous avons pu observer des espèces remarquables dont certaines que je n'avais pas vu depuis très longtemps. De gauche à droite : des racines de corail (Corallorhiza trifida) qui sont des orchidées forestières surprenantes et magnifiques mais hélas en graines, un très beau lis martagon (Lilium martagon), une surprenante plante carnivore au nom de grassette commune (Pinguicula vulgaris) qu'il est possible de croiser au Cirque de Saint Même et de nouveau l'épipactis des marais (Epipactis palustris), une orchidée qui a pour particularité de se faire polliniser par les insectes en leur servant d'abri pendant la pluie ou pour la nuit.

DSC07043Cette randonnée est pour moi l'occasion d'en parler d'une autre, celle de la Randocroquis de Tréminis. Elle invite le promeneur à profiter du paysage et à partager à travers plusieurs supports pédagogiques, les techniques permettant de l'immortaliser sur papier. Le totu est réunis sur 10 stations et 4,5 km de sentier. C'est l'occasion de sortir les pinceaux et les crayons d'aquarelle.

DSC06925En prenant un peu de hauteur on arrive dans le domaine des tarines, jolies vaches à robe fauve et aux grands yeux noires. C'est une race typique des zones montagneuses qui rencontre de plus en plus de succès à l'extérieur de nos frontières. Elles pâturent à proximité de deux jolies pieds d'orchis moucherons (Gymnadenia conopsea).

DSC06939Caché dans les fourrés, le village ne laisse entrevoir que sont clocher. Tréminis présente une histoire riche. Ancienne seigneurie, on en trouve par endroit les vestiges. Elle fût également un refuge pour certains huguenots qui marquèrent durablement le site sur l'un des quatre hameaux.

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Sa faible démographie et ses nombreux accueils paysans en font un endroit rêvé pour tous ceux qui veulent profiter de la montagne à pied ou à cheval sans se retrouver pris par la foule comme c'est parfois le cas en Chartreuse ou du côté de Belledone. Il y est même possible d'y observer des aficionados de base jump, discipline sportive consistant à se jeter dans le vide puis à surfer sur l'air avec une combinaison conçue spécialement pour cela. Le Grand Ferrant figure parmi les meilleurs spots pour les pratiquants, néanmoins ce sport n'est pas sans danger et chaque année la commune se retrouve endeuillée.

DSC06937"Les champs présentent une grande diversité de plantes à fleurs."

DSC08196J'en profite aussi pour vous glisser quelques mots pour vous parler de la commune de Lalley dont j'ai pu visiter les forêts un après midi, me baigner dans son torrent de montagne à l'eau translucide et même y passer une nuit à la belle étoile avant de rentrer au petit matin, bien honteusement dans la maison, indisposée que j'étais dans mon sommeil par les cris des renards et de leurs petits que j'avais pour voisins. Un comble pour une renarde !

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Là encore, le panorama est superbe. Des champs de blés et d'avoins dorés font face aux sommets où ça et là, on peut apercevoir quelques reliquats de neiges, les névés.

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Voilà une vraie plante de sorcières comme je les aime. La belladone (Atropa belladonna) a une place de choix dans l'imaginaire collectif et dans les pratiques passées. À la coure des rois italiens, les nobles dames se frottaient les pupilles avec les fruits de belladone pour avoir une regard plus grand. Cependant cette entreprise n'était pas sans risque et plus d'une malheureuse a fini avec les yeux abîmés. C'est une plante extrêmement toxique dont les alcaloïdes entraient dans la composition du célèbre baume des sorcières.

DSC08338Hé puis il y a l'eau et la joie de pouvoir enfiler le maillot de bain pour y piquer une tête. C'est dans l'Ebron que nous avons passé une après midi complète à profiter de la fraîcheur de l'eau et de sa transparence pour y observer les galets blancs sur les quels une multitude de têtards se promènent et broutent tranquillement.

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C'est un cour d'eau resté sauvage du fait qu'il n'est bordé par la route que sur un tiers de son tracé et par seulement quelques hameaux qui se sont construits sur ces berges au fil des années. De se fait on peut y observer facilement des batraciens et même nager avec les poissons.

Retour sur le Centre de Terre Vivante. Il a été dur de quitter ce petit coin de paradis et de se faire à l'idée que je n'y reviendrai qu'en octobre. J'ai hâte de voir l'évolution du milieu, de regarder si les cartes que nous avons élaboré sur DSC07079QGIS correspondent à la réalité du terrain un fois les feuilles tombées et surtout, voir sortir les champignons d'automne. En traditionnel mot de la fin, je ne peux m'empêcher de vous inviter à venir découvrir le Trièves et la multitude activités que l'on peut y pratiquer. Nuits à la belle étoile, baignades sauvages, randonnées botaniques, affûts nocturnes ... c'est l'endroit idéal pour renouer avec la nature. Je tiens aussi à remercier Héléna, Christian, Cathy, Maxime, Morgane, Josselyn, Geniévre, Olivier, Sébastien, Antonin et tout ceux qui m'ont accompagné pendant ce fabuleux séjour.

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mercredi 17 août 2016

Sortie en montagne 14.

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 Petite virée en montagne au Cirque de Saint Même. Nous sommes partis à la recherche de la source du Guiers Vif, une rivière rapide d'eau fraîche qui sépare en partie la Savoie et l'Isère. Nous avons eu la chance de nous y rendre l'an dernier un peu plus tard dans la saison (juste ici). Nous avons pu y découvrir de nouvelles espèces végétales en fleurs et quelques oiseaux colorés grâce au temps pluvieux et à le bruine qui nous entourait.

 

L'érine des Alpes (Erinus alpinus).

Elle porte aussi le joli nom de mandoline des Alpes. On ne l'a rencontre que dans les zones montagneuses de l'ouest et du centre de l'Europe, ce qui en fait une plane endémique. Elle forme de gros buissons gazonnants sur les sols et les roches calcaires. Ressemblant à une primevère, elle appartient cependant aux plantaginacées.

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La grasette des Alpes (Pinguicula alpina).

 C'est une plante carnivore des tourbières alpines (présente aussi dans les zones humides de montagne), dont les feuilles sont couvertes de "glue" et de sucs digestifs sur lesquelles les insectes viennent se piéger puis sont peu à peu digérés. Elle produit une grande fleur blanche unique. Assez rare, elle n'est pas protégée en France.

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La véronique à feuilles d'ortie (Veronica urticifolia).

On la trouve souvent sur les sols calcaires et ombragés, à tendance humide. Plante de montagne, elle pousse entre 1000 et 2000 mètres d'altittude et sa floraison s'étale de juin à août. Ses feuilles ressemblent quelques peu à celles de l'ortie d'où son nom mais n'en on pas les propriétés urticantes. Elle produit des fleurs hermaphrodites.

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L'orchis de Fuchs (Dactylorhiza fuchsii).

Cette orchidée sauvage fleurit très tôt dans l'été et souvent, à la fin du printemps quand les conditions lui permettent. On la reconnaît au labelle de la fleur qui est très trilobé chez cette espèce bien que la facilité qu'ont les orchidées à se croiser ne simplifie que rarement les identifications. Comme la plupart des orchidées et des plantes citées dans cet article, elle aime les sols calcaires. C'est une espèce dite eurosiberienne.

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À la recherche des orchidées de chartreuse.

Nous sommes partis avec un très bon couple d'amis (dont vous pouvez voir les superbes clichés ICI) à la recherche des orchidées de Chartreuse. Nous avons pu voir quelques beaux spécimens comme cette céphalanthère rouge (Cephalanthera rubra) à droite ou cet orcis à deux feuilles (Platanthera biofolia). À savoir, il existe plus du'une soixantaine d'orchidées dans le parc de Chartreuse sans compter les nombreux hybrides.

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La pyrole à feuilles rondes (Pyrola rotundifolia).

C'est une plante rare qui possède un fonctionnement proche de celui des orchidées, à savoir des mycorhizes (association symbiotique entre une plante et des champignons). C'est une plante médicinale qui est très utilisée en Chine malgré sa rareté et pour cause, elle possède des propriétésanti-biotiques importantes contre certains bacilles qui sont dangereux pour l'Homme. Elle est aussi utilisée pour bien d'autres troubles de l'organisme. 

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Les cascades du cirque de Saint Même.

 J'ai déjà eu l'an dernier l'occasion de vous parler un peu des cascades qui traversent le cirque de Saint Même et qui forment le Guiers vif, court d'eau impétueux qui sépare la Savoie et l'Isère et que les contrebandiers avaient plaisirs à traverser pour semer leurs poursuivants. De la grotte on peut en voir jaillir la source dont l'eau n'est qu'à quelques degrés celsius. Elle a parcouru plusieurs kilomètres sous terre avant de voir à nouveau le ciel.

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Le sentier des cascades.

Les quatre cascades majeurs du cirque se sont formées dans des roches urgiennes, c'est à dire une pierre sédimentaire du crétacé. Elles sont très présentes dans le parc et sont réputées pour leur solidité. On les employait dans la construction de maisons. C'est dans ces mêmes roches qu'il y a peu un fossile exceptionnel d'une nouvelle espèce de reptile marin de grande taille a été découvert dans le coeur de la Chartreuse.

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Le mot de la fin.

C'est un plaisir de retourner chaque année dans ce lieu somme toute assez impressionnant observer les oiseaux et découvrir de nouvelles espèces de plantes endémiques, rares et/ou typiques des Alpes et des forêts calcaires de nos montagnes. Pas de soleil en vu mais un épais brouillard proche de nos têtes que l'on nomme en montagne "plafond" et qui je trouve, porte plutôt bien son nom. Pour le prochaine article nous repartirons pour l'Herretang.

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dimanche 15 mai 2016

Sortie en campagne 5.

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Petit week-end en campagne au pied du Mont Ventoux. On voit encore au loin des nappes de neige mais dans les vignes et les champs de lavandes, c'est la pluie qui règne son plein. Entre deux éclaircies, nous avons pu sortir le bout de notre nez et affronter le froid pour photographier les nombreux oiseaux présents.

 

Le geai des chênes (Garrulus glandarius).

 Le geai des chênes est un oiseau bruyant qui s'identifie facilement au régime de ses ailes composé de plumes bleues azures et noires. Il est capable de produire une multitude de sons et de cris d'alertes, il peut même imiter le chant de la buse variable (Buteo buteo). On le trouve dans les forêt de feuillus et mixtes où il peut trouver facilement des fruits et des baies sauvages. Il s'aventure aussi dans les vergers et les jardins des particuliers.

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La gagée des champs (Gagea villosa).

Il ne faut pas la confondre avec sa cousine, la rare gagée jaune (Gagea lutea). On peut la rencontrer jusqu'à la fin avril. On la détermine par la forte pilosité que l'on trouve sur la plante et sa taille (10 à 20 centimètres). C'est dans les collines et les montagnes (jusqu'à 1800 mètres) qu'on l'a rencontre le plus. Elle fait l'objet d'une protection sur l'ensemble du territoire français. La ramasser ou la détruire peut s'accompagner d'une très forte amende.

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Le milieu forestier.

Il est à l'image du climat local : rude. Les arbres et arbustes les plus communs composants la forêt "presque" naturelle sont les cèdres, les chênes, les cornouillers mâles, les prunelliers, les rosiers sauvages et les pins. Les chênes sont des arbres formant une ombre peu dense ce qui permet à plusieurs espèces herbacées de pousser au sol. Cela permet d'admirer des fleurs qui demandent des conditions particulières pour pousser.

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Le cornouiller mâle (Cornus mas).

C'est un arbuste peu rependu en France qui a la particularité de donner des fleurs avant ses feuilles. Petites, elles forment cependant sur l'arbre nu un nuage jaune imposant. Bien que petit, il est résistant et pousse sur les sols calcaires. On l'employait pour ses vertus mellifères, ses fruits riches en vitamines et en sucre, son feuillage qui attire le gibier de chasse-à-coure et ses racines qui ont l'avantage de fixer le sol durablement.

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La mésange à longue queue (Aegithalos caudatus).

Cette toute petite mésange porte bien son nom. Sa longue queue colorée de noir/gris/blanc/rose et son corps rond la rendent facilement identifiable. On peut la voir un peu partout en Eurasie, du moins dans les zones éloignées du Grand Nord. Elle s'observe toujours en bande dans les arbres et les taillis où elle cherche sa nourriture.

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L'anémone trilobée (Anemone hepatica). 

 Elle tient son nom de ses feuilles trilobées rougies qui ont la forme et la couleur d'un foie. Dans la théorie des signatures, on pensait qu'elle soignait l'organe susnommé en raison de leur ressemblance. C'est dans les broussailles et les sous-bois herbeux et calcaires qu'on peut la trouve, jusqu'à 2200 mètres d'altitudes.

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La bergeronette grise (Motacilla alba).

Ce petit oiseau noir et blanc est commun en campagne. Vif, il ne tient pas en place et est toujours à la recherche d'insectes et de vers. On peut l'observer dans les champs dont le sol a été retourné, dans ceux où du fumier a été épandu ou dans ceux qui sont légèrement humides et qui attirent de nombreux invertébrés.

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La passerage drave (Lepidium draba).

On la nomme parfois brocolis sauvage ou pain blanc. C'est un légume sauvage oublié originaire des régions orientales et méditerranéennes. On en consomme les graines comme un condiment piquant, les feuilles en salade et les jeunes pousses/inflorescences crues ou cuites à la vapeur. Les anciens pensaient à tord que cette plante pouvait soigner la rage. De ce fait on l'employait surtout dans les soins vétérinaires populaires.

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La pensée des champs (Viola arvensis).

 La floraison de cette pensée est assez étendue, d'avril à octobre en fonction des régions. Elle aime les sols bien drainés, souvent arides, pierreux et peu hospitaliers. Elle ne craint pas le froid, ni le vent, ni de subir un ensoleillement prolongé. De ce fait on la trouve dans toute l'Europe sur des terres en friches et difficiles.

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Le bruant proyer (Emberiza calandra).

C'est un oiseau petit mais qui a du coffre. Son plumage tacheté et terne lui permet de se dissimuler dans fourrés sans difficultés. On le rencontre dans les plaines et les plateaux où l'agriculture est développée. On le voit souvent sur des postes élevés sur les arbres et les haies d'où il peut chanter et observer les autres oiseaux.

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La sylviculture en milieu semi-montagnard.

La culture des résineux en France est importante. Ces arbres rentre dans une multitude d'usages : bois de chauffe, bois de charpente, planches ... la liste est longue. En France on compte 3 à 4 essences très utilisées : le sapin, l'épicéa, le pin sylvestre et le pin douglas, le plus populaire de tous, venu des États-Unis. 

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La galle en champignon (Andricus dentimitratus).

Cette galle est due à un petit insecte (Andricus dentimitratus) de la famille des Cynipidae comme c'est le cas de la galle de l'églantier (bédégar). La femelle pond ses oeufs dans les glands qui vont produire du tissus plus que nécessaire et souvent, de manière anarchique ce qui donne cette forme de champignon. Les larves vont s'en nourrir puis à maturité, sortir de leur cage dorée en perforant la paroi du gland vidé de sa substance.

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Le prunellier (Prunus spinosa).

Il porte de nombreux noms comme celui d'épine noire, de buisson noire ou de prunellier commun. C'est le prunier sauvage. C'est une espèce pionnière qui s'installe souvent en lisière de bois ou dans les champs laissés à l'abandon. Ses fruits sont instragints, amers et font une délicieuse eau de vie. Petit mais dense et épineux, le prunellier est utilisé pour fabriquer des haies naturelles impénétrables qui font le bonheur des mésanges.

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La chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa).

 Cette chenille venue d'ailleurs pose bien des soucis à la faune, à la flore et aux productions humaines. Ses poils urticants peuvent provoquer des lésions pulmonaires et des oedèmes chez les chiens qui ont la mauvaise idée d'en croquer. Cette espèce affaiblit aussi gravement les arbres sur les quels elle vit et se nourrie.

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Le muscari à grappe (Muscari neglectum).

C'est un des muscaris sauvages les plus communs en France. C'est surtout dans le sud qu'on le rencontre. On le rencontre dans les pelouses sèches, les champs d'herbes rases et les vignes. Il a été introduit depuis peu dans d'autres régions du monde où il semble avoir un caractère envahissant si ce n'est pas invasif.

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Le passé géologique de la région.

On l'oublie parfois mais le sud de la France est riche en fossiles. Au delà de ceux des ammonites et nautiles plutôt communs, on trouve parfois de véritables trésors et le mont Ventoux ni fait pas exception. Fémurs de dinosaures du Jurassique, dents de requins, crânes de crocodiles, oeufs ... la liste est longue.

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L'orchis géant (Himantoglossum robertianum).

Cet orchis a été renommé une multitude de fois depuis son identification. C'est l'une des plus grandes et des plus massives orchidées de France mais aussi, l'une des premières à fleurir. On la rencontre sur le pourtour méditerranéen sur les sols calcaires. Ces dernières années l'orchis géant remonte vers le nord de la France par la vallée du Rhône. Ses graines se disséminent par l'action du vent, on le dit à dissémination anémochore.

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Le chardonneret élégant (Carduelis carduelis).

C'est un petit passereau que l'on peut rencontrer dans presque tous les pays de l'Eurasie. Le mâle se différencie de la femelle par sa tâche rouge qui englobe toute la face est passe derrière les yeux. À la fin de l'été on peut le voir perché sur les sommités fanées chardons et en particulier les cardères pour en manger les graines.

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Le mot de la fin.

Super ballade, super week-end. Nous avons pu voir une grande variété d'oiseaux et même les pister, surprendre un jeune brocard et toucher la neige. Bref, un vrai plaisir. Depuis le paysage locale a du bien changer avec l'arrivée du beau temps mais la pluie et le vent restent très présent, peut être est-ce pour ces deux raisons que le vin du mont Ventoux est si bon et la lavande si parfumée. À venir, une petite sortie dans les marais isérois.

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mercredi 9 décembre 2015

Sortie dans les Calanques 6.

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Sortie estivale dans les Calanques et plus particulièrement celles de La Mounine dont le nom provençale signifie ... minette/vagin (what the fuck !?!). Bon voilà c'est dit, on repassera pour la poésie du nom, en tout cas le lieu n'en manque pas. Cette sortie a été réalisé en exclusivité par mon bien-aimé,de même pour les photos.

 

Une grimpette vertigineuse.

Pour atteindre l'étroite plage de La Mounine (dont le fond rappel ceux des plages caribéennes), il faut passer par le col du Sémaphore. Dieu merci, je n'ai pas fait parti de l'expédition ce jour là sinon je n'aurais jamais réussi à passer par les étroits sentiers qui sont à fleur de roche. Amateurs de vertige ce roc est pour vous.

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La calanque de Callelonge.

Le col se situe sur la calanque du Callelonge dans les célèbres Goudes. On y trouve un petit port, quelques cabanons et surtout, une vaste étendue pierreuse et sauvages où de nombreuses espèces de végétaux typiques de la régions poussent. Quelques rares plages sont accessibles depuis les pentes raides.

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Plus près du ciel.

Pour avoir un panorama à tomber, il est souvent d'usage de monter au sommet de l'Homme Mort, un ensemble de falaises qui surplombe les calanques de Callelongue, de La Mounine et de Marseilleveyre. Son nom n'est pas des plus rassurants et encore moins quand on sait qu'un fantôme rôde dans les alentours.

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La végétation de La Mounine.

La calanque de Mounine est très préservée car c'est une petite calanque qui permet à peu de monde de profiter de la mer, de ce fait les végétaux sont peu cueillis et/ou peu piétinées. On peut ainsi trouver de la soude maritime (Suaeda maritima), de la criste marine (Crithmum maritimum) ou de la scille d'automne (Prospero autumnale).

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L'îlot de La Mouine.

Il porte également le nom d'Estéou de Bocque (littéralement la "gamelle du bouc"). Le lieu était un passage de corsaires et de pirates et c'est pour cette raison que napoléon fît ériger sur les calanques faisant face à l'îlot un poste de garde (sémaphore) ainsi qu'une garnison équipée de canons, de mortiers et d'obusiers.

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Le mot de la fin.

La calanque de La Mounine est une calanque qui est à visiter pour sa végétation préservée et pour la relative tranquillité dont on peut profiter dans les lieux. Les amateurs de pêche sous-marine, de posidonies, d'oursins et de fonds marins azurés mais aussi les marcheurs y trouveront leur bonheur à coup sûr. 

PS : je vous invite à vous rendre dans les commentaires pour lire ceux de Janus qui sont excellents.

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mardi 13 octobre 2015

Sortie en montagne 10.

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 Voici la première partie d'une très longue ballade en montagne. Nous voilà partis pour explorer le Mont Granier, un géant de calcaire qui culmine à plus de 1933 mètres d'alttitude. C'est aussi la plus grande falaise de calcaire d'Europe mais nous y reviendront plus bas. En attendant petite visite de ce mont dont malheureusement nous n'avons pas pu atteindre le sommet. L'an prochain nous aurons à nouveau l'occasion d'en venir à bout.

 

Des conditions de vie difficiles.

 L'étage alpin est rude pour les plantes et les animaux qui s'ytrouvent. Les fortes neiges, les violentes gelées, les froids intenses et les rayons du soleil brûlants sont des plus hostiles. De ce fait les espèces animales et végétales sont souvent plus petites et plus rustiques que les espèces que l'on trouve plus bas en plaine.

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 L'oeillet de Montpellier (Dianthus hyssopifolius subsp. hyssopifolius).

 On le rencontre dans les montagnes jusqu'à 2000 mètres. Il porte le nom de Montpellier comme beaucoup d'autres plantes en raison de l'école botanique de Montpellier qui était au 18ème siècle un centre incontournable pour les naturalistes et botanistes. C'est là que furent identifiées de nombreuses espèces végétales.

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 On le reconnaît facillement à ses pétales très découpés (on dit qu'ils sont laciniés) qui sont au nombre de cinq. Les fleurs solitaires varies blanc au rose. Il est parfois courant dans les forêts d'altitude mais c'est surtout dans les prés secs et montagnards qu'il s'épanouit. On le croise aussi bien dans les Alpes que dans les Pyrénées.

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  Dans certains régions et département il fait l'objet d'importantes réglementations. Ainsi, il est interdit de le cueillir (ou de manière partiel) et de le dégrader en Isère, dans le Jura, dans le Limousin, dans le Lot et dans les Hautes Alpes. On le rencontre dans une vingtaine de départements français dont la Savoie.

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La plante aux milles vertus.

L'achillée millefeuille (Achillea millefolium) est une plante médicinale qui a été très longtemps utilisée pour soigner divers maux en particulier ceux liés au sens. On la beaucoup employée pendant la guerre 14-18 pour soigner les blessées et les femmes en faisait usage pendant les menstrues. Elle porte le nom de saigne-nez ou sourcils de Vénus en partie pour ces utilisations. Même néandertal en faisait usage dans sa pharmacopée si c'est pour dire.

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À couper le souffle !

 Les sentiers sont tortueux voire parfois à bord de falaise ce qui n'est pas facile pour la trouillarde que je suis. Malgré les très beaux paysages, la vue sur le Mont Blanc, les villes en contre bas comme Chapareillan et sur les pâturages de l'Alpette, le vertige que j'ai pour la toute premier fois (faut bien un début à tout) me tort l'estomac.

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 Il faut user des bras et des jambes pour escalader les blocs de calcaires qui permettent d'avoir une vue incomparable sur les alentours mais aussi pour atteindre certains points de la randonnée. Sac à dos, bonnes chaussures (pas comme moi), shorts et bouteilles d'eau sont indispensable pour ce mini périple de 9 heures.

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 J'ai pas pu résister à vous mettre une photo du passage le plus compliqué (si on peut appeler ça compliqué ...) du Granier. Elle ne paye pas de mine mais derrière on trouve plus de 100 mètres de vide, ce qui ne va pas pour me rassurer. Du coup l'exploration du Mont a prit fin ici mais ce n'est que partie remise !

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Les vaches alpines.

 Nous ne sommes pas en Inde mais sur le plateau qui se trouve au pied du Granier et qui le sépare du mont Pinet (appelé aussi le Truc ... en Savoie ils ont de l'imagination hé hé). L'herbe grasse sert de nourritures aux nombreuses vaches dont le lait sert à la fabrication de fromages de prestige comme le St Marcelin.

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L'euphorbe des bois (Euphorbia amygdaloides).

 C'ets une grande vivace qui aime les zones fraîches, un peu humides et bien ombragées. Vénéneuse elle présente parfois un danger pour les animaux qui en consomme sèche dans le fourrage. Le latex qui s'en échappe est irritant en particulier pour les muqueuses et les yeux.EN voie interne il cause de nombreux dégâts.

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L'ail à tête ronde (Allium sphaerocephalon).

 C'est un ail sauvage devenu cultivé qui n'est pas très courant à l'état sauvage. On le reconnaît souvent à ses fleurs qui forment une ombelle sphérique et dense. D'oridinaire elle est plus féodée aux prés rocailleux du Sud de l'Europe même si on le trouve sur l'ensemble du territoire hormis dans le Nord et le Pays Basque.

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Un crapaud dans le thé.

 La crapaudine des Alpes est aussi appelée thé des Alpes (Sideritis hyssopifolia). C'est une plante à l'usage ancestrale très prisée dans la région. Peu abondante et même protégée, sa cueillette est très réglementée. Cet arbrisseau est mélifère ce qu iexplique les nombreuses espèces d'insectes visitant ses fleurs pâles.

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Les incroyable déguisements des syrphes.

Cette famille regroupe un grand nombre d'insectes que nous avons souvent l'habitude d'appeler "fausses guêpes". Ce sont des insectes pacifiques et butnineurs dont les larves dévorent les pucerons. Celui de gauche est un Syrphus ribesii femelle et celui de droite est la volucelle transparente (Volucella pellucens).

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La turquoise de Sarcille (Adscita statice).

 C'est une cousine des Zygènes (dont je vous présenterai un de ces quatre quelques exemplaires des Calanques). Sa chenille adore le rumex et cause parfois des dégâts sur les plans d'oseille (qui est un rumex). Néanmoins dur d'être sûr de l'espèce, un examen complet des parties géntiales permettrait d'être sûr.

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 La gentiane jaune (Gentiane lutea).

 Avec quelques autres végétaux elle figure parmi les emblèmes des montagnes françaises. C'est une plante à la durée de vie prolongée (plus de 70 ans) qui met pas moins d'une dizaine d'anéne pour fleurir. Sa racine sert à l'élaboration de divers alcools, on la ramasse avec une fourche nommée Diable. Sa récolte est très réglementées.

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Le lis martagon (Lilium martagon).

 On continue encore avec les emblèmes avec le lis martagon. Devenu presque abondant dans sur certaines montagnes, il a bien faillit disparaître avec le pâturage intensif et la cueillette déraisonnée de certains. Son lien avec la vierge martyr Sainte Catherine (on le nomme parfois lis de Catherine) y serait pour quelque chose.

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 Une véronique pas comme les autres.

 La véronique en épis (Véronica spicata) est une véronique atypique par sa floraison abondante, ses poils, la petite taille de ses fleurs et sa forme d'épi. Elle est parfois confondue avec la véronique d'Allioni (Veronica allionii) dont elle se différencie par ses feuilles et son port. Elle aime les terrains calcaires ensoleillés.

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Aconit tue-loup (Aconitum lycoctonum subsp. vulparia).

 Lycanthropes sensibles s'abstenir car voici une tueuse de loups ! Tout comme la parisette à quatre feuilles, elle aurait était utilisée en raison de sa forte toxicité pour empoisonner les loups et les renards. Dans les comtes et légendes on attribue à cette plante le pouvoir de mettre à mort les loups-garous et autres créatures.

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 Les plantes acrobates.

 Arbres, fleurs ... nombreuses sont les plantes à jouer les acrobates à fleur de roche. Souvent elles se contente de peut de substrat. Les plus petites se contentent d'une simple corniche dans la paroi, les plus grandes et imposantes ont de puissantes racines qui perforent la roche pour aller chercher les nutriments et l'eau.

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Foisonnement de vie.

 Il y a bien des espèces à voir, ne serait-ce que les digitales à grandes fleurs (Digitalis grandiflora) qui se dressent ça et là dans le paysage. Il y a beaucoup d'animaux, il est facile d'entendre le chant des marmottes, beaucoup moins de les voir. Les chocards tournent en larges nuées et les têtards barbotent.

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 Scabieuses et autres caprifoliacées.

 Les scabieuses (Lomelosia) sont difficiles à identifier, rien que dans le secteur on compte 4 à 6 espèces très semblables. On les reconnaît à leur inflorescence hémisphérique, à leurs fleurs plus développées sur les extrémités et leur couleur. Nombreuses sont les espèces d'insectes à convoiter leur nectar et leur pollen.

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Le col de l'Alpette.

 C'est un alpage magnifique et verdoyant à toute saison hormis quand il se couvre de neige. Il devient alors un désert blanc et silencieux. Son nom a été repris par de nombreux établissements montagnards pour le gîte et/ou le couvert. Il y est parfois possible de voir des animaux en particulier des chamois au printemps.

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L'étage alpin.

 Nous quittons l'étage subalpin et l'atge alpin à la végétation peu dense pour redescendre à l'étage alpin. La forêt y reprend ses droits et des arbres hauts et touffus font leur apparition. C'est là qu'en journée les animaux et en particulier les oiseaux et la macro faune s'abritent. C'est aussi dans ce milieu que l'on trouve on groseillier sauvage, le groseillier des rochers (Ribes patraeum) que l'on trouve dans les bois rocheux et frais des montagnes.

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Une histoire de falaises.

 Ce sont les immenses falaises de calcaires qui caractérise le Granier et le rendent si impressionnant. C'est un véritable gruyère parcouru par presque 70 km de galeries et de cavernes souterraines. Celles-ci l'ont fragilisées au point qu'au 13ème siècle tout une partie de la montagne s'éffondre. On compte alors plus de 2000 mort et 5 communes sont entièrement ensevelies. Reste alors une falaise de 900 mètres de hauteur.

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Vue sur le Mont Blanc.

 Ce qui fait peut être la renommée du lieu, c'est la vue incroyable que l'on peut avoir sur le Mont Blanc les jours de beau temps. Sur la photo en bas à droite on le voit se dessine à côté des deux imposants blocs de roches qui se dressent dans l'Alpette. Souvent comme ce jour là un voile de nuages le couvre légèrement.

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Le mot de la fin.

 Voilà le premier volet de cette randonnée en Chartreuse. Elle figure parmi mes préférées car les paysages sont incroyables, le frisson garantit et les espèces végétales rares et colorées poussent souvent en bord de chemin. Reste désormais à vous présenter le Pinet avec sa vue sur les vallées et ses orchidées tardives.

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lundi 28 septembre 2015

Sortie en montagne 9.

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 Virée au Cirque de St Même. Cette année nous nous sommes prit d'affection pour la Savoie et nous y avons réalisés de nombreuses randonnées. Voici l'une d'elle ... enfin presque ... en effet le Cirque est à la fois en Savoie et en Isère. En son coeur se trouve la source du Guiers Vif qui départage les deux départements.

Une hêtraie enchantée.

Pour parvenir à la source, il faut grimper. Une des spécificité du cite est que rapidement, on passe d'un étage montagnard à l'autre et que l'on peut voir la flore changer, en particulier les arbres. En effet les nombreux hêtres (Fagus sylvatica) cèdent vite la place aux conifères qui s'accomodent mieux du relief escarpé.

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La saxifrage des ruisseaux (Saxifraga aizoides).

C'est une plante assez rare qui fleurit de de juin à septembre entre 600 et 3100 mètres d'altitude. Elle pousse en touffe dans les zones pierreuses et les éboulis, toujours à proximité de l'eau : sources, courts d'eau ou suintements à fleur de roche. Elle a de très nombreux noms comme celui de saxifrage faux aizon.  

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Les fruits des conifères.

 Tiens en parlant de conifères, savez-vous faire la différence entre tous leurs fruits ? Les cônes du sapin blanc (Abies alba) par exemple pointent vers le ciel alors que ceux de l'épicéa commun (Picea abies) pendent vers le bas. Pour s'en souvenir on dira que "ceux du sapin pinent (montent), ceux de l'épicéa pissent (descendent)".

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À défaut de faire le tour du monde, n'en faisons que la moitié.

La raiponce hémisphérique (Phyteuma hemisphaericum) aime les milieux montagnards riches en silice. On la trouve dans les prés comme dans les moraines entre 1300 et 3000 mètres d'altitude.  Sa racine comme celle de la plupart des raiponces serait comestible et aurait un goût mêlant les saveurs de la châtaigne et du panais.

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 La grande astrance (Astrantia major).

 C'est une espèce qui dans certaines régions est protégée. Elle est typique des montagnes et aime se trouver dans les forêt de hêtres et de sapins humides et fraîches. Très rustique elle peut résister à des températures descendant au dessous de - 25°C. De grande taille elle fait parfois plus d'un mètre de haut.

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Les vampires des bois.

 Enfin presque, il s'agît plutôt de mélampyres, des plantes à fleurs semi-parasites qui se nourrissent en partie d'autres plantes dans un premier temps puis de leurs congènéres, d'où leur nom sympahtique. Au Cirque de St Même on peut rencontrer le mélampyre des forêts (Melampyrum sylvaticum) qui est à gauche de la photo  (tout de jaune vêtu) et le mélapyre des bois (Melampyrum nemorosum) qui lui est sur la photo de droite (en jaune et violet).

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Le maître des haies.

Il est plus fréquent de croiser le troène commun (Ligustrum vulgare) dans les villes et les parcs qu'en pleine nature. Pourtant c'est une plante indigène de notre territoire qui s'est retrouvé dans nos jardins pour sa rusticité. Voilà plusieurs siècle que l'Homme cultive cet arbrisseau qu'il nomme parfois bois puant ou frésillon.

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 L'étrange monotrope sucepin (Monotropa hypopitys).

Voilà une bien étrange plante. Le monotrope sucepin est cousin des bruyères et tire sa nourriture des échanges qu'il entretient avec des champignons dans le sol. Comme il ne fait pas de photosynthèse il n'a pas besoin de chlorophylle et est donc de couleur blanche et non verte. Il peut vivre dans les zones de faible lumière.

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 Le bal des orchidées.

 Voici petite série d'orchidées encore en fleurs au moment de la sortie (juillet). Ce n'est pas courant pour certaines de ces espèces mais cela arrive quand elles sont dans des milieux protégés de la chaleur comme c'est le cas. Ici il s'agît de l'orchis moucheron (Gymnadenia conopsea) qui peut dépasser 80 centimètres.

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 L'helléborine rouge (Epipactis atrorubens).

 Cette orchidée est commune sur les sols et éboulis calcaires et ses fleurs sentent bon la vanille. C'est la plus identifiable des épipactis en raison de sa couleur rouge-pourpre. Elle est protégée dans de nombreuses régions. De toute manière quand on est face à une orchidée, le plus sage est de ne pas la ramasser.

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Un nid sans oeufs ni oisillons.

La néottie nid d'oiseau (Neottia nidus-avis) est une orchidée qui fonctionne comme le sucepin (mychorization) ce qui fait qu'elle a besoin de très peu de ressources. Elle a la particularité d'avoir un réseau racinaire très dense et qui s'enroule sur lui même, formant ainsi une sorte de nid avec un creux douillet en son centre. 

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L'orchis de Fuchs (Dactylorhiza fuchsii).

 Cette orchidée fait partie de la famille des dactylorhizas qui sont assez difficiles à différencier les unes des autres (c'est même parfois un gros casse-tête même pour les plus agairis). Pour la différencier de de la Dactylorhiza maculata il faut regarder le biotope (plus forestier pour fuchsii) et le label (moins découpé chez maculata).

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Y a pas à dire, ça gère la fougère !

Les fougères comptent parmi les plus vieux végétaux de notre monde. Leur "famille" se nomme Flicophyta. Elles n'ont pas de fleurs et produisent pour se reproduire des spores ou se divisent. Certains au Moyen Âge partaient à la recherche de fleurs de fougère, en posséder une rendrait son propriétaire invisible.    

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Le lis martagon (Lilium martagon).

 Ce très beau lis atteint un mètre de haut. Il est dans de nombreux endroits le symbole de la culture montagnarde, en particulier dans les Alpes. Protégé il est possible néanmoins de le récolter sous certaines conditions spécifiques aux territoires sur le quel il se trouve. Il aime les endroits frais, ombragés et humides.

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 La vulnéraire des Chartreux (Hypericum nummularium)

 Son vrai nom est millepertuis à sous. Chez nous c'estune plante de grande importance, on en tire une liqueur typique d'ici, la Vulnéraire. Elle est endémique des Alpes et des Pyrénées, entre 500 et 2600 mètres d'altitude, souvent dans des endroits pas simple d'accés. Protégée, sa récolte est aussi très réglementée.

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La dryade à huit pétales (Dryas octopetala).

 J'aime le surnom de chênette qu'on lui prête parfois, cela vient de son  nom de dryade. Les dryades dans la mythologie grecs sont des nymphes mortelles associées en particulier aux chênes et plus généralement aux arbres et à la forêt. Timides, certaines protégeaient les pommes d'or du jardin des Hespérides. 

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 Les sentiers de montagne.

 Les sentiers de montagne ne sont pas à confondre avec ceux des campagnes ou des forêts de basse et de moyenne attitude. Ils sont serpentueux, raides et escarpés, parfois instables et/où à fleur de falaise (j'en parlerai dans un prochain épisode) ... bref ils sont redoutables. Il faut un bon équipement pour les aborder.

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Des plantes carnivores dans les Alpes.

 La grassette des Alpes (Pinguicula alpina L.) est une petit plante carnivore à fleurs blanches. On la trouve dans les montagnes eurasiennes en haute altitude, jusqu'à 2600 mètres. Ses feuilles sont couvertes de poils gluants. Quand les insectes s'y posent, ils s'engluent et les feuilles se referment sur eux puis les digèrent.

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Une terrible vénéneuse.

 L'ancolie commune (Aquilegia vulgaris) est considérée comme la plante la plus toxique d'Europe. Cela n'a pas empêché qu'elle soit très appréciée dans les jardins et dans les filtres d'amours, ce qui fut fatal à certains amants et maîtresses. Plante magique, les femmes mâchouillaient ses graines pour se rendre plus attirantes. 

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La délicieuse mauve musquée (Malva moschata, L.).

Ses feuilles sont caractéristiques de l'espèce. On la rencontre partout en France et elle n'est pas difficile dans le choix de son emplacement. Souvent cultivée, elle s'échappe facilement des jardins pour retourner dans la nature. Les fleurs de mauves sont encore utilisées pour traiter et soigner les problèmes de gorge.

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Plantes à découvrir.

 Il reste bien des plantes à découvrir au Cirque de Saint Même comme la parisette à quatre feuilles (Paris quadrifolia) à droite et qui est aussi nommée raisin du renard. L'endroit à l'avantage de regorger de vie et de trésors botaniques jusqu'à tard dans la saison avant que la neige et le gel ne s'invitent pour quelques mois.

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 La magie de l'eau.

 Le Cirque de Saint Même est assez fabuleux pour les nombreuses cascades et cours d'eau entourés par des falaises de calacaire de plus de 500 mètres de haut. Issus d'un source, ils deviendront le Guiers Vif et plus généralement le Guiers. On compte quatre cascades principales, ici celle nommée la Pisse du Guiers.

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La Cascade des Sources.

 Bon ce n'est pas elle en photo ici (Grande cascade) mais on presque la deviner. Elle sort d'une grotte creusée par l'eaud ans la roche, grotte dont on peut s'approcher de très prés d'ailleurs. L'endroit est assez sympathique car sur les rochers les moins érodées se sont installés de nombreux végétaux formant des îles.

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 La Grande Cascade.

 Elle porte bien son nom même si elle n'est pas la plus grande. Elle est très impressionnante surtout quand on regarde la taille du personnage de la photo en bas à droite. Il est possible de mettre les pieds dans l'eau glacée et d'aller sous la chute. Là aussi se trouve une riche végétation à la quelle on ne s'attendrait pas.

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 En parlant de mettre les pieds dans l'eau ...

Voici un aperçu de notre équipement pendant que nous nous glacions joyeusement les oreilles dans l'eau à la recherche de petites bêtes. Depuis j'ai écouté la voix de la raison (celle de mon bien-aimé) et je me suis achetée des chaussures de randonnées, surtout après les quelques frayeurs que j'ai pu avoir au Mont Granier.

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Petits monstres.

 Les voilà les bêtes. Elles ne sont pas méchantes et font le bonheur du cingle plongeur  (Cinclus cinclus) qui sont faciles à observer. Cet oiseau unique en son genre plonge sous l'eau pour trouver sa nourriture. Son plumage l'isole du froid, de l'eau et lui donne une réserve d'air pendant qu'il se trouve dans les torrents pour respirer.

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 Démonstration de témérité.

 Les pieds dans l'eau ... j'avoue nous n'y sommes pas restés longtemps, moi en particulier (maximum une dizaine de minutes). Il faut savoir que cette eau sort du ventre de la terre et est restée très longtemps loin du soleil et de ses rayons chauds. De ce fait elle dépasse rarement les 5° degrés ce qui fait peu pour se baigner.

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 La Cascade Isolée.

 Pour le coup j'aurais pu me passer de titre. Cette cascade a formé au court des années et même des siècles si ce n'estd'un ou deux millénaire une cuvette où ça et là se trouvent d'imposants blocs de roches qui ont survécu à la furie des eaux. Il est possible d'admirer le spectacle depuis leur sommet après une rapide escalade. 

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Courageux ?

 Les photos ne le montrent pas vraiment mais l'endroit est très beau car entouré de forêt et de roches qui sont à nues. Un énorme hêtre surmonte le tout et couvre de ses feuillages la petite étendue d'eau limpide et peu profonde visitée par les oiseaux. Reste la question du froid, qui osera s'y plonger ? Le Chat s'y est risqué les pattes.

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 Le mot de la fin.

 Voici un aperçu de la "collections de randonnées de l'été". Il y a fort à parier que nous seront bientôt de retour au Cirque, et si ce n'est pas cet automne ça sera alors au printemps. Néanmoins je me vois mal résister à l'envie d'aller voir les feuilles dorées tomber et être emportées par les eaux turbulentes du Guiers Vifs.

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lundi 7 septembre 2015

Sortie en montagne 8.

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Il fait un temps magnifique, c'est l'occasion de commencer notre série de randonnées de l'été. Voici la première réalisée au Charman Som. Facile pour tous les niveaux et les enfants, on peut accéder au pied du sommet en voiture après avoir parcouru la route étroite qui y mène, entre forêts de connifères et alpages.

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 Pour se faire je me suis munie d'un nouvel ouvrage sur les plantes : "400 èspèces, fleurs des Alpes" aux éditions ULMER, le "Flora Alpina" de mon bien aimé faisant le reste. J'ai pu ainsi identifier l'alchémille des Alpes (Alchemilla alpina). Les gouttes de rosée formées sur les feuilles des alchémilles (toutes espèces confondues) ont été utilisées au Moyen Âge par les alchimistes (d'où son nom) pour tenter de transformer le métal en or, de soigner les maladies incurables et de prolonger le vie humaine ... bref créer la pierre philosophale.
Voilà une petite histoire que je trouve assez sympa pour débuter.

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 Lagrandegentiane est aussi nommée gentiane jaune (Gentiana lutea).Dans les montagnes elle a longtemps été une plante capitale et aujourd'hui encore elle est rattachée au patrimoine et à la culture montagnarde. Pour rester dans le domaine des légendes, la plante était réputée pour être miraculeuse (on pensait qu'elle soignait la peste) et avoir des vertus magiques. C'est peut être pour cela que la fourche qui était utilisée pour récolter sa racine se nommait "Diable" (celle-ci pèse plus de 13 kilos). Pour rappel c'est une plante protégée.

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 Les saxifrages sont surprenantes, elles peuvent en fonction de l'espèce avoir des feuillages très singuliers pouvant parfois tromper le botaniste amateur. Cette saxifrage paniculée (Saxifraga paniculata) une fois fanée pourrait être confondue avec une joubarbe. Sesfeuilelsétrangessont en réalité une adaptations aux conditions rudes imposées par la montagne. Petites et épaisses, elles permettent à la plante de faire des réserves d'eau, de garder ses calories, de résister au froid, au gel et au vent. Les romains l'appréciaient dans leur cuisine.

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 Le vératre blanc (Veratrum album) est parfois confondu, quand il n'est pas en fleurs, avec la gentiane jaune (qui se récolte avant floraison) ce qui peut être dramatique, le vératre étant très toxique. Pour les différencier il faut se souvenir que les feuilles de la grande gentiane sont opposéesalorsque celles du vératre blanc (ou de son cousin le vératre vert) sont alternes. C'est simple mais efficace pour éviter de s'empoisonner pour de bon.

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L'ail des cerfs (Allium victorialis) possèdent de nombreux noms en fonction de la montagne où on le rencontre. On peut ainsi l'appeler l'ail de la Sainte Victoire, l'ail victorial ou l'ail serpentine. On le pensait autrefois magique en raison de ses bulbes qui s'entre-croisent comme les maillons d'une côte de maille. Il protégerait celui qui le porte dans un conflit ou sur le champ de bataille. Bien que non protégé il est plutôt rare ou du moins peu commun.

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 Pour parler un peu du Charman Som il faut savoir que c'est un sommet isèrois qui culmine à  1 867 mètres d'altitude. Il fait partis du parc Naturel de Chartreuse et d'une zone Natura 2000. De ce fait la cueillette des plantes y est strictement interdite. Riches en prairies herbeuses, ce mont est pâturé depuis le Moyen Âge. Le pâturage exercé remplace celui d'animaux disparus ou peu présents, ce qui permet de conserver la flore montagnarde.

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 L'orchis grenouille (Dactylorhiza viridis) est une orchidée peu commune ayant pour statut les initiales "NT" que l'on traduit par "quasi menacé". Presque toutes les régions l'ont inscrites sur leur liste des plantes protégées hormis la région Rhône-Alpes où elle est pourtant présente dans de nombreuses réserves, nous sommes mauvais élève. Elle ne peut être détenue qu'avec un permis (Annexe B de Washington). Ici elles sont fanées.

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 La nigritelle noire ( Nigritella nigra subsp. rhellicani) comme l'achémille des Alpes possède de nombreux noms mais celui que je préfère est celui d'orchis vanille qui rappel au combien le parfum de cette orchidée est puissant et délicat. Elle aussi figure sur la liste des orchidées protégées et sur lesquelles il faut faire de la sensibilisation. En effet on croise encore trop souvent des promeneurs arborant de gros bouquets de cette espèce montagnarde.

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 L'orchis globuleux (Traunsteinera globosa) tient son nom de la forme sphérique que donnent ses fleurs collées les unes aux autres. C'est une stratégie bien étudiée. Plus les fleurs sont nombreuses et proches, plus il aura de chance que les insectes pollinisateurs restent longtemps sur la plante, collent à leur corps du pollen et fécondent d'autres fleurs. Plus commune que les autres orchidées elle est peu ou pas protégée ce qui est bien dommage.

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 Pour continuer avec les orchidées d'été, en voici une sur ça fin, la spiranthe d'été (Spiranthes aestivalis). C'est une orchidée en très forte régression dont très peu de stations sont connues en Isère. Considérée comme espèce vulnérable voire en danger pour certains, elle est protégée à l'échelle nationale. Elle a disparue en Belgique depuis 1981 et dans le nord de la France elle est en voie de disparition (moins de 20 stations recensées). 

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 La driade à huit pétales (Dryas octopetala) appartient à la famille des rosacées comme le rosier ou le prunier. Rare, elle se distingue par les poils présents sur ses feuilles, en particulier en dessous qui forment un duvet, et qui empêche à l'eau qu'elle contient de s'évaporer, comme les poils des animaux. On l'appel parfois thé des alpes à tort, ce nom revenant à Sideritis hyssopifolia rencontré quelques jours plus tards sur un autre sommet.

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 Les anémones appartiennent à la famille des renonculacées. Les formes alpines pour se prémunir du froid sont souvent mais pas toujours couvertes de duvet sur les tiges, les feuilles et le calice. En graines elles sont toutes semblables en particulier les espèces élevées. Pour celle-ci j'héiste entre quandidates : l'anémone des alpes (Pulsatilla alpina), l'anémone pulsatille (Anemone pulsatilla L) et l'anémone des montanges ( Pulsatilla montana).

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Deux plantes qui s'invitent parfois dans les jardineries si bien qu'on en oublierait leur caractère montagnard.
1 et 2 : L'aster des alpes (ster alpinus) est assez commune et parfois nommée reine marguerite des Alpes.
3 et 4 : La gentiane acaule (Gentiana acaulis) se différencie de la gentiane de gentiane de Koch (Gentiana
kochiana
) par le fait qu'elle est calcicole (aime les sols calcaires) contrairement à celle de Koch.

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 Le polygala commun (Polygala vulgaris) comporte plusieurs sous-espèces. Très commun et vivace, on le trouve jusqu'à 2400mètres d'altitude. Ila besoin de pleine lumière pour fleurir. Polymorphe il peut être rose, pâle ou plus rarement blanc. Les espèces proches avec qui il peut être confondues sont le polygale du calcaire (Polygala calcarea), le polygale amer (Polygala amarelia) et le Polygale à feuilles de serpolet (Polygala serpylifolia).

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La zone Natura 2000 du Charman Som comme toutes les zones Natura 2000 est une réserve protégée mais accessible aux promeneurq. Pour reprendre les mots du ministère de l'écologie (ICI) : "Le réseau Natura 2000 est un ensemble de sites naturels européens, terrestres et marins, identifiés pour la rareté ou la fragilité des espèces sauvages, animales ou végétales, et de leurs habitats. Natura 2000 concilie préservation de la nature et préoccupations socio-économiques. En France, le réseau Natura 2000 comprend 1758 sites."

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 Le rhododendro ferrugineux, appelé aussi laurier-rose des Alpes (Rhododendron ferrugineum) se trouve aussi désormais dans nos jardins bien qu'il soit montagnard. Il résiste à des froids  élevés s'il se trouve couvert par la neige,sinonilpeut s'accomoder de température situées entre -15 et -20°C. Très toxique voire mortel (bois, fleurs, feuilles, fruits etc), ses baies font le régale des oiseaux qui les ressèment sur les coteaux escarpés.

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 C'est en montagne que l'on peut encore croiser une multitude d'insectes sans avoir à les chercher. Papillons, scarabées, guêpes, abeilles et mouches savent profiter à l'étage alpin des fleurs qui ont très souvent une floraison courte. Certaines espèces sont communes, d'autres bien moins et sont propres à cette zone.

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Certaines plantes pour s'habiter de variations de climat brutales en montagne comme le froid extrême, les grosses chaleurs, l'absence d'eau, la neige, les vents violents, le gel ou encore les UV bien plus nombreux en altitudes n'ontpas développées de stratégie précise. Elles poussent alors dans les rochers pour se protéger.

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 Autrefois une grande partie de la montagne étaient couverte des forêts. Les arbres ont été coupés pour transformer le Charman Som en alpage pour les troupeaux. D'abords propriété de l'abbaye de Bonnevaux, il devient celle des pères chartreux qui mènenet ces grands travaux. Par la suite le pâturage devient national.

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Sans vient alors la seconde guerre mondiale, le sommet est alors confié à ce que nous nommons actuellement l'ONF. Pendant la seconde guerre mondiale des camps de jeunesse ("Jeunesse et Montagnes" puis "Chantiers de la jeunesse française") sont implantés avec l'aide de Vichy mais ferront acte de résistance.

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 La grande astrance (Astrantia major) est une plante que l'on ne croise que dans les montagnes calcaires. Très rustique elle résiste à des températures frôlant les -30 °C. C'est une vivace qui aime les sols de préférence riches et frais, ce qui explique pourquoi nous en avons trouvé beaucoup sur le replat du sommet. En effet l'eau de pluie n'en ruisselle pas et peu stagner, rendant le sol lègèrement humide et accélérant la décomposition de matière.

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 La valériane à feuilles rondes (Valeriana rotundifolia) est présente dans les 6 départements des Alpes les plus au sud-est et sur l'ensemble de la Corse. Elle aime les éboulis de préférence calcaires (et argileux comme dit sur Tela botanica). Même si elle est très peu commune elle fait l'objet d'aucune réglementation.

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 L'aconit tue-loup (Aconitum lycoctonum subsp. vulparia) est une des plantes les plus toxiques d'Europe (le plus vénéneuse étant l'ancolie commune). On l'utilisait autrefois pour empoisonner les animaux perçus comme indésirables comme les loutres, les loups ou encore les renards. C'est de la qu'elle tient son nom funeste.

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 Les prairies alpines sont des milieux fragiles qu'il faut préserver. Ce sont parmi les derniers sanctuaires de nature un peu prés préservés. Au court de notre randonnée nous avons trouvé de nombreux déchets (que nous avons pris dans nos sacs), des plantes arrachées et/ou piétinés parce que les gens marchaient en dehors des sentiers ou voulaient faire de jolis bouquets qui finissent par être abandonnés. S'il vous plaît, préservez nos montagnes.

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 Le lis martagon (Lilium martagon) a bien faillit dispraître pour les mêmes raisons que le sabbot de Vénus. Emblême des Alpes, sa beauté a attiré la convoitise des hommes qui l'offrait à leur bien-aimée ou desbergères qui en confectionnait de gros bouquets pour les maisons. Il aime aussi bien les bois que les près.

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 On le croise rarement en plainemaisfacilement en montagne jusqu'à 2800 mètres d'altitude. Il est protégé sur tout le territoire français mais aussi en Suisse. Il aime les sols riches en humus, argileux, exposés à la lumière et au climat continental dans les zones assez froides. Il est surtout présent dans le Sud et l'Est.

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 Le trolle d'Europe (Trollius europaeus) n'est pas un petit gnome propre à notre continent mais une plante à fleur alpine plutôt rare. Seuls les gros bourdons on la force nécessaire pour passer à travers ses pétales (qui lui donne l'apparence de n'avoir pas encore fleurit) pour accéder au pollen. Il est parasité par une petite mouche qui y pond ses larves. Celles-ci se nourrissent des graines de la plante l'empêchant de se reproduire.

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 La vache Tarentaise nommée aussi Tarine est ma vache adorée. Typique des montagnes cette espèce rustique s'aclimate bien aux conditions difficiles avec sa petite taille et ses sabots robustes. C'est une très bonne laitière qui donne un lait de bonne qualité en abondance. pour les fromages. Sa viande est aussi assez bonne.

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 Pour finir cette journée de randonnée, détente au bords du lac de Charavine (nommé aussi Paladru) en très bonne compagnie. Au son des instruments et des voix nous nous laissons bercés par l'eau et gardons la tête dans les nuages comme nous l'avions plus tôt, là bas, quelque part en Chartreuse à plus de 1 867mètres.

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