lundi 5 août 2019

La Savoie à travers champs.

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Un mois au pied des montagnes

Ce n'est pas moi pour le coup qui suis partie, mais mon bien-aimé pour un mois de formation aux techniques de culture et de transformation des petits fruits en wwoofing. Face au Mont Blanc, nous avons pu le temps de deux week-ends découvrir la faune et la flore savoyardes, nous émerveiller des oiseaux et en particulier des rapaces, ramasser quelques belles sauvages et nous initier aux espèces des milieux humides. Bref, de belles découvertes et de nouvelles coches pour les amoureux de la nature que nous sommes.

À notre tableau de chasse le pic mar (Dendrocoptes medius), à la calotte rouge et aux cris nasillards. Pas bien gros (50 à 80 gr), il est que modérément montagnard et se plaît avant tout en plaine et les vieilles forêts de feuillus qui n'exédent pas 700 mètres d'altitude, où il peut nicher dans les troncs de bois tendre ou fragilisés par le temps.

DSC00019Ils sont revenus ! Après un long périple, les milans noirs (Milvus migrans) sont à nouveau en France. Ils ont quitté l'Afrique pour venir nicher chez nous. Ces oiseaux nécrophages se nourrissent la plupart du temps de poissons morts, ceux-ci représentant jusqu'à 70 % de leur régime alimentaire. Il n'est pas rare non plus de les voir suivre les moissonneuses dans les champs, cherchant les débris des micro-mammifères (souris, campagnoles etc.) pris dans les mécanimses de la machinerie. Lors de notre séjour nous avons pu voir deux individus prédater en pleine journée une chauve-souris, fait relativement rare pour être signalé bien que l'espèce soit partiellement prédatrice.

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C'est le temps des amours en ce mois de mars pour la sitelle torchepot (Sitta  europaea). Ça chante et ça s'accouple à tout va. Celle-ci s'évertue à chercher de quoi se contenter dans le creux d'une vieille branche morte d'un érable, la belle étant insectivore pendant le printemps et l'été. Son nom de torchepot est bien trouvé, car l'oiseau a pour particularité, entre autre, de confectionner à l'aide de boue et de salive de quoi rétrécir l'entrée des cavités dans lesquelles il s'installe quand ces dernières sont trop grandes pour lui et sa couvée. C'est aussi le seul volatile de nos contrés à descendre les arbres la tête la première grâce à ses pattes équipées de doigts longs et puissants.

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Outre des oiseaux, on croise aussi des castors d'Europe (Castor fiber). La proximité du Rhône n'y est pas pour rien. Ici il s'est installé dans un lac proche de l'exploitation et relié au fleuve par un petit court d'eau qui n'est que rarement à sec, permettant de nombreuses connections entre ces différents milieux humides.

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En campagne, il n'y a pas un jour sans surprise. S'il on est habitué à croiser des poules et des canards en liberté, on l'est beaucoup moins pour les cochons et pour cause, ceux-ci se sont échappés d'un élevage tout proche et batifolent gaîment dans un beau champ de bel qui, semble-t-il, sera peu productif cette année vu le labourage subi. Il faudra un après-midi complet pour que tout le monde retourne dans son chez soi.

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Pas de moineaux cisalpins ou friquets mais de bons vieux moineaux domestiques (Passer domesticus) dans la coure de la ferme. Nous en sommes pas pour autant déçus, l'espèce étant fascinante. Perçu comme commun, le moineau disparaît de nos villes et de nos campagnes à une vitesse hallucinante. Pour le moment, nulle réponse semble se dessiner sur ce déclin. La diminution drastique des insectes semblent être une piste plausible.

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Quelles sont belles ! Un couple de chevêches d'Athéna (Athene noctua Scopoli) s'est installé dans le gros creux d'un vieille arbre, juste en face de l'une des fenêtres de la maison. Quel bonheur de les observer mais aussi quelle surprise, d'autant plus quand on sait qu'une chouette hulotte (Strix aluco) occupe le grenier de la grange. L'ayant vue la toute première, nous pensions ne pas voir d'autre rapaces, ceux-ci ayant du mal à s'entendre en règle général.

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Force est de constater que nous nous trompions, Dans le trou, un adulte montre le haut de sa tête tandis que l'autre monte la garde. Au moindre passage d'un vélo ou d'une voiture en contrebas, tout le monde saute dans le nid. Je dois vous faire une confidence, la chevêche d'Athéna est l'un de mes oiseaux préférés, au point de figurer sur ma carte de visite. Ce n'est pas à cause de son nom et de sa symbolique, celle-ci étant la compagne et messagère de la déesse de la guerre et de la sagesse, Athéna, mais pour ses magnifiques yeux dorés et sa drôle d'allure.

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Pesticides, disparitions des vieux arbres et des haies, ce sont là quelques uns des éléments expliquant son déclin. Aujourd'hui la petite chouette connaît un peu de répit avec des populations stables qui semble-t-il, commencent à nouveau à décroître depuis 2-3 ans. Pourtant elle n'est pas sans charme, en plus d'être une bonne chasseresse. Son régime alimentaire se compose essentiellement d'insecte mais elle n'est pas contre le fait de becter une ou deux lézards et ne rechigne pas à planter mettre à son menu des mésanges ou des rainettes arboricoles.

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Départ pour le lac du Bourget, qui n'est pas très loin. C'est l'occasion de filer dans la réserve naturelle qui se trouve au sud de l'étendue. Là bas, une grande diversité d'oiseaux s'offre à nous. Les nettes rousses (Netta rufina), se plaisent à barboter en eau plus ou moins profonde profonde en bordure de roselière pour chercher leur nourriture. Elles peuvent plonger jusqu'à 4 mètres pendant une courte durée, ce qui les classent dans la famille des canards plongeurs. La femelle se différencie du mâle par ses couleurs ternes et discrètes qui la protège des prédateurs pendant la couvaison. Son partenaire pour sa part affiche une tête flamboyante.

La nidification se fait au sol, dans un nid parfois fait de boues et de végétaux, parfois volé à une autre espèce de canard, qu'il soit colvert ou un fuligule. Les oeufs mettent un peu moins d'un mois à éclore. Les petits nidifuges quittent directement le nid et mettrons 80 et 100 jours pour être complètement autonomes.

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C'est un oiseau migrateur dont le gros de la population européenne se retrouve en Espagne à l'arrivé des grands froids de l'hiver où 200 000 nettes rousses peuvent se réunnir d'un seul bloc. Cependant on peut en rencontrer un bon nombre sur les grandes étendues d'eau dont Miribel Jonage dans le Rhône. En France, des nidifications sont observées dans la Dombes et en Camargues ou des hivernages sont aussi observés.

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La grande aigrette (Ardea alba) est un magnifique oiseau. C'est le plus grand de nos hérons métropolitains et se reconnaît à son plumage blanc et son long bec jeune. Présente sur l'intégralité du globe hormis le Groéland, elle affectionne une grande variabilité de milieux comme les bords de mer, les rives de fleuves et les grands lacs où elle se nourrie de poissons, d'amphibiens, de crustacés et d'autres arthropodes aquatiques. 

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Dans les herbiers inondés, deux espèces de sarcelles se tiennent compagnie, permettant une comparaison fort intéressante entre elles, d'autant plus qu'il s'agit ici de canards aux comportements particuliers. Au centre, une sarcelle d'été mâle (Spatula querquedula) reconnaissable à son grand sourcil blanc. C'est un oiseau migrateur, le seul parmi les canards européens, qui revient d'Afrique Saharienne dès février pour nicher au mois de mai même s'il favorise que très peu les milieux humides d'Europe occidentale. De part et d'autre de celui-ci, deux mâles de sarcelles d'hiver (Anas crecca) à la tête verte et rousse. Il s'agit du plus petit anatidé d'eau douce de nos contrées dont la nidification intervient entre avril et juin. Sarcelles d'été et d'hiver partagent le même régime alimentaire, au menu on compte des algues et des petits organismes tels des insectes et de crustacés, toujours en eau peu profonde ce qui en fait des canards de surface.

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Retour sur l'exploitation agricole. Une mer de nuages nous assaille sur le chemin. C'est le bon moment pour se rendre au lac en contrebas, dans une ambiance tamisée de fin de journée pluvieuse. Outre le castor d'Europe comme résident à l'année, de nombreuses espèces végétales peuvent y demeurent.

DSC09833Les pulmonaires (Pulmonaria sp.) sont bien difficiles à identifier et parfois, il faut attendre les feuillages d'été pour les nommer correctement. Elles appartiennent à la famille des Boraginacées, celle des primevères et des consoudes.

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Le nom de pulmonaire est hérité de la théorie des signatures, voulant qu'une plante, une roche ou un animal soignent un organe ou une maladie leur étant similaire. Ici les tâches blanches des feuilles font écho à celles présentes dans les poumons dans les cas de peste ou de pneumonie. Il n'en fallait pas plus pour faire le lien entre maladies thoraciques et les pulmonaires, l'une d'elle portant même le nom de pulmonaire officinale (Pulmonaria officinalis). Dans les faits, bien qu'expétorante et adoucissante, elle n'a jamais pu guérir des maux portés par des maladies terribles comme celles cités plus haut. Une autre légende chrétienne veut que les tâches blanches du feuillage soient le fruit de gouttes de laits tombée du sein de la Vierge Marie l'allaitant son fils. De quoi allimenter le mythe.

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Comme de nombreuses plantes de cette famille, les fleurs ont la particularité de changer de couleurs après fécondation. D'abords rouge-rosé, les pétales tirent peu à peu vers le violine. C'est un moyen pour la pulmonaire d'indiquer qu'elle a était fécondée et qu'il n'est plus nécessaire de la visiter, celle-ci étant vide de nectar. En somme une co-évolution permettant aux deux partis de ne se rencontrer que quand cela leur est utile.

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L'ail des ours (Allium ursinum) est à la mode, et nombreux sont ceux à courir les bois pour en faire la cueillette. Nous nous n'y échappons pas. C'est une plante de sous-bois frais et des bords de ruisseaux, sur les sols de nature basique (souvent calcaire), humides et riches en nutriments, le plus souvent ombragés. Ce jour là la récolte est bonne, nous avons de quoi en faire des confis, des pestos, des vinaigres et des feuilles séchées.

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Prudence toute fois, de nombreuses plantes jeunes et arrivées à maturité peuvent se confondre aisément avec l'ail des ours. Jeunes plants d'arums, muguets ... on ne compte plus les cas d'empoisonnements plus ou moins graves, certains se terminant parfois mal. Autant être sûr de ce que l'on fait et de ce que l'on met dans son panier.

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D'autant plus que parmi les feuilles d'ail des ours, pousse des centaines de scilles à deux feuilles (Scilla bifolia) et que toutes deux partagent le même milieu. Frêle, l'étoile bleue comme on la nomme, appartient à la famille des asperges d'après les dernières études phylogénétiques. Pour autant on ne serait la mettre à sa table, celle-ci n'étant pas comestible.

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C'est une espèce qui n'est pas si courante en forêt, protégée dans plusieurs régions et département comme en Aquitaine, autant favoriser les prises photos plutôt que les bouquets, les fleurs ne vivant qu'un jour ou deux en vase. Cela serait aussi priver de nombreux insectes de son nectar mais aussi de sa délicieuse odeur de propolis et de miel, sans oublier les fourmis qui, avec d'autres insectes, en transporte les graines. Elle est également typique de certains milieux, en particulier des chênaies de chênes pédonculés et les chênaies-charmaies au sol de nature calcaire.

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Sur les premiers chatons de saule, un paon du jour (Aglzis io) prend le soleil. Ici c'est un adulte qui a passé l'hiver sur sa forme de papillon (imago) et qui prend ses forces avant de partir en parade pour permettre à la prochaine génération de voir le jour. Chez ces papillons, deux à trois générations peuvent voir le jour, une seule s'ils se trouvent en montagne, les conditions étant bien moins clémentes avec un ensoleillement plus court. Tout cela n'est pas favorable à la principale source de nourriture de sa chenille, les orties qui bien que résistantes, ne se développent pas ou peu sous le manteau neigeux et dans le froid.

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La bonne vieille ortie dioïque ou grande ortie (Urtica dioica), celle que l'on aime dans les soupes et les gratins, un peu moins dans les jardins et les bords de chemin bien qu'elle soit essentielle à la vie de bien d'animaux. Outres les très nombreuses espèces de chenilles dont elle est l'hôte, elle abrite aussi des coléoptères, des punaises ou encore des pucerons. Toute cette faune se nourrie de ses feuilles et tiges riches en protéines. C'est une plante à tout faire, on en tire de quoi faire des cordes, du tissus, de purin, de fertilisant et de s'en nourrir. Dans ce dernier cas on favorisera les jeunes pousses et les feuilles d'avant floraison, la plante étant riche en cystolithes quand elle est en fleurs, composants pouvant entraîner des problèmes urinaires. On prendra aussi garde en cas de traitement médical, certaines prises de médicaments étant incompatibles avec sa consommation.

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De jeunes tramètes (Trametes sp.) se développent sur les restes d'un arbre mort. Il pourrait s'agir de tramètes versicolores (Trametes versicolor), un champignon de la famille des polypores qui est est plus que commune et se trouve un peu partout dans les forêts comportant des feuillus.

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Pour le reconnaître, on prendra le soin de regarder sa marge noir et la variation de couleurs qu'il présente, dessinant dans le temps de jolies bandes colorées allant du marron au bleu-grisé en passant par le roux, le jaune et le vert. Cependant pour une identification sûr, l'observation de la sporée reste la meilleure chose à faire. Ce champignon appartient aussi à la famille des pourritures blanches, élément incontournable pour l'assimillation par la forêt de la matière organique morte si essentielle aux végétaux qui l'a compose. Des champignons, nous n'en verrons pas d'autres hélas, moi qui comptait tant en ajouter de nouveaux à mon tableau de chasse, avec un vague espoir de croiser ça et là quelques morilles printanières cachées dans l'ai ldes ours.

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Soudain, deux silhouettes sombres fendent le ciel avec pour fond les montagnes enneigées. Il s'agit de hérons cendrés (Ardea cinerea) se dirigeant vers la héronnière. Rassemblés là, une dizaine d'individus s'affairent à fabriquer ou réparer leur nid à l'aide de branchages collectés dans la ripisylve toute proche. La saison des amours est là, les couples parades et se forme et bientôt 3 à 5 oeufs bleu-vert viendront se nicher entre les brindilles.

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Un petit carnet, outil indispensable pour noter toutes nos observations. Depuis nous sommes passés à la versio numérique grâce à l'application Naturalist, version pour téléphone du site Faune-Rhône au combien précieux pour les naturalistes et les ornithologues passionnés.

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Nous quittons à regret les paysages de montagne pour retourner aux plaines du Rhône, non sans faire le plein de produits locaux : miel de forêt, confitures de casseilles, de cassis et de groseilles, vinaigre d'ail des ours, crème de cassis, vin de noix ... les ventres, les yeux et les esprits partent remplis. Un dernier regard vers le lac, la roselière et les bosquets de noisetiers abritant quelques troglodytes mignons, rouges gorges et mésanges charbonnières. Les semaines à venir s'annoncent fort chargées, et ces quelques jours d'escapade en Savoie sont une bouffée d'air frais dans le tumulte qu'est notre quotidien d'urbain.

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dimanche 23 juin 2019

Mes 8 premiers mois à la LPO dt Rhône.

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Catastrophe ! Voilà plus d'un mois que je n'ai plus publié ici et j'ai littérallement 6 mois de retard dans mes articles, autant vous dire que ça va chauffer dur sur le clavier ! Pas de panique, voici un retour en image sur mes 8 premiers mois à la LPO délégation territoriale du Rhône comme bénévole, membre du groupe jeunes LPO Rhône et comme animatrice nature salariée histoire de vous partager quelques brides de mon quotidien. La saison d'animation bat son plein et prendra fin d'ici une semaine ou deux, de quoi souffler pendant la rédaction des bilans et des premiers dossiers pour clôturer la saison 2018-2019. C'est un exercice dans lequel je me plaîs, même si le terrain reste ma passion première. Le printemps comme l'hiver m'ont donné énormément de choses à voir et à expliquer aux groupes que j'accompagne, et j'espère de tout coeur que ceux-ci en garderons une trace et qui sait, un peu plus histoire de faire naître quelques passions.

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Comptages Wetland's : suivre une population

Tout comme l'an dernier, nous nous sommes joints en janvier au Wetland's, un inventaire international des oiseaux d'eau visant à suivre année après année leur population et à en établir la santé. Sans surprise les effectifs chutent dramatiquement. Cependant il faut tenir compte pour 2019 des températures très douces qui ont poussé certaines espèces à rester dans le nord de l'Europe.

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Compatages des laridées et des grands cormorans.

Pour cette nouvelle édition, nous sommes présents dans le cadre du groupe jeunes LPO Rhône que nous avons lancé avec un compère. L'objectif est de fédérer les jeunes du territoire autour de nombreuses sorties et actions à thèmes. Pendant la journée nous avons pu bénéficier du regard et de l'expérience de nombreux bénévoles, découvrir de nouveaux oiseaux mais aussi, apprendre à compter des centaines de volatiles et croyez moi, l'exercice n'est pas simple. Pour se faire nous voilà partis à Miribel Jonage, une zone humide de grands lacs situés au nord de Lyon et formés par la carrière en activité qui y extrait des sédiments. C'est un endroit rêvé pour les mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) quoi que, la plumée laissée par celle-ci indique clairement qu'un épervier d'Europe  (Accipiter nisus) a mit fin aux festivités.

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La liste des canards et des oiseaux affiliés à l'eau est longue, on compte les classiques de l'hiver comme le fuligule milouin (Aythya ferina) à la belle tête rouge, le héron cendré (Ardea cinerea) et le fuligule morillon (Aythya fuligula) que j'adore mais aussi, quelques raretés que nous avons pu apprécier comme le garrot à oeil d'or (Bucephala clangula), la tadorne de Bellon (Tadorna tadorna) et le harle bièvre (Mergus merganser). Pour plus d'informations et la liste des espèces observées ça se passe par ICI.

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Le journée s'achève par le comptage au dortoir des laridés (mouettes et goélands) à Grand Large, avec en prime l'observation des traces et indices du castor d'Europe (Castor fiber), celui-ci ayant élu domicile à Miribel depuis quelques années. Bilan ? une super expérience et le sentiment que d'année en année je commence doucement à mieux voir et entendre les animaux qui m'entourent même s'il me reste beaucoup à apprendre.

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Suivi des Grands Ducs d'Europe

Toujours en janvier, nous voilà sur les pas du grand duc d'Europe (Bubo bubo), le plus grand des hiboux de France avec une envergure de 1,88 mètres maximum. Quasi-disparu, il revient peu à peu et on compte dans les vallons qui se forment le long du Rhône quelques rares couples.

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Soirée de pleine lune pour apercevoir le hibou si attendu.

La période des amours battent leur plein, c'est le moment de partir à l'écoute de son chant. Pour l'occasion nous sommes pas loin de 70, réunis en plusieurs équipes et pour cause, le Rhône, l'Ardèche, l'Isère, l'Ain et la Drôme sont prospectés. Malchanceux que nous sommes, nous sommes parmi les seuls à ni voir, ni entendre le grand duc. Le vent, les aboiements de chiens et le bruit des camions au loin nous ont souvent piégé sans que le "hou" si attendu ne se fasse entendre. Pour autant la soirée n'est pas morose. Pendant la tombée de la nuit nous sommes gratifiés du passage des bécassines de bois (Gallinago nemoricola), du remue-ménage des sangliers (Sus scrofa) ou encore, du cri de la chouette hulotte (Strix aluco). De quoi passer un bon moment pour contempler l'obscurité.

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La saison s'annonce triste pour nos oiseaux. L'an dernier la plupart des couples n'ont pas réussi à mener à terme leur nichée, faute de proies mais aussi de milieux où s'installer, les vignes grignotant le peu de zone forestière restant sur les coteaux malgré les interdictions de défrichement. L'hectar approchant le million d'euro et les vins locaux se vendant bien, notre grand duc ne fait, hélas, pas le poids face aux logiques économiques du territoire.

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Inventaire des oiseaux des jardins

Fin janvier, c'est l'inventaire des oiseaux des jardins. Manque de bol, nous n'avons qu'un rebord de fenêtre pour nous exercer, du coup direction le parc de la Tête d'Or pour inventorier les divers piafs qui s'y trouvent.

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Gallinule poule d'eau (Gallinula chloropus) peu farouche.

La poule d'eau (Gallinula chloropus) n'appartient pas aux poules et autres coqs contrairement à ce qu'indique son nom. On la différencie du foulque macroule (Fulica atra) de par son bec rouge à la pointe jaune et de par ses pattes jaunes aux longs doigts dépourvus de palmures. C'est un oiseau des zones humides qui se croise même en ville et qui niche dans les plantes aquatiques, formant un nid composé de végétaux déliquescents. Le mâle et la femelle restent fidèles jusqu'à la mort d'un des deux partenaires. En milieu urbain et péri-urbain, elle se laisse facilement approcher, ce qui est rarement le cas en campagne.

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Sur le lac, les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) et les mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) attendent leur repas. Cela ne va pas sans entraîner quelques conflits. Les poissons sont abondants, les passants distribuant du pain aussi. Pour rappel, le pain est un poison pour les oiseaux, ceux-ci ne le digère pas et entraîne des malformations des ailes, des plumes et des organes et peu même mener à la mort de l'animal.

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Le pigeon colombin (Columba oenas) est un pigeon relativement rare dans le Rhône que l'on peut parfois observer en ville. Il se reconnaît à son oeil noir, ses teintes bleutées et sa taille car il est le plus petit de tous les pigeons d'Europe. Il aime nicher dans les cavités, qu'il s'agisse de celles des arbres ou des falaises. On le rencontre le plus souvent dans les bois non exploités, parfois les grands parcs, les carrières et les façades rocheuses. Hors période de reproduction, il peut se mêler à d'autres espèces, comme le pigeon ramier ou les choucas des tours comme nous avions pu l'observer en mai 2018 au plateau  de Larina.

2019 ne fait que débuter mais de nombreuses espèces sont sur le point de débuter leur reproduction. Exploration de cavités, changement de plumages, premiers chants, arrivée de certains migrateurs, offrande aux femelles ... il n'y a que les vagues de froids, l'absence de feuilles et le gel du matin qui nous font nous sentir en hiver.

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Les arbres de l'île du Souvenir sont pris d'assaut par le givre. Immobiles, les pattes et le bout du bec gelés, les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) cèdent un à un la place aux hérons. Ici ils sont rois et pour cause, plusieurs couples nichent au même endroit. L'ensemble est alors appelé héronière et peut parfois comporter plusieurs espèces de ces échassiers. Ici on en rencontre une seule, l'éternel héron cendré (Ardea cinerea), magnifique oiseau parfois accusé à tort de vider les rivières et les étangs de leurs poissons.

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Belle surprise, sur l'eau un mâle de nette rousse (Netta rufina), un canard aux allures de punk. La femelle, plus discrète, aborde un plumage grisé ainsi qu'un sourcil blanc au dessus de l'oeil. D'ordinaire, la nette se montre timide et s'envole au moindre bruit suspect. On peut de ce fait s'étonner de voir un individu tel que celui-ci se laisser approcher sans manifester le moindre signe d'alarme, allant même jusqu'à courser d'autres canards autour de lui pour s'approprier l'espace. Herbivore, il lui arrive d'ajouter à son menu d'algues et de plantes aquatiques des petits insectes, quelques mollusques voire, des têtards.

Le soleil se couche, direction la Maison de l'Economie Circulaire pour une petite conférence sur les logiciels libres, la programation et les réseaux partagés. Le rendez-vous ayant lieu à l'entré du parc des Chartreux, c'est de nouveau l'occasion de suivre les oiseaux de la métropole pour cette journée de science participative.

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Il est venu au rendez-vous. Le faucon crecerelle  (Falco tinnunculus), si recherché dans Lyon et ses alentours, nous a gratifié de son passage et s'est même posé non loin de nous, sur un balcon où il domine la Saône et la ville. Si vous êtes tentés de le suivre dans sa nidification urbaine, je vous invite à rejoindre Faune-Rhône.

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Engagement, on est plus chaud que le climat !

En février, on se mobilise. Le groupe jeunes LPO Rhône accompagné des étudiants d'ATIB Lyon est sur le terrain et surtout, sous la pluie. Qu'importe, nous sommes motivés, dynamiques et l'instant est convivial. L'objectif de la journée ? Encercler le quartier en créant une immense chaîne humaine. C'est un pari réussi et pas moins de 5000 manifestants ont pu se tendre la main le temps d'un après-midi. Entre slogans et pancartes, nous avons même pu nous octroyer un peu de répit pour observer les hérons et les cormorans nous passant au-dessus de la tête pour rallier la Saône et le Rhône. Ajoutons à cela un rapide discours et un concert aux paroles engagés pile-poil quand le soleil pointe le bout de son nez sur la place Bellecour pour que le tableau soit complet. Bref, une très belle expérience.

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Parmi les participants, des jeunes et des moins jeunes, de véritables hippy, des biens rangés, des bobos, des cathos ... bref tous ceux que l'on se plaît à placer dans une case pour ne plus les en sortir. Ici, les clichés ont la vit dur et quand on voit la multitude de personnalités présentes ce samedi après-midi, on est en droit de se dire ou du moins, d'espérer que les questions sur le climat et la biodiversité animent toutes les strates de la société.

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Contrairement au climat et aux mentalités, certaines choses ne bougent pas, le bâti local et centenaire étant là pour nous le rappeler. Sur cette place d'où nous admirons la cathédrale de Fourvière, bien des luttes et des guerres ont été menées, le Cheval de Bronze représentant Louis XIV n'y échappant pas. Détruite suite à la révolution, cette statue qui surplombe les manifestants sera reproduite en 1825. Preuve que nous sommes capables de détruire comme de reconstruire ce qui nous entour. Ce jour là, nous nous y tenons non pas pour réclamer des têtes mais un avenir pour notre planète.

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Prospection du groupe jeunes LPO Rhône : champignons et chouettes.

Voici une des toutes premières sorties du groupe jeunes. En ce mois de mars, nous voilà partis au Nord Ouest de Lyon à la recherche des champignons de printemps pour l'après-midi. J'avais promis des morilles, nous rentrons avec quatre espèces non comestibles, la sécheresse sévissant terriblement : jusqu'à - 30 % de pluies et de réserves en eaux dans certaines localités du Rhône. En somme, pas de quoi inciter la fonge à sortir le bout de son chapeau. Nous nous contenterons pour la peine de ces jolis schizophylles communs (Schizophyllum commune) qui semblent avoir séchés avant d'avoir pu terminer leur développement. Leurs spores roses leur donnent une couleur assez sympathique et relativement amusante à observer au microscope quand on s'essaye à la mycologie. Néanmoins on prendra garde à ne pas pencher au-dessus, ceux-ci pouvant entraîner des pathologies au niveau du nez et des yeux. Ce schizophylle est fascinant. Présent sur tous les continents, il se développe sur le bois mort dont il se nourrie. Les insectes en particulier les fourmis sont attirés par les carpophores (partie visible). On peut en tirer de nombreux composants, qui entrent dans la fabrication de l'éthanol mais aussi d'antibiotiques.

Faute de champignons, nous nous rabattons sur la végétation des alentours. Les hellébores fétides (Helleborus foetidus) sont les premières à sortir. On les reconnaît au bandeau rouge sang qui borde leurs fleurs ainsi que leurs feuilles vert clair et vert foncé très découpées et qui leur a valu leur surnom de patte d'ours.

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Arrêt sur les bryophites, c'est à dire les mousses, qui se développent sur les pierres dorées qui composent les murets pour retenir les carrés de terre sur lesquels sont cultivées les vignes. C'est un des milieux de prédilection des lézards des murailles (Podarcis muralis) qui sortent tout juste de léthargie. Les couleuvres aiment également si loger pour profiter de la douce chaleur qu'elles diffusent mais aussi des nombreuses proies qui s'y réfugient.

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Pinson des arbres (Fringilla coelebs) prédaté, sans doute par un rapace, la base des plumes étant intacte, signe le plus souvent que c'est un bec et non des dents qui a déplumé l'animal. C'est un des nombreux indices de présence que l'on peut utiliser en tant que naturaliste pour déterminer si on se trouve sur un territoire de chasse d'un animal en particulier. En tout cas cette plumée nous aura bien donnée du fil à retordre pour l'identification.

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Changement d'ambiance, le soir il n'est plus question de champignons et de fleurs mais de chouettes et pas de n'importe laquelle ! La chouette effraie (Tyto alba) est la star de la journée et pour cause, nous voilà embarqués par le référant LPO de ce bel oiseau de nuit blanc pour une séance de repasse. La repasse consiste à passer à des points précis le chant d'un mâle pour susciter la réaction des individus présents et ainsi établir la présence ou non de l'espèce. Pour notre effraie, la repasse se fait à la tombée de la nuit, sur une dizaine de points distants de 2 km et plus.

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Nous sommes quatre équipes, armés de nos enceintes et de nos portables. Pour notre part, nous sommes parmi les plus chanceux. Notre gourpe, sur la dizaine de points attribués, parvient à contacter deux effraies fort éloignées, une chouette hulotte (Strix aluco), six ou sept couples de chevêche d'Athéna (Athene noctua Scopoli), un ragondin (Myocastor coypus) et un lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus). Pas mal pour deux heures de parcours.

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Le groupe jeunes à Miribel Jonage

Découverte de la faune et la flore des grands lacs. Nous sommes une petite dizaine partant à l'exploration de ce territoire que je commence à bien connaître. Nous sommes alors début mars. Guides en poche, jumelles autour du cou et filets à libellules en main, nous voilà équipés pour nous essayer au naturalisme. Le temps est gris et par moment, des gouttes de pluie viennent s'écraser sur nos visages. Qu'à cela ne tienne ! Il nous en faut plus pour nous faire rebrousser chemin. Au programme : traces du castor d'Europe (Castor fiber), vol de cigogne blanche (Ciconia ciconia) et oiseaux rares mais aussi vipérines communes (Echium vulgare), hellobores fétides (Helloborus foetidus) et aulnes glutineux (Alnus glutinosa) pour ajouter un peu de végétal au paysage.

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Pêche à l'épuisette dans les herbiers. La loupe binoculaire est de mise pour observer chacun des critères permettant l'identification de cette larve de demoiselle, créature s'affiliant aux libellules. Pour nous venir en aide, certains membres du Sympetrum, association de l'Ain orientée sur ces insectes, nous prêtent main forte car leur identification n'est pas toujours aisée, le plus simple étant de pouvoir manipuler leur exuvie (enveloppe externe).

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La crainte lors des prélèvements : déranger les espèces s'habritants dans la phragmitaie, un habitat composé de phragmites australes (Phragmites australis), des roseaux aux grands plumeaux qui parlent à tout à chacun lorsqu'il s'agit de se promener dans un milieu humide.

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Ce ne serait être tout, outre le fait de faire fuir les bestioles qui nous pouvons percevoir, partir à la pêche aux larves peut abîmer le fond de vase où une multitude d'arthropodes vivent et se nourrissent. De ce fait, un inventaire doit être mené avec précision et dans le cas où celui-ci est nécessaire, soit dans un cadre de formation, soit dans un cadre de recherche d'informations et de connaissance d'un site.

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Première tortue de l'année observée, une tortue de Floride (Trachemys scripta elegans) entourée de deux goélands leucophés (Larus michahellis). C'est une espèce exogène envahissante, une EEE ou encore espèce "invasive", c'est à dire provenant d'une autre contrée et pouvant présenter une menace pour la santé humaine, l'économie et la biodiversité. Ici la menace réside avant tout dans le fait que cette tortue occupe les milieux de vie de nos tortues indigènes, les privant de site de ponte, d'hivernage ou de nourrissage.

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Arrivée au lac des pêcheurs, c'est une véritable récompense ! Un nombre incroyable d'espèces nous y attendent et parmi les plus remarquables, on peut citer la trentaine de chevaliers. Cette assemblée se compose de chevaliers cul-blanc (Tringa ochropus), de chevaliers gambettes (Tringa totanus) et de chevaliers guignettes (Actitis hypoleucos). Au milieu de tout cela, deux petits gravelots (Charadrius dubius) et un vanneau huppé (Vanellus vanellus) se promènent discrètement à la recherche de nourriture dans la vase et parmi les galets.

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Parmi les reptiles, les lézards montrent le bout de leur museau pour profiter des premiers rayons du soleil. Le petit brun à gauche, c'est le classique lézard des murailles (Podarcis muralis), grand chasseur d'insectes et d'araignées. Le gros vert à droite, c'est un lézard à deux raies (Lacerta bilineata), autrefois nommé lézard vert mais dont la génétique a mit en lumière le fait que le lézard vert et celui à deux raies sont deux espèces distinctes.

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Bilan de la journée : un sacré inventaire à la clé, des pistes pour identifier certaines espèces mais également pour poser les yeux où il faut et tendre les oreilles quand il faut. Un bon moment de convivialité aussi, autour d'un repas partagé ou derrière une longue vue entre jeunes d'un même territoire.

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Une mare pour les sonneurs à ventre jaune.

Avril, pour la peine on se découvre plus que d'un fil. Ce jour là, encore de le pluie, mais juste 3 gouttes qui viennent nous rafraîchir et pour cause, l'effort n'est pas vain. Au programme ? Création de deux mares pour les sonneurs à ventre jaunes (Bombina variegata), des petits crapauds rares et protégés qui portent bien leur nom. Pelles, pioches et brouettes en main, nous voilà lancés dans le chantier.

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Première étape : creuser la pelouse, retirer les mottes de terre, vérifier s'il n'y a pas une racine ou deux qui traînent histoire de ne pas percer la bâche de maintien. Pour ma part, je suis avec les petits loups présents à découvrir les bestioles qui grouillent dans le sol. Vers de terre, insectes et autres limaces font le bonheur des enfants qui n'hésitent pas à mettre les doigts dans la terre et à attraper tout ce qui bouge. C'est l'occasion de faire de la sensibilisation au vivant, à la manipulation des petites bêtes, à leurs besoins et aux différentes manières de les observer.

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Les mares sont creusées, c'est le moment de poser la première couche de géotextile afin de protéger les couches qui retiendront l'eau et permettront aux amphibiens de se développer. À savoir, une mare n'est pas toujours en eau et peut se retrouver longuement à sec. Cela est salvateur pour les espèces comme les grenouilles dont les têtards finissent par sortir de l'eau ce qui n'est pas le cas pour certains de leurs prédateurs qui n'y survivent pas, rendant ainsi le lieu plus sûr pour les grenouillettes et leurs consoeurs.

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Vient ensuite la bâche puis de nouveau le géotextile. Reste alors à couvrir le tout de terre pour que l'ensemble s'intègre au paysage, quitte à frotter le textile avec des mottes de terre. Des branches et des blocs de pierres viennent couvrir le fond, là où les crapauds pourront se dissimuler aux yeux de leurs prédateurs comme le héron cendré (Ardea cinerea). Dernière étape, attendre la tombée de la pluie pour que celle-ci vienne remplir les mares. 

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Fin de chantier et belle surprise, outre le fait de nous faire survoler par un couple d'éperviers d'Europe (Accipiter nisus), nous tombons nez à nez dans les flaques nous entourant avec des tritons palmés (Lissotriton helveticus) mais aussi une grenouille agile (Rana dalmatina) et des pontes de la même espèce.

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Depuis les mares creusées se sont remplies par l'intervention rapide des pluies. Les inventaires à venir nous indiquerons peut être si les sonneurs à ventre jaune se seront installés même si cela semble un peu tôt. Il faudra désormais attendre les mois d'octobre et de novembre pour creuser à nouveau, l'été n'étant pas vraiment propice  à la création de mares et de points d'eau destinés à la faune et à la flore.

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Prospection de printemps.

Mi-avril deux prospections nocturnes animent le territoire. Nous voilà partis dans la recherche des tritons crêtés (Triturus cristatus), et des sonneurs à ventre jaune (Bombina variegata). Le travail n'est pas des moindre.

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L'objectif : chercher si ces espèces sont présentes et si oui, comment mener à bien les missions liées à leur protection sur ce territoire d'élevage car la cohabitation n'est pas toujours aisée entre nature et monde agricole, ne serait-ce que par les enjeux liés à l'eau. Ces deux espèces sont celles d'animaux aux comportements majoritairement nocturnes. Ils s'observent plutôt aux abords des mares à cette saison où la reproduction bat son plein. Nous avons de la chance, le fond de l'air est doux et outre nos lampes frontales, la lune nous offre une superbe lumière pour percevoir ce qui se trame à la surface de l'eau et dans l'herbe.

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Dans les prairies humides, les courtilières (Gryllotalpa gryllotalpa) chantent à tue-tête. Ces gros insectes nous ont causé bien du tort par leur chant similaire à ceux de certains amphibiens nous faisant croire à la présence des crapauds calamites (Epidalea calamita), une espèce, hélas, disparue dans le coin.

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Peu de tritons seront vus ces soirs là, principalement des palmés, quelques alpestres et pour un groupe de chanceux, deux tritons marbrés. Nous remarquons que ce sont avant tout les grenouilles vertes qui peuplent la zone. Les mares sont drastiquement basses, à un point effrayant. Leur état laisse présager qu'il n'y aura sans doute pas ou peu de têtards et de larves parvenant à se maintenir et à atteindre l'âge adulte.

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C'est un triste constat qui poncute les sorties d'avril.

Et la vie au boulot ?

Et bien pour les mois de mars, avril et mai, c'est intense ! J'ai pu découvrir pas moins d'une quarantaine de classes et structures, que cela soit le temps d'une matinée ou sur plusieurs séances. Un vrai plaisir mais beaucoup de travail et d'heures qui m'ont rendu fantomatique sur les réseaux. D'ailleurs, la vie dans les locaux est géniale et l'ambiance incroyable, d'autant plus qu'elle est parfois ponctuée de drôles de surprises.

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Début mai, voici que l'on nous apporte un grand carton. Des élagueurs embauchés par l'ONF ont mené une grande campagne d'abattage malgré l'interdiction de taille pendant la période de nidification. Résultat ? Une couvée de mésanges charbonnières (Parus major) se retrouve orpheline et en péril. Pas une minute à perdre pour sauver les oiseaux, direction ma voiture puis le centre relais de l'Hirondelle pour tenter de les sauver.

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Un rallye pour les naturalistes de tous bords.

Début juin, c'est le grand événement de l'année pour nous, nous organisons notre premier rallye naturaliste, avec le soutien bien heureux des éditions Biotope et La Salamandre, autant vous dire que nous avions la pression.

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Oxalis petite oseille (Oxalis acetosella).

C'est en petit collectif que nous nous élançons sur les routes du nord ouest du Rhône. Nos objectifs ? Recenser le plus d'espèces possible en une matinée afin de dresser un tableau du vivant à l'échelle locale, les communes que nous traversons étant des mailles blanches, c'est à dire des territoires pour lesquels il n'y a pas ou très peu des données. Pour le coup le pari est réussi, car sans avoir vu de grandes raretés, nous avons pu tout de même observer de très nombreuses espèces dont certaines peu communes et contribuer à une meilleure connaissance le faune du département. Cerise sur le gâteau, certains naturalistes se sont pris au jeu et se sont rendus sur place les jours suivant pour mener eux aussi des inventaires.

DSC03057Sur un câble, un mâle de pie grièche écorcheur (Lanius collurio) prend un peu de repos. Cette espèce est connue pour son habitude à épingler ses proies sur les arbres épineux et sur les fils barbelés, d'où son nom évocateur d'écorcheur. Lors de vos ballades, voir un criquet, un petit lézard ou une libellule sera sans doute l'oeuvre de cet oiseau migrateur, et dont le mâle se distingue par son joli masque noir et sa calotte grise.

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Un de nos premiers arrêts se trouve être dans un petit village qui ne paye pas de mine. Nous y découvrons une colonie d'hirondelles des fenêtres (Delichon urbicum) qui jusqu'à présent n'apparaissait pas sur les inventaires, autant vous dire notre joie. Au compteur 21 nids pour environs 75 hirondelles, une véritable satisfaction.

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Les nids sont confectionnés à partir de salive et de boue. Chaque couple le défend avec ferveur des concurrents. C'est là que les petits seront élevés et nourris, à raison d'un passage des parents toutes les 90 secondes en moyenne pour leur apporter les insectes et autres bestioles capturées dans les airs. Les hirondelles sont des espèces grégaires qui vivent en colonie. Ces dernières années elles connaissent un très fort déclin du fait de la diminution des insectes (-75% en 20 ans), mais aussi des modifications de l'habitat. Les maisons aux larges toitures sous lesquelles elles s'intallent laissent peu à peu place à des bâtis sans aspérités où elles ne peuvent nicher.

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Dans les champs, au dessus des pâtures, en lisière de forêt ... tout autant d'endroits où nous avons la chance d'aperçevoir des busards Saint Martin (Circus cyaneus), rapaces emblématiques du Rhône, extrêmement menacés. La sécheresse ayant fait littéralement disparaître les populations de campagnols dont il se nourrit, et les suivis bénévoles lui permettant de se maintenir étant de plus en plus maigre, il y a fort à parier que nous ne le verrons bientôt plus par chez nous, faute de nourriture et de milieux où mener à bien sa reproduction.

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Nous sommes sur des terres aux sols acides, ce qui me laisse le plaisir de croiser des plantes que je vois peu souvent au sud du département et que j'apprécie particulièrement et pour cause, elles ont la réputation d'être des plantes à sorcière. À gauche en violet on retrouve la digitale pourpre (Digitalis purpurea) appelée parfois gants de fée et à droite en jaune, le genêt à balais (Cytisus scoparius). Toutes deux contiennent des composés hautement toxiques d'où leur mauvaise réputation et leur association à la magie noire.

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Chasse aux petites bêtes. Le filet est un outil indispensable pour travailler sur les papillons, libellules et autres arthropodes volants. Cependant il faut le manier avec la plus grande des précautions pour ne pas briser leurs fragiles ailes. Parmi ceux identifiés, on peut citer le petit capricorne (Cerambyx scopolii), un insecte dont les larves sont xylophages et les adultes, amateurs de pollens. D'ailleur on le croise souvent sur les sureaux en fleurs.

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Et pour la suite ?

L'aventure n'est pas finie. Fin juin se tiendra l'assemblée de la LPO France. C'est l'occasion pour les différents groupes jeunes de s'y retrouver pour se rencontrer, pour échanger et pour travailler à la mise en place d'une charte et d'un cadre communs. Cela sera aussi pour nous le moment de présenter nos attentes, nos actions, nos travaux et nos réussites de l'année à l'ensemble des adhérants et réprésentants de l'association.

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Mi-juillet sonnera le premier bilan pour notre groupe jeune LPO Rhône après les 7 premiers mois de mise en route. Cela sera aussi l'occasion de remettre les nombreux prix concours de notre rallye naturaliste. Bref, un planning encore chargé auquel s'ajoute les très nombreuses sorties de l'été. Avis aux lyonnais, si l'envie vous dit, vous pourrez me retrouver dans les parcs urbains de la métropole en juillet et août pour découvrir la faune locale. Pour tout savoir, rendez-vous ICI. En attendant je vous souhaite un bel été et je vous dis à bientôt. Pour ma part, nous ne chômons pas à la maison, ayant été pendant quelques dizianes de jours les parents de substitutions de deux jeunes pigeons de villes, des pigeons bisets (Columba livia) que vous pouvez retrouver ci-dessous et qui depuis, ont pri leur envol.

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mercredi 27 juin 2018

Rallye ornitho avec la LPO.

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Retour dans l'Ain et l'Isère fin mai 2018 pour un événement un peu particulier, un rallye ornitho. Qu'est ce que donc ? Il s'agit tout au long d'un parcours dessiné à l'avance d'observer le plus d'espèces d'oiseaux possible. Composées en petits groupes, les équipes doivent se déplacer sur 3 à 4 sites afin de pouvoir mener leur inventaire. L'enjeu de cette matinée d'observation est d'évaluer année après année la présence et le nombre d'oiseaux pour évaluer leur population. Il n'y a pas de mystère, la tendance est encore et toujours à la baisse, de quoi se miner le moral malgré cette journée placée sous le signe de la convivialité et de la découverte. Cela ne serait cependant faire oublier la beauté de site, en particulier de l'étang de Lemps et du plateau de Larina où nous retournons de temps à autre traîner nos savates. Le temps et couvert et la pluie s'invite par moment, c'est idéal pour observer certains animaux en quête de chevreuil. Un ragondin et un chevreuil d'humeur matinale croise notre route, il n'en faut pas plus pour contribuer à notre bonne humeur. Pour l'occasion je suis avec 4 de mes camarades qui m'ont accompagnés tout au long de mon GPN, et qui, passionnés de nature et d'ornithologie m'ont convié à eux pour cette sortie.

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Le paysage n'est pas forcément celui auquel on s'attend. La centrale nucléaire du Bugey s'offre au promeneur, mais c'est sur les falaises qu'il faut s'attarder. Outre l'autour des palombes (Accipiter gentilis) qui nous a gratifié d'un très rapide passage, il y a fort à voir. Déjà en contre-bas, où une grande héronnière s'étend, on peut y observer les parents nourrir leurs pettis. Sur la falaise, les choucas des tours (Corvus monedula) sont rois, ce qui semble nullement déranger ce pigeon colombin (Columba oenas).

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Les ascalaphes (Libelloides) malgré leur aspect ne sont pas des papiilons. Ils se reconnaissent à leurs ailes en partie transparentes, aux massues au bout de leurs antennes et à leur régime alimentaire qui se compose essentiellement de mouches qu'ils capturent en plein vol. Ils sont typiques des milieux secs et pierreux.

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Le gazé (Aporia crataegi) est aussi nommé piéride de l'aupébine. Généralement, les ailes aux nervures noires des femelles sont beaucoup plus transparentes que celles des mâles et possèdent une marge brune, ce qui permet de différencier les sexes, à condition que les individus aient déjà quelques heures d'existance sous leur forme d'imago. Une quinzaine de pontes de 60 à 120 oeufs jaunes à chaque mise sous feuilles finissent par épuiser dame gazé qui bien souvent, meurt d'épuisement. Comme son nom l'indique, l'aubépine est l'arbre hôte des chenilles de ce papillon. 

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Sur le plateau de Larina, bien d'autres espèces se rencontrent. Ceux de la famille des nymphalidae sont les plus abondants. Souvent de grande taille, ces papillons sont des butineurs précieux car ils sont souvent les seuls à être capable avec leurs longues trompes à atteindre le nectar contenu dans les éperons profonds de certaines fleurs.

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Le lézard vert occidental (Lacerta bilineata) a fait de Larina son fief. Pourtant celui-ci n'y a pas été observé. Il est originaire de l'ENS de l'étang de Lemps. C'est un endroit idéal pour d'observer la faune de part ses observatoires et ses palissades. Bien cachés, nous sommes gratifiés du passage de la bondrée apivore (Pernis apivorus) et semble-t-il du faucon hobereau (Falco subbuteo) s'ajoutant à la multitude de canards présents.

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Deux couples de grèbes huppés (Podiceps cristatus) s'affèrent à leur pêche. En fin de notre parcours, nous avons même la chance d'observer sur le lac devant le quel nous pique-niquons un adulte transportant un petit sur son dos. Cet oiseau se caractérise par plumage pourpre, par son vol saccadé et par son cri de trompette.

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Ô joie ! Nous tombons sur l'emblême de l'ENS : la tortue cistude (Emys orbicularis). C'est la première fois que j'observe des specimens sauvages, autant vous dire que je n'en reviens toujours pas. C'est une des deux espèces de tortues sauvages en France métropolitaine avec la tortue d'Hermann (Testudo hermanni). Aquatique, elle était présente dans tout le pays avant que les milieux humides ne se réduisent à peau de chagrin. Désormais elle est en voie de disparition dans l'ensemble de l'Europe, en Russie et au Nord de l'Afrique.

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L'ornithogale des Pyrénées (Ornithogalum pyrenaicum) est appelé asperge des bois. Au stade de fleurs il n'est plus apte à être cueillie. C'est quand il est en bourgeon, quand le soleil n'est pas encore trop dur, qu'on le récolte en forêt ou en lisière. Sa saveur douce, verte et sucrée en fait un met recherché. De ce fait il se ratifie dans de nombreuses forêts se qui a poussé certaines régions et communes à le protéger complètement ou de manière partielle en réglementant sa récolte. Ce soir là, c'est omelette aux asperges des bois à la maison.

DSC04064Notre itinéraire s'arrête dans les marais qui se trouvent au pied du plateau de Larina. Sur la berge, un héron pourpré (Ardea purpurea) tente de trouver un peu de calme malgré les piaillements incessants des locustelles cachées dans la phragmitaie. La matinée rallye prend fin, au compteur plus de 140 espèces mais avec des effectifs très faibles. Mauvais temps, activité humaine, prédation ... nos amis à plumes sont de moins en moins présents dans nos campagnes et les causes sont multiples. Notre morale s'en trouve quelque peu endeuillé, malgré la convivialité ambiante qui émane du repas partagé avec les autres équipes.

dimanche 22 mai 2016

Sortie dans les marais 8.

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Découverte des marais de Pressin. Ils ne sont pas bien grands mais ont l'avantage d'être sillonnés par des chemins de terres et des petites routes campagnardes qui permettent d'observer aisément la faune et la flore. Pour cette sortie nous avons été accompagnés de la pluie ce qui a permit d'approcher les oiseaux de près.

 

La vie et l'écosystème du marais.

 Un marais est une zone humide où on trouve ça et là des poches d'eau stagnantes. Il s'agit souvent d'une plaine inondée composée d'un réseau d'étangs et de mares aux berges boueuses et qui sont reliés par des canaux. La richesse du sol et de la flore attire de nombreux animaux, en particulier les oiseaux et le petit gibier.

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Le geai des chênes (Garrulus glandarius).

 Le geai des chênes est un oiseau bruyant qui s'identifie facilement au régime de ses ailes composé de plumes bleues azures et noires. Il est capable de produire une multitude de sons et de cris d'alertes, il peut même imiter le chant de la buse variable (Buteo buteo). On le trouve dans les forêt de feuillus et mixtes où il peut trouver facilement des fruits et des baies sauvages. Il s'aventure aussi dans les vergers et les jardins des particuliers.

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Les papillons du marais.

Avec l'apparition des beaux jours les fleurs sont de sortie. C'est le bon moment pour observer les papillons. Celui vêtu de blanc est la piéride du navet (Pieris napi). Il ne cause pas de dégâts aux cultures contrairement à son cousin le piéride du chou (Pieris brassicae). Le second est une femelle aurore (Anthocharis cardamines).

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Le rouge gorge familier (Erithacus rubecula).

C'est l'un des oiseaux les moins farouches de nos jardins. Très territorial, il n'hésite pas à chasser les autres passereaux de son domaine. Quand un combat s'engage entre deux rivales (surtout les mâles), les oiseaux se délogent de leur repère puis se plaquent au sol en se donnant des coups de pattes et des coups d'ailes.

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Les pulmonaires (Pulmonaria).

 En France les pulmonaires sont plutôt nombreuses. Il y en aurait pas moins d'une vingtaine. Leur identification n'est pas aisée et il faut souvent attendre l'été et la sortie du deuxième jeu de feuilles pour savoir à quelle espèce on a à faire. De plus, toutes n'ont pas des tâches blanches sur leur feuilles comme on peut le penser.

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Le pic épeiche (Dendrocopos major).

C'est un pic très commun qui vit dans les zones boisées, les parc,s les vergers et les jardins. Avec son bec puissant et pointu il forme des trous dans le bois mort ou vieillissant. Puis avec sa longue langue gluante et piquetées, il attrape les insectes dont il se nourrit. Le mâle se reconnaît à la grosse tâche rouge de sa nuque.

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Le grand corbeau (Corvus corax).

Il est l'un des plus grands et plus lourds des passereaux. Très intelligent, il s'adapte à différents environnements et peut vivre 15 à 40 ans. On le croise le plus souvent par paire, il s'agit le plus souvent de couples s'étend formés pour la vie et qui défendent jalousement leur territoire des autres corvidés rodant dans les parages.

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L'équipement.

Qui dit sortie dit équipement. Je ne manquerai pas un de ces quatre de vous montrer le matériel qui ne me quitte jamais. En attendant, pour les promenades où le soleil se fait rare, c'est veste aviateur obligatoire et comme toujours, sac à dos, jean, chaussures de randonnées, appareil photo et sac de récolte, on ne sait jamais.

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La grande prêle (Equisetum telmateia).

Chez cette prêle on rencontre deux types de tiges : les tiges fertiles qui apparaissent les premières et qui assurent la reproduction de la plantes par les spores puis les tiges stériles, qui apparaissent par la suite. On la rencontre dans les talus humides et proches des bois. Sa consommation peut entraîner des problèmes de santé.

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Le milan noir (Milvus migrans).

Il n'est noir qu'en contre jour. D'ordinaire il est brun, parfois roux et souvent avec une tête striée de blanc. Il vit un peu partout en France mais a toute fois une petite préférence pour les zones de moyenne montagne et les terrains plats et dégagés. C'est un migrateur qui reste juste le temps de la reproduction en France.

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La cardamine des prés (Cardamine pratensis).

 C'est une plante des prairies humides qui détonne en cette période par sa taille (30 à 40 centimètres). C'est une salade sauvage aux feuilles ayant un goût piquant proche de celui du cresson. Ses fleurs peuvent être mixées avec du jus de citron pour donner un pesto rose et plutôt pimenté. Elle attire de nombreux papillons.

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Le coprin noir d'encre (Coprinopsis atramentaria).

C'est un champignon commun dans les champs et en particulier dans les prés à vaches. Comme tout coprin il par en déliquescence rapidement en donnant une sorte d'encre noire. Il est comestible jeune mais ne doit pas être consommé si on a bu ou on doit boire de l'alcool avant, pendant et après le repas. En cas contraire il peut se rélever dangereux et provoquer des malaises, des maux d'estomacs, des vomissements et des hallucinations.

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La rieuse (Rana ridibunda).

C'est une grosse grenouille qui aime faire la loi sur son territoire. Elle possède de longues pattes qui lui permettent de faire de bonds vertigineux. Consommée pour ses cuisses, on ne connaît plus très bien sa répartition sur l'enssemble de pays. C'est dans les plaines et les montagnes qu'elle se plaît le plus.

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La populage des marais (Caltha palustris).

C'est une belle plante aux fleurs jaunes qui forme des touffes massives et dont les pieds baignent dans l'eau. C'est le plus souvent dans les marais qu'on la rencontre. Il n'existe qu'une autre espèce de populage connue (en Iran), elle a été rangée au rang de sous-espèce. Elle est toxique comme la plupart des renoncules.

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L'anémone Sylvie (Anemone nemorosa).

C'est une plante qui aime les sous-bois humides, en particulier dans les forêts de feuillus mais aussi dans les prairies. La floraison prend fin en avril mais se prolonge parfois en mai si les feuilles des arbres sont encore peu formées. Les fleurs blanches suivent la course du soleil. On peut parfois voir à proximité des sclérotinies tubéreuses (Dumontinia tuberosa), un champignon non-comestible qui vit en symbiose avec cette petite fleur.

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L'ail des ours (Allium ursum).

C'est une plante prisée au printemps. Abondante, elle peut être préparée de diverses manières. Elle tient son nom des ours qui, a la sortie de leur hibernation, se purgent avec cet ail. C'est une plante mellifère qui est essentielle à de nombreux pollinisateurs des bois. C'est aussi une plante médicinale bien connue des peuples anciens qui était employée pour différents maux. Elle serait amaigrissante et drainante mais cela reste encore à prouver.

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Du miel et des abeilles.

Les abeilles sont sorties depuis plusieurs semaines et on comblées leur faim. Elles commencent désormais à faire des réserves sous forme de miel. Il faudra encore attendre un peu avant de faire la première récolte de miel des marais, d'autant plus que certaines fleurs palustres de printemps peuvent lui donner mauvais goût.

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Le héron cendré (Ardea cinerea).

En voici quatre pour le prix d'un ce qui n'est pas courant. Cette belle brochette de hérons cendrés se trouve à proximité de son milieu de prédilection. Une prairie humide riche en grenouilles et en petites animaux. Ces oiseaux ont pour habitude de nicher à plusieurs couples dans le même arbre. Les femelles pondent 3 à 5 oeufs.

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Le mot de la fin.

Il faudra attendre juin pour espèrer retourner au marais sous le soleil car d'ici là, ça me semble bien compromis. Il faudra aussi attendre un peu pour voir des fleurs colorées sortir. Néanmoins la plupart des oisillons ont pris leur envol et il n'y est pas rare d'y croiser un lièvre ou un couple de perdrix. C'est le moment de se mettre à l'affût.

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mardi 17 novembre 2015

Fête médiévale, Saint Geoire ne Valdaine (2015).

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 Comme presque tous les ans, je prends plaisir à me rendre à la fête médiévale de mon village et comme à chaque fois, je ne résiste pas à l'envie de vous livrer un petit article sur cette journée dont vous pouvez retrouver celles des éditions précédentes ICI avec bien d'autres . Cette année c'était pour la première fois accompagnée de mon bien aimé et Nous avons eu la chance de recroiser les compagnie de 2014 sous un grand soleil.

 

La ville aux châteaux.

 Aujoud'hui encore on ne connaît pas très bien l'histoire de Saint Geoire en Valdaine. Le nombre impressionnant de châteaux et de maisons fortes connues ainsi que ses remparts hauts et nombreux laissent penser que c'était une ville forte voire militaire où de puissantes et riches familles de nobles et de bourgeois vivaient.

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Les meneurs d'oies. 

 Mener les oies et plus largement les volailles était à la campagne un travail attribué aux jeunes enfants en vue de les initier au travail de la ferme et/ou d'en faire plus tards des bergers. C'était le plus souvent des dindons qui étaient menés dans les forêts de chênes. En wwoofing dans les Landes j'ai pu rencontrer un exploitant ayant été enfant gardien de dindons et qui passait sa journée à surveiller les volatiles en liberté dans les fourrés denses. 

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Les saltimbanques.

 Apollinaire disait d'eux qu'ils sont une invitation au rêve. On utilise plus souvent le terme d'artistes de rue car le terme saltimbanques a prit une connotation péjorative. Le spectacle de rue est vieux comme le monde, en Occident il était très commun chez les romains et les grecs de voir des représentation sur les pavés.

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La voltige équestre.

 La voltige équestre est une discipline artistique et sportive assez rependue en Europe qui est issue de traditions très anciennes et rependues sur ce territoire. En France elle c'es popularisé après la seconde guerre mondiale mais cela ne fait qu'une vingtaine d'année qu'elle est pleinement reconnue à travers la fédération équestre.

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 La discipline aurait 2000 à 3000 ans et aurait été pratiquée pendant les jeux du Cirque romains et sur des taureaux en Grèce par de jeunes hommes. Les techniques ont par la suite été perfectionnées en s'inspirant de divers peuples, en particulier des cavaliers mongoles, des danseurs indiens ou des indiens d'Amériques.

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L'ours Valentin.

 Fini le temps des ours en cage, maltraités et ridiculisés comme ce fût le cas pendant bien des siècles, désormais c'est eux qui font le spectacle. Fréderic CHESNEAU est un dresseur très connu en France pour son savoir faire, pour ses participations à de nombreux films mais surtout pour l'amour qu'il porte à ses animaux. 

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Les blasons.

 Ils furent les emblèmes des seigneuries et des grandes villes. Aujourd'hui encore ils sont très présents en particulier pour représenter les régions. Le lion rampant, nom du blason ci-dessous, est présent sur ceux de la Picardie et de Rhône-Alpes par exemple. Il est le blason le plus commun et qui fût le plus souvent porté.

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La buse de Harris (Parabuteo unicinctus).

C'est un des rapaces les plus utilisés dans les représentations. Cet oiseau est originaire d'Amérique centrale. Il face en groupe comma des loups, encerclant leur proie. Quand elle capture un animal et qu'elle se retrouve au sol, la buse déploie ses ailes sur ce premier pour le cacher à la vue des autres prédateurs.

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Les rapaces nocturnes européens.

 Ces oiseaux sont protégés et ne peuvent être prélevés dans la nature. Il est d'ailleur interdit de les toucher, de les attraper, de les déranger, de les chasser, te toucher au nid et de les détenir. Seuls les animaux issus d'élevages peuvent être détenus avec autorisation et pour cause. Le hibou grand-duc (Bubo bubo) et la chouette effraye (Tyto alba) ont manqué de peu de disparaître de nos campagne en raison de leur funeste réputation.

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La buse variable (Buteo buteo).

 On la voit partout dans nos campagnes et l'été, il courant de pouvoir l'observer en pleine chasse ou à l'affût depuis un piquet de clôture ou sur une botte de foin avant d'attraper ses proies, à savoir des rongeurs, de petits oiseaux, des reptiles. Son plumage varié entraîne parfois des confusions avec d'autres rapaces de même gabarit.

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L'aigle des Steppes (Aquila nipalensis).

 Plus petit que l'aigle royale, il reste un féroce prédateur. C'est un migrateur qui passe l'hiver en Afrique et qui retourne dans les steppes et déserts asiatiques de faible altitude pour se reproduire et élever ses petits. Il est parfois employé pour la chasse aux loups, au lièvre et au chevreuil par les populations mongoles.

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La vie au Moyen Âge.

 Elle n'est pas si triste et sale qu'on aime le raconter. Certes les égouts n'existent plus et la justice ne porte pas vraiment son nom, mais les spectacles sont nombreux, l'higyène est respecté et pratiqué convenablement quoi qu'on en dise, le labeur ne ponctue pas tous les temps de la vie et les fêtes de villages sont abondantes.

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Le bon manger autrefois.

 À la table des puissants on trouve tout au long de cette vaste période qu'est le Moyen Âge des plats et surtout des recettes qui aujourd'hui nous ferraient pâlir. Très épicées, elles accommodent sans problème la viande de dauphin et les pommes, la viande de cygne et le choux et le héron cendré avec les poires. 

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Le mot de la fin.

 Les fêtes médiévales sont de nouveau à la mode même si elles ont souvent un petit côté vieillot. C'est là tout leur charme. Se replonger dans l'Histoire et la tradition, marcher dans les rues de pierres, humer les épices, le vin chaud et l'odeur de la paille donne à réfléchir sur ce qu'il y a encore peu faisait le quotidien de nos ancêtres.

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lundi 23 février 2015

Le muséum d'histoire naturelle de Marseille : Longchamp.

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 Visite en ce début janvier du muséum d'Histoire naturelle dans le palais Longchamps (je reviendrai sur l'histoire de ce superbe édifice en fin d'article), pour découvrir l'impressionnante collection naturaliste de celui-ci et l'exposition du moment intitulée "Des océans et des hommes". À savoir, les animaux présentés proviennent de l'ancien zoo, annexe au bâtiment et qui aujourd'hui a été transformé en un joli parc familiale.

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 Qu'est-ce qu'un muséum d'histoire naturelle ? C'est un lieu qui a pour vocation d'exposer des collections naturalistes, c'est à dire des éléments naturels centrés sur la zoologie, la botanique, la géologie, l'anthropologie et/pu les sciences permettant d'appréhender le monde naturel. Ils sont le fruit des cabinets de curiosités et des expositions universelles qui étaient en vogue au 17e et au 18e siècle.

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 Leur mission est triple. D'une part ils permettent au public de découvrir la Nature sous toutes ses formes et de mener sur celui-ci une approche pédagogique, d'autre part ils permettent aux scientifiques de disposer d'une solide base d'information et d'outils perfectionnés pour leurs travaux scientifiques. Enfin, ce type d'établissement mène une mission de conservation et de mémoire.

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 Le muséum de Marseille suit point par point ces trois axes en proposant une mission scientifique (maintient et mise à disposition des collections aux chercheurs), une mission pédagogique (proposition d'une certaine lecture de la Nature, organisation d'évenements et politique familiale) et une mission culturelle (élaboration d'un programme culturel, expositions, arts, mises en scène ludiques).

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La collection zoologique se compose de plus de 83 000 pièces, exposées ou non. Celle-ci est composée de 45 000 coquilles de mollusques ce qui en fait l'une des plus importante au monde. Celle-ci est entouré d'oiseaux et de poissons présents de la région. Dans la salle d'exposition principalement, 300 espèces animales sont présentés dont une girafe, un rhinocéros blanc, un lion et un ours brun.

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La collection d'ossements est l'une des plus ancienne traditions humaines. La symbolique de ceux-ci, en particulier des crânes (où l'âme et l'esprit de l'homme ou de l'animal sont censés résider). L'exposition de ceux-ci remonte à la naissance de la médecine moderne et de la chirurgie.

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 Joyaux du muséum, ce squelette fossilisé de mosasaure (Prognathodon sp.), l'un des plus grand reptile marin ayant existé (chez certaines espèces les individus dépassent les 15 mètres !). C'est un groupe de reptiles apparu il y a plus de 95 millions d'années. Redoutables prédateurs, ils sont taillés pour la vitesse.

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 "Des océans et des hommes" est une exposition qui, sur environs 500m², met en lumière les relations entre l'Homme et le milieu marin. De la découverte de ce dernier par les humains aux grandes avancées scientifiques actuelles et modernes, cet espace ludique invite à la réflection. Scaphandres, lémuriens préhistoriques et aquatiques, coelacanthes .... beaucoup de surprises vous y attendent.

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 Fraîchement rénovée, la dernière salle d'exposition permet de découvrir en plus des collections animales, minérales et végétales (ainsi que quelques fossiles), les blasons des villes locales. Ceux-ci sont affichées sur le portour de la pièce, à ras-de-plafond. On peut ainsi retrouver l'aigle d'Aix-en-Provence (article lié ICI).

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 L'étude des reptiles (tortues, lézards, serpents ...) et/ou des amphibiens se nomme l'herpétologie et est une branche de la zoologie. Bien que ces familles soient très différentes, leur étude est jointe. De ce fait il n'y a pas de nom particulier pour les herpétologues qui étudient uniquement les reptiles ou les amphibiens.

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 L'étude des oiseaux se nome quant à elle l'ornithologie. Elle est très pratiquée, aussi bien des amateurs que des scientifiques. La France métropolitaine compte environs 570 espèces d'oiseaux fréquentant de manière ponctuelle ou régulière les différentes régions de l'hexagone ce qui donne de quoi faire de nombreuses observations.

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 La collection de coquillages provient de celles de Couturier, de Mars ou encore de Hagenmüller. On parle alors de conchyliologie. Nombreux sont les naturalistes amateurs ou noms, hommes d'affaire ou simples passionnés qui par leurs travaux ont contribué à la richesse de nos mussées.

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 La baudroie abyssale de Johnson (Melanocetus johnsonii) est un animal surprenant. Pour attirer puis dévorer ses proies dans les profondeurs elle utilise un appendice au bout lumineux qui se trouve au dessus de sa tête. Employé comme une canne à pêche, il attire les petits animaux pensant voire dans cette lueur un bon repas.

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 Araignée de mer, Bernard l'hermite, crabe, homard... la famille des crustacés est vaste ! Plus de 50 000 espèces et sous-espèces la compose. La plupart sont minuscules voire microscopiques et forme le zooplancton, l'une des bases de la vie dans les océans car se trouvant en bas de l'échelle alimentaire. Citons par exemple le krill qui est l'aliment principal de certaines baleines ou requins.

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La tête de méduse (Astrospartus arborescens anciennement, Astrosartus mediterranus actuellement), n'est pas une plante mais bien un animal. Le jour il reste caché dans les rochers, la nuit il déploie sesbrasqui peuvent atteindre 1 mètre. Il appartient à la même famille que celle des oursins et des étoiles de mer.

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 Les herbiers présentés respectent une nomenclature spécifique et précise. Ils sont aussi un précieux héritage de la recherche et des premiers pas de la botanique dans le Sud de la France, quand la photographie n'était pas encore là pour aider les botanistes, ni l'analyse génétique. Récolter la plante, la dessiner et la conserver étaient alors essentiel pour mener les observation en intérieur.

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 Pour rappel un herbier est une collection de fleurs (plus rarement de champignons), séchées puiscompréssées entre des feuilles de papiers.Celles-ci sont étiquetées, classées et identifiées par familles, genres et/ou espèces. Mais on trouve aussi des "herbiers" constitué avec des collections animales. 

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La férule commune (Ferula communis) est une plante typique des régions méditerranéennes. Cette vivace à la croissance rapide est réputée pour son latex qui est toxique. On suppose que les tiges de cette plante a permit à l'Homme en Europe, de transporter le feu d'une endroit à l'autre mais cette hypothèse ne semble pas pertinente.

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La leuzée conifère (Leuzea conifera) est la seule espèce à composer le genre Leuzae. Vivace, on la rencontre sur le pourtour de la méditerranée. On la nome aussi pomme-de-pin en raison de son bourgeon florale qui rappel un cône mais aussi un artichaut. Elle fleurit en juin et donne des akènes en juillet et en août.

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Les fossiles sont des pièces prisées des collectionneurs. Heritage du passé, ils rappellent au combien la vie avant l'homme moderne fût riche mais aussi étrange. Ils informent aussi sur la nature des sols mais également sur l'évolution des espèces, et ont par cela toute leur place dans ce type de musée. 

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 Galerie des oiseaux. Rapaces et proies se font face. En France on compte une cinquantaine d'espèces d'oiseaux de proies que l'on classe dans cinq genres différents : les Accipitridae, les Pandionidae, les Strigidae, les Tytonidae et les falconidae. Ses oiseauxsotn protégés et beaucoup sont menacés.

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Nombreux sont les oiseaux dont les plumes ornaient les chapeaux autrefois. On parle alors de plumasserie, c'est à dire la préparation (nettoyage, séchage voire taille et coloration de la plume) pour de nombreux objet: bijoux, abats-jours, manteaux... cet art a bien faillit disparaître et a été sauvé par la haute couture.

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 Longchamp est un superbe bâtiment avec un histoire riche. Actuellement il abrite le muséum d'histoire naturelle (fondée par le marquis de Montgrand, maire de Marseille à l'èpoque) mais aussi le musé des beaux arts. Ce château fût à l'origine édifier pour pourvoir en eau la ville de Marseille. Inauguré en 1869 il accueil les eaux de la Durance. Il estaujourd'hui un lieu de promenade prisé de par la vue qu'il offre et le cadre rétro qui s'en dégage.

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 En somme c'est un lieu à voir ! Une très belle balade qui se ponctue par une visite culturelle, y à rien de mieux pour animer un après-midi d'hiver ensoleillée mais froid. Beaucoup d'article sur Marseille en ce moment ... et c'est pas fini mais bientôt la neige s'invitera en image, patience. 

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