dimanche 5 janvier 2020

Sortie dans les marais 17 : la cigogne noire.

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Voilà un titre qui laisse peu de suspense. Je pense qu'il s'agit ici de notre plus belel observation de l'année. Nous sommes au coeur de l'automne, il fait gris et il pleut ça et là quelques gouttes. Tout autant de raisons pour partir en direction de la Dombe. Nous avons alors un objectif : observer des tadornes de Belon (Tadorna tadorna), un beau canard coloré au petit gabarit. Sur la route, une couleuvre à collier helvétique (Natrix helvetica), notre première de l'année. Nous nous arrêtons pour la dégager de la route, craignant qu'elle ne se fasse écraser. J'avoue l'avoir dégagé un peu brutalement avec le pied, n'étant vraiment pas en confiance au milieu de cette voie où les conducteurs sont nombreux à frôler les 100 km/h avec leurs bolides. Nous portons les yeux sur les champs alentours. Elles sont là, 21 cigognes blanches (Ciconia ciconia) sont tranquilles dans un prés d'herbes hautes. Elles sont bien connues dans la Dombe, une partie d'entre elles nichant même dans le parc des oiseaux. À l'origine migratrices, elles se sédentarisent de plus en plus sur le territoire.

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Et au milieu de tout cela, la cigogne noire (Ciconia nigra). Rarissime, discrète voire fantomatique, nous n'en revenons pas. Très farouche, nous sommes séparées  d'elle par deux champs, une petite phragmitaie et la route, de quoi mettre une bonne distance entre l'oiseau et nous, ce qui nous permet de bien l'observer avec notre longue vue sans l'incommoder, l'animal étant sensible au dérangement et pouvant abandonner un site si trop fréquenté.

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Plus petite que la cigogne blanche avec 95 à 100 centimètres, on peine à croire qu'elle ne fait que 3 kilos quand on voit qu'elle peut déployer une envergure d'1,55 mètres. Nous avons été fascinés par son plumage qui de loin noir, semble de près métallisé, avec de beaux reflets vert et violets. Son bec, d'ordinaire rouge vif comme le contour de son oeil, semblait sur cet individu très terne, ce qui indique qu'il s'agissait sans doute d'un jeune.

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Habituée aux milieux ofrestiers où elle niche en solitaire, elle reste inféodée aux milieux humides où elle se nourrie d'insectes et d'amphibiens. Ce n'est que pendant les migrations que l'on peut aisément l'observer. Ce n'est que peu voire pas courant de croiser une cigogne noire à cette période de l'année. Peut être faut-il y voir un animal perdu, blessé ou malade ou comme pour les cigognes blanches, un changement de comportement de l'espèce.

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Bien d'autres oiseaux passent dans le ciel tel des grands cormorans (Phalacrocoras carbo) dont les hommes poussés par leurs bêtise ont décidé de légaliser le tir de 11000 d'entre eux. Effet inattendu, la longue vue posée en bord de route à un effet plus que bénéfique. Les fous du volant, pris au dépourvu, y voit l'intervention de la Maréchaussée et appuie sans vergogne sur le frein, nous assurant plsu de sécurité et de tranquillité.

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Ce ne sont pas les seuls échassiers qui nous donne de la joie ce jour là. 49 grues cendrées (Grus grus) se promènent dans un champ immergé. C'est la première fois que nous les voyons ailleurs qu'en Camargue à l'exception d'un vol nocturne au dessus de Vienne et, la première fois que nous pouvons les prendre en photo posées. Elles sont accompagné de 4 autres grands échassiers : la grande aigrette (Ardea alba), le héron cendré (Ardea cinerea), de l'aigrette garzette (Egretta garzetta) et d'une cigogne blanche (Ciconia ciconia) solitaire.

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Derrière nous, un grand étang qui protégé, abrite une multitude d'oiseaux d'eau. La chasse battant son plein, pas moins d'un millier de colverts (Anas platyrhynchos) sont venus trouver refuge dans ce havre de paix. Ils sont accompagnés de sarcelles d'hiver (Anas crecca) ainsi que de canards siffleurs (Mareca penelope) et de canards pilets (Anas acuta) que nous observons avec plaisir pour la première fois.

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Dans les airs, des rapaces nous survolent. Ce ne sont ni des buses ni des crecerelles mais bien des busards des roseaux (Circus aeruginosus). Hormis cet été sur l'île de Ré, nous ne les avons jamais vu de si près et c'est la première fois que nous en apperçevons autant. Atteignant 110 à 130 centimètres d'envergure, il s'attaque aux petits animaux des roselières. Nous l'avons même observé en chasse sur des petits passereaux indéterminés.

Si vous voulez tout savoir, nous avons bien vu nos tardornes de Belon (Tadorna tadorna), accompagnés de canards souchets (Anas clypeata) au bec et aux couleurs si atypiques. Bref, un moment magique qui nous a émerveillé, avec une pointe d'amertume à l'idée qu'une grande partie de ces oiseaux soit tirés bien que vulnérables voire menacés pour certains. De quoi nous démoralisé en rentrant sur la métropole lyonnaise.

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samedi 21 décembre 2019

Des salamandres dans le Rhône.

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Incroyable animal n'est-ce pas ? La salamandre noire et jaune (Salamandra salamandra) ne va pas s'en fasciner les grands comme les petits. D'ailleurs, elle a même inspiré une magnifique revue du même nom que je vous encourage à consulter ICI. Elle comporte de nombreux noms comme celui de salamandre terrestre, rappelant que l'animal bien qu'appartenant à la famille des amphibiens n'est inféodé aux milieux humides que pour sa reproduction et que la plonger dans une mare profonde peut même la conduire à la noyade.

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Cela ne serait le seul patronyme qu'on pourrait lui donner, la belle se nommant aussi salamandre de feu, en évocation à la vieille rumeur qui voudrait qu'elle résiste au feu. Certes l'animal peut produire un suc pendant quelques secondes s'il se trouve dans un brasier, mais cela ne serait le protéger de flammes et il finirait inexorablement par brûler vif. Néanmoins, cette idée reçue tenace a longtemps perduré et de grands noms ont pris pour emblème la salamandre tachetée pour sa résistance au feu supposée.

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Nous sommes début octobre, les salamandres n'ont qu'une seule idée en tête : se reproduire. L'accouplement à lieu hors de l'eau, dans les sous-bois humides en particulier quand il pleut et que la température est douce. C'est la femelle qui mène la danse en montant sur le mâle. Celui-ci l'encercle de ses pattes arrières et colle son cloaque au sien. Elle vient alors absorber le spermatophore, un sac de sperme, de son partenaire. Ce soir là à Oullins, ce ne sont pas moins de 584 individus que nous croisons. Certains font le pari de rejoindre les aires d'accouplement par la route. Ils n'ont pas le choix. La fragmentation des habitats séparant les sites boisés des uns des autres par de dangereux obstacles que sont les axes routiers, ne pouvant compter que sur la vigilance des conducteurs.

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S'en suit une longue gestation. Pendant 8 à 9 mois la femelle porte en son sein jusqu'à 70 larves auxquelles elle donnera naissance en s'immergeant sur une berge où elle s'assure de pouvoir remonter sans se noyer. Les petits évoluent pendant 3 à 6 mois en fonction de la température de l'air ambiant. En montagne on peut observer des individus mettant parfois deux ans à prendre forme. Pour vivre dans les eaux fraîches, peu profondes et pauvres en nutriments, elles utilisent des branchies qui leur permettent de filtrer l'oxygène. Sortie de l'eau, elles perdent leurs branchies et deviennent entièrement terrestre. Il leur faudra encore attendre 2 à 4 ans pour pouvoir se reproduire à leur tour. Fait surprenant, une femelle est capable de conserver tout au long de sa vie le sperme d'un mâle si l'accouplement et la mise au monde des larves se sont bien déroulés.

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Aux premières gelées, les salamandres partent en hibernation. Elles s'enfouissent alors dans la végétation, dans la terre ou dans des galeries de mammifères abandonnées. On peut aussi à l'occasion les voir dans les cavernes ou dans les caves. Si les conditions le permettent, on peut pendant l'hiver observer des individus sortir si la température avoisine les 10°C et plus ce qui reste rare. Fidèles à leur site d'hivernage, elles y reviennent années après années, ce qui assure d'en voir régulièrement quand on sait qu'un individu peut vivre 10 à 15 ans même si la littérature scientifique relève des cas d'animaux ayant dépassés en milieu naturel les 30 ans.

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Côté alimentation, bien que epu agiles et lentes voire même très lentes, ce sont de véritables chasseresses. Carnivores, elles prédatent les invertébrés qui aiment les milieux humides. Cloportes, araignées, limaces et autres vers de terre sont au menu, ainsi que des animaux plus massifs si l'occasion se présente et qui sont capturés à l'aide de leurs dents pointues là où les organismes plus petits sont attrapés avec la langue en affût. Adultes, elles ne connaîssent pas de prédateurs en raison de leur toxicité que rappelle sa couleur d'avertissement. Leur venin provient de ses glandes parotoïdes, bien visible à l'arrière de la tête et qui se manifestent par des petits points noirs. On retrouve également des glandes à venin sur le dos et plus sporadiquement sous la peau épaisse et brillante. Les alcaloïdes secrètés sont non seulement toxiques pour les animaux qui tente de croquer une salamandre, mais aussi pour les champignons et bactéries qui peuvent s'attaquer à sa peau fragile.

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D'ailleur, ce sont des animaux protégés, en pleine régression et qu'il ne faut jamais manipuler, hormis s'ils sont en situation de danger. Dans ce cas on prendra le soin de les porter le moins possible et de toujours les prendre avec des mains humides, dénuées de plaîts et bien propres, la peau humaine pouvant communiquer des malades mortelles pour les amphibiens. On exclura bien sûr les aquariums dans lesquels on installera des larves de salamandres, cette habitude étant plus que préjudiciable aux animaux. Si on a la chance d'habiter non loin d'un espace forestier, on s'attachera plutôt ppour les favoriser à leur faire dans le jardin un petit coin de paradis en créant une mare aux pentes douces, en favorisant des haies aux essences locales et en laissant ici et là des tas de matières organiques (feuilles, branches ...) qu'on laissera se faire peupler par la faune au rythme des saisons.

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Des les bois, les salamandes ne sont pas les seules à partir en vadrouille, le crapaud commun (Bufo bufo) est de sortie. Nocturne comme sa cousine, il n'est pas là pour les amours mais pour se nourrir. Bien qu'appartenant tous deux à la classe des amphibiens, ils ne sont pas de la même famille. Ils ont cependant pour point commun leurs glandes à venin.

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La salamandre se trouve chez les Salamandridae et dans le genre des Salamndra. Le crapaud commun pour sa part se range chez les Bufonidae et dans le genre Bufo. Pour en revenir à ce dernier, c'est un animal de belle taille avec des femelles qui peuvent dépasser 11 centimètres, en faisant le plus gros crapaud d'Europe. Là où sa cousine jaune et noire est associé aux rois et à l'alchimie, la culture populaire fait de lui le compagnon des sorcières. Cuisiné, utilisé entier ou en morceaux dans des filtres, il serait un ingrédient indispensable pour ensorceler les imprudents et les malchanceux. Il était même parfois désigné comme animal de compagnie pour les diaboliques. Si aujourd'hui c'est un animal protégé, on continue de l'employer dans l'imaginaire et lors des fêtes en particulier pour Halloween.

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Lors de cette soirée, nous tombons sur une découverte macabre. Dans le bois, de nombreux fils barbelés de prison (oui oui !) sont balancés à la volée à même le sol, résultat du choix politique d'une copropriété aux idées aberrantes. À quelques pas de ceux-ci, la dépouille d'un hérisson d'Europe (Erinaceus europaeus). Nous en trouverons une plus loin en contrebas du boisement. Il n'est pas possible d'établir un lien entre l'animal mort trouvé et le barbelé mais il est légitime de se poser des questions, d'autant plus que le dit fil barbelé a été balancé sans ménagement dans une mare forestière peuplée de larves de salamandres et de tritons. De quoi enrager, car au-delà du danger pour la faune et de la pollution du site, c'est aussi l'intégrité des personnes qui est en jeu.

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Ce n'est pas la seule menace qui pèse sur les amphibiens pour revenir à eux. Faisons un bon dans le temps dans l'espace et le temsp pour nous rendre sur l'Île de la Table Ronde à la fin du printemps. Dans certaines des mares, d'étranges phénomènes se produisent. Des grenouilles de couleur jaunes voire blanches font leur apparition, au même titre que des pontes blanches de grenouilles de type vertes (Pelophylax kl. esculentus). On pourrait croire qu'il s'agit d'un tour de jeu de la nature, de la génétique ou du climat, le gel pouvant donner cet aspect à une ponte. Il semblerait qu'il n'en soit rien est que le responsable soit un champignon microscopique, Batrachochytrium dendrobatidis appelé parfois Bd.

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Ce champignon est la terreurs des amphibiens. De par le monde, on estime 50 à 90 le nombre d'espèces disparues à cause de ce dernier. Conduisant à l'apparition de nécroses et de la mort en moins de deux semaines par crise cardiaque des animaux, ses forment les plus virulentes se sont répandues à travers le monde par le commercialisation à échelle mondiale d'un test de grossesse utilisant des oeufs de grenouilles touché par une forme particulièrement virulente de Batrachochytrium dendrobatidis, celui-ci étant naturellement présent dans une grande partie du monde. Cela ne fait que 10 ans qu'il est présent en France mais cause déjà bien des dégâts. Une souche proche, Batrachochytrium salamandrivorans, à conduit au Pays Bas à la disparition de plus de 90% des populations de salamandres, faisant craindre le pire pour nos populations si celui-ci arrive sur notre territoire.

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Une autre espèce, rare et protégée partage le site bien qu'elle ne soit pas aquatique. La fougère langue de serpent (Ophioglossum vulgatum) est une plante superbe et portant plus que bien son nom avec sa longue fronde.

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Des centaines de pieds couvrent la petite clairière dans laquelle se trouve la mare. Il s'agit d'une des plus grandes populations du Rhône. Sur la fronde fertile enroulée dans la fronde stérile ressemblant à une feuille, des sporanges c'est à dire des sacs de spores permettent à la fougère de se reproduire. C'est de la rencontre entre deux spores dans un milieu humide qui donne naissance à un nouvel individu. Pour espérer la trouver, il faut chercher les sols à tendance calcaire, immergés par intermittence ou du moins humides une partie de l'année, de préférence du côté des prairies, des fossés et des bords de forêts tempérés. Sa réputation de plante magique lui a valu au Moyen Âge et à la Renaissance d'être utilisée comme ingrédient vulnéraire dans les baumes pour soigner les plaies.

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C'est sur ces images de la faune et de la flore de l'Île de la Table Ronde que se termine ce portrait d'espèce. Les salamandres jaunes et noires sont des animaux fascinants, et il y a bien encore à apprendre sur eux, ne serait-ce que leur cycle de vie avec leurs mues, chose que j'ignorais, leur système de reproduction qui en fonction des airs où elle se trouve peut différer ou encore à travers leur paterne de tâches, propre à chaque individu et permettant de les identifier sans à avoir à faire un marquage impactant sur les animaux (section d'un doigt par exemple).

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samedi 7 décembre 2019

3e édition du forum Mycélium : des champignons et de l'agriculture.

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Troisième édition du forum Mycélium pour moi. Cette année, je suis là sur presque l'intégralité de l'évènement, un vrai bonheur. Nous avons eu des moments forts, une superbe équipe qui a fait une installation de fou et surtout, de très belles rencontre. Pour ma part je suis intervenue en conférence sur la thématique "Les étranges amours entre animaux et champignons'' pour évoquer le lien entre monde fongique et monde animal.

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L'ami Joseph est là, avec ces magnifiques photos en macro qu'il aime partager sur les réseaux et qu'il a pour l'occasion édité en format papier. Pas besoin pour lui de longues

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marches, il sait avec l'aide de ses chiens débusquer les merveilles de la nature qui sont là, à quelques pieds de nous le long des chemins. Recréant en intérieur avec brio des paysages forestiers et lilliputiens où évoluent lichens, insectes, fleurs et autres champignons, il fait découvrir à qui le veut son studio photo qui bien souvent, tient sur la même surface que celle d'une feuille A4. Traînant ses savates entre le Rhône et la Loire, il dresse fidèlement un portrait de la fonge et de la flore des forêts locales composées bien souvent de feuillus. Joseph n'est pas seul à exposer, on retrouve aussi Héléna avec ses ateliers mycorhizés et Gérald avec son incroyable collection de cristaux qu'il extrait lui même des entrailles du sol ardéchois, faisant apparaître des merveilles dans la mousse de l'exposition de champignons de 300 espèces.

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Pour ma part, j'anime un petit atelier enfants. Mémory, jeux de société, manipulations d'objets sur le lien oiseaux-champignons, construction de cabanes et de vrais-faux nids en lichens, ballades dans le bout de campagne ... il y a de quoi faire sans compter les nombreux jeux créer par divers membres de notre association, le Mycorium Sauvage que vous pouvez retouver sur internet ICI  mais aussi sur les réseaux sociaux juste .

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2 heures du matin, nous terminons la mise en place de l'exposition. Les amanites sont reines. Sous une amanite tue-mouche géante trônant dans le fond de la salle, vestige du char de cet été dédié aux champignons, une multitude d'Amanita ont fleurie dans un tapis de mousse. Vous vous doutez bien, Amanita muscaria est au coeur de mes compositions, celle-ci attirant par son incroyable chapeau rouge et blanc tous les regards.

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Nous n'en avons pas encore trouvé beaucoup. Le cèpe de Bordeaux (Boletus edulis) déchaîne les passiosn et comme l'indique son autre nom de cèpe du Périgord, il est revendiqué comme emblématique de nombreux territoires, bien que ce soit dans le sud-ouets qu'il soit le plus commun.

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Recherché, ce bolet fait parti du club très fermé des quatre cèpes qu'il compose avec le cèpe des pins (Boletus pinophilus), le cèpe bronzé (Boletus aereus) et le cèpe d'été (Boletus aestivalis). Comme en mathématique avec la fameuse maxime "tous les carrés sont des rectangles sont des rectangles mais tous les rectangles ne sont pas des carrés", tous les cèpes sont des bolets mais tous les bolets ne sont pas des cèpes. Pour revenir au cèpe de Bordeaux, on le reconnaît à son chapeau brun, parfois chamois, à son pied blanc faiblement veiné et par le parfum délicat de sa chair. Excellent comestible, on peut le cuisiner braisé, en carpaccio cru, à la crème, en ragoût, grillé ou en papillote dans un feu de bois.

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On voilà deux que je découvre pour la première fois, et bien que leur nom vernaculaire soit le même, ils ne sont pas placés sur la même branche dans la classification phylogénétique. À gauche, un tricholome âpre (Tricholoma acerbum), champignon rare et très médiocre comestible en raison de son goût appartenant aux Tricholomataceae. À droite, le tricholome aggrégé (Lyophyllum decastes), un comestible de la famille des Lyophyllaceae.

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La collybie visqueuse (Oudemansiella mucida) est magnifique. Blanche voire même translucide, elle semble constamment couverte de rosée. Elle apprécie les troncs de hêtres affaiblis ou morts sur lesquels elle se développe pendant l'été et l'automne. Piètre comestible, il vaut mieux la laisser dans la nature, son goût étant piètre tout comme son pied certes grêle mais coriace et sa chair à la consistance molle.

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Pose dans le week-end. 37 milans royaux (Milvus milvus) nous survolent, un instant magique. Il y a fort à parier qu'ils partent tous dans la même direction, le Massif Central. Là bas, il n'est pas rare de voir un millier d'oiseaux réunis en un grand dortoir, une partie d'entre-eux utilisant le site pour se reposer avant de partir en Afrique, l'autre y séjournant tout l'hiver avant de repartir dans le nord quand le printemps arrive.

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Les journées sont riches et bien occupées, les nuits aussi, et donc pas ou du moins, peu de reportage photo pour cette année. Cependant vous pouvez retrouver l'intégralité de l'événement en ligne sur le site et encore mieux, pour une adhésion à l'association du Mycorium Sauvage, vous pourrez bientôt retrouver les vidéos de l'édition 2018 et 2019 de tous les intervenants traitant des liens entre champignons, animaux, culture, agriculture etc.

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samedi 24 août 2019

Trésors de Méditerranée : les espèces rares.

Nous avons pu le temps d'un long week-end partir découvrir d'espaces rares et remarquables non loin de Marseille. Nous ne pensions pas tomber sur des lieux aussi beaux mais surtout, des milieux représentants les tous derniers de leur genre en France et des espèces rares et menacées de disparition. Ainsi, la moitié des animaux, plantes et paysages présentés ici ne feront sans doute plus partie du patrimoine français dans 5, 10 ou 20 ans, ce qui me laisse en bouche un sentiment de dégoût et d'infinie tristeste.

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RESERVE DE CRAU

Première étape d'un parcours de quelques jours dans le sud de la France à la découverte de la faune et de la flore locale et plus particulièrement, des oiseaux. Nous sommes plus que chanceux en remplissant notre objectif du premier coup : voir l'outarde cannepetière (Tetrax tetrax), un oiseau incroyable et qui, comme de nombreuses autres espèces, proche de la disparition dans notre pays. Ce jour là, deux mâles se poursuivant nous font l'honneur de leur présence. Non content de cette première réussite, nous observons également une femelle de busard cendré (Circus pygargus), passant à quelques battements d'ailes de nous, cherchant une aire propice à sa nidification dans le coeur de la réserve de Crau, l'une des seules steppes de France connue. Ancien terrain de l'armée, elle est aujourd'hui un havre de pays pour la biodiversité.

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L'asphodèle fistuleux (Asphodelus fistulosus) est une belle liliacée (ou Asphadalacée ou Xanthorrhoeacée selon les classifications) au port délicat et aux fleurs semblables à des étoiles blanches. C'est une espèce méditerranéenne qui, comme tous les asphodèles, dans la mythologie grecque couvrait les Champs Elysées, nom donné aux Enfers et que plus tardivement (et en toute modestie), à l'avenue qui mène à l'Arc de Triomphe.

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La buse variable (Buteo buteo) est un rapace commun. Il s'observe facilement mais ne se laisse que peu approcher. Ici il s'agit d'un jeune individu en affût, à la recherche sans doute de micro-mammifères tels les campagnols et les mulots qui composent une grande part de son régime alimentaire. Occasionnellement et en cas de disette, les sauterelles et autres criquets peuvent être ajoutés au menu. La grande variabilité de plumage entre individus a valu à cette buse son nom vernaculaire de variable. Outre fait, cela explique que l'oiseau soit souvent confondu avec d'autres rapaces aux motifs clairs. Aimant se poser sur un perchoir, que celui-ci soit un arbre ou un piquet en bord de route, elle favorisera toujours les hauts arbres dans les bosquets et forêts difficilement atteignables pour nicher. Le couple, fidèle pour la vie, construit une plate-forme faite de branches qui au fil des années peut prendre une dimension impressionnante. C'est là que verront le jour 3 à 4 oisillons qui s'émenciperont rapidement mais ne quitteront leurs parents qu'à l'été venu.

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Les alouettes des champs (Alauda arvensis) au chant si caractéristique, s'élèvent haut dans le ciel au point de se fondre avec les nuages. Nous pensions avoir réussi à en photographier une, mais c'était sans compter sur l'arrivée de ce pipit rousseline (Anthus campestris). Ce petit passereau se reconnaît non seulement à son plumage mais aussi à sa posture dréssée et à sa longue queue. Il adore les zones ouvertes, buissonneuses et sèches.

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Le site regorge d'invertébrès aux proposions incroyables, comme en atteste ce ver de terre, identifié sans certitude par mes soins comme Microchaeta. On compte des centaines et centaines d'espèces de ver de terre ne serait-ce qu'en France, certaines se trouvant juste sous la surface, d'autre à plusieurs mètres de fond quand la roche mère se trouve loin de nos soulier. Ces derniers peuvent alors atteindre jusqu'à un mètre de long !

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Autre géante et pas des moindres, la scolopendre méditerranéenne (Scolopendra cingulata), du moins c'est ce que nous pensons car bien souvent, la distinction entre espèces se fait sur l'observation des parties génitales. Néanmoins les dimensions et la localisation de la belle tendent à rendre cette identification probable. Cette scolopendre, la plus grosses d'Europe, peut atteindre 15 cm ce que nous avons pu constater sur un autre individu (Scolopendra gigantea vivant en milieu tropical peut atteindre 50 cm). Carnivore, elle se nourrit de petits animaux (insectes et jeunes lézards) qu'elle capture grâce à ses forcipules (pattes devenues des crochets venimeux), qui lui servent à injecter son venin. Si la morsure est douloureuse chez cette espèce, elle n'est pas pour autant dangereuse. Nocturne, elle se réfugie sous les rochers aux premiers rayons du soleil. Difficile à trouver, je ne prends mesure qu'aujourd'hui de la chance que nous avons eu de la rencontrer.

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Et au milieux de tout cela, une autre merveille, notre premier lézard ocellé (Timon lepidus), reconnaissable à ses belles ocelles bleues et vertes. Si c'est le plus grand lézard d'Europe, c'est aussi l'un des reptiles les plus rares et menacés de France, ayant le statut d'espèce en voie d'extinction. Oui, la disparition du vivant ne se produit pas qu'à l'autre bout du monde, chez nous aussi des animaux sont rayés de la carte, d'autant plus que l'on parle ici d'une espèce vieille  de 2,3 millions d'années et appartenant à la clade des Sauriens, celle des dinosaures.

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Patûrés pour éviter qu'ils ne se referment, les milieux de steppes sont idéaux pour les plantes supportant les forts piétinements. C'est le cas notament du plantain corne de cerf (Plantago coronopus) qui porte bien son nom quand on se penche sur la forme atypique de ses ramifications. Le fait qu'il soit prostré, les feuilles collées au sol n'est pas anodin, en effet c'est une technique lui permettant d'échapper aux coups de dents des herbivores qui prendrait le risque d'emporter en bouche l'équivalant en terre de ce qu'ils pourraient prélever sur la plante.

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Deux patous nous accompagnent sur un bout du chemin. Ils assurent leur travail de chiens de garde en prenant soin à ce que le troupeau de moutons qui pâture un peu plus loin ne risque rien. Chiens errants, de ferme et de promeneurs, personnes mal attentionnées, randonneurs peu consencieux ... ici ce sont les principales menaces qui peuvent provoquer au mieux des réactions de panique parmi les brebis, au pire la perte d'une partie du bétail.

 

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MARAIS SALANTS D'ISTRES

Collés à la voie rapide, surmontés de lignes à hautes tensions et encadrés par les industries, les marais salants d'Istres ne laissent en rien penser qu'il s'agit ici d'un lieu propice à la vie et à la découverte de la flore et de la faune, et pourtant ! Les flamands roses (Phoenicopterus roseus) et les sternes pierregarins (Sterna hirundo) s'y plaisent et ils n'y sont pas les seuls, deux faucons Kobez (Falco vespertinus) en stationnaire au loin nous permettant pour la toute première fois d'observer cette espèce migratrice. De larges chemins aménagés permettent aux cycles et aux piétons de déambuler tranquillement. Les berges et les digues cachent des regards curieux la plupart des oiseaux qui peuvent se nourrir et se reproduire tranquillement parmi les algues et les salicornes. Un compromis idéal si on exclu le cadre très anthropique.

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Acrobatiques échasses blanches (Himantopus himantopus). C'est le moment de penser à l'avenir pour elles. C'est un petit limicole aux pattes rouges ne dépassant pas 200 grammes. Son longue bec lui est fort précieux pour sonder la vase des marais et des prés humides qu'elle affectionne. C'est là quelle trouve le gros de sa nourriture, celle-ci se composant de vers, de têtards, de petits crustacés, de mollusques et d'insectes comme les mouches.

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À l'échelle mondiale, les populations d'échasse blanche semblent stables, et si en France ses effectifs ne régressent que lentement, son milieu de vie lui se réduit à peau de chagrin, de nombreuses zones humides continuant d'êtres bétonnées. Heureusement, la belle se suffit de peu pour nicher, et un léger trou gratté dans le sol ou un tas de végétaux sur la terre ferme dans les galets ou l'eau, lui suffisent à élever ses poussins.

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Voici une espèce qu'on ne croise que très peu chez nous, le chevalier gambette (Tringa totamus) aux jolies pattes rouges. Cet échassier est une véritable sentinelle pour les autres oiseaux de rivage se nourrissant en sa compagnie. Au moindre danger, il pousse des sifflements stridents indiquant à toute la troupe qu'il est l'heure de déguerpir. Contrairement à l'échasse blanche, il ne fouille pas la vase de son bec mais chasse à vu les petits invertébrés. Présent partout en Europe, c'est sur les côtes méditerranéennes et en Afrique qu'il passe l'hiver.

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Le petit gravelot (Charadrius dubius) est un de nos oiseaux préférés. Avec ses cris mélancoliques, sa courte queue, son vol rapide et son immense oeil doré, il nous est impossible de ne pas craquer. Bien qu'il ne dépasse pas les 50 grammes, il présente une envergure respectable, jusqu'à 48 centimètres pour les plus grands individus. Nichant dans les galets en bord de plage, les activités nautiques menaces sa reproduction.

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Les marais salants sont également des milieux idéaux pour l'avocette élégante (Recurvirostra avosetta). Proche de l'échasse blanche, elle s'en différencie plus particulièrement par ses pattes noires, sa plus grande taille et son bec recourbé si particulier. Ce dernier lui permet de filtrer la vase en effectuant des balancements de tête de droite à gauche, des mouvements souvent effectués sous l'eau. Entièrement protégée sur le territoire de France métropolitaine depuis 1981, elle n'y séjour qu'a la période des amours et de reproduction, retournant en Afrique quand les jeunes ont gagné leur autonomie. Ayant une longévité de 25 ans, ce sont des oiseaux qui peuvent être aisément suivis par le bagage pour connaître leurs habitudes de vie d'une année à l'autre et noté des changements dans leur comportement vis-à-vis du changement climatique.

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Une bergeronnette printanière (Motacilla flava) au plumage éclatant s'est posée dans la végétation, le temps de faire une pause avant d' arpenter les bancs de vases à la recherche de quoi casser la dalle. C'est également un oiseau migrateur comme tant d'autres présentés ici, et comme eux, elle affectionne les bords de la méditerranée et l'Afrique où elle a l'assurance de trouver quoi se nourrir, les invertébrés étant actifs sous ces latitudes.

 

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OISEAUX DES VILLES

Marseille, ses plages, son marché, ses trottoirs et ses nuits sans silence. La ville est souvent perçue comme un endroit peu propice pour s'essayer à l'ornithologie et pourtant, entre les bâtiments abandonnés, les grands parcs et les zones de friches, plusieurs espèces parfois surprenantes peuvent aisément être observées pour notre plus grand plaisir, d'autant plus qu'habituées aux humains, celles-ci se montrent peu farouches. Le marché du Prado est un endroit excellent pour s'exercer, car outre les pigeons bisets, bien d'autres animaux peuvent être observés voletant parmi les cagettes oubliés et les restes de fruits et de légumes qui font leur plus grand bonheur à l'heure du midi. Le tout est de s'armer de patience et d'un peu d'ingénieurie, mais c'est à ce titre que l'on peut saisir des moments de vie surprenants, comme ce jour où nous avons pu observer un goéland hurler à pleins poumons sur la toiture d'une poissonnerie, essayant en vain d'obtenir de quoi faire pitance.

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Parmis les osieaux communs, les moineaux domestiques (Passer domesticus) ont une bonne place, même si c'est une espèce qui tend à disparaître sans que l'on ne sache véritablement pourquoi, mais il a fort à parier que la diminution de 50 à 80 % des populations d'insectes n'y est pas pour rien, et expliquerait la diminution de 70% des moineaux en moins de 30 ans. De l'autre côté, nous avons l'étourneau Sansonnet (Sturnus vulgaris) qui lui semble s'être très bien acclimaté aux changements que connaissent les villes et les campagnes.

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Surprise, un chevalier guignette (Actitis hypoleucos) nous fait l'honneur de sa présence à l'entrée du parc Borely. On le reconnaît aisément à ses pattes vert-jaune et à la virgule blanche au sommet de son aile repliée. C'est un habile chasseur qui s'observe dans une grande variabilité de milieu, pour peu qu'il y ait à proximité un point d'eau où il peut trouver les vers, mollusques et autres insectes dont il se nourrit. Il affectionne aussi les sites de pâture.

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Détour par la mer, car on ne peut parler de la côté méditerranéenne sans parler de la grande étendue d'eau saline qui l'anime. Le vent souffle, l'air est frais, les vagues sont hautes et les surfeurs, heureux.

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Contrairement à ce que nous avons pu voir à La Rochelle ou en Bretagne, la laissée de mer est peu présente sur la plage, la faute à l'absence des marées qui permettent d'ordinaire l'appartion de dépôts importants de matières organiques marines mais aussi, aux tracteurs passant tôt le matin pour nettoyer le sable blanc des déchets et des éléments naturels pouvant gêner les baigneurs, dissimulant dans le sable la trace des pollutions humaines mais aussi, d'inombrables trésors venu du fonds de l'eau : coquillages nacrés, restes de crabes, algues multicouleurs et plumes d'oiseaux marins. Il faut être alors lève tôt pour remplir ses poches des vestiges aquatiques ramenés par la mer.

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Les animaux s'invitent en ville également par la porte de la culture. Ici deux figurent symbolique d'une église attenante à un couvent situé non loin du Prado. Des têtes de chiens à oreilles de feuilles ornent de par et d'autre les hauts murs, tendis qu'un ange ailé, n'allant pas sans rappeler certains oiseaux, surveille l'entrée.

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Voici une bien belle exotique qui pose nombre de problèmes écologiques, la perruche à collier (Psittacula krameri). Arrivée il y a quelques années en France, elle utilise les cavités des écureuils, des étourneaux, des mésanges et de tout autre animal cavernicole pour nicher. Défendant ardemment son lieu de vie, et allant jusqu'à déloger les locataires des trous qu'elle visite, elle conduit à la disparition localement de certaines espèces indigènes.

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Disposant d'un important capital sympathie de la part du public (c'est à l'origine un animal domestique), il est bien compliqué de se faire entendre quand il s'agit d'expliquer en quoi son arrivée peu conduire à des catastrophes  à l'échelle locale pour notre biodiversité. Ici un couple s'abrite dans les branches d'un érable negundo (Acer negundo), une autre EEE (espèces exotique envahissante) nommée aussi invasive et qui pose tout autant de soucis.

Le séjour prend fin ici, au bout d'une des nombreuses allées du parc de Borely, sous le regard attentif d'une pie bavarde (Pica Pica) dans un robinier faux-acacia et d'un gobemouche gris (Muscicapa striata), un très beau mâle excité comme tout à la vu de ses cris, de ses sauts et autres hochements de tête. Nous reviendrons à la fin de la saison découvrir les oiseaux si rares et typiques du sud de la France, sa garrigue et ses plages. Bel été.

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dimanche 9 avril 2017

Les conifères du parc de la tête d'or.

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Depuis que nous habitons dans le sud de Lyon, nous n'avons plus vraiment l'occasion de partir en nature hormis le week-end (et encore !). Heureusement nous ne sommes pas très loin du parc de la Tête d'Or. Comme vous avez pu le voir, plusieurs articles et vidéos lui sont dédiés sur le blog. Aujourd'hui je vous propose de découvrir quelques unes des espèces de conifères que l'on peut rencontrer dans ce parc de ville de 117 ha.

 

Le sapin blanc (Abies alba).

On le reconnaît aux deux rangées de stomates blancs que l'on peut voir sur le revers de ses aiguilles. Ceux-ci permettent à l'arbre de faire des échanges avec l'atmosphère, notamment en retenant ou libérant de l'eau (évapotranspiration) quand il fait trop chaud. Des bourgeons on tire des liqueurs typiques des montagnes.

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Le pin pleureur de l'Himalaya (Pinus wallichiana).

 C'est un bel arbre qui peut atteindre plus de 45 mètres de haut. On le reconnaît à ses très longues aiguilles qui mesurent 10 à 20 cm de long et qui sont regroupées par 5. Typique des montagnes du continent asiatique (jusqu'à 3000 mètres), cela fait moins de 200 ans qu'on peut le trouver dans les parcs et jardins de France.

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Le pin maritime (Pinus pinaster).

Originaire du sud du bassin méditerranéen, on le trouve un peu partout en France, en particulier sur la côte atlantique où il est cultivé pour sa croissance rapide. On le reconnaît généralement à ses cônes et à son écorce qui forme de grandes plaques rouges ou grises selon son âge. Il peut vivre plus de 500 ans.

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Le pin noir d'Autriche (Pinus nigra).

C'est un conifère très résistant à la sécheresse qui présente des aiguilles longues réunies par deux et des cônes assez petites (souvent moins de 10 cm). Résistantégalement à la neige, il se plaît en montagne et dans les zones arides pourtour méditerranéen. Il a besoin de beaucoup de soleil pour se développer.

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Le pin du Paraná (Araucaria angustifolia).

Cousin du désepoir des singes, il s'en distingue par ses aiguilles bien plus fines. Originaire d'Amérique du Sud et en particulier du Brésil et d'Argentine, il est aujourd'hui en voie d'extinction, l'exploitation de son bois de bonne qualité lui ayant été fatal. Ses graines sont comestibles et ont été pour certaines ethnies leur nourriture de base.

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L'auracaria du Chili (Araucaria araucana).

 Appelé aussi désespoir des singes, il est plus montagnard que l'araucaria augustifolia. C'est un arbre pouvant atteindre de grandes dimensions mais également dépasser les 1000 ans. Certains spécimens auraient même plus de 2000 ans. Son écorce est très reconnaissable, en particulier chez les vieux spécimens où elle forme des losanges tout du long du tronc. Ses cônes femelles forment une grosse masse entourée d'aiguilles fines.

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Le sapin d'Andalousie (Abies pinsapo).

 C'est un conifère que j'ai découvert il y a peu de temps et que j'adore. Ses aiguilles sont souvent bleutées (cultivar "Glauca"), légèrement striées et assez fines bien que robustes. On le rencontre dans son milieu naturel en Espagne et dans le Nord du Maroc (on fait  la distinction entre la sous-espèce espagnole et la marocaine).

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Quelques oiseaux du parc.

 Hormis ceux de la fosse africaine ou des volières, on peut admirer quelques oiseaux indigènes de nos contrées. Ce sont ceux que je préfère. Ils font parti de ce que l'on nome la "nature ordinaire". Pourtant quand on prend le temps de les regarder avec un peu d'attention, on voit souvent qu'ils n'ont rien d'ordinaire ne serait-ce que par leurs couleurs, leur parade nuptiale, leur chant ou leur comportement qui souvent sont surprenants.

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Le mot de la fin.

Aie aie j'ai prit un vilain retard dans mes publications. Entre les sorties, les révisions et les examens, pas simple de s'y retrouver, de répondre à tout le monde par mails/commentaires, de vous parler de morilles et de passer un peu temps à la rédaction. Depuis peu je m'essaye au montage de mini-vidéos ce qui là encore me mange quelques heures, mais les vacances et la période de stage approchant, tout devrait rentrant dans l'ordre.

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