samedi 21 décembre 2019

Des salamandres dans le Rhône.

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Incroyable animal n'est-ce pas ? La salamandre noire et jaune (Salamandra salamandra) ne va pas s'en fasciner les grands comme les petits. D'ailleurs, elle a même inspiré une magnifique revue du même nom que je vous encourage à consulter ICI. Elle comporte de nombreux noms comme celui de salamandre terrestre, rappelant que l'animal bien qu'appartenant à la famille des amphibiens n'est inféodé aux milieux humides que pour sa reproduction et que la plonger dans une mare profonde peut même la conduire à la noyade.

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Cela ne serait le seul patronyme qu'on pourrait lui donner, la belle se nommant aussi salamandre de feu, en évocation à la vieille rumeur qui voudrait qu'elle résiste au feu. Certes l'animal peut produire un suc pendant quelques secondes s'il se trouve dans un brasier, mais cela ne serait le protéger de flammes et il finirait inexorablement par brûler vif. Néanmoins, cette idée reçue tenace a longtemps perduré et de grands noms ont pris pour emblème la salamandre tachetée pour sa résistance au feu supposée.

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Nous sommes début octobre, les salamandres n'ont qu'une seule idée en tête : se reproduire. L'accouplement à lieu hors de l'eau, dans les sous-bois humides en particulier quand il pleut et que la température est douce. C'est la femelle qui mène la danse en montant sur le mâle. Celui-ci l'encercle de ses pattes arrières et colle son cloaque au sien. Elle vient alors absorber le spermatophore, un sac de sperme, de son partenaire. Ce soir là à Oullins, ce ne sont pas moins de 584 individus que nous croisons. Certains font le pari de rejoindre les aires d'accouplement par la route. Ils n'ont pas le choix. La fragmentation des habitats séparant les sites boisés des uns des autres par de dangereux obstacles que sont les axes routiers, ne pouvant compter que sur la vigilance des conducteurs.

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S'en suit une longue gestation. Pendant 8 à 9 mois la femelle porte en son sein jusqu'à 70 larves auxquelles elle donnera naissance en s'immergeant sur une berge où elle s'assure de pouvoir remonter sans se noyer. Les petits évoluent pendant 3 à 6 mois en fonction de la température de l'air ambiant. En montagne on peut observer des individus mettant parfois deux ans à prendre forme. Pour vivre dans les eaux fraîches, peu profondes et pauvres en nutriments, elles utilisent des branchies qui leur permettent de filtrer l'oxygène. Sortie de l'eau, elles perdent leurs branchies et deviennent entièrement terrestre. Il leur faudra encore attendre 2 à 4 ans pour pouvoir se reproduire à leur tour. Fait surprenant, une femelle est capable de conserver tout au long de sa vie le sperme d'un mâle si l'accouplement et la mise au monde des larves se sont bien déroulés.

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Aux premières gelées, les salamandres partent en hibernation. Elles s'enfouissent alors dans la végétation, dans la terre ou dans des galeries de mammifères abandonnées. On peut aussi à l'occasion les voir dans les cavernes ou dans les caves. Si les conditions le permettent, on peut pendant l'hiver observer des individus sortir si la température avoisine les 10°C et plus ce qui reste rare. Fidèles à leur site d'hivernage, elles y reviennent années après années, ce qui assure d'en voir régulièrement quand on sait qu'un individu peut vivre 10 à 15 ans même si la littérature scientifique relève des cas d'animaux ayant dépassés en milieu naturel les 30 ans.

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Côté alimentation, bien que epu agiles et lentes voire même très lentes, ce sont de véritables chasseresses. Carnivores, elles prédatent les invertébrés qui aiment les milieux humides. Cloportes, araignées, limaces et autres vers de terre sont au menu, ainsi que des animaux plus massifs si l'occasion se présente et qui sont capturés à l'aide de leurs dents pointues là où les organismes plus petits sont attrapés avec la langue en affût. Adultes, elles ne connaîssent pas de prédateurs en raison de leur toxicité que rappelle sa couleur d'avertissement. Leur venin provient de ses glandes parotoïdes, bien visible à l'arrière de la tête et qui se manifestent par des petits points noirs. On retrouve également des glandes à venin sur le dos et plus sporadiquement sous la peau épaisse et brillante. Les alcaloïdes secrètés sont non seulement toxiques pour les animaux qui tente de croquer une salamandre, mais aussi pour les champignons et bactéries qui peuvent s'attaquer à sa peau fragile.

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D'ailleur, ce sont des animaux protégés, en pleine régression et qu'il ne faut jamais manipuler, hormis s'ils sont en situation de danger. Dans ce cas on prendra le soin de les porter le moins possible et de toujours les prendre avec des mains humides, dénuées de plaîts et bien propres, la peau humaine pouvant communiquer des malades mortelles pour les amphibiens. On exclura bien sûr les aquariums dans lesquels on installera des larves de salamandres, cette habitude étant plus que préjudiciable aux animaux. Si on a la chance d'habiter non loin d'un espace forestier, on s'attachera plutôt ppour les favoriser à leur faire dans le jardin un petit coin de paradis en créant une mare aux pentes douces, en favorisant des haies aux essences locales et en laissant ici et là des tas de matières organiques (feuilles, branches ...) qu'on laissera se faire peupler par la faune au rythme des saisons.

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Des les bois, les salamandes ne sont pas les seules à partir en vadrouille, le crapaud commun (Bufo bufo) est de sortie. Nocturne comme sa cousine, il n'est pas là pour les amours mais pour se nourrir. Bien qu'appartenant tous deux à la classe des amphibiens, ils ne sont pas de la même famille. Ils ont cependant pour point commun leurs glandes à venin.

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La salamandre se trouve chez les Salamandridae et dans le genre des Salamndra. Le crapaud commun pour sa part se range chez les Bufonidae et dans le genre Bufo. Pour en revenir à ce dernier, c'est un animal de belle taille avec des femelles qui peuvent dépasser 11 centimètres, en faisant le plus gros crapaud d'Europe. Là où sa cousine jaune et noire est associé aux rois et à l'alchimie, la culture populaire fait de lui le compagnon des sorcières. Cuisiné, utilisé entier ou en morceaux dans des filtres, il serait un ingrédient indispensable pour ensorceler les imprudents et les malchanceux. Il était même parfois désigné comme animal de compagnie pour les diaboliques. Si aujourd'hui c'est un animal protégé, on continue de l'employer dans l'imaginaire et lors des fêtes en particulier pour Halloween.

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Lors de cette soirée, nous tombons sur une découverte macabre. Dans le bois, de nombreux fils barbelés de prison (oui oui !) sont balancés à la volée à même le sol, résultat du choix politique d'une copropriété aux idées aberrantes. À quelques pas de ceux-ci, la dépouille d'un hérisson d'Europe (Erinaceus europaeus). Nous en trouverons une plus loin en contrebas du boisement. Il n'est pas possible d'établir un lien entre l'animal mort trouvé et le barbelé mais il est légitime de se poser des questions, d'autant plus que le dit fil barbelé a été balancé sans ménagement dans une mare forestière peuplée de larves de salamandres et de tritons. De quoi enrager, car au-delà du danger pour la faune et de la pollution du site, c'est aussi l'intégrité des personnes qui est en jeu.

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Ce n'est pas la seule menace qui pèse sur les amphibiens pour revenir à eux. Faisons un bon dans le temps dans l'espace et le temsp pour nous rendre sur l'Île de la Table Ronde à la fin du printemps. Dans certaines des mares, d'étranges phénomènes se produisent. Des grenouilles de couleur jaunes voire blanches font leur apparition, au même titre que des pontes blanches de grenouilles de type vertes (Pelophylax kl. esculentus). On pourrait croire qu'il s'agit d'un tour de jeu de la nature, de la génétique ou du climat, le gel pouvant donner cet aspect à une ponte. Il semblerait qu'il n'en soit rien est que le responsable soit un champignon microscopique, Batrachochytrium dendrobatidis appelé parfois Bd.

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Ce champignon est la terreurs des amphibiens. De par le monde, on estime 50 à 90 le nombre d'espèces disparues à cause de ce dernier. Conduisant à l'apparition de nécroses et de la mort en moins de deux semaines par crise cardiaque des animaux, ses forment les plus virulentes se sont répandues à travers le monde par le commercialisation à échelle mondiale d'un test de grossesse utilisant des oeufs de grenouilles touché par une forme particulièrement virulente de Batrachochytrium dendrobatidis, celui-ci étant naturellement présent dans une grande partie du monde. Cela ne fait que 10 ans qu'il est présent en France mais cause déjà bien des dégâts. Une souche proche, Batrachochytrium salamandrivorans, à conduit au Pays Bas à la disparition de plus de 90% des populations de salamandres, faisant craindre le pire pour nos populations si celui-ci arrive sur notre territoire.

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Une autre espèce, rare et protégée partage le site bien qu'elle ne soit pas aquatique. La fougère langue de serpent (Ophioglossum vulgatum) est une plante superbe et portant plus que bien son nom avec sa longue fronde.

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Des centaines de pieds couvrent la petite clairière dans laquelle se trouve la mare. Il s'agit d'une des plus grandes populations du Rhône. Sur la fronde fertile enroulée dans la fronde stérile ressemblant à une feuille, des sporanges c'est à dire des sacs de spores permettent à la fougère de se reproduire. C'est de la rencontre entre deux spores dans un milieu humide qui donne naissance à un nouvel individu. Pour espérer la trouver, il faut chercher les sols à tendance calcaire, immergés par intermittence ou du moins humides une partie de l'année, de préférence du côté des prairies, des fossés et des bords de forêts tempérés. Sa réputation de plante magique lui a valu au Moyen Âge et à la Renaissance d'être utilisée comme ingrédient vulnéraire dans les baumes pour soigner les plaies.

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C'est sur ces images de la faune et de la flore de l'Île de la Table Ronde que se termine ce portrait d'espèce. Les salamandres jaunes et noires sont des animaux fascinants, et il y a bien encore à apprendre sur eux, ne serait-ce que leur cycle de vie avec leurs mues, chose que j'ignorais, leur système de reproduction qui en fonction des airs où elle se trouve peut différer ou encore à travers leur paterne de tâches, propre à chaque individu et permettant de les identifier sans à avoir à faire un marquage impactant sur les animaux (section d'un doigt par exemple).

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mercredi 7 juin 2017

Sortie amphibiens.

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 Je n'ai pas beaucoup de photos à vous partager de cette équipée nocturne, mon petit appareil n'étant pas adapté pour photographier de nuit. Heureusement, il l'est bien plus pour filmer dans l'obscurité ce qui m'a permit de produire un film documentaire d'une minute sur les actions menées ce soir là, à savoir, compter et identifier les batraciens d'une zone humide aménagée pour le public. Les travaux sont récents mais déjà il y a fort à voir.

 Parmi les espèces observées, on peut citer les grenouilles vertes (Pelophylax sp.), les larves de salamandres tachetées (Salamandra salamandra), les tritons palmés (Lissotriton helveticus) mais aussi des loches (Cobitis sp.) qui sont des poissons filiformes présents dans les eaux d'un grand nombres de régions du monde.

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mercredi 26 avril 2017

Quelques minutes de Nature : la Nature Ordinaire.

 

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Quelques Minutes De Nature est une série de reportages amateurs de 2 à 5 min ayant pour thème la faune, la flore, les espaces naturels, le patrimoine campagnard et tout ce qui touche de près ou de loin à l’environnement. QMDN est issu du blog "La Renarde des Alpes". Pour cet épisode, petit point de définition sur ce qu'est la nature ordinaire et sur les enjeux de celle-ci.

La nature ordinaire se définit par le fait qu'elle compose notre quotidien. C'est la nature de tous les jours, celle que l'on croise au coin d'une rue entre deux pavés, dans un parc périurbain ou le long d''un talus longeant une route.

Difficile à définir, elle correspond à la fois à une zone tampon, c'est à dire un écotone entre le milieu imaginé comme sauvage et les zones de grande activité humaines mais aussi, à la faune et à la flore ne représentant pas un intérêt de protection ou d'étude particulier ou encore, aux espèces qui s'installent de manière spontanée et durable dans un milieu anthropisé.

Cette nature si ordinaire et si commune est dans les faits mal connue. Victimes de son ordinarité, certaines espèces qui la composent sont en forte régression et pourraient, même à terme, disparaître de nos paysages urbains. De ce fait, des études sont actuellement menées sur certaines espèces qui la composent pour mieux la comprendre et la maintenir, voire au besoin, la protéger.

mardi 18 avril 2017

Sortie en forêt 69.

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Peut être connaissez-vous l'ENS de Montagny ? J'ai eu la chance de le visiter il y a quelques semaines avec trois camarades de classe. Un ENS est espace naturel sensible dédié à la protection d'un milieu mais aussi à la sensibilisation et à la pédagogie. Sa visite s'est accompagnée de celle de la forêt de Chassagny qui ne manque pas d'interêt écologique et qui abrite des espèces remarquables dont des rapaces nocturnes et des amphibiens.

 

Le bois de Montagny.

 Il se compose de milieux humides et secs qui forment une grande mosaïque d'habitats, propice à diverses espèces rares comme l'oedicnème criard (Burhinus oedicnemus) et le cuivré des marais (Lycaena dispar) mais aussi pouvant acceuillir une flore remarquable comme l'orchis à fleurs lâches (Anacamptis laxiflora).

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Le hérisson d'Europe (Erinaceus europaeus).

Ce petit mammifère insectivore se rencontre dans les bois, les jardins et à proximité des haies ou comme ici, dans les prairies humides. Il peut dépasser les 2 kg et est couvert de pas moins de 6000 piquants qui assurent sa protection. Malheureusement celui-ci n'a pas su faire face aux prédateurs et il ne reste pas grand chose de lui.

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Les pelotes de réjections.

Contrairement à ce que l'on peut penser, les chouettes et les hiboux ne sont pas les seuls oiseaux à produire des pelotes de rejection. Ici il s'agît de pelotes de hiboux moyen-duc (Asio otus). Attention, manipuler ses pelotes nécessite d'avoir des gants et un masque. De plus, l'étude des pelotes de rejections est actuellement proscrite dans certains départements pour cause sanitaire en raison de la présence de la grippe aviaire.

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La souille à sangliers.

 Une souille est un point d'eau boueux où les sangliers viennent prendre leur bain pour se débarrasser des parasites et pour protéger leur peau. Ce sont des zones favorables pour faire de l'affût mais aussi pour relever les indices de présence comme les poils, les traces ou encore, les arbres contre les quels ils se sont frottés. 

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La végétation de sous-bois.

 Voici deux espèces emblématiques des floraisons de fin d'hiver. À gauche la belle hellébore fétide (Helleborus foetidus), qui se reconnaît à ses fleurs vertes bordées d'un liseré rouge. À droite une des trois corydales (Corydalis sp.) que l'on peut trouver dans le secteur : la corydale intermédiaire, la creuse et la solide.

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Le crapaud commun (Bufo bufo).

Ce crapaud a été victime du pied peu leste d'un cheval. C'est une espèce principalement forestière mais qui se rencontre aussi dans les plaines humides. Contrairement à la grenouille verte (Pelophylax sp.), il rejoint l'eau, comme la majorité des amphibiens, uniquement à la période de reproduction pour s'accoupler et pondre.

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Le nombril de Vénus (Umbilicus rupestris).

 Cette petite plante grasse aux feuilles épaisses peut être consommée, plus particulièrement avant floraison. Cependant en raison de son lieu de vie, les lieux humides et les vieux murs, il faut être prudent dans la consommation de ses feuilles pour limiter les risques de parasitisme, en particulier d'échinococcose et de douve.

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Le pic vert (Picus viridis).

Nous sommes tombés sur une plumée d'un pic vert qui a pu être prédaté par un oiseau de proie ou un renard. On le reconnaît à son plumage vert, à la tâche rouge qui orne son crâne et à son cri ressemblant à un rire moqueur. On le trouve plus particulièrement dans les forêts jeunes ou présentant des clairières et des lisières peu denses.

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La salamandre tachetée (Salamandra salamandra).

Nous avons enfreint la loi pour déterminer cette larve de salamandre et entrer les données de faune-rhône. En effet, il est interdit de saisir les amphibiens sans autorisation. Si vous êtes amenés à le faire, il faut les manipuler le moins longtemps possible et avec les mains bien humides. Ici nous avons pu déterminer qu'il s'agissait d'une salamandre tachetée en raison des taches jaunes présentes à la base des pattes et les tâches de la peau.

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Le mot de la fin. 

 Les publications sont restreintes en ce moment sur le blog et pour cause. Les examens se sont succédé (et plutôt bien passés). Dans un même temps le blog est entrain de connaître une véritable refonte avec la correction des 660 articles, que se soit la véracité des informations ou l'orthographe et il y a vraiment de quoi faire. Ajoutons à cela mon nouveau passe temps très chronophage, le montage vidéo et le temps consacré aux sorties.

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lundi 27 février 2017

Sortie sur le terrain, étude de la malacologie.

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 Nouvelle sortie avec ma classe de BTS GPN. Derrière le lycée Agrotec Vienne-Seyssuel se trouve un bois riche en biodiversité, anciennement classé en APPB et étant inclus dans une ZNIEFF de type 1. C'est là que nous avons pu nous exercer à la chasse aux escargots pour pratiquer leur étude, à savoir la malacologie.

 

Le prélévement.

Les escargots et autres mollusques terrestres ne sont pas forcément, comme on le pense souvent, des animaux de bonne taille (c'est à dire 1 à 3 centimètres). Beaucoup d'entre eux ne mesures que quelques millimètres voire parfois moins. La forme de leurs coquilles varies beaucoup, certaines sont mêmes couvertes de poils !

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La salamandre tachetée (Salamandra salamandra).

Cette pauvre salamandre a été par mégarde dérangée. Elle a aussitôt retrouvé son abris de feuilles où elle hibernait bien tranquillement. Ces salamandres sont connues pour être fidèles à leur site d'hibernation qu'elles regagnent années après années tout du long de leur vie, qui parfois dure plus de 30 ans.

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Les habitats des gastéropodes.

On rencontre les escargots dans une grande diversité de milieux. Sous des planches, aux pieds ou sur les murs, dans la litière forestière ou au fond des lits de ruisseaux et même dans les berges sableuses, ils sont partout. Néanmoins une bonne paire d'yeux et une loupe binoculaire ne sont pas de trop pour les trouver facilement. Après cela ils finiront dans ce bocal qui permettra de les identifier bien au chaud dans un des labos d'Agrotec.

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Le mot de la fin.

Étudier et aimer la nature, ce n'est pas uniquement courir après les chevreuils ou écouter les chouettes à la tombée de la nuit. C'est aussi se pencher sur les petites bêtes qui ne sont pas toujours appréciées. Entre la malacologie, l'enthomologie et les observations des espèces clés des IBGN, il y a largement de quoi faire.

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mercredi 2 octobre 2013

Sortie en forêt 37.

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Dernière sortie avant les vendanges qui débutent après demain, du moins dans le Beaujolais. Peu de lumière filtre à travers les arbres qui perdent leurs feuilles et la pluie est même venue se rejoindre à nous ce qui a rendu par moment la prise de photo difficile. Dommage car il y avait beaucoup à voir et même à déguster.

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Visite du nouveau coin de cèpes découvert samedi et qui s'est révélé être prolixe.

1: Un cèpe oublié et par chance, peu véreux a fini sous la dent d'une limace. Tant mieux car de par ses excréments elle "ressèmera" les spores.

2: La toute petite amanite tue-mouche rencontrée la dernière fois est en train de devenir un très beau spécimen. On raconte qu'il lui faut 8h pour sortir de terre, se déployer et dépérir. Cette observation dément cette idée reçue.

3 et 4: De jolis inconnus sont venus s'installer au bords de la route, indiquant l'activité fongique du coin.

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Un cèpe d'été? non raté, une simple russule belette qui pendant quelques secondes m'a donné l'espoir d'en trouver un blottit dans la mousse.

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1 et 2: La non plus ce n'est pas un cèpe d'été ni un cèpe tout court car il faut savoir que si les cèpes sont des bolets, tout les bolets ne sont pas des cèpes. Ici il s'agit d'un petit bolet amer ou bolet du fiel au pied étonnamment long au goût très désagréable.

3 et 4: La mousse abondante dans la forêt absorbe l'humidité. Quand de fortes chaleurs apparaissent, le choc thermique entre les températures ainsi que ces réserves d'eau permettent aux champignons de s'épanouire.

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La vesse perlée se reconnaît aux petites boules rondes comme des perles qui se trouvent entre des "picots". Ce joli champignon n'est pas considère comme comestible.

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Les champignons des champs s'invitent dans les bois.

1 et 2: Voilà de jolis agarics, famille à la quelle appartiennent les rosés des prés. Ici il s'agit d'une espèce cousine, l'agaric des bois qu'il ne faut pas confondre avec certaines amanites ou avec l'agaric jaunissant.

3 et 4: La lépiote élevée se  trouve aussi bien en forêt que dans les champs mais il ne faut pas la condre avec les espèces plus petits et parfois mortelles. 

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Le clitopile nébuleux est considère comme bon comestible mais ne plaît pas à toutes les bouches ni à tous les estomacs. Il dégage une forte odeur qui peut être associée à de la farine ou à du fromage blanc. Il ne faut pas le confondre avec le très  dangereuse entolome livide qui peut être mortel chez les enfants, les personnes âgées ou affaiblies.

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Voici un exemple de confusion possible dans un même biotope, à savoir sous des pins pectinés et quelques feuillus, dans la mousse et les aspértules odorantes.

1 et 2: Le lactaire délicieux est à tort confondu avec le lactaire sanguin, très proche d'apect mais rouge dans son apparence et de par son lait. Le lactaire délicieux reste un bon comestible jeune et frit.

3 et 4: Il ne faut pas le confondre avec le lactaire scrobiculé qui se trouve à quelques pas de lui. On peut le trouver sous les sapinières, les forêts mixtes et même les bordures de champs. Non comestible pour l'Homme à la vu de son âcreté, il semble plaire aux vaches qui aiment le brouter.

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L'agaric des forêts est un bon comestible qui lui aussi est proche du rosé des prés et de l'agaric des bois . C'est un bon comestible assez recherché. Cette année plusieurs morts sont imputées à la confusion de ce derniers avec des lépiotes ou des amanites mortelles alors prudence.

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1 et 2: Difficile de voir à quoi ressemble ce champignon de loin, on pourrait croire qu'il s'agit d'une grosse vesse. Quand on s'approche de celui-ci et que l'on y regarde de plus près, on peut voir qu'il s'agit d'une jolie amanite amanite ovoïde.

3 et 4: A titre d'exemple, voici quelques vesses de loup perlées.

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Un brève éclaircie nous permet de mieux voir un court instant ce qui nous entours et de pouvoir prendre plus facilement quelques clichés.

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Voici quelques nouvelles espèces à rajouter au tableau de chasse de cette année (enfin deux la première ayant été identifiée lors de la dernière sortie).

1: La clavaire chou-fleur est comestible jeune (et est très apprécie dans l'Est de la France), il se reconnaît à sa couleur vive et à sa ressemblance avec le corail.

2: Proche cousine, la clavaire élégante est semblable à cette dernière mais reste moins prisée.

3 et 4: Je pensais avoir reconnu dans ces champignons le clitocybe nébuleux, là aussi raté, il faudra attendre un peu avant de les nommer.

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Retour des nuages et de la pluies qui pour le moment, et à la vue de ce cliché flou, n'aura pas de nom.

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De nombreuses amanites tue-mouches sont sorties depuis notre passage. Elles ont enfin leur propre (et long) article ici: http://grimoirescarnets.canalblog.com/archives/2013/10/01/28123812.html

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Certaines dessinent mêmes des ronds de sorcières parfaits.

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Pour la suite quelques champignons à la drôle de forme.

1 et 2: La calocère visquese est un champignon a rejeté car il peut provoquer des problèmes gastriques.

3: Les vesses de loup piriformes sont comestibles jeunes quand la chair encore blanche. C'est un champignon commun.

4: Le champignon observé samedi à commencer à fendre son enveloppe protectrice et laisse deviner, sous la masse gélatineuse un japeau jaune. Néanmoins le mystère demeur.

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Les chantrelles en tubes prennent désormais de belles tailles bien que le pied ne dépasse jamais les 5-6 centimètres ou que très rarement.

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On nomme souvent à tort la girolle chanterelle mais les deux espèces appartiennent au même genre.

1 et 2: Les chanterelles en tubes se distingues par leur petite taille, leur chapeau plat brun et leurs sillons marqués et clairs.

3 et 4: Les girolles elles sont beaucoup moins frêles, souvent de belle taille et entièrement jaunes.

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Le pied de mouton est un excellent comestible qui a la particularité de n'avoir ni lamelles, ni tubes pour diffuser ses spores mais des aiguillons.

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1 et 2: Les pieds bleus sont de bons comestibles très recherchés qui ne sont pas fait pour les estomacs. En fonction du milieu et de la luminosité ils peuvent pousser avec un chapeau marron qui s'éclircira en vieillissant pour devenir bleuté comme l'enssemble du champignon.

3 et 4: Le clitocybe orangé peut être confondu avec la girolle ou le dangereux clitocybe de l'olivier. C'est un bon comestible que certains estomacs digèrent mal.

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Un cèpe? Là non plus il n'en est pas cas, il s'agit d'un bel inconnu qui sous la pluie s'avère trompeur.

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L'hypholome en touffe est non comestible à raison de sa forte odeur, de son goût amer et des troubles digestifs qu'il provoque. De plus ses couleurs vives sont des plus dissuasives.

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Surprise, dans la mousse un pied de cèpe sectionné. Enfin un indice et de taille, celui-ci indique la présence effectif du champignon mais aussi que nous ne sommes pas les seuls à être sur ses traces.

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D'autres indices apparaissent dans le paysage.

 1 et 2: Dans l'umus et la mousses des trous se dessinent, laissant penser que les occupants de ceux-ci ont été prélevés.

3: Un énième faux espoir se présente.

4: Pourtant la forêt et son biotope nous indiquent que nous ne sommes pas loin du but.

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Et enfin les beaux et bons cèpes d'été se présente à nous. Malheureusement une bonne partie d'entres-eux sont véreux ce qui gâche un peu le plaisir.

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Résultat, une dizaine de bouchons ce qui indique qu'une nouvelle pousse s'amorce. Il faudra veiller au grain en scrutant le ciel pour espérer faire une nouvelle cueillette.

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Il fait bien gris dehors et même mieux, la pluie a redoublé d'effort, m'obligeant à sortir le flash. Bien que les délicieuses trompettes de la mort soient au rendez-vous, la luminosité et le temps ont eu raison de nous.

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Mais avant de partir, une jolie rencontre avec cette salamandre tachetée nous permet de mieux faire connaissance avec ce batracien que nous ne croisons plus qu'occasionnelement. Elle peut mesurer entre 20 et 25 cm et celle-ci doit aisément les approcher vu sa taille. Cet animal incroyable à la capacité de faire repousser un doit ou même une partie de patte si ceux-ci sont sectionné. Il y aurait encore beaucoup à dire sur elle... dans un prochain article.

En tout cas ce fût comme toujours une belle balade quoi qu'un peu fraîche.