mardi 27 janvier 2015

Le muséum de Grenoble 2.

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 Retour au muséum d'histoire naturelle de Grenoble. Pendant mes années d'étudiante je prenais souvent plaisir à m'y rendre pour y flâner en particulier lors de nouvelles expositions. Vous pouvez ICI, LA ou encore ICI retrouver 3 article datant de 2012 traitant plus ou moins du lieu (expo d'ouvrages naturalistes, jardin et taxidermie). Cette fois-ci ce n'est pas en solo mais en amoureux la visite se fait. Suivez le guide.

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 La petite serre tropicale du musée est accessible gratuitement presque toute l'année. Elle fait partie du jardin des plantes qui inclus une collection d'arbres et arbustes, un parcours des sens et un roseraie. De taille modeste, il a le mérite de proposer un espace agréable pour la détente et la promenade, et peut être une prolongation du parc Mistral au quel il fait fasse. Je reviendrai au jardin en fait d'article.

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 La serre se compose d'un circuit : une première salle abrite des plantes exotiques tel que des orchidées comme la vanille ou l'angreacum, des bananiers, les kalanchoes mais aussi de nombreuses plantes carnivores. Une deuxième pièce, bien moins humide accueille les plantes de milieu désertique comme les cactus, les euphorbes, les agaves et les aloes qui y font bon ménage.

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Enfin pièce maîtresse, une grande annexe présente des arbres et des lianes tropicales variées. Ficus, néflier du Japon, ravenala, fougères et monsteras entourent une petite marre où, entre les nymphéas, une multitude de combattants du Siam aux couleurs éclatantes nages. Originaires du Sud-Est de l'Asie, ces poissons territoriaux se livrent à de terribles combats qui peuvent être parfois mortels.

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 Le muséum d'histoire naturelle de Grenoble fût construit en1845 mais n'ouvrira ses portes quand 1855. Orienté sur les animaux de montagnes et en particulier des Alpes. On peut également retrouver une collection géologique mais aussi une collection entomologique et plus récemment, une collection de fossile qui toutes deux s'inscrivent dans la tradition des cabinets de curiosités.

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 Les insectes comptent parmi les animaux les plus nombreux sur Terre, on en recense 1 million d'espèces mais il en existerais plus de 30 à 70 millions ! Parmi celles-ci on peut citer la famille des coléoptères, Coleoptera. C'est dans celle-ci que figurent les plus gros insectes, comme le Goliathus goliatus ou le Dynastes hercules.

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 Apparus au dévonien inférieur, les insectes ont eu à la préhistoire leurs géants. Aidés par la composition de l'atmosphère (plus de 30% d'oxygène contre 20,95 % aujourd'hui), la Terre a connu des libellules de 70 cm d'envergure comme Meganeura monyi mais aussi du côté des arthropodes des titans comme des scorpions marins (Jaekelopterus henaniae) ou des milles pattes de 2 mètres de long.

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Disparus, communs ou rares, les grands prédateurs des Alpes sont à l'honneur. Le loup (Canis lupus) si décrié après avoir disparu de nos massifs et de retour. On le retrouve dans 8 des départements qui couvrent notre massif. En Isère on le retrouve sur les Hauts plateaux du Vercors, le massif de Belledone, les deux massifs Taillefer-Luitel et serait suspecté de passer de temps à autre en Chartreuse. Le lynx européen (Lynx lynx) est un animal très discret difficile à voir. Certains indices laissent penser que la Chartreuse et le Vercors en habriteraient une petite population. Quand au renard roux d'Europe (Vulpes vulpes crucigera) malheureusement concidéré comme nuisble (Rahhhh!), on le trouve partout dans les Alpes.

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 Et puis il y a l'ours brun (Ursus arctos). Voilà bientôt 100 ans que celui-ci a disparu des Alpes françaises. La chasse et l'urbanisation dans les vallées reculées de montagnes eurent raison de cette espèce considérée dangereuse pour le bétail et les hommes. On comptais 300 ours dans les Alpes en 1800.
En l'espace de 120 ans, il n'en resta plus un seul.

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 En France on compte environs 578 espèces d'oiseaux sédentaires ou de passage. 280 fréquenteraient de manière régulière notre territoire pour se nourrir, se reproduire et/ou nicher. Les oiseaux les plus communs sont le pigeon biset (Columba livia) et le pinçon des arbres (Fringilla coelebs).

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 Le cerf élaphe (Cervus elaphus) est le plus grand cervidé de France métropolitaine. Rare en Isère, il est possible d'en croiser, à proximité de la Savoie en Chartreuse où les effectifs ont connu une augmentation rapide. C'est dans le centre de la France, le bassin parisien et les Pyrénées qu'il est le plus commun.

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 Dans les vitrines, proies et prédateurs se se font face. Le lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) et la souris des greniers (Mus (Mus) musculus domesticus) sont les proies naturelles de la belette pygmée (Mustela nivalis) et de la martre des pins (Martes martes) mais aussi du renard.

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 Il existe plus de mille espèces de chauves-souris. En France on dénombre 34 espèces plus ou moins communes. La plus connue est la pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus). Protégées, la plupart sont gravement menacées. Le rhinolophe de Mehely (Rhinolophus mehelyi) et le vespertillion des marais (Myotis dasycneme) sontmême en voie de disparition.

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  L'archéozoologie est l'art de faire parler les ossements des animaux. Cette discipline étudie les restent d'animaux présents sur des lieux de vie ou de passage des hommes de jadis. Elle permet de connaître et comprendre les débuts de l'élevage mais aussi de la chasse, les rites religieux et funéraires etc.

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Le quartz est un minéral commun dans les Alpes où il y a encore peu il était exploité dans des mines privées. Il existe une grande variété de quartz, certains roses, d'autres violets comme l'améthyste ou jaune comme la citrine. Ces deux dernières sont recherchées en lithothérapie et en joaillerie.

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 Les fougères sont de véritables fossiles vivants. Leur génome n'a jamais changé depuis leur apparition il y a 180 milions d'années. Parmi les espèces antiques on peut citer les Dactylotheca ou les Ptychocarpus.

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 La famille des Ichthyosauria (en grec : poissons lézards) regroupe de nombreux genre et sous-genres. A ne pas confondre avec les dinosaures avec les quels ils évoluaient, ils sont apparus et ont disparu avant ces derniers. De la forme de dauphins, certaines espèces de cet orde ont atteint des tailles respectables.  

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Le premier arbre est apparu il y a 350 à 400 milions d'années. Nommé Archaeopteris, il pouvait attendre 50 mètres de haut. De Gauche à droite et de haut en bas : Platanus wyomingensis (Platane), Populus cinnamomoides (peuplier), Sterculia coloradensis (Arbre parasol) et Lygondium kaulfussi (Fougère grimpante).

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Les ptérodactyles ne sont pas des dinosaures mais des reptiles volants. Appartenant à la famille des ptérosaures, ils ne sont pas  les ancêtres des oiseaux et n'ont laissé aucun descendant, du moins à notre époque moderne. Le ptérodactyle est le premier reptile préhistorique volant découvert de l'histoire, au 18 ème siècle en Allemagne.

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 De Gauche à droite et de haut en bas : Populus wilmattae (Peuplier), Platanus wyomingensis (Platane), Leguminosites lesquereuxiana (Légumineuse) et Zelkova nervosa (Zelkova). 

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 Du 26 avril 2014 au 8 mars 2015 au Muséum d'histoire naturelle de Grenoble il vous est possible d'aller voir la super expo "Au fil des araignés". Didactique, intérréssante, amusante et accessible à tous, cette exposition sur les araignées donne un tout autre regard sur ces animaux très souvent mal aimés et méconnus.

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Quelques mots de vocabulaire. L'aranéologie est l'étude des araignées sous toutes leurs coutures. L'arachnologie quand à elle est l'étude des arachnides : scorpions, araignées ou pseudoscorpions etc. Les scientifiques qui étudient les araignées sont des aranéologues, ceux qui s'intérréssent de manière plus globale aux arachnides des arachnologistes et ceux qui se passionnent pour les insectes des entomologistes.

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 Ludique, l'exposition permet de voire sous différents assez les araignées de notre quotidien mais aussi exotiques qui sous les loupes grossissantes prennent des allures de monstres. L'espace dédié aux sens et notamment au toucher peut parfois réserver quelques surprises.

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  Retour dans le parc. Le temps est morose, il pleut. De nombreux nichoirs installés dans les arbres et les structures abritent des oiseaux comme des merles et des chouettes mais aussi des chauves-souris et des écureuils. Ces derniers s'approchent facilement des promeneurs pour quémander un peu de nourriture.

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Pour finir je vous propose une présentation des quelques roses qu'abrite la roseraie du musée et qui l'été est resplendissante. De gauche à droite : Charles Aznavour, Lolita Limpicka, The Mc Cartney Rose, et Acapella.

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Il existe des milliers d'espèces de rosiers, le choix est vase quand il s'agit de faire son jardin. Toujours de gauche à droite : The Mc Cartney Rose à nouveau, Rendez-vous, Princesse de Monaco et Caprice de Meilland.

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De gauche à droite : Annecy perle du Lac, Prince Jardinier, Honoré de Balzac (espèce de rosier assez connue), Banco 86 et enfin, ci-dessous, Iceberg. Voilà un tour d'horizon de ce musée que j'aime beaucoup. L'entrée est de 2,50 € mais est gratuite le mercredi après-midi, les premiers dimanches de chaque mois, pour les chômeurs, les étudiants etc. Été comme hiver c'estun merveilleux lieu pour flâner et pour apprendre.

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jeudi 23 octobre 2014

Champignons et poisons.

 Otto Marseus van Schriek (peinture)

Bientôt ce sera le grand soir Halloween et pour fêter cette soirée comme il se doit, voilà un article à vous glacer le sang sur les douces empoisonneuses que sont certaines amanites et leurs confrères champignons. Vous trouverez à la fin de l'article toutes mes sources et en survolant avec la souris les tableaux, les noms de leurs peintres respectifs. 

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Les champignons, c'est un petit peu ma passion, aussi bien dans l'assiette, dans les bois, dans le panier ou dans l'histoire. Et ce soir c'est sur ce dernier point que je vais vous parler d'eux, plus particulièrement de ceux qui ont une funeste réputation: les champignons empoisonneurs.

Si bon nombre de champignons sont indigestes voir toxiques crus ou cuits, ils ne sont que quelques uns à être mortels mais suffisamment pour provoques plusieurs décès en France et de par le monde chaque années. Et cela l'homme là bien comprit. Dès l'antiquité il entre dans le kit du petit chimiste ou de la parfaite empoisonneuse.

 Clément VII (1478-1534) Peintre inconnu.

 La reine des empoisonneuses, l'amanite phalloïde.

Appelée "Calisse de la Mort", c'est en générale à ce champignon que sont imputés la plupart des décès par intoxication aux champignons. Amanita phalloides se rencontre sous les feuillus, généralement sous les hêtres, les charmes, les noisetiers, les bouleaux ou les chênes un peu partout en Europe. Elle survient après la pluie, de la fin de l'été à celle de l'automne. A sa sortie du sol elle ressemble à un oeuf blanc puis prend sa couleur verte peu à peu. Son odeur sucrée et suave devient alors désagréable et écoeurante.

30 grammes d'amanite phalloïde sont suffisants pour tuer un être humain. Ce sont le foie et les reins qui sont touchés et de manière souvent irrémédiable. Sa chair excellente et la durée à partir de la quelle on sent les premiers effets (six à douze heures) la rendre redoutable. Rajoutons à cela les différentes couleurs et formes qu'elle peut prendre et qui peuvent facilement la rendre confusible avec d'autres espèces. 

 Les premiers symptômes se manifestent de manière brusque : douleurs abdominales, vomissements et coliques sont les signes avant coureurs. Le foie commence à se nécroses, le comportement change, les système nerveux et sanguin deviennent défaillants. Il faudra attendre entre six et quatorze jours pour que le décès survienne par arrêt cardiaque. Officiellement il n'existe pas de remède propre pour neutraliser les toxines incriminées dans les défaillances de l'organisme, seul un mélange de médicaments permet d'arrêter les phallotoxines.

L'amanite phaloïde à travers l'histoire.

Nombreux sont les crimes d'états ou passionnelles dont elle est responsable qui sont pour la plupart devenus célèbres.

- Parmi ceux-ci ont compte le plus connu de tous, celui de Claudus, marié alors à sa nièce, la terrible Agrippine présentée comme une femme assoiffée de pouvoir et incestueuse (mère de Néron). Bien que les avis des historiens divergent, il semblerait que son épouse, avec la complicité de l'empoisoneuse gauloise Locuste et du goûteur de l'empreur Halotus, qui l'ait empoisonnée en faisant placer dans son plat préféré, un ragoût d'amanites des Césars (leur nom n'est pas anodin), quelques amanites mortelles. Claudus après une rapide agonie s'éteint le matin du 13 octobre 54, empoisonné de rechef par son médecin Xénophon. "A la mort de Claude, Néron fut immédiatement proclamé empereur. Mais Britannicus gênait Néron qui le fit supprimer de la même façon que son père.."

- Aujourd'hui encore on ne sait pas très bien si le Pape Clément VII fût victime d'une intoxication alimentaire ou d'un crime. Grand gourmand, il allât jusqu'à interdire la cueillette de champignons autour du palais. C'est dans ce dernier qu'il s'éteint le 25 septembre 1534 après 5 mois de souffrance. La encore des amanites phalloïdes auraient été ajoutées à un plat de champignon et bien qu'elles ne causèrent pas la mort du Pape, elles en accentuèrent la maladie qui l'emporta. Ennemi des protestants et des Anglais, on ne connaîtra jamais le fin de mot de l'histoire sur ce décès.

Natalia Kirillovna Narychkina fût tsarine de 1671 à 1676. On la connaît pour avoir été la mère de Pierre le Grand et pour avoir ramméné le théâtre et la culture dans la capitale. On pense qu'elle aurait consommée en nombre des champignons saumurés avant de mourir et l'évocation de symptômes phalloïdiens attesterait de la piste criminelle, tout comme le contexte politique de l'époque.

Charles VI connu une fin douloureuse et tragique après une ingestion de champignons. Il mouru dix jours plutards en présentant lui aussi les symptômes phalloïdiens. Sa mort produira la Guerre de Succesion d'Autriche au sujet de la quelle Voltaire écrira en 1759 dans Mémoires "Ce plat de champignons changea la destinée de l’Europe". 

- Le drame de Saint Louis de Villenave d'Ornon : le 9 octobre 1884 survient une hécatombe terrible. Ce sont pas moins de quinze jeunes âgés de 10 à 18 ans qui sont empoisonnés dans ce petit orphelinat. Onze d'entre eux périront. C'est la cuisinière, la religieuse soeur brigitte qui par méconnaissance des champignons ajouta par mégarde une poignée d'amanites phalloïdes à une poêlée de bolets et des russules. Mais cette histoire ne défraye pas tant la chronique car pour l'époque, l'empoisonnement par confusion reste courant et on compte cette année là pas moins d'une centaines de décès pour les mêmes raison dans le sud-ouest de la France. Le drame aurait pu être évité si la religieuse n'aurait pas cédé à la croyance populaire :"pour savoir si un champignon était bon ou mauvais : [on] faisait bouillir les espèces dans de l’eau avec une pièce de monnaie en argent. Si elle restait intacte, le test s’avérait concluant, et c’est ce qui arriva".

- C'est en 1918, peut avant la fin de la Grande Guerre que fût arrêté Henri Girard. Cet assureur se rendit célèbre pour avoir empoisonner un certain nombre de ses amis avec des amanites phalloïdes pour empocher leurs primes d'assurances, avec l'aide de sa femem et de sa maîtresse. On peut en déduire que ses promenades en forêt de Rambouillet n'étaient pas si innocentes qu'il aimait le faire penser. Mais certains de ses proches survécurent et la police fût vite alertée. Comble de l'ironie, notre ami Henri semblait avoir raté son dernier coup après la lecture d'un livre de mycologie où par erreur il était indiqué que l'amanite citrine pouvait se montrer aussi dangereuse que sa proche parente la phalloïde. Tout assassin qu'il fût, il termina guillotiné, ses complices fûrent emprisonnées à vie.

L'amanite phalloïde peut être entièrement blanche ce qui explique le risque de confusion. Sa proche cousine l'amanite vireuse (amanita virosa) appelée ange de la mort (brrrrr !) est toute aussi dangereuse.

Jules Vignon (1815-1885) Néron et Locuste essayant un poison sur un esclave (Musée Georges de la Tour Vic/Seille 57)

 Un puissant hallucinogène, l'amanite tue-mouche.

L'amanite tue-mouche est mon champignon fétiche. Il est connu pour être un puissant hallucinogène (je vous en parle ici). On rencontre Amanita muscaria presque partout dans l'hémispère Nord, à l'automne aussi bien sous les les connifères que les feuillus mais son arbre hôte par excellence reste le bouleau. On la reconnaît facillement à son chapeau rouge, ses pustulles blancs tout comme ses lamelles, son pied, sa volve et son anneau. 

L'empoisonnement par amanite tue-mouche résulte le plus souvent d'un accident : soit elle est confondue avec l'excellente amanite des Césars, soit par son ingestion volontaire pour ses effets hallucinogènes. On estime qu'il faut consommer une quinzaine de chapeaux pour provoquer la mort et encore, avec les techniques modernes il est facile de soigner les malades. C'est la muscarine qui a longtemps été incriminée pour les maux imprévisibles provoqués par la consommation de champignon : nausées, douleurs abdominales, confusion, hallucinations, folie passagère, sudation, hypersalivation, distortion visuelle, bourdonnement, euphorie et parfois, coma. Aujourd'hui les recherches tendent à prouver que les molécules responsables de ces états seraient la muscimole et l'acide iboténique.

L'amanite tue-mouche à travers l'histoire.

Il semblerait donc que sa réputation de tueuse (de mouche) soit quelque peut surfaite. Néanmoins on ne peut lui enlever le fait qu'elle ait déjà causé certains décés (dont un exemple est cité plus bas). Je n'évoquerais pas tout les autres champignons que vous pouvez retrouver dans le lien posté plus haut et que je vous redonne ici.

- En 1893 le comte de Vecchi, dilômate italien dont les descendants s'illustrerons pendant la Grande Guerre décéde en visite à New York suite à la consommation d'un plat à base d'amanites tue-mouches. On raconte qu'il en découvrit une bonne demi-douzaine au court d'une promenade sur le nouveau continent et qu'heureux de sa trouvaille, il se les fît servir. La malheureux succomberat après avoir eu de terribles convultions. 

Nature morte de Renate Heidersdor (Canada)

 Le bolet pernicieux, un diable aux couleurs flamboyantes.

 Le bolet pernicieux, Boletus perniciosus N. en latin, n'existe pas en tant qu'espèce distincte mais regroupe plusieurs genres de bolets présentant une mousse rouge ou jaune et souvent un goût amer. Ce terme était utilisé par les naturalistes jusqu'au milieux du XIXe siècle. Joseph Roques le décrit en 1832 comme une "plante" vénéneuse courante en automne dans les forêts de conifères d'Europe et alentours à la ville de Paris.

Il cite également quelques exemple d'empoisonnements avec ce champignon et où, il a pu rencontrer ou voir les patients l'ayant consommé. Les effets sont divers et variés, parfois anodins, parfois mortels.On peut présumer ici que le bolet incriminé et en réalité le bolet Satan (Boletus satanas) et les espèces qui en sont proches visuellement.

Le bolet pernicieux à travers l'histoire.

- Au XVIIIe siècles deux jeunes médecins, Pouget et Pourcharmant, s'abandonne à des expériences sur ces chiens et des chats en leur administrant des extraits de ce champignon à travers leur nourriture. Si les chiens se montrent résistant, notamment l'un d'eux nommé Mithridate (en hommage au personnage principale de la tragédie du mêle nom de Racine) qui résistât même aux administrations d'amanite tue-mouche et d'amanite phalloïde, les chats s'y montre plus sensible en particulier les chatons qui décèdent en moins de 24 heures en présentant des tâches sur les intestins.

- Joseph Roques fait également référence au même siècle d'un jeune chirurgien, devenu son patient, qui par confusion avec un cèpe noble aurait consommé un bolet pernicieux. S'en suivit de fortes chaleurs, des brûlures de l'appareil digestif, des ballonnements, des spasmes et des douleurs abdominales. Après plusieurs lavements par l'utilisation d'eau sucrée, d'huile et de graines d'opium le jeune homme pu retrouver la santé.

- Enfin, le professeur Delle Chiaje traite du cas d'un noble chevalier dont il taira le nom et de son domestique, tous deux ayant mangé en salade de jeunes bolets pernicieux. Le maître malade s'assoupit durablement, son corps se couvrir de pustules, son estomac et ses intestins se gangrenèrent. Le domestique lui n'eu que quelques mots d'estomac.

 Carsten Höller Courtesy The Center of Contemporary Culture Garage

 Quelques champignons mortels.

Bien qu'ils soient peu nombreux, il reste important de connaître leurs noms, leurs effets et surtout leurs apparences qui peuvent être diverses et variées. En voici les principaux : 

Amanite phalloïde (Amanita phalloides)
Amanite printanière (Amanita verna)
Amanite proche (Amanita proxima)
Amanite vireuse (Amanita virosa)
Cortinaire couleur de roucou (Cortinarius orellanus)
Lépiote brûnatre (Lepiota helveola)
Gyromitre dit comestible (Gyromitra esculenta)
Paxile enroulé (Paxilus involutus)
Tricholome équestre (Tricholoma flavovirens)
Cortinaire très joli (Cortinarius speciosissimus)
Galère d'automne (Galerina autumnalis)
Galère marginée (Galerina marginata)
Lépiote brun-incarnat (Lepiota bruneoincarnata)
Lépiote de Josserand (Lepiota josserandii)
Lépiote brun lilacin (Lepiota bruneolilacina)
Pézise étoilée (Sarcosphaera coronaria)

 

 Sources :

Science et avenir : "Champignons : l'empoisonneuse avait un goût exquis"

"Guide de l'amateur de champignons ou précis de l'histoire des champignons..." par François-Simon Cordier.

Mycolocomines : "Les champignons dans l'histoire"

"Connaître, cueillir et cuisiner les champignons sauvages du Québéc" par Yves Lamoureux, Matthieu Sicard.

Futura Science : "Les poisons dans l'Histoire"

Wikipédia : "L'amanite phalloïde"

Mycologia 34: "La mort du Pape Clément VII - Accident ou crime?"

Wikipédia : "L'amanite tue-mouche"

"Histoire des champignonscomestibles et vénéneux" par Joseph Roques.

Histoire et généalogie : "UN empoisonnement à la colonie Saint-Louis de Vilenave d'Ornon"

Éducation à l'environement : champignons mortels.

 

"Grands Dieux ! combien d'homems un seul ventre met en mouvement ! Quoi ! Ces champignons, ce poison voluptueux, pensez-vous qu'ils ne travaillent pas secrétement àvotre ruine, quoi que leur magnilité nesoit pas sensible au premier monment?Sénéque.

dimanche 30 mars 2014

La Nature dans les grandes traditions spirituelles 'Orient et d'Occident.

Voilà une question qui a plus que jamais sa place dans nos sociétés actuelles. Elle est certes longue mais a le mérite d'aborder tous les aspects de celle-ci.

dimanche 29 décembre 2013

Champignons, composition et pH du sol.

Photo libre de droits.

 

L'hiver est long et peu de choses se passent dans le jardin. J'ai bien quelques photos mais rien d'extraordianaire (hormis des portraits de chats à profusion), j'attends donc d'avoir un peu plus de contenu pour vous pondre un petit article sur la jardin et ses alentours. Bref, en ce moment on s'occupe comme on peut, pour ma part je disserte pas mal sur la gente mycologique et il m'est venue l'idée d'entreprendre une expérimentation. Celle-ci m'a été soufflé par l'ami Fab du forum "le club des cèpes" qui actuellement test le pH et la température de ses petits coins à champignons. Alors je me suis dit que je pourrais tester l'expérience moi aussi (merci Fab). 

D'ordinaire le pH (c'est à dire le potentiel Hydrogène: la présence élevée ou non d'ions d'hydrogène) permet au jardinier, au paysagiste ou à l'agriculture de connaître la composition du sol et de savoir quelques plantes ou cultures s'épanouirrons sur une parcelle définie. Pour faire simple, le pH permet de savoir si un sol est acide (pH<5), neutre (pH=7) ou basique (pH>7, on parlera alors de sol alcalin) à partir d'une échelle qui va de 1 à 14. Par exemple pour les plantes, le rhododendron se plaira dans les sols acides contrairement au pavot qui préférera les sols alcalins.

Le pH varie en fonction de nombreux facteurs: composition chimique du sol (roches/minéraux), présence de courts d'eau, acidité ou non des pluies locales, activité de la micro faune dans le sol et de la végétation environnante (humus par exemple)... J'ai opté pour le papier pH car il est peu coûteux et facile d'emploit mais il existe aussi des sondes pH, plus onéreuses mais efficaces. On peut même fabriquer son propre papier pH en utilisant du chou rouge, pour ce faire les infos sont ici (le site explique tout sur le pH au passage). Mais pour le moment je préfère faire confiance aux produits que l'on trouve dans le commerce.

Mais pourquoi parler de pH pour les champignons? Tout simplement parce que ceux-ci tirent leurs nutriments presque uniquement du sol (en fonction des espèces). De ce fait ils pourraient être sensibles au pH, ce qui permettrait d'expliquer pourquoi à certains endroits qui sembles pourtant parfaits (arbres hôtes, températures, inclinaison du sol etc...), ils se font absents. Cela permettrait ainsi d'établir rapidement et facilement les zones de prospections. On sait déjà que certains champignons apprécient des sols définis comme la morille (certaines aiment les sols calcaires, d'autres ceux qui sont sableux) mais on sait rarement sur quel sol et quel pH elles poussent.

Mais pour le moment cela n'est que de la théorie, il faudra attendre un peu avant que les premiers résultats tombent. Il reste encore tout l'hiver pour y réfléchir.

 

Autre point:

La composition du sol joue donc sur le pH mais aussi sur l'hygrométrie (la "teneur" en eau), la masse et le type de nutriments ou encore la facilité ou non que peut avoir le mycélium à étirer ses filaments pour capter sa nourriture. De ce fait identifier un sol permet bien souvent de savoir où chercher des champignons maissurtout, leurs arbres et plantes hôtes. Il y a quatre composants types dans un sol: l'argile, l'humus, le calcaire, le sable. Voici quelques indications pour reconnaître la ou les prédominances d'un sol. N'oublions pas que ce n'est pas une science exacte et qu'une terre peut être composée de plusieurs types de sols (par exemple une terre où se mélange une zone argile et une zone calcaire comme dans mon coin d'Isère).

- sol argileux: humide il colle, sèche il est dure. Sa terre est rouge/orangé/ocre. On le nomme terre lourde. Les plantes qui l'apprécie sont le bouton d'or, la pâquerette, le jonc, le liseron, l'hellebore, les rosiers sauvages, aubépine, le bouleau, le peuplier, le prunier et le framboisier.

- sol sabloneux: une poignée de celui-ci n'a pas de cohésion. Il ne retient pas l'eau, se réchauffe facilement et sèche rapidement. Sa terre est caire. Il est apprécié des euphorbes, des géraniums, des sédums, des millepertuis, du frêne, du peuplier, du sorbier, du fraisier des bois, de lavigne, du figuier, des ronces.

- sol humifère: il est riche en humus comme son nom l'indique. Il est noir, acide, spongieux et riche en nutriments. Les plantes que l'on trouve sur celui-ci sont l'ortie, la fougère, le bouton d'or, la bruyère, la digitale, le genêt, la gentiane, le lis, le houx, le châtaignier, l'ail sauvage, le myrtillier, le pommier et le framboisier.

- sol calcaire: il est composé de 10 à 30% de carbonate de chaux et d'argile ce qui forme une terre collante plutôt blanchâtre et crayeuse. Il est léger, se dessèche vite par de forte chaleurs, craquelle, permet la pénétration des gelées, retient mal les nutriments (en particulier du fer ce qui provoque la chlorose des feuilles) et est perméable à l'eau. On le reconnaît aux nombreux cailloux à la surface de celui-ci. Sur celui-ci on trouve le coquelicot, le trèfle blanc, les ancolies, la primevère, l'oeillet, l'Aulne, le bouleau, le hêtre, le charme, le nisetier, le peuplier, le tilleul, le prunier et la vigne.

 Sources: http://www.gerbeaud.com/jardin/fiches/fp_sol_analyse.php3

vendredi 20 décembre 2013

La fin des guêpes.

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Cet été caché dans la haie du jardin, nous avons trouvé un magnifique nid de guêpes qui tranquillement et jusqu'aux premières neiges, a vaqué à ses occupations en paix. On pouvait ainsi voir les différents rôles de chacun des individus: ventilation du nid, recherche de nourriture, garde de l'entrée principale, consolidation du nid.

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Il me semble que ce belle essaim soit celui de guêpes germaniques. Peu agressives, elles ont un régime alimentaire varié qui se compose d'invertébrés dont les insectes (comme cette chenille), du nectar des fleurs, du sucre des fruits bien mûres ou tombés, de la viande des carcasses abandonnées.

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 Mais voilà, après avoir passé cinq semaines sous la neige, le nid n'est plus ou du moins, il n'est plus ce qu'il était. Constituées de cellulose mâché par les guêpes, les fragiles parois comme leurs occupantes n'ont pas supporté le changement de temps (on trouve ici et là dans le nid quelques guêpes mortes). La reine elle s'est réfugié sous une écorce, dans la manche d'un vieux manteau oublié augrenier ou sousune tuile. Au printemps elle refondera sa colonie.

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Ainsi le nid s'âbime. Les parois extérieures pourrissent, les cellules à l'intérieurs moisisses. C'est un cycle naturel fascinant. Dans quelques jours il n'y aura plus rien, les champignons que sont les moisissures se seront nourris d'une partie de cette cellulose prédigérée, le reste tombera au sol et sera transformé par les habitants du sol (lombrics, champignons, acariens...) en humus.

Magie de la Nature.

 

samedi 30 novembre 2013

L'odeur de la Terre: Le petrichor et la géosmine.

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Quel plaisir après une averse fraîche un soir d'été ou dans une chaude matinée automnale, de sentir cette odeur si particulière caractéristique de la terre mouillée par la pluie. Ce phénomène se nomme petrichor. Derrière ce nom barbare, se cache une réaction simple.

Défini pour la première fois en 1964 par deux scientifiques et géologues australiens (Bear et Thomas), le petrichor illustre la réaction du sol provoquée par une pluie froide sur la terre chaude. Le choc thermique engendré va faire se libérer des racines et des rhizomes des végétaux un liquide apparenté à une forme d'huile qui sera absorbée par les éléments qui les environnent : roches, terres, bois morts mais aussi air ambiant. On retrouve également ce liquide huileux sur les enveloppes des graines qui s'apprêtent à germer. Celui-ci leur permet de supporter la sécheresse.

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Mai il n'est pas le seul composant de ce que l'on nomme "l'odeur de la Terre". Au contact de l'eau, la géosmine produite par des bactéries, les actinomycètes (en particulier celles qui interviennent dans la fabrication de l'hummus) quand celles-ci se multiplient à l'aide de spores, va libérer une odeur très particulière qui se mélange à celle du petrichor et qui volatile, reste peu de temps dans l'atmosphère mais que les nez bien avertis reconnaissent sans mal. On peut retrouver des traces légères de cette odeur quand on retourne la terre du jardin.

D'un point de vue anthropologique (selon les travaux de l'anthropologue Diana Young), cette odeur nous est plaisante car elle correspond souvent aux notions d'élevage et d'agriculture. Le fait que celle-ci apparaisse suite à de fortes pluies après une période de sécheresse correspond dans l'imaginaire collectif chez de nombreuses ethnies, peuples ou cultures à l'arrivée des récoltes, au début de la pousse, à la fin de la famine ou le retour de l'eau pour abreuver le bétail. Mais elle permet aussi de manière instinctive de reconnaître une source d'eau potable d'une autre qui ne l'est pas. Cela explique pourquoi nous "y sommes sensibles à 10 partie par billion (20 à 60 ng/l), soit une goutte dans une piscine de taille olympique" (cf: ici).

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Aujourd'hui la molécule de géosmine (identitifiée par le chimiste américain NancyN. Geber en 1965) est employée dans de nombreux secteurs comme dans celui de la parfumerie pour son odeur naturelle, dans celui la gastronomie pour l'éllaboration des vins et la dégustation des poissons mais aussi dans celui de la recherche comme moyen de détection des points d'eau insalubres et des cultures polluées.

Le terme petrichor vient du grec -petros: pierre et -ichor: sang des dieux. Quand au nom de géosmine, il vient de -gê: terre et -osmê: odeur. De cette odeur, on dit qu'elle possède des arômes de betteraves, de champignons, de feuilles mortes, d'humus, de moisissures, d'herbe fraîche ou de décomposition. N'oublions pas non plus le rôle de l'ozone qui, à l'arrivée des molécules de petrichor et de géosmine dans l'atmosphère modifie en interagissant avec celles-ci leur composition et donc leur structure olfactive. 

 

Sources:

http://www.maxisciences.com/pluie/qu-039-est-ce-qui-donne-a-la-pluie-une-odeur-si-agreable_art29121.html

http://www.gurumed.org/2012/12/02/gosmine-lodeur-de-la-terre-quand-il-se-met-pleuvoir/

http://www.republicain-lorrain.fr/actualite/2013/07/21/le-parfum-d-apres-la-pluie-decrypte

http://www.lapetiteencyclopedie.fr/origine-de-lodeur-de-la-pluie/

jeudi 3 octobre 2013

Expérience: temps de pousse du coprin chevelu.


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Depuis plusieurs jours et comme tout les ans, de nombreux coprins chevelus poussent dans le jardin, d'autant plus que l'été indien au quel nous avons droit semble les rendre encore plus prolixes.

Ci-dessous j'ai noté et illustré les prises de vue en fonction de la date (sur 4 jours) et des spécimens. A mon retour de vendanges je préciserais avec les températures et le taux de précipitation ainsi qu'une description du champignon en question.

Le coprin chevelu:

De son nom latin Corpinus Comatus (charmant), ce champignon est un bon comestible jeune que l'on peut manger cru ou cuit. Néanmoins il faut le consommer le plus rapidement possible, au risque de la voir noircir et devenir toxique. Il a une déliquescence rapide et qui se caractérise par la transformation des lamelle puis du champignon en "encre" noir.

On le trouve dans les ziones herbeuses, les clairières et les prairies. Les crottes de chiens et le crottin de cheval favorise leur pousse d'où leur présence parfois dans les parcs municipaux.

Observations:

jour n°1: 29/09: 

Températures

10h: 16°C

16h: 19°C

Humidex:

10h: 20

16h: 23

pluviométrie:

sur la journée: 0,2

 

jour n°2: 30/09:

Températures

10h: 16°C

16h: 21°C

Humidex:

10h: 20

16h: 24

pluviométrie

sur la journée: 7

 

jour n°3: 01/10:

Températures

10h: 16°C

16h: 23°C

Humidex:

10h: 20

16h: 26

pluviométrie

sur la journée: 1,6

 

jour n°4: 02/10:

Températures

10h: 16°C

16h: 25°C

Humidex:

10h: 20

16h: 27

pluviométrie

sur la journée: 0,2

 

Prise de vue 1

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jour n°1: 29/09        jour n°2: 30/09       jour n°3: 01/10       jour n°4: 02/10

Prise de vue 2

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jour n°1: 29/09        jour n°2: 30/09       jour n°3: 01/10      jour n°4: 02/10

prise de vue 3

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jour n°1: 29/09        jour n°2: 30/09       jour n°3: 01/10           jour n°4: 02/10

Prise de vue 4:

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jour n°1: 29/09        jour n°2: 30/09         jour n°3: 01/10          jour n°4: 02/10

prise de vue 5

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jour n°1: 29/09         jour n°2: 30/09        jour n°3: 01/10          jour n°4: 02/10

 

Conclusion (jour n°5: 03/10)

 

jour n°5: 03/10:

Températures

10h: 16°C

16h: 26°C

Humidex:

10h: 20

16h: 3

pluviométrie

sur la journée: 0,2

 

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Prise de vue 2         Prise de vue 3        Prise de vue 4          Prise de vue 5

mercredi 26 septembre 2012

Ouvrages, squelettes et auteurs naturalistes des Alpes.

Le muséum d'histoire naturelle de Grenoble prose en ce moment une grande exposition sur les naturalistes des Alpes. Au programme, des ouvrages du 18ème et du 19éme siècles.

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Leclerc Buffon, doctorant en sciences naturelles, ne semblait pas effrayé par l'écriture. Il livre une encyclopédie gigantesque sur les faune et la flore alpine.

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 En haut à gauche: "Ornithologie abrégée de la France, contenant les figures et la nomenclature en un grand nombre de langues de 134 espèces d'oiseaux gravées en taille-douce." de Bouteille.

En haut à droite: "BOUTEILLE Hippolyte (180491881). Ornithologie du Dauphiné, ou description des oiseaux observés  dans les départements de l'Isère, de la Drôme, des Hautes-Alpes et les contrées voisines." "Grenoble, Hip. Bouteille et les principaux libraires de la ville, 1843." "72 lithographies" "Hippolyte BOUTEILLES, Conservateur du Muséum de 1847 à 1881."

En bas à droite: ouvrage de Bouteille dont certains textes sont cités ci-dessous.

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A gauche :"Hibou Grand-duc, Strix Bubo.

Ce hibous, le plus grand des rapaces nocturnes, est sédentaire en Dauphiné. Le cri du grand-duc est très fort; il épouvante les animaux de son voisinage, parce qu'il est presque toujours l'avant-coureur du carnage et de la destruction. Sa voracité est excessive; on le voit souvent avaler, après de grands efforts, des morceaux énormes, une tête de chat, par exemple."

D'après texte original.

" Hibou Moyen-Duc, Strix Otus.

 

Cet oiseau paraît aussi répandu que la chouette effraie; il habite toutes nos forêts et niche dans les nids abandonnés d'écureuils ou de corneilles. Son cri se compose de syllabes hou-hou, qu'il pousse d'un ton grave et plaintif."

D'après texte original.

 

"Hibou Scops, Strix Scops.

Le scops est un petit hibou qui nous arrive au printemps et nous quitte en automne; il vient nicher dans les fentes de rocher et dans les creux d'arbres, même sur les marronniers du Jardin-de-Ville, où chacun a pu entendre, pendant l'été, son cri plaintif et monotone. Cet oiseau, très-commun aux environs de Grenoble, ne se trouve qu'accidentellement au nord et à l'ouest de la France; il est aussi très-rare en Suisse, quoiqu'il puisse trouver dans ce pays les mêmes conditions d'existence que dans le nôtre."

D'après le texteoriginal.

 

A droite: "Fischer Paul (1835-1893). Spécies général et iconographie des coquilles vivantes comprenant la collection du Muséum d'Histoire naturelle de Paris, la collection Lamarck, celle du prince Masséna et les découvertes récentes des voyageurs. Genre Turbo." "Paris, Rousseau libraire J.B. Baillière, 1873." "Don Etienne CHAPER (1887) 903 planches peintes à la main."

Cet auteur est rattaché à Kiener Louis Charles (1799-1881).

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"Reeve Lovell (1814-1865). Conchologia systematica, or complete system of conchology." "Deux volumes, London, Longmans, Green and co., (1841-1842). "300 planches peintes à la main".

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"Desmarest Anselme Gaëtan (1784-1838) Tableau encyclopédique et méthodique des trois règnes de la nature. Mammalogie." "Paris, Chez Mme veuve Agasse, 1820, 120 planches gravées."

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" Lucas Hippolyte (1814-1899) et Noël Alexis Nicolas (1792-1871). Histoire naturelle des lépidoptères d'Europe. Ouvrage orné de près de 400 figures peintes d'après nature, et gravéessur acier." "Paris, Pauguet, 1834."

 

"Piéride Callidice, pieris callidice. GOD. Papilio Callidice ESP. Hubnillig, OCH. Cette piéride se trouve en juillet, dans les Alpes et dans les Pyrénées."

 

"Coliade Citron, Colias Rhalni. GOD. Papilio Rhamni, LINN. Le Citron, GEOFF. Cette espèce, qui est extrêmement commune, paraît sans interruption depuis le commencement du printemps jusqu'à la fin de l'automne.

 

"Piéride Daplicide, Pieris Daplidice. GOD. Papilio Daplidice.LINN. Le papillon blanc marbré de vert. ENG. Cette espèce est très commune, elle paraît en avril et en juillet, et elle se trouve aux environs de Paris, dans des bois et les prairies."

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"Lucas Hippolyte (1814-1899). Histoire naturelle des lépidoptères exotiques. Avec 80 planches représentant 400 sujets, peintes d'après nature, gravées sur acier par Pauquet." "Paris. Savy, 1864" "Don de LEVAILLANT à Hippolyte BOUTEILLE en 1870"

 

"Papillon Paranthus, Papilio Peranthus, Fab. Cette jolie espèce se trouve dans l'île de Java et à la Cochinchine."

 

 "Papillon Polymnestor, Papilio Polylnestor. Cette espèce, dont l'envergure est de plus de cinq pouces, se trouve aux Indes Orientales.

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"Le tabac n'était d'abord qu'une plante sauvage qui croissait ignorée dans quelques cantons de l'Amérique; mais depuis que les Européens en ont fait un objet de jouissances habituelles et diversement modifiées, la culture du tabac est devenue la base d'un commerce très étendu. Cependant, comment se fait-il qu'une substance aussi vireuse, et qui affecte très désagréablement nos organes, soit devenue un objet si précieux pour tant de nations sauvages, barbares ou plus ou moins civilisées?"

"Plante réduite à la moitié de sa grandeur naturelle.

1. Feuille inférieure, au trait.

2. Pistil.

3. Base d'une corolle sur laquelle sont insérées cinq étamines d'unégale grandeur.

4. Fruit.

5. Le même coupé en travers.

6. Graines de grosseur naturelle.

7. Une autre grossie."

D'après texte original.

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"La pomme de Terre signale à notre reconnaissance les noms de Walter Raleigh, et celui de Parmentier; le premier, comme auteur de la découverte de cette précieuse racine; le second, comme ayant propagé la culture et fait connaître les bonnes qualités par ses expériences et ses écrits. Si les propriétés médicamenteuses de la pomme de terre sont douteuses et fort incertaines, il n'en reste pas de même des qualités nutritives de ses tubercules."

"Plante représentée de grandeur naturelle.

1. Corolle ouverte, à la base de laquelle on aperçoit l'insertion des cinq étamines.

2. Etamines grossies, afin de faire voir que l'enthère biloculaire laisse échapper le pollen par les deux trous qui la terminent.

3. Calice et pistil.

4. Fruit entier de grandeur naturelle.

5. Graine isolée."

D'après le texte original.

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"Les deux pages semblent "soudées" par leurs bords supérieurs. En réalité, ceci résulte du pliage du feuillet d'origine. Le pli n'ayant jamais été ouvert (ou coupé), ces pages n'ont jamais été séparées."

Chaumeton François Pierre (1774-1819) et Turpin Pierre Jean François (1779-1840)  sont les auteurs de ces pages.

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"Prisavec modération, le café, détermine une sensation agréable de chaleur dans l'estomac, dont il favorise les fonctions: il excite en même temps l'action de l'organisme entier surtout du coeur et du cerveau. Il a le précieux avantage de diminuer, d'amortir la redoutable faculté enivrante des liqueurs spiritueuses, de neutraliser des effets narcotiques de l'opium."

"Plante réduite à la moitié de sa grandeur naturelle.

1. Corolle ouverte dans laquelle sont insérées cinq étamines.

2. Calice et pistil.

3. Fruit de grosseur naturelle, dont on a enlevé une partie de la chair, afin de faire voir les deux graines qu'il contient.

4. Une graine isolée vue du côté plat.

5. La même coupée horizontalement."

D'après le texte original.

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Ouvrages de Sonnerat Pierre (1748-1814) "Voyage aux Indes Orientales et à la Chine". "Voyage à la Nouvelle Guinée, dans lequel on trouve la description des lieux, des observations physiques et morales, et des détails relatifs al'Histoire Naturelle dans le régne animal et le régne végétal." "Paris, Ruault, 1776."

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En haut à gauche ouvrage "The Gabbage Tree" de Chamaerops Palmeto, "Palmier avec ses fruits."

En bas au centre, ouvrage de Bignonia Catalda "the datalpa", "feuille et rameau de fleurs de grandeur et de couleur naturelle.

Fig.1, gousse dont une portion est supposée avoir été retranchée dans son milieu, afin de faire voir ses deux extrémités.

Fig.2, graine."

En haut à droite ouvrage de Juglans Cathartica, " The butter nut", "Feuille moitié grandeur naturelle.

Fig.1, noix recouverte de son brou.

Fig. 2, noix séparée de son brou."

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Parmi les animaux exposés, des écrans sont mis à disposition. Il diffuse des écrits et des prises de notes des différents auteurs naturalistes.

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Fleurs, animaux, champignons et roches sont savamment détaillés dans un méli-mélo de notes.

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On y trouve aussi des oiseaux illustrés.

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De même pour une grande variété de reptiles et de batraciens.

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A gauche, Cuvier Georges (1789-1832) "Recherches sur les ossements fossiles de quadrupèdes, où l'on établit les caractères de plusieurs espèces d'animaux que les révolutions du globe paraissent avoir détruites" 1812. Adroite, Mantell Gideon Algernon (1790-1852) "A pictorial atlas of fossil remains." "London, Bohn, 1850."

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On trouve aussi des écrits avec des notions d'anthropologies, qui aujourd'hui nous ferait hérisser les cheveux sur la tête mais qui autrefois étaient en accords avec les mentalités. Ils sont les bases de la discipline qui a su se débarasser de ses préjugés coloniaux et racistes.

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Kurr J.-G (1798-1870) "Album de minéralogie" "Paris. Firmin-Didot, 1859." "Première édition. 22 planches colotiées au pinceau."

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Sparrman André (1748-1820) "Voyage au cap de Bonne-ESpérance et autour du monde avec le capitaine Cook et particulièrement dans le payx des Hottentots et des Caffres." "3 tomes. Paris, Buisson, 1787."

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Les 3 tomes.

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"Pierre Richer de Belleval est le fondateur du jardin botanique de Monpellier [...] il réalise 500 cuivres grévés représentant une variété de plantes alors nouvelles pour la botanique."

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Richer de Belleval Pierre (1564-1632) "282 gravures de plantes, Gilibert, 1796" " Don Gariod (1892) ou legs Gautiers-Villars (1950). Numérisées en 2008, ces gravures peuvent être consultées sur le site web du Muséum."

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Ouvrages multiples d'auteurs comme Saussure, Verlot et bien d'autres.

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Ouvrage d'Hippolyte Bouteille.

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Guettard Jean-Etienne (1715-1786) "Mémoires sur la minéralogie du Dauphiné." "2 tomes." "Paris, Impr de Cloussier 1779."

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"Hippolyte Bouteille s'adresse à la maison Vasseur pour l'achat d'Eulalie en novembre 1877. Il est entendu que l'envoie sera fait en deux parties: d'abord la peau et les tête puis le squelette en 1878.

Malgré des transactions délicates, les différents éléments arrivent et Eulalie est naturalisée d'après cette planche du Dictionnaire universel d'Histoire naturelle de Charles d'Orbigny.

Ce splendide animal fit les beaux jours de l'ancienne salle des grands mammifères avant d'être statufié 100 ans après son arrivée en 1979 par un jeune sculpteur Marc-François Rouxel.

Aujoud'hui, étté comme hiver, Eulalie accueille les visiteurs à l'entrée du Muséum.

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Pour illustrer cette exposition naturaliste, des squelettes issus des cabinets de curiosités des auteurs sont exposés.

Ici un squelette d'un petit tatou.

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A gauche un squellette cartinaligeux de raie et à droite une petite grenouille.

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Un joli faisant doré.

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A gauche un squelette un squelette de Kiwi et à droite celui d'un manchot du Cap.

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Une symathique perche.

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A gauche un singe asiatique et à droite, une chauve-souris.

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Bref une superbe expo pour connaître les grands auteurs qui ont permit à nos générations de s'ouvrir au monde de la nature et de la connaissance.