vendredi 17 août 2018

Sortie en forêt 77.

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Il y a bien trop de monde sur les plages. Les grands lacs que sont Aiguebelette et Paladru sont pris d'assaut. Il est temps d'aller dans nos coins secrets en forêt pour trouver un peu de fraîcheur. Aux portes de la Chartreuse, une cascade discrète alimentée par l'Aigueblanche nous sert de terrain de jeu le temps d'une soirée.

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Le sureau de montagne (Sambucus racemosa) est bientôt à point. Ses baies se consomment en confiture ou en gelée une fois débarrassées de leurs graines qui sont riches en hétérosides cyanogènes. On les mêle souvent à d'autres fruits en raison de leur teneur en pectine qui permet une gélification rapide des préparations.  

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Depuis une éclaircie dans la forêt, il est possible d'observer Saint Laurent du Pont, du nom du Saint romain martyr, ainsi que la vallée du Guiers Mort dans la quelle cette petite ville de campagne se trouve. Elle est récente au regard de l'histoire géologique de la région, la vallée étant un lac lacustre jusqu'au début du Moyen Âge. Cependant, l'occuppation du site sur ses hauteurs est bien plus ancienne. Des reliques paléolithiques mais surtout gallo-romaines ont pu être exhumées. Des pierres taillées aux pièces en argent, en passant par l'hospice pour croisés lépreux et les dolmens allobrogènes, c'est un site historique où bien des secrets restent à être levés.

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Dans le sous-bois de la forêt mixte où se mêlent les sapins blancs et les hêtres, quelques traces laissées par un charmant oiseau ne trompent pas. Les lieux sont habités par la chouette hulotte (Strix aluco). Commune, son hululement lui a valu son nom de chat-huant. C'est une très bonne chasseresse qui permet la régulation des populations de micro-mammifères. Elle a pour habitude de régurgiter ses proies sous forme de pelotes de rejection qui s'identifient à leur taille mais aussi à la présence d'ossements, en particulier de crânes, en bon état.

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L'herbe aux sorcières (Circaea lutetiana) porte aussi le nom de Circée de Paris, en hommage à la sorcière Circé de l'Odyssé d'Homère. Il paraîtrait qu'Hermès porta à Ulysse quelques brins de cette plante comme antidote aux potions de la magicienne pour ne pas finir comme ses camarades en porcs. Son nom scientifique "lutetiana" fait pour sa part écho à la ville de Lutèce, qui de nos jours se nomme Paris. Appelée de la sorte dans de nombreux pays d'Europe, la Circée de Paris est souvent associée à la figure de la plante maléfique bien qu'elle soit que peu toxique. Dans certaines régions elle est nommée en patois "herbe aux sourciers" du fait qu'elle pousse de préférence dans les milieux riches en matière organique, humides et ombragés. 

Riche en tanins, on lui connaît dans la tradition populaire un usage médicinal, en particulier pour le soin des plaies et pour la bonne cicatrisation de celles-ci. Cependant, c'est sur les muqueuses qu'elle a de véritables effets, par sa nature de plante astringente. Fortement attachée au folklore européen, elle porte encore bien des surnoms comme ceux d'enchanteresse en patois français, de Gewöhnliches Hexenkraut en allemand (Herbe aux sorcières commune), de Enchanter's Nightshade en anglais (Morelle de l'enchanteur), de Erba-maga en italien (Sorcière commune) ou encore de Groot Heksenkruid en norvégien (Grande sorcière). Bien que présente de manière abondante sur presque tout le territoire français métropolitain, elle est intégralement protégée en région PACA du fait qu'elle y trouve plus rarement les conditions favorables à son développement, celle-ci n'aimant pas la salinité et les sols rocheux de la côte.

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Autre plante forte de notre folklore, la fougère aigle (Pteridium aquilinum). Son nom tiendrait au fait que tranchée, la moelle de sa tige laisse apparaître une tête d'aigle. Pour ma part je n'ai jamais rien vu de la sorte. Plante protectrice, on pensait que la brûler attirait la pluie en période de sécheresse et chassait les serpents des étables, ces derniers et plus particulièrement les vipères étant accusés de venir boir le lait aux pis des vaches.

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La saison des papillons noctures et forestiers bas son plein. Au sol, une aile d'un de ces lépidoptères (soit Catocala nupta nommée "la mariée", soit Catocala elocata nommée "la déplacée" à la vue des motifs et des couleurs), sans doute happé en vol par un oiseau ou une chauve-souris forestière, les chiroptères adorant croquer les gros papillons nocturnes.

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À savoir, à 2,25 kilomètres de là se trouve le clocher de l'église de Merlas. Celui-ci abrite une importante population de petits rhinolophes (Rhinolophus hipposideros), une espèce de chauve-souris devenue extrêmement rare en raison des pollutions lumineuses et agricoles qui ont mené à la disparition de leur habitat et de leurs proies. En période d'hibernation ou en repos, ce rhinolophe s'enroule dans ces grandes ailes et prend la forme d'une minuscule goutte, celui-ci ne dépassant pas les 7 grammes. Il mange de nombreux insectes qu'il chasse à la cimes des arbres, dans les bois, en lisière et dans les marais. Pouvant manger en une nuit plus d'une centaine de moustiques, il se tourne aussi vers les papillons nocturnes au vol plutôt lent et les araignées.

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Pas ou peu de champignons poussent en cette période de sécheresse, quelques satyres puants (Phallus impudicus) sortent ça et là pour le plus grand plaisir des mouches qu'ils attirent avec leur délicieuse odeur de cadavre. Je l'accorde, il y a plus romantique, de ce fait nous retournons dans l'eau jusuqu'au prochaine article.

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jeudi 12 juillet 2018

Sortie en forêt 76.

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Descente en forêt, plus précisément dans les gorges un torrent de la Valdaine pour se rafraîchir des premières grandes chaleurs qui le soir laissent places aux orages d'été qui font du bien à la terre et dont nos peaux se délectent des gouttes qui s'écrassent sur elle. Le terrain est accidenté, les inondations de 2002 ayant durablement marqué le territoire.

Les champs commencent à jaunir sous l'effet du soleil harassant, l'observation animale est plus difficile et c'est à la tombée de la nuit que nous nous tapissons d'ordinaire pour observer les chevreuils en toute discrétion.

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Les baignades sauvages vont être nombreuses cet été, pour peu que les week-ends ne se fassent pas trop pluvieux. Exit les révisions et les études, le diplôme en poche et un super job pour la belle saison, c'est tout ce qu'il me faut pour profiter du reste. Lecture, dessin, randonné, botanique, blog et mycologie, la nature reprend sa place dans ma vie.

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L'orchis pyramidale (Anacamptis pyramidalis) est une orchidées qui apprécie les talus. Parfois une mutation génétique la rend blanche, on parle alors d'albinisme. Si la coloration est plus terne qu'elle ne devrait l'être on emploiera le terme d'hypochromie et si à l'inverse, elle est bien plus colorée qu'elle ne devrait l'être, on dira hyperchromie. Ces mutations sont recherchés par les amateurs d'rochidées : les orchidophiles.

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Voilà l'Aigueblanc, cours d'eau provenant des limites de la Chartreuse et se jetant dans l'Ainan qui lui même rejoins le Guier. Dans ma famille nous avons toujours nommé le lieu le Gas BlancLe terme "gas" en ancien français désigne un bois ou une forêt, soit la forêt blanche ou le bois blanc. Le terme blanc pourrait faire écho à la couleur des eaux écumeuses qui le traversent mais aussi, à la blancheur du tuf qui s'y forme, créant ainsi de congrégations géologiques de calcaires atypiques le long des falaises argileuses et des parois des cascades qui le composent , mais peut être y a-t-il un sens plus ancien et caché qui justifie ce nom.

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Surprise dans le bois. Quelques girolles pâles (Cantharellus pallens) poussent sur un monticule moussu où des hêtres ont pris place. C'est la première fois que j'en croise ici et c'est une véritable aubaine pour la confection de notre repas du soir. La saison des champignons débute pour ma plus grande joie.

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Nos pas font lever deux chevreuils  (Capreolus capreolus), une chevrette et son faon dissimulés dans les herbes hautes qui encadrent le chemin forestier. Ils sont bien rapide et le temps de sortir l'appareil photo, ils ne sont plus qu'à quelques bonds de la lisière de la forêt dans la quelle ils s'engouffrent avant de nous jeter un dernier regard.

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Ces drôles de choses ne sont ni des crottes, ni des pierres. À gauche il s'agit d'un myxomycète et plus précisément d'une espèce nommée lycogale rose ou lycogale du bois (Lucogala epidendrum) mais aussi lait de loup, nom que je ne lui connais que depuis peu. Il émerge des morceaux de bois mort humides dont il se nourrit. À droite il s'agit de la russule verdoyante (Russula virescens), à la chair ferme et parfumée qui, d'un avis général, est considérée comme la meilleure des russules.

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Voilà un autre myxomycète, peut être le myxomycète blanc (Fuligo septica var. candida) mais rien n'est moins sur avec cet ordre qui compte des dizaines d'autres, beaucoup plus de familles et des milliers d'espèces. Leur détermination est passionnante car sous les loupes binoculaires, ils abordent une architectures et des couleurs que l'on croise rarement dans le vivant, ce qui me fait me prendre de passion pour l'infiniment petit.

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Sucepin, tipules, prêles ... pour un naturaliste le Gas blanc est un endroit à explorer avec attention. Composé de forêts aux profils multiples comme avec la châtaignieraie, la ripisylve, les prairies de fauche, les canaux marécageux, la chênaie et les taillis à petits fruits, il a l'avantage de n'être que peu fréquenté hormis des locaux, le chemin de randonnée et la passerelle ayant été emportés par le déluge de 2002.

Sur le retour, un lièvre prend la fuite. D'abords tapi dans l'herbe à quelques centimètres de la route, il prend la fuite en me voyant sortir l'objectif de l'appareil, peut être un mauvais souvenir d'une rencontre avec un fusil. Deux heures, c'est tout ce qu'il faut pour prendre le temps de profiter de la vie et de ce qui nous entourent, de l'aborder sous un nouveau regard et d'en savourer chaque surprise. Cette journée fût formidable.

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lundi 28 mars 2016

Sortie dans les marais 5.

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 Le marais de l'Ainan fera, d'ici quelques mois ou quelques années, parti intégrante des marais du Val d'Ainan et ainsi, sera classé zone Natura 2000 (enfin, si tout ce passe bien). En attendant son changement de statut, on peut le parcourir avec plaisir en prenant garde à ne pas ramasser les belles fleurs qui poussent sur les rives des canaux et de l'Ainan qui le traversent et aussi, de ne pas déranger les nombreux oiseaux qui viennent y nicher.

 

La populage des marais (Caltha palustris).

C'est la seule populage que l'on trouve dans les zones humides en Amèrique du Nord et en Europe bien qu'il en existerait une sous-espèce en Irelande. Les deux autres espèces ne poussent qu'en Amérique du Nord et fleurissent blanches, contrairement à la notre qui est sur le point de donner de belles fleurs jaunes et cela, jusqu'à la fin août dans certains départements. Chez nous elle est très précoce et fleurit fin mars - début avril. 

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La nivéole de printemps  (Leucojum vernum).

Chez nous en Isère elle est protégée ainsi que dans quatre régions françaises. Elle est parfois confondue avec le perce-neige (Galanthus nivalis). Chez ses deux plantes, il est courant de rencontrer leurs noms accordés aussi bien au féminin qu'au masculin. Elle est parfois cultivée dans les jardins comme plante ornementale.

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Elle se démarque par ses 6 tépales blancs fusionnés se terminant par une tâche verte et sa longue tige.

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Bien que protégée que dans quelques régions, elle est soumise à la réglementation dans toute la France.

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La grande berce (Heracleum sphondylium).

Elle n'est pas au meilleure de sa santé à cette période de l'année mais elle peut atteindre deux mètres de haut à la belle saison et donner de grosses inflorescences blanches et parfumées. Elle aime les zones abandonnées et humide et elle pousse le plus souvent à la mi-ombre. Ses graines riches en vitamines C comme la plante (surtout au début du printemps) une fois pressées ou écrasées dégages une odeur de mandarine.

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La Dorine à feuilles opposées (Chrysosplenium oppositifolium).

 Elle pousse sur une grande partie du territoire français dans les bords de rivières, les cascades et les sous bois très humides et frais, de préférence en "semi-montagne" et en montagnes. Ses toutes petites fleurs jaunes sont entourées de feuilles dont la couleur varie du vert très clair au vert sapin ce qui fait ressortir son coeur. 

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On peut la confondre avec une espèce proche, la Dorine à feuilles alternes (Chrysosplenium alternifolium).

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La pézize coccinée (Sarcoscypha coccinea).

Ce joli petit champignon se fait de plus en plus rare et a tendance à pousser dans les zones peut fréquentées par les hommes. Bien qu'il pousse parfois à la fin de l'automne, on le rencontre chez nous aux alentours de février jusqu'à la fin de la pousse des morilles (miam !). Le voir sortir est signe que la période des champignons de printemps débute. Il est comestible mais n'a pas de saveur, mieux vaut le laisser s'épanouir dans la forêt.

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On peut parfois la confondre avec la pézize d'Autriche (Sarcoscypha austriaca) qui est plus velue.

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La cardère sauvage (Dipsacus fullinum).

On la nome aussi "Cabaret des oiseaux" en raison des nombreux volatiles qui viennent sur les inflorescences fanées manger les graines. Elle porte également celui de "Bain de Vénus" en raison de l'utilisation qui était faite de l'eau qui se trouve entre les feuilles disposées sur la tige et qui servaient d'e produit  de beauté aux femmes romaines et grecs. Cette eau serait utilisée par la plante comme piège à insectes pour se fournir en phosphore.

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Le potamot à feuilles perfoliées (Potamogeton perfoliatus). 

 C'est une plante aquatique assez courante qui produit un tout petit épi à la surface ou en dehors de l'eau vive. C'est dans les lacs et rivières des régions calcaires et au sol pierreux qu'elle s'épanouie le mieux. Il faudra attendre juin pour voir les petites et discrètes fleurs vertes s'ouvrir et cela, jsuqu'à la fin septembre. 

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On compte un grand nombre de potamots en France et en Europe. Ils servent d'indicateur de pollution.

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L'hellébore fétide (Helleborus foetidus).

 Comme je le dis à chaque fois que je présente cette plante dans un article, c'est celle que je préférée. Nommée "Rose de serpent" ou encore, "Patte de griffon", c'est une belle mais toxique renonculacée qui autrefois était utilisée pour  le soin de la folie et d'autres troubles psychologiques, ce qui provoquait souvent le décès des patients. Elle était utilisée en dernier recours dans les soins vétérinaires du gros bétail comme purgatif et vomitif.

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On reconnaît l'hellébore fétide à la marge rouge pourpre qui se dessine sur les pétales verts clairs.

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Les animaux du marais.

On rencontre de grands mammifères comme des chevreuils ou des sangliers mais aussi de bien plus petits comme les souris et les musaraignes. Cette musaraigne couronnée (Sorex coronatus) a été attaqué par un oiseau de proie. C'est l'espèce de musaraigne la plus commune dans notre pays mais ne se trouve pas en Méditerranée.

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Nos pas lourds ont fait fuir l'oiseau qui s'apprétait à se nourrir de cette pauvre et malchanceuse musaraigne.

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La rivière de l'Ainan.

 L'Ainan est un cours d'eau de 16 km qui prend sa source dans ce que l'on nommait le marais de Chirens et qui aujourd'hui fait parti des marais du Val d'Ainan. Deux ruisseau sur ma commune, le ruisseau de la Cascade et le ruisseau des Gorges, l'alimentent. Nous partirons les explorer très bientôt, au début du printemps.

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On ne sait pas très bien si les canaux de la régions sont naturels ou s'ils datent de Napoléon Ier.

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Les eaux vives succèdent aux eaux lentes de ce petit cours d'eau qui peut parfois se montrer violent.

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Il n'est pas encore très bien connu et un recensement de certaines espèces s'y trouvent est en cour.

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Les arbres aimants l'eau.

Les saules (Salix) et les aulnes (Alnus) figurent parmi les principaux arbres aimant coloniser les zones marécageux de l'Isère. Ils sont en général des bois de piètre qualité pour les meubles mais sont utilisés comme bois de fondation car de nombreuses espèces s'avèrent être imputrescibles quand elles sont immergées.

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Les bourgeons laisseront bientôt apparaître des chatons gorgés de pollen et de jeunes feuilles tendres.

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Le mot de la fin.

Le marais en cette saison, c'est dire la fin de l'hiver, est un peu triste. Bien que les oiseaux soient bien visibles, il y a peu de plantes à observer et encore moins de fleurs à voir, hormis quelques nivéoles, perce-neiges et autres narcisses. Néanmoins avec l'arrivée prochaine du printemps et le retour du soleil et la hausse des températures, il se pourrait bien que l'on ait quelques belles surprises. Et comme toujours, la vidéo du lieu ICI.

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dimanche 17 mars 2013

Sortie en forêt 17.

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Petite sortie entre amies avec Poppy tôt ce matin dans les bois, histoire de voir la nature à l'oeuvre. La neige n'est pas encore partie de partout, il fait frais mais le soleil nous accompagne pour notre plus grande joie.

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Les fougères sont magnifiques, et même si les fougères aigles sont encore en crosses, les polystichums aculeatums, appelés aussi polystics à aiguillons ou aspidies à soies raides, se sont largement déployés. Cette espèce est protégée en Île-de-France, en Bretagne et dans le Centre. Elles peuvent atteindre un mètre de haut.

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Les scolopendres appelées quand à elles langues de cerf, ont commencé à former leur sporanges, petits sacs où les spores de la plante sont stockés avant d'être lâchés au vent car rappelons le, les fougères ne fleurissent pas mais utilisent un mode plus archaïque.

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De même pour les polypodes communs aux sporanges oranges et sur le point de se rompre. Le rhizome séché est utilisé depuis plus de 2000 ans  comme laxatif, vermifuge, cholagogue mais aussi expectorant. En 1971 on a découvert toujours dans cette partie de la plante deux molécules qui aurait un pouvoir sucrant cinq cents fois plus puissant que le sucre. Elles sont déjà utilisées dans les sucreries comme le nougat.

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Les divers mousses du sous-bois utilisent presque le même procédé pour procréer. Là aussi pas de fleurs mais des organes disexués et distincts la plupart du temps. Les organes mâles, les anthéridie relachent des spermatozoïdes qui vont féconder les ovules contenus dans les archégones, les organs femelles, à savoir que les différents organes reproducteurs sont contenus ensembles dans les gamètophytes, les petites capsules noires.

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De là, les spores se forment (gamètes mâles + gamètes femelles) et sont lâchés au bon grès du vent qui les portera avec un peu de chance dans un milieu propice: une écorce exposée plein nord, un rocher humide, un sol riche en humus à l'ombre. Bref, tout cela tiens au hasard d'où le grand nombre de spores produits, d'autant plus que bon nombres des nouveaux individus ainsi formés s'avèrent stériles.

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Les champignons ne sont pas en reste et offrent mille surprises comme ces drôles de champi's. Ce sont des xylaires du bois, blancs/gris jeunes puis noirs sur la fin de leur vie, ils sont comparés aux ramures de cerf. Ils ne sont pas comestibles mais assez esthétiques.

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Autres formes inabituelles avec à gauche lgéoglosse glabre appelé langue-de-terre est un champignon rare et à droite les hypoxylons en forme de fraise. Bien que non comestibles, ils apparaissent comme d'êtreanges trésors de la forêt.

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Pleins de tramètes sont au rendez-vous comme les tramètes bossues, les tramètes versicolores, les tramètes parfumées ou encore les tramètes hirustes ... bref la liste est longue, comme celle des couleurs qui sont nombreuses.

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Il y a aussi les polypores qui peuvent parfois atteindre des tailles énormes. Ils finiront après séchages comme étagères (coup d'oeil discret et compliece à ma comparse).

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Malgrès cette effervescance, neige et gel sont encore bien présent dans la forêt, en particulier dans la gorge où nous nous trouvions. Morilles et pézizes ne sont donc pas prêtes d'être au rendez-vous, du moins dans ce coin là.

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On trouve même quelques champignons à lamelles qui courageux, ont bravé le froid. Mais force de constater que leur résistance n'a été que de courte durée. Les voila durs comme la pierre et tous noircis.

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Surprise dans le sous-bois, de belles plumes d'anges. Ce drôle de phénomène n'est pas encore expliqué mais on sait qu'il est provoqué par une grande humidité suivit d'un gel soudain et toujours dans une branche de hêtre ou de chêne. Le résultat: de longs filaments duveteux qui se brisent et fondent au moindre contact. Un champignon pourrait en être à l'origine. A la moindre chaleur, les plumes disparaissent.

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Bref, on a beau être en mars avec le printemps qui pointe le bout de son nez, personne n'est à l'abris du gel, pas même les habitants de la forêt.

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Cependant les primevères sont à la fête! Utilisées comme trompettes par les enfants lors des ballades en nature, elles se déclinent en une infinité de couleurs dans les jardins ou même chez les fleuristes.

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Baies toxiques ou cresonnette, il faut prendre garde dans la récolte de plantes sauvages à ne pas confondre les différentes variétés et à manipuler avec précaution celles qui se relèvent dangereuses ou du moins irritantes.

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Et parfois, quelques variétés domestiquées retournent à l'état de nature, et cela en bien ou en mal, certains espèces venants d'autres continents et pouvant se révéler invasives.

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Alors pour ces drôles de plantes aux nombreuses inflorescences mystère! Je vous demande à vous, bons samaritains de la nature, si vous avez l'occasion de connaître ces drôles de végétaux, de poster quelques indications sur eux. Alors plantes de nos contrées ou échappées d'un jardin?

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A savoir que nos amies poussent dans une gorge calcaire ombragée avec peu d'arbres, proche d'un tout petit torrent de montagne,sur de l'argile dans des gallets et qu'elles ne semblent pas craindre le froid car certaines sont prises dans la glace et la neige sans que cela ne semble les déranger. 

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Les fluctuations du niveau de l'eau ont laissé sur le bord du torrent, appelé chez nous le Gars Blanc, quelques trésors des saisons passées, comme cette grosse coquille d'escargot de bourgogne ou ce prêle tout séché.

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Plus on s'enfonce dans la gorge et plus la glace se fait présente, formant par endroit de véritables sculptures mais aussi rendant le "chemin" ou du moins les troncs très glissants.

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Voici un vaste choix d'oeuvres: stalactites, stalagmites, bulles et billes de glaces, voilà de quoi animer une coure de récréation à l'âge de glace.

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L'eau des diverses sources et petites cascades qui coule le long des parois d'argiles a emprisonné les arbres tombés pendants l'hiver. En ruisselant, elle a formé des vagues glacées pour donner un résultat surprenant.

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Quand au stalagmites, attention à ne pas passer dessous car bien qu'il fasse froid, le soleil envoie quelques rayons qui peuvent les faire céder et certains pouvant atteindre 1 mètre voir 1 mètre 20, il ne vaut mieux pas risquer de s'en prendre un sur le coin du nez.

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Mais la plus belle oeuvre reste ces formations translucides, assez nombreuses et qui façonnées par le courant de l'eau, se transforment en délicates cloches de glace dont on a qu'une envie; celle de faire retentir leur doux carillon.

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Et puis il y a les hellébores fétides, qui comme toujours dégagent un parfum fort désagréable mais qui émerveillent par leurs couleurs. Pleinement ouvertes, elles offrent fièrement leur anneau pourpre ainsi que que leur grandes étamines.

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Il est amusant de constater (enfin ce sont mes constations personnelles) que les plants faiblement exposés au soleil comme ceux-ci développent un anneau très marqué, au contraire de ceux qui sont dans des sous-bois moins ombragés où l'anneau parfois n'apparait pas, même quand les fleurs sont pleinement ouvertes.

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Surprise, au dessus d'un tronc abattu qui nous permet de traverser l'eau sans nous mouiller (ça reste à voir), un drôle de lichen, lui aussi en pleine fructification (décidément) se donne à voir.

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Bref, pour visiter ce coin escarpé il ne faut pas avoir peur de jouer au chamois et de sauter de pierres en pierres en évitant les glissades et épargner aux fessiers de finir à l'eau qui reste bien glacée.

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Au fond de la ravine, plumes et ailes sont venus se déposer. 

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De mêmes pour certaines branches tombées avec le vent et qui une fois retirées du manteau neigeux formes d'élégants motifs.

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Autre surprise, des os traînés et lavés par l'eau. Il y a quelques années de cela, enfin presque 10 ans, nous étions partis en excursion et avions eu la chance de trouver de nombreux ossements dont un crâne de blaireau et un crâne de faon avec une partie de son squelette ainsi qu'une dépouille de renard. Mais aujourd'hui il est plus difficile de trouver ces trésors, la végétation ayant repris ses droits. Néanmoins nous ne sommes pas bredouilles.

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L'abondance de restes d'animaux vient du fait que la ravine est très escarpée, une fois dedans c'est toute une histoire pour en ressortir. Les dépouilles des animaux qui y meurent sont donc peu utilisés comme repas par de "gros" carnassiers comme les renards, les chat et chiens sauvages, les oiseaux charognards comme les corbeaux ou les sangliers (car oui de temps à autre ils aiment ajouter la viande à leur menu). Hors ces animaux ont tendance à disperser les ossements ce qui rend leur collecte difficile. 

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Un joli stalagmite bien plus grand que mon modeste mètre soixante et dont je n'ai pas réussi à faire le tour avec une seule main. Pour notre traversée il a été une rambarde pratique.

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Bien que le soleil arrive enfin, la plus belle des cascades reste givrée et avec les giboulées d'aujourd'hui, je doute forte qu'elle est perdue ses habits de glace.

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Notre aventure s'est arrêtée ici, les troncs deviennent glissants et la gorge ne se fait plus aussi accueillante qu'elle a pu l'être jusqu'à là, mais rien de grave, beaucoup de jolies choses nous ont été données à voir.

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Bref, un paysage froid certes, mais sympathique comme tout. Cet été nous aurons la surprise de voir avec un peu de chance une flore luxuriante, de nombreux arbres à papillons étant en dormance sur les bords du Gars Blanc.

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Dans notre remontée vers les près, nous croisons des traces fraîches de chevreuils sans plus trop croire à une rencontre possible, le soleil annonçant midi passé. Pourtant nous étions pleines de bonne volonté en partant en expédition tôt ce matin.

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Et bien ils étaient là, au rendez-vous et juste devant nous! 6 jolis chevreuils, intrigués mais pas apeurés pour un sous, 2 mâles et 4 chevrettes. Même proches de nous, il a été difficiles pour mon petit appareil de les photographier nettement. Cependant en cliquant sur les vignette on peut avoir un aperçu de cette charmante compagnie.

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Bref, en reprendre notre cheminement, nous avons vu 6 petits derrières blancs partir dans les bois en sautillants.