dimanche 23 mars 2014

Dame Sorcière.

Toujours dans mon approche plus ou moins ethnographique des plantes, des animaux, des traditions oubliées et de la nature dans son ensemble, j'en suis venue à me pencher sur ce que l'on nomme dans le langage courant la Sorcière:

http://chezguizbis.blogspot.fr/2012/03/inspiration-mucha.html

Dans l'imaginaire européen, la sorcière est le plus souvent représentée sous les traits d'un vieille femme laide, méchante et sale qui utilisent des ingrédients farfelus dans un chaudron pour créer des poisons et des filtres d'amour.

Mais dans les faits, qui étaient ces femmes qui, à la Renaissance, avaient une bien sombre réputation au point de finir sur le bûcher?

Les sorcières et sorciers étaient des femmes et des hommes, nomades ou non, qui ont hérités des religions dites païennes la connaissance des plantes et du corps, la croyance magique et les rituels. À l'image des prêtresses nordiques, ils étaient appelés comme guérisseurs, voyants, médiums, jeteurs de sorts, empoisonneurs ou comme purificateurs en échange d'argent, d'un bon repas ou/et d'offrandes diverses.
Avec la christianisation, les pratiques magiques et les soins par la nature ont été diabolisés en étant relégués au rend d'hérésie.

Les recettes des filtres magiques et des potions de guérisons étaient jalousement gardées. Des codes étaient utilisés pour permettre aux initiés de comprendre les écrits et de les protéger des curieux. Ainsi les ingrédients et les actions pouvaient paraître des plus insolites aux yeux des non initiés (sic: l'emploi de la traditionnelle bave de crapaud).

Voici une petite liste glanée sur le net non exhaustive des correspondances entre les formules employées et les plantes. Attention, chaque époque et chaque lieu a son propre vocabulaire de sorcière,ici ne figure qu'un des nombreux langages employés par ce que l'on nommait les hommes et femmes médecine:

Aile de chauve-souris => houx
Arbre à concombre => magnolia

Baton de jupiter => molène
Bec d’oie => potentille
Belle dame => belladone
Bile humaine => sève de navet
Blé des fourmis => chiendent
Blé noir => sarrasin
Bois de mai => aubépine
Bois de vie => bois de gaiac
Bourreau des arbre => lierre grimpant
Bourse à berger / bourse de capucin => bourse de pasteur
Bouton d’or => ficaire, renoncule
Brosse à chevaux => prêle des marais
Buisson ardent => fraxinelle

Caille-lait => gaillet
Cillot => molène
Capuche de moine / casque de jupiter => aconit
Cassave => manioc
Casse-pierre => renouée
Cendrée => chélidoine
Cervelle de chat => gomme de cerisier
Char de Vénus => aconit
Chasse-diable => millepertuis
Cheveux de Vénus => capillaire
Cheveux du diable => cuscute
Cloche d’argent => viome
Coeur d’aigle => absinthe
Coeur de berger => bourse de pasteur
Corbeille d’argent => alysse odorant
Corail rouge => piment rouge
Corne de licorne => hélonias
Coudrier => noisetier
Courrone de terre => lierre
Crache-venin => bryone
Crinière de lion => origan des marais
Cumin des près => carvi

Dent de lion => pissenlit
Disocorée chevelue => igname

Echelle du Christ / herbe à fièvre => centaurée
Ecorce sacrée => cascara
Eupatoire des Anciens / herbe à la trompette/ herbe de saint John => aigremoine

Faux buis => busserole
Fée verte => absinthe
barda
Fenouil puant => aneth
Férule fétide => asa foetida
Fève de loup => hellébore
Fiel de terre => fumeterre
Figuier d’inde => banian
Fleur de chocolat => géranium

Gant de fée /gant de Marie => ancolie
Gant de Notre Dame => digitale
Gazon de Marie => alysse
Gommier bleu => eucalyptus
Graine d’Horus => marube
Gratte-cul => églantier
Grippe de loup => lycopode
Gueule de chien => gueule de loup

Hélénine => grande aunée
Hellébore des Anciens => verâtre blanc
Herbe à bouteille => pariétaire
Herbe à la coupure / herbe du cardinal => grande consoude
Herbe à l’ail => alliaire
Herbe à lait => polygala vulgaire
Herbe au somme => jusquiame noire
Herbe au cents goûts => armoise
Herbe aux mille trous / herbe de la saint Jean => millepertuis
Herbe aux myopes => euphraise
Herbe aux sorcières => belladone
Herbe aux sorciers => datura
Herbes à verrues => chelidoine
Herbe de l’enchanteur / herbe de sainte Marie => verveine
Herbe de saint Jacques => jacobée
Herbe des vierges => absinthe
Herbe du bonhomme => lierre terrestre
Herbe du bon soldat => benoîte
Herbe sacrée / herbe sainte => yerba

Jasmin sauvage => jasmin de virginie

Lait de louve / lait de serpent => euphorbe
Lait de notre-Dame => chardon-marie
Laitue des chiens => chiendent
Laitue indienne => pourpier d’hiver
Langue d’addition => cornouiller
Langue de cheval => liatrix
Langue de moineau => renouée à fleur
Langue d’oie => grasette
Langue de serpent => erythrone
La sorcière / l’élégante / maître des bois => aspérule
Lilas les indes => margousier
Lys de la vallée => muguet

Manteau de Notre-Dame / manteau des dames => alchémille
Maroute => camomille puante
Mauve indienne => abutilon 
Mescal => peytol
Millet des Indes => maïs
Molène => bouillon-blanc
Morelle grimpante => douce amère
Mousse d’Irlande => carragheen
Moutarde des allemands / mourtarde des capucins => raifort
Museau de veau => gueule de loup
Museau de porc => pissenlit

Navet du diable => bryone
Noisetier des sorcières => hamamélis

Oeil de cheval => grande aunée
Oeil du Christ => sauge
Ombrage des bois / pain de saint Jean=> caroubier
Oreille de souris => piloselle épervière

Pain du coucou => plantago
Patience crepue => patience sauvage
Patte d’ours => acanthe
Patte de chat => asaret
Patte de corbeau (ou de corneille) => géranium tâcheté
Patte de crapaud => noyer cendré
Patte de loup => bugle rampant
Pas d’âne /pied d’âne / pied de taureau => tussilage
Perce-muraille => pariètaire
Petit chène => veronique germandrée
Petit houx => fragon épineux
Pied de griffon => hellébore noire
Plante du tonerre => joubarbe
Plante royale => basilic
Plume d’aigle => ail sauvage
Plume de paon => coquelicot
Poivre à queue => cubère
Polypode du chène => polypode (ou fougère)
Pomme épineuse => datura
Pommier d’arménie => abricotier
Poupée de cire => fumeterre
Prune de java => jamelongue
Punaise mâle => coriandre

Queue de cheval /queue de chèvre=> prêle
Queue de cochon => fléau du léopard
Queue du chapon => valériane
Queue de renard => prêle ou amarante
Quintefeuille => potentille rampante

Racine de l’amour => racine de patchouli
Racine d’oeil => hydratis
Racine de Licorne => alétris
Raisin de renard => parisette à 4 feuille
Raisin d’ours => busserole
Réglisse des bois => polypode
Reine de la nuit => vanille
Reine des près => ulmaire / pygamon (toxique)
Rouvre => chêne
Roseau aromatique => acore vrai (appelé aussi calami)
Rose de noël => hellébore noire
Rudbeckie pourpre => echinacée (populaire en allemagne)

Sabline rouge => arenaria
Sabot de Vénus => valériane américaine
Salivaire => pyrèthre d’afrique
Sang => sang de dragon (résine rouge tiré du dragonnier) / sève de sureau noir
Sang d’Arès => pourpier
Sang de chatte => verveine
Sang d’oie => lait de murier
Sang de nez => millefeuille
Sang de titan => laitue sauvage
Sang d’héphaistos => absinthe
Santé de l’homme => ginseng
Sensitive => mimosa
Serpentaire => clématite
Soucis des jardins => soucis ou calendula
Sparte => genet d’espagne
Sperme d’amon => joubarbe
Sperme d’Hélios => rose de Noël
Sperme d’Hermes => aneth

Tabac indien => lobélie
Tête de grenouille => renoncule
Thé des abyssins => qat
Toile d’arignée => cuscute
Trifiol => trèfle
Tue-loup /tueur de brutes /tueur de femmes / tueur de léopard => aconit napel
Turquette => herniaire

Verbénaire => verveine
Verge des ménagères => genêt à balai
Violette du sorcier => petite pervenche

Yeux de chat => chicorée sauvage

http://postlucemtenebrae.eu/luis-ricardo-falero_maitre_sorcieres/

Bref, voilà un inventaire à la Prevert qui peut donner un autre regard sur les pratiques du passé en particulier, sur les soin par les plantes, à une époque où les médicaments et les techniques médicales n'étaient pas celles-d'aujourd'hui. D'ailleur, herboristerie et médecine n'étaient pas dissociées l'une de l'autre, comme l'explique ce long texte du dénommé "Karsho":

"L’histoire des plantes médicinales

Se soigner par les plantes est une forme de médecine aussi ancienne que peut l’être la conscience humaine. Des études ont observé le comportement de certains animaux qui consomment sans se tromper des plantes comestibles. La connaissance des plantes a souvent commencé par l’observation des animaux. Les moutons par exemple, broutent d’eux même la fougère mâle quand ils souffrent de vers intestinaux. La fougère mâle est un remède contre le ver solitaire connu depuis la plus haute antiquité.
Les effets sur l’organisme de la consommation de plantes sauvages ont été observés pendant des millénaires. Consommées régulièrement en période de disette, on ne peut manquer de constater certain effets : laxatifs, diurétiques, constipants, sudorifiques, adoucissants, …
Au XVIIIè siècle par exemple, on ajoutait de la farine de glands au pain. On utilisait aussi les glands pour faire du café pendant la seconde guerre mondiale.
Mais les intoxications sont toujours un risque à garder à l’esprit.

Les premiers textes médicinaux parvenus en France provenaient de Chine, Egypte et Mésopotamie, montrant

http://postlucemtenebrae.eu/luis-ricardo-falero_maitre_sorcieres/

ainsi que le savoir thérapeutique existait déjà il y a 3000 ou 4000 ans. A l’époque, la médecine était surtout pratiquée à base de rituels magiques, puis furent développés des remèdes à base de minéraux, d’animaux et surtout de végétaux.
On sait que les Egyptiens connaissaient les propriétés sédatives du pavot ou encore que les Assyriens utilisaient correctement la belladone contre les spasmes.
Toute la base de la médecine occidentale se retrouve dans les médecines grecque, latine, arabe.
Au Moyen Age, l’Europe connaît une période d’extrême ignorance, tous savoirs étant mis à l’écart par l’Eglise. Le savoir médical est alors réservé aux ecclésiastiques. Les « non prêtres » utilisant un savoir médical quelconque avaient vite fait de passer pour hérétiques.
C’est à partir de la Renaissance que les textes anciens sont « retrouvés ». L’Antiquité est un sujet qui passionne. Les peintures et sculptures représentent les héros des mythes grecs. On traduit, on compile des ouvrages, et la connaissance des végétaux se précise. Le XVIè siècle est marqué par un grand intérêt pour les plantes, en témoignent quantité d’ouvrages et de publications très illustrées. Tout ce savoir, ces livres, vont se propager jusque dans les campagnes où il va se mêler aux savoirs populaires. Le fond devient commun mais chaque région y ajoute ses
propres connaissances ancestrales. Citons par exemple le suc d’ortie, préconisé par Dioscoride (1er siècle) contre les saignements de nez. En 1980, on retrouvait cet usage de l’ortie à Banon (Alpes de Haute Provence). Mais si le suc d’ortie a eu sa place dans un livre, ce n’est pas le cas de toutes les plantes, comme le plantain œil de chien qui est utilisé dans la médecine populaire sans avoir été mentionné dans un quelconque ouvrage.
Ainsi, l’intérêt pour l’Antiquité et la redécouverte des savoirs a établi les bases d’un savoir « savant » qui nous conduira vers la médecine moderne que nous connaissons actuellement.

 

 Le remède du peuple

De tous temps, il y a eu la médecine des riches et la médecine des pauvres. Voici une citation qui résume bien l’idée :
« Les hommes qui appartiennent aux premières classes de la société ont sur les propriétés des médicaments des préjugés qu’il serait dangereux de heurter : ils aiment la multiplicité des remèdes, ils prennent pour de grandes vertus la singularité de leurs noms, leur rareté et surtout leurs prix élevés. Médecins, n’allez pas leur prescrire ces végétaux précieux mais d’un emploi trop vulgaire, que la nature fait croître abondamment dans nos campagnes, réservez les pour le peuple. Voulez vous donner une haute idée de votre génie? N’ordonnez jamais que des remèdes extraordinaires, ou des substances amenées à grands frais des contrées les plus éloignées. »
MONTFALCON, Dictionnaire des sciences médicales, 1850

 

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Les fortunéss ont toujours préféré le recours aux remèdes et drogues exotiques, aux épices, aromates et résines comme le benjoin et la myrrhe. Toutes ces substances étaient très coûteuses et très souvent falsifiées. Le principe était qu’un médicament était d’autant plus efficace qu’il était cher et complexe.
Un exemple typique est la Thériaque. Cette composition était attribuée à Andromaque, médecin de Néron (1er siècle). Elle contenait plus de 100 produits différents, animaux, végétaux et minéraux, dont certains très toxiques comme l’opium ou le venin de vipère. A l’origine un remède aux poisons, la Thériaque est vite devenue un remède à tout faire. En 1884, la pharmacopée française en donnait encore une formule à 60 composants.
Bon nombre de recueils de recettes au XVIIè et XVIIIè siècles en particulier font état d’une grande quantité de recettes compliquées.
Il va sans dire que les pauvres ne pouvaient mettre en pratique ces formules.
Le mot « simple » fera son apparition au XVè siècle, désignant un médicament constitué d’une seule substance. Par la suite, il s’appliquera pour désigner les plantes médicinales.

Dans la société traditionnelle, le savoir sur les simples était indispensable pour survivre. Transmis de génération en génération, il s’enrichissait du savoir empirique et des recettes rapportées par les colporteurs, les pèlerins, les ouvriers saisonniers, …Ce savoir qui fait aujourd’hui sourire a su se préserver au fil du temps. Comme cité plus haut avec l’ortie, on gardait des recettes du 1er siècle et au delà.
Le savoir médical populaire a eu ses spécialistes : des guérisseurs qui préparaient potions et onguents auxquels ils ajoutaient leur propre pouvoir de magnétiseur. On venait de loin pour profiter de leurs recettes.

Après l’opposition médecine des riches/médecine des pauvres, une autre confrontation a vu le jour : savoir savant/savoir populaire. Bon nombre de médecins actuels jugent la médecine populaire avec dédain. C’est signe qu’un fossé s’est creusé entre les deux car la base de la médecine savante prend racine dans la médecine populaire. Cette dernière s’inscrit dans une association entre médecine, croyances magiques et religion. La médecine moderne s’est complètement émancipée de ces concepts non avérés scientifiquement.

 

 Les femmes et la médecine traditionnelle

C’est surtout par les femmes que c’est transmis le savoir sur les plantes dans les campagnes. C’était un domaine qui leur était souvent réservé et la connaissance des remèdes était l’une des rares libertés qu’elles avaient.
Ces guérisseuses étaient appelées les « bonnes femmes ». Sur les illustrations médiévales on voit souvent une femme choisir les plantes pour en préparer un remède.

 

http://www.calirezo.com/dotclear/index.php?post/2004/09/16/1054-sorcieres

Mais ces remèdes et cette liberté seront dénoncés par l’Eglise, principale détentrice du savoir et soucieuse de son influence sur le peuple. Les femmes détenant les secrets des plantes seront donc considérées comme sorcières et persécutées du XIIè au XVIIè siècle. Les pèlerinages aux saints guérisseurs ont ainsi toute légitimité.
Pour l’Eglise, la sorcière était celle qui avait partie liée avec les forces de la nature, considérées comme des forces mauvaises. Le Diable était parfois nommé « le maître qui fait germer les plantes ».
Quoi qu’il en soit, même si l’empirisme véhicule certaines erreurs, la médecine moderne a explicité et confirmé la valeur de bon nombre de « remèdes de bonnes femmes ». Malgré le dédain des médecins « savants », les guérisseuses parvenaient à soigner avant que ceux ci n’arrivent dans les campagnes. Très rares sont ceux qui ont reconnu leurs limites et le succès des "bonnes femmes" dee campagne. Citons le témoignage d’un célèbre médecin provençal au XVIIIè siècle:
« Ne sommes nous pas obligés de déclarer avec confusion l’impuissance où nous sommes de pouvoir secourir les malades, tandis qu’une femmelette guérit par un simple remède, à nous inconnu, la maladie qui nous parraisoit incurable. Les médecins qui ont de la bonne foi ne sauroient en disconvenir. »
Pierre Garidel, Histoire des plantes qui naissent aux environs d’Aix, 1715

De nos jours, les conditions sociales se sont nettement améliorées pour les femmes, et le rapport avec les herbes se transmet toujours. Les nouvelles héritières peuvent comparer avec des ouvrages de vulgarisation scientifique et modifier leurs pratiques vers un empirisme éclairé, limitant les erreurs potentielles.

 

 La médecine des signatures

Les Hommes ont pendant longtemps observé la nature. Ils y voyaient un espace soumis et guidé par la volonté du créateur. Toutes les réponses devaient être dans la nature, pour qui saurait décoder ces messages en formes, en couleurs, en comportements, des animaux, végétaux et minéraux. Tout un savoir s’est donc construit sur cette perception des analogies entre la nature et l’Homme.
De tous temps, les Hommes ont distingué les plantes aux particularités remarquables et offrant des similitudes avec des parties du corps ou des maladies.
Cette médecine par analogie était déjà pratiquée dans la Chine ancienne. Elle fut redécouverte en Europe à la Renaissance, via les travaux de médecins alchimistes parmi lesquels Paracelse (1493-1541), Porta (1540-1615), Crollius, …
Les alchimistes étaient d’accord pour dire que la forme, l’image des plantes étaient la signature de leurs pouvoirs, offerts par la volonté divine. C’est de là que vient le nom de « médecine des signatures ».
Cette pratique, qui ne manque pas de faire sourire nos esprits « scientifiques » modernes, en a quand même surpris plus d’un car de nombreuses vertus supposées par ce mode de thérapie se sont avérées réelles.
Cependant, la « mode » de l’analogie a aussi attribué des pouvoirs imaginaires aux plantes. Toutes les plantes capillaires devaient soigner le cuir chevelu et la noix, avec sa forme en cerveau, devait vaincre la folie. Mais aujourd’hui, sait on tout de la noix?
Le domaine sexuel a lui aussi (et lui surtout) fait l’objet de toutes les fantaisies. Tout le monde y voyait des analogies partout ou presque et toutes sortes d’interprétations ont vu le jour.
Prenons l’exemple de Crollius dans son livre La Royale Chimie (1624). Il parlait des racines d’orchidées sauvages à deux tubercules. L’un des deux était toujours plus flétri car c’est dans ses réserves que tige, feuilles et fleurs avaient prélevé l’énergie. Crollius écrivait que « [les deux tubercules] peuvent se corriger l’un l’autre : car le plus grand, plus haut et plus plein excite grandement au fait, mais le plus bas, mol et ridé, a un effet tout contraire : car au lieu d’eschauffer il refroidit, merveille de la sagesse de la nature. » C’est à dire que la même plante était supposée être aphrodisiaque ou anaphrodisiaque selon le tubercule choisi.

 

Source inconnue.

Voici un exemple d’analogie dont la science moderne a reconnu les vertus : le millepertuis. Ces feuilles ont de nombreuses glandes translucides bien visibles par transparence. Elles évoquent donc les blessures (trous) et la transpiration (image des pores de la peau). Les glandes de l’inflorescence sécrètent un suc rouge qui rappelle le sang.
On se sert encore du millepertuis comme cicatrisant et anti inflammatoire.

 

 Plantes médicinales et magie

De nombreuses plantes médicinales, et en particulier les plantes toxiques, ont été liées à la magie. Citons la plus caractéristique des familles : les Solanacées (belladone, jusquiame, datura, mandragore, …)
Ces plantes ont des actions sur le psychique : hallucinations, délires, …
Les breuvages hallucinatoires étaient utilisés par les sorcières médiévales pour la divination ou pour apaiser les douleurs. Le vol des sorcières était d’ailleurs très certainement une sensation de vol par hallucinations.
Les plantes ont fait l’objet de toutes les craintes et de tous les fantasmes, et tant que contre sort, amulette ou talisman. Toutes ces croyances finissent par créer des ambiguïtés. Le sureau par exemple est protecteur dans le nord de l’Europe (Scandinavie) et maléfique dans le Berry.

 Les rites de la cueillette

Un savoir très ancien a associé aux plantes des planètes et des signes du zodiaque. Il y a donc une période propice pour chaque plante. Généralement les plantes étaient cueillies en lune croissante, bien que l’on note parfois quelques exceptions. La rue par exemple était cueillie en lune croissante quand on la destinait à soigner la gorge et en lune décroissante pour un effet abortif.
Des recherches montrent que l’influence de la lune, observée par nos ancêtres, existe bel et bien.

Pendant longtemps, l’herboriste s’apparentait au prêtre et la cueillette était un véritable culte au végétal. La personne qui s’apprêtait à cueillir la plante la considérait avec respect et procédait à tout un rituel de purification : jeûne, abstinence, ablutions, vêtements blancs, … et s’approchait pieds nus puis s’agenouillait devant la plante.
On ne la coupait jamais avec du fer, considéré comme un métal vil, mais avec des métaux précieux comme l’or et l’argent. Une coutume consistait à déterrer la plante avec une pièce d’or.
En général on recommandait la cueillette à la main.
Parfois, quand la plante était considérée comme néfaste, on l’approchait à reculons pour la surprendre et éviter un quelconque maléfice du Diable.
De très nombreuses plantes étaient cueillies le jour du solstice d’été. On les appelle les Herbes de la St Jean. La plus symbolique d’entre elles, solaire par excellence, est le millepertuis.

 

http://www.pinterest.com/pin/97179304431222029/

De la gloire à l’oubli

Certaines plantes étaient si utilisées qu’on les croyait capable de tout guérir. On leur a donné le titre de panacées, du grec pan = tout et akos = remède. Parmi elles : la sauge officinale, la bétoine, la verveine officinale, …
Mais le temps faisant, certaines plantes à la réputation parfois surfaite ont été jugées « peu usités » ou « faibles » et leur usage a fini par disparaître.

Au début du XIXè siècle, le savoir populaire se dégrade et alimente les critiques de la médecine savante. Peu de temps avant la Révolution, les médecins de la Faculté avaient obtenu l’autorisation d’interdire les médicaments empiriques fabriqués par le non médecins et non apothicaires.
Au début des années 1800, les premiers principes actifs sont extraits (du pavot). C’est le début de la pharmacologie moderne qui signe le déclin de la médecine populaire.
Plusieurs causes ont précipité ce déclin :
- la prolifération des charlatans
- la mauvaise qualité des plantes vendues (abîmées, périmées ou falsifiées)
- l’exode rural qui rend difficile la transmission du savoir
- la baisse de confiance en comparaison avec les nouveaux médicaments.

C’est une véritable révolution pharmaceutique qui est en marche et qui fait table rase sur les fables. La technique remplace la tradition et la magie. Mais même si certains médicaments sont parfois indispensables (les antibiotiques par exemple) il ne faut pas oublier qu’il y a une plante derrière."

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samedi 21 décembre 2013

Le plus court jour de l'année.

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(http://lepapillonbleu.canalblog.com/archives/2010/12/21/19917615.html)

Aujourd'hui c'est le solstice d'Hiver (que certains nomment Yule). C'est le moment où l'inclinaison de la Terre fait de sorte que notre hémisphère reçoit le moins les rayons du Soleil. Ce qui veut dire qu'à partir de demain les jours se rallongent!

C'est là que l'on fête de nombreuses fêtes païennes. Dans l'ancienne Egypte il correspond à la nouvelle année mais aussi à la montée du Nil qui fertilise les champs, chez de nombreuses tribus amérindiennes on le célèbre par la danse du Soleil, en Europe il correspond à Noël après que le moine Denys le Petit au VIe place la naissance du Christ au 25 décembre pour christianiser le vieux continent. Chez les romains il correspond aux Saturnales qui étaient fériées comme chez les juifs avec la fête d'Hanoucca.

Savoir que les jours s'agrandissent ne peux que mettre de bonne humeur!

vendredi 13 décembre 2013

Traditions de chez nous: les Illuminations.

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(Le froid est revenu, le temps est venu de faire carburer la cheminée.)

Je dois l'avouer, l'Hiver (où j'inclu la fin de l'Automne) n'est pas vraiment ma saison, ce qui explique pourquoi je passe peu de temps sur le blog et que pour la même raison il n'y aura apparament pas de "Renarde des Alpes" car je dois le dire, j'ai une petite overdose pour ce qui concerne la neige et les températures basses. Bref, l'an dernier j'avais évoqué en cette période de fêtes le pourquoi la fête de Noël (ici) et celui des cadeaux (). Aujourd'hui c'est d'une autre tradition que j'ai évoqué également l'an dernier, celle des illuminations du 8 décembre.

Cette tradition est connue d'une partie des rhônes-alpins et petit à petit se généralise dans les grandes villes comme Paris. Elle aurait plusieurs origines.

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(Illuminations de Lyon 2009. Dans les rues d'étranges et belles décorations sont apparues)

1.Un remerciement à la Sainte Vierge

Contrairement à ce que l'on pense, ce n'est pas sous la grande vague de peste noire du Moyen Age qui décima un européen sur quatre mais à la Renaissance que la légende prend forme. On raconte en effet que l'épidémie s'arrêta aux portes de la ville de Lyon, après que les braves citoyens de la cité eurent passés plusieurs mois à prier la Sainte Vierge pour les sauver et, que le "maire" et les Echevins (magistrats nommés par le seigneur et qui rendent justice) dressèrent dans la ville deux statues de celle-ci et s'engagèrent à célébrer Marie le 8 septembre (jour de sa naissance). Oui mais voilà, les illuminations sont célébrées le 8 décembre, soit 3 mois plus tard. La ressemblance des dates a entraîné la confusion des deux célébrations.

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(Illuminations de Lyon 2009. La cathédrale et le parc attenant sont habillés de milles couleurs.)

2.Une histoire de Prussiens.

Il se dit alors que les Illuminations sont le remerciement en vers la Vierge qui aurait stoppé l'invasion Prussienne en 1870 (d'où les histoires d'ogres comme celle du petit Poucet sont tirées), qui se dirigeait droit sur Lyon. Les faits sont véridiques (enfin pour la l'intervention divine je ne sais pas) et le bon évêque déclare que si la ville est épargnée (contrairement à sa consoeur Dijon qui est déjà tombée), une cathédrale dédiée à la Sainte Vierge sera érigé. Lyon est sauvée, et la date correspond plus où moins à la célébration mais pas l'année.

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(C'est aussi le temps d'offrir les oranges. Cette tradition viendrait de Saint Nicolas, en effet les fruits remplaceraient les 3 bourses que celui-ci offrit aux filles d'une pauvre seigneur qui devait les vendre pour rembourser ses dettes.)

3.Une histoire de statue.

En réalité la date du 8 décembre correspond à la pose en 1852 d'une Statue de la Sainte Vierge au dessus de la tête des lyonnais à Fourvière pour remercier celle-ci d'exocer leurs voeux (à l'image de la Madonne marseillaise). La date choisie est donc celle du 8 septembre de par le vécu de la ville mais voilà que le jour venu, de violents orages et mêmes des inondations prennent au dépourvu les habitants qui reportent l'événement au 8 décembre, jour de l'immaculée conception. Pour célébrer l'arrivée de la statue, après une journée pluvieuse et froide, les lyonnais illuminèrent spontanément de bougies leurs fenêtres, signe pour les chrétiens de la présence du Saint Esprit.

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(Au château de Longpra le verre de lait et les petits gâteaux attendent le père Noël.)

Aujourd'hui

La tradition des lumières s'est perpétuée, on la connaît grâce aux festivités de la ville de Lyon où pendant plusieurs jours la ville se part de lumières, de tableaux vivants et d'animations divers. Généralement dans les villes et petites communes, les commerçants décorent et illuminent leurs vitrines, les marchés nocturnes de Noël sentent bon le vin chaud et de temps à autre Saint Nicolas fait son apparition du fait de la proximité des dates (on le célèbre le 6 décembre) bien qu'ici il ne soit pas intégré dans la culture populaire. On tire aussi des feux d'artifices et bien sûr, on place sur ces fenêtres des lumignons.

Pour m'a part j'ai eu l'occasion de fêter les Lumières sur deux jours. Samedi soir nous avons prit la direction du Château de Longpra (ici) où au court d'une visite inédite et ponctuée par le verbe de conteurs, des pièces d'ordinaires privées comme les appartements des domestiques nous ont été présentées. Pour finir, nous aurons eu le plaisir de déguster dans la cuisine de la propriétaire un délicieux chocolat chaud Bonnat avec un petit peu de chartreuse et de contempler les projections lumineuses sur les mûrs du château et les arbres de l'allée. Dimanche soir, nous voilà en excursion dans les rue de Pont de Beauvoisin où se tient un petit (alors vraiment petit) marché de Noël et où nous avons eu un beau feu d'artifice.

Peu être que l'an prochain je tenterai Lyon, j'ai eu l'occasion de le faire à quelques reprise, c'est vraiment très beau mais aussi froid, terriblement froid et il y a une foule monstrueuse ce qui peut être décourageant.

Bref j'espère que vous avez fêtez ce jour comme il se doit.

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(Le ciel se parepour quelques minutes de lumières mutlicolores.)

Source: http://www.lyonweb.net/agenda/e/771/Les-legendes-et-l-histoire-vraie-des-Illuminations-ou-de-la-Fete-des-lumieres.htm

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(On tue le temps comme on le peut pendant l'Hiver, au risque d'être pafois ridicule.)

jeudi 31 octobre 2013

This is Halloween.

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Aujourd'hui c'est Halloween, alors on se fait peur, on rit et surtout, on mange des sucreries!

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L'an dernier à l'occasion du 31 Octobre (c'est à dire aujourd'hui), j'avais rédigé un petit article sur Samhain (ici) et sa célébration (article que l'on retrouve dans le numéro 3 de "La Renarde des Alpes" ici).

Aujourd'hui donc c'est Halloween, mais un peut d'éthymologie avant tout. Ce terme vient de la contraction des mots anglais All Hallow Even/Eve, ce qui en anglais signifie vieille de Toussaint. La Toussaint elle se nomme, All Saint's Day (Je jours de tout les Saints) ou All Hallow's Day.  Hallows est un mot d'origine germanique dérivé du terme saxon Haliga. C'est un terme lié au sacré qui a donné plusieurs dérivé comme hallow: sanctifier ou hallowed: béni, vénérable.

Néanmoins Halloween n'est pas la fête des Saints Catholiques, c'est une fête païenne européenne (en particulier en Grande-Bretagne, en Irlande, en Ecosse et en Gaule, car oui Halloween est en grande partie française) et plus précisément, c'est le réveillon Celtes où les morts passent dans le monde des vivants pour festoyer avec les vivants. Ce n'est donc pas une célébration d'origine Américaine, elle y a été importée par les colons Irlandais fuyant la famine

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Mais que se passait-il ce 31 octobre chez les peuples Celtes?

Hé bien on fêtait Samain (dit aussi Samhain ou Samanios pour les Gaulois). Les druides priaient pour remercier des récoltes engendrées dans l'année et pour se protéger de l'Hiver à venir, les dieux des Tuatha dé Danann ce qui signifie "Gens de la déesse Dana" et, qui sont les quatre îles du monde: Falias, Gorias, Findias et Murias. Ils se déguisaient aussi, pour faire fuir les démons et les "petites gens" mais également pour rendre plus indulgent leurs divinités. On fête aussi la disparition de l'année et l'apparition de la nouvelle. Pour se faire on éteignait tout les foyers puis on les rallumait le lendemain, avec les braises des bûches brûlées que les druides distribuaient à chaque famille. Ces braises devaient protéger les protéger tout au long de l'année. Autre tradition, on laissait sur le pas de la porte de la nourriture pour les esprits errants. Dans certaines régions on se déguisait aussi en démons pour éviter d'attirer leur attention, pratique qui aujourd'hui encore perdure. A cette occasion le dieu Samain (ou Samhain), dieu celte des morts, venait chercher les morts de l'année. Celui-ci tenait aussi captif le dieu soleil (parfois nommé Been) à partir de cette date (on peut voir un écho à Mabon), symbole de la mort de la lumière mais à l'arrivée des beaux jours celui-ci se libère, gagne contre les ténèbres et apporte l'abondance aux peuples celtes (à Imbolc en février). Les festivités pouvaient durer 15 jours.

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Autres traditions.

Le feu de l'autel sacré  en l'honneur du dieu Soleil était éteint. Pour être rallumé, les druides frottaient les branches sèches d'un chêne sacré jusqu'à ce qu'elles prennent feu. Les villageois se rassemblaient autour de grands feux où l'on buvait de la cervoise, du vin ou de l'hydromel. Des taureaux blancs étaient offerts en sacrifice et les druides partaient ramasser avec une serpe d'or le gui sacré poussant sur les chênes. L’outillage en or permettait que les plantes ne s'oxydent pas à la coupe. On festoyer donc beaucoup. Généralement le 1er jour on fêtait les guerriers et les héros, le deuxième les défunts.

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Quand les romains sont là.

Arrivent alors les romains qui assujettissent une partie des peuples celtes, en particulier en Gaule (toute la Gaule?). C'est à partir de là que auraient été associées deux faîtes romaines: celle des morts nommée Feralia qui se déroulait d'ordinaire le 21 février et Pomona, fête en l'honneur de la déesse des arbres fruitiers et de tout ce qui est fructueux et qui se déroule le 1er novembre. Cela expliquerait pourquoi son fruit fétiche, la pomme, représente aujourd'hui dans notre imaginaire l'automne. 

Quelques siècles plus tard arrive le catholicisme. Mais voilà, les jours vinrent à manquer pour en attribuer un à tout les Saints. Le pape Boniface IV décide alors en l'an 609 d’en dédier un à tous. Pour ce faire il choisit le 31 octobre et choisit le terme de Toussaint, mettant fin ainsi il l'espère aux célébrations et pratiques dites païennes qui concurrence sa toute jeune religion. Cependant la tradition de fêter les morts reste bien encrée dans l'esprit collectif et finie par être reconnue par les institutions catholiques au VIIIeme siècle sous le pape Grégoire III qui ajoute aux célébrations les martyrs (chose utile en ces temps de guerre pour donner du courage aux troupes). La Toussaint et la veille de celle-ci deviennent alors les jours à la fois des Saint mais aussi des morts. 

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Les symboles d'Halloween.

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Quand les irlandais sont arrivés en Amérique du Nord avec cette fête (famine de 1840), ils ont apporté également tout un lot lot de légendes qui ont été associées à cette célébration. L'une d'elle est celle de Jack-o'-lanterne, un être condamné à errer de par le monde jusqu'à ce que le jour du jugement dernier arrive, l'entrée du Paradis lui étend interdite à cause de son avarice et celle de l'Enfer aussi pour avoir jouer quelques vilains tout au Diable lui même. Pour s'éclairer, notre ami Jack transforme un navet en lanterne (pratique des celtes) pour s'éclairer. Le navet est devenu par la suite, en Amérique du moins une citrouille. 

Quand aux sucreries, la tradition vient d'Angleterre qui nommait initialement cette fête "Nuit de la pomme croquante". Le soir du 31 octobre, on se réunissait pour se raconter des histoires au coin du feu, manger des pommes ou des noisettes, offrir des gâteaux aux pauvres qui passaient de maison en maison comme le font aujourd'hui les enfants pour obtenir des bonbons.

Et pour les couleurs, à l'origine il n'en y a pas, c'est à la suite de l'arrivée d'Halloween au Mexique, du remplacement du navet pas la citrouille et de l'apparition de la pub que cette fête va se parer d'orange et de noir, couleur du deuil.

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Ainsi, gardon à l'esprit que Halloween est une fête de chez qui a été reprit par la chrétienté puis a acquit à travers les différentes cultures de nouveaux symboles. Ce n'est pas une fête démoniaque, juste la célébration de l'arrivée du froid et de la nuit.

Sources:

http://legrenierdebibiane.com/halloween/origines.htm

http://www.lexilogos.com/halloween.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Tuatha_D%C3%A9_Danann

www.actualitte.com/scolarite/les-origines-d-halloween-une-fete-pas-si-etrangere-que-ca-14623.htm

http://cours-gratuits.toutapprendre.com/?cours=quelle-est-l-origine-d-halloween

http://legendes.canalblog.com/archives/2005/10/14/894858.html

 

Et vous, quel monstre serez-vous ce soir?

 

dimanche 22 septembre 2013

Aujourd'hui c'est l'automne, c'est Mabon!

 

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L'an dernier à l'occasion de l'equinoxe automnal, j'ai fait un petit article sur Mabon, cette jolie fête de la nouvelle pratique religieuse. Celle-ci m'intérrésse tout particulièrement dans le sens où j'adore l'automne. Or l'entrée dans la belle saison correspond à cette célébration, alors voici une petite présentation de cette dernière.

(Cet article paraitra bientôt dans le numéro 3 de "La Renarde des Alpes).

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(photo issue de: http://tyrionmaccrann.wordpress.com/jahreskreisfeste/albanelfedmabon/)

 

Les traditions de l'équinoxe d'automne

 

 Le temps des moissons s'achève, voici celui des fruits, des graines, des baies, de l'abondance et des premières gelées. Voilà le moment où le brume se lève, enveloppe de sa bienveillance les huttes et les chaumières endormies. Enfin la nature se part de ses couleurs d'automne, l'herbe reverdie pour la toute dernière fois et la terre se fait humide. C'est là, dans le brouillard, que les âmes oubliées et les premiers hommes se mettent à errer agars. C'est là que l'âtre faire tinter ses premiers crépitement et que le vent chaud venu du sud rassure les cœurs. 

Le terme équinoxe vient du latin « aequinoctium », dérivé de « aequus » qui signifie égal et de « nox » (noctis), la nuit. C'est la période de l'année où le jour et la nuit sont de durée égale sur l'ensemble de la planète car le soleil passe par l'équateur. Il en existe deux: celui de printemps et celui d'automne. Leurs dates peuvent être variables (en générale entre le 20 et le 24 mars pour celui de printemps, septembre pour celui d'automne) car le cycle de la Terre a une durée de rotation légèrement différente de celle que nous connaissons à travers notre calendrier.

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(photo issue de: http://tyrionmaccrann.wordpress.com/jahreskreisfeste/albanelfedmabon/)

 

Une fête à travers les cultures européennes:

C'est un mythe nouveau, apporté par la vague néo-paganique des années 70-80 en partie par Aidan Kelly. Dans les cultures européennes, on trouve peu de traces de cultes célébrés à l'équinoxe. La plupart sont des fêtes agraires aux dates variables en fonction du climat et des récoltes amassées et non du calendrier lunaire. Néanmoins quelques mythes y sont rattachés comme celui selon le quel les œufs ne tiendraient debout que ce jour là. Cependant, le terme Tiocoberxtio revient dans certaines cultures celtes et galloises indiquerait la possibilité de l'existence passée d'une célébration semblable. Ce serait la dénomination d'une fête célébrée à la mi-septembre une année sur deux, une nuit de pleine lune. On ne peut s'empêcher de faire le lien avec les célébrations anglo-saxonnes qui ont lieu chaque année à la première pleine lune qui suit l'équinoxe. De plus, les fouilles archéologiques auraient mit à jour des cites pré-chrétiens où les constructions ou dispositions d'éléments (tel que des pierres) interagiraient par l'alignement avec les derniers rayons de soleil de ce jour si particulier.

Dans les cultures asiatiques, l'équinoxe d'automne symbolise le yin et le yang, c'est le temps où comme le jour et la nuit, le masculin et le féminin s'équilibrent. C'est le symbole de androgénie mais aussi l'entrée dans le signe de la balance.

En cette période on fête Mabon qui symboliserait la naissance du Dieu du même nom est le temps de l'introspection sur soi-même, du renouveau et du changement. Mais aussi Alban Elfred qui est un temps de mystère, permet d'accéder facilement aux autres mondes. Ce sont des sabbats préparatoires de Samhain. C'est aussi, pour les pratiquant wiccans, le troisième mois de la grosses de la Déesse, celui où on ramasse les fruits de son labeur (symbolique du 9e mois de l'année associé au cycle de la procréation).

Ces deux fêtes ont de nombreux points communs. Elles marquet la deuxième récolte qui se succède à Lughnasadh. Pour les pratiquants modernes, c'est la fin du cycle de la nature, c'est le temps de finir les actions commencées, de méditer et d'entamer son introspection. C'est la journée pour les consécrations et les rituels de dédication. Le festival se veut sobre pour les praticiens des rites gallo-romains, on accompagne la déesse jusqu'à son lieu de repos. Pour les adaptes du dieu gallois, les réjouissances seront gaies et placées sous le signe de l'abondance. C'est le moment de stocker les récoltes et de sacrifier le bétail qui servira de réserves pour l'hiver. On offre du cidre et des herbes magiques aux divinités symbolisant la vieillesse et la sagesse. On fait du vin, on rassemble et on fait sécher les herbes et les graines, on offre des libations aux arbres et on décore les tombes avec des feuilles, des glands et des fruits.

L'autel peut être décoré avec des cônes, des banches de pin, des feuilles mortes, des feuillages colorés, des cornes d'abondance, des légumes et des fruits de saison comme des pommes, des carottes, du raisin ou des courges, des graines, des noix et des baies, du vin, des gerbes de blé, du maïs, du lierre, des tresses d'ails et des écorces.

On peut associer de nombreux symboles à ces célébrations. Pour les encens on favorisera le lotus, le cyprès, l'œillet, la sauge, la myrrhe, le benjoin et le santal. Les plantes de cette saison sont le pommier, le chrysanthème, le gland, la fougère, le chèvrefeuille, le soucis, la passiflore, la rose, la sauge, la vigne, le lierre, le cèdre, le noisetier, le tabac, le chêne et l'œillet. Les tons sont chauds et les couleurs sont le jaune, l'orange, le rouge, le brun-roux, le bordeaux, l'or et le marron. Les pierres associées son l'agate jaune, la cornaline, le saphir, lapis-lazuli, la topaze jaune, le saphir, les galets des cours d'eau et la citrine. La planète qui s'associe est Mercure, en particulier pour le culte romain.

La nourriture rituel se composera de pain, de fruits secs, de noix, de pommes (qui prendront un statu sacré), de fèves, de courges, de haricots, de racines et de légumes de terre comme les pommes de terre, de carottes et d'oignons mais aussi les venaisons et la viande car c'est le temps de la chasse. L'élément Terre est déterminant en cette période.

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(Photo issue de: http://www.ilsentierodialchimilla.com/demo/index.php?option=com_content&view=article&id=861:mabon-il-figlio-della-grande-dea&catid=106:le-feste-della-ruota-dellanno&Itemid=58)

 

Quelques divinités à invoquer:

On peut faire appel aux divinités du vin (Dionysos, Bacchus), de la sagesse (Ea, Odin), de la mort (Hadès), de la nature (Gaïa, Adonis, Pan), de la chasse (Mabon, Diane), du temps (Chronos), des récoltes (Perséphone, Déméter, Ceres) et de l'abondance.

Dans la pratique, Mabon n'est pas forcément un temps à célébrer avec entrain, c'est avant tout le moment de se rapprocher de la nature et si besoin, de célébrer avec des gestes simples le cycle des saisons.

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 (photo issue de: http://philomela997.wordpress.com/tag/mabon/)

 

- chez les gallois:

Mabon est le nom gallois du dieu de l'agriculture, de la virilité, de la jeunesse, de la mort, de l'amour, de la fertilité masculine et représente le soleil captif de la Terre. Il a pour frère jumeau Gwynn mab Nudd. Ce nom qui signifie fils était aussi employé dans le langage quotidien et est aujourd'hui un nom de famille commun en Bretagne. Il fait écho à l'ancien dieu celte Maponus qui représente la musique et la poésie et d'où son nom est tiré. Il serait l'alter égaux de la Perséphone romaine mais la romanisation lui prête tout d'abords des affiliations avec les dieux du vin Dionysos (Bacchus) puis à Apollon pour ses traits de guérisseur et de lumière qui veille dans les ténèbres.

Il possède plusieurs noms: Maponos en celtique, Mabon ap Modron (« le grand fils de la Grande Mère », la déesse Modron, terme d'origine saxonne « Modr », qui personnifie la Terre et la mère pluriel) en gallois, Diancecht chez les peuples irlandais nommé également Angus Og, Mac Oc ou fils de Dagda.

Cette origine saxonne de la mère, fille d'Afallach et de Mellt, la présence au Pays de Galle de ce dieu dans des temps pré-chrétiens et la méconnaissance de celui-ci, laisse penser qu'il s'agît d'un dieu vieux, si vieux qu'il est issu de la terre elle même. Historiquement il serait peut être le fruit de la rencontres entre les cultures galloises et saxonnes pendant les grandes invasions de ces derniers.

Il y a plusieurs prononciations possibles en fonction des lieux de cultes: may bun, may bone, mah boon ou encore mah bawn.

Dans la légende, Mabon selon les versions à l'âge de 3 jours ou de 3 ans est enlevé à sa mère et est fait emprisonné dans l'Annwn. Modron, désespérée se met à le pleurer. Mais voilà que le dieu, devenu jeune adulte, est sauvé par Arthuret Culhwch car il est le seul à pouvoir commander Drudwyn mais aussi par le savoir qu'il tire de la sagesse des animaux primordiaux: le cerf, l'aigle, le hibou, le merle et le saumon, Llyn Llin, le seul à connaître son lieu de captivité.

Mabon doit par la suite,aider Culhwch car celui-ci, refusant d'épouser sa belle-soeur, se voit maudit par sa belle-mère. Il peut désormais se marier, mais uniquement avec la belle Olwen, fille du terrible et cruel géant Ysbaddaden qui, s'il se retrouve séparé de celle-ci décéderait dans l'instant. Pour obtenir la main de la belle, Culhwch doit offrir les instruments que la truie légendaire Twrch Trwyth porte entre ces deux oreillese. Mabon, le seul à pouvoir maîtriser le chien Drudwyn capable de terrasser le sanglier géant, réussit l'exploit. Les amants sont réunis, le géant abattu.

Restitué à sa mère, le dieu Mabon est éduqué dans les Entrailles de Modron, le gouffre du monde magique qui symbolise l'utérus maternel et qui représente la consolidation et le défi. C'est de là qu'il renaît en symbolisant la figure de la lumière retrouvée.

Dans la littérature galloise (moyen-gallois, langue employée entre le 12e et le 16e siècle), il existe quatre textes sacrés, les Mabinogion ou Quatre Branche du Mabinogi qui font référence à la mythologie celte antique. Le terme Mabinogion s'avère être le pluriel de Mabinogi qui viendrait de Mabon. Ces quatre récits portent les noms de « Pwyll, prince de Dyved », « Le Mabinogi de Branwen », « Manawydan fils de Llyr » et « Math fils de Mathonwy ».

Ils ont été fondé sur la base de deux manuscrits plus anciens, « Le livre blanc de Rhydderch » rédigé entre 1380 et 1410 et « Le livre rouge de Hergest » qui date de 1350. Bien que véridiques, certains concepts chrétiens récents pour l'époque y sont intégrés. La rédaction tardive des ces contes et légendes atteste d'une longue tradition orale.

On retrouve également Mabon accompagné de Modron dans les légendes arthuriennes.

Dans le néo-paganisme l'invoquer permet de sortir d'une mauvaise passe, d'une situation difficiles dans ce qui concerne les domaines de l'amour, du travail ou du financier.

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(photo issue de: http://mystery-and-magic.deviantart.com/gallery/26898492)

 

- chez les celtes:

Cette célébration est elle aussi relativement récente. Elle a été matérialisée par Edward William à la fin du 18e siècle, un brillant faussaire connu sous son nom de Barde de Lolo Morganwg (Lolo est le diminutif de Lorwerth), un des fondateurs du néo-druidisme. Né en 1747 et décédé en 1826, il se passionne pour le druidisme après une brève expérience dans la franc-maçonnerie. Il est à l'origine de la première Gorsedd (une association culturelle et littéraire druidique). Il avait pour thèse que les pratiques druidiques galloises malgré les différentes invasions saxonnes, romaines et la christianisation, étaient restées dans leur forme première. Ainsi ses travaux se fondent sur les vestiges de cette culture avec des emprunts aux concepts arthuriens et à la culture galloise. Aujourd'hui sa crédibilité est remise en cause du fait qu'il est l'auteur de nombreux textes comme « Cyfrinach Beirdd Ynys Prydain » qu'il a attribué aux bardes anciens pour valider ses propres concepts. La supercherie n'a été détectée qu'en 1970.

La célébration se nomme comme le dieu, Alban Elfed et porte de nombreux noms comme le festin d'Avallon, la récolte des vins, le jour des récoltes, l'Ungathering ou la nuit des chasses. C'est une célébration relativement récente associée à la lune descendante orientée sur l'arrivée de l'hiver. C'est le mois de la vigne et du lierre en raison des pampres qui vrillent et symbolisent la spirale de la vie sans fin, du cycle de la nature.

Alban Elfed est le dieu de l'agriculture, de la fertilité, de la jeunesse, de la mort et de la résurrection. Il marque la fin des récoltes et est célébré quand la dernière gerbe est sectionnée. Celle-ci était façonné comme une poupée et nommée Cailleac (ce qui signifie vielle femme en gaélique) et qui symbolise la mère du blé ou la reine des récoltes. Le fermier ayant eu la plus petite récolte se la voyait offrir pour que la chance le guide jusqu'au printemps.

C'est aussi une fête dédiée à la forêt, au chêne, aux esprits de la Terre mais surtout au Dieu-Cerf, parfois représenté sous les traits de Cernunnos dont les bois symbolisent le lien entre le sol et le ciel, les hommes et l'immatériel.

Dans la nouvelle tradition paganique, les druides fêtent la fin de l'été, quand les derniers fruits de la Terre tombent. On célèbre la nuit, les tempêtes qui apportent un cycle nouveau et commencent à ouvrir les portes vers le monde des morts.

On arpente les champs, les forêts à la recherche de graines, de plantes et de fruits secs pour orner la maison et préparer les vivres. C'est le temps où la Vieille (parfois représentée par la Dame Noire) passe pour chercher ce qui doit mourir pour y mettre dans son chaudron et en faire sa nourriture. Ici on symbolise le lâché prise, il est temps de faire le vide, de préparer l'hiver et de jeter ce qui doit l'être.

 

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(photo issue de: http://pagan-depot.tumblr.com/post/1099701933/mabon-autumn-equinox-2nd-harvest-september)

 

- chez les gallo-romains:

Dans la mythologie gallo-romaine, les derniers jours de l'été correspondent à la descente aux Enfers de Perséphone. Celle-ci cueillait des fleurs des champs quand Hadès, sorti du royaume des morts l'aperçu. Séduit par la déesse, il s'en éprit et l'enleva pour en faire sa femme et régner avec elle sur son domaine de l'éternel. Mais quand Déméter, mère de celle-ci et déesse des récoltes, eu connaissance de sa disparition, son chagrin et son désespoir furent si grands que toutes les plantes se mirent à dépérir. Alarmés par le déclin de la nature, les dieux de l'Olympe firent passer un accords entre les deux divinités. Ainsi Perséphone demeurera 6 mois au royaume d'Hadés, 6 autres auprès de sa mère. Mais Déméter blessée, en guise de représailles et depuis ce temps, fait porter son deuil à la nature jusqu'au retour de sa fille qui se symbolise par l'arrivée du printemps.

 

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(photo issue de: http://www.interregnum.amberhorizon.com/tales/?p=975)

Les sources:

Sites internet divers-Dana Corby-H.r. Ellis-Davidson-Guyonvarc'h-Gilles Lenglet.

 


vendredi 15 février 2013

Une histoire d'os.

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Les os:

J'aime beaucoup les os, pas pour leur aspect macabre, mais pour toute la tradition qui s'attache autour d'eux. Ils sont le contenant de la vie par la moëlle et la solidité, la structure car charpente du corps.

Et puis ils sont facsinant dans le fait qu'ils sont généralement cette dernière, parfois unique, trace que chacun d'entre nous laisse quand la vie s'en va et que le temps et la nature font leur travail.

Bref j'aime la beauté qui s'en dégage, c'est apaprence brute du corps au plus profond de lui.

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Je m'en suis inspirée pour réaliser quelques dessins sur le thème du crâne.

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Le crâne:

Il est le siège de l'âme, de la pensée. Dans chacune des traditions humaines il a joué un grand rôle.

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Dans les maisons de nos grands-parents, comme au temps des châtelains, les crânes de chevreuils, de cerfs, de sangliers, parfois de renards et autrefois de loups décorent les murs. C'est un moyen inconscient ou non, souvent dû à la tradition, de montrer sa puissant, sa richesse car jusqu'à la révolution, seul les nobles avaient le droit de chasser. Exposer les crânes à la vue de tous étaient un moyen d'afficher son rang.

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Dans certaines tribus africaines sub-tropicales, les crânes des aïeuls sont précieusement conservés et peints. Ils détiennent l'âme et le savoir des anciens, ils sont le reliquat des traditions de la communauté et le souvenir des lois morales et magiques que chacun doit respecter.

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De nombreuses légendes sont nées de la fascination du crâne sur l'homme comme celle des 13 les crânes de cristal. Selon un mythe d'Amérique du Sud, 13 crânes de cristal seraient cachés de part le monde. Leur structure particulière leur permettrait de contenir des informations numériques futuristes.  Cette histoire a inspiré le dernier Indiana John. Aujourd'hui on sait que tout les crânes trouvés sont factices mais le doute chez certains perdure.

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mardi 12 février 2013

Aujourd'hui c'est carnaval!

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C'est carnaval aujourd'hui! Mais qu'es-ce que donc?

 

Le carnaval est une fête religieuse chrétienne qui s'inspire de plusieurs rites païens, d'où sa forte implantation en Amérique latine et en Europe. A l'origine il servait à marquer l'entrée dans le carême, période de jeune pour les chrétiens catholiques où viandes, sucreries et petits plaisirs comme ceux de la chair sont interdits. Il a pour but de rappeler l'exil du Christ dans le désert pendant 40 jours, durée que fait donc le carême. C'est pour cela que de nombreux mariage était fêté au carnaval, pour que les marier soient sûrs de pouvoir fêter leur nuit de noces,ce qui en période de jeun n'aurait pas été permis.

Mais le carnaval c'est aussi née de traditions anciennes et profanes. Prenons l'exemple de notre bon vieux monsieur carnaval, qui à la fin du défilé fini brûlé vif! Heureusement qu'il n'est que de papiers et de cartons. Il symbolise un ancien rite païen qui consistait, pour symboliser la nouvelle année, à brûler une représentation de l'hiver, ici notre pauvre bonhomme, pour exorciser le froid, la famine, la maladie mais aussi plus généralement les guerres et le malheur. C'est tradition est majoritairement européenne. Au Québec depuis les années 50 monsieur carnaval est la mascotte du défilé, il apparaît sous les traits d'un personnage semblable à un bonhomme de neige et à la chance de ne pas flamber à la fin des festivités.

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Que l'on soit chrétien ou non, le carnaval est fêté par tous, car au-delà de son histoire, de l'identité qu'il apporte et de sa capacité à rassembler les hommes; car c'est avant tout une fête où l'on peut se décharger de nos frustrations, de nos colères et de déceptions en allant jusqu'à transgresser les règles de la société. Si ce n'est plus le cas dans notre vieille Europe où on peut retrouver ces phénomènes dans de rares carnavals comme celui de Munich où les chariots caricaturaux font scandale ou à Riems et à Lille où l'alcool coule à flot, il ne faut pas oublier ceux de l'Amérique latine avec bien évidement le carnaval de Rio. La fête dure plusieurs jours durant les quels c'est un déferlement de joie mais aussi de drogue, d'alcool et de sexe. Ces excès ne durent pas et une fois le grand Carnaval finit, tout rentre en ordre. Ici il sert de catalyseur à la société qui pendant quelques jours sort des carcans sociétaires pour relâcher toutes ses frustrations quotidiennes, qui il faut le rappeler sont importantes au Brésil: peur des gangs, trafic de drogues, pauvretés, enfants abandonnés, favelas, viols nombreux... Le carnaval et ses dérivent permettent à la population de ne pas imploser face à ses difficultés quotidiennes en relâchant une fois par an la pression.

Car ne l'oublions, le carnaval c'est avant tout le costume, le mystère et le changement d'identité. On devient autre le temps d'un moment, on travestit sa personnalité et on accède à certains milieux, pratiques, classes ou domaines qui au paravent ne nous étaient pas accessibles.

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Voici quelques traditions païennes ou non que l'on retrouve dans différents carnavals du monde:

- En Suisse dans certains cantons, on porte des masques terrifiants pour chasser les mauvais esprits, dans d'autres on tient à la main des lanternes pour accompagner les âmes des morts.

- En Allemagne en général le carnaval est fêté le 11/11 à partir de 11h11. Cela vient du fait que Napoléon premier dans sa conquête de l'Europe interdisit à ce pays de fêter le carnaval pour éviter les débordement de la population en colère et que des prussiens ne se cachent sous les masques. Mais pourquoi le 11? parce en allemand le 11 s'écrit ELF, ce qui se rapproche de la devise française "liberté, égalité, fraternité" --> LEF. Bref c'est un pied de nez à l'imperialisme français. A l'époque on se costumait en cachette en soldats français pour railler cette armée. Cette pratique existe toujours mais c'est désormais l'armée allemande qui est sujette aux moqueries.

- Les Bacchanales, Lupercales, Saturnales, des fêtes romaines et grecs antiques, sont à l'origines de nos carnavals. Pendant celles-ci on inversait le rôle de maître et d'esclave, on célébrait le Dieu du vin Dionysos, Isis (les romains ont ajouté ce dieu comme beaucoup d'autres à leur panthéon), bref on fesait la fête comme jamais.

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Voilà, aujourd'hui c'est carnaval, c'est mardi-gras quoi, c'est la fête!

 

vendredi 25 janvier 2013

La Meije, reine du massif des Écrins.

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(Vu du Bec de l'Homme, du Pic de la Meije, du Râteau depuis le lac du Pontet à 1897 mètres.)

 

Haute de 3893 mètres, la Meije est une montagne du massif des Écrins qui se situe dans la vallée de l'Oisans, entre l'Isère et les Hautes-Alpes. (Les photos qui inlustrent cet articles sont quelques unes de mes vieilles photos qui datent de 2010 et du tout début de l'année 2012).

 

Quelques mots sur l'Oisans:

L'Oisans correspond au bassin de la Romanche, un cours d'eau qui par endroits creuse de profondes gorges dans la roche. Il s'étend de Bourg d'oisans et de ses communes alentours (livet, gavet...) à la commune de La Grave (en englobant Villar d'arêne et les Fréaux). 

Cette zone comprend plusieurs massifs tel que celui de Belledonne rattaché en partie à Grenoble, de Taillefer, des Grandes Rousses, d'Arves et bien-sure, celui des Écrins. Le point culminant est le pic Lory qui culmine à 4088 mètres d'altitude. 

A l'époque du fer cette région était peuplée par les Uceni dont on retrouve certains des dessins sur les rochers des Alpes, en Italie, en France et même en Suisse. Puis les romains, pendant la colonisation de la Gaule, se sont emparés de la région et notamment du col du Lautaret qui avait déjà un fort potentiel commerciale où ils construisirent la route en direction du Briançonnais, encore utilisée aujourd'hui.

Bien qu'officiellement rattaché au Dauphiné sous l'ancien régime et plus particulièrement à l'Isère, l'Oisans est autonome (c'est à dire plus de 200 ans avant la révolution de 1789!) et bénéficie d'un statu particulier qui permet aux 20 communes qui dès lors le composent de faire du commerce et de pratiquer l'agriculture en toute liberté. Le village emblématique de cette liberté est Villar d'arêne, dont les habitants ont gardé dans leur nom la trace de celle-ci. En effet, leur nom de farachins et de faranchines désigne en patois: affranchis. Un restaurant local, le Faranchin, garde lui aussi cette trace.

Pendant la seconde guerre mondiale, la région fût un important bastion de la résistance, formée par Vizille. On peut retracer tout les évènement ici grâce à ce formidable site: http://www.maquisdeloisans.fr/. Pendant le 20éme siècle la région fût fortement industrialisée, notamment avec un impressionnant réseau hydraulique sur les régions de Livet et Gavet. Aujourd'hui l'acitivité prédominante est le tourisme.

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(Vu de Villar d'arêne depuis le vieux village que Jacques rettape depuis 20 ans.)

 

Le massif des Écrins:

Ce massif montagneux se situe sur trois bassins, celui de la Romanche (en Oisans), celui du Drac (en Champsaur) et celui de Guisane ( en Briançonnais). De profondes vallées, de nombreux lacs et glaciers font que cette région est fortement accidentée. Le plus haut sommet, la Barre des Écrins, se situe à 4102 mètres d'altitudes.

On y dénombre 19 glaciers dont celui de la Meije, celui de l'Homme ou encore le Glacier Noir. Tous sont en net recule depuis de nombreuses années avec les fortes chaleurs enregistrées l'été et la baisse des précipitations et des chutes de neige. On compte 7 grandes vallées: le Briançonnais, le Champsaur, l'Embrunais, l'Oisans, le Valbonnais, le Valgaudemar et la Vallouise.

Les Écrins sont restés pendant très longtemps inexplorés, avant l'arrivé de la cartographie, de la géographie et de l'alpenisme. De nombreux monts, sources, cascades, glaciers ou encore lacs sont restés anonymes et sans noms en raison de la méconnaissances des habitants locaux et des cartographes de ces lieux. Aujourd'hui chacun d'entre eux à un nom même si certains ne sont restés que sur papier et non dans les mémoires.

En 1973, le parc naturel national des  Écrins naît. Avec ses 91 800 hectares, sa quarantaine de glaciers, sa trentaines de pics (dont certains culminants à plus de 3000 mètres), le parc possède un fort potentiel touristique d'où ses 740 km de sentiers balisés ce qui n'est pas rien et ses 30 refuges.

Outre les animaux communs de nos montagnes comme les chamoix (12 000 individus), les renards, les marmottes ou les sangliers, le parc compte aussi 600 bouquetins, des lynx et de loups de passage, des vautours fauves, quelques rares gypaètes barbus, des tétras lyre, des lagopède alpin et 37 couples d'aigles royaux. On compte également 1800 espèces dont le lys martagon, l'edelweiss ou le génépi noir.

Cette année le parc fête ses 40 ans!

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(Vu d'une partie du massif depuis la sorite d'eau du lac du Pontet.)

 

La Meije, reine du massif:

La Meije est une montagne emblématique du massif des Écrins. Elle et son pic de la Grave ont donné leurs noms à la commune de La Grave- La Meije. Les trois plus hauts pics sont le Grand Pic de la Meije à 3983 mètres d'altitude, le Doigts de Dieu à 3973 mètres d'altitude et la Meije orientale à 3891 mètres d'altitude.

Le terme Meije vient de Meidjo qui en vient du provençal et signifie "midi". Les gravarois nommaient la montagne l'Oeille de la meidjour ce qui signifie l'aiguille du midi. Cela vient du fait qu'à midi tapante le soleil passe juste au dessus du sommet  de la montagne. Néanmoins il est fait mention de la montagne dans un texte de 1712 sous le nom de Pointe Malaval. Aujourd'hui encore il reste des traces de ce nom avec celui donné au contrebas de la vallée de la Romanche: la Combe de Malaval.

La Meije possède de nombreux sommets qui sont tous difficiles d'accés. Ce fût la dernière montagne à être exploré dans les Alpes. L'exploit fût réalisé par un français, chose assez rare pour être précisée. Le 16 août 1877 Emmanuel Boileau de Castelnau, Pierre Gaspard et Pierre Gaspard fils firent la première ascenssion du Grand Pic.

Elle inspirât de nombreux hommes, dont le compositeur Olivier Messiaen qui passa une grande partie de sa vie a composer face à celle-ci dans le restaurant donnant directement sur elle. (Le Castillant)

 Aujourd'hui la Meije comporte le plus grand domaine de ski hors piste de France, où chaque année à lieu le Derby du même nom. Un téléphérique permet de monter jusqu'à 3200 mètres d'altitudes et un téléski long de 2 km permet d'atteindre les Deux Alpes qui se trouve sur l'autre versant du massif.

Fait amusant, il existe un prénom Meije et un dérivé Meige, qui proviennent du terme provençale et qui signifient "midi" ou "zénith". En occitan Meige signifie médecin, qui guérit.

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(Aperçu de quelques sommets de la Meije.) 

Sources:

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Meije

http://www.geol-alp.com/h_oisans/_lieux/romanche/Meije_Rateau.html

http://www.bebe-prenoms.com/prenoms/meije

http://fr.wikipedia.org/wiki/Oisans

http://fr.wikipedia.org/wiki/Massif_des_%C3%89crins

http://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_national_des_%C3%89crins

http://www.ecrins-parcnational.fr/

http://www.cartesfrance.fr/carte-france-ville/population_05063_La%20Grave.html

 

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(Martyr du cimetierre de la Grave- la Meije.)

mardi 25 décembre 2012

La tradition des cadeaux.

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Ce soir c'est Noël, alors voilà un petit article sur la tradition des cadeaux, illustré des photos de certains de mes petits présents.

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Nous avions vu il y a quelques messages de cela, le pourquoi du 25 pour fêter Noël. Aujourd'hui ce sont les présents dont je vais brièvement retracer l'évolution et surtout, la tradition. 

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Là encore il pourrait s'agire d'une histoire de romains (ils sont partout!). Pendant les Saturnales (période du solsitce d'hiver, entre 21 et le 25 décembre), une fête étalée sur plusieurs jours en l'honeur du dieu éponyme, Saturne l'un des dieux les plus puissants de l'âge d'or romain. A cette occasion on festoyé, on offrait des présents aux dieux de la maison et du foyer: les Lares. Mais les dirigeants et les aux de ce monde avaient eux aussi droit à leur cadeau de la part du peuple, et même les esclaves avaient leur petit présent.

Dans la tradition chrétienne, les cadeaux sont un rappel des rois mages qui, suivant l'étoile du Berger, furent menée à l'enfant Jésus au quel ils offrir la myrrhe, l'encens et l'or, quel chanceux ce Jésus. C'est aussi un moyen de rappeler le sacrifice divin, le don que Dieu fit de son fils pour l'humanité, un cadeau pour nous, mortels.

Les cadeaux seraient aussi le fruit de nombreuses pratiques païennes, fortement implantées en Europe. Il s'agirait d'offrandes pour le solstice d'hiver là aussi. Ainsi les vieux Dieux nordiques, gaulois, celtes, et mêmes perses auraient eux leur part de cadeaux pour attirer la prospérité sur la maisonnée. Soucieux de s'attirer les bonnes grâces de tous, les hommes auraient commencé à s'appliquer le même principe.

Et pour le Père Noël, mieux vaut demander à Coca cola...

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En tout cas Noël et ses présents restent un moyen de faire plaisirs à tout un chacun, parfois en se creusant la tête longuement, sans pour autant se ruiner quand on sait où chercher.

mardi 11 décembre 2012

Noël, une fête profane.

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Ça y est, on sort le sapin! Plus que quelques jours avant Noël, les cadeaux, la bûche et les marrons glacés. Mais quand on y regarde bien, d'où nous viennent cette fête chatoyante et notre arbre de lumière? 

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Cette année le sain se fait tendre, tout de rouge et de blanc. Néanmoins il faut savoir que la tradition du sapin de Noël, tout comme la date du 25 décembre, n'ont réalité rien à voir avec la nativité chrétienne.

En effet le 25 décembre correspond à la célébration du solstice d'hiver, là où le soleil renaît et est victorieux des ténèbres. 

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Le mot noël née en 1112 et vient de nael, une déformation du terme latin natalis: naissance. C'est au IIIe siècle que la date du 25 est choisie après de nombreuses propositions. Dans les faits, aucun texte ne précise la naissance du Christ, il s'agit avant tout d'une fête symbolique qui aujourd'hui est fêtée par tous, croyants comme profanes (l'aspect commercial n'y est pas anodin à mon goût).

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Dans l'empire romain, dès le IIe siècle avant J.C. on fêtait le mythe la naissance de Mithra, pendant le Mithragan. Ce culte vient d'Asie mineur est c'est généralisé au bassin méditerranéen jusqu'au IIIe siècle. Autres rites venus des romains, le don de présents et les guirlandes qui à l'époque étaient portées autour du cou pour les Saturnales: célébration du Dieu Saturne du 17 au 24 décembre où les esclaves jouissaient d'une courte liberté.  

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On ne sait pas vraiment d'où nous vient la tradition du sapin décoré. Il pourrait provenir des scènes de théâtre jouées le soir de Noël où le liturgie chrétienne y est était comptée (du début du Moyen-Âge à la révolution). Pour figurer l'arbre de vie et de connaissance dont Eve croque la pomme, on utilisait un sapin décoré de fruits, d'ostis, de figurines et de bougies. Celui-ci se serait invité dans les foyers. Mais les celtes ne sont pas en reste, pour le solstice, eux aussi décorait leur arbre de vie. Les scandinaves avaient la même pratique pour fêter Jul.

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En tout cas et pour ne pas rompre avec la tradition, Noël reste le temps des plaisirs du palais, de la réunion et du partage. Petit parfum d'avant garde pour commencer les premiers repas de familles avec quelques griottes à l'eau de vie et à la vanille ou ce délicieux gâteau. 

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Bientôt les jours s'alongerons, les enfants ouvrirons leurs cadeaux et les vieilles histoires seront comptées au prés des flammes du feu. C'est le temps de la douceur et de la neige.