lundi 8 août 2016

Sortie à l'Herretang avec l'école du pays Velannois.

DSC07606

Dernière sortie de l'année avec les enfants de l'école. Pour la peine nous voilà partis à l'Herretang dont je vous repparlerai dans un prochain billet et que vous pouvez découvrir dans cette rubrique ICI. Il fait chaud et il n'y a pas un seul nuage en vu mais cela ne nous a pas empêché de voir énormément de choses.

 

La petite faune.

Attention où l'on pose les pieds ! Dans une tourbière telle que celle de l'Herretang la vie est partout et c'est avec une grande délicatesse que nous avons manipulé ces animaux. À gauche il s'agît d'un jeune crapaud commun (Bufo bufo) et à droite c'est un papillon posé dans la main, le ptérophore blanc (Pterophorus pentadactyla).

DSC07665 DSC07668

 

Le bruant jaune (Emberiza citrinella).

C'est un oiseau dont j'apprécie le chant. Le mâle se reconnaît à sa superbe couleur. Il se rencontre dans les zones dégagées entourées de buissons, de lisières et/ou de bosquets plus ou moins denses. On le trouve un peu partout en Eurasie du moment qu'il y a de la nourriture, à savoir des insectes, des graines et des baies.

DSC07629DSC07628 DSC07631

 

La reine des prés (Filipendula ulmaria).

Avec l'écorce de saule blanc (Salix alba), elle a servit de modèle pour synthétiser l'aspirine. Elle aime les sols humides dans les quelles son long rhizome s'encre aisément. Bien que présente dans toute la France, elle est relativement rare dans les zones méditerranéennes. Elle peut être utilisée pour aromatiser les desserts.

DSC07626 DSC07624

 

La vie du chevreuil.

Le chevreuil (Capreolus capreolus) fréquente les zones fauchées de la tourbière car l'herbe qui y pousse est tendre. Les bois du chevreuil ne poussent que chez le mâle que l'on nomme brocard. Ils lui servent pendant la période de rut qui s'étale de juillet à août pour gagner le coeur des femelles. Quand on se promène en forêt, que l'on est un poil observateur et assez chanceux, on peut tomber sur ses bois qui peuvent atteindre 25 centimètres.

DSC07620

 

Le peuple des mares.

L'écosystème qui compose les mares et les petits lacs est riche. On y trouve de nombreux insectes prédateurs. Sur les deux premières photos on peut observer des libellules (Odonata) dans leur forme adulte et larvaire. Voraces elles ont autant d'appétit que cette népe (Nepa sp.), une punaise aquatique qui respire par le long tube qui se trouve à l'arrière de son abdomen et qui se saisie de ses proies grasse aux pinces de ses pattes avant.

DSC07639 DSC07696DSC07719DSC07701 DSC07740

 

Les mains dans la terre et pas que ...

Les enfants sont attirés par l'eau, c'est un fait incontestable. Parfois, ça méne à la catastrophe mais
qu'à cela tienne, cela fait parti des apprentissage de la vie et souvent, des souvenirs de jeunesse. 

DSC07695


La cardère sauvage (Dipsacus fullonum).

Cette plante est passionnante, sa forme cultivée a permit à nos grand-mères de filer la laine mais son secret se cache dans ses feuilles. Celles-ci forment une coupelle où l'eau de pluie se dépose et dans la qu'elle la plante insérer des enzymes. Quand les insectes s'en approchent, ils y tombent , s'y noient et y sont dissous. Les femmes de l'antiquité utilisaient cette eau comme eau de beauté et nommaient la plante bain de Vénus.

DSC07692 DSC07693

 

Les poissons.

La tourbières a été exploitée pendant très longtemps par les hommes. Quand celle-ci ne l'a plus été, les carrières de tourbe se sont remplis d'eau et sont devenues des étangs. Peu à peu des poissons sont apparus. On y trouve ainsi des tanches, des perches soleil, des carpes communes, quelques gardons et bien d'autres espèces.

DSC07689


Le veratre blanc (Veratrum album).

Cette grande plante toxique aux fleurs plus ou moins blanches est parfois confondue avec la gentiane jaune (Gentiana lutea), ce qui peut avoir des conséquences funestes. Cela vient du fait que les feuilles et le port de ces deux espèces sont très similaires quand elles n'ont pas d'inflorescences visibles. Pour les différencier il faut regarder l'insertion des feuilles qui sont chez le vératre toujours alternes et opposées pour la gentiane.

DSC07749 DSC07750

 

Le milieu.

Il est composé d'une succession de tableaux, à savoir une grande prairie fauchée et pâturée, un début de sous bois, un petit marais, des étangs plus ou moins profond et une rivière qui porte le même nom que la tourbière: l'Herretang. Cette grande variété permet de voir des espèces qui se côtoient rarement d'ordinaire.

DSC07671DSC07677 DSC07684DSC07748

 

Les fleurs des milieux humides.

Celles présentées ci-dessous ne leurs sont pas forcément affilées mais s'y croisent souvent. De gauche à droite et de haut en bas, on peut citer l'épiaire des marais (Stachys palustris), la consoude tubéreuse (Symphytum tuberosum) et le sureau noire (Sambucus nigra) qui font le bonheur des abeilles et des papillons.

DSC07649 DSC07669DSC07655 DSC07656

 

La balsmaine de l'Hymalaya (Impatiens glandulifera).

C'est une plante invasive qui détruit les biotopes et les espèces qui se trouvent à proximité d'elle de par sa redoutable adaptabilité. La voir dans ce milieu protégé me fait mal au coeur. Dans certaines zones des arrachages collectifs sont menés, pour le moment seul celui des renouées invasives (Fallopia) est pratiqué ici.

DSC07643

 

L'heure de la sieste.

Des vaches aubracs ont été introduites dans les zones de prairies de la tourbière pour les maintenir en l'état et permettre à différentes espèces d'oiseaux de nicher au sol. Cette race rustique était déjà présente à l'époque celte en Gaule et se reconnaît à ses grandes cornes noires, sa robe rousse et son naseau blanc.

DSC07755 DSC07759DSC07768


Le mot de la fin.

Découvrir un endroit que l'on connaît plus ou moins bien avec des guides nature, c'est s'assurer d'apprendre quelques secrets inédis sur celui-ci. En particulier pour ce qui est des oiseaux aux quels je suis encore peu attentive mais je travaille fortement à ne plus avoir de difficultés pour tout ce qui concerne l'ornithologie.

DSC07647 DSC07772


vendredi 29 juillet 2016

Sortie en Chartreuse avec l'école du pays Velannois.

DSC07023

Retour en Chartreuse avec l'école de Velanne, 4 mois environs après notre première venue avec les enfants sous la neige et avec les raquettes aux pieds. Depuis la forêt a bien changé et aborde toute une gamme de verts. Pour cette sortie les guides nous ont mené sur la traces des grands mammifères des Alpes.

 

La thomise variable (Misumena vatia).

Cette araigné est une terrible chasseresse qui tend des embuscades à ses proies. Posée sur cette feuille de vératre blanc (Veratrum album) celle-ci prend un bain de soleil. Il s'agît d'une femelle, les mâles étant beaucoup plus petits (3 à 5 mm) et n'abordent jamais un céphalothorax (fusion du thorax et de la tête chez les arachnides) blanc mais plutôt brun. Il n'est pas rare de croiser ces derniers avec des pattes en moins suite à des combats.

DSC07066 DSC07067DSC07043

 

Au bord de la marre.

Rien de mieux qu'une marre grouillant de vie pour captiver les enfants. Bien sûr, c'est prendre le risque d'en voir quelques uns revenir avec les mains couvertes de boue et les bas de pantalons trempés. Rien de grave quand on voit le large sourire qu'ils abordent. Ce jour là nous avons eu le plaisir de découvrir les gerris, d'étranges punaises prédatrices marchants sur l'eau mais aussi une multitude de têtards et un couple de tritons alpestres (Ichthyosaura alpestris) dont la femelle était sur le point de pondre (la femelle colle les oeufs sur la végétation aquatique). Pas de panique, après quelques minutes d'observations ils ont pu retrouver leur milieu de vie.

DSC07029 DSC07030DSC06985DSC06930 DSC06931

 

Sur la trace des grands prédateurs.

On rencontre beaucoup de gros animaux en Chartreuses. Parmi ceux-ci on peut compter le cerf elaphe (Cervus elaphus) dont on peut parfois voir les traces dans la boue après une bonne pluie. On rencontre aussi le chamois (Rupicapra rupicapra). Cet animal n'est pas uniquement inféodé aux montagnes, auparavent on le trouvait partout en France avant que la chasse intensive des siècles passés ne manque de le faire disparaître.

DSC07022 DSC07028


La renoncule à feuilles d'aconit (Ranunculus aconitifolius).

C'est une plante de montagne robuste qui pousse entre 1000 et 2000 mètres et qui se rencontre dans les zones plutôt humides de la fin du printemps au début de l'été. On la nomme aussi parfois pied de corbeau bien que je ne lui trouve pas de ressemblance particulière avec les pattes de notre ami à plumes.

DSC07072 DSC07074DSC07128

 

La découverte chez les enfants.

Il n'y a pas mille façons de faire découvrir la nature aux enfants, il faut savoir se montrer captivant et surtout, didactique. Il n'y a qu'en ayant les mains dans la terre et le nez dans l'herbe que les petites têtes blondes peuvent se captiver pour tout ce qui touche à la faune et à la flore. Un masque dans une feuille de pétasite ou un atelier sur la découverte du pollen des sapins avec une loupe binoculaire font le plaisir des petits et des grands. 

DSC07111 DSC06975

Le mot de la fin.

Il est très sympa de retourner sur un même lieu avec les enfants et voir comment celui-ci évolue au fil des saisons, c'est riche d'enseignement. Passer de la neige à la verdure et voir comment les arbres et les animaux ont changé leurs techniques de survie m'a donné une multitude d'idées pour mes prochaines sorties et m'a beaucoup inspiré dans mes recherches du moment. Si l'occasion se présente nous y retournerons à l'automne.

DSC07106 DSC07099DSC07105