mercredi 2 octobre 2019

À la découverte du Loiret.

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Escapade en amoureux, encore. Direction le Loiret, pour découvrir les arbres à travers l'arboretum des Barres mais aussi la faune locale en explorant les milieux humides locaux. Si la route n'est pas si longue, 3 à 4 heures tout au plus, elle est difficile. De grands champs de monoculture à perte de vue, des lignes électriques et des terres nues composent une grande partie du paysage que nous avons pu croiser, rompu que trop rarement par des bosquets éparses d'arbres solitaires. Un vol de hérons garde-boeufs (Bubulcus ibis), quelques chevreuils (Capreolus capreolus) et le passage de buses variables (Buteo buteo) maintiennent notre attention. Arrivés dans un hôtel formidable qui ne paye pas de mine, nous profitons de la vue pour voir le ballet des oiseaux. Le lever est joyeux, nous nous précipitons à l'arboretum des Barres que nous quittons bien vite, l'ayant vu en long et en large les années précédentes, mais rassurés qu'il ne soit pas complètement fermé au public. Cependant le manque de financements publics se fait ressentir, le robinet à subventions ayant été cruellement tourné, et ce parc magnifique, plus grand arboretum d'Europe, dépérit rapidement mettant dangereusement en péril ce patrimoine.

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Pour une fois, il n'est pas question de plantes ou d'animaux mais d'architecture. Nous avons été séduis par ces murs de terre sèches, ces petits églises et ces hameaux tordus.

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Les briques et le bois remplacent les pierres, car gardons en tête que chaque terroir à son bâti, mais ici il est tout particulier. On y trouve notamment des longères, longues et étroites maisons de plein-pied de petits paysans et artisants ruraux, réalisées avec les matériaux disponibles d'où la diversité de formes et de couleurs de ces habitats typiques devenus rares suite à la mécanisation des campagnes et l'évolution des pratiques agricoles. Le plus souvent, elle se divise en plusieurs modules : l'habitation composée d'une chambre et d'une pièce commune, la grange et l'étable qui collée à la pièce de vie. Cette dernière apporte une chaleur bienvenue grâce au bétail quand le froid arrive et ici, il peut s'avérer mordant très tôt dans la saison. 

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L'été est là, les jeunes oiseaux prennent leur envol. Les rougequeues noirs (Phoenicurus ochruros) sont en vadrouille, sous l'oeil attentif de leurs parents. Migrateurs, ils ne tarderont pas à partir en direction de l'Afrique.

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Peu farouches, la meilleure technique pour les aborder est de ne pas leur apporter d'attention. Souvent victimes des chats errants, une des principales cause de la disparition de la faune, les juvéniles peuvent être recherchés par leur mère pendant plusieurs jours, donnant un autre regard sur les oiseaux, souvent perçus comme peu affectés par la perte d'un petit. Anthropophile, il niche dans les cavités des maisons, que cela soit dans un mur ou sous une gouttière. À l'origine, cette espèce était montagnarde et couvait essentiellement dans les cavités des falaises et les éboulis. Bien que facilement observable, on le repère facilement à ses cris brefs et aigus, se terminant par une note évoquant le déchirement d'une feuille de papier. Les mâles chantent mais les deux sexes réalises des vocalises.

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Nous sommes à Orléand, à la tombée du jour sur les bords de la Loire. Nous croisons notre premier serpent de l'année et nous reconnaissons à l'oreille un râle d'eau (Rallus aquaticus), signe que nos entrainements à la reconnaissance des chants d'oiseaux payent enfin. Au milieu de la rivière, des aigrettes garzettes (Egretta garzetta) et des grands cormorans (Phalacrocorax carbo) attendent avant de rejoindre peu à peu leur dortoire.

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Les sternes sont là, il s'agit ici de la sterne Pierregarrin (Sterna hirundo), mais ce ne sont pas celles-ci que nous cherchons à voir. Nous sommes là pour observer aux jumelles en aval du fleuve, une réserve composée de bancs de sables et de gravières où niche la rare sterne naine (Sterna albifrons) au bec jaune qui la différencie, outre sa petite taille, des autres sternes aux becs oranges et noirs. Ce soir là nous ne la croiserons pas.

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Certes communs, les canards colverts (Anas platyrhynchos) font partis du paysage, aussi bien campagnard qu'urbain, au point d'être parfois mis de côté et pourtant, ils sont fascinants. Outre la fabuleuse tête verte qu'abordent les mâles à la période de reproduction, ce sont aussi parmi les seuls oiseaux à posséder un pénis avec les cygnes, chose assez rare. Élevés, on trouve de plus en plus d'hybrides échappés dans la nature.

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Cachée dans un champ de blé fraîchement fauché, une faisane de Colchide (Phasianus colchicus). Je ne donne pas cher de sa peau. Introduit très tôt au Moyen Âge, c'est un oiseau originaire d'Asie qui ne se maintient pas en France, pays dont il n'est pas originaire hormis dans trois ou quatre régions du pays. Depuis peu, un autre faisan est introduit, le faisan doré (Chrysolophus pictus), pas bien gros mais très coloré et prisé comme trophé.

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Moment fabuleux. Dans le porche d'une église devant laquelle nous nous arrêtons pour prendre notre petit-déjeuner, pas moins de 17 nids d'hirondelles des fenêtres (Delichon urbicum)accueillent une trentaine de petits. Le départ pour l'Afrique ne serait tarder mais pour l'heure, les parents assurent le gîte et le couvert. Sa courte queue et son plumage noir et blanc permettent de la différencier sans mal des autres hirondelles.

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Arrivée à proximité de la réserve, les oiseaux sont là mais pas que. Pour lutter contre les nombreuses plantes invasives, un troupeau de chèvres arpente les berges. Ici c'est la jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora) qui pose problème au même titre que la jussie rampante (Ludwigia peploides). Originaire d'Amérique du Sud, c'est sa floraison jaune qui a vallu son introduction en Europe dans les jardins et qui a conduit à sa dispersion dans nos milieux naturels. Outre son action allélopahtique (actions biochimiques dans le sol qui fait dépérir les autres espèces végétales), elle est également un frein aux actions humaines en fragilisant les berges, les retenues protégeant des inondations et en bouchant les voies de navigation. En expérimentation ici, ces chèvres du Rouvre, très rustiques, portent l'espoir de restaurer les rives abîmées par cette végétation exotique.

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Un vanneau huppé (Vanellus vanellus) se promène juste en-dessous de nous. Ce bel oiseau au ventre blanc et au dos vert-doré peut paraître noir de loin, au même titre que le plumage des étourneaux. Une longue plume noire orne sa tête, ce qui lui donne une allure toute particulière. Nous le croisons de temps à autre dans le Rhône, le plus souvent de nuit et à travers ses cris si particulier, rappelant une mélodie trafiquée numériquement.

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Enfin, le joyau est là, nous n'y attendions pas. Un balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus), fait son apparition. Cette grande envergure, ce masque blanc, ce plumage brun, on ne peut se tromper. L'émotion est très vive, et sur le moment j'en ai les larmes aux yeux. Piscivore, il s'est adonné à plusieurs reprises sous nos yeux à sa pêche, restant toujours bredouille mais en nous donnant une place privilégiée dans ce spectacle.

Il est temps de partir, à contre-coeur, par la longue et morne autoroute des vacances. Malgré une pause au Cheval Blanc, l'heure se rappelle fatalement à nous, les bouchons et les pots d'échappement aussi. Nous n'avons pas fini de découvrir cette région pleine de promesse si ce n'est botaniquement, du moins ornothologiquement.

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vendredi 14 juillet 2017

Les nouvelles de l'été.

DSC06411Aïe aïe, c'est une mini catastrophe pour moi, me voilà sans ordinateurs et donc sans photos et cela, pour une durée indéterminée, alors autant vous dire que les publications vont être plus que sporadiques. Néanmoins, il me reste quleques photos de mon séjour dans le Trièves et elles ne devraient pas tarder à faire leur apparition.

C'est aussi l'occasion pour moi de me mettre en vacances pour quelques semaines mais aussi, de fêter le 500 000e visiteur ainsi que l'afluence record sur le blog, plus de 1350 visiteurs par jours cette semaine ! Merci à tous!

Et puis encore une petite nouvelle, vous me retrouverez bientôt sur les fêtes médiévales de Rhône Alpes dans une toute nouvelle compagnie , je ne vous en dis pas plus mais ça va dépoter ! Bel été à vous.

message remerciement blog

lundi 13 juin 2016

Sortie dans les Calanques 12-1.

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Voilà le premier billet d'une série dédiée aux Calanques marseillaises. Courts, ils seront publiés de manière rapprochée pour former un grand article. Pour ce premier "épisode" j'ai le plaisir de vous présenter un versant de la méditerranée que je ne connais que peu : les paysages de Cassi et de la Ciotat ainsi que le parc du Mugel.

 

Les cistes (Cistus).

Nous nous trouvons dans le parc naturel des Calanques. On peut y rencontrer plusieurs espèces de cistes. Ceux aux fleurs roses sont des cistes cotonneux (Cistus albidus) appelé aussi cistes blancs en raison du duvet qui couvre leurs feuilles. Ceux à fleurs blanches sont des cistes à feuilles des sauges (Cistus salviifolius). Ce sont les deux espèces les plus communes dans le secteur car elles sont parfaitement adaptées au sol calcaire.

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L'immortelle commune (helichrysum stoechas).

C'est une plante aux fleurs jaunes parfumées qui dégage une forte odeur de curry. Elle entre dans la composition des bouquets de la Saint Jean mais aussi de remède en médecine populaire. Devenue rare dans de nombreux endroits, elle fait l'objet d'une protection partielle et de restrictions pour ce qui touche aux cueillettes.

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Les falaises clacaires.

Elles font parties intégrantes de Calanques. C'est en leur sein que l'on trouve une faune et une flore atypique, et parfois, endémique. Les falaises calcaires sont très sensibles aux embruns et à la pluie. De ce fait il n'est pas rare d'en voir des bloques chuter dans la mer, parfois à quelques mètres des promeneurs et baigneurs.

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L'apyllanthe de Montpellier (Aphyllanthes monspeliensis).

C'est une jolie plante surnommée herbe à lièvre et au port bouissonnant qui est  typique de la garrigue. Ses fleurs sont comestibles et ont un goût sucré. Elles sont utilisées par petite touche dans les desserts et les salades, mais ce sont les animaux, en particulier les troupeaux de moutons et de chèvres, qui l'apprécie le plus.

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Le parc du Mugle de La Ciotat.

Ce parc possède de multiples avantages. Il est bordé par une calanque où il est possible de se baigner en famille et où il est agréable de se reposer sur la pelouse. Au nord une grande falaise permet de jouir d'un point de vu imprenable sur la mer, de pratiquer l'escalade et de bénéficier d'un micro climat. De ce fait on trouve une grande variété de plantes exotiques dans des jardins luxuriants et qui se plaisent sous le soleil méditerranéen. 

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Le flambé (Iphiclides podalirius).

C'est un grand papillon que l'on reconnaît aux six rayures noires de ses ailes. Sous sa forme larvaire de chenille il se nourrit de fruitiers, en particulier de cerisiers, de prunelliers, d'aubépines, de pêchers ou encore d'amandiers. On le rencontre dans la plupart des Pays qui composent l'Eurasie hormis au Nord et dans certaines zones. Il se fait de plus en plus rare. En France nous avons la chance de pouvoir le rencontrer presque partout.

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