samedi 30 novembre 2019

Sortie en montagne 29.

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La Charteuse, le Charmant Som ... notre été aura été dédié à ce petit sommet. Cette fois-ci nous ne sommes pas seuls mais accompagnés d'un couple d'amis.

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Ce sont amoureux de la nature et de la randonnée, d'ailleurs nous sommes bien loin d'avoir leur niveau. Objectif ? Toujours la grande faune et les rapaces mais cette fois-ci nous sommes plus attirés par les plantes de herbages et de montagne. Comestibles ou non, c'est le bon moment pour partir observer les espèces à la floraison tardive et que l'on prend trop peu souvent le temps de regarder.

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Les mouflons méditerranéens (Ovis Orientalis) sont fidèles au poste. Trois femelles en contre-bas broutent tranquillement. À notre arrivée, elles prennent le temps d'évaluer la menace que nous sommes. Nous ne bougeons pas. Doucement, elles s'éloignent du sentier pour partir plus loin. D'ordinaire peu farouches, l'ouverture de la chasse rend nerveux ces animaux introduits localement pour répondre à la demande des A.C.C.A.

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Cette fois-ci ce ne sont pas les fleurs jaunes de l'herbe à sous appelée vulnéraire des Chartreux (Hypericum nummularium) qui attire mon attention, mais les jeunes feuilles bien vertes et rondes qui lui ont valu son nom. Endémique des Alpes et des Pyrénées, elle est courante dans les lapiaz, formations rocheuses apparues suite à l'érosion de la pluie et formant des crevasses de pierre débouchant souvent dans des galeries souterraines.

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Dans un tapis de myrtilles, un lactaire pousse. Pied orangé, haute altitude et conifères à proximité, on a vite fait de crier au lactaire délicieux. Pourtant il faut bien plus d'éléments pour permettre une bonne identification, car il n'y a pas moins de 6 espèces dans le secteur qui se confondent et qui ne peuvent être déterminées que par leur arbre hôte.

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La présence de sapins blancs (Abies alba), d'un sol à tendance calcaire et la période de l'année, ainsi que les motifs sur le peid et le verdissement des chairs permettent de déterminer qu'il s'agit ici du lactaire couleur saumon (Lactarius salmonicolor), un piètre comestible à l'odeur et a ugoût de résineux et qui serait semble-t-il, indigeste chez de nombreuses personnes. Il m'arrive parfois de le consommer mais toujours grillé, souvent sous forme de chips. En prospection je trouve parfois son cousin le lactaire de l'épicéa (Lactarius deterrimus) ayant la même réputation.

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En parlant des myrtilles (Vaccinium myrtillus), les voicis. D'ordinaire, c'est une espèce qui se développe sur des sols acides, ce qui explique leur faible nombre et l'état quelques peu défraîchit de certains plants. Connue dans les Ardennes, ou dans le Pilat, la récolte des myrtilles ne fait pas partie des traditions de Chartreuse même si on peut trouver de nombreuses préparations à base de ce petit fruit. La framboise y est bien plus commune.

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Belel surprise, au pied d'un gros bloc de roche, une pleurote corne d'abondance (Pleurotus cornucopiae) . Comestible, c'est un champignon qui pousse souvent en groupe. 

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Poussant sur le bois mort, que cela soit des branches, des troncs ou de souches, il peut devenir rapidement imposant avec un chapeau blanc crème pouvant atteindre comme ici 10 à 12 centimètres. Cependant les gros exemplaires sont souvent coriaces et leur chair est facilement colonisée par les vermisseaux. Il s'identifit aussi via son pied couvert d'un ensemble de réseau brun formé par les lamelles qui se prolongent sur le pied, par sa chair filandreuse à la saveur douce et à l'odeur de farine et à sa forme d'entonoire. Productif, il connaît une importante poussée au printemps puis à l'automne. On le trouve désormais dans le commerce, sa culture étant simple et peu onéreuse, de nombreux cultivars ayant été développés.

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Arrivés au sommet, un petit groupe de chocards à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) nous rejoignent. Constatent l'absence de pique-nique dans nos sacs et le fait que nous ne comptions pas partager notre casse-dalle d'acension, ils nous abandonne au profit d'une pente herbeuse riche en insectes caprophages suite au passage d'un troupeau de chèvres et au nombreuses bouses des vaches d'alpages pâturant sur le secteur.

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Emblème des montagnes, la carline acaule (Carlina acaulis). On ne serait la traiter de chardon, mais reste une proche cousine de ces derniers. Protégée en France, on continue dans certains patelins de l'utiliser pour décor les portes des maisons mais aussi, de consommer les boutons floraux comme on pourrait le faire avec de jeunes artichauts, ce qui ne va pas sans participer à la diminution voire disparition de l'espèce.

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Il est temps de descendre dans la plaine, non sans jeter un dernier coup d'oeil au monastère de la Grande Chartreuse et sans avoir fait le plein de Serac à la fromagerie et avoir pris en coulis de framboise de quoi tenir tout l'hiver, n'ayant pas eu la chance de pouvoir partir faire nos récoltes estivales comme nous aimons tant le faire. La prochaine montée sera pour le printemps 2020, quand la chasse sera finie et le manteau neigeux parti.

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samedi 9 novembre 2019

Sortie en montagne 28 : retour en Chartreuse.

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Nous voilà partis à l'ascension du Charmant Som, une fois de plus. Arrivés un peu avant 7 heures du matin, nous espérons pouvoir observer la grande faune qui peuple ce sommet facile d'accès et très fréquenté. Chamois, mouflons, marmottes ... nous croisons quelques unes des figures animales qui peuplent les montagnes de Chartreuse, certaines depuis plus longtemps que d'autres. C'est aussi l'occasion de tester pour nous notre nouveau matériel qui nous permet d'observer les animaux sans les déranger, chose qui n'est pas toujours aisée, même pour les plus grands passionnés. Nous cheminerons jusqu'aux douze coups de midi, au moment où l'averse viendra nous ramener à notre auto et à la chaleur du salon familial, non sans être passés prendre une bonne tasse de chocolat chaud à la célèbre ferme de l'alpage.

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Pas moins de 17 chamois (Rupicapra rupicapra) nous attendaient sachegement sur les falaises abruptes. Tranquilles, nous approchons au rythme des animaux qui pâturent pour certains sur le chemin, afin de leur laisser le temps de s'éloigner sur les éboulis sans rien craindre. La plupart des femelles sont accompagnées de leurs cabris, ce qui donne des instants de vie sublimes à observer comme la course-poursuite de cette petite troupe.

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L'été est la période où les chamois accumulent le plus de réserves, à l'entrée de l'automne et les plus gros mâles peuvent atteindre 40 kilos. Autre signe de dimorphisme sexuel, les cornes chez ces derniers peuvent atteindre 27 centimètres. Celles des femelles, comme sur cette photo, sont toujours plus petites. C'est un vrai plaisir de voir cet animal en montagne qui à l'automne se fait discret, celui-ci étant chassé sur le domaine montagnard.

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La récompense de cette grimpette est toujours aussi belle. Devant nos yeux, le Vercors se dessine à perte de vue. La plaine de Grenoble, les aux massifs savoyards, Belledone ... ce sont là quelques unes des merveilles que nous observons et que nous explorerons, je l'espère pour l'année 2020, avec pour objectif de découvrir les rapaces des Alpes et de mettre dans le viseur de notre longue vue le gypaète barbu (Gypaetus barbatus).

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J'aime toujours la vulnéraire (Hypericum nummularium) ce millepertuis endémique des Pyrénées mais aussi des Alpes françaises, appelé aussi millepertuis à sous en raison de la forme de ses feuilles, et dont on tire une liqueur propre au massif de Chartreuse. Elle aime les sols calcaires et pousse le plus souvent à même la roche, dans les infractiosités de la roche, les failles et le plus souvent, sur les falaises ce qui le rend parfois difficile d'accès. Protégé, ce millepertuis ne se récolte que sous certaines conditions bien précises. En Isère par exemple, on ne peut cueillir que 100 brins de vulnéraire, toujours à l'aide d'un sécateur poour ne pas endommager de trop la plante. Dans la confection d'alcools locaux, on emploi le plus souvent les brins fleuris. On peut également l'utiliser en infusion, cependant on prendra garde de le faire sans connaître la posologie ni sans en avertir son médecin si on est sous traitement médicamenteux, la consommation du millepertuis étant incompatible avec l'utilisation de la pilule, de traitements soignants les états dépressifs, le VIH, la bipolarité etc.

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Autre plante emblématique de nos moyennes montanges, le sureau rouge (Sambucus racemosa), un arbuste de petite taille produisant des grappes de fruits rouges attrayantes pour les osieaux qui s'en nourrissent à l'arrive de la saison froide. Riches en pectines, les fruits mélangés à d'autres sont utilisées pour la confection de gelées et de confitures. On prendra cependant garde à retirer les baies non mures ainsi que les graines contenant des hétérosides cyanogènes pouvant avoir des effets néfastes sur l'organisme.

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Vaillante, une marmotte des Alpes (Marmota marmota) fait le guet sur un gros rocher. Selon le type de sifflements, elle indique à ses congénères s'il s'agit d'une menace qui vient du ciel ou qui se trouve sur le plancher des vaches. Dodus, les plus gros spécimens peuvent atteindre facilement 5 kilos et pour cause, l'espèce étant hivernante, il lui faut de bonnes provisions de graisse pour passer l'hiver sans à avoir sortir de son terrier.

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Le chamois n'est pas seul ici, le mouflon méditerranéen (Ovis Orientalis) peuple aussi les coteaux. Ce jour là, nous en verrons plus d'une cinquantaine. Peu farouches, ils ne sont pas originaire de Chartreuse mais y ont été introduis pour le plaisir de la chasse, ce que je dois l'avouer, me fait énormément tiquer. Outre le fait de l'impact non mesuré de l'espèce sur les milieux, ces animaux ne sont pas adaptés au paysage et il faut régulièrement importer de nouveaux individus, une perte d'argent qui met de plus à mal la question du bien-être animal.

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Je me doute bien en quoi l'animal fait figure de trophée, avec ses cornes impressionnantes. Cependant cela ne serait justifier sa présence dans nos montagne ni sa chasse. Hormis de grandes hardes de mâles, nous avons croisés de petits groupes de femelles accompagnées d'un ou plusieurs agneaux de l'année broutant tranquillement dans les alpages. Cette espèce, habituée aux steppes et milieux plutôt plats, à une préférence pour les herbes des milieux semi-désertiques. Actuellement nous sommes en plein dans le rut, les petits naissant aux alentours du printemps. Lors de notre randonnée estivale, nous avons pu entendre raisonner et observer de près les premiers combats chez trois mâles peu importunés par notre présence.

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Fait amusant, il semblerait que certains de ces mouflons soient en réalité des moutons domestiques (Ovis aries aries) retournés à l'état sauvage il y a 8000 ans de cela. L'étude des chromosomes et de l'ADN tend à valider de plus en plus sérieusement cette hypothèse, faisant apparaître que la domestication du mouton aurait connue deux foyers distincts en Eurasie. En reste un animal sublime qui serait bien mieux dans son milieu d'origine.

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En direction du sommet, en bord de falaise, nous prenons le temps d'admirer le monastère de la Grande Chartreuse. Construit dans le désert vert en raison de son sol qui ne retient pas l'eau malgré les nombreux jours de pluies, son fondateur Saint Bruno mené par l'évêque Hugues de Grenoble y fût attiré par le silence ambiant. 1000 ans plus tard, la règle y reste inchangée. Les moines font voeux de silence, n'échangeants entre eux qu'à des moments précis de la journée ou de la semaine, et une zone de silence entoure le monastère pour permettre le recueillement des membres de l'ordre mais aussi des auteurs célébres qui y passèrent comme Chateaubriand, Stendhal, Honoré de Balzac, Léon Bloy ou encore Alexandre Dumas.

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Au sommet, un drôle d'oiseau se présente à nous. L'accenteur mouchet (Prunella modularis) est un petit passereau brun à la tête joliment colorée de gris aux moeurs coquines. Quand plusieurs mâles se dispute une femelle et un territoire, c'est souvent au plus fort que revient le droit de copuler. Le ou les subalternes ont alors pour mission de nourrir la portée. On peut également le confondre avec l'accenteur alpin (Prunella colaris) au ventre orangé et qui à cette période de l'année, vit à des altitudes bien plus hautes.

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Autre oiseau incontournable, le chocard à bec jaune (Pyrrhocorax graculus).  Appelé à tort choucas, il aime les alpages de montagne et de haute montagne où il se nourrit principalement d'insectes mais aussi de graines, de fruits et parfois, des restes de repas des promeneurs peu délicats, à l'aide de son bec jaune petit et légèrement incurvé. Peu farouche, il s'approche l'hiver des habitations pour trouver de quoi se nourrir. 

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Grégaires, les oiseaux se regroupent en dortoirs pour passer la nuit. Ils peuvent également chercher leur nourriture ensemble ou se montrer plus solitaire. Côté reproduction, les couples sont le plus souvent observer seuls pendant la nidification, même si parfois ils peuvent être proches des uns des autres sans que l'on puisse véritablement parler de colonie comme on peut l'observer chez certains corbeaux ou chez les hérons.

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Si leur vol en grands groupes est toujours impressionnant, c'est surtout par leurs cris mélodieux qu'ils se font remarquer aux premiers abords, en particulier quand ils traversent la brume qui, au petit matin couvre les sommets. Présent sur tout le continent eurasien, il se trouve en Europe de l'ouest souvent entre 1200 et 300 mètres d'altitude. Côté Himalaya, il sera plutôt à des altitudes de 3000 à 5000 mètres.

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Pour rester dans la famille des corvidés, voici l'un des plus beaux et des plus grands que l'on peut rencontrer en France. Le grand corbeau (Corvus corax), est un oiseau atteignant un mètre d'envergue au plumage noir brillant. Ces cris rauques se font parfois entendre dans les boisement et les prairies alpines qu'il aime survoler, allant jusqu'à s'installer sur les bords de mer. Charognard, il peut également se nourrir d'insectes et de petits animaux, voire parfois de végétaux quand l'occasion se présente. Fidèle, le couple défend avec énergie son territoire.

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Sur le chemin du retour, nous sommes accompagnés par un visiteur surprise. Un jeune border collie abandonne le troupeau de chèvre de mène sa mère pour nuit suivre jusqu'à la ferme en contrebas. Joueur, il incarne sans mal le caractère si particulier de cette espèce utilisée non pas comme chien de garde mais comme chien de berger pour aider le berger à mener les bêtes.

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C'est une race documentée depuis le 17e siècle et qui prend naissance entre l'Ecosse et l'Angleterre, dans les grandes étendues herbeuses connues pour leurs troupeaux de moutons et pour les légendes. Il faudra cependant attendre 1982 pour qu'elle soit officiellement reconnue. Pour se faire des critères physiques et esthétiques sont reconnus mais aussi, liés au travail mené sur la conduite de troupeaux, seule race de chien à en bénéficier. Très affectueux, il est dépendant de son mettre et de son environnement, ne supportant la solitude. De ce fait on ne peut en faire un chien de compagnie à moins de le mener avec soi partout.

C'est donc sous bonne escorte que nous arrivons à notre point de départ. Le temps de prendre de la crème, de la tomme et du sérac, de prendre un bon chocolat chaud à l'abris de la pluie et de sécher nos pieds, et nous revoilà repartis. Cependant, nous serons bientôt de retour pour chercher cette fois-ci les fleurs de montagne.

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lundi 17 novembre 2014

Sortie en montagne 7.

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Voilà plus d'un an que je n'ai pas posté un article sur la montagne (depuis le 1 juin 2013 exactement). Mais cette fois-ci l'appareil photo est de partie et j'ai matière à vous parler des hauts sommets. Comme toujours, merci à Sébastien pour cette super rando et pour m'avoir donné à voir comme jamais le Mont Blanc
(que vous pouvez retrouver plus bas en photo).

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 Nous ne sommes pas en Suisse mais bien en Savoie.
Le Mont Granier fait parti des sommets emblématiques de la Chartreuse. Dans la nuit du 24 au 25 décembre 1248 une partie de la montagne s'effondre sur elle même, balayant les villages alentours et causant la mort de 5000 personnes. C'est l'une des plus hautes falaises de calcaires de France avec 700 mètres à pic. 

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Quoi de plus beau que de tomber au coeur de la Chartreuse sur un oeillet des Chartreux (Dianthus carthusianorum) ? Manque de chance il s'agit ici de l'oeilet mignardise (Dianthus gratianopolitanus) qui n'en est pas moins beau. Il fleurit d'ordinaire de mai à juillet mais en montagne il n'est pas rare de voir certaines fleurs s'épanouir bien après la saison avec les différences de températures et l'ensolleillement plus prolongé.

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Cette spécificité donne l'occasion de voir quelques belles fleurs comme avec ces gentianes.
1 et 2 : Gentiane à feuilles courtes (Gentiana brachyphylla). Elle fleurit entre juillet et août et peut être facilement confondue avec la gentiane printanière (Gentiana  verna) que l'on appel aussi oeil de chat.
Cette gentiane se rencontre à partir de 1800 m d'altitude.

3 et 4 : La gentiane jaune (Gentiana lutea) ou grande gentiane est la plus populaire de toutes. Elle entre dans la composition de liqueurs et d'alcool comme la Suze ou la Chartreuse. Sa racine amère stimule l'appétit,soigne les troubles digestifs, soulage les maux de coeurs et les lourdeurs d'estomac. 

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 La vulnéraire des Chartreux (Hypericum nummularium) est une plante endémique des Alpes et de certaines régions des Pyrénées (les stations en Isère se trouve en Chartreuse et dans les Bauges). Elle aime les rochers et les crevasses des zones calcaires à l'abris du soleil. Il est autorisé d'en récolter un brin par personne pour une consommation dite familiale. Dans le Dauphiné, la plante est recherchée pour l'éllaboration de l'eau-de-vie de vulnéraire. Pour la cueillette commerciale, il faut un autorisation préfectorale.

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 La gentiane champêtre (Gentianella campestris) est une jolie gentiane que l'on trouve à l'étage alpin et sub-alpin entre 0 et 2700 m d'altitude. Elle affectionne les pelouses d'herbe rase et les pâturages bien broutés, de préférence sur les sols siliceux. Elle fleurit de juin à septembre.  

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 L'euphraise officinale (Euphrasia officinalis) est une plante employée par l'Homme depuis le Moyen Âge. Encore couramment prescrite en homéopathie, en particulier pour les problèmes occulaires, elle a longtemps était utilisée pour lire l'avenir. Pour cela on appliquait des compresses d'infusion d'euphraise sur les yeux pour provoquer la claire-voyance ou sur les oreilles pour la clairaudiance.

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 Les lichens sont les organismes symbiotiques qui comptent parmi les plus résistants qui soient. Plus anciens que les dinosaures, ils peuvent supporter à des conditions extrêmes : absence d'air, d'eau,de lumière... en 2008 deux espèces de lichens sont laissées pendant 2 semaines dans le vide intersidérale de l'espace... et y survivent !

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La joubarbe de montagne (Sempervivum montanum) se différencie de la jourbarbe des toits (Sempervivum tectorum subsp. tectorum) par la présence de poils gras. On la trouve sur les zones de montagne entre 1000 et 300 m d'altitude et parfois bien plus. On la trouve dans toute l'Europe mais se fait de plus en plus rare.

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  Voilà de beaux agarics. Les quels ? Impossible de vous le dire, peut être des agarics des jachères (agaricus nivescens). La famille des Agaricus comprend de nombreuses espèces. Si toutes presque sont comestibles, certaines se révèlent être sans intérêts quand d'autres comme Agaricus xanthoderma sont toxiques. 

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La boviste plombée (Bovista plumbea) est comestible jeune mais sa petite taille le rend inintéressant.
Il est courant en été et en automne dans les prés et les pâturages en groupes.

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 L'hygrophore perroquet (Hygrophorus psittacinus) est un joli champignon aux formes et couleurs variées. Jeune il est vert, puis devient jaune et enfin rouge avant de se décolorer. Sur ces clichés vous pouvez voir des individus représentatifs des stades de croissance. Non comestible, on le trouve à la fin de l'été et à l'automne dans les pâtureq, les pelouses et les prairies.

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Je vous présente Psilocybe semilanceata. Cela ne vous dit rien ? il s'agit pourtant du célèbre Psilocybe lancéolé. Comme pour la plupart des drogues, la psilo est interdit à la cueillette et à la consommation. Il est connu des amateurs pour ces propriétés hallucinogènes et se reconnaît en partie au petit mamelon foncé qui le surmonte, chose absente sur cette individu fatigué.

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 Voici deux espèces de champignons que je trouve tout à fait superbe à photographier mais dont j'ai bien du mal à donner des noms. Dommage, mais cela ne retire pas le plaisir de les avoir croisé. Il s'agit peut être d'hygrophores ou de proches parents mais sans grande conviction.

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 Le genévrier commun (Juniperus communis) se rencontre un peu partout en France, en particulier à l'étage collinéaire et sub-alpin. Les baies de cette arbrisseau étaient employées dans toutes les Alpes pour confectionner l'Estre de genièvre, une sorte de confiture ou de pâte à tartiner locale. C'est après une très longue préparation que l'on obtient la préparation.

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Le terme chardon englobe de nombreuses espèces de plantes qui parfois n'en sont pas. 
1 et 2 : Le Carduus defloratus est un chardon que l'on peut rencontrer en France, si on se tient à la fiche de Tela botanica dans les "bois et pâturages des montagnes : Jura, Bourgogne, Bugey, Savoie, Haute-Savoie, Dauphiné, Alpes-Maritimes, Pyrénées." Il fleurit de juillet à août.
3 et 4 : La Carline acaule (Carlina acaulis L. subsp. caulescens) se rencontre dans les prairies subalpines jusqu'à 1500 m d'altitude. Elle fait l'objet de plusieurs mesures de protection. En montagne, de manière traditionnelle, l'accrocher à sa porte où aux mûrs des maisons porterai chance.

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 La potentille de Braun (Potentilla brauneana) apprécie les pelouses des hauteurs, entre 2000 et 3000 m d'altitude qui restent enneigées longuement. Elle fleurit de juillet à août et porte également le nom de potentille douteuse. 

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 La lépiote déguenillée (Macrolepiota rhacodes) est une columelle comestible et même réputée. On la rencontre dans les bois, les jardins, les clairières, les prairies et les terrains vagues. Courant, on peut parfois confondre les jeunes exemplaires avec des lépiotes mortelles. Mieux vaut ne pas ramasser les individus dont les chapeaux sont inférieurs à 10 cm.

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 La petite tortue (Nymphalis urticae) est un papillon commun en France. Sa chenille se nourrit principalement de la grade ortie d'où son nom. Cette espèce connait un déclin rapide à travers toute l'Eurasie. La multiplication de nombreux parasite et le réchauffement climatique n'y seraient pas pour rien.

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 La ballade est sympa comme tout et bien que nous nous soyons cantonné au vallon, la vue reste incroyable.
Il est possible de monter au sommet en une demie journée via une voie parfois compliquée pour les promeneurs.

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 Vue sur Chapareillan mais aussi sur l'Isère (la rivière), les coteaux vinicoles, le beau massif des Bauges... et surtout, vue sur le Mont Blanc qui se dessine avec en arrière fond un superbe ciel bleu.

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 Vestiges de l'éboulement de l'an 1248, d'énormes pierres viennent parsemer le vert vallon dont les marmottes ont fait leur terrain de jeu et les vaches tarines, leur domaine. On pourrait se croire dans le légendaire Val-sans-retour où sont prisonniers les amants infidèles.

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 Entre les deux blocs, le Mont Blanc. Il est le point culminant des Alpes avec 4810,02 m d'altitude et le 6 ème plus haut sommet au monde. Situé en Haute-Savoie, il est gravi pour la première fois en 1786. À cette époque, il porte encore le nom de "Montagne Maudite".

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La frontière du Mont Blanc porte à débat. Côté français comme côté italien, le sommet est revendiqué si bien que dans les manuels scolaires de chaque pays, il est tour à tour italien ou français. Autrefois le problème ne se posait, celui-ci se situant sur le Duché de Savoie. L'affaire se corse en 1792 avec l'annexion du Duché.

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 La légende de la Montagne Maudite :
En des temps immémoriaux, le Mont Blanc était une montagne verdoyante où les bergers menaient paître les troupeaux en passant par le col des Géants. Mais voilà que des démons des glaces viennent se pointer. Adieux prés verts, bonjours neiges, froids et tempêtes. C'est la que vivrait la déesse des fées, la Dame Blanche, entourée de fleurs et de pâtures. C'est là aussi que se réunissaient certains sorciers. 

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 Quelques champignons inconnus mais courant dans les prés, encore humide de la rosée. L'ombre de la montagne a maintu la végétation à l'abri des rayons du soleil.

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 Le Mont Granier est aussi appelé Montagne aux Vaches. C'est là que paissent les troupeaux dont le lait servira à confectionner des fromages aux noms célébres comme le délice de Chartreuse, le "Chartreuse", le "Granier", l'estival de "Chartreuse" ou encore la raclette des Entremonts (la vraie) que l'on peut retrouver sur le site de la coopérative ICI.

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 Ces grandes feuilles pourrait appartenir à la primevère oreille d'ours (Primula auricula) mais sans certitude. Elle pousse sur les rochers peu après la fonte des neiges jusqu'à 2300 m d'altitude.

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 La vallée est un endroit de mystères et de légendes fréquenté par de nombreux promeneurs.
Il n'en faut pas plus pour tomber sur ce genre d'objets  distrayants.

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 C'est aussi dans ce biotope que l'on trouve le thé des Alpes (Sideritis hyssopifolia) appelé aussi Crapaudine des Alpes. Comme la vulnéraire il est protégé et ne peut être récolté que pour l'usage familliale (pas plus d'une petite poignée) sauf autorisation préfectorale. On l'utilise pour aromatiser l'eau-de-vie ou comme infusion.

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 L'euphorbe des bois (Euphorbia amygdaloides) aime les sous-bois humides et ombragés. Elle peut atteindre 90cm de hauteur. Toxique, elle produit un latex blanc. Toutes les parties de la plantes peuvent provoquer des vomissements et des effets purgatifs chez l'Homem et se montrer dangereuses pour le bétail.

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 Les falaises abrite une grande et bruyante colonnie de chocards à bec jaune (Pyrrhocorax graculus). Dès les premiers rayons du soleil ils prennent leur envole. Aux alentours de midi on peut les voir chercher leur nourriture en groupes dans l'herbe rase.

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 Le thym serpolet (Thymus serpyllum) ou serpolet est une plante aromatique très parfumée et commune dans les zones ensoleillées jusqu'à 3000 m d'altitude. Riche en propriétés médicinales, il est antiseptique, anti-virale, stomachique, expectorant, antispasmodique, désinfectant et anti-inflammatoire.

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 Petit tour par la forêt, au milieu des résineux et des fougères. Les feuillus se font rares voir absent. On rencontre majoritairement des épicées pour les 2/3 et des pins pectinés pour environ 1/3. Ce dernier est la nourriture principale du grand gibier (mouflons, chamois, cervidés etc.) pendant l'hiver.

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 Les forêts de hautes montagnes sont des forêts anciennes. Difficiles d'accés elles sont peu ou pas exploitées par l'Homme ce qui permet aux arbres d'ateindre des tailles exceptionnelles mais aussi, pour les espèces qui vivent et se reproduisent dans le bois mort, de se multiplier.

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 On rencontre là encore quelques champignons, dont certains comestibles.
1 et 2 : En cour d'identification pour le moment.
3 et 4 : Le lactaire délicieux (Lactarius deliciosus) est parfois confondu avec le lactaire délicieux. Il se consomme jeune, de préférence en condiment après avoir été cuisiné au vinaigre. On le trouve dans les forêts de pins humides ou/et fraîches jusqu'à la mi-automne en fonction de l'altitude.

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 Les pierres trouées sont, dans les cultures pré-chrétiennes, des éléments religieux importants que l'on retrouvent dans les légendes et la littérature comme le cycle arthurien. Elles étaient censée apporter la chance, donner des pouvoirs magiques, prémunir des sortilèges et des sorcières. Regarder par le trou permet de voir le monde des fées et des lutins.

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 Pour parfaire le tableau, les amanites tue-mouchessont nombreuses. Son nom vient du latin fungus muscarum qui veut littéralement dire champignons des mouches" en raison des propriétés insecticides qu'on lui prêtes, en particulier en France mais aussi en Allemagne, en Suède et dans les autres pays de culture slave. Ne dit-on pas aux enfants pour les éloigner du dangereux champignon qui mêlé à du lait tue les mouches et autres insectes? (en réalité il les endort). Mais l'emploi du terme mouche pourrait aussi être lié à l'expréssion médiévale qui désignait l'état de démence par la présence de mouches dans la tête du malade.

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 On a longtemps cru que la muscarine de cette amanite (découverte en 1869) était l'origine des effets psychédéliques du champignons de par son effet excitant en agissant sur les synapses mais cette molécule est bien trop peu présente dans l'amanite tue mouche pour expliquer ses propriétés. Il faut chercher du côté de la muscimole et de l'acide iboténique (majoritairement concentrés dans le chapeau, en particulier la cuticule rouge) pour trouver les causes des hallucinations mais aussi des vomissements, des somnolences, d'une certaine euphorie, des délires, des confusions, des états de prostration, des troubles de l'équilibre, de l'hypervantilation, une sudation accrue et/ou des troubles gastriques. 

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 L'endroit est féerique, entre les jeux d'ombres, les volutes de vapeurs qui montent du sol, les champignons, les vieilles pierres, les chemins de mousse, les rayons du soleil et la vue sur les sommets... on en prend plein les yeux !

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 Les vesses de loup brun d'ombre (Lycoperdon umbrinum) ne sont pas en reste. Très nombreuses elles aussi, elles relâchent leurs spores en laissant s'échapper un joli nuage. Les aider dans leur démarche en les écrasant est non seulement utile mais aussi délassant.

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 Les Cairns sont des monticules de pierres placés là par l'Homme pour marquer un lieu particulier pour baliser un sentier dans un milieu difficile, un sommet, un site religieux, une tombe ou pour servir de support pour prier, officier ou se recueillir. Cette pratique remonterai au néolithique.

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 Le chemin ne sent peut être pas la noisette mais reste plaisant à parcourir même si pentu (du moins pour mes petites jambes). Tout au long de celui-ci on peut voir petit à petit les feuillus céder la place aux résineux. Les hêtres sont les derniers à s'effacer face aux pins et aux épicéas.

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On croise une végétation diversifiée et abordant des couleurs ou des formes superbes. Chardons, lichens, asters... bref le désert de Chartreuse regorge de vie malgré son nom.

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 La calocère visqueuse (Calocera viscosa) est comestible médiocre suspecté de provoquer des troubles gastriques. On la rencontre toute l'année sur les bois pourrissants des conifères, en particulier de sapins.

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 En quelques mots, voilà l'une des plus belles promenades de l'année. Pas un nuage, un joli soleil avec, dans les premières heures de la sortie, pas un pelo (bon à midi c'était plus vraiment le même cas de figure...) mais tout de même, que demander de plus ! Des fleurs, des champignons, des monts enneigés, des oiseaux... le paradis !

photo seb