Canalblog Tous les blogs Top blogs Environnement & Bio
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

La Renarde des Alpes

Publicité
La Renarde des Alpes
Publicité
La Renarde des Alpes
  • Grande amoureuse de la nature, j’ai pu me rendre compte du besoin urgent de nature dans notre société. Fort de ce constat, je me consacre à mon échelle à faire découvrir les beautés de notre monde.
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Visiteurs
Depuis la création 1 693 737
Publicité
Archives
Derniers commentaires
Publicité
25 janvier 2020

Un peu de nature en ville.

DSC03304

Je vous rassure, je ne suis pas adossée depuis un an à ma fenêtre, à me la couler douce et à regarder ce qui se passe dehors. Non, cela fait juste 3 ans et demi que nous vivons dans notre petit appartement à Oullins et seulement une année que nous prenons le temps de regarder ce qui se passe derrière nos vitres et plus précisément, le long de l'Yzeron, rivière capricieuse qui se jette dans le Rhône et qui passe tout au pied de notre immeuble.

DSC07474

Cet article est donc l'occasion de vous montrer la grande diversité d'espèces remarquables que l'on peut trouver dans une zone ultra-urbanisée pour peu qu'il y ait quelques arbres et un peu d'eau. C'est aussi un retour d'expérience sur le fait qu'en ville, on peut rencontrer des espèces que l'on pourrait croire inféodées au monde rural ou/et plutôt rares. Il y a aussi les oiseaux communs, ceux que l'on croise trop souvent pour y prêter attention et qui pourtant, sont tout aussi fascinants que d'autres espèces rares et recherchées.

DSC03222              DSC02389

Sur la barre qui domine le quartier et qui nous fait face, le faucon crécerelle (Falco tinnunculus) aime venir prendre ses aises. Nous avons identifié trois couples sur la commune mais il est fort à parier qu'il y en ait d'autres. L'un d'entre eux à même élu domicile dans le clocher de l'église, juste au-dessus de notre composteur collectif. Il n'est pas rare de le voir nous survoler quand nous partons en courses, avec parfois un rongeur dans les serres.

DSC02311

Au début de l'été, nous avons pu voir les premiers vols des jeunes bergeronettes des ruisseaux (Motacilla cinerea). Maladroites, elles ont pu observer leurs parents en chasse, n'oubliant jamais de réclamer quelques larves et insectes à ces derniers. Inféodés aux milieux humides, on reconnaît ces petits insectivores à leur croupion jaune, leurs ailes grises et les soubresauts qui donnent l'impression que ces oiseaux ne s'arrêtent jamais.

DSC02372

Revenant à notre barre HLM. Elle n'est pas seulement un poste d'affût pour le faucon crécerelle, c'est aussi un formidable site de nidification pour les martinets noirs (Apus apus). Chaque aération correspond à une ou deux cavités dans lesquelles un couple de martinet c'est installé.

DSC02387

Autant vous dire que c'est la fête au balcon. Cependant, elle reste de courte durée, les martinets étant d'incroyables migrateurs n'étant présent chez nous que de mars à juillet. C'est uniquement à la période de reproduction que les oiseaux se posent pour pondre, couver et nourrir leurs petits. Le reste de l'année ils planent dans le ciel, se nourrissent et dorment même en volant. Les jeunes mettrons 3 ans avant de poser à nouveaux leurs pattes sur une surface solide. Dans la nature, les martinets noirs nichent dans les cavités des vieux arbres, mais hormis en Corse, ce comportement ne s'observe pratiquement plus.

DSC03900              DSC03842

Pendant 5 jours une tortue de Floride (Trachemys scripta elegans) est venue se plonger dans les eaux de l'Yzeron. On la reconnaît à ses tempes rouges et son ventre jaune. Cette espèce arrivée tout droit des États Unis à un appétit féroce. Elle se nourrie d'alvins, d'insectes ou encore d'animaux morts, entrant en compétition avec les tortues indigènes. Il en est de même pour les sites de pontes qui, déjà rares deviennent l'objet de convoitises.

DSC02279

Le chevalier guignette (Actitis hypoleucos) est un petit limicole au dos gris-brun et aux pattes jaunes. Il s'identifie facilement à l'aide de son plastron blanc qui remonte légèrement au-dessus de son aile. Il parcoure les dalles bétonnées à la recherche des petits invertébrés pour satisfaire sa faim, dans une eau pauvre en oxygène.

DSC02319

Classique des parcs et des plans d'eaux minéralisés, le canard colvert (Anas platyrhynchos) ne se présente plus. Les mâles figurent parmi les seuls canards à avoir des plumes noires à l'arrière du derrière rebiquant en bouclettes. Celles-ci indiquent que leurs propriétaires sont entrés dans la période de reproduction. Sur cette photographie, on peut observer un jeune n'ayant pas atteint la maturité sexuelle, ces plumes caudales étant bien droites, contrairement à ces deux compères qui se trouve en arrière plan.

DSC02379

Un autre canard se présente à nos fenêtres. Il s'agit d'un canard de Barbarie rouge (Cairina moschata var. domestica) issu des canards musqués (Cairina moschata) américains. Il est reconnaissable à la peau rouge de sa tête couvrant la base de son bec, et à son plumage noir et blanc. Il se nourrit d'une grande variété de végétaux, aussi bien d'herbes, d'algues que de grains. Dans les élevages, il est courant de les nourrir de farine pour les engraisser plus rapidement. Si les femelles sont suffisamment légères pour voler, les mâles bien plus lourds se contente de marcher et de voleter.

DSC07183

Un jeune martin-pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) est venu s'intaller à l'exutoire de l'Yzeron. Il profite des eaux peu profondes pour attraper les petits poissons qui viennent trouver refuge, protégés du Rhône, des poissons chats et des courants puissants. Avec un peu de chance, nous aurons l'occasion d'entre tout l'hiver son chant métallique, pour peu que la rivière ne gèle pas comme ce fût le cas en 2016 et en 2017.

DSC03214              DSC04019

Deux nouveaux venus ont partagé notre vie dans notre appartement. Tombés au sol, nous n'avons pas eu le courage d'abandonner ces deux bébés pigeons bisets féral (Columba livia var. domestica). Ils représentent près de 90 % des pigeons présents en ville. Ils trouvent là un substitut aux grandes falaises qui composent leurs milieux naturels qu'aime la souche sauvage (Columba livia), présente sur le portour méditerranéen sauf en France.

DSC02357

C'est après avoir parcourue divers départements de France métropolitaine que j'ai pu prendre conscience que l'aigrette garzette (Egretta garzetta) n'était pas si commune que cela. Elle n'est référencée qu'à proximité des grands fleuves et rivières et surtout, du littoral. Autant dire ma surprise, car pendant la majorité de ma vie passée en Isère ce sont surtout les aigrettes garzettes que j'ai pu observer, rencontrant mes premières grandes aigrettes il y a seulement 5 ans, à l'époque où je ne m'intérréssais absolument pas à l'ornithologie et me concentrais bien plus sur mon job d'ouvrière mécanicienne en usine. Depuis elles font parties de mon paysage.

DSC02317              DSC03936

Autres grandes stars des rivières et lacs, les cygnes tuberculés (Cygnus olor). On les trouve surtout dans les deux tiers nord du pays même s'ils sont aussi présent dans le sud. Autochtones dans certaines régions d'Europe, introduits dans d'autres, dans la plupart leur statut reste incertain. Seule certitude, ils ont manqué de disparaître au moyen-âge sur la pression de la chasse, trouvant refuge dans les pièces d'eau des châteaux et des abbayes.

DSC07471

Bien d'autres animaux s'observent depuis notre fenêtre. Pics verts, mésanges, rats, corneilles et goélands rythment nos journées. On peut aussi compter sur les mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus), aux cris stridents qui sont particulièrement présentes cet hiver. En cette période leur tête est blanche à l'exception d'une tâche noire à l'arrière de l'oeil. Au printemps et l'été elle devient intégralement noire. Ici il s'agit d'un juvénile dans sa première année, reconnaissable au brun de son plumage, couleur absente chez les adultes.

Voilà un rapide tour d'horizon. J'aurai aimé vous parler plus longuement des corneilles qui livrent une guerre acharnée aux rats, au rougegorge familier qui chante dans le froid de l'hiver, au merle qui pousse la voix dès 4 heures du matin ou encore, des nuées d'étourneux qui ont pris siège dans l'un des derniers grands platanes de la ville. Pas de soucis, cela se ferra dans l'article restropesctive de l'année 2020. Il faudra donc patienter.

DSC02408              DSC07475

Publicité
19 janvier 2020

Sortie en forêt 80.

 

DSC07669

La Nature en proximité de ville

Qui aurait cru, en allant se promener sur les hauts de Brignais, tomber sur un si joli coin. Pas moi en tout cas qui, errant dans la zone commerciale en attendant que mon auto soit retapée à neuf, fût pris de l'envie d'explorer la colline boisée qui se dressait au loin. Je ne regrette pas cette pointe de curiosité qui m'a traversé l'esprit. Me voilà l'un des bois du plateau des Hautes-Barolles. Oiseaux, champignons, arbustes et arbres, tout est passé au crible. Malgré quelques gouttes de pluies, la faune est au rendez-vous et se montre peu farouche. De quoi patienter au point d'en oublier de retourner en ville. Les pigeons ramiers (Columba  palumbus) y sont nombreux. Appelés palombes dans le sud, ce sont des oiseaux affiliés aux arbres à la différence de son cousin urbain le pigeon biset (Columba livia). On les reconnaît à leur grande taille et à leur poitrail rose.

DSC07672              DSC07857

C'est un deuxième printemps. Les fleurs d'automne sortent leurs pétales pour profiter du moindre rayon du soleil. Les cyclamens à feuilles de lierre (Cyclamen hederifolium) est d'origine méditerranéenne et s'est naturalisé sur large partie de la France, contrairement à l'oxalis petite oseille (Oxalis acetosella). Celle-ci, ressemblant au trèfle sans en être, est indigène au département du Rhône et ne fleurira pour sa part qu'au début du printemps.

DSC07675

Dans un robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia) d'une grande propriété clôturée, un grimpereau des jardins (Certhia brachydactyla) s'adonne à sa toilette. Pesant quelques grammes (8 à 12 gr), cet insectivore explore sans relâche les troncs aux nombreuses aspérités et les crevasses des écorces à l'aide de son long bec légèrement incurvé et ses grands doigts. Le meilleur moyen de le différencier du grimpereau des bois (Certhia familiaris) est son chant, très différent entre les deux espèces qui morphologiquement, se distinguent par une tâche claire sur l'aile légèrement plus grande chez le grimpereau des bois.

DSC07671

Beaucoup d'autres passereaux tirent profit des arbres. Les moineaux domestiques (Passer domesticus) en font partis. Si dans l'imaginaire ils sont associés à la ville, on oublie trop souvent que se sont aussi des oiseaux des campagnes.

DSC07693

Il aura fallu moins de 30 ans pour voir cette espèce s'effondrer. Moins 70% des moineaux ont disparu, que ce soit en ville ou en milieu rural. La disparition des insectes et des habitats est ciblée mais il semblerait que d'autres causes nous étant encore inconnues seraient aussi responsables de cette disparition programmée. À contrario, les moineaux domestiques introduits en Afrique et en Amérique du nord se portent mieux que jamais, au risque de causer des dégâts sur la faune locale, notamment dans la compétition qui animent les oiseaux pour avoir les meilleurs sites de nidification. Rien de très réjouissant pour nos compagnes qui deviennent de plus en plus silencieuses.

DSC07697     DSC07718     DSC07720     DSC07776

Les petits passereaux savent toujours où trouver de la nourriture quand les insectes se font rares, pour peu qu'on laisse les haies. L'églantier sauvage (Rosa canina) donne des fruits sucrés, le fusain d'Europe (Euonymus europaeus) des graines dorées toxiques pour l'Homme, le pourpier maraîcher (Portulaca oleracea) des graines noires et des feuilles délicieuses en salade et les cotonéasters (Cotoneaster sp.), des fruits farineux.

DSC07689              DSC07854

Restons à la lisière de la forêt. Un rouge-gorge famillier (Erithacus rubecula) s'égosille pendant qu'un petit groupe de pinsons des arbres (Fringilla coelebs) explore un vieux verger. Si on traduit son nom scientifique de "coelebs", on tombe sur le terme "célibataire". Celui-ci fait référence au fait que les mâles et les femelles font pendant l'hiver bande à part, formant chacun de leur côté des vols comportant parfois plus de 200 oiseaux.

DSC07708

Cachés dans la prairie, environ 50 chardonnerets élégants (Carduelis carduelis) cherchent de quoi se nourrir. Avec leurs couleurs chatoyantes et leurs petits cris, on ne peut pas les louper. Figurant sur la liste rouge des espèces menacées en France, il souffre de la disparition des pairies à chardon et du braconnage. Apprécié pour son plumage et son caractère docile, il est souvent braconné pour finir tristement comme animal domestique.

DSC07752     DSC07838     DSC07773     DSC07875

Plusieurs espèces de lépiotes se croisent dans la forêt du plateau des Hautes-Barolles. Dans celle-ci, on trouve des comestibles et des toxiques voire mortelles. Les plus grandes portent même le nom de macrolépiotes en référence à leur dimensions. C'est bien souvent un casse-tête pouvoir toutes les nommer tant elles sont similaires. Stipe, anneau, chapeau, chinure du pied ... ce sont quelques uns des éléments à observer attentivement.

DSC07726              DSC07832

La lépiote fuligineuse (Macrolepiota fuliginosa) agite souvent les passions. Cousine de la coulemelle, elle est appréciée pour sa chaire douce rougissant à la coupe. Elle se trouve le plus souvent dans les pâtures sur les sols bien drainés mais aussi dans les lisières de bois pour peu qu'elles légèrement humides. Ses dizaines et dizaines de noms patois indique que c'est un champignon ayant eu une place importante à table dans les campagnes.

DSC07797

La lépiote déguenillée de Bohème (Chlorophyllum brunneum) nommée aussi lépiote des jardins se reconnaît à ses grandes écailles rougies qui parsèment son chapeau. Son large chapeau, son pied rougi et son odeur fruitée sont quelques éléments dans son identification.

DSC07884

On la trouve tout au long de l'été et de l'automne, en particulier après les pluies abondantes, ce qui en fait un champignon que l'on retrouve régulièrement à la table pour peu que l'on sache le reconnaître. En effet, elle est parfois confondue avec des espèces plus petites aux écailles rougies et pouvant s'acérer toxiques voire mortelles. Comme pour toutes les lépiotes, le pied est à rejeter, celui-ci étant fibreux, rêche et indigeste. Chez cette espèce, il se montre trapu, une autre caractéristique dans l'identification de ce genre complexe. On la trouve dans un grand nombre de milieux : bois, parcs, clairières, jardins, les pieds de haies, les bords de route ou les fossés n'en sont que quelques uns.

DSC07880

Les jeunes chapeaux en forme de boule peuvent être farcis puis cuits aua four. Plus vieux, ils peuvent être pannés pour finir dans un hamburger à la place d'un steak, dans une omelette aux herbes, dans un gratin de fromage, dans un poatge forestier ou encore, comme cordon bleu en remplaçant  la viande et en étant garnis de comté. 

DSC07787

Il n'y a pas que des lépiotes comestibles dans le bois. La lépiote en bouclier jaunissante (Lepiota ochraceosulfurescens, un des rares cas où le nom latin semble plus simple que le nom commun), aime pousser à l'automne au pied des conifères. Ici, c'est dans un tapis de mousse surplombé de cèdres qu'elle s'épanouie.

DSC07789

Poussant souvent en rond de sorcières, elle dégage une odeur de caoutchouc. Les individus jeunes et frais prennent une teinte jaune ce qui lui vaut son nom. Pendant longtemps, elle a été considérée comme une sous-espèce de la lépiote en bouclier (Lepiota clypeolaria) sous le nom de Lepiota clypeolaria var. minor. Bien que toute adorable qu'elle soit, elle reste toxique. En règle général, il est déconseillé de consommer les petites lépiotes pour éviter tout accident. Celle-ci mesurant moins de 10 centimètres, elle ne devrait pas tenter les mycophages avertis.

DSC07778     DSC07779     DSC07781     DSC07775

C'est la première fois que je croise le crucibule lisse (Crucibulum laeve), un champignon appartenant à la famille des "nids d'oiseaux" et saprophyte, se plaisant aussi bien dans les forêts de conifères que de feuillus. Les "oeufs" contenu à l'intérieur de celui-ci sont éjectés aux premières gouttes de pluie. Ils contiennent des millions de spores qui seront ainsi dispersés dans la nature et pourront à leur tour fructifier entre août et octobre.

DSC07821              DSC07829

Les vesses et les bovistes (Lycoperdaceae) sont des champignons en forme d'autres qui a maturité dégagent, sur la pression des éléments, des spores. Au sommet du carpophore apparaît une perforation qui les laissent s'échapper en grand nuage. On prendra garde à ne pas le respirer, celui-ci pouvant être néfaste pour les voies respiratoires. Drôlerie linguistique, le nom commun de vesse de loup signifie en patois "pet odorant de loup".

DSC07728

Un clitocybe géotrope (Clitocybe geotropa) défraîchit par la pluie fait le bonheur des limaces. Ce grand et gros champignon au goût peu prononcé est apprécié dans les poêlées automnales. Abondants et poussant en rond de sorcière, il est toujours plaisant de le trouver jeune pour agrémenter un panier un peu vide, l'hiver s'approchant et les espèces fongiques étant de moins en moins nombreuses en forêt, la faute à l'arrivée du gel.

DSC07766     DSC07767     DSC07768     DSC07765

Cette année, j'ai pu redécouvrir le clitocybe odorant (Clitocybe odora) en cuisine. Très parfumé, ce champignon bleu pastel à l'odeur et au goût d'anis détonne dans le sous-bois. En vieillissant il prend des teintes gris-verdâtre. C'est là que son caractère odorant est le plus exalté. Le pied fibreux est souvent rejeté. On peut lire qu'il est recommandé dans ajouté un ou deux dans une poêlé pour son goût, mais je dois avouer en mettre bien plus.

DSC07774              DSC07793

On peut pousser m'expérience culinaire encore plus loin en le transformant en glace. Émincés finement, mélangés à un appareil d'oeufs battus, de sucres et de lait chaud puis filtrés au chinois, les champignons se retrouvent au congélateur. Pour les plus gourmands on peut ajouter une gousse de vanille pour donner une pointe d'exostisme à cette préparation pleine de surprise. Les plus téméraires expérimente cette crème glacée en entrée ou entre-met.

DSC07853

Courte sortie du bois. Une dizaine de corbeau freux (Corvus frugilegus) accompagnés de choucas des tours (Coloeus monedula) inspectent un pré où quelques vaches pâtures. Rien ne leur échappe, aussi bien les mouches voltant autour des bouses fraîches comme les derniers criquets de l'année qui, dérangés par les pas lourds des bovins. Mal-aimés, j'adore croiser ces corvidés à la grande intelligence qui sont fascinants à observer.

DSC07869

Arrêtons nous sur les arbres morts. Sur une vieille souche, une colonie d'armillaires couleur de miel (Armillaria mellea) s'épannouie. Longtemps consommé, cet armillaire est aujourd'hui présenté comme une espèce à risque.

DSC07867

Il est plus prudent de consommer les jeunes individus se présentant sous forme de boutons, c'est à dire au chapeau à peine ouvert. Plus la colonie vieillie, et plus le risque qu'une bactérie toxique s'installe sur elle est grand. On peut l'observe facilement, celle-ci formant une poudre blanche sur les chapeaux. Outre ce fait, il s'avère indigeste chez certaines personnes, pouvant conduire à des problèmes gastro-intestinaux. C'est aussi un parasite qui s'attaque aux arbres, en particulier au niveau des racines et du collet du tronc. Noyers, vignes, fruitiers ... peut d'arbres lui échappent, on le rencontre même épisodiquement sur les conifères sous l'écorce des quels il forme des filaments noirs. Poussant à l'automne, c'est un des champignons le plus commun à cette saison.

DSC07863

Beaucoup plus rare, voici l'hypholome à lames enfumées (Hypholoma capnoides). On le reconnaît à son chapeau jaune orangé, à son pied ocre, à son reste de cortine brun-violacé et à ses lames grisées quand il vieillit.

DSC07865

On le trouve le plus souvent sur les racines, les branches et les souches des arbres morts, en particulier des conifères, se nourrissant du bois en décomposition. Il pousse presque toute l'année, du début du printemps à la fin de l'automne. Bien que sa chair soit douce mais peu consistante, il reste un très piètre comestible, dont le risque de confusion avec l'hypholome en touffe (Hypholoma fasciculare) est grand, ce dernier étant suspecté d'être toxique et d'entraîner des troubles gastro-intestinaux importants. Beaucoup plus abondant (jusqu'à 50% de la masse fongique des forêts), son goût amer et sa mauvaise odeur auront vite fait de passer l'envie de le croquer aux plus téméraires.

DSC07886

Trop tard, trop haut, je n'aurai pas le plaisir de déguster ces langues de boeufs (Fistulina  hepatica), champignons à l'aspect et à la texture de la viande. Tranchés, ils laissent voir une chair rouge nervurée de blanc comme pourrait l'être celle d'un steak ou une entrecôte veinés de gras.

DSC08092

Le chapeau rouge lie de vin possède une fine cuticule visqueuse que l'on retire pour le cuisiner. Les tubes sont crèmes avant de devenir plus sombres avec l'âge. On peut manger la langue de boeuf crue ou cuite, essentiellement quand elle est jeune. En shashimi, en ragoût, poêlée ou en tartare, elle offre une large palette de saveurs. Épaisse de 2 à 6 centimètres et d'une circonférence de 10 à 60 centimètres, un seul individu suffit souvent à remplir une poële. Nous reviendrons plusieurs fois pendant l'année 2020 visiter le chêne où pousse ce champignon, celui-ci étant fidèle à son arbre hôte et fructufiant souvent.

DSC08118     DSC08119     DSC08122     DSC08124

Les coprins et les mycènes se développent parfois sur les vieilles souches. Il leur faudra 10 à 20 ans pour qu'ils finissent par assimiler celle-ci intégralement. Ils créent ainsi un milieu propice au développement des larves de coléoptères et autres insectes se nourrissant du bois mort. Lucanes, rhinocéros et autres bestioles rares ont un cycle de vie dépendant intégralement d'eux et de leur capacité à dégrader les liaisons carbonées du bois.

DSC08143

On parle alors de lignivores, c'est à dire d'organismes décomposeurs capables de briser et consommer la grande molécule que forme la lignine, principal composant du bois. C'est dans celle-ci que se trouve la cellulose, un glucide rechercher par de nombreux lignivores pour se nourrir. On peut aussi parler d'espèces saproxyliques, c'est à dire qui possède un cycle de vie lié de près ou de loin à la décomposition du bois mort.

DSC07870              DSC07871

Près des fossés humides, des fougères mâles (Dryopteris filix-mas) s'épanouissent. Elles portent le nom de mâles car il était d'usage de croire, avant l'arrivée de la classification et de la compréhension de la reproduction des ptéridophytes, que les fougères portaient des fleurs. On racontait que ces dernières apparaissaient les soirs de pleine lune et que de les posséder rendaient riches et invisible à souhait pendant une année.

DSC08138

La géastre sessile (Geastrum fimbriatum) appartient à la famille des champignons étoiles, du fait que 5 à 8 lanières blanches entourent le sac brun contenant les spores. Elles sont les reliques de l'épaisse enveloppe protégeant le champignon quand il se trouve sous terre.

DSC08140

Proche des vesses de loups et autres bovistes, sa reproduction reste la même : c'est par la perforation de la poche contenant les spores que l'espèce peut se disperser. On la rencontre de préférence à l'été et à l'automne, aussi bien dans les feuilles mortes et les aiguilles, dans les bois comme dans les parcs. Il semblerait qu'elle ait une nette préférence pour les forêts d'épicéas communs (Picea abies) où elle se rencontre toute l'année. Classée comme comestible sans intérêt à non comestible, la faible épaisseur de sa chair et l'imangabilité de ses spores invitent à la laisser dans la nature plutôt que dans l'assiette.

DSC08097

En ressortant de la forêt, nous tombons sur quelques espèces typiques des lisières. Ici, il s'agit du fusain d'Europe (Euonymus europaeus), aux capsules roses et aux baies oranges dorées. Toxiques pour les humains, elles font le bonheur des oiseaux qui trouvent là une source de protéine importante pour passer l'hiver qui s'annonce rude.

DSC08129

Autre arbuste de saison, le prunelier commun  (Prunus spinosa) aux prunelles âpres qui deviennent délicieuses aux premières gelées arrivées. En confiture, en confit ou en liqueurs, les usages sont multiples. On nomme aussi cet arbuste épine noire, en opposition à l'épine blanche que sont les aubépines (Crataegus), les deux ayant en commun d'avoir de longues épines. Résistant, le prunelier peut supporter des températures proches du -20°C, les neiges prolongées, les sécheresses et les épisodes de stress hydrique tout au long de l'année. Espèce pionnière de pleine lumière, il ne supporte pas la concurence avec d'autres espèces pouvant lui faire de l'ombre.

DSC07803     DSC07810     DSC07835     DSC08101

La lisière est un milieu riche, on parle même d'écotone, c'est à dire de la rencontre entre deux écosystèmes. La faune et la flore s'y avèrent très riche. La haie est un milieu similaire de même importance, pour peu que l'on prenne soin de planter des espèces locales, diverses et offrant aussi bien des fleurs, des fruits et un feuillage dense pour que les espèces animales puissent y trouver leur compte, aussi bien pour se nourrir que pour nicher.

DSC08148              DSC08149

Voici l'un des paniers récoltés dans le bois. Des champignons, des baies et des herbes sauvages, de quoi faire un repas sur le vif, des pots et conserves pour se faire plaisir jusqu'à la fin de l'hiver. Les champignons étant des polluo-capteurs et étant difficiles à assimiler, il est recommandé d'en manger, peu de fois pendant le mois et pour la plupart des espèces, bien cuits pour éviter tout risque d'intoxication ou de dégradation cellulaire.

DSC08162

Fin de l'escapade, retour au garagge dans la zone industrielle. Sur le chemin, surprise, me voilà face à des pleurotes en forme d'huître (Pleurotus ostreatus). Cultivées un peu partout dans le monde, on les trouve dans pratiquement tous les commerces agro-alimentaires.

DSC08160

C'est pendant l'automne et l'hiver qu'on peut récolter ces pleurotes en milieu naturel, de préférence sur les feuillus blessés ou tombés au sol. On les reconnaît à leur chapeau qui varie du gris souris au violacé et leur stipe d'exacé. Ici les champignons ont été trouvés dans le sol, poussant sans doute sur une branche ensevelie dans la terre. On les cuisine souvent en accompagnement ou mêlés à d'autres espèces. On les consommera jeunes, les vieux exemplaires devenant rapidement véreux, la chair élastique et le pied devenant coriace. Pour ma part je l'adore cuisiné en fines lamelles avec de la crème et des épices.

DSC08185     DSC08183     DSC08190     DSC08192

Voici ce que je pense être un hygrophore blanc de neige (Hygrocybe virginea), rencontré sur un rond point. Ce petit champignon blanc de quelques centimètres est réputé comestible. Il peut se confondre avec d'autres espèces proches visuellement mais mortelles. Autant jouer la prudence et ne pas le mettre au menu. On le trouve essentielle met dans les pelouses, en particulier des parcs, les lisières aérées et parfois dans les bois clairsemés.

DSC08196              DSC08200

Ce n'est pourtant pas la saison, mais les orchidées sont déjà sur le pied de guerre. L'orchis bouc (Himantoglossum hircinum) ne sera en fleurs que d'ici avril-mai, mais déjà leurs feuilles commencent à pointer le bout de leur nez sur les pelouses sèches. À la belle saison, elles déploieront une hampe florale pouvant avoisiner un mètre et dont inflorescences dégagent une douce odeur de chèvre. Pour la peine elles ne volent par leur nom.

DSC08207

Pour clore cette belle sortie, je tombe et ajoute à mon panier quelques pholiotes du peuplier (Agrocybe aegerita). Le chapeau brun-roux, la marge blanche et le stipe clair à gros anneau ne laisse que peu de doutes dans leur identification.

DSC08204

Excellents comestibles, elles dégagent un parfum puissant et varié, allant de la farine à la vinasse en passant par les fruits et le vieux bois. On la récolte tout au long de l'année, même s'il reste rare de la croiser l'hiver. Si c'est sur les souches et les pieds des vieux peupliers qu'elles sont les plus communes, elles s'attachent aussi à d'autres essences, en particulier les saules, les ormes ou encore les sureaux. Il est même possible de les cultiver sur bille de bois sous couvert de terreau ou de fumure avant de les exposer au soleil, afin de provoquer la fructification. Une expérience que j'espère bien expérimenter d'ici quelques années en compagnie d'autres espèces, en particulier les pleurotes, les truffes, les hydnes et les cèpes. De belles perspectives en somme pour qui sait être un peu patient.

Clape de fin, le prochain article sur la forêt ne se ferra pas de si tôt, les zones humides captant toute notre attention, mon coeur balançant régulièrement entre le mycologie et l'ornithologie. Cependant, il n'est pas à exclure que nos pieds nous traînent dans des endroits inattendus, et il se pourrait que je change rapidement d'avis. Une affaire à suivre pour ce début d'année 2020 pour laquelle j'ai de grands projets.

DSC07723             DSC07730

11 janvier 2020

Sortie dans les marais 18 : retour en Dombe.

DSC07490

Nous revoilà une fois de plus dans l'Ain, et plus particulièrement dans la Dombe, à moins d'une heure de chez nous. La plupart des oiseaux inféodés à l'eau et migrateurs sont partis, à l'instar de la cigogne noire qui a fait battre si fort notre coeur il y a quelques semaines lors d'une rencontre fantastique. Mieux encore, les busards sont toujours aussi présents et nous en observons un bon nombre pour notre plus grand bonheur, non sans avoir une pensée triste pour ces oiseaux qui ont souffert cette année encore dans le Rhône du manque de nourriture entraîné par la sécheresse. La nidification s'est avérée catastrophique et sans l'effort d'un groupe de passionnés pour suivre la nidification, il est fort à parier qu'il n'en resterait pratiquement plus dans le département à l'heure où j'écris ses lignes. Au premier plan de l'étang éphémère où se masse tous les canards fuyants les fusils et trouvant refuge sur cette zone protégée, les tiges sèches de cardères sauvages (Dipsacus fullonum) rappellent que l'automne s'est durablement installé.

DSC07527

À vrai dire, tous les migrateurs ne sont pas vraiment partis. Quelques cigognes blanches (Ciconia ciconia) restent fidèles à la Dombe, fidélité entretenue par l'évolution des températures, la proximité du parc des oiseaux où certains individus faibles trouvent refuges et par l'abondance de nourriture dans les étangs qui ne gèlent que très rarement.

DSC07520

Trois individus tournent dans les airs, tirent profit des courants thermiques. Ce sont des planeurs que l'on observent que rarement battre des ailes pour faire de longues distances. Ne s'élevant pas haut dans le ciel, il a fort à parier qu'elles sont à la recherche d'une aire de nourrissage propice à répondre à leurs appétits et surtout à leur régime alimentaire. Celui-ci se compose d'animaux aquatiques tels que des grenouilles, des escargots, des mollusques, de petits poissons mais aussi des insectes des prairies comme les criquets voire des petits mammifères comme des campagnols et des mulots mais aussi des reptiles tels des lézards et des couleuvres.

DSC07512              DSC07515

Dans les saules qui nous servent de cachette, les passereaux se font la guerre. Courses poursuites et acrobaties dantesques, ce sont là quelques unes des techniques utilisées par les oiseaux pour s'assurer la suprématie sur les rares sources de nourriture, à savoir les bourgeons et les rares insectes présents. Parmi les espèces observée, on peu citer la mésange bleue (Cyanistes caeruleus), connue pour être une féroce compétitrice.

DSC07504

Soudain, tous le monde quitte le marais effarouchés. Le responsable ? Le busard des roseaux (Circus aeruginosus) qui survole les sarcelles et les canards pilets à la recherche d'un repas. S'il est considéré comme commun, il est reste très localisé, en raison de son habitat qui se raréfie. Côté régime alimentaire, il cible les oiseaux jeunes, malades ou affaiblis en particulier en cette période de l'année difficile pour l'avifaune. 

DSC07507

À la tombée de la nuit, les busards des roseaux se réunissent en sécurité dans le même dortoir. Celui-ci se trouve le plus souvent dans la rosselière d'un marais, plus rarement dans une forêt alluviale au bord d'un lac, d'une rivière ou d'un fleuve. Ce sont des oiseaux au vol rapide, plus de 50 km/heure, planant au ras de la végétation et piquant brusquement dès qu'ils détectent leur proie. Outre les oiseaux aquatiques, ils peuvent aussi se saisir d'amphibiens, de petits mammifères, d'insectes, de reptiles ou encore d'oeufs. Cette diversification de leur alimentation leur permet de faire face aux épisodes de sécheresse qui deviennent récurrents ces dernières années et qui expliquent son déclin avec l'urbanisation galopante, l'écobuage des friches et la chasse. Fait étonnant, ce busard est connu pour se saisir des proies toujours avec la patte gauche.

DSC07547

Un autre rapace s'est installé dans le secteur. Le faucon crécerelle (Falco tinnunculus) est un animal ubiquiste, c'est à dire capable de s'adapter à une grande variété de milieux. Celui-ci, un mâle, fait du surplace pour attraper l'une de ses proies favorites, le campagnol. Cette technique de chasse est parfois nommée le " vol en Saint Esprit"/ Energivore, elle permet à l'oiseau de repérer sa proie sans avoir besoin de poste d'affût. On la retrouve chez d'autres rapaces comme la buse ou la bondrée apivore mais reste plus rarement employée.

DSC07479

Casse-croûte au bord de la route. La faim nous tenaille. Nous nous posons face aux éttends, toujours cachés par une haie de saules et d'aulnes afin de ne pas faire prendre la fuite. Là encore nous ne sommes pas seuls. Dans les arbres, de nombreux passereaux s'agitent dans les branches.

DSC07552

Parmi eux, le rouge-gorge familier (Erithacus rubecula), dont la gorge est plus orangée que rouge. Deux individus se mènent une guerre sans relâche sous nos yeux. Hors période de reproduction, mâles comme femelles sont extrêmement territoriaux et se poursuivent en poussant de nombreux cris. À cette période de l'année, ce sont avant tout des oiseaux issus du nord de l'Europe que l'on observe, ceux présents l'été et les jeunes préfèrent descendre du côté de l'Espagne pour passer l'hiver. On peut ainsi au fil de l'année, voir passer jusqu'à 4 ou 5 rouge-gorges différents dans son jardin sans jamais s'en apercevoir.

DSC07529     DSC07533     DSC07536     DSC07538

Quelques gouttes de pluie, le retour du busard des roseaux, deux voitures arrêtées sur le bas côté à quelques mettre des oiseaux ... il n'en faut pas plus pour que la plupart des canards mettent les voiles et partent à 200 mètres de là, sur un autre étang protégé un peu plus les oiseaux des curieux. Seul alors le train brise leur quiétude pendant un bref instant. Nous ne nous éternisons pas, un autre spot attirant toute notre convoitise à cette heure.

DSC07601

Nous arrivons au grand étang. Seulement voilà, il est à sec. Nous n'observons alors qu'un petit ruisseau qui traverse l'étandu de bout. Cela ne déplaît pas pour autant aux oiseaux, et bien que nous ne croisons pas de limicoles, nous sommes heureux de voir cachés dans notre observatoire quelques oies sauvages. Il s'agit d'oies cendrées (Anser anser), ancêtre de certaines de nos oiseaux domestiques. Cependant elles sont surtout connues pour sa chasse polémique et les nombreuses démarches de la fédération française de chasse qui demande l'autorisation par dérogation de pouvoir tirer ces animaux en dehors des dates imposées, à savoir pendant la période de migration de ces oies, quand elles retournent affaiblis et fragiles dans le grand Nord. Une hécatombe annoncée pour leur population européenne qui, pour le moment, est déjouée par des défenseurs tenaces de l'environnement et de la biodiversité et par le soutient des instances européennes.

DSC07556               DSC07565

Les grands échassiers sont de la partie. Les hérons cendrés (Ardea cinerea) sont nombreux à profiter des poissons pris au piège dans ce faible cours d'eau, accompagnés de grands cormoran (Phalacrocorax carbo), leur pêche semble bonne. Leurs pattes hautes leurs permettent de remuer la vase afin de faire fuir les poissons et de les attraper avec leur bec en forme de dague. Ils les utilisent aussi comme véritable tour de guet.

DSC07578

La grande aigrette (Adrea alba) est aussi de la partie. C'esr un oiseau pouvant atteindre pas moins de d'un mètre dix de haut et ayant un régime alimentaire similaire à celui des autres grands hérons : poissons, grenouilles, insectes, rougeurs et petits reptiles y figurent.

DSC07581

Très cosmopolite, on peut la confondre sous nos latitudes avec l'aigrette garzette (Egretta garzetta), plus petite et au bec noir. La grande aigrette aime les zones humides pour peu qu'elle y trouve des arbres où elle peut reposer et nicher à l'abri des prédateurs car bien que grande, elle ne fait pas le poid face à un hiboux grand duc (Bubo bubo) ou à un renard roux (Vulupes vulupes) déterminé. Au compteur, elle ne cumule que 1 à 1,5 kilo pour les plus gros individus, autant dire qu'il n'y a pas de quoi effrayer les carnassiers du coin. Ses effectifs sont stables mais restent menacés par l'activité humaine, en particulier l'asséchement et l'exploitation agricole des zones humides ainsi que les installations de loisirs en bord de lac et de rivière.

DSC07632

Que serait une sortie sans champignons ? Nous voilà les mains dans l'herbe à récolter quelques marasmes des Oréades (Marasmius oreades) appelés aussi mousserons ou faux-mousserons. Les Oréades sont des nymphes des montagnes et des grottes nées de la mortelle Niobé et du Titan Hécatéros. Les marasmes sont une famille de champignons dont le nom du latin Marasmos "désséchement" pour leurs capacité à sécher naturellement.

DSC07606

Sur notre chemin, nous tombons sur de grands alignements de clitocybes géotropes (Clitocybe geotropa) un champignon de belle taille et comestible à la saveur peut prononcée. Nous en récoltons quelques jeunes exemplaires pour le repas du soir qu is'annonce somptueux.

DSC07610

On rejette son pied fibreux au profit de son large chapeau. Indicateur d'un sol calcaire et légèrement humide, il se plaît sous les feuillus où il n'est pas rare de le voir pousser en rond de sorcières. Bien qu'il soit commun, il ne se cueille que pendant une courte durée, d'octobre à mi-décembre faisant ainsi de lui l'un des champignons les plus tardifs que l'on peut retrouver dans une poêlée forestière. Si son parfum marqué voire fétide pour certains, il reste bien apprécié du côte du sud-ouest et dans certains pays de l'est de l'Europe. Pour notre part, nous avons apprécié cette récolte en omelette puis en civet végétarien.

DSC07625              DSC07612

Les mammifères ne sont pas en reste. Nous assistons à une houleuse dispute de ragondins (Myocastor coypus). ┴ peine avons nous le temps de prendre l'appareil photo que le plus petit, vaincu, file à toute allure la queue entre les jambes. En parlant de fuite, non loin de-là, nous croisons un chevreuil (Capreolus capreolus). Discret comme une ombre, sa présence ne nous est indiquée que par un coup de feu, par les cris d'une meute de chien au loin et par sa sihouette se glissant dans la végétation d'une petite île d'un lac privé aux eaux peu profondes.

DSC07619

Retour sur la métropole lyonnaise. Un groupe de cygnes semble prendre le même chemin que nous. Graciles, le battement de leurs ailes actionnent leur cage thoracique,  leur faisant échapper un râle sonore dans leur envolée. La chasse, la pluie et les journées de travail bien remplis, nous ne retournerons sans doute qu'à l'hiver dans la Dombe pour observer les canards hivernants cherchant un peu de réconfort et de nourriture dans les étangs.

DSC07605              DSC07636

5 janvier 2020

Sortie dans les marais 17 : la cigogne noire.

DSC07382

Voilà un titre qui laisse peu de suspense. Je pense qu'il s'agit ici de notre plus belel observation de l'année. Nous sommes au coeur de l'automne, il fait gris et il pleut ça et là quelques gouttes. Tout autant de raisons pour partir en direction de la Dombe. Nous avons alors un objectif : observer des tadornes de Belon (Tadorna tadorna), un beau canard coloré au petit gabarit. Sur la route, une couleuvre à collier helvétique (Natrix helvetica), notre première de l'année. Nous nous arrêtons pour la dégager de la route, craignant qu'elle ne se fasse écraser. J'avoue l'avoir dégagé un peu brutalement avec le pied, n'étant vraiment pas en confiance au milieu de cette voie où les conducteurs sont nombreux à frôler les 100 km/h avec leurs bolides. Nous portons les yeux sur les champs alentours. Elles sont là, 21 cigognes blanches (Ciconia ciconia) sont tranquilles dans un prés d'herbes hautes. Elles sont bien connues dans la Dombe, une partie d'entre elles nichant même dans le parc des oiseaux. À l'origine migratrices, elles se sédentarisent de plus en plus sur le territoire.

DSC07391

Et au milieu de tout cela, la cigogne noire (Ciconia nigra). Rarissime, discrète voire fantomatique, nous n'en revenons pas. Très farouche, nous sommes séparées  d'elle par deux champs, une petite phragmitaie et la route, de quoi mettre une bonne distance entre l'oiseau et nous, ce qui nous permet de bien l'observer avec notre longue vue sans l'incommoder, l'animal étant sensible au dérangement et pouvant abandonner un site si trop fréquenté.

DSC07379              DSC07393

Plus petite que la cigogne blanche avec 95 à 100 centimètres, on peine à croire qu'elle ne fait que 3 kilos quand on voit qu'elle peut déployer une envergure d'1,55 mètres. Nous avons été fascinés par son plumage qui de loin noir, semble de près métallisé, avec de beaux reflets vert et violets. Son bec, d'ordinaire rouge vif comme le contour de son oeil, semblait sur cet individu très terne, ce qui indique qu'il s'agissait sans doute d'un jeune.

DSC07371

Habituée aux milieux ofrestiers où elle niche en solitaire, elle reste inféodée aux milieux humides où elle se nourrie d'insectes et d'amphibiens. Ce n'est que pendant les migrations que l'on peut aisément l'observer. Ce n'est que peu voire pas courant de croiser une cigogne noire à cette période de l'année. Peut être faut-il y voir un animal perdu, blessé ou malade ou comme pour les cigognes blanches, un changement de comportement de l'espèce.

DSC07425              DSC07414

Bien d'autres oiseaux passent dans le ciel tel des grands cormorans (Phalacrocoras carbo) dont les hommes poussés par leurs bêtise ont décidé de légaliser le tir de 11000 d'entre eux. Effet inattendu, la longue vue posée en bord de route à un effet plus que bénéfique. Les fous du volant, pris au dépourvu, y voit l'intervention de la Maréchaussée et appuie sans vergogne sur le frein, nous assurant plsu de sécurité et de tranquillité.

DSC07366

Ce ne sont pas les seuls échassiers qui nous donne de la joie ce jour là. 49 grues cendrées (Grus grus) se promènent dans un champ immergé. C'est la première fois que nous les voyons ailleurs qu'en Camargue à l'exception d'un vol nocturne au dessus de Vienne et, la première fois que nous pouvons les prendre en photo posées. Elles sont accompagné de 4 autres grands échassiers : la grande aigrette (Ardea alba), le héron cendré (Ardea cinerea), de l'aigrette garzette (Egretta garzetta) et d'une cigogne blanche (Ciconia ciconia) solitaire.

DSC07423              DSC07431

Derrière nous, un grand étang qui protégé, abrite une multitude d'oiseaux d'eau. La chasse battant son plein, pas moins d'un millier de colverts (Anas platyrhynchos) sont venus trouver refuge dans ce havre de paix. Ils sont accompagnés de sarcelles d'hiver (Anas crecca) ainsi que de canards siffleurs (Mareca penelope) et de canards pilets (Anas acuta) que nous observons avec plaisir pour la première fois.

DSC07434

Dans les airs, des rapaces nous survolent. Ce ne sont ni des buses ni des crecerelles mais bien des busards des roseaux (Circus aeruginosus). Hormis cet été sur l'île de Ré, nous ne les avons jamais vu de si près et c'est la première fois que nous en apperçevons autant. Atteignant 110 à 130 centimètres d'envergure, il s'attaque aux petits animaux des roselières. Nous l'avons même observé en chasse sur des petits passereaux indéterminés.

Si vous voulez tout savoir, nous avons bien vu nos tardornes de Belon (Tadorna tadorna), accompagnés de canards souchets (Anas clypeata) au bec et aux couleurs si atypiques. Bref, un moment magique qui nous a émerveillé, avec une pointe d'amertume à l'idée qu'une grande partie de ces oiseaux soit tirés bien que vulnérables voire menacés pour certains. De quoi nous démoralisé en rentrant sur la métropole lyonnaise.

DSC07374              DSC07378

27 décembre 2019

L'Isère au fil des saisons.

DSC09213

Voici un an de sorties en Isère pour l'année 2019. Un an à explorer le jardin familliale, les sous bois, les lacs alentours, les marais et les petites villes de campagnes.

DSC07947     DSC09136

Un an que je suis heureuse et fière de vous présenter ici. Il n'a pas été facile de choisir les photos ni de sélectionner les meilleures des anecdotes que nous avons pu vivre pendant cette année chargée en émotions. Ne voulant pas un article à rallonge, je m'arrêterai là.

 

L'hiver, la neige et les oiseaux.

Aux portes de la Chartreuse, à plus de 500 mètres d'altitude, il fait parfois froid. En 2014 puis en 2017, nous avons parfois frôlé le -17°C, autant vous dire qu'il faut être bien équipé. Néanmoins la tendance est au redoux et les épisodes neigeux sont de plus en plus rares. Il est à crainte que d'ici moins d'une décennie, il n'y en ait plus.

DSC08158              DSC08150

Les comtois, chevaux communs dans le coin, abordent un poil épais, celui-ci leur permet de faire face au froid. Ces animaux doux et dociles sont originaires des reliefs escarpés de Franche-Comptée et sont la race la plus commune à l'heure actuelle de cheveaux de traits. Leur origine remonte aux croisements de juments françaises avec des étalons germaniques. Solides, ils étaient utilisés par les chevaliers pendant les joutes.

DSC08251

Les toits en contre-bas sont tout enneigés. Saint Geoire en Valdaine, village de mon enfance, se drape de blanc. Niché entre l'Isère et la Savoie, sa proximité entre Grenoble et Chambéry lui ouvre les portes des montagnes.

DSC08199

Il tire son nom de la tradition chrétienne, le terme "Saint Geoire" faisant écho à Georges de Lydda, saint connue pour avoir selon la légende combattu un terrible dragon pour sauver une princesse Libannaise mais aussi, à l'évêque de Saint-Georges-de-Vienne qui mena les affaires religieuses sur le diocèse. Le terme "Valdaine" vient du français "val" désignant une vallée et du savoyard "nans" qui signifie "petit cours d'eau". En sommes la commune porte le nom poétique de "Vallée aux ruisseau de Saint Georges". Cette affiliation à un chasseur de dragons ne va pas sans faire écho au passé glorieux de la Valdaine, avec pas moins de 7 châteaux et maisons fortes qui émaillent le paysage. Parmi ceux-ci, l'ancien couvent qui accueilli pendant des siècles les filles des nobles familles et qui aujourd'hui fait office de mairie et le château de Longpras, une maison forte qui pendant la révolution française abritât les clés des portes de Versailles. Une légende veut même qu'un poulain noir diabolique hanteraient les lieux.

DSC08124              DSC08162

Remontons sur les collines tant bien que mal, une vingtaine de centimètres de poudreuse étant tombée, nous faisons le chemin aller-retour entre la maison et la boulangerie à pied. Ce sont 2 kilomètres qui nous séparent des baguettes fumantes et de croissants frais du matin, autant vous dire que nous mettons pas longtemps.

DSC08285

Cachée dans un arbre, une buse variable (Buteo buteo) veille sur une branche. Chassant les petits oiseaux, les lézards, parfois les insectes mais avant tout les micro-mammifères tels que les mulots, les campagnols et les souris, elle peut en cas de mauvais temps comme ce jour là, quand le vent souffle et la neige tombe, se rabattre sur les carcasses d'animaux morts, les vers voire des baies, même si cela reste plutôt rare.

DSC08025              DSC07993

Avec l'hiver, les arbres se trouvent privés leurs feuilles. C'est alors un de meilleurs moments pour observer les oiseaux sédentaires et en particulier les granivores qui s'approchent des maisons.  À gauche, le verdier d'Europe (Chloris chloris) qui porte si bien son nom avec son plumage vert. À droite, un de mes oiseaux préférés, le pinson du Nord (Fringilla montifringilla), qui quitte les pays du Grand Nord pour nous rejoindre.

DSC08109

Crise du logement à la mangeoire. Moineaux domestiques, mésanges bleues, mésanges huppées, mésanges noires, mésanges boréales, verdiers d'Europe, chardonnerets élégants, pinsons du nord, pinsons des arbres, sitelles torchepots, accenteur mouchet ... il y a du monde au balcon ! Il est toujours important de rappeler que sur ce type de mangeoires à plateau, il faut nettoyer régulièrement l'aire de nourrissage, les oiseaux marchant sur les graines et pouvant avec leurs pattes et l'humidité, apporter des éléments pathogènes dangereux.

DSC07933

Problème, les oiseaux ne sont pas seuls dans le jardin. Les chats sont tout aussi présents. Le dilemme est fort. Bien que castrés et nourris, ils font acte de prédation de temps à autre. C'est toujours dur de l'entendre mais les chats sont responsables d'un désastre écologique.

DSC08231

Australie, îles lointaines, Amérique du Nord, Europe ... tous les continents sont touchés. Introduit par l'Home, on ne peut en vouloir à l'animal de posséder un instinct de prédateur affûté. Cependant on peut s'indigner du comportement de certains propriétaires. Félins non castrés, portées laissées à elles mêmes et donnant des individus farouches et errants ... c'est en partie la reproduction non contrôlée des chats qui explique leur forte expansion et les dégâts importants causés sur la faune, à savoir les petits rongeurs (ce qui ne semble pas émouvoir grand monde) mais aussi les reptiles et les passereaux dont les effectifs sont en chute libre. Le propos n'est pas d'érradiquer les chats, étant une grande amoureuse des petits félins moi-même, mais de changer notre regard et nos comportements liées aux animaux de compagnie.

DSC08168     DSC08281     DSC08289     DSC08307

La météo annonce du redoux, vite, enfilons les bonnets et jetons nous dans la neige avant qu'elle ne disparaisse. La vieille luge n'est pas habituée à la poudreuse, d'ordinaire le manteau neigeux sur lequel nous glissons est gelé, les glissade se faisant le plus souvent le matin après que les flocons soient tombés toute la nuit. Ce n'est pas grave, nous nous tournons vers un équipement plus moderne pour dévaler les pentes.

DSC09095              DSC09134

Voilà, le paysage reprend ses teintes grises et mornes. Nous partons pour Grenoble et plus précisément au Bois de la Bâtie nommé aussi Bois Français. Cet ENS (Espace Naturel Sensible) est réputé pour sa faune mais aussi pour la zone de loisir qui se trouve à proximité. Ancien bras mort de la rivière Isère, les étangs qui composent le site sont également connus pour leurs poissons qui attirent les pêcheurs et les oiseaux d'eaux.

DSC07935

Nous ne croiserons que peu d'espèces. Quelques passereaux, deux cygnes tuberculés (Cygnus olor), un vol de grands cormorans (Phalacrocorax carbo) et de joyeuses foulques macroules (Fulica atra). Bruyantes, on les reconnaît à leur plumage noir et à la tâche blanche qui surplombe leur bec robsute de la même couleur. Elles aiment les eaux calmes, en particulier les lacs, les marais et les zones humides forestières.

La fin de l'hiver sonne déjà et nous ne percevons pas le passage au printemps, le mois de février ayant défrisé la chronique avec des températures similaires à une fin mars voire, un début avril. D'ailleurs, 2019 est à l'heure actuelle l'année la plus chaude jamais enregistrée depuis que l'Homme est en capacité de faire des relevés.

DSC09113     DSC09114     DSC09159     DSC09163

 

Le printemps, ses chants et ses fleurs.

Du vert de partout, c'est une explosion et cela fait bien plaisir. Fini l'hiver, bonjour le printemps. C'estl e temps des fleurs, des amours et de la reproduction pour un grand nombre d'animaux. Sortant en affût, nous avons espoir dans croiser quelques uns tout en ayant plaisir à récolter les premiers fruits de la saison.

DSC00863              DSC00864

L'égopode podagraire (Aegopodium podagraria) est une plante souvent maudite car considérée comme une mauvaise herbe qui aime envahir les jardins. C'est aller bien vite et oublier le passé historique de la belle. Importée en Gaule par les romains pour sa culture rapide et facile, elle s'en retourna à la nature et fût peu à peu oubliée des hommes. Pourtant elle reste excellente en salade, soupe ou gratin avec son petit goût de céleri.

DSC00876

Si j'aime le printemps c'est avant tout pour eux, les champignons ! Cette année nous avons ête peu chanceux du côté des morilles (Morchella) et nous nous sommes tournés vers leurs cousins moins réputés mais totu de même réputés, les morillons à semi-libres (Mitrophora semilibera), qui depuis peu sont classés dans la classe des morilles.

DSC00896

On le reconnaît à son pied blanc, fragile et élancé, à sa chaire mince à la saveur douce et qui jaunie à la coupe, et à son petit chapeau brun et alvéolé qui ne dépasse que rarement les 5 centimètres. Il exalte une légère odeur de champignon qui devient plus forte au fur et à mesure qu'il vieilli. Son nom de semi-libre vient de l'insersion du pied qui se fait à la moitié du chapeau, laissant la partie inférieur libre. On le distingue ainsi des verpes (Verpa) dont le pied est soudé au sommet du chapeau et des morilles dont le leur est soudé à la base du chapeau. Excellent comestible, il faut bien le cuire pour le consommer, au moins 15 minutes  à plus de 70°C.

DSC00900

Le récolte est belle, les sachets de tissus que nous avons apportés avec nous dans le cas d'éventuelles récoltes nous sont fort utiles. Depuis, j'ai pu me munir d'un très beau panier en châtaignier, essentiel pour bine préparer la cueillette de champignons de cet automne qui s'annonce formidable. En tout et pour tout ce sont environs 70 morillons que nous récoltons ce jour là dans les herbes hautes, sous les frênes du champ attenant à la maison.

DSC00888     DSC00886     DSC00895     DSC00897

Les frênes communs (Fraxinus excelsior) et les noisetiers communs (Corylus avellana) figurent parmis les arbres avec lesquels les morilles et les morillons poussent en symbiose, toujours sur des sols calcaires. Poussant à proximité d'un ancien vergé, à la lisière de ce qui commence à devenir un petit bois, il est dans son élément de prédilection. On peut également le trouver dans les vallons boisées et aux abords des ruisseaux.

DSC00891              DSC00893

En parlant de verpes, en voici. Il s'agit des verpes en forme de dé (Verpa conica), un champignon certes comestible mais de faible intérêt culinaire. Peu commun en plaine, un peu plus présent en moyenne altitude, il reste cependant assez rare. Il est alors plus sage de ne pas le récolter et de tirer profit d'autres espèces plus abondantes (mousserons, pézizes ...) entre avril et mai, période à laquelle les verpes poussent.

DSC00867

Les jeunes grillons champêtres (Grillus campestris) émergent. Minuscules, leur croissance rapide leur permet l'été venu de figurer parmi les plus gros grillons d'Europe. Robustes, leur poids et leur morphologie leur interdit tout vol, faisant d'eux des insectes strictement terrestres.

DSC00882

Pour faire face aux prédateurs, il creuse un trou profond. Au moindre signe de danger, il s'y faufile. Les mâles se postent à l'entrée de leur antre et chante dans l'espoir d'attirer une femelle. Territoriaux, on peut assister à des combats violents avec parfois, une issue dramatique pour l'un des deux combattants. Herbivore, ce grillon se nourrie principalement de poacées (graminées), qu'il consomme à l'aide de ses très puissantes mandibules. Cependant il peut agrémenter son régime alimentaire quand l'occasion s'en présente, de vers de terre et de restes d'autres insectes morts. Même s'il semble commun, la fragmentation et la dispartion de ses habitats et son incapacité à voler conduisent à la diminution de ses populations.

DSC00907

Des fleurs, des feuilles, des herbes folles et aromatiques, des écorces, des champignons ... il ne reste plus qu'à conditionner nos cueillettes. Séchés pour la plupart, les éléments collectés seront tout au long de l'année utilisés dans la cuisine ou en infusion du soir pour apporter au coeur de l'été quand il fait chaud, les après-midi pluvieux d'automne ou les soirées froides de l'hiver des petites notes de printemps colorées et parfumées.

DSC00908     DSC00911     DSC00951     DSC00959

Certes on retrouve les morillons, mais aussi les fleurs de primevères coucou (Primula veris) pour leur goût et leurs effets apaisants, celles du lamier maculé (Lamium maculatum) pour leurs propriétés colorantes et les feuilles du lierre terrestre (Glechoma hederacea) pour parfumer les bouillons, les fromages blancs et les infusions froides. Si depuis les bocaux se sont peu à peu vidés, il nous reste de quoi apporter de soleil jusqu'à mars.

DSC00913

Thomas revient de son wwoofing en Savoie, et dans ses bagages, il nous ramène quelques surprises. Prennent désormais place dans le jardin de jeunes pousses d'arbustes à petits fruits, de quoi préparer d'ici quelques temps des jus et des glaces parfumées pour les futurs étés.

DSC00912

Des cassissiers (Ribes nigrum) aux fruits noirs se mêlent à leurs cousins, les caseilles (Ribes x nidigrolaria), hybrides entre un cassissier et un groseillier à maquereaux (Ribes uva crispa) né en Allemagne au début des années 80. Résistant aux maladies et aux températures extrêmes (jusqu'à -20°C), il produit des fruits charnus et bleus, on un goût fruité et acidulés. Ils sont récoltés entre juin et juillet, de manière régulière, les baies ne mûrissant pas toutes en même temps. Sa floraison rouge foncée détonne au potager et attire de nombreux pollinisateurs. Cependant stériles, ce n'est que par bouturage qu'il est possible de le reproduire. Pour cela il suffit de couper de jeunes rameaux, de les mettre en vase puis, à l'apparition des radicelles, de les replanter. En sommes rien de très compliqué pour le cultiver.

DSC02447              DSC02411

Dans les prés où l'herbe se fait tendre, les chevreuils (Capreolus capreolus) sont de sortie. Toujours proches de la forêt, ils déguerpissent à la moindre alerte. Cependant n'étant pas chassés à cette période de l'année, ils se montrent moins farouches. Grégaires, ils peuvent vivre en grand groupe comme on peut l'observer un peu partout en France, l'engrainage et l'absence de prédateurs naturels ayant favorisés sa forte démographie.

DSC02445

C'est au printemps que les femelles mettent bas. Les faons, cachés dans les herbes hautes d'un champ ce qui leur est parfois fatal, où dans la végétation en lisière de forêt, attend sagement sa mère. Celle-ci se nourrie à heures régulières et rejoint son petit pour lui donner la tétées et le réchauffer. Ce n'est que tardivement qu'il la rejoindra bien qu'il soit capable de se déplacer peu de temps après sa naissance, s'assurant d'avoir une chance d'échapper aux prédateurs que sont le loup, le lynx, le renard ou encore les chiens errants.

DSC00950

Les chevreuils ne sont pas les seuls dans les pâtures. Nombreux sont les troupeaux de vaches à patûrés. Si on trouve quelques laitières, se sont surtout les bêtes  dites mixtes que l'on croise le plus de par chez nous.

DSC00940

Si on croise quelques animaux de la race Simmental Française originaire de Suisse, se sont surtout les Montbéliardes qui sont à l'honneur. Originaires de Franche-Comté, elle déscend de la race Pie rouge Simmental. L'hiver, les animaux restent longtemps en stabulation et se nourrissent des foins récoltés plutôt en été. À l'apparition des beaux jours, les vaches sont envoyés en estives dans les prés où elles broutterons l'herbe tendre. Dans notre région les troupeaux sont de petite taille, ce qui limite le surpâturage qui cause bien souvent l'affaissement des sols et des dégradations importantes sur les cours d'eau. Cette race est de plus en plus utilisée comme vache laitière.

DSC02451              DSC02453

La Valdaine se situe à l'extrémité Nord Est des Terres Froides, territoire non pas nommé poru son climat mais pour la terre de potier que l'on en tire et qui à la particularité de donner des poteries de terre crue qui ne cèdent pas sous l'action du gel. Cependant, nous bénéficions ici de la météo typique du Massif de Chartreuse, un climat océanique montagnard ce qui implique de l'humidité et un manteau neigeux importnat même s'il à diminué de moitié en 50 ans, ce qui ne vas pas sans inquiéter les populations sur les questions liées à la disponibilité d'eau.

DSC02430     DSC00955     DSC02462     DSC02440

Les talus sont tout aussi passionnants, les oiseaux s'installent dans les cavités des arbres alignés, et en bord de route, les orchidées commencent à fleurir. L'une des plus impressionnantes de toutes sont les orchis militaires (Orchis militaris) appelés aussi orchis guerriers. Robustes et portant un épi floral dense, ils aiment les sols calcaires frais, pauvres en matière organique et bien ensoleillés. On les croise jusqu'à 2000 mètres d'altitude.

DSC02484Partons dans les marais et plus précisément sur la tourbière de l'Herretang, entre la commune de Saint Joseph de Rivière et celle de Saint Laurent du Pont, à la confluence de la fin de la langue rocheuse du Vercors et le début du Massif de Chartreuse. Ayant pour statue celui d'ENS (Esapce Naturel Sensible), il est possible de la visiter une grande partie de l'année grâce à un système de pontons de bois. Abritant des espèces rares et protégées, il faut bien prendre garde à ne pas s'éloigner des chemins ni à venir troubler la tranquillité des animaux.

DSC02476              DSC02552

Les oiseaux  chantent et sont pour certains afférés à nourrir leur première portée. Une couple de mésange charbonnière (Parus major) peut prélever sans mal 250 à 300 chenilles par jour, faut-il encore trouver des chenilles. Le développement de celles-ci intervient de plus en plus tôt, fruit de l'augmentation des températures année après année. Le soucis est que le poussins de mésanges émergent quand les chenilles sont bien développées, et plus forcément de taille pour entrer dans le gosier des petits oiseaux. Cela serait l'une des explications de la forte mortalité observée sur les portées de mésanges charbonnières.

DSC02558

Des champignons, toujours des champignons. À la sortie de la forêt, des mousserons de la Saint Georges (Calocybe gambosa) nous attendent. Leur nom leur vient de la période à laquelle ont les rencontre le plus souvent, et il est de tradition de dire qu'ils poussent à partir de la Saint Georges, chose qui dans les faits ne s'observe pas toujours.

DSC02560

Excellents, ils dégagent une légère odeur de farine. Charnus, il suffit de quelques pieds pour remplir rapidement un panier et une casserole. C'est dans les zones herbeuses comme les prairies et les vergers mais aussi les lisères, les bois clairs et les haies qu'on le trouve le plus souvent, à proximité le plus souvent des aubépines et des ormes. L'entolome livide (Entoloma sinuatum) lui ressemblant beaucoup, il est recommandé d'être méticuleux dans sa récolte et surtout dans son identification. Pour rappel, la plupart des intoxications surviennent après la consommation de champignons dont les cueilleurs étaient sûrs à 100% de l'identification. Prudence est mère de sûreté.

DSC02525              DSC02473

Le marais abritent plusieurs espèces d'oiseaux inféodées aux milieux humides. Parmi celles-ci on compte notamment le grand cormoran (Phalacrocorax carbo) que l'on peut voir à gauche. Mal aimé, il fût longuement chassé au point de disparaître de l'intérieur des terres. Il recommence néanmoins à réinvestir son territoire. À droite, un héron cendré  (Ardea cinerea), grand échassier qui a connu un sort moins funeste bien qu'il soit encore braconné car jugé trop gourmand. Pourtant, on sait aujourd'hui que l'impact de ces deux espèces pour la pêche est pratiquement nul, les oiseaux consommant essentiellement des poissons peu prisés par l'Homme.

Profitons de la fraîcheur, de la brume qui descend lentement des montagnes et des dernières rosées. Déjà l'air se réchauffe et bientôt suffoquant, il faudra alors partir se réfugier dans les sous-bois. C'est aussi le moment de prendre de la hauteur, sur les plateaux alpins et de lézarder le long des rivières sauvages. Pour l'heure, profitons encore des dernières fleurs, des herbes aromatiques du printemps et des derniers champignons de saison.

DSC00858     DSC02468     DSC02522     DSC02474

 

L'été, la fraîcheur des forêts et des bords de ruisseaux.

Il fait chaud, l'herbe du jardin a entièrement jaunie, et même à l'ombre, nous suons à grosses gouttes. Il faut se rendre à l'évidence, la canicule fait rage. Les points d'eau sont pris d'assauts et même les marais d'ordinaire si calmes deviennent des sites attirants les promeneurs. Reste alors les alpages, et encore, ceux aux pentes rudes et dont les sentiers ombragés nous donnent un peu de répit face à la morsures brûlantes du soleil.

DSC05732              DSC05748

Sortons la longue vue, pointée les sommets. Nous sommes dans un champ pentu, entouré des forêts de conifères et mixtes. Outre les vaches, nombreux sont les mammifères à profiter des touffes d'herbes encore bien vertes. Lièvres, lapins, chevreuils et autres sangliers peuvent se croiser à la tomber de la nuit. D'ailleurs pour les derniers, il est courant d'observer sur ce site le labour de leur groin, trace de leur recherche nocturne de vers et de bulbes.

DSC05737     DSC05743     DSC05744     DSC05751

Première récolte de la saison. Dans les prés, quelques agarics champêtres (Agaricus campestris) nommés aussi rosés des prés. Il est bien difficile d'identifier cette famille qui comporte en France plus de 60 espèces. À ceux-ci s'ajoutent dans le panier un petit polypore soufré (Laetiporus sulphureus), apprécié au Canada, peu considéré chez nous. Il faut le consommer jeune et de préférence récolté sur des feuillus car allergisant sur résineux.

DSC05746

Entre les yeux en direction du ciel et du sol, dur de trouver le bon équilibre. Lui regarde les oiseaux, moi les champignons, autant dire que nous formons une équipe de choc, ratissant le moindre petit bout de nature que nous pouvons saisir.

DSC05741

Cet été, nous avons cumulé pas moins de 11 week-ends d'affilés en escapade à deux, à chercher du côté des montagnes, du sud, de la côte méditerranéenne et de la vallée du Rhône des espèces nouvelles et des paysages grandioses. Nous n'avons pas été déçus, cependant retourner à la source, en Chartreuse, fût l'un des plus doux moments de l'été. Le grand calme des petits bois de moyenne montagne que nous avons pu parcourir nous fît le plus grand bien, loin de la ville, de ses klaxonnes, des pots d'échappements et du béton. Un petit havre de paix qu'il nous tarde à nouveau de rejoindre pour ses longs chemins bordés d'épicéas communs (Pinus abies).

DSC05754

Au-dessus de nos têtes, deux espèces que nous connaissons bien et que nous n'avons rarement l'occasion de croiser ici. Plus d'une centaine de martinets noirs (Apus apus) tournoient, déjà sur le départ pour rejoindre l'Afirque où ils s'éjourneront tout l'hiver. Au milieu, un intrus de plus grande taille, un martinet à ventre blanc (Tachymarptis melba), qui est connu pour partir plus tardivement en hivernage et revenir également plus tôt.

DSC05779              DSC05770

Nous sommes à deux pas du lac de Saint Sixte ,canton du village de Merlas connu pour son lac, les ruines de sa maison forte et ses légendes. Au bords de l'eau, des libellules prennent le frais e, compagnie des pêcheurs. Si je ne peux mettre de nom sur l'individu à gauche, je peux néanmoins le faire pour celui de droite. Il s'agit d'une libellule déprimée (Libellula depressa) nommée de la sorte en raison de ses ailes pendantes. L'abdomen bleu indique qu'il s'agit d'un mâle, les femelles présentant de colories jaunes et brunes.

DSC05764

Sur la berge, dans les ruines de l'ancien abris à bateaux, une plante remarquable pousse. Il s'agit de la grande douve (Ranunculus lingua) connue parfois sous l'appelation de renoncule langue, une fleur de la famille des renoncules comme l'est le bouton d'or. C'est une espèce rare aux faibles effectifs, protégée intégralement en France.

DSC05762

Si à l'échelle du monde et de l'Europe elle a pour statut celui de préoccupation mineur, il en est tout autre chose chez nous. En Alsace, en Aquitaine et en Bourgogne, elle est considérée comme en danger. En Basse-Normandie elle est classée comme vulnérable. En Auvergne et dans le Centre, elle est placée sur la liste des espèces en danger critique de disparition. Une fois de plus, on a un exemple d'une espèce au bord de la disparition sans avoir besoin de partir à l'autre bout du monde pour observer le phénomène. Au milieu du jaune, une autre espèce tire son épingle du jeu. Le chanvre d'eau (Bidens tripartita), qui n'en a rien et qui est aussi connu comme lycope d'Europe. Il s'agit d'une plante semi-aquatique aimant les cours d'eau, les prairies humides et les marais.

DSC05771              DSC06145

Qu'il est changeant le temps de basse montagne. En un rien de temps la brume remplace le soleil et l'humidité prend le pas sur la chaleur qui irradiait jusqu'à peu les collines. Ne nous en plaignons pas, non seulement cela nous laisse prendre un peu de répit mais de plus, permet aux champignons de faire timidement leur apparition dans le sous-bois. Il faudra cependant attendre encore un peu avant de récolter les premiers cèpes.

DSC05772

En retournant au jardin, nous avons le plaisir de croiser sur un câble une magnifique pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) et à la vue de sa calotte grise, un mâle. Un peu plus bas dans un bosquet la femelle attend d'être nourrie par celui-ci. Migrateurs, le couple partira à la fin de l'été pour rejoindre l'Afrique. Il faudra attendre mai soit sept mois pour les voir revenir à nouveau nicher dans les bosquets et les haies des prairies grasses.

DSC06150              DSC06154

Enfin, les champignons sortent. Ici il s'agit de deux espèces mignonnes comme tout, le cyathe hirsute (Cyathus striatus) à gauche qui se reconnaît entre autre à sa forme de coupelle et le marasme petite roue (Marasmius rotula) à droite, qui figurent parmi les best-sellers de la saison et qui porte bien son nom. Il se développe sur les branches mortes de feuillus tombées au sol. Il contribue activement à la formation de l'humus forestier.

DSC06164

Les premières amanites rougissantes (Amanita rubescens) ont fait leur apparition. Appéles aussi amanite rougissante ou golmotes, c'est une des quelques amanites comestibles qui vaut la peine d'être récolter. Cepandant on prendra garde de bine la cuire, celle-ci contenant des hémolysines, molécules connues pour détruire les globules rouges.

DSC06165

À la cassure, ses chairs deviennent rouges, ce qui permet de la différencier d'autres espèces comme la dangereuse amanite panthère (Amanita pantherina), plus brune et aux flammèches blanches plus larges et plus marquées. On ne serait sans bien connaître l'une et l'autre s'aventurer à récolter les golmottes. Très commune, aussi bien dans les forêts de feuillus que de conifères du moment que le sol est pauvre, c'est surtout dans les bois d'épicéas communs (Picea abies) qu'on en rencontre le plus grand nombre. Apparaissant dès juillet en Chartreuse, on peut l'observer au plus tard à la fin du mois d'octobre si l'été indien veut bien se prolonger.

DSC06169

C'est aussi l'heure des premières girolles (Cantharellus cibarius) que nous récoltons avec émotion. Dégageant un léger parfum d'abricot, en particulier quand l'air est humide, leur couleur jaune tirant parfois sur le pâle ou l'orangé et la présence de plis et non de lamelles ne laisse que peu de doute lors de l'identification de cet excellent comestible. Cependant il faut là aussi être prudent, en évitant toute confusion avec la fausse girolle (Hygrophoropsis aurantiaca) ou le très toxique clitocybe de l'olivier (Omphalotus olearius) qui à la différence des girolles qui se développe sur le sol, pousse sur le bois mort et en particulier sur les souches.

DSC06635              DSC06678

Restons avec les champignons, mais partons sur un tout autre milieu. Nous voici de retour dans les marais de l'Herretang. La plupart des espèces composant la fonge concerne de petits champignons éphèmères résistant aux soudaines varaitions de niveaux d'eau, et d'autres lignicoles restant bien au sec sur les troncs et les branches qu'ils colonisent. À droite, un magnifique polypore soufré (Laetiporus sulphureus) qui, bien que nous faisant très envie, n'a pas été récolté en raison du statut du site; un ENS (Espace Naturel Sensible).

DSC06647              DSC06644

Tout comme au printemps, un grand cormoran (Phalacrocorax carbo) se trouve sur une des berges du grand lac. Celui a été formé à l'époque où il était encore de mise d'extraire la tourbe du marais, que cela soit pour se chauffer ou pour la commercialiser sous le nom de terre de bruyère. L'exploitation ayant été suspendue en raison des dégâts provoqués sur les milieux humides fragiles, les carrières ont été mises en eau et empoissonnées.

DSC06639

Sur les observatoires mais aussi un peu partout sur la végétation, créant ainsi une véritable marée verte, pousse des lianes de houblon grimpant (Humulus lupulus). De la même famille que le chanvre, celle des cannabaceae, il est utilisé depuis des temps immémoriaux.

DSC06640

Son nom scientifique de "lupulus" vient du latin, les romains pensant à tort que le houblon suçait la sève des arbres et arbustes sur lesquels il pousse. Hors cela n'en est rien, néanmoins il a gardé cette réputation fort longtemps lui donnant le surnom de "petit loups" qui se traduit par "lupulus". Il est drôle de voir qu'aujourd'hui c'est le lierre grimpant (Hedera helix) qui possède cette réputation sulfureuse. Pour en revenir au houblon, il est surtout connu comme plante aromatique pour apporter de l'amertume à la bière mais aussi pour ses propriétés sédatives, stomachiques et son pouvoir œstrogénique.

DSC06657

La porte du grand observatoire n'est pas fermée, miracle ! Nous fonçons au sommet de cet ancien relai EDF reconverti en tour de guet. De là, nous avons une vue imprenable sur les étangs, sur la prairie et sur la phragmitraie. C'est là que deux petits museaux feront leur apparition. Une chevrette, femelle du chevreuil européen (Capreolus capreolus) suivit de son jeune faon né au début du printemps.

Les jours deviennent de plus en plus courts, la pluie s'invite et la fin septembre approche, nous voici aux portes de l'automne, la plus belle des saisons. Avant de fêter la fin de l'été, nous nous offrons quelques escapades sauvages du côté du Loiret, de la Camargue et des Alpes, histoire de profiter de la saison du mieux possible.

DSC06630     DSC06632     DSC06637     DSC06642

 

L'automne, ses champignons et ses oiseaux.

Déjà l'automne sonne à la porte, signe que l'année est presque bouclée. Si le froid tarde à venir et ne se ferra présent qu'à la mi-novembre, on enfile déjà les pulls et les bonnets à grosses mailles de laine. Pour moi, il s'agit de la plus belle des saisons, les bois deviennent jaunes et rouges, les oiseaux du grand nord arrivent doucement chez nous et les rougegorges familiers (Erithacus rubecula) poussent de nouveau la chansonnette.

DSC07223              DSC07233

Petit saut au lac de Paladru. Situé aux portes du voironnais, ce lac palustre est issu de la fonte des glaciers qui couvraient la région il y a 40 000 ans de cela. Riche en légendes, il fut occupé par les pères Chartreux où l'on trouve des vestiges relativement anciens de pontons de bois. C'est là que l'on peut trouver les foulques macroules (Fulica atra). Toutes occupées à barboter, elles troubles la calme du lieu par leurs cris brefs.

DSC07216

Au-dessus de l'eau dans un robinier faux-accacia (Robinia pseudoacacia), deux tourterelles turques (Streptopelia decaocto) sèchent leurs plumes. Elles ont dû la nuit précédente faire face à une pluie glaciale et violente. C'est une espèce que l'on pourrait pense comme originaire de nos contrées mais il n'en est rien. Originaire de Truquie, elle ne s'est implantée naturellement en France que depuis 1963 avec une première apparition dans les Voges en 1950. Depuis la belle se trouve sur les quatre coins du monde, surtout dans les villes et villages, sans que sa présence ne semble porter atteinte aux espèces locales.

DSC07222              DSC07227

DSC07228              DSC07229

Une femelle canard colvert (Anas platyrhynchos) se montre peu farouche et s'approche relativement près de nous. On la différencie des autres femelles d'espèces de canards par sa grande taille et son bec orange et noir. Peu farouche, il est fort à parier que l'on se trouve sur un individu issu ou du moins ayant une origine liée aux canards colverts domestiques qui sont utilisés pour l'ornement, comme appelant de chasse et pour l'élevage.

DSC07243

Quittons les berges, non sans avoir jeté un dernier coup d'oeil au ponton sur lequel un rougequeue noir (Phoenicurus ochruros) se promène. L'hiver, il est possible d'y observer des dizaines de cormorans et de goélands. Nous avons espoir pour cet hiver d'y rencontrer de nouvelles espèces et de voir les canards hivernants, en particulier les fuligules qui aiment se reposer au centre du lac. Équipés de notre nouveau matériel, il a fort à parier que nous allons être surpris par les oiseaux sur lesquels nous allons enfin pouvoir poser les yeux.

DSC07294     DSC07207     DSC07321     DSC07325

Direction les bois, et bien sûr, toujours avec le panier à la main. La saison des champignons a été exceptionnelle pour certaines espèces cette année et nous en avons bien profité, que cela soit dans les bois isérois ou d'ailleurs. Même l'un des chats de la maison est venu pointer le bout de son nez pour voir où en était la récolte. Il n'y a pas à dire, même si on trouve des champignons toute l'année, c'est vraiment à l'automne qu'ils sont rois.

DSC07269

Un lycoperdon brun d'ombre (Lycoperdon umbrinum) attire notre attention. Non comestible, cette vesse de loup un peut particulière appartient, commetoutes les espèces portant ce nom générique, à la famille des Lycoperdacées.

DSC07270

Le terme vesse est féminin et vient du vieux français. Il désigne un pet silencieux et nauséabond, mot qui peut se décliner par le verbe vesser. La transposition au champignon se fait par la spécificité de celui-ci de dégager à maturité, ses spores sombres en se crevant par le milieu et en les laissant passer par gros nuages sombres par un tout petit trou. L'image est là, reste à savoir d'où vient le sobriquet de loup. Peut être par le mésamour éprouvé en vers cet animal, par le fait que cette vesse soit forestière ou tout simplement par jeu de mot. Dans tout les cas le lycoperdon brun d'ombre orne joliment les forêts et bien qu'il ne soit pas comestible, anime toujours une sortie automnale.

DSC07263              DSC07319

Dans la mousse, aux pieds des arbres et sur les troncs les champignons poussent à foison. Le tricholome rutillant (Tricholomopsis rutilans) a perdu ses belles couleurs suite à la pluie et les mucidules visqueuses (Oudemansiella mucida) bien qu'étincelantes semblent défraîchies. Se développant sur les troncs de feuillus, en particulier de hêtres, on les reconnaît à leur chapeau blanc-translucide couvert d'un mucus gluant.

DSC07260

2019 fût une année exceptionnelle pour les cèpes de Bordeaux (Boletus edulis). Nous en avons trouvé de partout, même là où d'ordinaire nous ne croisons rien hormis quelques crottiers de blaireaux et de chevreuils. Champignon très prisé, c'est un excellent comestible qui se déguste aussi bien cru en carpaccio avec un peu d'huile d'olive que cuit, rissolé avec du persil et du beurre ou revenu dans un peu de crème fraîche. Sa mousse devenant gluante avec l'âge, elle s'accomode parfaitement en potage ou dans une sauce d'accompagnement.

DSC07286              DSC07287

Pour l'occasion je suis seule avec mes parents. Les accompagner aux champignons et faire fructifier à ma manière cet héritage qu'ils ont pu me transmettre en approfondissant la discipline qu'est la mycologie est une véritable fierté pour moi. Le cèpe part exemple a été longtemps ignoré dans ma famille, voire boudé. Jugé comme gluant et trop fort, je ne l'apprécie que depuis récemment, grâce aux amis du Mycorium et du feu forum "le club des cèpes" avec qui j'avais pu partir il y a plusieurs années découvrir le Béarnais, que je rêve de visiter à nouveau.

DSC07259     DSC07285     DSC07303     DSC07305

Symbiotique, le cèpe de Bordeaux aime s'accoquiner avec les chênetes, les chataîgniers, les hêtres et les sapins pectinés. Il n'est pas le seul à aimer ces milieux, bien souvent il est accompagner d'autres champignons dont la pousse survient suite à des épisodes de chaleurs et de pluies tel que le meunier (Clitopilus prunulus) qui, à la bonne odeur de farine et au chapeau blanc, et lui aussi un bon comestible même si moins récolté que les cèpes.

DSC07306

Autre espèce appréciant les mêmes milieux que le cèpe de Bordeaux et ayant parfois des hôtes symbiotiques similaires, l'amanite tue-mouches (Amanita muscaria). Si celle-ci est toxique voire délirogène pour les hommes et de nombreux animaux, quelques uns comme le renne n'hésitent pas à planter un coup de dents dans le chapeau et en particulier la cuticule rouge riche en éléments hallucinogènes.

DSC07309

Lames, pied et chair d'un blanc immaculé, chapeau rouge sang qui selon les sous-espèces et la météo peut tirer sur l'oranger, pustules floconneux variants du crème au jaune, il semble au premier regard aisé d'identifier cette espèce. Pourtant, les confusions avec l'amanite des Césars (Amanita Caeserea), sa délicieuse et prisée cousine, sont peu rares. On retiendra que chez cette dernière les lamelles et le pied sont d'un orange doré et que le stipe prend sa base dans une volve blanche en forme de sac.

DSC07256     DSC07292     DSC07298     DSC07302

Petits joyaux rouges qui annoncent la fin de l'automne, il faudra désormais attendre l'an prochain pour les rencontrer à nouveaux dans les forêts de Chartreuse. Il fait froid, humide mais les champignons ne désertent pas complétement les bois. Cependant nous nous réfugions dans le Rhône, où nous faisons notre bonheur avec les pholiotes du peuplier (Cyclocybe aegerita) qui abondent dans les peupleraies si typiques des rives du fleuve.

C'est un court résumé de cette année en Isère riche et inspirante. Nous avons eu la bougeotte et beaucoup visité d'autres départements, puis vinrent le boulot et parfois la flemme qui par moment, nous ont cantonné à notre petit appartement lyonnais. Cependant on ne saurait penser que le tour est fait, on est loin d'avoir encore tout vu de cette enclave dauphinoise, de ses forêts et de ses sites historiques teintés de mysticismes. À 2020, belle Isère.

DSC07267               DSC07280

Publicité
21 décembre 2019

Des salamandres dans le Rhône.

DSC07169

Incroyable animal n'est-ce pas ? La salamandre noire et jaune (Salamandra salamandra) ne va pas s'en fasciner les grands comme les petits. D'ailleurs, elle a même inspiré une magnifique revue du même nom que je vous encourage à consulter ICI. Elle comporte de nombreux noms comme celui de salamandre terrestre, rappelant que l'animal bien qu'appartenant à la famille des amphibiens n'est inféodé aux milieux humides que pour sa reproduction et que la plonger dans une mare profonde peut même la conduire à la noyade.

DSC07110

Cela ne serait le seul patronyme qu'on pourrait lui donner, la belle se nommant aussi salamandre de feu, en évocation à la vieille rumeur qui voudrait qu'elle résiste au feu. Certes l'animal peut produire un suc pendant quelques secondes s'il se trouve dans un brasier, mais cela ne serait le protéger de flammes et il finirait inexorablement par brûler vif. Néanmoins, cette idée reçue tenace a longtemps perduré et de grands noms ont pris pour emblème la salamandre tachetée pour sa résistance au feu supposée.

DSC07102

Nous sommes début octobre, les salamandres n'ont qu'une seule idée en tête : se reproduire. L'accouplement à lieu hors de l'eau, dans les sous-bois humides en particulier quand il pleut et que la température est douce. C'est la femelle qui mène la danse en montant sur le mâle. Celui-ci l'encercle de ses pattes arrières et colle son cloaque au sien. Elle vient alors absorber le spermatophore, un sac de sperme, de son partenaire. Ce soir là à Oullins, ce ne sont pas moins de 584 individus que nous croisons. Certains font le pari de rejoindre les aires d'accouplement par la route. Ils n'ont pas le choix. La fragmentation des habitats séparant les sites boisés des uns des autres par de dangereux obstacles que sont les axes routiers, ne pouvant compter que sur la vigilance des conducteurs.

DSC07173              DSC07085

S'en suit une longue gestation. Pendant 8 à 9 mois la femelle porte en son sein jusqu'à 70 larves auxquelles elle donnera naissance en s'immergeant sur une berge où elle s'assure de pouvoir remonter sans se noyer. Les petits évoluent pendant 3 à 6 mois en fonction de la température de l'air ambiant. En montagne on peut observer des individus mettant parfois deux ans à prendre forme. Pour vivre dans les eaux fraîches, peu profondes et pauvres en nutriments, elles utilisent des branchies qui leur permettent de filtrer l'oxygène. Sortie de l'eau, elles perdent leurs branchies et deviennent entièrement terrestre. Il leur faudra encore attendre 2 à 4 ans pour pouvoir se reproduire à leur tour. Fait surprenant, une femelle est capable de conserver tout au long de sa vie le sperme d'un mâle si l'accouplement et la mise au monde des larves se sont bien déroulés.

DSC07120

Aux premières gelées, les salamandres partent en hibernation. Elles s'enfouissent alors dans la végétation, dans la terre ou dans des galeries de mammifères abandonnées. On peut aussi à l'occasion les voir dans les cavernes ou dans les caves. Si les conditions le permettent, on peut pendant l'hiver observer des individus sortir si la température avoisine les 10°C et plus ce qui reste rare. Fidèles à leur site d'hivernage, elles y reviennent années après années, ce qui assure d'en voir régulièrement quand on sait qu'un individu peut vivre 10 à 15 ans même si la littérature scientifique relève des cas d'animaux ayant dépassés en milieu naturel les 30 ans.

DSC07087              DSC07127

Côté alimentation, bien que epu agiles et lentes voire même très lentes, ce sont de véritables chasseresses. Carnivores, elles prédatent les invertébrés qui aiment les milieux humides. Cloportes, araignées, limaces et autres vers de terre sont au menu, ainsi que des animaux plus massifs si l'occasion se présente et qui sont capturés à l'aide de leurs dents pointues là où les organismes plus petits sont attrapés avec la langue en affût. Adultes, elles ne connaîssent pas de prédateurs en raison de leur toxicité que rappelle sa couleur d'avertissement. Leur venin provient de ses glandes parotoïdes, bien visible à l'arrière de la tête et qui se manifestent par des petits points noirs. On retrouve également des glandes à venin sur le dos et plus sporadiquement sous la peau épaisse et brillante. Les alcaloïdes secrètés sont non seulement toxiques pour les animaux qui tente de croquer une salamandre, mais aussi pour les champignons et bactéries qui peuvent s'attaquer à sa peau fragile.

DSC07123              DSC07157

D'ailleur, ce sont des animaux protégés, en pleine régression et qu'il ne faut jamais manipuler, hormis s'ils sont en situation de danger. Dans ce cas on prendra le soin de les porter le moins possible et de toujours les prendre avec des mains humides, dénuées de plaîts et bien propres, la peau humaine pouvant communiquer des malades mortelles pour les amphibiens. On exclura bien sûr les aquariums dans lesquels on installera des larves de salamandres, cette habitude étant plus que préjudiciable aux animaux. Si on a la chance d'habiter non loin d'un espace forestier, on s'attachera plutôt ppour les favoriser à leur faire dans le jardin un petit coin de paradis en créant une mare aux pentes douces, en favorisant des haies aux essences locales et en laissant ici et là des tas de matières organiques (feuilles, branches ...) qu'on laissera se faire peupler par la faune au rythme des saisons.

DSC07156

Des les bois, les salamandes ne sont pas les seules à partir en vadrouille, le crapaud commun (Bufo bufo) est de sortie. Nocturne comme sa cousine, il n'est pas là pour les amours mais pour se nourrir. Bien qu'appartenant tous deux à la classe des amphibiens, ils ne sont pas de la même famille. Ils ont cependant pour point commun leurs glandes à venin.

DSC07100

La salamandre se trouve chez les Salamandridae et dans le genre des Salamndra. Le crapaud commun pour sa part se range chez les Bufonidae et dans le genre Bufo. Pour en revenir à ce dernier, c'est un animal de belle taille avec des femelles qui peuvent dépasser 11 centimètres, en faisant le plus gros crapaud d'Europe. Là où sa cousine jaune et noire est associé aux rois et à l'alchimie, la culture populaire fait de lui le compagnon des sorcières. Cuisiné, utilisé entier ou en morceaux dans des filtres, il serait un ingrédient indispensable pour ensorceler les imprudents et les malchanceux. Il était même parfois désigné comme animal de compagnie pour les diaboliques. Si aujourd'hui c'est un animal protégé, on continue de l'employer dans l'imaginaire et lors des fêtes en particulier pour Halloween.

DSC07166

Lors de cette soirée, nous tombons sur une découverte macabre. Dans le bois, de nombreux fils barbelés de prison (oui oui !) sont balancés à la volée à même le sol, résultat du choix politique d'une copropriété aux idées aberrantes. À quelques pas de ceux-ci, la dépouille d'un hérisson d'Europe (Erinaceus europaeus). Nous en trouverons une plus loin en contrebas du boisement. Il n'est pas possible d'établir un lien entre l'animal mort trouvé et le barbelé mais il est légitime de se poser des questions, d'autant plus que le dit fil barbelé a été balancé sans ménagement dans une mare forestière peuplée de larves de salamandres et de tritons. De quoi enrager, car au-delà du danger pour la faune et de la pollution du site, c'est aussi l'intégrité des personnes qui est en jeu.

DSC09690              DSC09740

Ce n'est pas la seule menace qui pèse sur les amphibiens pour revenir à eux. Faisons un bon dans le temps dans l'espace et le temsp pour nous rendre sur l'Île de la Table Ronde à la fin du printemps. Dans certaines des mares, d'étranges phénomènes se produisent. Des grenouilles de couleur jaunes voire blanches font leur apparition, au même titre que des pontes blanches de grenouilles de type vertes (Pelophylax kl. esculentus). On pourrait croire qu'il s'agit d'un tour de jeu de la nature, de la génétique ou du climat, le gel pouvant donner cet aspect à une ponte. Il semblerait qu'il n'en soit rien est que le responsable soit un champignon microscopique, Batrachochytrium dendrobatidis appelé parfois Bd.

DSC09692

Ce champignon est la terreurs des amphibiens. De par le monde, on estime 50 à 90 le nombre d'espèces disparues à cause de ce dernier. Conduisant à l'apparition de nécroses et de la mort en moins de deux semaines par crise cardiaque des animaux, ses forment les plus virulentes se sont répandues à travers le monde par le commercialisation à échelle mondiale d'un test de grossesse utilisant des oeufs de grenouilles touché par une forme particulièrement virulente de Batrachochytrium dendrobatidis, celui-ci étant naturellement présent dans une grande partie du monde. Cela ne fait que 10 ans qu'il est présent en France mais cause déjà bien des dégâts. Une souche proche, Batrachochytrium salamandrivorans, à conduit au Pays Bas à la disparition de plus de 90% des populations de salamandres, faisant craindre le pire pour nos populations si celui-ci arrive sur notre territoire.

DSC00528

Une autre espèce, rare et protégée partage le site bien qu'elle ne soit pas aquatique. La fougère langue de serpent (Ophioglossum vulgatum) est une plante superbe et portant plus que bien son nom avec sa longue fronde.

DSC00529

Des centaines de pieds couvrent la petite clairière dans laquelle se trouve la mare. Il s'agit d'une des plus grandes populations du Rhône. Sur la fronde fertile enroulée dans la fronde stérile ressemblant à une feuille, des sporanges c'est à dire des sacs de spores permettent à la fougère de se reproduire. C'est de la rencontre entre deux spores dans un milieu humide qui donne naissance à un nouvel individu. Pour espérer la trouver, il faut chercher les sols à tendance calcaire, immergés par intermittence ou du moins humides une partie de l'année, de préférence du côté des prairies, des fossés et des bords de forêts tempérés. Sa réputation de plante magique lui a valu au Moyen Âge et à la Renaissance d'être utilisée comme ingrédient vulnéraire dans les baumes pour soigner les plaies.

DSC02688             DSC02733

C'est sur ces images de la faune et de la flore de l'Île de la Table Ronde que se termine ce portrait d'espèce. Les salamandres jaunes et noires sont des animaux fascinants, et il y a bien encore à apprendre sur eux, ne serait-ce que leur cycle de vie avec leurs mues, chose que j'ignorais, leur système de reproduction qui en fonction des airs où elle se trouve peut différer ou encore à travers leur paterne de tâches, propre à chaque individu et permettant de les identifier sans à avoir à faire un marquage impactant sur les animaux (section d'un doigt par exemple).

DSC02662     DSC02694     DSC02667     DSC02681

14 décembre 2019

Sortie dans les marais 16.

DSC06809

C'est le week-end ! Le soleil brille dans le ciel et l'air ambiant est doux malgré que nous soyoons en automne. Il faut en profiter. Nous voilà donc partis en direction Miribel Jonage, un ensemble de grands lacs formés par l'extraction des graviers issus de l'ancien lit du Rhône. D'ailleurs, la carrière est toujours en fonction et chaque fillon exploité à vocation à finir en étendue d'eau. Si une partie du plus grand étang est dédié à l'homme et à ses activités ludiques à travers une grande base nautique équipée entre autre d'un golf et de pontons à bateau, le reste de l'espace est relativement calme et seuls les promeneurs et les pêcheurs s'y aventurent. Cela en fait donc un avre de pais pour de nombreuses espèces, en particulier pour les oiseaux hivernants qui y trouvent refuges. Enfin, c'est un corridor écologique qui permet aux animaux revenants du sud de prendre repos dans leur périple avant de continuer leur traversée qui, entre autre, relie le fleuve Rhône aux zones humides de la Dombe.

DSC06839              DSC06814

Entrés dans la lisère, nous tombons sur deux espèces que j'aime beaucoup. À gauche il s'agit de l'aubépine monogyne (Crataegus monogyna) aux beaux fruits rouges et à la floraison mellifère. Pour rester dans les odeurs, à droite il s'agit du calament nepeta (Clinopodium nepeta), plante très parfumée aux fleurs violines utilisée en Corse comme herbe aromatique dans la cuisine, chose que l'on ne retrouve pas sur le continent.

DSC06812

Une jolie liane aux baies rouges s'enroule sans faire de mal au branches des buissons qui bordent le chemin. Il s'agit du tamier commun (Dioscorea communis) qui à cette période de l'années des feuilles jaunes en forme de coeur.

DSC06807

Surnommé sinistrement herbe aux femmes battues, il était employé pour dissimuler les hématomes et autres bleus. Entièrement toxique, les jeunes pousses peuvent être toute fois consommées après avoir été récoltées au printemps puis passées dans au moins deux eaux de cuisson distinctes. Elles sont alors accommodées comme des asperges.On les connaît alors sous le nom de respountchous et sont assez prisées dans le sud de la France. On ne serait réserver le même traitement aux fruits ou au tubercules qui, dangereux par ingestions, peuvent également provoquer des dermites s'ils sont trop manipulés à main nue voire même des ampoules là où ils ont été en contact avec la peau.

DSC06818

Sur un vieux champignon de bois, un bout de mue de serpent. Il s'agit des écaille ventrales, reconnaissables à leur grande taille et que l'on appel parfois gastrosteges. Composées de kératine à l'instar de nos ongles, elles protègent le corps du reptile, retiennent l'humidité et l'aident même à se mouvoir. La mue intervient à différents âges de l'animal. Celui-ci doit le plus souvent gêner pour pouvoir sortir de son ancienne peau avec aisance.

DSC06816              DSC06823

En parlant de champignon, le voici. Il s'agit peut être d'un polypore hérissé (Inonotus hispidus) dont la carpophore délavé par la pluie lui confère un aspect blanc.  Poussant sur le tronc tombé à terre d'un peuplier noir (Populus nigra), il est connu pour s'installer souvent sur les vieux fruitiers, en particulier les pommiers (Malus sp.). Quand il est encore frais, il présente un chapeau roux et brun velouté, presque poilu.

DSC06840

Sur le lac, plus de 500 foulques macroules (Fulica atra) se ressemblent en grand bancs. Nous sommes pliés de rire à les observer. Outre le vacarne, les osieaux se divisent en petits groupes tournants sur eux mêmes avant de se réunir, semblant au loin à des radeaux à la dérive. En période de reproduction il en est tout autre chose, les mâles devenant très territoriaux et ne laissant approcher que certaines femelles dans l'espoir de les courtiser.

DSC06849              DSC06857

Pafois confondue avec le poule d'eau (Gallinula chloropus), on la différencie par son bec blanc et la tâche de la même couleur qui orne son front, ainsi que sa grande dimension et ses pattes aux larges doigts gris. Omnivore, on l'observe souvent à se nourrir de végétaux  attrapés dans le fond vaseux. Elle peut également se nourrir des petits invertébrés qu'elle glane dans les algues ou sur les rives des plans d'eau calmes qu'elle aime investir.

DSC06893

Fendant le ciel, trois cigognes blanches (Ciconia ciconia) nous survolent. Elles viennent de la Dombe, où certaines d'entre-elles s'y sont établies pour l'année. Les prés semi-immergés, les marais, les champs retournés et les étangs aux berges en pente douce sont des lieux idéaux pour qu'elles puissent mener leurs chasses sans peine. Poissons, grenouilles, scarabées, mouches, petites rongeurs ... le choix est plus que large.

DSC06875              DSC06872

Le calme plat est troublé par l'agitation d'une famille de cygnes tuberculés (Cygnus olor). Les petits, encore incapables de voler, déploient leurs ailes et encouragés par leurs parents, les battent de toutes leurs force, les plumes blanches détonnant avec le duvet gris qui recouvre ces gros poussins devenus adolescents. Il leur faudra , pour les parent, attendre en tout et pour tout 4 à 5 mois pour voir les cygnons s'élever dans les airs.

DSC06906

Depuis le belvédère de l'étang des pêcheurs, deux géants nous attendent. À gauche, isolé et vêtu de cendre, le héron cendré (Ardea cinerea) qui semble jeune à la vue de son bec clair et des plumes plutôt claires de sa calotte.

DSC06924

En dessous, trois grandes aigrettes (Adrea alba) donnent le change. Si on connaît le gracile volatile avant tout par sa blancheur, on oublie trop souvent que la belle prend des teintes marquées à la période des amours. Les tibias rougissent et le beau bec jaune devient plus verdâtre voire gris. Cependant cela ne se retrouve que chez une seule sous-espèce, Adrea alba alba qui est la plus commune des quatre grandes aigrettes que l'on retrouve sur le globe. Bonne chasseuse, son régime alimentaire est plus varié et comporte aussi bien des petits poissons que des grenouilles, des reptiles, des larves ou des insectes massifs, celle-ci n'hésitant pas à chercher dans les champs inondés les campagnols poussés par les galeries immergées à remonter à la surface.

DSC06919              DSC06915

Pas moins de 13 tortues de Floride (Trachemys scripta elegans) barbottent dans les eaux claires de Miribel Jonage. Avec leurs tempes rouges, on ne peut les confondre avec aucune autre espèce indigène. Bien que très belles, ces américaines arrivées chez nous depuis une quarantaine d'années mettent à mal la faune en prenant le pas sur les tortues locales que ce soit pour les sites de pontes ou pour les ressources alimentaires.

DSC06931

Une grenouille du type verte (Pelophylax sp.) partage le même milieu. C'est l'un des rares amphibiens à passer la majeur partie de son temps dans les mares. À l'arrivée de l'hiver, elle s'enfouie dans la vase pour hiverner, ne respirant alors que par sa peau. Sa cousine canadienne la grenouille des bois (Lithobates sylvaticus) est encore plus incroyable, ayant la capacité de geler intégralement avant de revenir à la vie quand arrive le printemps.

DSC06927                DSC06948

Deux espèces de lézards se tirent la vedette. À gauche, le lézard de murailles (Podarcis muralis) qui sur un vieux mur réchauffe sa carcasse avant de partir à la chasse aux araignées et aux sauterelles. Non loin de là, dans un pique-nique abandonné sans aucune honte ce qui est hallucinant, un lézard vert à deux raies (Lacerta bilineata) fait festin d'une grappe de raisin bien qu'il aime tout autant croquer des insectes.

DSC06891

Défilé de gobes mouches noirs (Ficedula hypoleuca). C'est bien simple, ils sont de partout à en ce retour de migration. Passant par la France pour regagner ses appartements d'hiver en Afrique occidentale après avoir niché dans le Nord de l'Europe, parfois même en France bien que cela soit relativement rare. Sa reproduction est très rapide, la femelle couvant 13 à 15 jours et le couplant menant à terme la portée en 12 à 17 jours.

DSC06938              DSC06935

C'est dans une cavité (souvent de pic), que les oeufs bleus au nombre de 5 à 8 sont pondus. Fin juin voire début juillet, les nids sont désertés et les petits apprennent à faire leurs armes. C'est alors le moment de redescendre sous des latitudes plus clémentes. C'est ainsi qu'au début de l'automne les gobes mouches noirs abandonnent leurs belles couleurs pour adopter un plumage gris plus discret qui leur permet de passer inaperçu.

DSC06909

Le Silène (Brintesia circe) est un papillon brun de belle taille qui à la particularité de partager son nom à la fois avec des plantes herbacées de la famille des Caryophyllaceae, un singe indonésien au pelage noir (Macaca silenus) et un satyre, demi-dieu personnifiant l'Ivresse. Percepteur du dieu Dionysos, on le fait souvent naître des amours d'Hermés mais aussi de Pan et d'une nymphe, de Pan et de Gaïa ou de Gaïa et d'Ourannos.

DSC06932              DSC06941

Les oiseaux ont peut être déserté les nichoirs, mais les berges restent pleines de vie. Les castors d'Europe (Castor fiber) sont à l'oeuvre. Plutôt nocturnes, on peut parfois les observer en journée. Si l'été ils se nourrissent de jeunes pousses, ils se tournent assez volontiers le reste du temps vers les écorces, les jeunes branches et les feuillages qu'ils atteignent en faisant tomber à la force de leurs dans les troncs d'arbres au bois tendre.

DSC06921

Voilà un des grands mal aimés du moment, le grand cormoran (Phalacrocorax carbo). Accusé de voler le poisson des pêcheurs, ses populations sont tombées au plus bas. Protégé, il a pu remonter doucement la pente bien qu'aujourd'hui il fasse l'objet à nouveau de tirs important, bien que nombreuses études tendent à prouver que l'oiseau ne pêche pas les mêmes espèces que celles prisées par les pêcheurs de loisirs et les pêcheurs professionnels. Reste le problème des piscicultures, ou bien des moyens autres que le tir peuvent être mis en place. Sur la dizaines de cormorans en pêche observés ce jour là, tous se nourrissaient de poissons chat américain (Ameiurus melas), une espèce invasive qui diminue l'effectif des autres espèces de poissons. La solution au problème est là, sous nos yeux, et nous ne trouvons rien de mieux que de lui tirer dessus.

C'est sur ce constat triste mais aussi, l'observation plus joyeuse d'un bongios nain (Ixobrychus minutus) et d'une mouette pygmée (Hydrocoloeus minutus), deux espèces peu communes, que nous achevons notre ballade d'une journée. Marcher au rythme des oiseaux, dans des aires de nature calmes et encore ensauvagées est un bonheur, malgré les tirs rapprochés ça et là qui nous ont pas endroits fait prendre la fuite.

DSC06818              DSC06875

7 décembre 2019

3e édition du forum Mycélium : des champignons et de l'agriculture.

DSC06981

Troisième édition du forum Mycélium pour moi. Cette année, je suis là sur presque l'intégralité de l'évènement, un vrai bonheur. Nous avons eu des moments forts, une superbe équipe qui a fait une installation de fou et surtout, de très belles rencontre. Pour ma part je suis intervenue en conférence sur la thématique "Les étranges amours entre animaux et champignons'' pour évoquer le lien entre monde fongique et monde animal.

DSC06986

L'ami Joseph est là, avec ces magnifiques photos en macro qu'il aime partager sur les réseaux et qu'il a pour l'occasion édité en format papier. Pas besoin pour lui de longues

DSC06994     DSC07002

marches, il sait avec l'aide de ses chiens débusquer les merveilles de la nature qui sont là, à quelques pieds de nous le long des chemins. Recréant en intérieur avec brio des paysages forestiers et lilliputiens où évoluent lichens, insectes, fleurs et autres champignons, il fait découvrir à qui le veut son studio photo qui bien souvent, tient sur la même surface que celle d'une feuille A4. Traînant ses savates entre le Rhône et la Loire, il dresse fidèlement un portrait de la fonge et de la flore des forêts locales composées bien souvent de feuillus. Joseph n'est pas seul à exposer, on retrouve aussi Héléna avec ses ateliers mycorhizés et Gérald avec son incroyable collection de cristaux qu'il extrait lui même des entrailles du sol ardéchois, faisant apparaître des merveilles dans la mousse de l'exposition de champignons de 300 espèces.

DSC06993              DSC06997

Pour ma part, j'anime un petit atelier enfants. Mémory, jeux de société, manipulations d'objets sur le lien oiseaux-champignons, construction de cabanes et de vrais-faux nids en lichens, ballades dans le bout de campagne ... il y a de quoi faire sans compter les nombreux jeux créer par divers membres de notre association, le Mycorium Sauvage que vous pouvez retouver sur internet ICI  mais aussi sur les réseaux sociaux juste .

DSC07018

2 heures du matin, nous terminons la mise en place de l'exposition. Les amanites sont reines. Sous une amanite tue-mouche géante trônant dans le fond de la salle, vestige du char de cet été dédié aux champignons, une multitude d'Amanita ont fleurie dans un tapis de mousse. Vous vous doutez bien, Amanita muscaria est au coeur de mes compositions, celle-ci attirant par son incroyable chapeau rouge et blanc tous les regards.

DSC07026

Nous n'en avons pas encore trouvé beaucoup. Le cèpe de Bordeaux (Boletus edulis) déchaîne les passiosn et comme l'indique son autre nom de cèpe du Périgord, il est revendiqué comme emblématique de nombreux territoires, bien que ce soit dans le sud-ouets qu'il soit le plus commun.

DSC07053

Recherché, ce bolet fait parti du club très fermé des quatre cèpes qu'il compose avec le cèpe des pins (Boletus pinophilus), le cèpe bronzé (Boletus aereus) et le cèpe d'été (Boletus aestivalis). Comme en mathématique avec la fameuse maxime "tous les carrés sont des rectangles sont des rectangles mais tous les rectangles ne sont pas des carrés", tous les cèpes sont des bolets mais tous les bolets ne sont pas des cèpes. Pour revenir au cèpe de Bordeaux, on le reconnaît à son chapeau brun, parfois chamois, à son pied blanc faiblement veiné et par le parfum délicat de sa chair. Excellent comestible, on peut le cuisiner braisé, en carpaccio cru, à la crème, en ragoût, grillé ou en papillote dans un feu de bois.

DSC07056              DSC07058

On voilà deux que je découvre pour la première fois, et bien que leur nom vernaculaire soit le même, ils ne sont pas placés sur la même branche dans la classification phylogénétique. À gauche, un tricholome âpre (Tricholoma acerbum), champignon rare et très médiocre comestible en raison de son goût appartenant aux Tricholomataceae. À droite, le tricholome aggrégé (Lyophyllum decastes), un comestible de la famille des Lyophyllaceae.

DSC07017

La collybie visqueuse (Oudemansiella mucida) est magnifique. Blanche voire même translucide, elle semble constamment couverte de rosée. Elle apprécie les troncs de hêtres affaiblis ou morts sur lesquels elle se développe pendant l'été et l'automne. Piètre comestible, il vaut mieux la laisser dans la nature, son goût étant piètre tout comme son pied certes grêle mais coriace et sa chair à la consistance molle.

DSC07049              DSC07044

Pose dans le week-end. 37 milans royaux (Milvus milvus) nous survolent, un instant magique. Il y a fort à parier qu'ils partent tous dans la même direction, le Massif Central. Là bas, il n'est pas rare de voir un millier d'oiseaux réunis en un grand dortoir, une partie d'entre-eux utilisant le site pour se reposer avant de partir en Afrique, l'autre y séjournant tout l'hiver avant de repartir dans le nord quand le printemps arrive.

DSC07010

Les journées sont riches et bien occupées, les nuits aussi, et donc pas ou du moins, peu de reportage photo pour cette année. Cependant vous pouvez retrouver l'intégralité de l'événement en ligne sur le site et encore mieux, pour une adhésion à l'association du Mycorium Sauvage, vous pourrez bientôt retrouver les vidéos de l'édition 2018 et 2019 de tous les intervenants traitant des liens entre champignons, animaux, culture, agriculture etc.

DSC07023              DSC07005

30 novembre 2019

Sortie en montagne 29.

DSC06743

La Charteuse, le Charmant Som ... notre été aura été dédié à ce petit sommet. Cette fois-ci nous ne sommes pas seuls mais accompagnés d'un couple d'amis.

DSC06710     DSC06742

Ce sont amoureux de la nature et de la randonnée, d'ailleurs nous sommes bien loin d'avoir leur niveau. Objectif ? Toujours la grande faune et les rapaces mais cette fois-ci nous sommes plus attirés par les plantes de herbages et de montagne. Comestibles ou non, c'est le bon moment pour partir observer les espèces à la floraison tardive et que l'on prend trop peu souvent le temps de regarder.

DSC06687

Les mouflons méditerranéens (Ovis Orientalis) sont fidèles au poste. Trois femelles en contre-bas broutent tranquillement. À notre arrivée, elles prennent le temps d'évaluer la menace que nous sommes. Nous ne bougeons pas. Doucement, elles s'éloignent du sentier pour partir plus loin. D'ordinaire peu farouches, l'ouverture de la chasse rend nerveux ces animaux introduits localement pour répondre à la demande des A.C.C.A.

DSC06719              DSC06721

Cette fois-ci ce ne sont pas les fleurs jaunes de l'herbe à sous appelée vulnéraire des Chartreux (Hypericum nummularium) qui attire mon attention, mais les jeunes feuilles bien vertes et rondes qui lui ont valu son nom. Endémique des Alpes et des Pyrénées, elle est courante dans les lapiaz, formations rocheuses apparues suite à l'érosion de la pluie et formant des crevasses de pierre débouchant souvent dans des galeries souterraines.

DSC06703

Dans un tapis de myrtilles, un lactaire pousse. Pied orangé, haute altitude et conifères à proximité, on a vite fait de crier au lactaire délicieux. Pourtant il faut bien plus d'éléments pour permettre une bonne identification, car il n'y a pas moins de 6 espèces dans le secteur qui se confondent et qui ne peuvent être déterminées que par leur arbre hôte.

DSC06709

La présence de sapins blancs (Abies alba), d'un sol à tendance calcaire et la période de l'année, ainsi que les motifs sur le peid et le verdissement des chairs permettent de déterminer qu'il s'agit ici du lactaire couleur saumon (Lactarius salmonicolor), un piètre comestible à l'odeur et a ugoût de résineux et qui serait semble-t-il, indigeste chez de nombreuses personnes. Il m'arrive parfois de le consommer mais toujours grillé, souvent sous forme de chips. En prospection je trouve parfois son cousin le lactaire de l'épicéa (Lactarius deterrimus) ayant la même réputation.

DSC06707

En parlant des myrtilles (Vaccinium myrtillus), les voicis. D'ordinaire, c'est une espèce qui se développe sur des sols acides, ce qui explique leur faible nombre et l'état quelques peu défraîchit de certains plants. Connue dans les Ardennes, ou dans le Pilat, la récolte des myrtilles ne fait pas partie des traditions de Chartreuse même si on peut trouver de nombreuses préparations à base de ce petit fruit. La framboise y est bien plus commune.

DSC06723

Belel surprise, au pied d'un gros bloc de roche, une pleurote corne d'abondance (Pleurotus cornucopiae) . Comestible, c'est un champignon qui pousse souvent en groupe. 

DSC06722

Poussant sur le bois mort, que cela soit des branches, des troncs ou de souches, il peut devenir rapidement imposant avec un chapeau blanc crème pouvant atteindre comme ici 10 à 12 centimètres. Cependant les gros exemplaires sont souvent coriaces et leur chair est facilement colonisée par les vermisseaux. Il s'identifit aussi via son pied couvert d'un ensemble de réseau brun formé par les lamelles qui se prolongent sur le pied, par sa chair filandreuse à la saveur douce et à l'odeur de farine et à sa forme d'entonoire. Productif, il connaît une importante poussée au printemps puis à l'automne. On le trouve désormais dans le commerce, sa culture étant simple et peu onéreuse, de nombreux cultivars ayant été développés.

DSC06752              DSC06757

Arrivés au sommet, un petit groupe de chocards à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) nous rejoignent. Constatent l'absence de pique-nique dans nos sacs et le fait que nous ne comptions pas partager notre casse-dalle d'acension, ils nous abandonne au profit d'une pente herbeuse riche en insectes caprophages suite au passage d'un troupeau de chèvres et au nombreuses bouses des vaches d'alpages pâturant sur le secteur.

DSC06755

Emblème des montagnes, la carline acaule (Carlina acaulis). On ne serait la traiter de chardon, mais reste une proche cousine de ces derniers. Protégée en France, on continue dans certains patelins de l'utiliser pour décor les portes des maisons mais aussi, de consommer les boutons floraux comme on pourrait le faire avec de jeunes artichauts, ce qui ne va pas sans participer à la diminution voire disparition de l'espèce.

DSC06730              DSC06740

Il est temps de descendre dans la plaine, non sans jeter un dernier coup d'oeil au monastère de la Grande Chartreuse et sans avoir fait le plein de Serac à la fromagerie et avoir pris en coulis de framboise de quoi tenir tout l'hiver, n'ayant pas eu la chance de pouvoir partir faire nos récoltes estivales comme nous aimons tant le faire. La prochaine montée sera pour le printemps 2020, quand la chasse sera finie et le manteau neigeux parti.

DSC06698     DSC06694     DSC06697     DSC06699

23 novembre 2019

Expédition en Camargue.

DSC06295

Nous n'avons pu résister à passer de nouveaux quelques jours dans le sud. Le crochet par la réserve de Crau s'est mue en une longue visite des marais de Camargue. Mais avant cela, nous bifurquons en direction des falaises de Liou, non loin du Colorado Provençal avant de venir poser nos valises du côté de la citée phocéenne. Nous espérons voir alors les vols de guêpiers que nous avons pu croiser quelques semaines plutôt lors de notre escapade au mont Ventoux. Pour le coup, nous sommes chanceux et nous nous trouvons au sommet d'un rocher où pas moins d'une quarantaine de guêpiers d'Europe (Merops apiaster) aux couleurs chatoyantes nous survolent. Un moment magique passé à observer les oiseaux s'éloiogner dans le lointain. L'après-midi sera ponctué par ce type de rencontre, nous donnant un nouveau regard sur les terres agricoles éloignées du bord de mer et que nous boudions jusqu'alors lors de nos expéditions.

DSC06278

Sur une aire d'autoroute au niveau de Valence, nous sommes témoins d'un spectacle sublime. Deux circaètes Jean-Leblanc (Circætus gallicus) sont en pleine chasse à quelques dizaines de mètres de nous. Immense rapace d'1,80 mètre pour les plus grands, il se nourrie presque exclusivement de reptiles et en particulier de serpents.

DSC06301              DSC06327

De nombreux fruits se trouvent au pied de la falaise de Liou, ce qui fait le bonheur des passereaux. Les ronces (Rubus sp.) mais aussi les amélanchiers à feuilles ovales (Amelanchier ovalis) et les pommiers sauvages (Malus sylvestris) sont une grande source de nourriture pour ces derniers. Nous ne verrons pas le vautour percnoptère (Neophron percnopterus) tant espéré mais des dizaines de martinets à ventre blanc (Tachymarptis melba). Les faucons crécerelles (Falco tinnunculus) feront même une timide apparition.

DSC06293

Des éclairs bleus traversent le ciel. Il ne s'agit pas des guêpiers mais d'un oiseau que nous croisons pour la première fois, le rollier d'Europe (Coracias garrulus). Cet oiseau turquoise au vol léger est un insectivore qui s'attaque aux gros insectes. Migrateur, on le rencontre uniquement dans le sud de la France où pendant l'été, il éleve ses petits le plus souvent abrités dans une cavité de pic, toujours entre 5 et 10 mètres de haut.

DSC06309              DSC06317

Le promontoire rocheux regorge de papillons et en particulier de silènes (Brintesia crice), un lépidoptère reconnaissable à ses grandes ocelles noires et à ses ailes brunes. Sa chenille se nourrie essentiellement de poacées, anciennement appelées graminées. L'adulte se rencontre dans les milieux herbeux secs, de préférence dans la moitié sud du pays, parfois plus haut mais toujours éloigné des zones côtières.

DSC06403

Changement de décor, nous voilà désormais au jardin de Gaston, du côté de la Crau. Arboretum et jardin de ville, le lieu est aussi connu pour sa collection d'oiseaux où les espèces sauvages et d'ornement se croisent. Nous pensions naïvement faire fasse à des oiseaux indigènes mais les nombreuses bagues vertes aux pattes des animaux nous ont indiqué que nous étions dans l'erreur, nous créant ainsi quelques fausses joies. Au milieu de la grande étendue d'eau, un couple de poules d'eau (Gallinula chloropus) se relaie pour couver. Le nid fait de branches glanées ici et là accueille les cinq petites têtes rouges des poussins qui viennent tout juste de naître. Nidifuges, il ne leur faudra moins d'une heure pour se jeter à l'eau et suivre leurs parents, histoire d'attendre que tout le monde soit sortie de son oeuf, ait eu le temps de se sécher et de faire connaissance avec le reste de la famille. Ils seront autonomes dans 3 à 6 semaines.

DSC06359              DSC06360

Coup d'arrêt, un eider à duvet (Somateria mollissima) fait son apparition, un beau mâle en plumage post nuptial. Nous en avons les yeux brillants, nous qui depuis plusieurs jours suivons les observations de deux individus du côté de Nice depuis nos téléphones. Seulement voilà, celui-ci est bagué et en partie plumé pour ne pas quitter le plan d'eau. Il faudra donc encore attendre pour voir notre premier eider sauvage.

DSC06377

Sur la berge creusée par l'eau, une tortue de Floride (Trachemys scripta elegans) prend un bain de soleil avant de rejoindre ses congénères dans l'étang. On l'a nomme également tortue à tempes rouges en raison de ce signe distinctif qui permet de ne pas la confondre avec les autres trotues nord américaines car oui, la belle n'est pas originaire de nos latitudes ce qui cause bien du tord à notre faune autochtone.

DSC06363              DSC06374

Un fuligule morillon (Aythya fuligula) mâle barbotte tranquillement à proximité. Lui aussi porte à la patte une bague indiquant qu'il s'agit d'un animal de captivité. Nous avons l'habitude de croiser cet oiseau, mais plutôt en période hivernale où il se rassemble sur les étangs de Miribel et du parc de la Tête d'Or en petits groupes, souvent mêlé à d'autres canards. Chose surprenante, l'espèce peut être chassée dans certains territoires français mais est interdite à la vente. Il pourrait alors s'agir ici d'un hybride, qui n'est pas soumis à la même réglementation.

DSC06434

Changement de paysage, nous partons pour les portes de la Camargue, non sans avant tomber sur un site remarquable. En bord de nationale, enclavé entre des entrepôts industrielles, une vieille gare et la rivière, un champ. Les jeunes pousses de la culture sont immergées de moitié, piégeant les insectes non volant au sommet des feuilles. C'est l'occasion rêvée pour de nombreux oiseaux de venir se nourrir sans le moindre effort.

DSC06447              DSC06448

Ce sont là des centaines de volatiles qui ne sont perturbés dans leur recherche de nourriture que par le passage bref d'une buse variable (Buteo buteo). Des goélands (Larius sp.), des mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus), des choucas des tours (Coloeus monedula), des étourneaux sansonnet (Sturnus vulgaris) et quelques corneilles noires (Corvus corone) sont affairés à se remplir le ventre. Une telle diversité d'espèces et un si grand nombre d'animaux laisse penser sans grand doute que la nourriture est plus qu'abondante.

DSC06467

Nous voilà arrivés à la réserve naturelle nationale des Marais du Vigueirat, sur un coup de tête et après avoir croisé un panneau indiquant le site au détour d'une route de campagne. Sur place, on nous indique que la saison et l'heure ne sont pas les meilleurs pour croiser les oiseaux. En effet il fait chaud et la majeure partie des étangs est à sec. Qu'importe, nous sommes là pour découvrir le site.

DSC06470

Première belle surprise, les cistudes d'Europe (Emys orbicularis). Ces tortues d'eau douce, indigènes en France, sont rares et difficiles à observer d'ordinaire. C'est la troisième fois que nous la crooisons cet été mais jsuqu'alors nous n'avions jamais pu la voir de si près. Inféodées aux eaux boueuses, elle se nourrie principalement de petits animaux mais peut également se tourner vers les végétaux tendres et les charognes pour complémenter son alimentation. Pour distinguer les sexes des individus, rien de plus simple, là où les jeunes et les femelles ont les yeux jaunes, les mâles les ont rouges.

DSC06479

Depuis l'observatoire en restauration, nous admirons dans le loin une myriade d'oiseaux colorés et de grande taille sans pouvoir leur donnent de nom. Une troupe de hérons gardes-boeufs (Bubulcus ibis) vient suivre les chevaux camarguais qui entre dans notre champ de vision pour se nourrir des insectes que les pas des équidés font s'envoler dans l'air chaud et poussiéreux. C'est l'heure pour nous de rejoindre la visite guidée du marais.

DSC06505              DSC06511

Arrivés dans le coeur de réserve, nous faisons la découverte de dizaines d'espèces. L'endroit est fantastique et accessible seulement sur autorisation comme c'est le cas pour cette visite guidée. Au loin, les flamants roses se nourrissent en fouillant la vase (Phoenicopterus roseus). Le passage d'un circaète Jean Leblanc croisé plus tôt sur la Crau fait lever la plus part des oiseaux qui ne mettront que peu de temps à revenir se poser sur l'étang.

DSC06494

Dans le ciel, les cigognes blanches (Ciconia ciconia) font des passages remarqués et remarquables mais c'est leur cousine qui attire notre attention. Au loin, une cigogne noire (Ciconia nigra) s'élève dans les airs. Oiseau solitaire et rarissime, nous le voyons pour la première fois, autant dire que notre émotion est grande. Celle-ci est renforcé par l'observation d'une sarcelle marbrée (Marmaronetta angustirostris), petit canard présent uniquement en Espagne. C'est le premier signalement de l'espèce en France pour l'année en France, et nous sommes pas peu fiers de pouvoir ajouter cette observation à notre liste de nouvelles coches.

DSC06498

Prenons le temps de poser les yeux au sol. La satice commune (Limonium vulgare) forme de grands tapis roses. Appelée lavande de mer bien qu'elle n'en soit pas une, elle a pour particularité d'exuder le sel contenu dans le sol et l'eau où elle puise de quoi se nourrir. Ce sel se retrouve au revers des feuilles qui, comestibles permettent de confectionner de délicieuses salades sauvages.

DSC06495

Protégée par endroits, le pâturage, la cueillette et la bétonisation des côtes sont les trois principales menaces qui repose sur cette fleur. Aimant les pré-salés, l'irrigation et la désalinisation des sols pour créer de nouveaux espaces agricoles posent également problème dans le bon maintient de ses populations. On la trouve d'ailleurs sur une grande partie des côtes françaises mais aussi dans le bassin méditerranéen et même en Europe du Nord, jusqu'en Suède. Son nom scientifique est inspiré du grec "Leimon" qui désigne les prairies humides dans lesquelles bon nombre des espèces de satices se développent.

DSC06499

Autre espèce halophile (qui se développe dans des milieux riches en sel), la salicorne d'Europe (Salicornia europaea). Les jeunes pousses sont bien connues en cuisine. Elles peuvent être cuisinées à la vapeur, blanchies comme des épinards, comme des cornichons au vinaigre ou plus simplement sautées à la poêle. Le site dans lequel nous nous trouvons étant une réserve, il est bien sûr hors de question de les récolter.

DSC06503              DSC06524

Fouillant la vase, des mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus), des échasses blanches (Himantopus himantopus), des chevaliers cul-blanc (Tringa ochropus), des chevaliers gambettes (Tringa totanus), des chevaliers guignettes (Actitis hypoleucos) et des chevaliers sylvains (Tringa glareola), une bécasse des marais (Gallinago gallinago) et bien d'autres oiseaux se mêlent et se chamaillent joyeusement dans un grand brouhaha. Dans notre observatoire, nous ne bougeons pas, subjugués par le spectacle.

DSC06539

Changement d'étang. Nous sommes accueillis par un jeune crabier chevelu (Ardeola ralloides). Là aussi c'est la première fois que nous en observons un de si près. Face à nous, une île ou pas moins de 70 spatules blanches (Platalea leucorodia) prennent du repos. Elles sont entourées d'une colonie de grands cormorans (Phalacrocorax carbo) nichant là depuis 2-3 ans. Les ibis facinelles (Plegadis falcinellus) complètent le tableau. 

DSC06581              DSC06582

Arrêt à Marseille, devant un bon plat traditionnel. Voilà de quoi reprendre nos esprits. Nous avons vécu une journée très folle, et bien qu'il ne s'agisse que d'animaux et de plantes, le plaisir de faire de nouvelles découvertes, de voir pour la première fois des espèces aussi bien communes que rares et de prendre le temps d'observer la nature nous met toujours autant en joie. Il nous reste encore temps à découvrir ! 

DSC06592

Pour finir le séjour, petit saut par les Calanques, avec une superbe vue sur la baie des singes. Sur la roche, pousse la criste marine (Crithmum maritimum).  Comestible, elle possède elle aussi un goût proche de l'anis et légèrement salé. Cependant on prendra bien garde à respecter les règles de récolte, l'espèce étant protégée par endroit et/ou soumise à la réglementation pour ce qui est de sa cueillette.

DSC06591

Poussant en buissons haut de 20 à 50 centimètres, sa floraison n'attire pas l'oeil au premier abord, ses fleurs vertes se confondant avec ses feuilles charnues. Résistant aux embruns salés, elle ne connaît que peu de concurrence sur les affleurements rocheux et les falaises où elle se développe, du fait qu'elle figure parmi les rares plantes à supporter les assauts des vagues. Cela lui a valu le surnom de perce-pierre, même si par endroit elle est connue comme fenouil de mer en raison de sa saveur.

DSC06597

Toujours pour rester dans les comestibles, voici le diplotaxis à feuilles étroites (Diplotaxis tenuifolia) reconnaissable à ses feuilles découpées et à sa floraison jaune. On la nome également roquette sauvage ou roquette jaune, elle n'est pas du meêm genre que la roquette (Eruca sativa) mais appartiennent à la même famille, celle des brassicacées au même titre que les choux, la moutarde, les radis, les giroflées ou encore le colza.

DSC06608              DSC06594

Nous regardons les voiliers se laisser porter par le vent et les bateaux de traversée partir pour la Corse. C'est le moment de prendre le large mais cette fois-ci dans le sens inverse, en direction de la vallée du Rhône, des gris vignobles et de l'herbe jaunie qui parsème les coteaux. L'automne se fait sentir avec une pointe d'été dans les températures. La migration bien avancée ne serait nous faire oublier que c'est le moment de rejoindre notre logis.

DSC06297     DSC06416     DSC06458     DSC06624

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 > >>