mardi 1 août 2017

Sortie en forêt 73.

DSC08838Petite virée ce week-end entre forêt et campagne. D'ailleurs à l'occasion d'une sortie à la tombée du jour, nous avons croisé ce beau bateau, une rencontre annonciatrice du prochain article. En attendant nous allons parler ici de champignons, de cavernes cachées au cœur des bois, de montagnes et de récoltes de plantes pour la prochaine médiévale où vous pourrez me découvrir avec mon tout nouveau personnage de prêtresse celte errante. Un vaste programme en somme.

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 Il fait chaud mais cela n'arrête pas le machaon qui est aussi appelé grand porte queue (Papilio machaon).

Pour orner ma ceinture de cuire je me suis confectionnée des tresses de reine des prés pour parler des remèdes d'autrefois et de la théorie des signatures, des bouquets de frondes de fougère aigle pour expliquer comment on espérait au Moyen Âge attirer la pluie et chasser les serpents, des guirlandes de polypores du pin pour raconter l'histoire des champignons dans les cultures et religions pré-chrétiennes et, des couronnes d'origan sauvage pour parler de goût et de cuisine. En une après-midi me voilà parée pour l'aventure.

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DSC09039Enfin, les premières girolles sont là, cela nous en fait un tout petit panier mais c'est suffisant pour se faire plaisir et surtout, pour prendre plaisir à en trouver. Il semblerait que pour cette première récolte de l'année nous ayons ramassé des girolles ferrugineuses (Cantharellus ferruginascens).

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Nous les avons trouvés dans un biotope qu'elles affectionnent, une forêt mixte composée de sapins pectinés (Abies alba), de houx (Ilex aquifolium) et d'hêtres (Fagus sylvatica). Bien que les pluies leurs soient nécessaire pour fructifier, elles n'aiment pas trop avoir les pieds dans l'eau. Selon les département on peut la récolter de mai à novembre.

D'autres espèces ont fait leur apparition dans le sous-bois également. Hormis la multitude de russules, on peut citer trois champingons particulièrement abondants et que vous pouvez retrouver ci-dessous en photo : l'amanite rougissante (Amanita rubescens) appekée aussi golmotte, la vachote (Lactarius volemus) à la drôle d'odeur de crustacé et le lactaire poivré (Lactarius piperatus) dont un petit bout de lamelle a la capacité de vous brûler la langue pendant plusieurs minutes avec son goût poivré. Bref, ce n'est pas la grande abondance.

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Cette virée est un bon entraînement pour remettre les bases à jour en douceur. Depuis un an je suis oullinoise d'adoption et je n'ai que peux le temps pour aller sur le terrain. Espérons qu'en août, il sera possible d'explorer la mycofaune du Pilat et de son massif pour se remettre tous ces noms, parfois en peu compliqués, en tête.

DSC08910Cette sortie mycologique n'était qu'une mise en bouche. Nous voilà donc partis pour faire ce que nous appelons la balade de Miribelle les Échelles. J'ai déjà pu à cette occasion rédiger deux billets sur ce sujet, bien qu'un peu anciens et désuets à mon goût. La nouveauté cette fois-ci est que nous avons suivit pour la première une partie du chemin balisé qui nous est inconnue et ce que l'on peut en dire, c'est que nous n'avons pas été déçus.

DSC08879Le trou du Loup

Drôle de nom pour cette caverne dans la quelle on peut s'engouffrer sur 20 mètres. Nous avons trouvé l'endroit superbe et nous avons pris plaisir à tremper les pieds  dans les cuves calcaires formées par l'eau, les orteils en vadrouille au milieu des larves de salamandre et sous la surveillance des libellules et des fougères scolopendres.

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 Pour ne pas se perdre dans la forêt, un ensemble de panneaux indicateurs a été installé. Il permet de donner la direction mais aussi le numéro et le nom des monuments.

Il n'est pas courant de tomber sur une telle cavité. Celle-ci doit abriter de nombreuses espèces d'insectes mais aussi de chauves-souris, plus particulièrement dans les failles et plis de la falaise qui forme les parois extérieures.

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Ce type de milieu est très intéressant car les animaux et les plantes trouvent ici des conditions qui ne sont pas présentes dans la forêt. Humidité constante, fraîcheur, anfractuosités calcaires et eau disponible toute l'année font un refuge parfait pour de nombreuses espèces que ça soit de manière temporaire ou à l'année.

DSC08926Les cuvettes et les gorges calcaires sont souvent le lieu où l'on trouve le reste d'animaux. Cela est dû à leur accès difficile aux charognards et au fait que le cour d'eau est entravé par des branchages et des rochers qui retiennent les éléments qu'il transporte. Cela explique pourquoi nous avons pu tomber sur cette jeune grive musicienne (Turdus philomelos). Les grives ne sont pas simples à différencier les unes des autres, en Isère on en rencontre 4 espèces distinctes : la grive musicienne, la grive draine, la grive mauvis et la grive litorne. Elles sont très appréciées des chasseurs et des oiseaux de proies, bien que leur cabris fasse qu'elles ne sont prédatées que par de grands rapaces.

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 Les chats ne sont pas en reste et bien qu'ici il soit question de notre gros chat de salon, certains de ses congénères sont redoutables. Les chats seraient ainsi une menace importante pour la faune et entraîneraient la disparition de certaines espèces en France, au même titre de ce qui se passe actuellement en Australie. Autant participer à l'étude Chat & Bodiversité pour savoir de quoi il en retourne.

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Il y a un charme particulier qui se dégage de la forêt du Trou au Loup. Un quelque chose de mystique qui nous replongent dans les guerres de religions qui ont animé la région, dans la vie des forteresses de l'ancien royaume qui depuis sont détruites et dont les reliques émergent ici et là dans le village. Un arbre noirci par la foudre, un chemin bordé d'immenses fougères aigles, un ruisseau au fond plat comme un chaudron de diable, des chutes d'eau ... il y a de quoi ici donner naissance à de nombreuses légendes, toujours avec une touche d'ésotérisme.

DSC08856Je ne parlerai que très brièvement du reste du parcours, je me suis déjà penchée sur la question dans d'autres articles du blog. Si vous souhaitez les découvrir, je vous invite à cliquer ICI et à parcourir cette catégorie. Néanmoins je m'empêcher de parler de la Madone du château, érigée au sommet de la chapelle où se trouvait autrefois le château des Corbeaux. Il aura fallu un attelage de pas moins de 20 boeufs pour l'ammener jusqu'ici.

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 Depuis la butte cadastrale on peut admirer les sommets de la Chartreuse ou exercer le naturalisme.

DSC08832Retour au jardin familial, toujours en Isère. Il est le terrain idéal pour les grandes réunions de famille et les barbecues. Pour le coup nous avons pu passer une journée très animée et nous initier au tir à l'arc mais aussi au moulki, à la pétanque et bien-sûr, à la sieste. Voilà de quoi ne pas chaumer pendant cet été très animé. J'en profite pour vous dire que le mois d'aout s'annonce chargé et j'aurai bientôt quelques belles nouvelles à vous annoncer. En attendant je souhaite vous remercier pour la direction que prend le blog. Pas moins de 50 000 visiteurs sont venus sur celui-ci pour le seul mois de juillet, c'est de la folie. C'est à la fois très indimidant et motivant. Je ne regrette pas pour le coup le changement de format où je peux m'exprimer dans une forme plus proche de celle de l'article de revue et qui est bien plus libre. Au plaisir de vous lire dans les commentaires et qui sait, de vous rencontrer dans les manifestations médiévales de Rhône-Alpes. Pour le prochain article, je vous dévoilerai les Calanques depuis la mer.

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dimanche 2 juillet 2017

Sortie en forêt 72.

 

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Sortie boisée avec quelques amis de la formation sous l'égide et l'invitation de Bastien dans la forêt de Chassagny. Le temps est beau et la fraîcheur des arbres et de la rivière "Le Mornantet" est la bienvenue pour nous accompagner dans notre périple.Une fois de plus nous n'avons pas été déçus en rencontrant de nombreuses espèces remarquables dans cette formation de frênes, d'aulnes et de chênes propices 

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aux oiseaux et aux sangliers. Les formations rocheuses et calcaires du bord d'eau sont idéales pour les lézards verts et des murailles que nous avons pu rencontrer pendant qu'ils se prélassaient au soleil. Parmi les fleurs, on peut citer l'euphorbe des bois (Euphorbia amygdaloides) aux fleurs vertes et la petite pervenche pourpre (Vinca minor atropurpurea), une jolie plante échappée des jardins et qui se plaît sous un couvert de noisetiers (Corylus avellana).

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Le Mornantet est un des influents principaux de la Garon, rivière qui se jette dans le Rhône. Il prend sa source à Chaussan. On y rencontre des truites farios présents dans le cour d'eau suite à des déversements de poissons adultes qui sont pratiqués régulièrement. Ils s'agît de souches d'élevages et non sauvages.

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Tapis de stellaires holostées (Stellaria holostea).

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Exemple de la petite faune qu'il est possible d'observer en zone ouverte: la musaraigne (Sorex sp.) qui ici a été prédatée et le lézard des murailles (Podarcis muralis) qui semble apprécier les abords ensoleillés de la rivière.

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Une jeune buse variable (Buteo buteo) s'est posée à quelques mètres de nous. Il semblerait qu'il s'agisse d'un juvénile encore mal à l'aise dans son vol, voire d'un individu peut être blessé. Nous avons pu la suivre à travers une portion de la forêt sans apercevoir cependant de marque significative d'un handicap, hormis dans ses arrêts fréquents sur la cime des arbres.

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Parmi les invertébrés on peut citer les mouches scorpions (Mecoptera sp.) et la boarmie des lichens (Geometridae Ennominae) à l'état de chenille. Ce papillon sous sa forme de larve est fascinant de par son aspect. On pourrait croire faire face à un véritable lichen. Nous avons aussi pu voir qu'un prédateur était passé par là en faisant une razzia dans une couvée de merle noir (Turdus merula).

DSC05973Le sceau de Salomon odorant (Polygonatum odoratum) est une plante qui se reconnaît à ses fleurs en clochettes blanches bordées de vert, à son court pédoncule, à son délicieux parfum et à sa longue tige. Bien que ressemblant au muguet, il n'en est pas un mais appartient à la même famille, celle des Liliacées.

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Ce sceau de Salomon poussait au borde de la rivière.
Cela correspond à ses exigences : un sol humide et frais,
de préférence ombragée et riche en matières organiques.
Attention à sa baie et à la plante, les deux sont toxiques.

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lundi 26 juin 2017

Sortie en campagne 8

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Visite des marais de Montagny qui sont une ENS, c'est à dire un "Espace Naturel Sensible" qui a vocation à protéger les espèces et les pratiques locales tout en proposant un espace de sensibilisation au public. Les ENS font appel à la médiation entre les différents usagers de la nature. Pendant cette matinée de promenade nous avons pu voir des animaux et des plantes à fleurs remarquables que je m'empresse de partager avec vous.

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L'orchis bouffon (Anacamptis morio) est une orchidée sauvage terrestre que l'on trouve dans les prairies ensoleillés. Elle fait l'objet de protection dans la région Nord-Pas-de-Calais. Sa floraison s'étale de mars à mai selon les altitudes et le substrat du sol sur le quel elle pousse.

 

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Aperçu d'un orchis bouffon atteint
d'albinisme, c'est à dire blanc car
ne produisant pas de pigments.


Hélas, lors de notre visite de l'ENS, le champ qui était couvert d'orchis bouffon a été fauché. Il en reste cependant un bon nombre sur les parcelles alentours. C'est un exemple criant de l'importance de la concertation qui doit être menée entre les différents acteurs d'un territoire pour sauvegarder les espèces à forte valeur.

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On ne trouve pas que des orchidées dans l'ENS de Montagny. De nombreuses espèces animales ont élu domicile dans ces marais qui présentent un faciès particulier où se croisent le haut et le bas marais, des landes humides, des prairies de fauches, des mares mais aussi des haies et des pâtures à bovins.

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Le lièvre commun (Lepus europaeus) est une espèce présente dans de très nombreux pays et continents mais sa population est en fort déclin depuis 30 ans sans que les causes soient clairement identifiées ce qui est préoccupant pour son devenir et qui pourrait conduire à une nouvelle réglementation de chasse.

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L'œdicnème criard (Burhinus oedicnemus) est un oiseau qui n'est pas facile à observer. Sa population sur le déclin a poussé l'UICN à lui attribuer le statut LC = quasi menacée. Bien que dans une zone humide, nous avons pu observer un couple de cette sur une bute à la végétation sèche et claire semé. Ce limicole (petit échassier) se distingue par son grand oeil doré et son bec court.

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L'orchis à fleurs lâches (Anacamptis laxiflora) est une espèce protégée dans de très nombreuses régions dont Rhône Alpes et cela depuis 1990. Dans d'autres elle a complètement disparu comme c'est le cas en Île de France. Elle peut se confondre avec l'orchis mâle (Orchis mascula) mais s'en différencie par un labelle dépourvu de tâches. C'est dans les prairies humide qu'elle est la plus commune.

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Le flambé (Iphiclides podalirius) est un papillon de très grande envergure dont les chenilles apprécient les feuilles des arbres fruitiers. Il couvre l'Eurasie et est présent presque partout en France. Considère comme quasi menacé, il n'est pour le moment protégé qu'en Île de France. Il butine une sauge des prés (Salvia pratensis).

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jeudi 22 juin 2017

Sortie en forêt 71

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Changement de style pour le blog. Sa forme ne me convenait plus et me contenait dans un format m'empêchant de m'exprimer à ma guise. Du coup on reprend les bases pour un nouveau visuel qui permet plus de lisibilité et surtout, de simplicité. Début mai nous sommes retournés en Isère pour passer quelques jours au calme et faire descendre la pression des cours qui se sont terminés depuis.

C'est l'occasion de visiter une gorge calcaire qui aboutie sur une cascade magique nommée la Cascade aux fées. C'est dans ce type de milieu que l'on peut trouver des morilles mais aussi des orchidées appréciant les sols frais et calcaires comme l'orchis mâle (Orchis mascula) qui s'accompagne de la grande listère (Neottia ovata) et parfois en lisière de l'orchis pourpre (Orchis purpurea).

 

Retour en image sur cette sortie bien sympathique.

L'objectif est de montrer quelques unes des espèces typique de ce milieu que l'on définit comme une ripisylve, c'est à dire une formation végétale qui se trouve sur les abords d'un cour d'eau et qui sert de refuge à de nombreuses espèces. En règle général, une ripisylve est un milieu très riche ne biodiversité.

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L'héllébore fétide (Helleborus foetidus) fait partie des renoncules. C'est une espèce très précoces qui fleurit pendant l'hiver et qui se reconnaît à la marge rouge des ses pétales verts. Je l'apprécie tout particulièrement. On la nomme parfois rose de serpent, pattes de lion ou de griffon. Cela fait écho à sa toxicité et à son usage passé dans les traditions populaires.

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Cardamine à cinq folioles (Cardamine heptaphylla).

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Pause syndicale au bords de l'eau. C'est le moment de poser les fesses sur la mousse et les pieds dans l'eau, au risque de déranger quelques larves de salamandres tachetées (Salamandra salamandra) et de libellules de la famille des anisoptères en pleine chasse dans le fond des cuvettes calcaires.

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Exemple d'une larve de libellule que l'on peut trouver
dissimulée dans les débris de la rivière.

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Des champignons pour répondre à ma passion. Malheureusement cette année nous n'avons pas été très chanceux. Tampis, l'an prochain nous retendrons notre chance. Parmi les espèces observées on peut citer les pézizes veinées (Disciotis venosa), quelques coprins et un polypore marginé (Fomitopsis pinicola) qui pour certains, serait un champignon médicinal.

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Le printemps est aussi la période où els oiseaux chantent tous d'une seule voix (ou presque).

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Buse variable (Buteo butoe).

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Le sceau de Salomon odorant (Polygonatum odoratum) partage avec les autres sceaux de Salomon la particularité d'avoir sur son tubercule une forme proche du symbole du Roi Salomon. Cela est dû au fait que chaque année, la plante perd sa tige. Celle-ci repousse l'année suivante un peu plus loin sur le même rhizome laissant une marque. 

 

Sceau de Salomon. Source : Wikipéda.

 

Distinction entre la ficaire ( Ficaria verna) et l'anémone fausse renoncule ( Anemone ranunculoides).

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dimanche 7 mai 2017

Sortie en forêt 70.

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 Nous voila de retour à l'Île de la Table Ronde, cette fois pour notre loisir personnel. Un mois s'est écoulé entre cette visite et notre chantier sur la petite pairie de l'île et on peut dire que depuis, elle a bien verdie. les oiseaux y sont plus actifs que jamais sans parler de la flore et plus particulièrement des orchidées précoces.

 

L'ail des ours (Allium ursinum).

Amateurs de plantes sauvages à vos paniers ... ou pas. L'ail des ours de l'Île de la Table Ronde fait parti des habitats précieux qui composent ce milieu. Bien que délicieux, il se trouve aussi dans une zone péri-urbaine ce qui implique la présence de pollutions multiples, en particulier le long des chemins et dans les zones reculées. Pour les plus courageux, il faut aussi se méfier des tiques et autres parasites qui sont nombreux.

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 Le milan noir (Milvus migrans).

Bien que le ciel soit gris les milans noirs sont nombreux. À la moindre percée du soleil on peut les voir tourner au dessus des prairies ou se percher sur les branches des arbres. Ce sont des rapaces qui se nourrissent d'animaux morts et de charognes, ce qui explique pourquoi on les voit souvent suivre les engins agricoles.

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Le grand cormoran (Phalacrocorax carbo).

Pour s'alléger et avoir une meilleure pénétration dans l'eau, son plumage n'est pas imperméable, ce qui l'oblige à passer une partie de son temps à sécher ses ailes en les tenant grandes ouvertes. Amateur de poisson et concurent des pêcheurs, des individus vont être tirés cette année bien que les populations sont encore fragiles.

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Au bout du chemin.

L'île est longue, très longue et bien mal nous en a prit de penser que nous pouvions en 1 heure en traverser la moitié. Celle-ci s'étend sur 11 km de long et sur 2 km de large. Autant vous dire que nous avons marché un moment avant de nous poser afin de pique-niquer à la pointe de celle-ci, là où les deux Rhône se réunissent. 

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Retour sur le chantier.

Retour sur la petite prairie où les actions de chantier, visant à mettre en place une gestion différenciée dans le but favoriser les populations d'azuré du serpolet (Phengaris arion) et les populations d'orchidées, ont été menées. Vous pouvez d'ailleurs retrouver les trois épisodes précédents ICI. Depuis notre intervention, la pluie a rendu le site vert et les rejets de saules coupés ont donné quelques feuilles, signe qu'ils sont prêts à être plantés.

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Le vieux Rhône et ses crues.

Le vieux Rhône est le lit historique du fleuve Rhône qui a été canalisé par l'Homme. Il est souvent suivit en parallèle par le canal du Rhône qui a été creusé pour permettre le passage des péniches de fret. Son débit est très bas mais connaît parfois des hausses spectaculaires, en particulier quand les barrages en amont font de gros lâchés d'eau, en particulier si les précipitations sont trop importantes et menacent les hydroliques.

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L'aurore (Anthocharis cardamines).

 Les mâles de cette espèce se reconnaissent au premier coup d'oeil : ils ont l'extrémité de leurs ailes oranges. On en dénombre pas moins de douze sous-espèces dont certaines sont propres à l'Angleterre et l'Irlande. La chenille se développe sur les cardamines mais aussi d'autres brassicacées comme l'allaire officinal (Alliaria petiolata).

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Les méloés (Meleo sp.).

Ce sont de gros coléoptères dont on voit souvent les femelles au printemps présenter un abdomen gonflé. Les larves, chez la plus part des espèces de cet ordre, parasitent les ruches et se nourrissent du couvain. On l'appel parfois l'enfle-boeuf en raison du fait que les animaux de ferme le broute parfois par erreur et peuvent s'intoxiquer, la faute à la cantharidine, molécule utilisée par certains insectes pour éloigner les prédateurs de leurs oeufs.

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L'Ophrys de Mars (Ophrys exaltata subsp. marzuola).

Cette espèce dans le monde de l'orchidophlie (l'étude des orchidées) fait débat. Sous-espèce pour certains, espèce à part entière pour d'autres ou même erreur de classification pour les derniers, cet ophrys ne laisse pas indiffèrent. Il est souvent associé à une forme précoce d'ophrys araignée (Ophrys arachnitiformis) ou d'ophrys occidental (Ophrys occidentalis). Il est surtout présent dans le sud du pays, jusqu'au département du Rhône.

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Le castor européen (Castor fiber).

Il est revenu depuis quelques temps sur le Rhône et laisse de nombreuses traces visibles de lui. Cependant il n'est pas simple de l'observer. C'est un animal discret qui n'aime pas être dérangé et qui se croise plutôt le soir et tôt le matin comme de nombreux animaux. Il est friand de branches et d'écorces de bois tendre.

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Le mot de la fin.

Voilà une sortie fort sympathique. C'est un vrai plaisir de voir l'évolution du chantier et de faire découvrir le site à mon bien aimé, et puis quel plaisir de voir des orchidées de sorties, ça commençait vraiment à me manquer. Bref, c'est un joli petit coin de nature à 10-15 minutes de Lyon qui est même accessible en train. À tester.
Cet article est dédié à Michel, grand amoureux de nature, blagueur et bon vivant, il manquera à bien des gens.

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mardi 18 avril 2017

Sortie en forêt 69.

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Peut être connaissez-vous l'ENS de Montagny ? J'ai eu la chance de le visiter il y a quelques semaines avec trois camarades de classe. Un ENS est espace naturel sensible dédié à la protection d'un milieu mais aussi à la sensibilisation et à la pédagogie. Sa visite s'est accompagnée de celle de la forêt de Chassagny qui ne manque pas d'interêt écologique et qui abrite des espèces remarquables dont des rapaces nocturnes et des amphibiens.

 

Le bois de Montagny.

 Il se compose de milieux humides et secs qui forment une grande mosaïque d'habitats, propice à diverses espèces rares comme l'oedicnème criard (Burhinus oedicnemus) et le cuivré des marais (Lycaena dispar) mais aussi pouvant acceuillir une flore remarquable comme l'orchis à fleurs lâches (Anacamptis laxiflora).

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Le hérisson d'Europe (Erinaceus europaeus).

Ce petit mammifère insectivore se rencontre dans les bois, les jardins et à proximité des haies ou comme ici, dans les prairies humides. Il peut dépasser les 2 kg et est couvert de pas moins de 6000 piquants qui assurent sa protection. Malheureusement celui-ci n'a pas su faire face aux prédateurs et il ne reste pas grand chose de lui.

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Les pelotes de réjections.

Contrairement à ce que l'on peut penser, les chouettes et les hiboux ne sont pas les seuls oiseaux à produire des pelotes de rejection. Ici il s'agît de pelotes de hiboux moyen-duc (Asio otus). Attention, manipuler ses pelotes nécessite d'avoir des gants et un masque. De plus, l'étude des pelotes de rejections est actuellement proscrite dans certains départements pour cause sanitaire en raison de la présence de la grippe aviaire.

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La souille à sangliers.

 Une souille est un point d'eau boueux où les sangliers viennent prendre leur bain pour se débarrasser des parasites et pour protéger leur peau. Ce sont des zones favorables pour faire de l'affût mais aussi pour relever les indices de présence comme les poils, les traces ou encore, les arbres contre les quels ils se sont frottés. 

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La végétation de sous-bois.

 Voici deux espèces emblématiques des floraisons de fin d'hiver. À gauche la belle hellébore fétide (Helleborus foetidus), qui se reconnaît à ses fleurs vertes bordées d'un liseré rouge. À droite une des trois corydales (Corydalis sp.) que l'on peut trouver dans le secteur : la corydale intermédiaire, la creuse et la solide.

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Le crapaud commun (Bufo bufo).

Ce crapaud a été victime du pied peu leste d'un cheval. C'est une espèce principalement forestière mais qui se rencontre aussi dans les plaines humides. Contrairement à la grenouille verte (Pelophylax sp.), il rejoint l'eau, comme la majorité des amphibiens, uniquement à la période de reproduction pour s'accoupler et pondre.

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Le nombril de Vénus (Umbilicus rupestris).

 Cette petite plante grasse aux feuilles épaisses peut être consommée, plus particulièrement avant floraison. Cependant en raison de son lieu de vie, les lieux humides et les vieux murs, il faut être prudent dans la consommation de ses feuilles pour limiter les risques de parasitisme, en particulier d'échinococcose et de douve.

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Le pic vert (Picus viridis).

Nous sommes tombés sur une plumée d'un pic vert qui a pu être prédaté par un oiseau de proie ou un renard. On le reconnaît à son plumage vert, à la tâche rouge qui orne son crâne et à son cri ressemblant à un rire moqueur. On le trouve plus particulièrement dans les forêts jeunes ou présentant des clairières et des lisières peu denses.

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La salamandre tachetée (Salamandra salamandra).

Nous avons enfreint la loi pour déterminer cette larve de salamandre et entrer les données de faune-rhône. En effet, il est interdit de saisir les amphibiens sans autorisation. Si vous êtes amenés à le faire, il faut les manipuler le moins longtemps possible et avec les mains bien humides. Ici nous avons pu déterminer qu'il s'agissait d'une salamandre tachetée en raison des taches jaunes présentes à la base des pattes et les tâches de la peau.

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Le mot de la fin. 

 Les publications sont restreintes en ce moment sur le blog et pour cause. Les examens se sont succédé (et plutôt bien passés). Dans un même temps le blog est entrain de connaître une véritable refonte avec la correction des 660 articles, que se soit la véracité des informations ou l'orthographe et il y a vraiment de quoi faire. Ajoutons à cela mon nouveau passe temps très chronophage, le montage vidéo et le temps consacré aux sorties.

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mardi 21 février 2017

Sortie en forêt 68.

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Fin décembre, déjà. Nous voilà engagé dans la forêt du Col de Mille Martyrs, dans le parc naturel régional de la Chartreuse. Une épaisse brume remplace la neige qui, depuis plusieurs années maintenant, ne tombe que rarement pour Noël et s'invite plus volontier en janvier et en février. C'est l'occasion de s'exercer à la détermination des arbres à travers leurs parties végétatives et en particulier leurs bourgeons.

 

Le bouleau verruqueux (Betula pendula).

C'est un arbre qui peut atteindre de belles dimensions, pas moins d e 25 mètres ! C'est une espèce pionnière qui a besoin de soleil et qui ne craint pas les sols alcalins. On lui prête divers surnom comme celui de boulard. Il est recherché au printemps pour sa sève qui aurait des vertus régénératrices et purgatoires.

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Derniers champignons de la saison.

Surprise, au détour d'un chemin de terre creusé par les engins forêtiers, nous tombons sur une poignées de pieds de moutons (Hydnum repandum) de nature plutôt grêles. Cela sera bien suffisant pour agrémenter la poêlée de la soirée. Dans la forêt, nous avons pu également observer quelques tramètes et polypores.  

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Chez les pics (Picus sp.).

 Dans cette forêt de Chartreuse on rencontre 3 grands pics : le pic vert (Picus veridis), le pic noir (Dryocopus martius) et le pic épeiche (Dendrocopos major). Leurs gîtes reconnaissables entre tous permet d'attester de leur présence. Ici, une chandelle de sapin (tronc mort dressé droit) semble avoir abrité une couvée.

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Le peuplement forestier.

Le peuplement forestier est un terme qui désigne les espèces d'arbres qui composent une forêt. Il est utilisé en agrosylvestrerie pour déterminer la valeur économique d'un boisement. Il est aussi déterminé en génie écologique pour connaître la valeur environnementale d'un espace boisé et sa capacité d'acceuil d'espèces animales et végétales rares, menacées ou présentant un grand intérêt. Ici il s'agît d'une hêtraie-sapinière.

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Le mot de la fin.

 Il est déjà l'heure de rentrer, le bout de nos doigts sont rougis par le froids et comme on dit par chez nous, la goutte nous pend au nez. Je suis un peu déçue de ne pas avoir vu la neige au col, néanmoins j'ai pu le découvrir dans son manteau de brouillard, chose à la quelle je n'avais pas assisté depuis très longtemps.

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mercredi 8 février 2017

Sortie en forêt 67.

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Depuis le début des cours il me reste que peu de temps pour parcourir les forêts de Chartreuse.  Nous voilà donc pour un week-end dans les bois du col des Mille Martyrs parmi les hêtres et les sapins, à la recherche des dernières girolles de l'année. Il fait chaud pour la saison et l'été semble s'éterniser. Néanmoins les feuilles jaunissantes sont là pour nous rappeler que nous sommes bien en octobre et que le gel sera bientôt là.

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Dans les bois, les amanites tue-mouches (Amanita muscaria) sont à la fête. Quelques cèpes et pieds de moutons pointent ici et là le bout de leur nez mais la saison des champignons est sur la fin et déjà certaines cimes de la Chartreuse sont blanches. Ce n'est pas grave, nous profitons avec plaisirs de couleurs de l'automne.

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mardi 19 juillet 2016

Sortie en forêt 66.

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Enfin un nouvel article ! Avec le déménagement il y a fort à faire et ma confection internet ne me permet plus de publier et de me connecter comme je l'aimerai. Rajoutons à ça la sortie du soleil et la montée des températures qui me font déserter le salon et on se trouve avec un blog un peu à l'abandon mais c'est décidé, me voilà de nouveau d'attaque. Pour la peine petit retour en arrière fin mai lors d'un rallye pédestre en forêt plein de charme.

 

Le radis ravenelle (Raphanus raphanistrum).

Ce radis sauvage se rencontre souvent sur les bords ou même dans les champs ce qui cause des soucis aux cultures et lui vaut son statut de plante adventice. On le rencontre de mai à juillet sur la plupart des continents, à savoir une partie de l'Asie et de l'Amérique, l'Europe et l'Afrique. Parfois les fleurs sont blanches ou violines.

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La mélitte à feuilles de mélisse (Melittis melissophyllum).

C'est une des stars sur les forums et groupes d'identification végétale. Ses grandes fleurs (4,5 cm) et son port hérrigé peuvent parfois la faire passer pour une plante ornementale échappée mais il n'en est rien. C'est une fleur de lisière et de sous-bois indicatrice des zones plutôts basiques, c'est à dire au pH plutôt élevé. 

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Le sainfoin cultivé (Onobrychis viciifolia).

Il était anciennement très cultivé, en particulier en montagne, pour nourrir les bêtes qu'il engraissait vite. Il était aussi très employé pour aider les animaux et les femmes à allaiter. C'est dans les sols calcaires qu'il se plaît le plus et peu amendés, en effet il supporte mal le travail de la terre. C'est pour cela qu'on lui préfère la luzerne.

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Le lentin coquillage (Lentinus conchatus).

C'est un champignon peu commun à la chair coriace mais pour la plupart des auteurs, comestible à piètre comestible. Il possède une jolie couleur rosée qui tire parfois sur le crème. On le trouve d'ordinaire du début de l'été à la fin de l'automne. C'est sur les vieilles souches de feuillus qu'on a le plus de chance de le croiser.

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Le muguet de mai (Convallaria majalis).

De nombreuses plantes portent le nom de muguet mais seule celle-ci peut revendiquer ce titre. Très populaire, par tradition on dit qu'il porte chance. Son parfum est recherché en parfumerie et dans les produits cosmétiques. Dans l'antiquité il était rattaché à de nombreuses divinités comme celle des fleurs ou les nymphes.

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Les orchidées de nos contrées.

On trouve bien plus d'orchidées sauvages en France métropolitaine qu'on peut l'imagine soit environ 150 espèces dont  60 à 70 en Chartreuse. En voici cinq présentées de gauche à droite et de haut en bas : l'orchis de l'homme pendu (Orchis anthropophora), l'orchis bouc (Himantoglossum hircinum) encore en rosette, la céphalanthère à feuillesétroutes (Cephalanthera longifolia), l'orchis mâle (Orchis mascula) et l'orchis bouffon (Anacamptis morio).

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Le pois élevé (Pisum sativum subsp. biflorum).

Ce pois est parfois semé et cultivé avec les blés et les orges pour l'azote qu'il leur apporte aux plantations mais aussi comme plante fourragère. On ne le trouve pas d'ordinaire en Isère, du moins pas de manière spontanée. Plutôt robuste il peut monter jusqu'à un mètre de haut. Les jeunes pousses et les fleurs peuvent se manger.

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La consoude officinale (Symphytum officinale).

Cette plante est connue pour ses nombreux usages et vertus. C'est un excellent purin végétal mais aussi une plante médicinale dont le baume de la racine permettait aux anciens de se remettre plus vite des fractures d'où son nom de consoude (qu'on/qui soude). Ses feuilles sont parfois consommées mais sont mutagènes et représentent un risque pour la santé humaine et animale malgré leur goût plutôt agréable de sole pannée.

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Le genêt à balai (Cytisus scoparius).

Très commun par chez moi, il est originaire du nord-ouest de l'Europe. On l'utilise encore parfois pour faire des balais grossiers pour nettoyer les sols en terre battue des vieilles grange comme il l'était d'usage dans les chaumes d'autrefois. Associé à la magie noire, on pensait que les sorcières chevauchaient de tels balais.
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Le milieu.

Nous avons la chance de nous trouver dans une région riche : le sol est composé de grès, d'aglomérats de molasse et de sable de calcaire. On rencontre beaucoup de cours d'eau et de cascades aux eaux vives et calcaires qui forment sur les berges du tuffe, une pierre que l'on retrouve dans les mûrs des édifices religieux.

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Quelques compagnons en chemin. 

Je ne résiste pas à l'envie de vous partager deux des rencontrs que nouas avons pu faire en route. Je dois avouer que l'on est bien loin du temps où les agneaux courraient dans l'herbe verte du printemps et où les hannetons pointaient le bout de leur nez en quête d'un ou d'une partenaire pour s'adonner aux jeux de l'amour.

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Le bleu dans la nature.

La couelur bleue dans la nature n'est pas aussi commune qu'on le pense bien qu'on la croise sans mal. Elle attire les polinisateurs comme ce machaon (Papilio machaon) attiré par une bugle. Parmi les fleurs bleues on peut compter sur les polygales (Polygala), les globulaires (Globularia) ou les ancolies (Aquilegia).

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Le mot de la fin.

Il s'est fait désirer cet article, mais enfin tout va revenir doucement à la normal même si cela va encore prendre un peu de temps. J'ai hâte de vous faire découvrir notre nouvelle région, notre chez nous qui petit à petit prend forme (j'espère pouvoir bientôt vous présenter mes trésors) et bien sûr, nos dernières aventures à travers les montagnes mais aussi la mer et les forêts qui sont depuis le début d'année plus nombreuses que jamais.

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dimanche 5 juin 2016

Sortie en forêt 65.

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Un peu de soleil ça fait du bien, enfin ... entre la sortie et cet article nous avons eu de beaux épisodes de pluie, quelques grosses gelées, de la grêle et par endroit, un peu de neige. C'est l'occasion de nommer sur l'ordinateur les petits fleurs rencontrées au mois de mai. Sur cette photo vous pouvez voir la Grande Sûre encore parée de son manteau blanc. Si tout va bien, nous explorerons son sommet, ses forêts et ses alpages au courant de l'été.

 

L'hellébore fétide (Helleborus foetidus).

C'est une plante que j'affectionne. Elle figure parmi celles qui fleurissent tôt dans l'année, quand le printemps n'est pas encore annoncé. Ici les hellébores présentent des ovaires gonflés de graines qui ont subis une invasion de pucerons. Ne craignant pas la toxicité des pieds attaqués, ils ont causés quelques dégâts sur leur passage.

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La buse variable (Buteo buteo).

C'est un rapace très commun que l'on voit souvent monter dans le ciel grâce aux courants d'air chauds au dessus des champs. Cette buse n'est que peu craintive et on peut l'observer sur les piquets des champs guettant ses proies qui sont le plus souvent de petits rongeurs mais aussi des serpents et des petits oiseaux.

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La fin des morilles.

C'est la fin de la saison pour nous, mais dans les hauts alpages des Alpes on en trouve encore, parfois couvertes par la neige. En général se sont des morilles noires (Morchella elata), réputées pour être les meilleures de toutes les morilles mais aussi les plus dures à trouver. C'est amusant de voir que celle-ci a prit place entre les feuilles d'un orchis mâle (Orchis mascula), dont vous trouverez quelques photos plus bas dans l'article.

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La verpe conique (Verpa conica).

Celle-là est un peu trop vieille pour être observée. Les verpes coniques sont des champignons frêles de la famille des morilles. Elles peuvent être consommées mais n'ont pas un goût fameux et dans bien des endroits sont en régression si ce n'est en disparition. Mieux vaut alors les laisser dans la nature et juste les photographier.

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Le genêt à balais (Cytisus scoparius).

Il tient son nom du fait qu'on l'utilisait autrefois pour confectionner des balais dont on se servait pour nettoyer les sols de terre battue des maisons de campagne. C'était aussi une plante associée à la magie noire par les anciens et dont pensait que les sorcières se servait pour voler dans les airs et se rendre joyeusement au Sabbat.

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L'amour ets dans le prés.

Se promener en lisière de champs peut entraîner quelques rencontres sympathiques. Néanmoins il faut toujours se méfier quand on doit traverser un champs à vaches. Chaque année des promeneurs sont accidentés voire tuer par excès de confiance avec ces animaux qui peuvent comme chez la charolaise dépasser une tonne.

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L'euphorbe petit-cyprès (Euphorbia cyparissias).

Cette petite euphorbe ressemble un peu à un jeune cyprès quand elle ne porte pas ses fleurs vertes. Comma toutes les euphorbes, elle produit un latex toxique qu'il ne faut pas manipuler avec les mains ou mettre en contact avec la peau. Présente sur tout le territoire, elle aime les sols calcaires incultes et les bords de champs. 

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La raiponce de l'Ouest (Phyteuma spicatum ssp. occidentale).

J'adore cette plante dont on peut corquer les épis floraux pas encore ouverts, comme ici, en salade ou cuits à la vapeur. Les feuilles et les racines sont également comestibles. Je ne sais que depuis peu que c'est une sous espèce de la raiponce en épis (Phyteuma spicatum) et non l'espèce type elle-même qui est plutôt blanche.

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L'orchis mâle (Orchis mascula).

Cette plante ne porte pas son nom par hasard elle non plus. Ses tubercules comme chez la plus part des orchis ressemblent à une paire de testicules. C'est une orchidée qui couvre une grande aire, on la trouve ainsi en Europe, en Asie et en Afrique du Nord. Dans le nord de la France cet orchis est moins abondant et protégé.

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La famille des renoncules (Ranunculaceae).

Elle comporte plus de 1500 espèces. Parmi celle-ci on compte toute une cohorte de plantes que l'on nomme en langage commun "boutons d'or"; ce sont les Ranunculus. La plupart sont jaunes et très semblables au point qu'il est difficile souvent de les différencier. Le véritable bouton d'or porte le nom de Ranunculus arvensis.

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Le chevreuil d'Europe (Capreolus capreolus).

J'adore me promener dans ce coin, à chaque fois je suis presque sûre d'y rencontrer des chevreuils. J'ai pu observer et filmer pendant plus d'une minute cette femelle de nature plutôt curieuse. Elle m'a gratifiée de quelques beaux bonds avant de s'enfuire dans les taillis. C'est en mai et en juin que les femelles mettent bas. 

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Le sanicle d'Europe (Sanicula europaea).

C'est une très jolie plante aux feuilles découpées qui apprécie les sous-bois frais, calcaires et légèrement humides. Les fleurs de cette apiacée sont réunnis en de nombreux pompons blancs ou rosés. Il couvre une grande aire lui aussi, il se rencontre en Europe, en Asie jusqu'en Inde et aussi dans le nord de l'Afrique.

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L'orchis bouffon (Anacamptis morio).

Cet orchis se reconnaît à ses marbrures vertes qui permettent de l'identifier au premier coup d'oeil. Ses fleurs sont colorées et forment une inflorescence fournie et robuste. C'est une orchidée qui apprécie les zones de pleine lumière qui se rencontre dans une grande variété de milieu comme les prairies, les sous-bois et les prairies.

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Le bal des papillons.

Avec les fleurs qui sortent dans tous les sens, les papillons sont à la fête, c'est le moment de les observer effectuer leur danse nuptiale ou chercher un partenaire. Ici on peut voir 2 espèces. Sur les deux premières photos, il s'agît d'un couple d'Aurores (Anthocharis cardamines). Le mâle possède des tâches oranges et la femelle est blanche et noire. Sur la photo du bas, il s'agit d'un tircis (Parage aegeria) sur une cardamine des prés.

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La vie d'une flaque.

Après de grosses pluies, il arrive parfois que des mares et des flaques se forment et perdurent quelques semaines. C'est un endroit parfait pour certains batraciens qui y pondent sans à avoir à s'éloigner trop loin de leur territoire. Peu à peu des algues et des plantes viennent s'y installer formant ainsi un véritable écosystème. À l'arrivée des beaux jours et de l'été, la flaque disparaîtra mais les petites grenouilles seront déjà parties.

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Le mot de la fin.

C'est le moment de se promener dans les prés, les fleurs sont hautes et les foins n'ont pas encore été fait, c'est parfait pour aller observer la flore des pelouses sèches et calcaire d'Isère mais aussi, d'arpenter les Calanques marseillaises à la recherche des timides tarentes et de visiter les alpages parfois encore enneigés. 

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