La Renarde des Alpes

jeudi 26 mai 2016

Sortie en forêt 64.

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 Pour cette sortie dans les bois nous sommes partis à la recherche des dernières morilles de l'année, sans grand succès. Cela ne nous a cependant pas empêché de faire comme toujours quelques belles découvertes. Nous avons même eu le plaisir de croiser quelques espèces qui n'ont jamais été identifier dans le secteur.

 

Le cerfeuil des bois (Anthriscus sylvestris).

On l'appel à tort ciguë blanche. Ses feuilles étaient utilisées pour faire fuir les moustiques grâce à leur odeur très particulière et leur richesse en particules odorantes. Il peut atteindre de grandes dimensions. Il peut se relever dangereux. En effet il est photosensibilisant et peut être confondu avec des espèces mortelles.

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L'orchis mâle (Orchis masculata).

C'est orchis tient son nom du fait que, comme chez de nombreuses orchidées terrestres, ses deux tubercules ressemblent à une paire de testicules (la poésie des anciens me fascinera toujours). Autrefois en Europe et encore aujourd'hui en Orient et au Maghreb on fabrique une boisson énergisante à base de bulbes d'orchidées réduis en poudre et mélangés à de l'eau : le salep. On lui attribue des vertus aphrodisiaques très surfaites.

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Elle est assez commune en France hormis dans les zones méditerranéennes. Sa jolie floraison se prolonge d'avril à juillet mais les fleurs dégagent une désagréable odeur associée pour certains à de l'urine animale. Bien que souvent abondante dans les sous-bois claires et les prairies ombragées, elle fait l'objet de protection dans certains départements mais aussi au niveau européen en raison de sa fragilité et de la disparition de son milieu.

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Nos cascades iséroises.

Qu'elles sont belles nos cascades iséroises. L'eau et les sources calcaires contribuent à la pousse de nos morilles bien aimées mais aussi à la formation de cavernes. Sous cette cascade nommée la cascade aux fées on trouvait autrefois une petite grotte où les habitants venaient marquer leur nom sur la paroi.

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La cardamine digitée (Cardamine pentaphyllos).

 C'ette une cardamine nommée parfois dentaire palmée aime les bois de montagne et plus particulièrement dans les hêtraies. On la trouve principalement dans les régions montagneuses et riches en collines, en particulier dans le Centre, le Sud-Ouest et l'Est de l'Est de la France jusqu'à 2200 voire 2300 mètres d'altitude.  

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L'arum maculé (Arum maculatum).

Il porte une multitude de noms à travers toute la France : gouet, pied-de-veau, vachotte, pilette etc. On pensait autrefois que c'est dans sa drôle de fleur que naissaient les vipères. C'est une plante toxique qui donne des fruits orangés à la fin de l'été. Il se distingue de l'arum d'Italie (Arum italicum) par l'absence de vénures blanches, la présence parfois de tâches noires, par un spadice violine et non jaune et par un spathe grand et très fin. 

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L'anémone fausse renoncule (Anemone ranunculoide).

On l'appel aussi anémone Sylvie jaune ce qui peut entraîner des confusions avec sa cousine l'anémone Sylvie (Anemone nemerosa) qui est blanche. Elle est assez rare en France mais ne fait pas l'objet dans notre région ni dans notre département de protection malheureusement. Sa floraison a lieu entre mars et juin.

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Les arbres des forêts mixtes.

 Ici on rencontre de nombreuses essences d'arbres dans nos forêts, cela va du sapin pectiné (Abies alba) au châtaignier (Castanea) mais le plus populaire de tous reste le hêtre commun (Fagus sylvatica). C'est un arbre bio-indicateur de zones humides, fraîches et au climat tempéré montagnard. Il est utilisé dans diverses industries, en particulier dans celles du bois de chauffe, dans la papeterie, dans la myciculture et dans l'ammeublement. 

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Le hanneton commun (Melolontha melolontha).

Sa population est en régression car l'agriculture intensive lui est néfaste, en particulier le labour. Il peut passer plusieurs années dans le sol à l'état d'une grosse larve blanche qui se nourrie des racines des végétaux. Les adultes ne vivent que peu de temps, juste de quoi se reproduire. Ils se nourrissent des feuilles des arbres. Pour distinguer les deux sexes il faut compter les lamelles des antennes : 6 pour la femelle, 7 pour le mâle.

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Le grand chélidoine (Chelidonium majus).

On le nomme parfois lait de sorcière. Sa sève toxique a la capacité d'éliminer certaines verrues virales. On pensait autrefois à tord qu'il pouvait soigner les problèmes du foie en raison de sa ressemblance avec la bille. En plus de son goût infecte, l'ingestion de la plante peut provoquer de graves problèmes de santé.

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La tramète bossue (Trametes gibbosa).

C'est un champignon ayant un gros chapeau pouvant atteindre plus de 20 centimètres. Cette tramète n'est pas comestible car sa chaire est très coriace. Jeune elle dégage une très bonne odeur de champignon. D'origine blanc, les vieux exemplaires peuvent paraître verts car peu à peu une algue verte s'y installe et les colore.

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L'hellébore fétide (Helléborus foetidus).

Cette plante de la famille des renoncules est très toxique, cependant cela n'a pas empêché les hommes de l'utiliser en médecine populaire pour soigner la folie, en particulier chez les grecs. Malheureusement le remède s'avérait toujours plus mauvais que le mal et la plante n'apportait aucune amélioration aux malades.

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L'orchis de Provence (Orhcis provencialis).

Elle n'est pas commune voire rare en Isère. En trouver plusieurs pieds dans le bois juste en dessous de la maison familiale a été une véritable surprise, d'autant plus qu'elle aime les sols pauvres en calcaire ce qui n'est pas le cas ici. La présence proche d'orchis mâles (Orchis mascula)  laisse présage la présence d'hybrides.

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Les frondes des fougères.

Les frondes sont les jeunes pousses de fougères enroulées sur elles mêmes. Les frondes de certaines espèces se consomment après avoir été cuites dans plusieurs eaux ou comme au Japon, après avoir été cuites puis braisées avec du charbon mais leur forte teneur en arsenic implique d'e nfaire une très faible consommation.

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Le héron cendré (Ardea cinerea).

Décidément il ne nous quitte plus. Ces oiseaux ont pour habitude de nicher à plusieurs couples dans le même arbre, ici un grand aulne qui surplombe les marais avec de grands prés souvent inondés où ils peuvent trouver leur nourriture : grenouilles, petits poissons et lézards en tout genre. Les femelles pondent 3 à 5 oeufs.

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La valériane officinale (Valeriana officinalis).

Elle n'a pas encore fleurit mais ses boutons sont déjà bien formés. C'est une herbe à chats, ces derniers sont excités par les molécules odorantes qui se dégagent de la plante, en particulier au niveau de la racine et des fleurs qui sentent l'urine. Elle a été très utilisée au court de l'histoire par les hommes pour ses diverses vertus.

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La sanicle d'Europe (Sanicula europaea).

J'adore cette plante discrète qui possède une très belle floraison. On la rencontre dans les forêts d'Europe, surtout dans les zones plus ou moins montagneuses ou semi-montagneuses. Elle est riches ne principes actifs et en tire ses propriétés médicinales, elle serait même une bonne cicatrisante sur les brûlures.

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Les myosotis (Myosotis).

L'identification des myosotis n'est pas toujours un exercice simple. Il en existe une grande variété dont de nombreuses espèces sont très proches. Plusieurs papillons dont l'écaille rouge (Callimorpha dominula) l'ont pour hôte (chenilles). Dans les champs et jardins il se ressème facilement et fleurit au printemps jusqu'en été.

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Le peuple de l'herbe.

Pour passer d'un bois à un autre il faut faire comme les chevreuils : passer par les champs. Il faut prendre garde aux vaches, elles sont souvent plus curieuses que méchantes mais chaque années on compte quelques accidents graves. Les génisses sont les plus curieuses et se laissent parfois caresser sans mal.

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Les euphrobes (Euphorbias).

Pour cette famille aussi il existe beaucoup d'espèces qui parfois sont très proches. Heureusement celles-ci sont faciles à identifier. À gauche il s'agît de l'euphorbe épurge (Euphorbia lathyris) originaire du pourtour méditerranéen. À droite il s'agit de l'euphorbe des bois (Euphorbia amygdaloides) qui est sur le fin de floraison.

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Le sceau de Salomon multiflore (Polygonatum multiflorum).

Pour reconnaître cette plante de sa cousine le sceau de Salomon odorant (Polygonatum odoratum), il faut regarder si la tige est ronde, si les fleurs ont leur pédoncule qui se rejoignent sur le 1 er tiers et si les fleurs sont étroites en leur milieu. D'ordinaire les fleurs sont groupées par 2, 3 ... ou même  6 mais parfois sont seules.

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Les véroniques (Veronica).

Là encore il y a un grand nombres de véroniques. À gauche il s'agit de la véronique petit-chêne (Veronica chamaedrys) qui pousse dans une grande variété de milieux. À droite la très connue véronique de Perse (Veronica persica). Originaire d'Asie, elle a suivit les migrations humaines pour finir par se naturaliser en Europe.

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La saxifrage granulée (Saxifraga granulata).

Bien qu'il n'en soit pas un, nous l'appelons lys des champs dans notre famille. On en croise dans tous les talus de bords de route et les champs qui n'ont pas encore été fauchés. Elle est commune dans toute la France et fait l'objet de protection dans certains départements. Elle fait l'objet d'un suivit dans la région chambérienne.

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Le pic épeiche (Dendrocopos major).

C'est un pic très commun qui vit dans les zones boisées, les parc,s les vergers et les jardins. Avec son bec puissant et pointu il forme des trous dans le bois mort ou vieillissant. Puis avec sa longue langue gluante et piquetées, il attrape les insectes dont il se nourrit. Le mâle se reconnaît à la grosse tâche rouge de sa nuque.

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Champignons tueurs.

J'avais pu en parler brièvement ICI, mais jamais le photographier. En France il existe des champignons qui s'emparent des insectes vivants et qui finissent par les dévorer. J'ai pu le voir dans une caverne il y a 9-10 ans puis lors de cette sortie sur ces mouches figées par dizaines sur un "buisson" de bourses à pasteur.

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Le colchique d'automne (Colchicum autumnale).

À l'automne les fleurs de colchiques sortent un peu partout dans les sous-bois et les champs, mais il faut attendre le printemps pour voir les feuilles et les fruits de cette plante sortir. C'est une des plantes européennes les plus toxiques qui parfois se retrouve mêlé au foin du bétail ce qui provoque quelques accidents.

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Le mot de la fin.

Très belle sortie avec quelques découvertes qui nous ont ravies. Les orchidées sont encore bien là même si désormais on trouve d'autres espèces dans les champs et les sous-bois. Il continu a geler et haut loin on voit la neige sur la cimes de nos montagnes adorées. C'est le bon moment pour retourner à la mer.

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dimanche 22 mai 2016

Sortie dans les marais 8.

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Découverte des marais de Pressin. Ils ne sont pas bien grands mais ont l'avantage d'être sillonnés par des chemins de terres et des petites routes campagnardes qui permettent d'observer aisément la faune et la flore. Pour cette sortie nous avons été accompagnés de la pluie ce qui a permit d'approcher les oiseaux de près.

 

La vie et l'écosystème du marais.

 Un marais est une zone humide où on trouve ça et là des poches d'eau stagnantes. Il s'agit souvent d'une plaine inondée composée d'un réseau d'étangs et de mares aux berges boueuses et qui sont reliés par des canaux. La richesse du sol et de la flore attire de nombreux animaux, en particulier les oiseaux et le petit gibier.

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Le geai des chênes (Garrulus glandarius).

 Le geai des chênes est un oiseau bruyant qui s'identifie facilement au régime de ses ailes composé de plumes bleues azures et noires. Il est capable de produire une multitude de sons et de cris d'alertes, il peut même imiter le chant de la buse variable (Buteo buteo). On le trouve dans les forêt de feuillus et mixtes où il peut trouver facilement des fruits et des baies sauvages. Il s'aventure aussi dans les vergers et les jardins des particuliers.

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Les papillons du marais.

Avec l'apparition des beaux jours les fleurs sont de sortie. C'est le bon moment pour observer les papillons. Celui vêtu de blanc est la piéride du navet (Pieris napi). Il ne cause pas de dégâts aux cultures contrairement à son cousin le piéride du chou (Pieris brassicae). Le second est une femelle aurore (Anthocharis cardamines).

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Le rouge gorge familier (Erithacus rubecula).

C'est l'un des oiseaux les moins farouches de nos jardins. Très territorial, il n'hésite pas à chasser les autres passereaux de son domaine. Quand un combat s'engage entre deux rivales (surtout les mâles), les oiseaux se délogent de leur repère puis se plaquent au sol en se donnant des coups de pattes et des coups d'ailes.

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Les pulmonaires (Pulmonaria).

 En France les pulmonaires sont plutôt nombreuses. Il y en aurait pas moins d'une vingtaine. Leur identification n'est pas aisée et il faut souvent attendre l'été et la sortie du deuxième jeu de feuilles pour savoir à quelle espèce on a à faire. De plus, toutes n'ont pas des tâches blanches sur leur feuilles comme on peut le penser.

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Le pic épeiche (Dendrocopos major).

C'est un pic très commun qui vit dans les zones boisées, les parc,s les vergers et les jardins. Avec son bec puissant et pointu il forme des trous dans le bois mort ou vieillissant. Puis avec sa longue langue gluante et piquetées, il attrape les insectes dont il se nourrit. Le mâle se reconnaît à la grosse tâche rouge de sa nuque.

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Le grand corbeau (Corvus corax).

Il est l'un des plus grands et plus lourds des passereaux. Très intelligent, il s'adapte à différents environnements et peut vivre 15 à 40 ans. On le croise le plus souvent par paire, il s'agit le plus souvent de couples s'étend formés pour la vie et qui défendent jalousement leur territoire des autres corvidés rodant dans les parages.

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L'équipement.

Qui dit sortie dit équipement. Je ne manquerai pas un de ces quatre de vous montrer le matériel qui ne me quitte jamais. En attendant, pour les promenades où le soleil se fait rare, c'est veste aviateur obligatoire et comme toujours, sac à dos, jean, chaussures de randonnées, appareil photo et sac de récolte, on ne sait jamais.

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La grande prêle (Equisetum telmateia).

Chez cette prêle on rencontre deux types de tiges : les tiges fertiles qui apparaissent les premières et qui assurent la reproduction de la plantes par les spores puis les tiges stériles, qui apparaissent par la suite. On la rencontre dans les talus humides et proches des bois. Sa consommation peut entraîner des problèmes de santé.

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Le milan noir (Milvus migrans).

Il n'est noir qu'en contre jour. D'ordinaire il est brun, parfois roux et souvent avec une tête striée de blanc. Il vit un peu partout en France mais a toute fois une petite préférence pour les zones de moyenne montagne et les terrains plats et dégagés. C'est un migrateur qui reste juste le temps de la reproduction en France.

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La cardamine des prés (Cardamine pratensis).

 C'est une plante des prairies humides qui détonne en cette période par sa taille (30 à 40 centimètres). C'est une salade sauvage aux feuilles ayant un goût piquant proche de celui du cresson. Ses fleurs peuvent être mixées avec du jus de citron pour donner un pesto rose et plutôt pimenté. Elle attire de nombreux papillons.

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Le coprin noir d'encre (Coprinopsis atramentaria).

C'est un champignon commun dans les champs et en particulier dans les prés à vaches. Comme tout coprin il par en déliquescence rapidement en donnant une sorte d'encre noire. Il est comestible jeune mais ne doit pas être consommé si on a bu ou on doit boire de l'alcool avant, pendant et après le repas. En cas contraire il peut se rélever dangereux et provoquer des malaises, des maux d'estomacs, des vomissements et des hallucinations.

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La rieuse (Rana ridibunda).

C'est une grosse grenouille qui aime faire la loi sur son territoire. Elle possède de longues pattes qui lui permettent de faire de bonds vertigineux. Consommée pour ses cuisses, on ne connaît plus très bien sa répartition sur l'enssemble de pays. C'est dans les plaines et les montagnes qu'elle se plaît le plus.

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La populage des marais (Caltha palustris).

C'est une belle plante aux fleurs jaunes qui forme des touffes massives et dont les pieds baignent dans l'eau. C'est le plus souvent dans les marais qu'on la rencontre. Il n'existe qu'une autre espèce de populage connue (en Iran), elle a été rangée au rang de sous-espèce. Elle est toxique comme la plupart des renoncules.

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L'anémone Sylvie (Anemone nemorosa).

C'est une plante qui aime les sous-bois humides, en particulier dans les forêts de feuillus mais aussi dans les prairies. La floraison prend fin en avril mais se prolonge parfois en mai si les feuilles des arbres sont encore peu formées. Les fleurs blanches suivent la course du soleil. On peut parfois voir à proximité des sclérotinies tubéreuses (Dumontinia tuberosa), un champignon non-comestible qui vit en symbiose avec cette petite fleur.

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L'ail des ours (Allium ursum).

C'est une plante prisée au printemps. Abondante, elle peut être préparée de diverses manières. Elle tient son nom des ours qui, a la sortie de leur hibernation, se purgent avec cet ail. C'est une plante mellifère qui est essentielle à de nombreux pollinisateurs des bois. C'est aussi une plante médicinale bien connue des peuples anciens qui était employée pour différents maux. Elle serait amaigrissante et drainante mais cela reste encore à prouver.

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Du miel et des abeilles.

Les abeilles sont sorties depuis plusieurs semaines et on comblées leur faim. Elles commencent désormais à faire des réserves sous forme de miel. Il faudra encore attendre un peu avant de faire la première récolte de miel des marais, d'autant plus que certaines fleurs palustres de printemps peuvent lui donner mauvais goût.

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Le héron cendré (Ardea cinerea).

En voici quatre pour le prix d'un ce qui n'est pas courant. Cette belle brochette de hérons cendrés se trouve à proximité de son milieu de prédilection. Une prairie humide riche en grenouilles et en petites animaux. Ces oiseaux ont pour habitude de nicher à plusieurs couples dans le même arbre. Les femelles pondent 3 à 5 oeufs.

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Le mot de la fin.

Il faudra attendre juin pour espèrer retourner au marais sous le soleil car d'ici là, ça me semble bien compromis. Il faudra aussi attendre un peu pour voir des fleurs colorées sortir. Néanmoins la plupart des oisillons ont pris leur envol et il n'y est pas rare d'y croiser un lièvre ou un couple de perdrix. C'est le moment de se mettre à l'affût.

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mercredi 18 mai 2016

Journée des plantes au Fort Saint Jean.

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Il y a quelques semaines, nous avons pu participer à la fête des plantes de Marseille au Fort Saint Jean. La journée du samedi a été ensoleillée et un peu venteuse, elle a été parfaite pour que mon bien-aimé puisse animer le stand de son école et j'ai pu l'y rejoindre avec plaisir. En prime, il a eu sa bouille dans le journal.

 

La fête des plantes.

Au mois d'arvil on trouve un peu partout en France à des fêtes dédiées aux plantes des jardins ou à celles peu communes. L'an dernier nous étions allés à celle de Réaumont en Isère (ICI) mais cette année nous avons décidé de partir pour Marseille à la découverte des plantes des potagers et des bords de mer. Organisée au Fort Saint Jean, elle a l'avantage d'avoir lieu dans un jardin ethnobotanique tout à fait appropiré pour l'événement.

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Quelques aromatiques du jardin des migrations.

Cette journée fût l'occasion de découvrir quelques plantes aromatiques communes en Méditerranée. La germandrée des chats (Teucrium marum) porte bien son nom. C'est un arbrisseau à la floraison violine qui produit un terpène, c'est à dire un ensemble de molècules odorantes qui ont la particularité de protéger la plantes des insectes mais aussi de provoquer chez les chats des comportements sexuels comme les chaleurs.

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La santoline petit cyprès (Santolina chamaecyparissus subsp. magonica ou plus simplement Santolina chamaecyparissus), est une petite plante à fleurs qui fleurit de juin à août en plein soleil. Très aromatique, elle est employée parfois dans la cuisine mais le plus souvent comme insecticide et dans les produits d'entretien.

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La sauge (Salvia interrupta) est une plante qui a accompagnée les hommes dans leurs migrations à travers le bassin méditerranéen. Elle était utilisée par les premiers peuples comme condiment et médicament. Elle serait originaire du Maghreb est plus particulièrement de l'Atlas. C'est également une plante mellifère. 

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Enfin, la lavande papillon (Lavandula stoechas) se fait remarquer par son parfum. Elle était utilisée et l'est encore pour parfumer le linge et pour soigner les petits maux du quotidien. Depuis quelques années on la trouve aussi dans la cuisine des grands chefs en particulier dans les crèmes brûlées et les grillades de poissons.

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Le jardin des migrations.

Il a été réalisé pour mettre en lumière l'architecture du Fort Saint Jean et pour relier celui-ci au Mucem et à son exposition permanente. Il est composé d'une multitude de tableaux qui ont pour but de raconter l'histoire commune des plantes et des hommes (ethnobotanqiue). Parmi ceux à ne pas manquer : le jardin des herbes de la Saint Jean, celui des herbes à sorcière, les plantes de la mythologie et de l'antiquité et le jardin des aromates.

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Des végétaux en autonomie.

Le jardin des migrations est presque exclusivement composé de plantes qui poussent de manière autonomes. La technique employé est celle du jardin sec : beaucoup de paillage pour retenir l'humidité, des espèces résistantes à la sècheresse et aux fortes chaleurs et très peu d'intervention humaine si ce n'est pour retirer les euphorbes characias abondantes (Euphorbia characias) et soigner les plantes et les arbre malades ou fatigués.

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Les visites guidées.

Ce jour là pour l'achat d'un billet du Mucem, les visiteurs pouvaient bénéficier d'une visite du jardin des migrations avec l'ethnobotaniste, le paysagiste et le jardinier qui l'on conçu ... un vrai régale. Non seulement ce sont des puits de sciences, mais aussi des passionnés qui restent accessibles au public et ont grand plaisir à partager la petite et la grande histoire des plantes. Désormais je connais les secrets du plantain corne de cerf grâce à eux. 

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Intégrer la nature à la ville.

Tout le quartier entourant le Mucem et le Fort Saint Jean a été remit à neuf. La volonté est de faire rentrer la nature dans la ville tout à la maîtrisant. De ce projet est née la grande allée qui va du Fort aux terrasses du port et qui est couverte de plantes à fleurs méditerranéennes : coronilles, euphorbes ou encore cistes blancs.

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Le CFPPA/UFA d'Aix en Provence - Valabre - Marseille.

C'est là qu'étudie mon bien-aimé, enfin au sein de cette structure qui se divise en sept établissements ! Ce samedi là il était là pour présenter plus précisément le lycée des Calanques de Marseille. Les formations sont essentiellement centrées sur les aménagements paysagers mais aussi le métier de maréchal-ferrant, les métiers de l'alimentation industrielle, la protection et la gestion de la nature et les métiers liés à l'animal.

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Pour rester dans le thème du lieu, le stand du lycée a présenté de petites jardinières en étages. Elles s'inspirent du jardin et sont économes en eau : plantes de rocailles, résistantes et peu gourmandes en arrosage, paillage minéral, galets et veilles pierres. Elles s'inscrivent dans l'esprit des jardins en carrés et en tiroirs.

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L'histoire du Fort Saint Jean.

Il tient son nom de l'ordre religieux qui y fût établit pendant de nombreux siècles. Le site est occupé depuis l'époque grec pour son emplacement stratégique qui permet d'avoir une vue dégagée sur la baie et les îles alentours. C'est de là que passait le pont à transbordeur jusqu'à ce qu'il soit dynamité en 1944.

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Les stands et les commerçants.

Bien que certaines espèces soient un peu excessives niveau prix, c'est l'occasion de trouver quelques perles rares ainsi que de recevoir des conseils bien avisés des professionnels. Un stand de troc, une conférence, des démonstrations pratiques et techniques liées au végétal et des dégustations complètent le tout.  

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Mouvements et Paysages.

C'est l'une des sociétés de paysagistes des plus renommées dans la région. Leur spécialisation dans les jardins méditerranéens en accord avec le milieu leur a permis de se faire connaître pour les chantiers publics et auprès des particuliers. L'netreprise travaille avec des plantes qui proviennet de tous les continents.

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Le mot de la fin.

Très belle journée où j'ai découvert une multitude d'inforamtions sur ce jardin que nous avons visité à de nombreuses reprises avec mon tendre sans jamais en connaître les secrets. Désormais c'est chose faite. Il me tarde d'y retourner pour découvrir toutes les plantes qui compose le jardin dédié à la magie et à la sorcellerie.

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dimanche 15 mai 2016

Sortie en campagne 5.

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Petit week-end en campagne au pied du Mont Ventoux. On voit encore au loin des nappes de neige mais dans les vignes et les champs de lavandes, c'est la pluie qui règne son plein. Entre deux éclaircies, nous avons pu sortir le bout de notre nez et affronter le froid pour photographier les nombreux oiseaux présents.

 

Le geai des chênes (Garrulus glandarius).

 Le geai des chênes est un oiseau bruyant qui s'identifie facilement au régime de ses ailes composé de plumes bleues azures et noires. Il est capable de produire une multitude de sons et de cris d'alertes, il peut même imiter le chant de la buse variable (Buteo buteo). On le trouve dans les forêt de feuillus et mixtes où il peut trouver facilement des fruits et des baies sauvages. Il s'aventure aussi dans les vergers et les jardins des particuliers.

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La gagée des champs (Gagea villosa).

Il ne faut pas la confondre avec sa cousine, la rare gagée jaune (Gagea lutea). On peut la rencontrer jusqu'à la fin avril. On la détermine par la forte pilosité que l'on trouve sur la plante et sa taille (10 à 20 centimètres). C'est dans les collines et les montagnes (jusqu'à 1800 mètres) qu'on l'a rencontre le plus. Elle fait l'objet d'une protection sur l'ensemble du territoire français. La ramasser ou la détruire peut s'accompagner d'une très forte amende.

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Le milieu forestier.

Il est à l'image du climat local : rude. Les arbres et arbustes les plus communs composants la forêt "presque" naturelle sont les cèdres, les chênes, les cornouillers mâles, les prunelliers, les rosiers sauvages et les pins. Les chênes sont des arbres formant une ombre peu dense ce qui permet à plusieurs espèces herbacées de pousser au sol. Cela permet d'admirer des fleurs qui demandent des conditions particulières pour pousser.

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Le cornouiller mâle (Cornus mas).

C'est un arbuste peu rependu en France qui a la particularité de donner des fleurs avant ses feuilles. Petites, elles forment cependant sur l'arbre nu un nuage jaune imposant. Bien que petit, il est résistant et pousse sur les sols calcaires. On l'employait pour ses vertus mellifères, ses fruits riches en vitamines et en sucre, son feuillage qui attire le gibier de chasse-à-coure et ses racines qui ont l'avantage de fixer le sol durablement.

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La mésange à longue queue (Aegithalos caudatus).

Cette toute petite mésange porte bien son nom. Sa longue queue colorée de noir/gris/blanc/rose et son corps rond la rendent facilement identifiable. On peut la voir un peu partout en Eurasie, du moins dans les zones éloignées du Grand Nord. Elle s'observe toujours en bande dans les arbres et les taillis où elle cherche sa nourriture.

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L'anémone trilobée (Anemone hepatica). 

 Elle tient son nom de ses feuilles trilobées rougies qui ont la forme et la couleur d'un foie. Dans la théorie des signatures, on pensait qu'elle soignait l'organe susnommé en raison de leur ressemblance. C'est dans les broussailles et les sous-bois herbeux et calcaires qu'on peut la trouve, jusqu'à 2200 mètres d'altitudes.

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La bergeronette grise (Motacilla alba).

Ce petit oiseau noir et blanc est commun en campagne. Vif, il ne tient pas en place et est toujours à la recherche d'insectes et de vers. On peut l'observer dans les champs dont le sol a été retourné, dans ceux où du fumier a été épandu ou dans ceux qui sont légèrement humides et qui attirent de nombreux invertébrés.

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La passerage drave (Lepidium draba).

On la nomme parfois brocolis sauvage ou pain blanc. C'est un légume sauvage oublié originaire des régions orientales et méditerranéennes. On en consomme les graines comme un condiment piquant, les feuilles en salade et les jeunes pousses/inflorescences crues ou cuites à la vapeur. Les anciens pensaient à tord que cette plante pouvait soigner la rage. De ce fait on l'employait surtout dans les soins vétérinaires populaires.

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La pensée des champs (Viola arvensis).

 La floraison de cette pensée est assez étendue, d'avril à octobre en fonction des régions. Elle aime les sols bien drainés, souvent arides, pierreux et peu hospitaliers. Elle ne craint pas le froid, ni le vent, ni de subir un ensoleillement prolongé. De ce fait on la trouve dans toute l'Europe sur des terres en friches et difficiles.

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Le bruant proyer (Emberiza calandra).

C'est un oiseau petit mais qui a du coffre. Son plumage tacheté et terne lui permet de se dissimuler dans fourrés sans difficultés. On le rencontre dans les plaines et les plateaux où l'agriculture est développée. On le voit souvent sur des postes élevés sur les arbres et les haies d'où il peut chanter et observer les autres oiseaux.

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La sylviculture en milieu semi-montagnard.

La culture des résineux en France est importante. Ces arbres rentre dans une multitude d'usages : bois de chauffe, bois de charpente, planches ... la liste est longue. En France on compte 3 à 4 essences très utilisées : le sapin, l'épicéa, le pin sylvestre et le pin douglas, le plus populaire de tous, venu des États-Unis. 

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La galle en champignon (Andricus dentimitratus).

Cette galle est due à un petit insecte (Andricus dentimitratus) de la famille des Cynipidae comme c'est le cas de la galle de l'églantier (bédégar). La femelle pond ses oeufs dans les glands qui vont produire du tissus plus que nécessaire et souvent, de manière anarchique ce qui donne cette forme de champignon. Les larves vont s'en nourrir puis à maturité, sortir de leur cage dorée en perforant la paroi du gland vidé de sa substance.

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Le prunellier (Prunus spinosa).

Il porte de nombreux noms comme celui d'épine noire, de buisson noire ou de prunellier commun. C'est le prunier sauvage. C'est une espèce pionnière qui s'installe souvent en lisière de bois ou dans les champs laissés à l'abandon. Ses fruits sont instragints, amers et font une délicieuse eau de vie. Petit mais dense et épineux, le prunellier est utilisé pour fabriquer des haies naturelles impénétrables qui font le bonheur des mésanges.

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La chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa).

 Cette chenille venue d'ailleurs pose bien des soucis à la faune, à la flore et aux productions humaines. Ses poils urticants peuvent provoquer des lésions pulmonaires et des oedèmes chez les chiens qui ont la mauvaise idée d'en croquer. Cette espèce affaiblit aussi gravement les arbres sur les quels elle vit et se nourrie.

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Le muscari à grappe (Muscari neglectum).

C'est un des muscaris sauvages les plus communs en France. C'est surtout dans le sud qu'on le rencontre. On le rencontre dans les pelouses sèches, les champs d'herbes rases et les vignes. Il a été introduit depuis peu dans d'autres régions du monde où il semble avoir un caractère envahissant si ce n'est pas invasif.

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Le passé géologique de la région.

On l'oublie parfois mais le sud de la France est riche en fossiles. Au delà de ceux des ammonites et nautiles plutôt communs, on trouve parfois de véritables trésors et le mont Ventoux ni fait pas exception. Fémurs de dinosaures du Jurassique, dents de requins, crânes de crocodiles, oeufs ... la liste est longue.

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L'orchis géant (Himantoglossum robertianum).

Cet orchis a été renommé une multitude de fois depuis son identification. C'est l'une des plus grandes et des plus massives orchidées de France mais aussi, l'une des premières à fleurir. On la rencontre sur le pourtour méditerranéen sur les sols calcaires. Ces dernières années l'orchis géant remonte vers le nord de la France par la vallée du Rhône. Ses graines se disséminent par l'action du vent, on le dit à dissémination anémochore.

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Le chardonneret élégant (Carduelis carduelis).

C'est un petit passereau que l'on peut rencontrer dans presque tous les pays de l'Eurasie. Le mâle se différencie de la femelle par sa tâche rouge qui englobe toute la face est passe derrière les yeux. À la fin de l'été on peut le voir perché sur les sommités fanées chardons et en particulier les cardères pour en manger les graines.

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Le mot de la fin.

Super ballade, super week-end. Nous avons pu voir une grande variété d'oiseaux et même les pister, surprendre un jeune brocard et toucher la neige. Bref, un vrai plaisir. Depuis le paysage locale a du bien changer avec l'arrivée du beau temps mais la pluie et le vent restent très présent, peut être est-ce pour ces deux raisons que le vin du mont Ventoux est si bon et la lavande si parfumée. À venir, une petite sortie dans les marais isérois.

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mardi 10 mai 2016

L'aventure de la soie.

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 J'adore présenter des lieux qui font le lien entre le monde naturel et le savoir faire des hommes. Le musée de la soie de Bourgoin-Jallieu fait parti de ceux-ci. Il est d'autant plus cher à mon coeur qu'il appartient à l'histoire de ma famille. En effet, avant de devenir un homme de la terre, mon arrière grand-père y exerçait et bien de mes grandes tantes travaillèrent sur les métiers à soie, aussi bien en usine que dans leur foyer.

 

Le ver à soie (Bombyx mori).

Il s'agît ni plus ni moins de la chenille du bombyx du mûrier. Chose étonnante, ce papillon n'existent pas à l'état sauvage. Il est le fruit d'une longue selection opérée par l'Homme. Un verre à soie est capable de donner 800 à 1700 mètres de fil. D'ordinaire celui-ci est utilisé par l'insecte pour confectionner son cocon protecteur dans le quel il pourra débuter sa métamorphose. Malheureusement, la fabrication nécessite la mort de la bête.

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L'histoire de la soie.

 Les premières étoffes de soie sont vieilles de 4500 ans ! Diverses légendes racontent sa naissance (toutes viennent de Chine, berceau de ce textile). La plus populaire raconte qu'une impératrice aurait vu un cocon tomber dans sa tasse de thé et qu'elle aurait en l'en extirpant, découverant ses  incroyables propriétés. Denrée plus précieuse que l'or, la soie porte une route à son nom et à contribué au rayonnement de l'empire chinois.

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La pratique.

 Arrivé à maturité (8 à 10 jours), les cocons sont étuvés. Le fil de soie est alors déroulé minutieusement sur une machine (industrielle ou artisanale) pour être associé à plusieurs autres fils afin d'être plus résistant. Par la suite la soie ainsi obtenue est le plus souvent teinte et peut enfin être utilisée sur les métiers à tisser. On emploie des tampons et des rouleaux à motifs pour colorer les tissus mais aussi, ils peuvent être peints à la main.

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La cardère à lainer (Dispacus sativus). 

 Apparue sous l'empire romain, elle a presque disparue aujourd'hui. Néanmoins des passionnés tentent de la faire revenir en proposant des graines de cette rare plante aux jardiniers amateurs. Cette cardère très abondante autrefois était utilisée en France pour carder la laine au même titre que la bruyère pour filer les fils de soies. Les inflorescences avaient pour but de séparer les fibres de la laine et de la démêler pour la rendre utilisable.

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Le chanvre, un plante pleine de surprises. 

 On la connaît surtout sous le nom de cannabis, mais ici il n'est pas question de drogues mais de fibres textiles (Chanvre textile : Cannabis sativa). Le chanvre cultivé sur nos sols pour la confection de tissus (il l'est depuis le néolithique en Asie), n'est pas ou peu chargé en THC (la molécule responsable des effets divers et variés du stupéfiant). Certains s'amusent parfois à récolter les plants qu'ils trouvent dans les champs mais sont vite deçus.

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Le mot de la fin.

Ce musée discret est bien plus intéressant qu'il le laisse penser. Étendu sur plusieurs étages, ses murs blancs mettent en valeur les étoffes et les machines. Vraiment, c'est une belle découverte et même une bonne surprise. Actuellement il accueille une exposition sur la 1er Guerre Mondiale, en particulier des documents et des correspondances ayant appartenues aux garnisons de la ville et de ses alentours; ça vaut le coup d'oeil.

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mercredi 4 mai 2016

Sortie dans les marais 7.

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 C'est un tout petit article que je vous présente aujourd'hui. Pour continuer dans la lancée des sorties dans les marais et tourbières, voici l'écologie d'un étang en ce début de mois de mai. Il y a énormément de choses à voir entre la floraison des iris d'eau (Iris pseudacorus) et les premières sorties des poussins des canards sauvages.

 

Les monstres de nos lacs et rivières.

Ils n'ont pas la taille ni l'allure de ceux que l'on peut voir dans "Monster River" mais ils ne manquent pas de férocité. Ici il s'agît des larves de libellules. Selon l'espèce, elles peuvent rester plusieurs années sous l'eau avant de devenir adultes. Ce sont de terribles chasseresses qui se nourrissent de têtards, d'insectes et de petits poissons grâce à leur mâchoire amovible qui peut se détendre en quelques secondes pour saisir leur proie.

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La présence de poissons en milieu aquatique fermé.

On ne sait pas toujours très bien comment les poissons arrivent par eux dans les étangs et les lacs isolés. Si par endroit la main de l'Homme est intervenue, ailleurs c'est la nature qui a fait le travail. Il y aurait plusieurs causes. Parfois des oeufs de poissons se collent aux plumages d'oiseaux aquatiques qui les transportent d'étangs en étangs. Certains avancent même que certains empoissonneraient volontairement les lacs.

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La grenouille rieuse (Pelophylax ridibundus).

C'est une grenouille de belle taille qui est très vorace. Celle-ci est tranquillement à l'affût au milieu d'une ponte de crapaud dont les futurs têtards seront peut être un jour ses proies même si elle préfère les insectes. Si l'occasion se présente, elle peut bondir sur des petits poissons ou d'autres grenouilles et même, des oisillons tombés à l'eau. C'est un des grenouilles qui se reproduit le plus tard, aux alentours de mai-juin en fonction de la région.

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Le mot de la fin.

Déjà la fin ? hé bien oui. J'aime ce format d'articles courts qui me permettent de mettre en lumière deux ou trois espèces végétales, fongiques et/ou animales qui m'ont particulièrement plu. Dans le prochain épisode je vous emmène au pays des truffes, du fromage et du vin : la vallée du Ventoux. Dépaysement garanti.

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jeudi 28 avril 2016

Sortie dans les Calanques 10.

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Petite promenade dans les Calanques de Marseille, à la limite du parc des Bruyères. C'est l'occasion de présenter quelques unes des plantes les plus communes que l'on peut croiser en cette période. En une heure de marche il est possible de voir pas moins qu'une trentaine de fleurs différentes, en voici une sélection.

 

La ciste à feuilles de sauge (Cistus salviifolius).

 Ses feuilles évoquent les feuilles granuleuses de sauge d'où son nom. Bien que présent dans les Calanques ayant un sol de nature calcaire, il préfère les sols silicieux ce qui fait de lui une plante bio-indicatrice. Cela fait trois à quatre semaines que la floraison a débuté, celle-ci prendra fin aux alentours de la fin mai.

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Le ciste cotonneux (Cistus albidus).

Il est aussi appelé ciste blanc en raison de ses feuilles duveteuses blanchâtres. La couleur de celles-ci vient des minuscules poils qui les recouvrent. Ils ont plusieurs fonction comme celle de retenir l'eau que la plante évacue par évapotranspiration ou de la protéger des insectes ravageurs. Sa floraison est bien plus prolongée que celle de son cousin le ciste à feuilles de sauge : de début avril à fin juin. Cela viendrait du sol calcaire qui lui plaît.

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Reconnaître les sauterelles.

Avec le retour de certains insectes, il faut revoir ses classiques. Le premier de tous est de faire la différence entre les sauterelles et les criquets. Tous deux appartiennent à la famille des orthoptères. On retiendra que les sauterelles ont les antennes plus longues que le corps et les criquets, aussi longues que leur tête.

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L'ophrys de Forestieri (Ophrys Forestierii). 

Comme il est un peu long d'expliquer la complexité du groupe des ophrys bruns, je vous met un lien vers un de mes articles consacré à ces orchidées ICI. Pour revenir à notre ophrys de Forestieri, il en reste bien peu en fleurs à cette époque de l'année. Fait amusant, celle de droite abrite une des pucerons dans sa cavité stigmatique.

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L'ophrys de la passion (Ophrys passionis).

Même topo que pour les ophrys bruns ... l'ophrys de la passion appartient à un groupe compliqué. On peut voir que sur celui qui se trouve sur la photo juste en dessous a été visité par un insecte pollinisateur. Le labelle est couvert des grains de pollen et la cavité stigmatique ne contient plus de sac à pollen, les pollinies.

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L'ajonc d'Europe (Ulex europaeus).

C'est un arbuste épineux de la famille des fabacées. Il était utilisé autrefois comme barrière naturelle pour protéger les troupeaux des prédateurs mais aussi, les hommes dans les hameaux et les villages des troupes armées ennemies. Il pu aussi être utilisé, quand les années étaient mauvaises, comme fourrage pour les bêtes.

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La coronille naine (Coronilla minima).

Cette petite coronille fleurit de mai à juillet mais dans les Calanques on peut le voir en fleur dès le début avril. Elle dépasse rarement les 30 centimètres mais ne passe pas inaperçue avec ses jolies fleurs jaunes réunie en ombelle. Elle est présente sur une bonne partie du territoire français et se trouve jusqu'à 1600 mètres.

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Le narcisse douteux (Narcissus dubius).

Il reste quelques pieds de narcisse douteux en fleurs. En France, c'est dans les rocailles calcaires et méditerranéennes qu'on le rencontre, souvent en abondance (et tout particulièrement en Espagne). Dans la région, c'est le premier de tous les narcisses à fleurir. Certains rares individus sont parfois jaune pâle.

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La vipérine commune (Echium vulgare).

On pensait autrefois à tort que cette plante avait la capacité de stopper la progression du venin des vipères dans l'organisme. C'est une bisannuelle qui peut atteindre environs 80 centimètres de haut mais pour le moment, elle se présente sous la forme d'une grande rosette plaquée au sol avec des feuilles verruqueuses.

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La globulaire buissonnante (Globularia alypum).

C'est une plante typique des garrigues qui se reconnaît à ses jolies fleurs en pompons bleues. Elle détonne par cette couleur vive aux milieux des autres arbustes. La floraison est actuellement sur la fin. On croise souvent dans les inflorescences des araignées postées à l'affût pour attraper les insectes. Les graines se disséminent par épizoochore, c'est à dire en s'accrochant au plumage des oiseaux ou aux poils des mammifères.

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L'iris des garrigues (Iris lutescens).

Cet iris sauvage peut être jaune, violet, blanc ou même bicolore. On le reconnaît à sa petite taille et à sa période de floraison. Bien que populaire dans les bouquets de fleurs, il ne semble pas menacé et sa population reste stable hormis dans les zones très fréquentées par le public comme les sentiers de randonnée.

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L'aphyllante de Montpellier (Aphyllanthes monspeliensis).

Elle est connue pour son goût légèrement sucré et ses feuilles presque inexistantes qui se réduisent à de petites membranes le long des tiges qui évoquent celles des joncs. Elle a aussi la particularité d'être la seule plante composant le genre des Aphyllanthes. On la trouve parfois dans les desserts des grands restaurants.

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L'euphorbe à feuilles en scie (Euphorbia serrata).

On la reconnaît à ses feuilles joliment dentées. Sa floraison, d'ordinaire, à plutôt lieu en mai mais dans le Sud, tout est un peu en avance cette année. Elle sert de pâturages pour une colonie de fourmis qui y élèvent une troupe de pucerons noirs dont le précieux miellat (excréments sucrés) leur sert de nourriture. 

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Le mot de la fin.

Chouette petite ballade sous le ciel gris de Marseille. C'est un temps idéal pour admirer les fleurs et mon bien-aimé qui, en plein cours avec son CFPPA, taille les oliviers du parc et admire son travail. Désormais le temps va se faire plus chaud, de nouvelles espèces végétales vont apparaître et les insectes vont être bien plus présents pour le plaisir des oiseaux et des tarentes. Il se pourrait même que l'on trempe les pieds dans la mer.

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dimanche 24 avril 2016

Sortie dans les marais 6.

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 Retour dans les marais de la tourbière de l'Heretang, à la frontière de l'Isère et de la Savoie. Les tourbières sont des milieux exceptionnels et rares qui abritent une faune et une flore peu communes. Elles se forment quand une zone humide se voit dépourvue de dioxygène (O²). On parle alors d'un milieu anaérobique.

 

La primevère des bois (Primula elatior). 

Cette primevère est parfois confondue avec la primevère coucou (Primula veris) mais s'en différencie par des fleurs plus grandes, le lieu de pousse (lisières, bois claires etc.), des pétales ouverts et dépourvus de marques oranges. La rencontrer en nombre peut être un signe que la forêt a peu connue la main de l'Homme.

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Les touardons de molinie bleue (Molinia caerulea).

 Ce sont des monticules de plantes (ici de molinies) hauts de 30 à 70 cm dont la basse est composée d'un entrelacement de racines mortes sur les quelles d'autres plantes (souvent les mêmes) poussent à leur tour pour ne pas se retrouver les pieds dans l'eau. L'acidité de l'eau et du sol permet à cette base de ce maintenir et d'acceuillir tout un micro écosystème. En effet les touardons abritent des animaux et servent parfois de nichoirs.

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La mésange charbonnière (Parus major).

Les mâles de cette espèce sont très bruyants. En cette période, ils chantent pour défendre leur territoire des rivales et des autres oiseaux mais aussi, pour attirer les femelles. C'est un oiseau commun qui vit toute l'année au même endroit et se rencontre un peu partout en Eurasie. Il se nourrit d'insectes, de baies et de graines.

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La grenouille rousse (Rana dalmatina ).

C'est une grande grenouille qui vit dans les sous-bois. Ce n'est que pendant la période des amours qu'elle rejoint l'eau pour pondre ou féconder le plus d'oeufs possible. Gourmande, elle chasse de préférence la nuit les insectes, les limaces et autres les invertébrés qui font son bonheur. Elle se font bien dans son environnement.

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Le crapaud commun (Bufo bufo).

C'est encore la période des amours pour ces petits crapauds. Une fois qu'il a repérer une femelle, le mâle ne la lâche plus. Il peut passer plusieurs heures ainsi agrippé à elle tend qu'elle n'a pas pondu ou qu'un autre mâle plus gros ne soit pas venu le chasser. Son entêtement peu conduire à la noyade de la femelle.

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Une ponte prolixe.

Chez les grenouilles, la ponte peut être impressionnante. Les oeufs se différencient de ceux des crapauds par le fait qu'ils formes de grosses grappes gélatineuses et non de longs rubans entre les végétaux aquatiques. Bientôt des têtard sortirons des oeufs ronds et au bout de quelques semaines, donneront de petits grenouilles.

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La prêle des marais (Equisetum palustre).

 C'est une prêle assez commune qui pousse dans les zones humides. Contrairement à de nombreuses espèces de prêles, elle porte ses parties reproductrices sur ses tiges. Il n'y a donc pas de tiges fertiles et de tiges stériles aux quelles on est souvent habitué à cette période. C'est une plante toxique qui est parfois utilisée pour faire une excellent purin pour les plantes. En usage médicinale on lui préfère la prêle des champs (Equisetum arvense).

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La foulque macroule (Fulica atra).

 Cet oiseau est parfois confondu avec la poule d'eau (Gallinula chloropus) qui est plus petite avec des pattes rouges et pas de tâche blanche sur le front. Dans les roseaux, la foulque trouve tout ce qu'il faut pour nicher et s'abirter. Elle préfère cependant les zones découvertes pour plonger et chercher sa nourriture dans la vase.

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La pézize d'Autriche (sarcoscypha austriaca).

C'est un champignon qui aime les zones humides et qui parfois, s'accompagne dans le même biotope de morilles. Il n'a pas d'interêt culinaire particulier mais s'avère détonnant le paysage encore un peu triste des marais. Il a un rôle important en se nourrissant de matières décomposées, c'est un véritable éboueur des sols.

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Le lézard des murailles (Podarcis muralis).

C'est un lézard très commun qui, comme tous ses confrères, est protégé. Bien que proche de l'Homme et de son milieu de vie urbain, il se rencontre aussi dans les forêts et en montagne. Il aime les pierres et les vieilles souches ensoleillées où il peut bronzer mais aussi chasser les petits invertébrés dont il se nourrie.

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Le crache sang (Timarcha tenebricosa).

C'est un petit scarabée qui pour se protéger, produit au niveau des articulations de ses pattes et de sa bouche un liquide orangé très amer qui débecte souvent ses prédateurs. Il s'agit d'hémolymphe, l'équivalant du sang chez les mammifères et les oiseaux. Si cela ne suffit pas il peut faire le mort pour duper son monde. 

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Le cheval  de Camargue (Equus ferus caballus).

Une petite population de chevaux camarguais est maintenue sur le site. Ils ont pour mission de maintenir celui-ci dans son état naturel en remplaçant l'action que pouvaient avoir autrefois les troupeaux d'animaux domestiques mais aussi sauvages sur la flore et en particulier la progression d'espèces dites colonisatrices.

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Le pétasite hybride (Petasites hybridus).

C'est une plante dont le feuilles peuvent atteindre de belles dimensions. Enfants, nous les utilisions pour nous costumer, comme casquettes ou comme parapluies. C'est une plante riche en alcaloïdes qui sont hépétotoxiques (dangereux pour le foie) mais aussi mutagènes, c'est à dire cancérigènes. Suite a des accidents, il n'est plus possible de trouver dans le commerce ou sous licence dans de nombreux pays des extraits de ce pétasite.

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Le fuligule milouin (Aythya ferina).

 C'est un canard plongeur dont le mâle aborde un joli plumage rouge à la saison des amours. Cette espèce est en constant accroissement en Europe. Abondant en hiver (plus de 60000 individus), au printemps ces fuligules ne sont plus que 5000 à nicher au printemps. Ils mangent tout ce qu'ils peuvent trouver dans la vase.

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L'Herretang en quelques mots. 

Le parcours est vraiment sympa à faire, surtout à cette période de l'année quand il n'y a pas encore trop de monde en vadrouille et qu'il est possible d'observer les oiseaux dans les arbres dépourvus en partie de feuilles. Le cours d'eau tout proche plaît aussi bien aux animaux qu'aux pêcheurs et il ne manque pas de charme. 

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La nivéole de printemps (Leucojum vernum).

Il est assez exceptionnel d'en croiser encore, normalement la saison est terminée depuis un moment. Bien que très abondante en Europe centrale, elle est moins commune en France bien qu'il y ait de très belles stations ici et là. Dans de nombreux départements elle est protégée, en particulier dans le sud-est du pays.

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L'ail des ours (Allium ursinum).

 C'est la star des blogs et des livres de cuisine sauvage. Elle est très abondante dans les zones humides ombragées et sur une bonne partie du territoire. Bien qu'elle se présente en grands tapis, il ne faut pas oublier que dans certaines régions elle devient plus rare et qu'il ne faut pas en faire de razzia. Elle peut se cuisiner d'une multitude de manière mais il faut toujours prendre garde aux plantes toxiques qui peuvent se mêler à la récolte.

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Le mot de la fin.

 Cet article date de plusieurs jours. Depuis la tourbière doit être bien plus fournie en fleurs et en espèces animales. Avec la fin des vacance et le retour au calme du circuit, ça doit valoir le coup d'y pointer le bout de son nez. Prochain objectif : observer les poisons, rapaces et plantes carnivores qui y vivent et s'y développent.

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vendredi 22 avril 2016

La saison aux morilles 2016.

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C'est une jolie saison pour nous. Je ne suis allée que peu aux morilles mais toujours avec beaucoup de plaisir. Certaines de nos sorties ont fait chou-blanc mais ne manquent pas d'interêt et bientôt, je les partagerai avec vous. Dans cet article, je vais vous donner les deux-trois trucs et astuces que j'ai pour trouver des morilles en forêt en lisière. Vous pouvez aussi trouver sur le blog un article bien plus ancien sur le même thème juste ICI.

 

L'orchis mâle (Orchis mascula).

Cette orchidée tient son nom de la forme de ses deux tubercules qui ressemblent à des testicules. Son début de floraison est souvent indicateur chez nous de la sortie des premières morilles blondes (Morchella rotunda). Orchidées et morilles partagent souvent le même milieu ce qui fait de la plante une bonne bio-indicatrice. En effet, la belle aime les zones de plaine lumière ou de mi-ombre humide et ayant un sol relativement calcaire.

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La pézize veinée (Disciotis venosa).

Ce champignon appartient à la famille des morilles et pousse souvent dans les mêmes endroits qu'elles. Son odeur de javel rebute bien des amateurs mais celle-ci disparaît à la cuisson. Personnellement c'est un champignon que j'aime beaucoup et qui, je trouve, se cuisine bien en risotto ou avec les pièces de boucher.

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Le tricholome de la Saint-Georges (Calocybe gambosa).

Nommé aussi mousseron, ce champignon printanier pousse souvent quand la saison des morilles s'apprête à s'achever. Il partage les mêmes biotopes que les morilles et se trouve surtout dans les vergers pommiers, les pelouses et les abords des haies. Excellent, il se cuisine comme des champignons de Paris. Néanmoin on peut le confondre avec d'autres espèces toxiques comme l'inocybe patrouillard (Inocybe erubescens).

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La listère à feuilles ovales (Neottia ovata).

Cette discrète orchidée est sur le point de fleurir. Elle aussi se rencontre fréquemment dans nos coins à morilles car elle possède les mêmes besoins en lumière et apprécie les zones de calcaire. C'est surtout en mai que la floraison bat son plein. Comme toutes les orchidées, elle vit en symbiose avec un champignon microscopique.

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Les morilles de zones humides.

 Nous ramassons 3 espèces de morilles différentes. Ici il s'agît de morilles blondes (Morchella esculenta) et de morilles communes (Morchella vulgaris). Elles poussent de préférence sous les feuillus et sont en symbiose le plus souvent avec les frênes (Fraxinus), les pommiers (Malus) et parfois, les tilleuls (Tilia). Il y a toujours une source d'eau apparente ou souterraine à proximité. Les bords de ruisseau et les lisières humides sont parfaites.

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Le biotope.

 Voilà un aperçu du biotope dans le quel je ramasse certaines de nos morilles. Il s'agît d'une belle pente moussue et humide bordée de frênes et ayant une bonne exposition au soleil. Ici les espèces d'herbacées prédominantes sont les primevères acaules (Primula vulgaris) et l'égopode podagraire (Aegopodium podagraria).

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Le raisin du Renard (Paris quadrifolia).

Nommée aussi parisette à quatre feuilles, c'est une des plantes que j'adore. Elle produit une unique fleur très stylisée avec des pétales verts presque absents et des étamines surdéveloppées et couvertes de pollen. Très toxique, elle était employée pour empoisonner les animaux dits nuisibles comme le loup et le renard. 

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Une saison sur la fin.

 Les morilles blondes sont sorties, c'est signe de la fin de la saison. Néanmoins nous n'avons pas encore vu de morillons (Mitrophora) ni de verpes (Verpa), mais les orchis sont tous bien ouverts et les frênes finissent de débourrer, il y a fort à parier qu'il nous reste peu de temps avant de devoir ranger nos paniers.

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Les morilles coniques (Morchella conica).

Ce sont les plus rares et les plus recherchées des morilles. Elles poussent sous les sapins blancs (Abies alba) âgés de plus de 20 ans. C'est cette espèce que l'on rencontre désormais sous serre dans quelques départements français. Développée par la des scientifiques chinois, la culture de la morille conique reste assez restreinte mais est pleine de promesses, en particulier pour les restaurateurs et les fins gourmets.

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Quelques espèces d'arbres et arbustes indicateurs.

La présence d'arbustes fruitiers, en particulier de pommiers (Malus) et de cerisiers et pruniers (Prunus) sauvages est un plus. Le glucose relâché par ces arbres et leur reste de fruits tombés au sol est apprécié des morilles. C'est sous un merisier sauvage que j'ia pu faire mes plus belles récoltes. Malheureusement l'arbre n'est plus. La floraison des prunelliers et des aubépines est aussi un indicateur de fin de pousse chez nous.

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Le mot de la fin.

 J'adore cette période de l'année. Il ne fait pas trop chaud, les orchidées commencent à sortir et les oiseaux sont nombreux. C'est le début de la saison des champignons qui d'ici quelques semaines connaîtra une petite mise en veille avant de repartir avec l'arrivée des cèpes, des girolles, des rosés des prés ou encore des trompettes de la mort. D'ici là, il sera de saison de courir après les chevreuils et de partir herboriser en montagne.

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mardi 19 avril 2016

Sortie dans les Calanques 9.

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 Nous revoilà pour une rapide expédition dans les Calanques de Luminy. Nous devons faire face à un vrai casse-tête : l'identification des orchidées de saison. Toutes aussi charmantes qu'elles soient, elles ont la fâcheuse tendance à se ressembler et surtout, à s'hybrider. La paternité n'est pas toujours évidente à déterminer.

 

La coronille glauque (Coronilla valentina subsp. glauca).

C'est un petit arbrisseau méditerranéen que l'on trouve sur le pourtour de la mer. En France il se limite aux départements du sud avec parfois, quelques individus échappés des jardins et des parcs. C'est dans les zones calcaires boisées qu'on le rencontre le plus souvent. Dans les zones très ensoleillées on trouve sa grande soeur avec la quelle on peut la confondre, la coronille de Valence (Coronilla valentina) qui aime les zones rocheuses. 

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La famille des ophrys fusca.

La classification de certaines espèces d'orchidées n'est pas simple. Cela est dû à plusieurs facteurs :
- une ressemblance morphologique importante entre les différentes espèces et sous-espèces.
- le fait que certains spécialistes soient très (trop) tatillons sur des différences infimes et souvent,
veulent avoir une orchidée à leur nom ou dans leur tableau de chasse pour marquer les esprits.
- le fait que certaines orchidées aient été décrites en même temps dans plusieurs pays et portent
des noms différents alors qu'il s'agît de la même plante et que seule la zone géographique change.
- la distinction que font certains auteurs entre les taxons et que d'autres ne font pas du tout.

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 Pour les orchis de la famille des ophrys bruns (Ophrys fusca sp.), c'est la même chose. Pour faire simple ou du moins essayer, l'oprhys brun (Ophrys fusca) ne se trouve qu'au Portugal et en Espagne mais, en France d'autres espèces décrites sous des noms différents peuvent être rattachées à cette unique et même espèce. D'ailleurs le site Tela Botanica ne fait pas de distinction sur ce point là contrairement au site de l'INPN, ce qui ne simplie rien.

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Dans les Calanques de Marseille et en particulier dans celles de Luminy et des pelouses de l'université, on trouve l'ophrys de Forestieri (Ophrys Forestierii) que certains associent à l'ophrys des lupercales (Ophrys lupercalis). C'est l'un des ophrys plus les simples à identifier du groupe fusca car il possède peu de détails sur le labelle (pour rappel le labelle est le pétale de la fleur et qui se différencie par son aspect des autres parties florales).

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Mais ce n'est pas tout, on peut aussi rencontrer l'ophrys sillonné (Ophrys sulcata) avec son sillon labiale, l'ophrys à deux lunules (Ophrys bilunulata), l'ophrys marbré (Ophrys marmorata) ou encore l'ophrys de Delforge (Ophrys delforgei). Pas simple de s'y retrouver avec toutes ces espèces supposées. Sur les photos on notera la présence de l'ophrys de Forestieri et peut être, d'un peu d'ophrys des lupercales pour ceux qui font la distinction.

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Quelques oothèques des mantes.

 Qu'est-ce donc ? Les oothèques sont  es loges fabriquées par les femelles mantes et empuses qui pondent à l'interieur leurs oeufs pour les protéger des intempéries et des prédateurs. Une fois leur tâche accomplie, les mères meurent. Ici il pourrait s'agir d' l'ootèque d'une menthe religieuse (Mantis religiosa) et de celle d'une mante décolorée (Ameles decolor) ou d'une Iris oratoria qui ne possède pas de nom commun/vernaculaire.

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Le romarin officinal (Rosmarinus officinalis).

Le romarin est une plante aromatique typique du Sud qui fleurie toute l'année. Parfois on peut avoir la surprise de tomber sur un individu aux fleurs étrangement blanches. Cela indique que la plante est atteinte d'une forme d'albinisme. Cela ne modifie que l'aspect visuel des fleurs et non pas ses vertus et caractéristiques.

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Le tircis (Pararge aegeria).

C'est un papillon commun de taille moyenne que l'on peut voir voler de février à décembre. Les chenilles atteignent rarement 3 cm et se nourrissent essentiellement de graminées (Poaceae). Celles nées au printemps font leur métamorphose en quelques semaines, les autres hiberneront en attendant les beaux jours.

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L'orchis géant (Himantoglossum robertianum).

Nommée aussi orchis à longues bractées ou orchis Robert, cette orchidée est l'une des plus imposantes de France. Elle a été placée dans une succession de noms et de familles ces dernières années avant d'être rattachée aux Himantoglossums après les travaux de Pierre Delforge qui n'ont pas toujours été bien accueilli.

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 C'est la fin de la belle, on commence désormais à trouver d'autres espèces. C'est l'une des premières orchidées à fleurir de l'année et sa longue floraison s'étale pendant 4 mois, de la fin janvier à la fin avril, ce qui assez exceptionnel. C'est dans les zones de pleine lumière, chaudes et marines qu'on la rencontre.

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Le pinson des arbres (Fringilla coelebs).

Le mâle présente une jolie tête bleu-gris et un poitrail rosé. La femelle est beaucoup plus discrète. On le trouve dans tout l'hémisphère Nord pour un peu qu'il y ait des feuillus et des conifères à proximité. Dés le mois de mars le couple de pinsons commence son nid et couve ses première oeufs entre le mois d'avril et de mai.

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Le serin cini (Serinus serinus).

C'est l'ancêtre de certains de nos canaris domestiques chez qui on peut retrouver parfois le motif tachetés du plumage. C'est un oiseau commun que l'on trouve un peu partout en France. En période de reproduction le mâle est couvert en partie de jaune vif. Il s'approche facilement des hommes et de leurs habitations au point d'être devenu anthropophile comme certaines espèces d'autres oiseaux (Pigeons, colombes, moineaux, merles etc.).

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Le grand casse-tête des orchidées du Sud.

Ici l'exercice d'identification est bien plus complexe que pour la famille des Fusca car plusieurs espèces distinctes peuvent être confondues et surtout, s'hybrider avec une grande facilité pour simplifier les choses ... Parmi les critères utilisés pour la détrmination on retient :
- Le degrés d'écartement entre le labelle et la cavité stigmatique ainsi que leur taille et leurs motifs.
- La taille et la couleur des sépales ainsi que leur forme et la présence d'anomalies.
- La taille et la couleur des pétales latéraux ainsi que la forme de leurs bordures.
- La taille globale des fleurs, leur nombre et leur disposition sur les tiges de l'ophrys.
- La couleur des polinies appelées parfois "oeil" et les dimension/couleurs du gynostème.
- La présence sur le labelle d'un liséré coloré ou non, d'une macule et d'un appendice.
- Sa localisation précise, sa période de pousse et la date de floraison.

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Je le dis avec franchise, je n'ai pas les capacité de déterminer toutes les orchidées présentées sur ces photos, tout au plus juste quelques pieds de 2-3 espèces différentes. Les espèces que je vais citer ne sont pas toutes reconnues par certains des auteurs, d'autres sont considères comme des sous-espèces de certaines par d'autres et pour simplifier, certains de ces ophrys peuvent porter plusieurs noms vernaculaires et scientifiques.

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 On peut rencontrer autour de Marseille pas moins d'une dizaine d'espèces selon les flores et les auteurs (j'avoue avoir fait une sélection dans celles à présenter). Comme on le dit chez nous, à la bonne votre ! À savoir, l'ophrys araignée (Ophrys sphegodes) n'est, semble-t-il, pas présent dans la région ce qui simplifie un peu les choses.

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 Commençons dans l'ordre en présentant une orchidée que l'on trouve uniquement dans le sud du Sud : l'ophrys de Marseille (Ophrus massilensis). Il peut être accompagné de l'ophrys petite araignée (Ophrys araneola) qui est beaucoup plus commun et de l'ophrys verdissant (Ophrys virescens). Pour une partie des orchidophiles, l'ophrys petite araignée et l'ophrys verdissant ne sont qu'une seule et unique espèce mais cela prête à débat.

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Continuons avec cinq autres espèces à connaître : l'ophrys de Provence (Ophrys provincialis), l'ophrys de la passion (Ophrys passionis), l'ophrys en forme d'araignée (Ophrys arachnitiformis), l'ophrys occidental (Ophrys occidentalis) et l'ophrys de mars (Ophrys exaltata subsp. marzuola). Pour ces trois dernières espèces là aussi les auteurs et amateurs d'orchidées ne partagent pas forcément le même point de vu.

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L'iris des garrigues (Iris lutescens).

Cet iris sauvage peut être jaune, violet, blanc ou même bicolore. On le reconnaît à sa petite taille et à sa période de floraison. Bien que populaire dans les bouquets de fleurs, il ne semble pas menacé et sa population reste stable hormis dans les zones très fréquentées par le public comme les sentiers de randonnée.

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La grande sauterelle verte (Tettigonia viridissima).

Les premières larves de sauterelles sont sorties et ont déjà leur forme adulte. Ce sont des prédatrices qui peuvent manger des végétaux mais surtout, qui croquent d'autres insectes. Sa population a grandement diminué suite à l'augmentation de l'agriculture intensive qui a détruit une partie de son habitat naturel.

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L'erodium à Bec-de-grue (Erodium cicutarium).

Il est un cousin des géraniums sauvages que l'on rencontre dans nos jardins. C'est une bonne plante fourragère que les bergers faisaient paître par les troupeaux quand il était encore commun de croiser des moutons dans la garrigue. Elle a l'avantage d'engraisser rapidement les animaux dans un milieu plutôt inhospitalier.

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Le mot de la fin.

 Les passionnés de nature, les naturalistes en herbe et les botanistes ont parfois à faire à des identifications ardues pour certaines plantes. J'espère avoir réussi à vulgariser le cas des ophrys que j'ai mis bien du temps à comprendre et pour les quels j'ai encore des difficultés. Tout est une question de patience, d'apprentissage et d'observation. À suivre dans le prochain article, j'aurais le plaisir à vous montrer nos morilles de l'année 2016.

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