La Renarde des Alpes

mercredi 25 avril 2018

22e fête des plantes, des graines et de l'arbre de Réaumont

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Trois ans après notre première visite de la fête des plantes, des graines et de l'arbre de Réaumont, nous revoilà en Isère, à proximité des montagnes pour cette 22e édition. Portée par l'association La maison de l'Arbre, la manifestation rassemble les amoureux des plantes autour des stands de pépiniéristes, d'herboristes, de producteurs locaux et de passionnés. Le thème de cette année portait sur la permaculture.

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Des raretés se trouvent sur les étales. Les fritillaires pintades (Fritillaria meleagris) et les violettes sororia "Freckles" (viola sororia freckles) se bousculent dans les panières en osier. On trouve également des cultivars de la tulipe australe (Tulipa sylvestris 'subsp.' australis), que l'on reconnaît à ses pétales teintés de rouge. Cette espèce est extrêmement rare dans nos contrées. Hélas, elle ne fait pas l'objet de mesures de protection.

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Pour les amoureux des plantes et du soin par celles-ci, il y avait de quoi faire son marcher. Pour ceux qui n'ont pas forcément la chance de pouvoir ramasser en nature, avec les bons gestes et de manière sûre, c'est la meilleure des alternatives. Pour les autres, c'est l'occasion de se donner des idées, chose que je vous présenterai dans mon prochain article dédié à mes cueillettes du mois d'avril.

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Quizz proposé par l'association du Pic Vert : reconnaître les sols et leur composition. Des substrats récoltés en nature, des pots de confiture, quelques étiquettes et le tour est joué. Non seulement l'entreprise est ludique, mais elle permet de sensibiliser à la faune du sol et aux techniques de jardinage adaptées au milieu.

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Surprise ! Terre Vivante était là aussi ! Avec en prime la présence de Pascale Aspe, directeur du centre écologique, pour une conférence passionnante rappelant que le jardinier n'est jamais seul au jardin et que, s'il se réfère à la permaculture, une grande partie de son travail consiste à se faire aider de la nature.

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Que de choix ! Tanaisie des chartreux, génépi blanc mais aussi cornouiller de Californie, ginko, narcisse des poètes et iphéon se bouscules dans les sacs et les paniers. Pour les gourmands, on pouvait pour l'occasion trouver à foison des crêpes mais aussi des pommes et des miels locaux, des sirops de lavande ou encore, des sels de thym serpolet. Petit coup de coeur pour ma part pour la confiture d'angélique officinale et pour le Cornus florida 'Cherokee Brave', un cornouiller à la floraison pourpre incroyable de chez "La Grange aux érables". Nous espérions pouvoir les rencontrer à la foire des plantes d'Aiguebelette, où nous avons été absent, il va falloir prendre notre mal en patience. La 19e éditions se trouve ICI.

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jeudi 12 avril 2018

Sortie en montagne 17.

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En avril, on se fait les mollets. Nous voilà partis dans la Loire pour les sommets du mont Pilat, donnant une vue superbe sur la vallée viennoise. Nous débutons par les trois Crêtes, là où l'herbe se fait rase et où le spartier à tiges de jonc (Spartium junceum) est roi, au milieu des tapis de raisins d'ours (Arctostaphylos uva-ursi).

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Les arbres subissent de très fortes pressions. Gel, vent, neige et soleil de plomb, il leur faut tenir bon. Les pins sylvestres (Pinus sylvestris) sont les champions dans cet exercice. Ils sont les tous derniers à tenir bon face aux conditions avant que le milieu ne s'ouvre et se couvre d'arbrisseaux et de plantes rases.

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Pour reprendre le slogan de Terre Vivante : à plusieurs, c'est meilleur. Nous voilà donc quatre à arpenter les sentiers. La neige est tombée quelques jours avant notre passage et ne semble pas vouloir partir. Cela ne dérange pas les lapins de garenne (Oryctolagus cuniculus) qui ont laissé de nombreuses crottes entre les rochers de granite, à proximité des plaques de lichens et les herbes jaunies qu'ils viennent grignoter.

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Deux sommets. À gauche, on trouve la base militaire de la Crête de l'Oeillon, photographié ici depuis le col de l'Oeillon. À droite, l'émetteur du Pilat, perché à 1361 mètres et qui couvre une grande partie de la Loire, du Rhône et une plus moindre de l'Isère. Il est à ce titre, l'un des plus puissant émetteurs télévisuel, radio et téléphonie du pays, du haut de sa tour de 80 mètres qui s'observe même depuis les vignobles de Côte-Rotie !

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Nous sommes freinés dans notre entreprise. Le manteau neigeux est épais et surtout inattendu. Nous ne sommes pas équipés pour nous y aventurer. Reste alors à profiter du paysage en regardant les vallées alentours, que nous surplombons à presque 1400 mètres d'altitude. Le vent battant nous fait bien vite quitter notre observatoire.

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Voici notre récompense en rentrant à la maison, après une bonne randonnée, un délicieux liégeois à la Jasserie (établissement à la forte renommée locale qui tir son nom de son architecture typique du haut Pilat), et une super soirée chez nos amis, autour d'un verre de vin. Le Pilat est plein de ressources, nous avons pu l'expérimenter à travers la récolte des girolles et des cèpes, la pratique de la transhumance aou encore, la rando. Prochaine étape, partir à la récolte des baies sauvages, toujours dans le respect de la réglementation du parc régional. Myrtilles, fraises des bois ou framboises, les confitures seront nombreuses cet automne, pour peu que les cueillettes soient bonnes. Reste alors à s'initier à la fabrication de la sapinette. Déjà le planning se replit, avec un calendrier strict en fonction des saisons pour ne pas louper le coche !

vendredi 6 avril 2018

Initiation à la photographie animalière.

DSC09828Comme vous le savez-peut être, je suis actuellement en fin d'étude de mon BTS GPN. Dans le cadre de celui-ci et plus particulièrement, de mon établissement, le lycée Agrotec Vienne Seyssuel, j'ai eu la chance avec plusieurs de mes camarades de suivre un véritable cour sur les bases de la photographie animalière. Animé par le photographe Bruno Fouillat et appuyé par notre professeurs d'aménagement Raphael Barlot (deux des trois auteurs/photographes de l'ouvrage "Le Castor : En région lyonnaise"), nous avons pu pendant 1h30 apprendre les bases du métier. Apprentissage des règles d'optique, respect de l'intimité des animaux, gestion de la lumière ... 

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Les grands aspects ont pu être abordés au cour de cette conférence passionnante, avec pour support les incroyables photographies de Bruno Fouillat. Le concours photo qui en résulte est désormais lancé, et d'ici fin avril nous serons quel agrotecien aura le droit aux honneurs. L'an dernier j'avais pu rafler le 1er prix avec une photographie de grenouille verte en bord de bassin dans la catégorie nature mais, je doute pouvoir cette année réaliser la même prouesse tant le niveau des concurrents est élevé. Autant partir sur un triptyque de portraits un peu déjantés pour avoir au moins le mérite d'avoir tenté de respecter le difficile art de la photographie, du dosage de l'ISO et de la perspective qui me manquent cruellement.

lundi 26 mars 2018

6e anniversaire du blog !

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 Gipsy, ma maquette d'araignée géante que j'utilise pour faire aimer les petites bêtes aux enfants.

Voilà, le blog fête sa 6e année d'existence ! Que de chemin parcouru depuis et se sont de nouvelles voies qui s'ouvrent à moi. Né le 26 mars 2012, la Renarde des Alpes s'appelait alors "Grinoires et carnets", nom que l'on retrouve dans l'actuelle url du blog. Il est apparu un après-midi de glandouille, quand je me refusais à réviser mes partiels d'anthropologie. Dédié à l'origine au partage des mes dessins et de mes carnets de croquis pour les membres des forums où j'évoluais, il s'est peu à peu orienté vers tout autre chose, la Nature. 

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De gauche à droite : feuilles d'ortie séchées, renoucule en fleurs, tiges d'hémérocale et armoise séchée.

J'en profite pour vous ouvrir mon antre de sorcière et vous présenter quelques uns des outils que j'utilise. Grande fan des plantes et de botanique, j'ai quelques belles médicinales qui s'empilent en bocaux sur mes étagère. Sur le billot, il y a toujours une fleur pour donner une peu de gaieté à notre petit appartement d'étudiants lyonnais.

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Deux outils indispensables pour faire de la mycologie et la botanique sur le terrain : la boussole et la loupe.

Le temps béni des études s'éloigne peu à peu et bientôt, les examens de fin d'année les clôturons. Je suis habituée à passer par cette étape. Après avoir fait une licence de sociologie et d'anthropologie à l'université Pierre Mendes France de Grenoble il y a 5 ans, je m'apprête à passer d'ici 3 mois mes examens terminaux qui, si tout va bien, me donnerons mon diplôme attestant de ma réussite à travers mes 2 ans d'études environnementales en BTS GPN au lycée Agrotec de Vienne Seyssuel. J'espère, à force de travail acharné, pouvoir vivre de ma passion.

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Notre bibliothéque et ses 350 livres dédiés au naturalisme sous toutes ses formes, à la socio-anthropologie et au paysagisme, sont les choses les plus précieuses que je possède. Tout simplement, je ne peux pas m'en passer.

En attendant, je commence doucement à me professionnaliser. Cela ne vous aura pas échappé, je suis en ce moment à fond dans l'ornitohologie. Cette corde manquait à mon arc mais désormais, je peux l'ajouter à ce dernier, bien que j'ai encore besoin de me perfectionner (et d'une nouvelle paire de jumelles). De ce fait, j'ai l'honneur de vous annoncer que je fais depuis peu partie de la LPO  Rhône. De même, j'ai rejoins une seconde association, La Corne Percée, où je joue le rôle d'une prêtresse gauloise faisant découvrir sur son stand les plantes et les créatures celtes et médiévales. Vous pouvez me rencontrer à l'occasion à travers les fêtes médiévales de la région Auvergne Rhône Alpes. Manque plus qu'à tâter la géologie, domaine où je fais mes débuts depuis peu. Et n'oublions pas l'association du Mycorium sauvage de France dont je suis enfin membre et qui tiendra début octobre son second Mycoforum à Saint André de Vivarais en Ardèche !

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Nouveau visuel pour les cartes de visite, j'en suis toute excitée ! C'est le début de la professionnalisation en attendant l'arrivée des examens et la fin de l'année scolaire qui ne serait bientôt tarder.

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jeudi 22 mars 2018

Les plantes médicinales du Pérou.

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"Femme vendant des plantes médicinales à Mila, co-fondatrice de Coop Naturae.
Région de l'Ancash, Pérou. Photographie de Joao Socola"

Aujourd'hui, j'ai à coeur de vous présenter un projet qui a mit un peu plus de 6 mois à voir le jour, celui de trois passionnés de plantes sauvages et médicinales. Coop Naturae est une association française lancée en août 2017 par Amélie et Mila, toutes deux diplômées en sciences sociales. Issus du monde associatif et celui des ONG, les membres ont à coeur de travailler avec les populations rurales pérouviennes via la culture et l'usage des plantes. 

 

Pourquoi les plantes médicinales ?
Parce que les trois membres fondateurs les utilisent au quotidien mais aussi, parce que le Pérou regorge de végétaux méconnus, présents dans les savoirs traditionnels et qui sont amenés à disparaître si rien n'est fait. C’est un patrimoine immatériel à sauvegarder à travers trois grands axes : préserver, valoriser et diffuser.

Une valeur fondatrice.
Celle de respect, avec comme fer de lance l'idée que « l'Homme et la Nature font partis d'un tout ». Cette démarche s'inscrit dans un contexte de crise écologique et sociale qui implique des changements profonds dans les pratiques, en prenant soin de ce qui nous entoure et dont nous tirons nos ressources, en somme, avoir un mode de vie plus respectueux et responsable. De ce fait, les populations locales font partie intégrante du projet, car c'est par elles qu'il prend vie et se pérennise.

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"Aloysia citriodora Palau : excellent comme huile essentiel. Antispasmodique, eupeptique, carminative, antimicrobien, analgésique local et sédatif. Digestif, aide à contrôler les nerfs et l’anxiété. Aide à contrôler les réactions allergiques, réduit l’information abdominale. Aide pour les traitements du côlon irritable."

 

Un objectif.
7Celui de permettre le developpement d'une agriculture biologique durable et responsable centrée sur les plantes médicinales dans la région andine du Huaraz. Montés en coopérative, les agriculteurs ayant des pratiques basées sur les savoirs-faires traditionnels et respectueux des sols pourront tirer profit de leurs récoltes tout en répondant à un enjeu économique et de santé humaine, le but étant de conserver l'intégriter de la terre, de permettre aux populations d'avoir accès aux soins (les structures médicales étant par endroit rares et vétustes) et de préserver un savoir et une culture propre à cette région des Andes.

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Comment ?

Pour se faire, il faut des fonds, pour assurer la logistique et surtout, l'emploi de tous les intervenants à cette démarche. Le but premier conscite à la rédaction d'un guide cataloguant toutes les espèces médicinales et les pratiques leurs étant associées. C'est un véritable travail d'ethnobotaniste auquel, vous vous doutez bien, je ne peux pas rester insensible. Ce recensement sera effecté par une native de la région, forte d'une belle expérience sur les projets inter-culturels du ministère de la culture, ayant travaillé avec les ONG et sur le projet Qhapaq Ñan de l'Unesco. Le travail sera complété par les travaux d'une chercheuse ainsi que la mise en place d'ateliers auprès de la population, en particulier des agriculteurs et des écoles. La démarche de réaliser des worshops avec les acteurs locaux est essentiel, car il est bien beau de collecter de l'info mais s'il n'y a plus personne pour faire vivre ces pratiques et ces savoirs, ils s'éteignent. Informer, faire pratiquer, montrer, expliquer et sensibiliser, c'est l'essence même du projet. Sans cela, l'entreprise est veine car non durable dans le temps, faute de personnes pour la faire vivre et l'animer.

29342691_292037207994536_9195695263304384512_nLes grandes étapes.
5 mois sont dédiés à la recherche, d'une part sur le recensement des plantes et des connaissances, et d'autre part sur les maladies les plus communes de la région, l'idée étant d'identifier les remèdes pouvant être les plus bénéfiques à la population.

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S'en suivra la création du guide édité en français, en espagnol et en anglais. La recherche s'axe également sur les agriculteurs locaux et leur savoir-faire. L'étude des jeux d'acteurs, des besoins, de la spécifité des sols et des ressources comme celles en eau sont tout autant d'éléments qui doivent être compris et maîtrisés pour permettre la mise en place des ateliers. Conçus avec une série d'outils dévaluation pour savoir si les actions mises en places sont efficaces, ils ont pour objectifs de répondre aux besoins des communautés en étant les plus proches possible de la réalité. La mise en place des ateliers est au coeur du projet. Axés sur l'amélirotation des sols, la gestion de l'eau, la culture et l'utilisation des plantes médicinales, ils doivent servir d'outils aux enseignants, aux acteurs du monde de la santé, aux ONG et à la population.

 

La durabilité de l'action.
Pour que le projet puisse être viable, il est nécessaire que celui-ci intégre les dimensions du développement durable, à savoir l'écologie, la culture et l'économie locale. L'autonomie des personnes impliquées dans le projet passe donc par la récolte, la transformation et la vente des plantes médicinales, en particulier à travers la production d'huiles essentielles mais aussi, par la formation pour que la pratique soit pérenne.

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Comment participer ?
Au Pérou comme dans beaucoup d'autres pays et régions du monde, ce type de projet reste très compliqué à financer, hors comme pour toute chose, l'argent est le nerf de la guerre. Axés sur le tourisme, les fonds publiques tendent à laisser de côté les secteurs du droit, de la santé et de l'éducation. Pour pallier à ces manques, un crowdfunding vient d'être lancé sur le célèbre site Ulule. Pour faire vivre le projet, un simple geste peu suffire. L'avantage de cette plate-forme est que le don est sécurisé mais aussi, que le projet et l'utilisation des fonds, y sont très détaillés. Rien est laissé au hasard et pour cause, cette entreprise est sérieuse et permettrait non seulement aux habitants de bénéficier de soins, de conserver leur identité à travers un savoir ancestral menacé, mais aussi d'acquérir des compétences rendant leur quotidien viable.

 

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Pour aller plus loin.
Pour mieux connaître le projet et mettre votre pierre à l'édifice, rendez-vous sur ulule.com/coop-naturae. Une série des vidéos et des explications claires accompagnées de schémas vous y attendent. Sur facebook, n'hésitez pas à visite la page de Coop Naturae. Vous y trouverez tous les contacts des membres. Enfin, ces superbes photos qui invitent au voyage sont le fruit des membres de l'association, en particulier de Joao Socola et Jean Hr.

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