La Renarde des Alpes

lundi 25 janvier 2021

Interlude : au lac du Ronzey.

DSCN6233Dernière sortie avant le confinement. Nous sommes le 27 octobre. Nous voilà partis à trois du groupe jeunes LPO Rhône, direction le lac du Ronzey pour faire un peu de mycologie et de botanique, car si le site est plus ou moins connu pour ses oiseaux, il l'est beaucoup moins pour d'autres taxons. Champignons et herbes folles attirent notre attention. Appareils et guides naturalistes en main, nous voilà a observer les Taraxacum et autres Boletaceae. Il est rattaché à la commune d'Yzeron, connue pour porter le même nom que sa rivière, l'Yzeron, qui passait sous nos fenêtres quand nous habitions Oullins. Encore très fréquenté, le village étaient jusque deans les années 50-60 un site très prisé. Jusqu'à 8 hôtels acceuillaient les visiteurs venus le plus souvent de Lyon ou de grandes villes pour profiter du cadre champêtre offert par ce bastion renommé Montagne-les-Bois pendant la révolution.

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Quelques jeunes bolets à chair jaune (Xerocomellus chrysenteron) ont sorti le bout de leur chapeau. Ce dernier n'est pas encore craquelé mais velouté, au contraire de celui des spécimens un peu plus vieux qui se tiennent non loin de là. Piètre comestible, il se reconnaît à ses pores jaunes qui se détachent facilement et a sa chair de la même couleur. Si l'espèce ne prend pas place dans les assiettes, elle s'avère surperbe dans un tapis de mousse.

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Toujours aux pieds des cèdres et des épicéas plantés au bord de l'eau pour profiter aux promeneurs les jorus d'été, nous tombons sur une ribambelle de colybies des arbres (Collybia dryophila) un peu fatiguée. Là aussi il s'agit de piètres comestibles. Commune voire abondante sous les peuplements mixtes, l'espèce n'en reste pas moins intérréssante pour son odeur douce particulièrement perceptible après la pluie ou la rosée du matin.

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Voici une toute nouvelle espèce pour moi que je peux ajouter à mon tableau de chasse "mycologique".

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Je n'avais encore jamais rencontré ce champignon, et si pendant longtemps j'ai pensé à l'hygrophore russule (Hygrophorus russula), je n'en suis pas encore complètement sûre. Néanmoin le pied fort des jeunes specimens, le chapeau couleur lie de vin, les lamelles cireuses ou encore la chair blanche me confortent dans ce choix. Néanmoins je continu de chercher encore, d'autant que le substrat sur lequel pousse ce champignon me met le doute dans l'identification, l'hygrophore russule étant connaître pour pousser plutôt sous els feuillus.

DSCN6278Sur le terrain de foot non loin de là, un drôle de chapeau pointe le bout de son nez. Il s'agit du coprin chevelu (Coprinus comatus). Comestible, et contrairement à ce que dit la légende, on peut tout à fait le consommer avec de l'alcool, à condition qu'il soit bien jeune, sans encre noire et récolté depuis moins de 4 heures.

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C'est son cousin le coprin noir d'encre (Coprinopsis atramentaria), pour lequel on ne doit pas consommer d'alcool pendant et 72 heures après un plat de ce coprin pour éviter le dangereux effet antabuse. Pour revenir au coprin chevelu, celui-ci a été victime des pluies des derniers jours et se retrouve démunie de ses mèches. On dit alors que son chapeau est munie d'une cuticule méchuleuse, ce qui lui a valu son épithète de "chevelu".

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Les champignons ne sont pas les seuls à avoir pris position du terrain. Un couple de rouge-queue noir (Phoenicurus ochruros) peu farouche semble y trouver son compte. D'ordinaire ces oiseaux sont migrateurs et ne restent pas sous nos lattitudes. Le réchauffement climatique, la modification des habitats et des routes migratoires conduisent à ce phénomène. Bien souvent, les individus restant sur place sont les premiers à occuper les sites de nidifications, mais malnutris, ils doivent la plupart des temps cèder leur place à ceux revenant de migration.

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Retour au bord de l'eau. Sous les arbres, une petite colonnie de champignons identifiés comme appartenant au cortinaire jaune canelle (Cortinarius cinnamomeus) se mêlent à d'autres espèces. Ce cortinaire se caractérise par son odeur de rave et/ou d'herbe ainsi que par la couleur canelle de ses lames. La chair jaune tire au vert-jaune chez les individus un peu plus vieux. Il peut être confondu avec plusieurs espèces très proches.

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Le laccaire laqué (Laccaria laccata) est un petit champignon roux au pied coriace et au chapeau ne dépassant pas 5 centimètres de diamètres. C'est une espèce très polymorphe, peuvent présenter des aspects variés en fonction des températures et de l'humidité de son environnement, sans parler de ses nombreuses sous-espèces. Pionnier et abondant, il est classé dans les comestibles. Bio accumulateur, il faut en limiter la consomation.

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Non loin de là, pousse un groupe de paxilles enroulés (Paxillus involutus), dont le nom vient de sa marge qui s'enroule légérement sur elle même. Ce champignon plutôt commun et massif est toxiue voire mortel, même si dans le passé il a pu être consommé, ce qui est d'ailleurs encore le cas dans certains pays de l'Est. C'est également une espèce bio-accumulatrice, plus particulièrement de métaux lourds.

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Sous les sapins, un rond de sorcière se dessine. Celui-ci se compose de clitocybes odorants (Clitocybe odora), une espèce atypique de couleur bleue et à l'odeur surprenante d'anis. Comestible, il est cependant recommandé de le consommer en petite quantité. Très parfumé, il est souvent incorporé dans les poêlées forestières mais aussi, entre les mains de grands chefs, il prend place dans les sels de champignons et dans les glaces !

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Il n'y a pas beaucoup d'animaux à voir sur le lac d'Yzeron hormis une quarantaine de colverts (Anas platyrhynchos) barbottent joyeusement au milieu de l'eau. La forte fréquentation du site, la proximité des chemins de la rive et le sentier serpentant dans les herbiers laissent peu de zones de défend. La faune sauvage n'ayant pas d'espace dédié à sa tranquillité, elle a le plus souvent tendance à bouder le site hormis l'été pour s'abreuver.

Fin de l'après-midi, et dernière sortie avant le confinement puis les couvres-feu. À ce moment là nous n'en savons rien mais nous nous en doutons fortement. C'est cependant l'esprit léger que nous partons après avoir gravi la coline boisée qui surplombe le lac. De là, le panorama sur la vallée, l'agglomération lyonnaisse et les pré-Alpes est à couper le souffle. Nous trouverons mêmes quelques lépiotes dans la forêt.

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jeudi 7 janvier 2021

Sortie dans les marais 23 : l'île du Beurre.

DSCN6109Ce matin le ciel est incroyable. Il est encore tôt et nous sommes débout et déterminés à sortir. Nous avons des envies de nature. Ni une, ni deux, nous voilà en route pour l'Île du Beurre. Le site est classé depuis 1987. Situé tout au sud du département, il se compose des rives du Rhône, d'une lône et d'une île. Il n'est pas possible de se rendre sur celle-ci. Néanmoins, on peut l'observer les depuis les berges à travers les nombreux observatoires donnant vue sur une héronnière et des mangeoires, entre autre. Le cheminement se fait par la Via-Rhôna, ce qui demande aux piétons et aux cyclistes de concilier leurs usages. La maison d'acceuil abrite les salariés de l'association mais aussi un aquarium avec des poissons d'eau douce locaux, une exposition permanente sur le castor, une boutique et un espace jeu. Pour l'heure je n'ai eu l'occasion de m'y trouver qu'à deux reprises pour participer à des suivis chevêches.

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À notre arrivée, nous tombons sur une fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla). Il s'agit d'un mâle car sa calotte est noire, alors que celle de la femelle est brune. Insectivore, cette fauvette deviient granivore à l'automne avant de migrer afin de faire le maximum de réserves. Cependant, elle semble être décidée à passer l'hiver en France comme c'est de plus en plus le cas pour les oiseaux de son espèce, signe d'un changement de comportement.

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Elle se régale d'un kaki, fruit du plaqueminier du Japon (Diospyros kaki). Appelé aussi pomme d'or, on en compte plus de 1000 variétés, développée en Chine, lieu de sa domestication, et au Japon où il fût importé au 8e siècle. Sur les étales des marchées et dans les jardins on trouve deux cultivars : le kaki rond à la chair fondante et le kaki pomme à la chair ferme. C'est ce deuxième que je préfère et pour leque le me suis prise de passion.

DSCN6167Nous sommes alors fin octobre. Pas encore confinés mais déjà en surcis pour les sorties, nous profitons à fond de celle-ci. La ripisylve est encore verte, de nombreux arbres sont restés en feuilles comme les cornouillers sanguins (Cornus sanguinea) et les noisetiers sauvages (Corylus avellana). Le lierre et les ronces finissent de compléter le tableau. C'est dans ces buissons denses de lianes et d'arbrisseaux que les passereaux migrateurs font leurs dernières provisions. On peut aussi y trouver quelques espèces sédentaires qui profitent des dernières baies pour faire leurs réserves de graisse. D'ici quelques semaines, ce seront les baies de lierre grimpant (Hedera helix) et d'églantines (Rosa canina) qui prendront le relai pour nourrir les oiseaux. Au printemps, la grande majorité d'entre-eux prendra un régime d'insectivore, en particulier pour nourrir les oisillons qui ont besoin de beaucoup de protéines pour grandir vite.

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Sur la rive à laquelle nous sommes opposées, une troupe de pouillots véloces (Phylloscopus collybita) est en vadrouille. S'il n'est pas toujours aisé de les différencier à l'oeil d'autres pouillots, comme le pouillot fitis (Phylloscopus trochilus), le chant de cette espèce mais aussi, le fait d'être la seule non migratrice de cette famille dans ce secteur sont quelques éléments aidant facilement à le reconnaître, surtout à cette saison.

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Arrivés au second observatoire, nous avons une de nos plus belles surprises de l'année. Une femelle Martin-pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) vient se poser à quelques mètres de la fenêtre pour rester plusieurs minutes sur une branche de saule. L'instant est magique, nous en prenons plein les yeux. On reconnaît le sexe à la couleur du bec : entièrement noir pour le mâle, noir dessus et jaune dessous pour la femelle.

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Piscivore, il se rencontre sur les rivières d'Europe, d'Asie, d'Océanie et d'Afrique du sud où se trouvent d'autres espèces de Martin assez similaires. Néanmoins, le Martin-pêcheur d'Europe est le seul à présenter un dos et un croupion bleu clair irisé, une gorge blanche et une jour orange à la fois. Le Martin-pêcheur huppé (Corythornis cristatus) présent dans les deux tiers sud de l'Afrique,le Martin-pêcheur vintsi (Corythornis vintsioides) présent à Madgascar, le Martin-pêcheur méninting (Alcedo meninting) ainsi que le Martin-pêcheur de Blyth (Alcedo hercules), tous deux présents en Asie du Sud, sont les quartre espèces avec lesquelles il peut être confondu.

DSCN6187Coup d'oeil depuis la digue. L'émetteur du Pilat est dans une lumière douce. Cumulant à 1361 mètres d'altitude, c'est le deuxième émetteur le plus puissant de France et c'est par lui que la télé et la radio arrivent de bien des foyers. C'est aussi un relai téléphonique pour 3 des 4 plus importants opérateurs français. En fonction depuis 1955, il est le point de départ de nombreuses randonnées à pied et en raquettes. Il est accessible par la montée au Crêt de l'Œillon, un circuit qui passe par l'un des sommets du Pilat du même nom, culminant à 1 364 mètres et situé juste à côté de l'émetteur. De là, il est possible de voir une bonne partie des Alpes mais aussi la Loire et au loin, le bassin lyonnais. Pour en revenir au Pilat, le massif est à cheval sur 4 départements : l'Isère, le Rhône, l'Ardèche, la Haute Loire et est accolé à la Loire. L'intérêt du massif réside dans sa grande diversité de milieux et de climats, ce qui permet sur un espace limité de rencontrer une grande diversité d'espèces, le pied pour les naturalistes en herbe que nous sommes.

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Les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) rejoignent leur dortoir. Dans le feuillage jaune or des peupliers, on devinne sans mal leur plumage noir. Le dernier comptage date du 16 décembre 2020 - pas moins de 208 oiseaux ont pu être dénombrés. En janvier 2020 ils étaient entre 230 et 250 et en janvier 2019 environs 240. Reste à voir si l'effectif restera constant ou s'effondra avec l'augmentation des tirs en 2019 et 2020, au risque de voir à nouveau les populations de ce bel animal mal aimé retombé très bas comme ce fût il y a encore peu le cas.

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Toujours depuis la digue, nous continuons notre exploration de la végétation à la longue vue et aux jumelles. Nous tombons sur quelques hérons cendrés (Adea cinerea). L'espèce est commune sur tous les continents, à l'exception de l'Amérique Centrale où il est absent, de l'Amérique du Sud où il ne se trouve qu'au Brésil et de l'Océanie où il est absent au sud (Australie et ses îles). Au Groneland et au Svalbard il se fait assez rare.

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C'est un des plus grand échassier de France avec une taille d'un mètre et une envergure de deux mètres maximum. L'espèce se porte plutôt bien depuis sa protection totale même s'il continue d'être braconnée de manière épisodique, car accusé à tort d'avoir un fort impact sur la piscifaune. La destruction des sites de reproduction, les héronnières, est la principale menace qui plane sur l'espèce. La raréfaction des milieux humides est également un facteur pouvant mener dans certains secteurs à sa raréfaction, faute de proies.

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Nous jettons un dernier coup d'oeil. La nuit tombant, il est temps de rentrer chez nous. Une bergeronette grise (Motacilla alba) sautille sur les paliers de pierre polis par le fleuve. Opportuniste, elle cherche des insectes, des larves et des petits crustacés pris dans les infractuosités de la roche. Très commune, elle a réussie à s'adapter aux infrastructures humaines pour en faire son terrain de chasse et de nidification.

Départ pour Irigny. Nous reviendrons, si la situation le permet, pendant l'hiver pour observer les verdiers, les pinsons du nord, les mésanges aux mangeoires et avec un peu de change, le bouvreuil pivoine que nous cherchons tant. La liste des oiseaux du secteur est impressionnante et comporte de nombreuses raretés, il nous tarde d'ajouter quelques nouvelles espèces à notre carnet pour l'année 2021 en sillonnant les berges.

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vendredi 25 décembre 2020

Dans les coulisses du Forum Mycorium.

DSCN5864_MomentDébut octobre a été une période d'une rare intensité pour moi. Mes restrictions médicales de sortie ont été levées. L'occasion de filler 4 jours pour m'établir avec quelques copains entre l'Ardèche et la Haute Loire. Ma venue n'est pas touristique. Elle est surtout motivée par la toute première édition du Forum Mycorium à laquelle je prends part, et qui est tenue par le Collectif Mycorhizes, association nouvellement crée et dont je suis membre. Covid-19 oblige, cette année nous n'avons pas pu inviter de public à participer aux sorties, ni mettre en place notre exposition mycologique ou d'atelier. Qu'à cela ne tienne, nous avons numérisé notre événement à 100% pour partager notre programmation au plus grand monde.

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Un pari réussi et soutenu par notre partenaire Ver de Terre Production, grace à qui vous pouvez retrouver les conférences et reportages du forum ICI. À l'heure actuelle, la diffusion de l'événement cumule 46 000 visionnages et je tends à penser que cela ne fait que commencer avec la série de vidéos à venir !

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Jeudi après-midi j'arrive à Saint Bonnet le Froid, dans la Haute Loire. Une très belle colonie d'hirondelles des rochers (Ptyonoprogne rupestris) est posée sur le clocher. J'en suis surprise, l'espèce se rencontre le plus souvent à proximité de grandes étendues d'eau ou de falaises. J'avoue être restée une petite demi-heure à les observer. Sur la première photo, on distingue bien la différence entre l'adulte dont le ventre est blanc, le dos gris et la gorge lègérement colorée; et le juvénile entièrement teinté de gris et dont des touffes de duvet restent visibles.

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Chaussures de rando aux pieds, panier à la main et couteau en poche, je pars voir ce qu'il y a dans le coin. Deçéption, les sous-bois comme les champs sont en grande partie vides. Les promeneurs sont nombreux mais les bons coins aussi. Il faut plutôt se tourner vers les conditions météos. Du vent, peu de pluie, des températuresélevées ... rien de typique pour un début octobre ni de propices à la pousse des champignons. Penaude je regagne le village en me disant que camarades, plus expérimentés, seront moins bredouilles.

DSCN575616 heures, c'est le moment de l'installation. L'équipe Marcon nous met à disposition dans un des hôtel une des salles de réunion. C'est ici que nous établissons notre QG pour les 3 jours à venir. Mon poste se situe essentiellement à être derrière un écran d'ordinaeur, à monter et à transfèrer les vidéos pour les jours suivant afin d'alimenter la diffusion en directe du forum. Nous avons connu quelques déboires avec le réseau internet (insérer blague sur la campagne de votre choix ici) mais dans l'ensemble et pour une première, nous avons de quoi être contents et fiers. La plupart de nos intervenants mènent leurs conférences depuis chez eux, néanmoins certains viendront prendre par aux échanges depuis cette salle. Pour autant pas de grandes déco pour cette année même si nous adorons ça, c'est la technique qui nous prendra tout notre temps et notre attention. Formés directement sur le terrain, une chose est sûre, nous sommes plus que parrée pour proposer le même service l'an prochain.

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Installation terminée. Nous voilà repartis, cette fois à deux, pour aller explorer le secteur. Nous arrivons devant un grand près couvert de fenouil des montagnes (Meum athamanticum). Cetet herbe est un trésor local. Récoltée puis conditionnée, elle est revendue pour la consommation humaine, le plus souvent aurpès des restaurateurs et autres tables étoilées. Son goût anisé ne laisse personne indiférent. C'est dans ce tapis parfumé qu'une famille d'amanites tue-mouche (Amanita muscaria), complétent parfaitement ce tableau d'automne.

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Nous finissons bien par rammasser quelques champignons et à nous en faire un petit panier pour les présentations des jours à venir, ouf ! J'ai même pu trouver mes tous premiers bolets à pied rouges (Neoboletus luridiformis) non sans émotions. Le jour commence à tomber, il fait sombre et nous mettrons un petit moment pour retourner à notre véhicule. L'occasion de poursuivre le chemin avec plaisir en ramassant quelques girolles (Cantharellus cibarius) et russules diverses malgré la nuit tombée. Soirée terminée, il est temsp de rentrer.

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Vendredi matin, nous nous levons tôt et quittons le gîte avec les premières brumes. La journée s'annonce chargée. Nous avons jsute le temsp de passer par le QG pour y déposer le matériel. Depuis la fenêtre, les moineaux domestiques (Passer domesticus) prennent le soleil sur le toit de l'église. Plus surprenant, quelques bergeronettes grises (Motacilla alba) en font de même. Je suis plus habituée à les voir dans les prés humides.

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Je n'ai pas le temps d'en prendre plus pour regarder les oiseaux, il est l'heure de passer aux choses sérieuses. Nous voilà au restaurant de Régis Marcon. Entre temps les copains sont arrivés dans la nuit de Gironde avec une belle cargaison de champignons dont ils ont pu lui faire don. Je salive devant les paniers et les cagettes pleines. Les préparatifs s'entâment. Il faut trouver le bois où filmer, faire chauffer les caméras et se mettre en route.

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J'ai totu juste le temps de lever les yeux au ciel pour voir passer au-dessus de nos tête un milan royale (Milvus milvus). Si la majorité d'entre-eux migre, une petite population reste active l'hiver, en particulier dans le massif centrale. C'est la deuxième plus grande connue d'Europe après celle des hivernants allemands. Queue en V, tête gris argentée, dessins blancs et noirs sous les ailes, plumage brun-roux ... l'identification en est vite aisé quand il passe si prêt. Essentiellement nécropage, il a pour habitutde de se nourrir des restent de poissons. Ici il se contente essentiellement des petits mammifères succombant au froid et des rares caracasses de gros animaux.

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Nous voilà d'attaque. Il est 9 heures et nous sommes 6 à parcourir les bois, dont deux à filmer et trois à discutailler. Pour ma part je me tiens derrière l'appareil photo. Ce matin, l'aggronome Jean Rondet, le chef trois étoiles Régis Marcon et le cueilleur professionnel Jérôme Legros sont réunis. L'objectif ? Discuter des questions de gestion forestière, de respect des ressources et du statut de ceuilleur pro. Il fait un peu froid mais l'ambiance est délicieuse. Dans les arbres les orites à longue queue, les mésanges noires et huppées ainsi que les becs croisés des sapins s'en donnent à coeur joie. Il m'est alors très difficile de ne pas lever les yeux pour les observer.

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Mise en situation, cueillette filmée, présentation des espèces et de leurs goûts ... nous ne voyons pas le temps passer et nous arrivons très vite à réunir nos 40 minutes de film et de mise en situation. C'est le moment de faire une pause et de débriefer autour d'un peu de bidoche. Ces quelques photos ne seraient retracer le récit, l'ambiance et surtout le contenu au combien passionnant des échanges de cette matinée. De ce fait, vous pouvez le retrouver à travers 8 courtes vidéos qui détaillent cette rencontre et dont j'ai pris grand plaisir à faire le montage.

Pour faire les choses bien, le Collectif Mycorhizes c'est doté d'une chaîne Youtube afin de diffuser en partie les vidéos de ses actions, conférences, sortie et de son forum. C'est l'occasion pour moi de faire un peu de montage même si cela reste très amateur. Ça me fait le plus grand bien car je me plonge dans un autre domaine, même si celui-ci reste plus ou moins lié à ma passion pour l'environnement et pour la vulgarisation.

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Changement de décor. Nous quittons la forêt pour entrer par la petite porte du restaurant étoilé. J'ai les yeux qui brillent, l'expérience est unique. Nous voilà plongés dans un univers que j'ai pu connaître il y a 10 ans, mais cette fois-ci à un niveau d'excellence dont je ne pouvais être spectatrice jsuqu'à lors que depuis mon écran d'ordinateur. Les gestes, les odeurs, les couleurs, les bruits ... tous mes sens sont en ébullition.

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J'ai même pu découvrir 4 grands plats. Nous venions alors juste de sortie du self du restaurant où nous avons pu manger avec les équipes. Cependant mon estomac semblait aussi léger qu'un plume au moment d'acceuillir ce filet d'anguille, le dôme de champignons, la poire au caramel de morille ou la poëlée de lactaires et pieds de moutons. Cependant la plume s'est envolée à mon retour devant l'ordinateur pour travailler toute ces images. Quel ravissement pour les papilles, je me sens chanceuse d'avoir pu vivre cette expérience.

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Le ballet des petties mains s'anime. Les plats sont fumés au génvirer puis mis sous cloche. Dans les casseroles les sauces crépites et les colverts dorent sur le coffre. Une flamme monte ça et là pour lécher une poële fumante. Sous le passe, c'est un travail d'orfèvre qui s'oppère. hauqe élément doit être à sa place. Les tuilles de légume subliment les pièces roties et les navets confis prennent place comme supports aux tranches de cèpes.

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Que de travail entre ces deux résultats. Les champignons arrivent dans l'arrière cuisine. Triés et nettoyés par les mêmes mains depuis des années, ils arrivent alors en cuisine. Chaque plat est accomodé selon l'arrivage car la ressource est parfois rare, d'autres absente car soumise aux caprices du temps et de l'environnement. Reste à accomoder les textures, les parfums et les couleurs. Le pied de mouton sera apprécié pour sa texture, la chanterelle pour son gout de sous-bois, la girolle pour son parfum d'abricot, le cèpe de châtaignier pour ses effluves de noisette et certains clitocybes pour leurs notes anisées ou de farine.

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L'initiation aux champignons n'est pas que dans le goût et dans l'assiette. Cette éducation passe aussi par les yeux et les oreilles. Un plateau de découverte est présenté à chaque table du restaurant. Il change au grès des saisons. L'automne on y trouve les champignons, au printemps les herbes sauvages et à l'été, les légumes rares de saison. De quoi piquer au vif la curiosité des convives et donner l'envie d'explorer les sous-bois.

121460891_1227299417651493_5297114796144947931_nAvant de continuer, il me faut vous dire quelques mots sur les Maisons Marcon. Tout commence avec un projet un peu fou : renouveller le bistrot familliale en lui donnant une patte locale : celles des champignons. Le projet grandi, tient bon et voilà qu'aujourd'hui la commune peut s'enorgueillir de son restaurant 3 étoiles, le Clos des Cimes mais aussi de son bistrot gastro la Coulemelle, de sa boulangerie la Chanterelle ou encore de ses hôtels et de ses gîtes.

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Les Maisons Marcon, c'est aussi une histoire entre un père, Régis, et un fils, Jacques. Ensemble ils mènent les cuisines et les projets. Entre France, Europe et Asie, ils recherchent et partagent ce savoir autour des champignons. C'est uen entreprise familliale qui a donné un souffle nouveau au plateau. C'est aussi un renoument avec une tradition très encrée. Le plateau du Vivarais a été plus ou moins toujours connu des lyonnais pour ses champignons et même dès le début du 20e siècle si ce n'est plus tôt. Le dimanche, il était de tradition pour la bourgeoisie de monter et de faire le repas dominicale autour d'un plat de champignons.

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Changement d'ambiance et de décor, nous sommes à nouveau avec Jean Rondet et Régis Marcon, mais cette fois-ci dans l'école de cuisine Marcon. Au programme : découverte de la lactofermentation des champignons afin de garder au mieux une récolte, et cuisine de deux plats emblématiques : la poëlée et la coulemelle en cordon bleu. De quoi avoir de nouveau l'eau à la bouche. Cette journée fleurte avec l'overdose culinaire.

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La cuisine en direct, c'est toujours surprenant et impresionnant. Les bocaux se remplissent et se vident à mesure des explications. C'est une expérimentation qui se déroule sous nos yeux, une première pour le chef guidé par les conseils de l'agronome. D'ordinaire ce sont ds vianaigres de girolles, des pickels de pied de moutons, des sels de champignons ou des huiles et des beurres de cèpes qui prennent place sur les fournneaux.

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Le décor nous plonge dans les recettes qui se déroulent sous nos yeux. Les épices sur les étagères, les livres en présentoir, les sucreries dans de jolis pots de verre ... j'aurai pu rester des heures dans cette cuisine à observer les casseroles accrochées aux murs. Régulièrement elle accueille en stage les passionnés pour s'initier à la cuisine des champignons. Qui sait, peut être qu'un jour j'enfillerai un tablier pour me mettre à ce plan de travail !

Si je n'ai pas détaillé la partie cuisine, c'est parce que nos deux spécialistes le font bien mieux que moi. Vous pourrez retrouver toutes les astuces et tous les conseils de la lactofermentation et de la préparation de la coulemelle en croque monsieur avec ces 4 épisodes,  disponibles sur la chaîne Youtube du Collectif Mycorhizes. Un moyen simple de comprendre toutes les grandes étapes de cette préparation pas à pas.

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Le terrain, c'est fini. Mon samedi et mon dimanche seront consacrés à monter, corriger et transmettre les vidéos du forum. Je trouverai aussi entre deux visio un peu de temps pour regarder ce qui compose le forum ou prendre un petit peu l'air. Si je n'ai pas pu profiter du dehors, j'ai pu m'éclater en régis à jouer les supports techniques, chose que j'adore. J'ai pu aussi à loisir revoir l'intégralité de ces 3 jours autour des champignons une fois le forum terminé. C'est le cas pour cette passionnante sortie en forêt animée par le biologiste Marc André Selosse.

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Différence en vraies et fausses girolles, lichens à parfums, polypores tueurs, couper ou arracher, champignons mangeurs de ... champignons, il y a de quoi être surpris. Un vrai régal pour ma part, qui me donne fortement envie d'être en 2021 pour prendre part aux festivités du prochain forum. Revenons dans la sapinière, contrairement à ce que je pouvais penser à mon arriver, la forêt recèle de champignons, parfois bien cachés, parfois très présents. Il suffit alros de lever les yeux vers les cimes pour s'en rendre compte.

Et comme toutes les sorties et ateliers présentés ici, vous pouvez retrouver l'intervention de Marc André Selosse à travers 1 heure de reportage sur Ver de Terre Production mais également sur notre chaîne Youtube à travers 23 mini épisodes de 2 à 4 minutes. Cette série à vocation de mettre en avant les apport théorique à travers un format court mais également, à servir de support en répose aux nombreuses questions qui peuvent se poser sur les forums et les groupes facebook autour de la mycologie au sens large. Parmi les autres reportages à découvrir, une conférence passionnante et passionnée du mycologue et maître de conférence Pierre Arthur Moreau sur les morilles et bien d'autres surprises que vous pourrez découvrir sur notre site internet !

Et oui ! Nous avons désormais tous les outils nécessaire à communiquer sur nos actions ! Un site internet que vous pourvez retrouver ICI, un groupe Facebook que vous pouvez retrouver , et enfin la fameuse chaîne vidéo qui figure juste . Pour réccupérer toutes les infos, voici la liste des liens utiles pour nous découvrir :

LE SITE : https://collectif-mycorhizes.wixsite.com/association

LE FACEBOOK : https://www.facebook.com/groups/MycofloreDeLaManche

LA CHAÎNE VIDÉO : https://www.youtube.com/channel/UCuscd44p3sfvx_wGwmLgoaw

Episode 1             Vignette Forum Mycorium - Ep 2

jeudi 17 décembre 2020

Sortie en campagne 17 : du fleuve au fort.

DSCN5584Septembre, au bord du Rhône. Nous nous accordons un peu de répis le long de l'eau. Je suis soumise aux heures de sortie encore, les ballades se font alors le plus souvent après 16 heures ou en début de soirée. Cela correspond tout à fait à l'été indien que nous rencontrons et qui se poursuivra jusqu'à novembre, mais pour l'heure nous ne le savons pas encore. Il y a beaucoup de monde. Motocross, pêcheurs et randonneurs s'en donnent à coeur joie sous fond de musique techno. Malgré tout, nous réussissons à nous trouver un petit coin de calme pour pique-niquer sur une des rives et sous les arbres au frais. La faune est relativement absente en raison du bruit et la plupart des fleurs sont passées ou désséchées avec les fortes températures. Nous avons tout de même la chance de voir quelques oiseaux comme un martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis), et j'en suis plus que ravie. Cela me rappelle Oullins avec plaisir.

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En plein repas nous regardons au-dessus de la raffinerie qui nous fait face. Au loin, un vol de 50 cigognes blanches (Ciconia ciconia) entame sa migration arpès s'être levé doucement dans les airs. Elles ont du passer la matinée du côté de Corbas dans les grandes plaines de cultures et profitent des thermiques pour reprendre leur route. Équipés de jumelles, nous assistons à leur lent départ en direction de la Camargue puis de l'Afrique.

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À quelques lieux de nous, une mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus) se rafraîchie. Il est rare d'en croiser dans le coin à cette période de l'année, la plupart étant encore du côté de la Loire et des zones cottières pour nicher. Les mouettes se réunissent sur les plans d'eau par centaines, parfois par milliers. Elles y confectionnent leurs nids à partir de joncs et les dissimulent dans la végétation. Dès la naissance les poussins le quitte pour suivre leurs parents à la nage. On parle alors de poussins nidifuges.

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Nous partons un peu plus loin, direction Gringy pour la base nature du SMIRIL. Arrivés sur place nous trouvons sur le tronc d'un arbre mort un superbe polypore soufré (Laetiporus sulphureus). C'est un champignon que j'apprécie beaucoup pour sa consistance tendre et ferme à la fois. Je le cuisine le plus souvent comme de la volaille braisée, dans une poêle avec un peu de matière grasse et pour finir, avec beaucoup de fromage.

DSCN5593La faune se montre ici un peu plus diversifiée. Les mésanges notamment dont nous croisons 3 espèces différentes. Ici c'est la mésange bleue (Cyanistes caeruleus), une habituée des mangeoires l'hiver et qui peut se montrer aggressive face à d'autres oiseaux concurrents malgré sa petite taille. Septembre sonne la fin de la reproduction de l'espèce. Le plus souvent deux nichées sont menées à terme mais il n'est pas rare d'en voir une troisième chez les couples les plus productifs. Les oisillons mettent une vingtaine de jours à devenir indépendants et à quitter le nid. Il leur en faudra encore 2 à 3 de plus pour quitter également leurs parents qui profitent de ce labs de temps pour les former au monde extérieur. Hélas pour eux, une grande partie des jeunes ne survivent pas à leur première année, les prédateurs, les intempéries et les maladies ayant raison d'eux. Néanmoins les effectifs semblent stables.

DSCN5590Du sommet des bosquets, un drôle de liane verte a fait son apparition. Il s'agit du houblon grimpant (Humulus lupulus), une vivace bien connue pour parfumer la bière.Cependant, ce sont les cultivars, les versions cultivées qui est employée car plus parfumées. Il s'agit ici de l'espèce sauvage. Elle a longtemps souffert de la même réputation que le lierre, bien que cela soit faux pour l'une comme l'autre. Les romains pensaient que le houblon suçait la sève des arbres. Dans les faits il ne se sert des autres végétaux que comme tuteur.

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Si le houblon ne fait pas forcément le bonheur des oiseaux à l'arrivée de l'automne, deux autres arbustes remplissent sans mal cette fonction. À gauche, il s'agit du sureau yéble (Sambucus ebulus), un sureau arbustif aux baies sombres et toxiques pour l'Homme, mais fort nourrissantes pour les petits passereaux migrateurs comme les fauvettes.Des frutis on peut obtenir une jolie teinte violine. À droite, il s'agit de l'aubépine monogyne (Crataegus monogyna), dont les cenelles rouges sont comestibles. Farineuses, on peut en tirer profit en confiture après les avoir cuites et passées au moulin. Anciennement, elles étaient séchées puis moulue pour confectionner une farine dite du "pauvre", de la même manière que les sorbes.

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Et puis il y a les reines de la mare. Sur le SMIRIL on en compte de nombreuses et toutes sont peuplées de grenouilles vertes (Pelophylax kl. vert). S'il est difficile de définir l'espèce en raison des nombreuses hybridations, on peut en déterminer le complexe à l'aide de quelques critères simples comme la présence de deux bandes marquées sur le dos, ou la couleur des sacs vocaux. Même là rien n'est sûr et seule la génétique peut trancher.

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Un frelon européen (Vespa crabro) s'est posé au milieu de la mare. Face à une grosse grenouille, je ne sais pas lequel des deux est vainqueur. La teinte rouge de son torax et sa taille permettent d'exclure le frelon asiatique (Vespa velutina), qui est parfois appelé frelon jaune bien qu'il soit majoritairement noir. Bientôt le froid et le manque de nourriture aura raison de sa colonie, et seules les jeunes femelles suvivront en se mettant en dormance dans la litière ou derrière une écorce. Le nid quand à lui sera détruit par les éléments, et les rares larves restantes, dépourvues de protecteurs, serviront de nourriture aux petits oiseaux.

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Changement de paysage, nous partons pour le fort Montcorin au nord de la commune. Ce fort millitaire sert de local à certaines associations sportives mais aussi, de vollière géante au gardien du fort. Si de nombreux oiseaux d'élevages assez surprenants peuvent y être observés comme des races rares d'oies, de canards ou de poules, on trouve tout autant de petits oiseaux sauvages. Parmi ceux-ci, on trouve les orites à longues queues (Aegithalos caudatus). Longtemps appelées mésanges, elles ont été sorties de cette famille et ont depuis pris le nom d'orites. Grégaires, le plus souvent on les entend avant de les voir.

DSCN5630Nous empruntons le petit sentier foréstier. J'adore me promener ici car il y a toujours des animaux à observer, en particulier les pics. Deux espèces sont particulièrement présentes, le pic épeiche (Dendrocopos major) et le pic vert

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(Picus viridis). Si le premier est plutôt forestier, le second s'aventure sans crainte dans les vergers où il cherche sa nourriture (fourmis, insectes) à même le sol. Au détour d'un virage nous tombons sur une loge. Creusée par le pic à l'aide de son bec et de patience, c'est là qu'il niche. Le diamètre d'un trou permet à coup sûr de savoir de quelle espèce il s'agit, le diamètre étant propre à chacune d'entre elles. Ici on peut suppose sans mal que c'est le pic vert qui demeure. Reste à attendre le printemps pour nous mettre en affût et peut être voir l'envol des jeunes.

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De petits piaillements se font entendre, suivis d'une multitude de boules de plumes vertes, jaunes, blanches et grises. Il s'agit de roitelets triple bandeaux (Regulus ignicapilla), le plus petit oiseau d'Europe avec son cousin le roitelet huppé (Regulus regulus). Pour les différencier, le premier possède une bande blanche au dessus de l'oeil. La femelle possède un bandeau jaune vif alors que celui du mâle tire sur l'orangé.

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Principalement insectivore, il doit en période hivernale manger l'équivalence de son poids chaque jour pour survivre, ce qui représente 5 à 6 grammes. Il peut alors incorporer un peu de nourriture végétale, principalement des graines qu'il glane en groupe, parfois avec d'autres passereaux, à basse et mi-hauteur dans la végétation. Il quitte rarement le sous-bois et affectionne les peuplements de conifères. Il se rencontre parfois dans les jardins.

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Le paon bleu et l'une des 3 espèces de paons. Sauvage comme domestique, elle est la moins menacée.

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On passe du tout petit au très gros. Au fort, une grande basse-cour anime les fossés. Parmi les canards, dindes, oies et poulets, plusieurs couples de paons bleus (Pavo cristatus) déambulent. Non plumés, ils partent parfoisdans les vergers se promener mais jamais très loin et très longtemps. Empruntant le chemin que les oiseaux prennent régulièrement, nous avons pu trouver quelques belles plumes car les animaux sont en pleine mue. Elles trônent fièrement dans le salon et font le bonheur du chat qui adore les mâchonner.

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Un autre oiseaux, cette fois-ci originaire de nos lattitudes, aborde de jolies plumes bleues. Il s'agit du geai des chênes (Garrulus glandarius), un corvidé connu pour ses couleurs vives et ses cris rauques. Opportuniste, il se nourrit essentiellement de glands d'où son nom, de fruits, de noyaux et occasionnelement d'éléments carnés : oisillons, charognes, insectes etc. Fin septembre, les geais tournent dans le verger à la recherche des pommes, des kakis et des poires tombés des arbres avant récolte et inaptes à la commercialisation.

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En retournant en direction du village, nous tombons sous une autre espèce de liane européenne, la clématite des haies (Clematis vitalba). Appelée herbe aux gueux, elle était utilisée dans le passé par certains mendiants pour créer des ulcères sur la peau et attirer la pitié. Elle est aussi connue dans le film "La gloire de mon père", même s'il semblerait qu'il s'agisse plutôt de sa cousine la clématite brûlante (Clematis flammula), plus suddiste.

DSCN5707Retour à la maison. J'ai craqué, me voilà avec une ribambelle des livres. Je peine encore à m'y mettre mais je commence à trouver le temps et l'envie de me mettre au lit avec un bon livre. J'ai envie d'explorer cet hiver le monde de l'alimentation par une entrée sociologique et anthropologique.

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En attendant, j'observe les oiseaux de ma fenêtre. Un soir un choucas des tours (Corvus monedula) est venu se poser sur le clocher qui fait face à notre appartement. Certains jours, à la tombée du soleil, nous en voyons plus d'une centaine partir en direction de Lyon pour gagner leur dortoir, que nous pensons avoir peut être trouvé. Des corneilles noires (Corvus corone) suivent le même chemin matin et soir. Les corvidés ont beaux être mal-aimés, je ne peux m'empêcher d'en faire mes animaux préférés.

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dimanche 6 décembre 2020

Cygnes d'ici et d'ailleurs.

DSC07721Quand on parle de cygne, on pense tout de suite à un animal au plumage blanc immaculé, au cou gracile et au chant discret si ce n'est absent. En réalité, il n'en est rien. En France on trouve cinq espèces de cygnes : trois sauvages et deux exogènes. Pour le moment nous n'avons pu observer que trois des cinq mais cela ne serait tarder.

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En effet au compteur, il nous manque le cygne de Bewick (Cygnus columbianus bewickii)  qui ne se trouve que très rarement en Auvergne Rhône Alpes et le cygne à cou noir (Cygnus melancoryphus), une espèce originaire d'Amérique du Sud et présente parfois dans les jardins.Il nous en manque deux autres qui eu, sont bien trop loin pour nous. Figure à la liste le cygne trompette (Cygnus buccinator) vivant du coté de l'Amérique du Nord, et le cygne siffleur (Cygnus columbia columbia)  présent pour sa part au Nord du Canada. Tous deux possèdent un bec noir.

DSC07830Le cygne tuberculé

Voici un beau cygne tuberculé (Cygnus olor). C'est le plus commun et le plus connu de tous. Appelé aussi cygne muet en raison de son cri étouffé voir absent, on le croise dans une grande partie de la France, de préférence dans la moitié nord. Il s'observe dans les milieux humides, plus particulièrement sur les lacs, les rivières et les fleuves. L'historicité de sa présence dans le pays fait débat. Il a été pendant longtemps considéré comme exclusivement d'origine asiatique. On pensait alors qu'il avait été importé en Europe au court des siècles par les migrations humaines successives. Les dernières recherches paléontologiques et historiques tendraient à monter que c'est une espèce indigène présente depuis plusieurs milliers d'années, manque même de peu de disparaître au Moyen Âge car très chassé. Il doit son salut aux douves des châteaux qui lui servant alors de refuge, la noble volaille devenant alors un animal d'ornement.

Voici une carte de sa répartition tirée de l'INPN (Inventaire National du Patrimoine National), un site extrêmement utile pour se renseigner sur les espèces, leur nom et leur statut de protection. Chaque point vert est une donnée de cygne enregistrée. On peut également voir la même chose sur le site faune-france.org pour peut que l'on y rentre quelques données. On peut voir à quel point les massifs montagneux ne sont pas sa tasse de thé.

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Les cygnes tuberculés sont des oiseaux étant parvenus à s'adapter à une grande variabilité de milieux et qui n'a pas peur de fréquenter l'homme ce qui ne leur réussit pas toujours. Dans le lit du Rhône, on les trouvent parfois noyés, retenus par les filets, les déchets et les lignes de pêche qui jonchent le fond de l'eau. On les voit aussi mourir de malnutrition, le pain donné sans penser à mal étant toxique pour eux. On a pu ainsi retrouver l'hiver dernier 70 cygnes morts à la surface d'un lac, empoisonné par du pain détrempé où une bactérie toxique à pu s'installer. On observe aussi de forte carence, le pain et autres gâteaux n'étant pas du tout une nourriture auquel leur organisme est adapté. Torsion de l'estomac, plumes inaptes au vol ou panse gonflée, ce ne sont là que quelqu'unes des conséquences. Certains deviennent même incapable de se nourrir par eux mêmes.

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On l'oublie aussi souvent, mais il s'agit là de l'oiseau sauvage le plus gros de France métropolitaine, avec pour les plus beaux spécimens 13 kilos au compteur. En quelques chiffres, le cygne tuberculé c'est 1,60 mètre du bec à la queue, soit ma taille, 2 mètres à 2 mètres 40 les ailes ouvertes et 20 ans de vie. Bref, un animal aux dimensions imposantes et uqe, je trouve, on ne valorise pas assez aux vues de ses exceptionnelles capacités. On peut pour finir revenir sur son tubercule noir au dessus de son bec orange. Celui du mâle est plus gros que celui de la femelle, mais bien aisé est celui qui arrivera au premier coup d'oeil à en faire le distinguo.

DSC05660 (2)Le cygne chanteur

On peut le dire, le cygne chanteur (Cygnus cygnus) n'est pas le plus courant des cygnes européens, loin de là. Comme son nom l'indique, c'est un oiseau au chant élégant et puissant, là où le cygne tuberculé se fait muet. Sa répartition est Eurasienne, et on le trouve avant tout au nord, en grande partie en Russie où les lacs de taïga et les tourbières qu'il affectionne sont nombreux et nombreuses.  On pourrait aisément le confondre avec le cygne de Bewick (Cygnus columbianus bewickii), mais le jaune du bec chez ce derneir ne va pas jusqu'aux narines du bec. Bien qu'il se ressemblent, le cygne de bewick est plus proche du cygne siffleur (Cygnus columbianus columbianus) dont i lest une sous-espèce que du cygne chanteur.

Toujours sur l'INPN (Inventaire National du Patrimoine Naturel), la carte laisse cette fois-ci voir une répartition bien différente pour l'espèce. Si quelques couples nichent ça et là, la plupart des reproductions se font dans le nord de l'Europe. Petit focus sur l'unique point en Savoie. Le cygne chanteur de ces photo, c'est celui qui correspond à ce pixel vert. Présent depuis septembre 2019 dans le secteur, il semble se plaire en compagnie de cygnes tuberculés, au point de ne pas les quitter et d'être encore présent au 5 mars de cette année.

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Plus grêle que ces camarades, il peut néanmoins peser jusqu'à 11 kilos, avoir une envergure de 2 mètres à 2 mètres 40 et une taille d'un mètre 65. Il reste de ce fait un oiseau aux belles dimensions. Son chant et son cri ne vont pas sans rappeler ceux des oies mais en plus aigus, ce qui justifie un peu plus le surnom d'oie blanche donné aux cygnes. Le port e sa tête très anguleux est aussi un moyen aisé de le différencier des autres espèces.

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Quelques individus nichent dans la Dombe. Le nid se compose de gros végétaux, de roseaux et d'herbes aquatiques. Entre avril et juin, jusqu'à 8 oeufs peuvent être pondus. La couvaison est longue, jsuqu'à 6 semaines. Les poussins sont élevés par leurs parents pendant plusieurs mois. Pendant cette période, les jeunes ont besoin d'une grande étendue d'eau car même après leurs premiers vols, leur poids ne leur permet pas de parcourir de grandes distances. Il leur faut alors muscler leurs ailes pour pouvoir s'émanciper. Grégaire, on en observe de belles colonies un peu partout comme en Scandivanie mais aussi au Japon où il passe aussi l'hiver.

DSC07794Le cygne noir

Comparé aux deux précédents, le cygne noir (Cygnus atratus) détone. Plumes noirs, bec rouge-orangé barré de blanc, pattes courtes et sous plumage blanc, on est loin de la blanche oie. Seul le cygne à cou noir (Cygnus melancoryphus) peut s'en rapprocher. Plus petit, il mesure en moyenne un mètre 40 pour un mètre 60 à 2 mètres d'envergure pour un poids de 3,7 kilos à 8,7 kilos et 20 ans de vie. Il y a trois ans, une redécouverte agite la communauté scientifique. Des ossements exhumés en 1864 laisse entendre l'existence passé d'une nouvelle espèce de cygne disparue depuis. Cette découverte est faite par le naturaliste Henry Ogg Forbes et l'animal est nommé Cygnus sumnerensis. Le temps passe, et cette classification est discutée pour être finalement réfutée et les os sont attribués à Cygnus atratus. Coup de théâtre, des tests ADN relèves en 2017 qu'il s'agit bien d'une espèce à part entière, séparée il y a un à deux millions d'années du cygne noir. Celui-ci plus gros, aurait disparu aux alentours des années 1500 avec l'arrivée des premiers Maoris.

Introduit en Europe comme oiseau d'ornement dans les jardins et les parcs, certains ont pu s'échapper. Ainsi on peut en trouver un peu partout en France. Dans le Rhône, on peut en observer deux couples, l'un à Miribel Jonage, l'autre du côté de Confluence. Cocasse quand on sait que c'est une espèce originaire d'Australie. Notre climat plutôt rude pour une espèce habitué à la chaleur ne semble pas poser problème.

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Autre fantaisie, les plumes de celui-ci semblent froissées, ressemblant à de jolies froux-froux. Son cri discret rappel le couinement des jouets pour chien, d'un clairon mal mené mais aussi d'un passereau au chant aigu. En période de reproduction les mâles deviennent agressifs et constitue un vaste territoire où il invite une compagne à nicher. Cependant on observe sans mal des couples faire leur nids à proximité sans que cela n'entraîne d'hostilité de part et d'autre. Comme les autres cygnes, il se nourrit de végétaux aquatiques et d'herbes de rivages, leur bec plat et strié étant spécialisé dans l'arrache et la découpe des brins les plus tendres.

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Mis à mal à l'arrivée des colons car très chassé, il trouva le salut dans les zones humides peut accessibles de l'Australie. Inapte au vol pendant la mue, il en devient une cible facile. Son introduction en Nouvelle-Zélande et sa protection au 20e lui on permit de connaître un développe rapide, au point qu'aujourd'hui des mesures sont prises pour limiter les grandes populations qui peuvent causes des dégâts aux cultures. En effet, les rares zones humides et les marais ayant souvent été transformés en champs et pâturages, les cygnes noirs sont souvent amenés à parcourir ces territoires, faute d'habitat naturel adapté à ses besoins.

Voici une courte présentation pour les trois espèces qui nous ont été donné de voir ces deux dernières années. Nous espérons bien sûr, croiser le cygne de Bewick, mais pas au point de forcer la rencontre, le moment viendra quand celui-ci le voudra bien se montrer. Cela nous laissera le temps de nous préparer, l'animal étant particulièrement farouche. Il serait dommage d'écourter une observation si attendue. La suite au prochain épisode.

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