Pendant quelques semaines, nous avons dû apprendre à changer nos habitudes. Nous ne sommes pas à plaindre, même si nous vivons dans un petit appartement en ville, il y a mille choses à faire et à voir. Voici le retour de ce que nous avons pu voir, vivre et expérimenter quotidiennement pendant ce confinement. Un journal de bords en sommes pour garder un souvenir de ce début de printemsp 2020.

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DSCN1621Jour 1 : Vivre sa maison.

On ne se laisse pas abattre, sans être plein, le frigo n'est pas vide. On s'installe pour la première journée aussi confortablement possible que nous le permet notre appartement de 29 m². Rouleaux de printemps maison, Twitch, Youtube, blog ... ce premier jour à des airs de vacance sans en être. Pour l'heure je suis dans l'attente des retours de ma direction. Chômage partiel, télétravail ... je suis dans le flou comme la plupart des entreprises et des associations devant faire face à une situation inédite. Je prends mon mal en patience et profiter de ma journée au lit.

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DSCN1624Jour 2 : Colère et incompréhension.

Grande nouvelle, je passe en télétravail. On pousse les meubles, on réorganise l'espace et on s'autorise 2 min à l'exterieur pour aller chercher les chaises de camping, histoire de pouvoir s'assoir ailleur que dans le canapé. Pas de jardin ni de balcon pour nous, mais deux fenêtres qui donne sur l'Yzeron, petite rivière au parcours urbain, un alignement d'abres ensauvagé et une magnifique barre d'immeuble. Pause de midi, je passe la tête dehors, deux gugus s'amusent à faire du bateau dans les 50 cm de fonds du cours d'eau. Idée brillante en cette période !

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DSCN1627Jour 3 : C'est le bordel.

Troisième jour de confinement, deuxième jour de télétravail et c'est déjà un poil le bazar. Il faut apprendre s'organiser pour vivre 24 h sur 24 h à deux dans un petit espace, même si ce n'est pas la première fois que nous nous retrouvons enfermé ensemble pour une longue période. Le linge sèche sagement dans un coin, le courrier s'entasse sur le canapé et nous retrouvons le plaisir de veiller tard, avec notamment la redécouverte de Stalker et de Zootycoon, deux jeux de notre enfance qui promettent de longues nuits sans sommeil. C'est l'occasion de jeter une oeil dans la bibliothèque.

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DSCN1636Jour 4 : Les corneilles noires.

Nous profitons d'une pause à 13 heures pour regarder dehors. Les oiseaux n'ont pas changé leurs pratiques, et nous prenons plaisir à voir que le couple de corneilles noires (Corvus corone) semble couver enfin. Nous allons de ce fait pouvoir suivre au fur et à mesure des jours l'évolution de la nidification. Elles ne sont pas les seules. À quelques mètres de là, un couple de merles noirs (Turdus merula) a choisi un arbre couvert de lierre pour s'installer et commencer à fonder leur famille. Malgré cela et pour la première fois, je suis complètement abattue par la situation.

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DSCN1648Jour 5 : Michel trouve l'amour !

Vous souvenez-vous de Michel et Jean Claude, les deux pigeons que nous avons élevé l'été dernier ? Si Jean Claude ne passe nous voir qu'une fois par semaine, Michel est là presque tous les jours à défendre son bout de rebord de fenêtre dont il a fait sa maison. Depuis peu il n'est plus seul et est accompagné d'une très belle pigeonne, au haut pedigree puisque celle-ci est baguée des bagues rouges et blanches des pigeons de concours ! Sacré Michel. Reste à savoir ce qui a convaincue cette dame pigeon de rester sur notre quartier d'Oullins plutôt que regagner son pigeonnier.

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DSCN1652Jour 6 : Retour à la base, l'orchidophilie.

Je me remets dans la botanique et surtout dans les orchidées. Quel plaisir trop longtemps oublié ! Sur le groupe facebook - Plantes sauvages "à découvrir" - que j'administre avec bien d'autres (pour ne citer que Nicolas, Natacha, Fabienne, Martin, Giles et Eric), on fait chauffer nos méninges pour répondre à toutes les demandes qui affluent pour identifier les plantes des jardins mais aussi les archives photos dans lesquels certains se sont replongés. Cela me change les idées et me fait oublier pour un temps la musique du voisin qui tourne en boucle depuis le premier jour ...

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DSCN1665Jour 7 : Un gâteau doublement maison.

Qu'il est bon ce gâteau, toujours en intérieur certes, mais auprès de ceux que j'aime, la visioconférence étant salvateur dans une situation comme celle-ci. Les presque 28 bougies souflées, il est temps de se mettre au lit. La journée a été bien remplit, le télétravail n'étant pas de tout repos. Entre les visioconférences, les dates à déplacer, les partenaires à contacter, les coûts à estimer et les nouvelles propositions à faire, il y a de quoi trouver du travail pour quelques jours. Les écoles et les centres d'acceuils pour mineurs sont fermés jusqu'au 4 mai. Pour l'animation nature, on oublie.

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DSCN1661Jour 8 : Ceux qui sont en famille.

Ils sont revenus ! Il y deux jours ces 10 petits canetons et leur mère étaient passés sous nos fenêtres sans donner de nouvelles depuis. Les voilà de nouveau en bas de chez nous à barboter joyeusement dans l'eau de l'Yzeron, au milieu des croûtons de pain, des pigeons et des rats surmulots. Tous les ans nous avons droit à ce spectacle qui nous réjouit. Il y a deux ans, nous avons même pu suivre les aventures d'une canne avec 21 petits et qui conduisit 19 d'entre eux à l'âge adulte, remplissant le canal de canards, avec une journée records avec 75 colverts dont 59 canetons.

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DSCN1702Jour 9 : Révélation !

Cela fait longtemps que nous nous demandons ce qu'est cet arbre qui, en face de chez nous, prend une jolie teinte sur ces branches quand les autres sont encore nus. À chaque fois nous avons raté le court moment où sont à profusions ces drôles de feuilles-fruits. Penchés sur la fenêtre, nous avons pu percer le secret de cet arbres, il s'agit d'un orme champêtre (Ulmus minor) ! Nous profitons de notre chance, la plupart des ormes mourant passé la vingtaine de la graphiose, une maladie dû au Ophiostoma ulmi, un pathogène ayant conduit à la raréfaction de l'espèce.

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DSCN1671Jour 10 : Se sentir unis.

Je me sens un peu seule dans notre imeuble. D'ordinaire nous croisond rarement des gens mais là, c'est désert. Ne se manifestent à nous que deux voisins avec la musique qui tourne à fond, ainsi que le chantier d'en face où les crachats s'accumulent dans la cours et où les gravats vont jusqu'à bloquer les portes de locataires furieux. Heureusement, 20 heures sonnent. Décrié par certains, ce moment c'est un bol d'air. On frappe des mains, on allume des bougies, on crie et le temps d'un instant on se sent un peu moins inutile, juste uni avec la barre HLM d'en face où tout le monde joue le jeu.

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DSCN1704Jour 11 : Quand les souris dansent.

Nous avons toujours eu l'habitude de voir passer des chats à nos fenêtres. Depuis quelques jours, ils sont plus nombreux et se montrent aussi bien en journée qu'à la tombée de la nuit. Si certains semblent sauvages, la plupart sont des chats d'appartements qui s'offrent de temps à autre une petite escapade. Si cela peut sembler amusant, il ne faut pas oublier que les chats domestiques en sont une des principales causes de disparition des oiseaux, pas moins de 12 millions pour la France métropolitaine. Ici, ils semblent plus attirés par la sortie des égouts où les rats sont nombreux

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DSCN1713Jour 12 : La nature s'éveille.

Un autre coup d'oeil par la fenêtre, un autre arbre. Le reconnaissez vous ? C'est l'erable mais pas n'importe le quel, l'érable plane (Acer platanoides). Je n'ai jamais vraiment pris le temps d'admirer sa floraison, maintenant je le regrette. Si en premier lieu on peut penser à un bouquet de feuille de loin, en prenant le temps de lever les yeux on s'apperçoit qu'il s'agit en réalité de fleurs vertes disposées en délicats bouquets tels des pompons au sommet des branches de l'année. L'érable plane peut tout aussi bien être monoïque ou dioïque, les fleurs des deux sexes étant semblables.

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DSCN1741Jour 13 : Michel, le retour à la maison.

Nous y avons cru mais hélas, Michel est de nouveau seul, sa pigeonne n'ayant pas montrer depuis le bout de son bec. La période est tendu pour les pigeons bisets des villes (Columba livia). Les passants les nourrissent moins et sur notre fenêtre, la bataille fait rage. Convoité de tous, ce poste d'observation est devenu LA place pour séduire de la donzelle et grappiller quelques miettes. En guerrier, Michel défend avec honneur son chez lui et, de cette lutte, aorde même une vilaine cicatrice au coin du bécot. Fort heureusement, la cicatrice semble disparaître peu à peu.

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DSCN1745Jour 14 : Les oubliés de l'Hiver.

La plupart des mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) ont pris le large, en particulier dans la Loire où se trouve l'un des plus grands sites de reproduction de France et d'Europe. Depuis nous ne voyons plus les grands rassemblements qui se formaient devant chez nous. Pourtant, celle-ci semble avoir loupée le coche. C'est bien normal, il s'agit d'un jeune individu reconnaissable à sa tête dépourvue de noir en cette saison et à ses plumes brunes visible sur les ailes et la queue. Il lui faudra attendre l'an prochain pour s'envoler en direction d'autres contrées.

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DSCN1762Jour 15 : Il y a de l'amour dans l'air.

Outre la guerre qui fait rage sur notre rebord de fenêtre, le bout bétonné de la rivière Yzeron qui passe devant chez nous fait lui aussi l'objet de convoitise. Depuis quelques jours le jeune cygne qui aimait y séjourné ne se présente plus, chassé par un couple fort agressif qui doit aussi dissuader quatre autres cygnes tuberculés de s'y installer (Cygnus olor). Cependant, le temps n'est plus à l'affrontement mais à l'amour, les eux tourtereaux ayant engagés cet après-midi un bal amoureux. Peut être les verrons-nous comme chaque année, se promener avec leurs cygneaux.

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DSCN1794Jour 16 : Petit baigneur.

Un joli rat gambade sur la rive d'enface. Il profite de l'absence de promeneurs pour se jeter à l'eau pour un bon bain, toujours en prenant garde de ne par trop s'éloigner de la terre ferme, de gros poissons venant chasser dans la rivière. Les rats ont mauvaises presse. Vecteurs de maladies, vivants dans les égouts et se nourrissant de nos déchets, ils ont peu de choses pour eux au premier abord. Et pourtant, affectueux, intelligents, s'adaptant à bien des conditions et des situations, faisant preuve d'organisation, je trouve pour ma part qu'ils ont tout pour plaire. Je les adore.

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DSCN1852Jour 17 : C'est la guerre !

Ce matin dans les arbres, c'est la guerre. Les geais des chênes (Garrulus glandarius) braillent à plein poumons. Régulièrement nous en entendons plus que nous voyons 4 à 6 individus se faisant chamaille. La nidification approche et les couples deviennent territoriaux. Tout cela n'est pas vu d'un bon oeil par les deux corneilles noires (Corvus corone) qui nichent dans le grand platane qui surplombe. De ce côté là rien de nouveaux, la nidification ne semble pas évoluer. Nous sommes impatient de voir les oisillons réclamer leur premier repas à leurs parents.

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DSCN1886Jour 18 : Incroyable observation.

Restons avec les corneilles noires (Corvus corone). Nous avons assistés à une scène plus que rare. Au milieu de l'eau, à 40-50 cm de la rive, une corneille se jette dans l'Yzeron, s'immergeant le bas ventre. Elle en ressort de là avec un poisson dans les doigts et part le déguster sur une branche. Preuve de cette action unique, les écailles sur son bec. Si cela est un peu documenté sur la côte, on n'en retrouve pratiquement pas de traces dans les lacs et les rivières ce qui nous laisse baba. Un exemple ICI, relaté par Ornithomedia et la spécialiste du muséum de Paris Marie-Lan Taÿ Pamart.

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DSCN1845 (2)Jour 19 : Ils sont là !

Cela fait plusieurs jours que nous attendons fébrilement le retour des martinets à ventre blanc (Tachymarptis melba). Les voilà enfin ! C'est un oiseau que nous portons tout particulièrement dans notre coeur. Les premiers cris entendus nous ont fait bondir de joie. En y regardant de plus près, bien que la photo ne soit pas des plus nettes, ils n'étaient pas seuls ce jour là, un épervier d'Europe (Accipiter nisus) semant a zizanie dans le groupe de la quinzaine de martinets en lors en chasse. On peut alors aisément comparer la dimension des deux oiseaux.

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DSCN1964Jour 20 : Première sortie.

C'est notre toute première sortie autre que vivrière depuis le début du confinement. On en profite pour faire tourner la voiture, Thomas reprenant le travail le lendemain dans les vergers. C'est l'occasion pour moi de voir de plus près les centaines de poissons que nous observons depuis la fenêtre quand nous avons besoin de nous changer les idées. Parmi eu une carpe koï (Cyprinus carpio haematopterus). On peut supposé qu'elle a été relâchée là ou bien que, utilisée comme leurre vivant pour la pêche, elle ait réussi à s'échapper et à survivre pour atteindre cette taille.

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DSCN1807 (2)Jour 21 : Toujours l'attente.

L'attente des chauves-souris. Depuis le 1 avril, nous observons le ballet des chiroptères devant la fenêtre. Début avril nous en croisions une téméraire survolant l'Yzeron, allant jusqu'à se percher dans les arbres. Depuis, elle ne semble plus vouloir passer devant notre fenêtre. Difficile de savoir qui elle est, et si son comportement donne des indices, une photo de sa tête serait la bienvenue. Désormais, la belle et certaines de ses comparses, se sont mises à tourner au sommet de la barre HLM nous faisant face. Autant vous dire que l'on est mal parti pour les saisir sur le vif.

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DSCN2123Jour 22 : Une nouvelle venue.

La tourterelle turque (Streptopelia decaocto) est venue se poser face à la fenêtre. C'est un oiseau courant et pourtant, c'est la première fois que nous la voyons devant chez nous. La proximité de la rivière et les fortes températures laissent penser que la belle est venue chercher ici de quoi se désalterrer. Elle ne présente pas le colier noir caractéristique de son espèce, un élèment qui nous permet de dire sans trop de mal qu'il s'agit d'un jeune individu. Les adultes pour l'heure entâment leur saison de reproduction avec les premières pontes se profilant à l'horizon.

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DSCN2077Jour 23 : Au petit matin.

De chez moi je n'ai pas pu voir la lune rose,  ce n'est pas bien grave, le ciel me suffit largement. Thomas part à 6 heures et demi du matin pour aller travailler dans les vergers. Je profite souvent de son lever pour faire le mien. Dehors, il n'y a pas âme qui vive. J'aime tendre l'oreille à la fenêtre pour écouter le rouge queue noir (Phoenicurus ochruros) chanter de sa voix déraillée. C'est le premier d'une longue série, la fauvette noire (Sylvia atricapilla) prenant rapidement sa suite. À partir de 10 heurs, il n'y a plus que les martinets pour donner de la voix.

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DSCN2170Jour 24 : Le héron cendré.

Depuis hier, le jeune héron cendré (Ardea cinerea) qui aime venir pêcher au pied du pont ne se montre plus timide et s'affiche dès 16 heures là où il attendait d'ordinaire 9-10 heures. Nous avons même pu le filmer en pleine chasse ! Ce soir il s'est posé dans l'alignement de peupliers qui fait face à la piscine. Cette énorme boulle de gui (Viscum album), semblable à un nid dans le contre-jour, fait office de plateforme. Dérangé par un couple de promeneurs, il repartira se trouver un dortoir plus confortable du côté au parc Chabrière, qui depuis trois semaines a fermé ses portes.

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DSCN1824Jour 25 : Sur mon arbre perché.

Le pinson des arbres (Fringilla coeleb) est un peu plus discret que d'ordinaire et pour cause, c'est le grand moment de la nidification. Les mâles défendent encore de la voix leur territoire mais on sent bien qu'ils gardent désormais leur énergie pour tout autre chose. En effet les femelles comme celle-ci, affairées les semaines précédentes à construire leur nid, ont commencé à pondre et à couver. Il revient alors au mâle de la nourrir. Les petits naîtrons d'ici deux semaines. Deux parents ne seront pas de trop pour subvenir à leurs besoins. Ils prendront leur envole au bout de 15 jours.

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DSCN2049Jour 26 : Au bord du ruisseau.

Les bergeronettes des ruisseaux (Motacilla cinerea) sont des oiseaux superbes et reconnaissables à leur gorge, queue et croupion jaunes. Le mâle présente un ventre entièrement coloré en période nuptiale, ce qui permet de voir qu'il s'agit ici d'une femelle d'où les flancs blancs. Se nourrissant d'insectes et de larves aquatiques vivant entre les graviers et les galets, c'est une espèce inféodée à l'eau. La nidification intervient le plus souvent en avril, et le nid est construit dans un trou d'une rive, d'un mur ou d'un arbre au-dessus d'une rivière ou d'un ruisseau calme.

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DSCN2302 (2)Jour 27 : Une nouvelle espèce.

Nous savions que des mésanges huppées (Lophophanes cristatus) étaient présentent dans le coin, mais nous ne les avions jamais vus. Voilà chose faite. Il ne faut pas être devin pour comprendre que c'est la belle huppe de plumes noires et blanches qui surplombent leur tête qui leur a valu leur nom. Elles aiment les conifères dont elles consomment les graines quand la saison ne leur permet pas de trouver des insectes ou des araignées dans les branchages. Farouches, elles se montrent rarement à découvert, profitant du feuillage pour se mettre à l'abri des prédateur comme l'épervier.

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DSCN2055Jour 28 : La saison des nids.

Les étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) sont concentrés. En effet chaque couple a investi une cavité dans laquelle il a installé son nid. La ponte commence à pointer le bout se son nid et il faut se presser d'aller chercher les dernières plumes et brindilles pour aménager cet espace de vie. C'est peut être ce que s'est dit ce bel adulte au plumage coloré et au bec bien remplit. Il a prit appuie sur la branche d'un érable plane (Acer platanoides) où les feuilles commence à bien se développer, chose absente si on regarde à la date du jour 12, soit deux semaines plutôt.

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DSCN2267Jour 29 : Toujours sur le qui-vive.

Voici un beau merle noir (Turdus merula), reconnaissable à son plumage noir et à son bec jaune. En ce moment, il chante à plein poumon et surtout, il prend beaucoup de temps à chasser les autres mâles de son territoire. La femelle elle, à trouver refuge dans un tronc couvert de lierre où elle couve ses oeufs à l'abris des regards. Installer en face de notre fenêtre, de l'autre côté de la rivière, nous pouvons à loisir suivre leurs aventures et entendre leurs cris. I lfaut compter deux à trois semaines pour la couvaison et deux semaines avant l'envol des petits.

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DSCN2288Jour 30 : Bavardons un peu.

Si elles se faisaient bruyantes, les pies bavardes (Pica pica) le sont beaucoup moins depuis quelques semaines. Tête et gorge noire, ventre blanc, longue queue et démarche sautillante, la pie dans l'imaginaire est une terrible voleuse. Hors, il n'en est rien, et les vols sont non seulement peu courant mais pas nécessairement plus nombreux que ceux que l'on trouve chez d'autres corvidés ou même chez certains rapaces comme le balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) qui aime décorer son nid de morceaux de plastiques blancs. Comme on dit, à chacun ses goûts.

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DSCN1968 (2)Jour 31 : Encore un pigeon !

Oui, encore un pigeon mais pas n'importe lequel, le pigeon colombin (Columba oenas). Il fait parti des 4 colombidés que l'on peut observer depuis notre fenêtre et des 5 que l'on trouve en France Métropolitaine. Plus petit au point d'être le plus petit de sa famille en Europe, on le reconnaît à son oeil noir. Arboricole, il niche dans les cavités des grands arbres, en particulier les platanes. Il n'y a donc pas de hasard à ce que celui-ci se trouve une branche de cette espèce. Cela résout aussi le mystère du chant que nous entendions il y a quelques semaines de cela.

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DSCN2495Jour 32 : Un sauvetage.

L'image peut retourner l'estomac si on prend le temps de regarder les pattes de ce pauvre pigeon, cependant une image vaut parfois milles mots. Ce jour, nous sommes occupé à regarder par la fenêtre. Devant nous, une pigeonne en train de noyer. Pas le choix, je saute dans la rivière pour la récupérer et me retrouve avec l'eau au dessus du nombril. L'animal est mal au point mais sauf. La cause de la noyade ? Un fil de pêche avec des plombs qui relie ses deux pattes l'empêchant de marcher et ayant sectionné des doigts. Amis pécheurs, par pitié, ne laissez pas traîner vos déchets.

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DSCN2509Jour 33 : Liberté chérie !

Une bonne nuit de sommeil dans une cagette, deux séances pour retirer les doigts morts ainsi que les fils de pêche et les plombs pris dans les chairs, et voilà la pigeonne baptisée Micheline remise sur pattes. Le test de la marche validé, l'oiseau pouvant se déplacer chose dont il était incapable la veille au soir, voilà le moment de prendre l'envol et de prendre la direction de la liberté. Il est 7 heures, personne à l'horizon. Le jour fini de se lever et belle commence à s'agiter. C'est le moment de s'envoler. Avec les pigeons, on ne s'ennuie jamais. Une nouvelle passion ?

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DSCN2578 (2)Jour 34 : Un migrateur tardif.

Premiers arrivés de l'année, les milans royaux (Milvus milvus) sont désormais là. Nous en voyons de temps à autre passer dans le ciel depuis notre fenêtre. Avec une envergure de 175 à 195 centimètres, son corps roux, ses ailes brunes ornées de deux grandes tâches blanches et sa tête gris-bleuté, il ne passe pas inaperçu, même quand il est haut dans le ciel. Piètre chasseur, il consomme avant tout des poissons morts le long des berges des rivières, des fleuves et des étangs. Il peut cependant de temps à autre se tourner vers les petits rongeurs pris dans les pâles des faucheuses.

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DSCN2644 (2)Jour 35 : Une rencontre magique

Il est 21 heures, nous profitons de la tombée de la nuit et de quelques gouttes de pluie pour sortir. Dehors il n'y a personne, le bonheur. Malgré l'obscurité la faune est très active. Chauves-souris, canards, rats et petits passereaux d'en donnent à coeur joie. Soudain, une silhouette se détache de l'ombre pour se poser dans un un érable. Un crécerelle ? Un épervier ? Non, un faucon hobereau (Falco subbuteo) occupé à manger une grenouille. Nous n'en croyons pas nos yeux. Il s'agit sans doute d'un individu prenant une pause dans sa migration.

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DSCN2344 (2)Jour 36 : Le bal des rapaces.

L'image est floue, presque lointaine. Nous sommes à la tombée de la nuit. C'est encore un rapace migrateur qui passe à portée de notre fenêtre et comme chaque jours, nous prenons un peu plus conscience de la chance que nous avons de voir autant de rapaces alors que nous sommes en pleine ville. Ce sont en effet pas moins de 7 espèces qui se sont présentées à nous depuis le début du confinement. Ici il s'agit d'un milan noir (Milvus migrans), plus petit que son cousin le milan royal et moins abondant dans notre ciel. C'est un des derniers que nous verrons pendant cette période.

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DSCN2733 (2)Jour 37 : Sous haute surveillance.

Ce n'est pas un oiseau que nous voyons ce soir dans le ciel. Des hélices en guise d'ailes, une caméra pour les yeux, une carrosserie de métal pour plumage et un spot pour s'éclairer, un gros drone vol au dessus du square, peut être un Parrot Anafi. Personne en vue, le pilote semble ne pas être dans les parages. Engin privé piloté depuis un des immeubles du quartier ou équipement des forces de l'ordre pour surveiller qu'il n'y a as de trafics douteux, notre quartier étant un peu chaud, nous ne le serons pas. Peut être reviendra-t-il nous visiter dans quelques jours.

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DSCN2466 (2)Jour 38 : Un parfum si délicat.

Depuis des jours, une odeur de fleur délicat embaume l'air quand nous tendons le nez à la fenêtre. Les robiniers faux acacias (Robinia pseudoacacia) sont en fleur et leur parfum est délicieux. C'est en prenant le temps d'observer la floraison que nous avons remarqué pour la première fois que les pigeons ramiers inscrivaient volontiers à leur menu les bourgeons floraux du robinier mais qu'ils laissaient de côté les fleurs ouvertes. SI certains oiseaux tirent profit de l'arbre, nous voyons très peu voir aucun insecte butineur, une observation inquiétante à mon sens.

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DSCN2628Jour 39 : Le dernier de la famille.

Aujourd'hui je m'ennuie. Cependant, ce ne semble pas être le cas pour ces deux pigeons ramiers (Columba palumbus) qui sont pleins d'énergie. Si d'ordinaire on les croise volontiers dans les arbres, ils font exception en se posant sur la barre HLM qui nous fait face. Bien que massifs (il s'agit ici du plus gros pigeon d'Europe), ils ne font pas le poids face au couple de corneille nicheuse qui les chasseront sans ménagement. Désormais il ne nous manque plus que la très foretière tourterelle des bois (Streptopelia turtur) et nous aurons vu tous les colombidés de France depuis chez nous.

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DSCN1753 (2)Jour 40 : Petit mais bruyant !

Encore un rapace, l'un des plus communs si ce n'est le plus commun en ville : le faucon crécerelle (Falco tinnunculus). Ici il s'agit dela femelle, sa tête n'étant pas bleu-gris comme celle du mal mais restant barrée de noire au niveau de l'oeil. Depuis plusieurs jours voir semaines; nous ne la voyons plus, celle-ci ayant sans doute commencé à préparer la ponte. Nous avons cependant pu l'observer à se faire nourrir un au sommet d'un cèdre dans le parc d'à côté par son mâle. Au fil de nos sorties de janvier à mi-mars puis de nos constations à le fenêtre, nous avons comptabiliser 3 couples.

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DSCN2227Jour 41 : Décourir l'Yzeron.

Nous avons une chance inouïe. Bien que nous vivons en ville, nous avons un petit bout de nature qui tout les matins, s'offre à nous quand nous ouvrons les volets. Ils s'agit de l'Yzeron, rivière rhodanienne qui se jette dans le Rhône à un peu plus de 600 mètres de là. Longue de 25 km et prenant sa source dans les Monts lyonnais, elle termine sa course à Oullins. Elle est connue pour ses crues. L'année de notre arrivée, nous avons vu l'eau si bien monter qu'une partie des voitures des voisins furent emportées sous nos fenêtres. Depuis des aménagements ont permis de les limiter.

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DSCN2980Jour 42 : Martinet noir.

Les martinets noirs (Apus apus) sont arrivés à leur tour depuis quelques jours.  Plus petit,  affectionne les mêmes milieux urbains que son cousin le martinet à ventre blanc, avec un préférence pour des loges moins hautes. Nous avons déjà pu en voir trois regagner les vieilles bouches d'aération de l'immeuble d'en face pour nicher. Un bonheur pour nous qui avons beaucoup d'affection pour l'espèce. Faisant partis du groupe Martinets et Hirondelles de la LPO du Rhône, nous avons pu arpenter les rues l'an dernier à la recherche des sites de nidification.

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DSCN3090Jour 43 : Elle est revenue !

Auourd'hui il pleut. Cela semble plaire à l'aigrette garzette (Egretta garzetta) que nous n'avions pas revu depuis le début du confinement. Si elle ressemble aux hérons garde boeufs (Bubulcus ibis) qui fendent parfois notre ciel, elle s'en distingue par son long bec noir, ses pattes noirs aux doigts jaunes et à la longue plume à l'arrière à sa tête et qui porte son nom : l'aigrette. C'est cette même plume qui a manqué de peu de conduire l'espèce à sa disparation. Les longues plumes d'aigrettes étaient utilisées autres fois pour orner les chapeaux. Un temps, heureusement, révolue.

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DSCN2570 (2)Jour 44 : Un autre réveil.

Voilà encore un autre volatille qui accompagne de son chant notre réveil. La fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) a un chant proche de celui du merle mais beaucoup moins flutté et plus rapide que ce dernier. Il s'agit ici d'un mâle reconnaissable à sa calotte noire, la femlle en ayant une rousse. Vu comme les plumes sont hérissées sur sa tête, il y a fort à parier qu'il y ait un rival dans le coin qui convoite son territoire et peut être même sa femelle. Si tout ce passe bien pour lui, il pourra repartir en migration à la fin de l'été, mais certains individus restent à l'année, notamment à Oullins.

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DSCN2019Jour 45 : Un peu de couleure.

Les rives de l'Yzeron se colorent. Le lamier blanc, et lamier jaune et surtout le lamier maculé (Lamium maculatum) sont de la partie. Ce dernier se reconnaît à ses grandes fleurs violettes au labelle ponctué de violet et à ses feuilles souvent, mais pas toujours, maculées de blancs d'où son nom. On voit facilement qu'il appartient à la famille des lamiacées comme la sauge, la menthe et la mélisse grâce à sa tige carré et à sa fleur en symétrie à miroir. Cependant il n'a aucune odeur et n'a pas de goût particulier. J'utilise les fleurs séchées pour colorer les infusions en rouge.

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DSCN3081Jour 46 : pluie, pluie, pluie.

Voilà un temps à ne pas mettre le nez dehors, ça tombe bien, puisqu'on ne le peut pas. La ville prend des airs d'automne. Il fait froid, il fait gris et les rues deviennent encore plus silencieuses. J'adore cette ambiance où je peux me plonger dans mes pensées. Aujourd'hui c'est le 1er mai, Thomas travaille une partie de la journée au marcher et moi, je suis en congé Autant vous dire que j'ai pu profiter sans le moindre remord de cette matinée passée sous la couette à glandouiller. 10 heures, c'est le moment de se mettre à la fenêtre, de voir les gouttes tombées sur la rivière.

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DSCN2840Jour 47 : Un met de choix.

Ce soir le héron cendré est encore là, et il a de quoi se faire plaisir. Corps fuselé, nageoires rouges et flancs argentés, pas de doute il s'agît de la chevesne (Squalius cephalus). Des centaines d'entre elles viennent se réfugier quand les eaux sont calmes dans l'embouchure de l'Yzeron. Si elles sont loin de toute faire les 80 cm et les 4kg que certaines peuvent atteindre, on en trouve tout de même de belle taille. Cependant, celles qui finissent dans le bec de monsieur héron sont avant tout de plus petites chevesnes, souvent blessées ou fatiguées qui se réfugient sous le pont.

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DSCN3166Jour 48 : Le parfum du printemps.

Les sureaux noirs ne sentent plus, leur fleuraison à prit fin après 3 semaines de plein spectacle. Le sureau noir (Sambucus nigra) a prit le relaie. Plus suave, son odeur ne vient pas des fleurs en elles-mêmes mais d'un champignon microscopique vivant en symbiose sur les ombelles blanches. Avec les fleurs, on fait une délicieuse limonade, des beignets et des infusions. Avec les fruits, on obtient des sorbets, des gelées et des sirops. Les merles, les fauvettes et les étourneaux sont aussi amateurs des baies sucrées qui leur apporte beaucoup de calories.

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DSCN3237 (2)Jour 49 : Rencontre avec Woody

Le jour commence  àtomber, nous sortons dégourdir nos pieds. Un élcair rouge et vif passe devant nous. Il s'agit d'une femelle pic épeiche (Dendrocopos major). Nous n'en croyons pas nos yeux, la voilà à quelques pas de nous, pas timide pour un sous, affairée à gravir les branches d'un sol. En quelques battements d'ailes, elle se trouve de l'autre côté du chemin, dans le parc. Accrochée au tronc d'un sophore, elle lance une série de cris aigues avant de partir dans le bois. Sans doute cherche-t-elle de quoi nourrir son mâle resté dans la loge à couver ses oeufs.

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DSCN3283Jour 50 : Le bal des couleurs.

Nous nous y reprenons à plusieurs fois pour nous assurer que l'eau de l'Yzeron c'est bien maculé de vert. Une pollution ? Du pollen ? Des algues ? rien de tout cela, juste un reste de tonte jeté dans la rivière. Espérons que le courant emporte vite l'herbe et que celle-ci n'entraine pas une asphyxie chez les poissons comme cela s'observe ailleurs. Néanmoins le spectacle à quelque chose de charmant et pour le temps d'une soirée, j'oublie mes allergies naissantes, une première pour moi. Déjà que je ne peux que peu sortir, me voilà doublement confinée pour plusieurs jours.

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DSCN2248Jour 51 : Le grand envole.

Depuis trois jours, les jeunes mésanges charbonnières (Parus major) s'émancipent du nid qui nous fait face de l'autre côté de l'eau. Après avoir été couvés pendant deux semaines, ils seront choyés pendant trois de plus. Elles resteront encore deux à cinq jours à proximité du gîte familial à être nourrie par leurs parents avant de prendre leur envol. Pendant cette période, leur alimentation se compose essentiellement de chenilles. Un aubaine pour les cultivateurs et les jardiniers qui à cette période de l'année doivent protéger leurs cultures.

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DSCN3267Jour 52 : Un regard vers le ciel.

C'est la super lune. Ce 7 mai, son lever est tardif : 21h24. C'est une pleine lune éclairée à 99% qui projette une superbe lumière à l'ntérieur de l'appartement. On peut en voir les cratères et les mers. Ce sont là des paysages emplis de poésie. Super lune car elle la plus proche de la terre. C'est la dernière de l'année, ce qui lui vaut d'être si médiatique. Certaines croyances voudrait qu'elle accélère la croissance des champignons, mais la science a permit de trancher. Après des années d'études de terrain et d'analyses chiffrées, il s'avère que la lune n'a aucune influence sur la pousse.

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DSCN3451Jour 53 : L'Yzeron, notre bouée.

L'Yzeron nous aura sauvé pendant cette période de confinement en nous offrant de nombreuses espèces à observer. Aujourd'hui nous sommes gâtés, plus d'une vingtaine d'énormes carpes communes (Cyprinus carpio) passe devant chez nous. Le frais s'annonce tôt cette année, en partie à cause des fortes chaleurs. Dans le lot, il semble y avoir quelques individus issus des sélections menées par l'homme, en particulier avec des carpes ayant des traits de carpes miroirs et de carpes cuirs. Bref, c'est un domaine que nous avons très envie d'explorer.

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DSCN3522Jour 54 : La fougue de la jeunesse.

Dernière sortie avant le déconfinement, nous sortons très tôt pour profiter du calme des lieux mais aussi du chant des oiseaux qui se fait de plus ne plus tôt. Nous ne sommes pas déçus. Dans tousles sens ça piaille et pas qu'un peu. Les premières portées de mésanges charbonnières (Parus major) prennent leur envol. Nous en croisons 3, peut être même 4 et c'est toujours le même spectacle : des petits intrépides qui découvre le monde sous l'oeil vigilant de leurs parents qui viennent les nourrir de temps à autre en réponse à leurs cris incessants.

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DSCN3477Jour 55 : Urgence coiffeur ?

Enfin, voilà le dernier jour et le dernier clappement de main sonne. Demain ne sera pas un retour à la normale. Je suis encore pour trois semaines en télétravail complet, peut être plus, et cette idée me déprime bien que je sois heureuse que mon emploi ait été maintenu. Je ne sais pas de quoi serait fait nos lendemains, une chose est sûr, c'est que j'attendrai encore un peu avant de couper ma tignasse, car j'ai retrouver un vif intérêt pour les couettes et les tresses, intérêt que je compte mettre à profit du mieux que je peux. Bref, voilà la dernière note de ce carnet de bord improvisé.

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Voilà, le récit de confinement s'arrête là, enfin, pour la plupart d'entre nous. Ce n'est pas un retour à la normale, et il faudra encore bien des mois avant de sortir de cette drôle de situation. Je n'aurai jamais cru vivre une chose comme celle-ci, et désormais je suis en partie convaincue que nous y reviendrons tôt ou tard, autant se préparer et se former encore plus à la vie en autonomie. Bref, une aventure s'arrête, une autre se lance.

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