dimanche 23 juin 2013

Sortie en forêt 27.

SAM_8895

 Quelques gouttes de pluies dans la nuit nous ont données l'envie de parcourir les bois à la rencontre des premières girolles et des premiers cèpes mais malheureusement pour nous, rien de ce genre là dans les bois ce qui ne nous a pas empêché de faire de belles rencontres.

SAM_8866 SAM_8870

SAM_8869 SAM_8867

 La route reste un endroit dangereux pour de nombreuses espèces.

En partant n direction du bois, nous croisons sur la route un serpent malheureusement écrasé par une voiture. Il s'agit d'une couleuvre verte et jaune parfois surnommée cinglard (Hierophis viridiflavus) qui mesure communément entre 1m10 et 1m30 mais qui peut parfois atteindre 1m50. Ici elle est d'un taille respectable (cf voir le serpent comparé à la voiture). Agile, cette couleuvre est aussi à l'aise dans l'eau que sur terre ou dans les arbres ce qui en fait un redoutable prédateur, en particulier pour les souris et els lézards. La ponte à lieu entre la mi-juin et la mi-juillet. Batailleuse, elle n'hésite pas à morde son assaillant ce qui n'est pas bien dangereux, du moins pour les humains, sa morsure étant inoffensive. On la trouve partout en France sauf dans le Nord. Comme tous les serpents elle est protégée.

C'est l'occasion de montrer les différences entre les couleuvres et les vipères.

Vipère / Couleuvre

Forme de la tête: triangulaire et plante / ovale

Forme des pupilles: fendue / ronde

Écailles de la tête: petites et nombreuses / 2 ou 3 grosses écailles

Taille adulte: moins de 70 cm / plus de 70 cm.

Corps: court et trapu / mince et effilé

Queue: pointue et visible / peu distincte

Caractère: peureuse / agressive

SAM_8881

 Le plutée de Curtis est un piètre comestible qui aime pousser sur le bois pourris des feuillus, en particulier des hêtres. C'est un champignon assez rare qu'il est préférable de laisser sur place que de déposer dans le panier. Il pousse du début de l'été à la fin de l'automne.

1SAM_88932SAM_8894

3SAM_89124SAM_8950

 On pourrait croire que le sol de la forêt est humide mais il suffit de gratter sous les feuilles pour voir que la terre et la couche d'humide sont encore très secs. Mais après le printemps humide que nous avons eu, la pluie n'est pas la bienvenue ici.

1 et 2: Il y a toujours quelques inconnus dans les bois comme ces champignons blancs que j'ai bien du mal à rattacher à une espèce ou à un genre.

3: Anoplotrupes stercorosus, autrement dit nos bons vieux bousiers ont tournés de l'oeil. Ils se nourrissent d'excréments ou de champignons. Ils tiennent leur nom du fait qu'ils confectionnent avec les déjections animales (souvent des bouses d'où bousiers) des boules dix fois plus grosses qu'eux qu'ils promènent à travers les campagnes et les forêts avant de les enterrer et de pondre un oeuf à l'interieur. C'est de cette boule que la larve naissante se nourrira et qu'un adulte formé sortira.

4: On aurait pu croire que les hannetons n'étaient plus de sortie mais on peut encore trouver quelques individus quoi que faibles. Ceux observés présentent tous des tubes de pontes ce qui indique qu'il s'agit de femelles sur le point de pondre. Mais on ne s'y trompe pas, si on regarde au sol, on peut apercevoir une multitude d'hannetons morts, une vraie hécatombe qui va nourrir un bon nombre d'habitants de ces lieux.

SAM_8902

 L'escargot des jardins se confond facilement avec son cousin des bois. Il s'endifférencie par le renforcement clair du bords de sa coquille. Il peut avoir des formes, des motifs et des couleurs très variés ce qui rend son identification peu aisée.

1SAM_89272SAM_8946

3SAM_89294SAM_8903

 Les jardins et les près ne sont pas les seuls à fleu en ce is de juin, les plantes du sous-bois ne sont pas en reste.

1, 2, 3 et 4: Du bleu, du jaune, du blanc, du violet ... mais pas de noms. Il doit s'agir dans le premier cas d'une bugle ou d'une plante de la famille des lamiacées s'en approchant, dans le deuxième, d'une proche cousine de la verveine que l'on peut reconnaître à des feuilles. La troisième plante pourrait être une proche parente du lysimaque des bois et dans le dernier cas, une proche parente de la valériane. Mais pour le moment je n'ai pas plus d'indicies pour leur identification. Il me reste beaucoup de chemin à parcourir dans l'approche et la reconnaissance des plantes et des fleurs de la forêt.

SAM_8933

 La grande Loche (Arion rufus) est une grosse limace qui peut passer selon les individus varié du orange vif au noir en passant par toutes les gammes de marron. On la nomme également loche rouge, grande limace rouge, arion rouge. Elle mesure 10 à 12 cm et se nourrie de plantes et de charognes de tout genre quand l'occasion se présente.

SAM_8953 SAM_8955

SAM_8956 SAM_8957

 En bordure de route, peu avant le sommet du col des mille Martyrs, nous voilà face à une station d'orchidées magnifiques. Sur 150 mètres de long et 2 mètres de large, au pied des hauts sapins, c'est une explosion de couleurs.

1: L'éco fauchage très pratiqué ici en Isère est salutaire pour les orchidées de tout poil. En effet cette pratique leur est bénéfique ce qui permet de voir des pends entiers de ces précieuses fleurs. Bientôt, la station d'orchis pyramidales en bas de la maison sera à son tour tout en fleurs.

2 et 3: Il s'agit ici de l'orchidée dactylorhiza maculata subsp. ericetorum, que l'on nomme communément dactylorhiza ericetorum, dactylorhiza macukata subsp. schurii, orchis des bruyères ou healt spotted-orchid. C'est une sous-espèce de l'ochis tachetée qui se reconnaît à sa blancheur partielle ou complète.

4: L'orchis tachetée est très commune en France. Ses feuilles mouchetées de noir sont proches de celles de l'orchis mâle mais les deux plantes diffèrent sur leur période de floraison et par la nature de leurs fleurs. Elle pousse au même endroit que l'orchidée des bruyères comme ici ce qui peut créer de nombreuses hybridations et donc une grande gamme de couleurs.

SAM_8968 SAM_8969

Drôles d'ochidées que celles-ci, tâchetées mais ayant une centaines de fleurs casquées sur leur grande tige, il semblerait bien qu'il s'agisse d'un hybride d'orchidée entre dactylorhiza fuchsii et gymnadenia conopsea: dactylodenia St Quintinii.


jeudi 6 juin 2013

Sortie en forêt 26.

SAM_7923

Petite sortie en forêt, histoire de voir où en est l'activité fongique. Bien qu'il ait fait très humide, les chaleurs de ces derniers jours n'ont pas suffit à réveiller le mycélium qui dort sous l'humus.

SAM_7934 SAM_7927

Surprise, quelques belles néottie-nid-d'oiseau sont là.Ces orchidées n'ont pas de chlorophylle à l'instar des orobanches. Pour se nourrir, elles vivent en symbiose avec un petit champignon (comme toutes les orchidées) qui lui même s'associe avec un feuillu pour redistribuer les éléments nutritifs à la plante.

SAM_7933 SAM_7932

L'an dernier, je publiais à chaque sortie aux cèpes une photo de "mon" polypore du boulot. Le voici, surement pour la dernière fois, à gauche. Il est en totale décrépitude. Mais là relève est là.

SAM_7931

Les sols sont encore très humides et sinon froids, du moins pas bien chauds. De ce fait, peu de plantes de sous-bois, hormis ces fameuses orchidées, n'ont fleuri. Même les ronces sont en retard, au lieu de rencontrer de grandes lianes piquantes ce sont de petites pousses que l'on croise.

SAM_7941 SAM_7942

Voilà le bousier. En Europe, il n'en existe qu'une seule espèce: Anoplotrupes stercorosus. On peut le voir de mars à octobre. Nécrophage, il affectionne les les déjections animales, en particulier celles de mouton, dans les quelles il pond un oeuf dont la larve s'en nourrira.

SAM_7945 SAM_7948

 Voilà la deuxième des deux espèces de champignons rencontrées. Inconnue, elle semble s'être développée spontanément et rapidement sur du bois mort à l'instar des polypores qui eux ceppendant, ont un cycle de développement beaucoup plus lent (plusieurs années).