dimanche 25 octobre 2020

La cigogne blanche (Ciconia ciconia).

DSCN0460Voilà la belle que nous avons pu rencontrer lors d'une virée dans la Dombe courant février. Si la plupart des cigognes blanches n'y sont que de passage à travers leur migration, quelques unes ont pris l'habitude de s'y arrêter pour nicher, voire à se sédentariser suite à des actions menés par le parc des oiseaux sur Villar les Dombes. D'ailleurs c'est à proximité et dans celui-ci que la plupart des nids peuvent s'observer. Cependant on ne serait les voir qu'ici, le Grand Est, la Camargue au sud et la Petite Camargue au nord-est étant des spots propices à l'observation. Figurant parmi les plus grands oiseaux de France avec une taille d'un mètre, une envergure d'un mètre 55 à un mètre 65 et un poids de 3 à 3,5 kilos, on la distingue des 6 autres espèces de cygognes grâce à son plumage blanc et noir, ses pattes rouges et son bec orange, là où celui de la cigogne orientale (Ciconia boyciana) et celui de la cigogne maguari (Ciconia maguari) sont gris voire noirs. Pouvant vivre plus de 30 ans, elle est fidèle à ses airs d'estivages et d'hivernage.

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La reproduction s'entame directement au retour de migration pour les oiseaux ayant atteint la maturtié sexue. Le mâle est le premier à arriver sur le nid, les couples étant fidèles à vie. lle, c'est à dire 4 ans. Cependant il n'est pas rare de voir de jeunes femelles venir prendre la place de l'officielle, ce qui peut entraîner de violentes bagarres suivies par un oeil attentif du côté du mâle. Les échauffourées terminer, la parade nuptiale peut débuter à travers un jeu de claquements de becs, cette cigogne n'aytant pas de syrinx, l'organe permettant aux oiseaux de chanter et de communiquer. Vient alors la construction/solidationdu nid. Celui-ci peut dépasser les deux tonnes et dans de très rares cas, peut entraîner l'éffondrement de l'arbre ou du toit sur lequel il se trouve.

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C'est là que verrons le jour 2 à 4 poussins après une couvaison des oeufs pendant près d'un mois. Il en faudra deux de plus pour voir les poussins devenir autonomes et quitter le nid. Ils pourront alors profiter de la Dombe et des nombreuses proies composant leur régime alimentaire. Grenouilles, larves, petits poissons, reptiles et rongeurs, les cigognes ne sont pas regardantes. Leur long bec forgé tel un poignard et leurs longues pattes laissent voir sans mal qu'il s'agit d'animaux adaptés aux milieux humides et plus particulièrement aux zones de marais dans lesquels il leur est possible de se déplacer sans n'avoir à se mouiller les plumes. On retrouve la même chose chez les hérons et autres aigrettes avec qui ce caractère est partagé.

DSCN0471Si les cigognes aiment la Dombe pour ses richesses, elles ne sont pas les seules. Bien des osieaux migrateurs y transitent et même, y passent l'hiver. Les grues cendrées s'y arrêtent pour manger, les fuligules et les nettes rousses y séjournes entre novembre et février et les cygnes chanteurs viennent même y nicher, chose relativement rare en France.

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Les cigognes figurent en Europe parmi les oiseaux ayant connus l'un des reculent les plus importants au 20e. Elle a même manqué de disparaître de France, faute d'habitats, les zones humides ayant été détonnées et asséchées à tour de bras. Les campagnes de réintroduction du côté du Grand Est et l'application de mesures de protections plus importantes ont conduit à un retour en force de leur population bien que leurs effectifs restent fragiles. La chasse dans certains pays, la pollution atmosphérique, de l'eau et lumineuse, la destruction des nids et leur braconnage dans certains secteurs de pêches restent des menaces importantes pour l'espèce.

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Un autre danger pour les cigognes blanches et les autres oiseaux de la Dombe, c'est le dérangement. Ce jour là nous en avons été directement témoins. Une voile à moteur passe de le ciel en hauteur. Soudain, le pilote prend l'idée de passer à ras des arbres. C'est la panique, des centaines et des centaines d'oiseaux d'élèvent dans le ciel. Les oies hurlent à plein poumons, des nuées de canards s'élèvent dans le airs, les cigognes quittent le nid ... bref, tout autant d'oiseaux qui peuvent à tout moment et à force de dérangement, abandonner le lieu pour ne jamais y revenir. Le loisir mal pratiqué est ici une menace à par entière pour la faune mais aussi la flore.

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Dans les grands arbres où nichent les cigognes, les corbeaux freux (Corvus frugilegus) s'installent également. Vivant de manière collégiale et en bonne harmonie avec leurs voisines, ce sont des animaux qui font preuves de grande intelligence. Bruyant à l'arrivée de la saison des amours, ils se font beaucoup plus discrets à l'arriver des petits, la fastidieuse tâche du nourrissage leur demandant tout leur temps et toute leur énergie.

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Voilà un bref aperçu de la cigogne blanche, oiseau très présent dans la culture européenne. Apportant les bébés par la cheminée ou sur le rebord de la fenêtre, signe de bon augure quand elle se pose sur une maison ou même selon certaines légendes, compagne du Christ à sa crucifixion en volant autour du supplicié, elle peuple notre imaginaire. Certaines villes alsaciennes en ont même fait leur emblème, signe de la longue histoire qui lie cet oiseau à l'homme, ce qui ne vas pas sans rappeler leur relation, parfois tumultueuse, au fil des siècles.

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dimanche 26 avril 2020

Sortie en campagne 13.

DSCN0028Plateau agricole d'Irigny dans le sud rhodanien. L'hiver est sur sa fin. Déjà des pointes vertes ici et là se dessinent dans les grands alignements de peupliers, et si la terre labourée reste nue, il n'en est pas même sur les abords des chemins colorés par les herbes jaunes et brunes. Le ciel est magnifique mais annonce aussi l'arrivée de la pluie, d'ailleurs nous n'y manquons pas et prenons sur la fin de notre excursion une averse glacée. Ce n'est pas grave, nous avons pu voir ce que nous voulions et nous émerveiller devant les oiseaux tels que le bruant zizi (Emberiza cirlus), l'un des premiers à chanter de la saison, mais aussi de belles plantes sauvages qui fleuriront d'ici quelques semaines. Ce pendant, on trouve ici bien d'autres espèces. Cerisiers, pommiers, poiriers, tomates, courges, pommes de terre et salades, le plateau est une terre maraîchère dont les étendues se coloreront au printemps des fleurs des fruitiers qui composent les nombreux vergers des la commune reconnaissables à leurs filets paragrêles.

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Lutter contre la grêle est une nécessitée pour les exploitants. En averse, la récolte de l'année peut être détruite. L'an dernier, les poires et les abricots ont été peu abondants, la faute à ce caprice climatique. Pour en revenir aux filets, ils ne sont étendus qu'une partie de l'année. La récolte finie, ils sont sagement repliés sur les tuteurs avant d'être dépliés l'année suivante. Entre temps les arbres sont taillés pour donner les plus beaux fruits.

DSCN00177 bergeronettes grises (Motacilla alba) parcourent un champ où quelques herbes commencent à s'intaller. Graines oubliées, petits vers et mouches cherchant le soleil, leur menu est varié. Ce sont de beaux oiseaux, sautillants aux plumes de la queue toujours agîtées. Inféodés aux milieux humides, on les rencontre également dans les cultures. Pour la nidification, elle se fait dans une anfractuosité rocheuse. 2 à 3 couvées peuvent s'y tenir.

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Dans une haie, les orites à longue queue (Aegithalos caudatus) sont à la recherche de nourriture. Longtemps appelées mésanges à longue queue, elles portent aujourd'hui celui d'ortie, la génétique ayant tranchée. Tête blanche, sourcil et ailes noires, flancs roses et petit bec gris, elles sont aisées à déterminer. C'est une des rares orites / mésanges à nicher non pas dans une cavité mais dans dans un buisson ou dans le lierre.

DSCN0322Dans le ciel, passe une buse variable (Buteo buteo), comme l'atteste la silhouette massive, les rémiges bien écartées, le V blanc sur la poitrine et le bec jaune. C'est une espèce qui a besoin d'espaces forestiers pour nicher et qui va tirer profit des champs et des prés pour chasser les rongeurs et à l'occasion, les reptiles et petits oiseaux de passage. Commune mais farouche, elle est difficile à approcher, même quand elle est dans les airs.

DSCN0511Une fumeterre pousse au pied des serres. Faute de photos détaillées, je ne suis pas en mesure de l'identifier. Peut être s'agit-il de la fumeterre officinal (Fumaria officinalis), aux pédoncules dressés et sépales petits et étroits.

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Cela ne se remarque pas, mais cette espèce appartient à la famille des Papaveraceae, au même titre que les coquelicots et les pavots. Appelée officinale, cette fumeterre était employée pour ses propriétés stimulantes, en raison de la fumarine contenue dans la plante qui à diverses doses peut se montrer toxique voire curarisante, c'est à dire qu'à l'instar du curare il détend les muscles dont le muscle cardiaque, prudence donc dans sa maniuplation.

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Voilà un oiseau que j'adore, le corbeau freux (Corvus frugilegus). Grande silhouette noir et bec gris fort, c'est une espèce ubiquiste, c'est à dire capable de s'adapter à une grande variabilité de milieux et de régimes alimentaires. De mauvaise réputation et associé à la mort du fait de sa fréquentation opportuniste par le passé des charniers et des décharges, il n'en reste pas un animal essentiel au bon fonctionnement des écosystèmes.

DSCN0331Les corbeaux ne sont pas seuls. Un troupe de choucas des tours (Coloeus monedula) s'est jointe à eux. Ces petits corvidés ce nourrissent dans les milieux ouverts comme les champs et les prairies. Ils nichent et passent la nuit de préférence sur des points élevés au-dessus du sol comme les falaises, les constructions humaines et les grands arbres du moment qu'ils possèdent des cavités permettant d'installer un nid et une couvée.

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Passage par la ferme. Les bergers allemands Mambo et James sont attentifs. Oreilles dressées mais regards doux, ce sont de paisibles gardiens fidèles à leur territoire. C'est une race apparue du côté de l'Allemagne comme le laisse entendre son nom, même si elle est officiellement enregistrée sous celui de Deutscher Schäferhund. La mode de l'hypertype conduit de plus en plus ces chiens à avoir des problèmes de santé importants.

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Les salades d'hiver entament tranquillement leur croissance. Laitues et feuilles de chênes sont les stars des étales sur les marchés. Protégées du froid qui pourraient les faire cloquer, il est nécessaire de les arroser de temps à autre pour leur permettre de prendre de belles dimensions. Le sol argileux devient alors extrêmement collant, tâchant de rouge nos chaussures de randonnées plus habituées aux rives du Rhône et aux sommets.

DSCN0011Il ne s'aurait y avoir uniquement des plantes cultivées sur les parcelles. La cardère sauvage (Dipsacus fullonum) y trouve toute sa place. On la nomme cabaret des oiseaux en raison de ses graines qui attirent de nombreux petits passereaux comme le chardonneret mais aussi, qui viennent boire l'eau que ses feuilles (appelée bain de Vénus), retiennent même au coeur de l'été. Cette eau était utilisée par les romaines comme soin de la peau.

Il n'y a pas plus à dire, la pluie se met à tomber et nous avons un grand duc à visiter. Nous en profitons tout de même pour jeter un regard en direction des Alpes qui se dessinent, et qui semblent à la fois si proches et si lointaines. Les beaux jours on peut même y apercevoir le Mont Blanc dans son habit de neige. Bientôt les pommiers et les cerisiers seront en fleurs, et le paysage sera alors bien différent.

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