vendredi 28 septembre 2018

Sortie en forêt 78.

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Nous voilà de retour au col des mille martyrs, en hommage aux dix milles martyrs romains chrétiens n'ayant pas voulu abjurer leur religion. Le fond de l'air est frais, cependant le sol est sec, ce qui ne permet pas à la fonge d'être aussi développée que nous l'espérions. 

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La forêt est timide, le chant des oiseaux discret, mais la ballade n'en est pas moins belle. Paysages sublimes, lumière tamisée filtrant à travers les branches des conifères, montagnes dans les nuages et myriade de baies sauvages le long des chemins nous attendent. La fin de l'été a déjà un doux parfum d'automne. C'est le moment de jouer à la sorcière, de courir dans les bois, de ramasser les pommes au jardin, les courges dans le potager avec les dernières framboises gorgées de soleil, d'attraper les grappes de raisin à pleine main et de dire adieu définitivement aux vacances. C'est le temps des vendanges, des fruits, des champignons, des feuilles mortes, celui de vivre au rythme des jours qui raccourcissent.

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J'adore marcher dans la pénombre des bois. L'atmosphère y est toute particulière. L'humidité ambiante invite à la prudence, celle-ci étant propice à la sortie des amphibiens forestiers. Crapauds, grenouilles et salamandres font partis de ces animaux se faufilant parmi les feuilles mortes et que l'on peut croiser pendant les pluies d'été, pendant la recherche des cèpes ou juste après une averse éclaire, de celles qui surprennent le promeneur.

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Cependant nous ne sommes pas bredouillent. Les lépiotes élevées (Macrolepiota procera) sont de la partie. De forte stature, seul le chapeau est à prélevé. L'avantage de cette espèce, outre le fait qu'elle remplit rapidement le panier et qu'elle soit esthétique, est sa comestibilité.

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Si on prend soin de bien la cuire comme l'usage le recommande, ce champignon nommé également Coulemelle s'avère délicieux. Frit, grillé au barbecue, sauté à la crème ou en soupe, il peut se manger à toutes les sauces. On prendra cependant garde à son lieu de récolte, du fait qu'il soit un très bon bio-accumulateur. De ce fait, il est employé dans les analyses de sols pour déterminer leur teneur en agents chimiques polluants. Pour la trouver rien de plus simple, il suffit de s'aventurer dans les prairies, les bois clairs et les lisières riches en matière organique à décomposée. Attention cependant, des espèces semblables de lépiotes s'avères mortelles, autant bien connaître ses critères de détermination avant la récolte.

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Surprise, quelques girolles améthystes (Cantharellus amethysteus) nous attendent sagement dans la mousse, au milieu d'une forêt mixte composée de sapins blancs (Abies alba) et de hêtres communs (Fagus sylvatica) et dont les feuilles s'entassent déjà au sol. La sécheresse semble être passée par là, les specimens sont petits, craquelés et peu nombreux. Il faudra se monter patient avant la prochaine sortie pour mettre la main dessus.

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Dans une éclaircie, un petit buisson de callune commune (Calluna vulgaris) apparaît. l'espèce indique la présence d'un sol acide. Elle est l'hôte de nombreuses espèces d'insectes, en particulier de leur larve comme on le voit parfois avec la chenille du très beau petit paon de nuit (Saturnia pavonia).

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Ici elle indique la présence d'une tourbière, qui plus est ombrogène. Cependant elle a bien du mal à faire face à l'avancée de la fougère aigle (Pteridium aquilinum) qui peuple le lieu qui, en espèce pionnière, tend à le refermer, suivis bien souvent par les boulots blancs, hôte principal d'un champignon que j'affectionne tout particulièrement, l'amanite tue-mouche (Amanita muscaria). Pour en revenir à la callune, c'est une plante aux mille vertus, étant une très bonne mellifère, servant autrefois dans l'éllaboration des bières mais aussi, comme plante magique associée à la protection (notamment contre les fantômes).

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La récolte avance. Les mûres sont de saison. Nous les adorons. En salade, en sirop, en infusion, en confiture ... il y tellement de façon de les mettre en valeurs que nous nous privons d'en récolter une poignée dès que nous croisons un bosquet de ronces. Riches en vitamines, elles sont idéales pour affronter le froid.

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Instant de liberté face à la Grande Sûre dont la cime est plongée dans les nuages. Nous sommes dans une prairie à vaches surplombant Saint Laurent du Pont et sa vallée. L'herbe verte cache des merveilles dont un rond de sorcières de rosés des prés (Agaricus campestris). Hélas pour nous, nous arrivons un peu trop tard.

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Dans une partie pentue du bois, composé essentiellement de sapins blancs et où la lumière pénètre sans difficulté, nous faisons une jolie découverte. Il semblerait qu'il s'agisse d'une mâchoire de renard roux (Vulpes vulpes). Il faut se le dire, le renard à mauvaise presse. On le tire désormais de nuit dans certains départements. Dans la plupart, on le déterre, on l'enfume, on l'empoisonne, on le piège.

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C'est vrai que le goupil aime chaparder les poulets et les canards, et les dégâts ne sont pas sans conséquences dans les grands élevages de pleine. Est-ce pourtant autant la peine de le traquer partout ? Dans certaines vallées agricoles, on comprend désormais son rôle. Dans celle de la Valdaine, il est interdit de le chassé, afin de limiter les populations de campagnols qui dévastent les cultures. Plus de renards, moins de campagnols, la logique est simple mais encore dure à faire entendre, alors que dire de son impacte bénéfique sur la maladie de Lyme, lui qui réduit les populations de rongeurs qui font parties du cycle de ce mal ? Oh bien sûr, on peut parler de l'échinococcose que l'on nomme à tort maladie du renard et qu'il véhicule via ses déjections (et non son urine comme on l'entend souvent) mais cela ne concerne que 10 à 15 personnes par an et les vecteurs principaux en son le chien et le chat, autant dire que si l'argument était vraiment d'importance, nos compagnons auraient du soucis à ce faire. Quand à la rage, cela fait belle lurette qu'elle n'est plus présente sur le territoire français. Alors, si on laissait le renard roux un peu tranquille, histoire que les écosystèmes fonctionnent par eux mêmes et soient encore plus bénéfiques qu'ils ne le sont à l'agriculture ?

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Sur une souche, dans un boisement dense, nous tombons sur une multitude de carpophores (parties aériennes d'un champignon) de polypores soufrés (Laetiporus sulphureus). Pas plus simple à reconnaître que celui-ci : un chapeau marginé de blanc, des pores jaunes et absence du pied. Il n'y a pas à dire, en forêt il n'y en a pas deux comme lui.

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Aux Etats-Unis et au Canada, ce champignon est très recherché et est communément nommé "poulet des bois" en raison de sa chaire et de son goût proche de la volaille. Cependant, il faut bien l'appréter, la cuisson pouvant le rendre sec et filandreux. Pour ma part je le transforme en nuggets après un rapide blanchissement ou, je le découpe en fines lanière que je fais en fricassée dans de l'huile d'olive, de l'oignon, de l'ail et surtout, avec beaucoup de fromage de pays. Attention toute fois, les champignons nord-américains bien que très semblablent aux notres sont différents, aussi bien sur le plan de la biologie que de la comestibilité, d'autant plus que cette espèce ne convient pas aux estomacs sensibles. Les individus poussant sur des conifères (cette espèce appréciant également les feuillus), seraient plus indigestes. Mieux vaut lors d'une première dégustation le goûter en petite quantité.

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Dîner du soir. Au programme oeufs poêlés, chapeaux de lépiotes élevées revenus à l'huile d'olive, fricassée de polypores soufrés et gnocchi et infusion au mûres forestières. De quoi se régaler avec la récolte de notre promenade, il nous aura fallu un peu moins de 2 heures en forêt pour trouver de quoi confectionner notre repas.

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Sur le chemin, nous croisons pas moins de treize chevreuils (Capreolus capreolus). Chevrettes avec leurs faons de l'année, jeunes mâles en pleine forme ou petits groupes broutant dans les prairies enherbées, c'est notre jour de chance et pour cause, c'est le meilleur moment de la journée pour les observer. En effet, la lumière tombante, la fraîcheur amenée par la petite pluie du matin et le faible flux des voitures et promeneurs incitent les animaux à sortir du bois pour s'alimenter. Faute de prédateurs, leur population s'est accrue rapidement dans le secteur, présentant quelques problèmes pour le peuplement, en particulier sur les question de consanguinité et de maladies selon certains. Bien que chassée, en l'état des choses seule une prédation naturelle semble envisageable pour enrayer la dégradation génétique de l'espèce à l'échelle locale.

La nuit commence à tomber, il est temps de retourner chez soi pour s'atteler à la préparation du repas, et plus globalement, de la fin de l'été. Changement de contrat, même poste, je m'épanouie dans ma nouvelle filière : l'agriculture. Cependant, il me tarde de retourner à mes premiers amours : l'éducation à l'environnement. Qui sait ? d'ici quelques temps, peut être me croiserez vous au détour d'un bosquet, avec tout un groupe en quête de nature à découvrir. En attendant, il me reste à enfiler mes chaussures de randonnée et à vous dire à bientôt.

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mardi 5 janvier 2016

Le jardin en Automne.

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L'hiver est là depuis quelques jours, il est l'heure de faire le bilan de ce qui s'est passé dans le jardin. La saison a été très chaude et pendant longtemps on a pu se croire en été, au point qu'on en vient à regretter l'absence de neige. Les animaux et les plantes s'en retrouve chamboulés et on a pu voir ici et là des fleurs s'épanouir.

 

Délice de figues.

On l'avait bien cru mort notre figuier (Ficus carica) après le terrible hiver de 2013. Le -17°C de cette année là avait semblé sonner son glas et pendant plus d'une année nous l'avons pensé perdu, mais après une taille sévère le voilà revenu des morts ! Je peux vous assurer que nos estomacs ont bien profité de ses fruits abondants.

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La noix de Grenoble.

C'est la variété la plus courante chez nous et la plus emblématique du territoire. Grosse et charnue, elle est recherchée pour les pâtisseries. J'en ai récolté et vendu un peu plus de 100 kilos cette année, ce qui permettra de replanter de nombreux arbres dans l'ancien verger au milieu de ceux qui se font un peu trop vieux.

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La grenouille rousse (Rana temporaria).

En récoltant mes noix je suis tombée sur cette petite grenouille rousse. Sa proximité avec le potager est très bénéfique car la belle se nourrie de limaces, d'escargots, d'insectes et de vers. Leur hibernation a déjà débuté. Les mâles s'envasent au fond de l'eau, les femelles quand à elles s'habritent sous une souche ou les feuilles.

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Le champignon noir chinois (Auricularia auricula-judae).

Appelé aussi oreille de Judas,c'est le célèbre champignon que l'on retrouve au côté du shiitake dans la cuisine asiatique.Très populaire en Asie il est pratiquement ignoré dans la gastronomie européenne. C'ets une chance pour moi car il est abondant et peu recherché, de ce fait je peux m'en faire de nombreux bocaux.

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La culture de maïs.

Autours de chez nous elle est peu importante, non pas en raison du manque d'eau (bien au contraire) mais des terrains qui sont plutôt escarpés. Le maïs est arrivé avec les premiers explorateurs du nouveau monde (avec les pommes de terre et les tomates). Il en existe une grande variété même si bien souvent nous ne les différencions pas les unes des autres. Pour citer quelques unes, il y a le jaune de Lorraine, le doré des Landes ou la milette. 

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Des plantes à becter.

On ne trouve plus beaucoup de plantes à croquer en automne, il faut alors se tourner vers les fruits et les tubercules. Néanmoins il reste quelques pousses bien tendre à se mettre sous la dents comme celles du gaillet gratteron (Galium aparine) et comme remède celles de la renouée persicaire (Persicaria maculosa).

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Les plats d'automne.

À cette période c'est le grand retour des plats en sauce, des mijotés, des gratins, des potées et autres petits plaisirs qui sur le poêle ou dans le four de la cuisine cuisent pendant de longues heures. Le navarin d'agneau ne fait pas exception à la règle et reste très apprécié les soirs de pluie où la famille est réunie.

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L'armillaire couleur de miel (Armillaria mellea).

Comme tout les ans, des armillaires couleurs de miel poussent ici et là de manière spontanée au pied des souches et des vieux arbres qu'ils ont infecté. Si certains le mange jeune avec plaisir (armillette), ce n'est pas le cas de tous car ce champignon provoque régulièrement des troubles gastriques et intoxications alimentaires.

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La lépiote pudique (leucoagaricus leucothites).

J'ai encore beaucoup de mal à la reconnaître. Elle est classée parmi les bons comestible mais il est très facile de la confondre avec d'autres espèces semblables et dangereusement mortelles comme l'amanite phalloïde blanche (Amanita phalloides), l'amanite vireuse (Amanita virosa) ou encore l'amanite printanière (Amanita verna).

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La dormance.

C'est une période du cycle de vie où les animaux et les végétaux se mettent en repos. Cela est souvent dû à des conditions climatiques et environnementales peu bénéfiques de manière ponctuelle et aux quelles les organismes pour résister sans dépenser d'énergie répondent par le sommeil. Pour ce qui est de la dormance quotidienne et légendaire des chats ... c'est une toute autre histoire où la paresse et la flemmardise n'y seraient pas pour rien.

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Un arc-en-ciel à sa fenêtre.

Les feuilles perdent leur éclatante couleur verte dû à la chlorophylle. Les arbres s'en séparent pour mieux affronter le froid et ainsi minimiser leur dimension ce qui ne laissera que peu de place aux morsures du froid. Ce phénomène entraîne sur les feuilles de la vigne vierge à trois points (Parthenocissus tricuspidata).

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Le pic épeiche (Dendrocopos major).

Cela fait plusieurs années que nous avons la chance d'avoir dans le jardin des pic épeiches en couple ou seuls. Il n'est pas rare de les voir taper le bois mort, d'entendre leurs coups de bec caractéristiques ou de trouver quelques jolies plumes tombées au sol. Au printemps il y a toujours une ou deux nichés dans le verger.

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La lépiote élevée (Macrolepiota procera).

Appelée aussi coulemelle, c'est un excellent champignon qui pousse aussi bien dans les champs, les lisières de bois que les forêts claires. Elle est de très grande taille et quand elle pousse en rond de sorcière il est difficile de la louper, d'autant plus que c'est un excellent comestible qui se cuisine à toutes les sauces.

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Le géranium des Pyrénées (Geranium pyrenaicum).

J'adore ce petit géranium sauvage car quand on frotte ses feuilles, un délicieuse odeur iodée se dégage et parfume les doigts. Il est presque présent partout en France (très peu en Aquitaine), jusqu'à parfois 2000 mètres d'latitude. Il aime les prés, les bords de routes, les sentiers ensoleillés, les bois et les terrains vagues.

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Les faucheurs (Les Opiliones).

Souvent confondus avec leurs cousines les araignées, ils s'en distinguent par l'absence de glandes à venin et par le fait qu'ils ne produisent ni soie, ni toile. Ils mangent un peu de tout. Certaines espèces sont purement carnivores, d'autres complètement végétariens, d'autres encore se nourrissent de nos déchets.

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La vie des insectes l'automne.

Eux aussi se mettent au ralenti. Les abeilles sortent de moins en moins et aux premiers grands froids chassent les mâles de la ruches pour économiser les ressources. Les chenilles s'apprentent à passer l'hiver dans leur chrysalide, les coccinelles en groupe sous les écorces et derrière les volets. Les criquets et certaines espèces de sauterelles quand à eux vivent leurs derniers jours mais la génération suivante ne tardera pas à bientôt sortir.

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La pleurote du panicaut (Pleurotus eryngii).

J'ai bien eu du mal à reconnaître ce champignon car je le rencontre pour première fois en pleine nature et que sa forme cultivée est assez différente (beaucoup plus longiligne), mais ses lames et lamules ne trompent pas. C'est un excellent champignon au parfum fruité. Elle pousse sur les racines de panicauts dans les zones dégagées.

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Le mot de la fin.

J'ai adoré cet automne au jardin, il a été lumineux et plein de trouvailles. Les champignons ont été à la fête, saison oblige. Ils ont agrémenté les plats en sauce qui ont parfois tardés à venir, la faute à un temps chaud et sec que l'on a rarement vu à cette période et pour cause, le courant exotique El Nino semble déchaîné.

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dimanche 22 septembre 2013

Sortie dans les prés 10.

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Un petit article sur cette sortie brève mais fructueuse dans les champs. Depuis le chemin, un énorme rond de sorcière, composé de délicieuses lépiotes élevées m'attendait. Pour un premier jour d'automne c'est une belle surprise. Rajoutons à cela la chaleur, le ciel bleu et ce grand soleil dignes d'un été indien.

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La lépiote élevée est surnommée Coulemelle, Parasol, Nez-de-Chat ou scientifiquement Macrolepiota procera. Elle appartient à la famille des Agariacées qui comprend les agarics comme les rosés des près et, les amanites comme l'amanite phalloïde ou des Césars.

C'est un champignon des zones tempérées qui pousse dans les pâturages et parfois en pleine forêt. Parfois solitaire, c'est surtout en rond de sorcières souvent impressionnant comme ici (10 mètre de diamètre) qu'on les trouvent.

Le nom lépiota veut dire en latin "petit écaille" et désigne les pelures brunes présentes sur le chapeau du champignon et qui en son centre forment le fameux Nez-de-Chat.

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Les lépiotes élevées sont de grands champignons qui peuvent aisément dépasser les 30 cm de hauteur des les 20 cm de diamètre. Ces excellents comestibles ont un goût prononcé de noisette, un parfum fort, parfois légèrement écoeurant quand ils sont présent en grand nombre dans le panier. En cuisine il a la particularité d'être un des aliments les caloriques (15 kcal pour 100 gr) mais a le défaut d'absorber facilement et en grande quantité les matières grasses.

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Cependant attention aux confusions! Comme toujours il ne faut ramasser un champignon que si on le connaît bien. Ramasser des lépiotes d'un autre genre ou des champignons ressemblants comme ici peut se révéler être dangereux voir mortel! Dans tout les cas il faut être conseillé par un habitué de confiance. Rappelons que l'an dernier il y a eu 664 cas d'intoxication connus pour 3 morts.

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Néanmoins, n'oublions pas que la lépiote élevée, connue depuis l'antiquité, est un précieux champignon qui au-delà de ses qualités gustatives, est un antibiotique et un anti-tumorale naturel que la science s'évértue à percer les secrets. On le trouve déjà dans de nombreux médicaments artisanaux ou industriels.

vendredi 20 septembre 2013

Sortie dans les prés 9.

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Demain c'est l'automne! Pourtant la nature c'est déjà mise aux couleurs de cette belle saison. La pluie et la brune viennent mettre en valeur les teintes de jaune, de rouge et d'orangé des arbres et des hautes herbes.

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Il fait frais dans le verger mais les pommes sont bien rouges, malgrès les nombreux plants de buis qui poussent sur les branches des vieux pommiers et qui en sucent la sève. Coupés puis pendus la tête en bas, ils sont venus décorer la maison. Ces pommes bien que belles ne viendront pas dans l'assiette mais dans le verre sous forme de jus ou de cidre.

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Voici un grillon mâle juvénile, c'est à dire qui n'a pas encore assez mué pour atteindre sa maturité sexuelle d'où son absence d'ailes. Il est assez rare d'en croiser à se stade à cette période de l'année. C'est un herbivore qui à l'occasion peut dévorer un ver de terre ou le cadavre d'un rival car cet insecte est très territorial (de ce fait en Asie les combats de grillons sont très prisés). Il vit dans un terrier qu'il creuse avec ses pattes avants adaptées à cet usage.

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Présentations de quelques lépiotes. Attention, ne jamais ramasser les lépiotes que l'on connaît pas et qui mesure moins de 10-12 cm car elles peuvent être mortelles à raison de leur ressemblances entre proches parentes mais aussi avec certaines amanites.

1 et 2: La lépiote excoriée est une lépiote comestible qui juvénile aura un chapeau crème puis peu à peu deviendra blanche tout en conservant un mamelon brun. C'est un champignon comestible (mais facile à confondre) à la chair blanche. Elle pousse dans les prairies et les clairières.

3 et 4: La lépiote mamelonnée est elle aussi un bon comestible, proche d'aspect de la lépiote élevée (mais facile à confondre elle aussi). On la trouve dans les bois mais parfois dans les prés, en particulier ceux des lisières de bois ou de bosquets.

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Le scarabée funeste est un joli scarabée que j'ai souvent l'occasion de croiser. La dernière fois j'avais été peu attentive et j'avais reçu son jet défensif d'acide en pleine figure (on ne rit pas!). La leçon a été retenue et désormais c'est tête face contre tête que je l'observe. Néanmoins cela ne l'a pas empêcher de vaporiser son acide sur la végétation alentour, libérant ainsi une odeur très désagréable.

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Il fait gris mais il est possible d'observer de nombreuses créatures.

1: Voici Bombus agrorum Fabricius, un des bourdons les plus communs. Il vit en petit groupe et aime butiner les fleurs comme ce crise champêtre.

2: Dans le coeur d'une fleur de carotte sauvage fanée et humide, un long scarabée noir a trouvé refuge.

3: Un escargot des haies fait des acrobaties sur une longue tige sèche.

4: Dans une souche pourrie au milieu du champ,une grosse larve de cétoine tente de se dissimuler. Il lui faudra 3 ans pour devenir adulte et ne connaître que pendant une courte période, un mois, la joie du vol et des grands espaces. Mais en attendant elle se nourrit de bois pourrie et de terreau. Pas très ragoûtant tout ça.

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Les deux cerisiers du grand champ n'ont plus de cerises depuis longtemps mais l'un deux cache un petit trèsor à la couleur de l'or caché dans un écrin de bois.

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Avec sa belle couleur il est difficile de ne pas le remarquer. Le polypore soufré est appelée poulet de bois. Il est très prisé en Amérique du Nord et au Canada mais est méconnu chez nous. Délicieux champignon, il faut prendre garde à ne cuisiner que les partie jeunes et tendres. On peut retrouver une des façons de l'accomoder ici. D'ailleur, une grande Loche a commencé à le croquer.

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Bref ces jours-ci il ne fait pas très beau mais la pluie a reverdi les champs et il semblerait qu'au vues du temps qui est annoncé, que l'on se dirige doucement vers un été indien.

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1 et 2: J'ai enfin pu identifier cette fleur avec le site FloreAlpes. Il s'agit du galéopsis tetrahit nommé ortie royale bien qu'elle n'est rien à voir avec celui-ci. C'est une invasive qui aime les bords de bois mais aussi les prairies humides.

3 et 4: Les arbres aux troncs creux sont prisés par les fourmis qui voient dans ceux-ci un abrit parfait pour leur colonnie. Quand on place la main au dessus du trou, on peut sentir de la chaleur monter à travers l'arbe. Celle-ci provient de l'activité de la fourmillière qui se trouve à la base de l'arbre.

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Qui dit champs dit vaches. Celles-ci s'accomodent comme elles peuvent de l'humidité ambiante et de l'arrivée du brouillard sur leur pâturage.

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Il a là de quoi remplir un petit peu le panier.

1: J'ai cru qu'il s'agissait d'un petit rosé des prés. Il n'en est rien. Voilà une vesse de loup qui peu dans les meilleurs conditions prendre la taille d'un ballon de foot. Coupée en tranche quand elle est fraîche puis pannée, c'est un comestible passable.

2: Voilà le premier rosé de l'année trouvé. Il est identifiable à la blancheur de sa chair, de son chapeau, de son pied et à la teinte rosée de ses lamelles.

3: Quand il vieillit le chapeau noircit et les lamelles deviennent noires et tâchantes. Dans ce cas il est impropre à la consommation.

4: Cebon comestible peut s'accomoder de bien des manière. L'an dernier j'ai eu l'occasion de l'expérimenter ici et .

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Attention danger! Il y a de nombreuses amanites blanches dans les champs. Facile à confondre avec les différents champignons bons comestibles, il faut être très précautionneux.

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Les feuilles rougisses et les fruits de l'églantier seront bientôt à maturité. Riches en vitamines et en principes actifs, leur récolte débutera après les premières gélées. Pour mieux le connaître c'est par .

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Bref, demain c'est l'automne est déjà la nature a prit son manteau de couleurs.

 

samedi 6 octobre 2012

Invasion mycologique.

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Inspection plus poussée que celle d'hier soir (ici). Sous le soleil levant on remarque plus vite les petites choses de la naure :)

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Les drôles de lactaires n'ont pas bougé. A la lumière on voir qu'ils sont légèrement orangés. Je l'ai déjà rencontré dans le jardin, en nombre moindre (ici)

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Ils ne vont pas sans rappeler la forme des vachotes. Il est amusant de voir comme le lait blanc perle des lamelles.

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Les armillaire couleur de miel que l'on retrouve plus bas.

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Voilà une amanite, l'amanite safran, qui est toxique. Une limace a prit soin de ronger le pied pendant la nuit pour la faire tomber et ainsi se régaler de ses lamelles.

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Les champignons de bois du vieux tronc du pommier ont perdu leur couleur d'antant (ici).

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Le carabe chagriné est une espèce qui devient rare. C'est un redoutable prédateur nocturne qui dévore tout ce qu'il trouve. Madame est un peu plus grosse que monsieur (à droite c'est la femelle seule).

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Observer un accouplement de cette espèce de scarabé est rare, il a généralement lieu la nuit, à l'abris des prédateurs. 

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La lépiote brun-lilas est un champignon qui pousse de la fin de l'été à la mi automne. Il aime les pelouses et les jardins.

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Bien qu'elle soit fort jolies, cette lépiote est très toxique voir mortelle. Pas touche.

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Une petite vessnide de loup c'est instalée au pied d'un pommier.

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Le lichen avancé tombe des arbres, il servira à un oiseau à parer son nid pour l'hiver ou à un rongeur de rendre son terrier plus confortable (à gauche). L'hypoxylon en forme de fraise envahit les vieux troncs coupés. Brun rosé, avec une multitude de petites aspérité, il est vrai qu'il ressemble étonnamment bien à une fraise.

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Deux autres petits inconnus, aux couleurs bien sympathiques.

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Camouflage presque parfait.

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Discrétion de la nature: pour ce petit champignon qui se fond avec la couleur du sol et ces mini-feuilles de mousse sur ce galet, la discrétion est de mise.

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Les plantes se préparent à un long sommeil, la mousse (à gauche) à bien poussée et les feuilles de primevères sont encore vertes.

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Le nid des pics épeiche a récemment été agrémenté de végétation pour se trouver plus confortable.

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Voici le cortinaire couleur de roucou. Bien qu'il ait une jolie couleur, ce champignon a une odeur de moisi et surtout, il est mortelle. Prudence.

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Massacre dans les noisetiers, un oiseau aux plumes noires, blanches et jeunes a été croqué (peut être un chardonneret).

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Il y en a de partoutù

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La vigne sauvage perd ses feuilles (à gauche), pendant ce temps, le "petit" bouillon blanc (qui se différencie à celui qui a une unique tige florale très grande et très large) commence à fleurir.

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Églantiers (photo gauche) et les lianes (photo droite) donnent leurs beaux fruits rouges. Attention si ceux de ces premiers sont comestibles (et délicieux en confitures), ceux des deuxièmes sont toxiques.

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L'herbe est bien verte, vaches et chevaux profitent des derniers rayons.

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Il reste des lépiotes, miam miam. Ici trois jolis spécimens parfaits pour mon assiette.

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Ne jamais ramasser des lépiottes moins de 10 cm. Ici les columelles sont reconnaissables à leur nez de chat, cette petite marque marron au milieu de leur chapeau et qui forme un mamelon.

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Bien qu'elles aient un petit anneau (qui se forme quand le chapeau se déploit), elles ne font pas partie de la famille des amanites.

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Ha les voilà donc,les coprins chevelus, appelés noirs d'encres.

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Ce nom vient du fait qu'en vieillissants, leurs lamelles noircissent, coulent comme de l'encre et forme sur le sol (photo à gauche) une traînée noir de la forme du chapeau: ronde.e

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C'est aussi en vieillissant que le chapeau se réduit, comme si il s'enroulait sur lui même (gauche). A droite une limace s'attaque à un jeune sujet sain, après avoir rongée le pied, elle s'attaque au chapeau (droite).

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Il faut impérativement consommer les jeunes spécimens et dans les 2 à 3h qui suivent la cueillettes

, sinon ils noircissent  et ne sont plus bons à manger.

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Les jeunes orties envahissent les coins où les plantes d'été végétent dans le sols. Ils sont excellents en soupe.

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Il y a quelques fleurs de jardin comme les astéracées et la lavande qui le parfum.

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Petit escargot deviendra grand. C'est un des plus beaux de chez nous.

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Est sous le jeune sapin, des lactaires délicieux.

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Toute une petites famille a élu domicile ici. Il est toujours surprenant de voir le lait orange s'en écouler quand on le coupe.

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Encore quelques inconnus, bien que très particuliers, ce qui devrait m'aider à vite les identifier.

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Alors, il est pas beau mon panier?

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Les russules de sardoine, découverts hier (ici) ont grossi.

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Quelques tous petits petits champignons.

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La douce marjolaine fleurit.

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Autres champignons mystérieux et colorés, à ne pas confondre avec nos faux mousserons. 

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Un petit corpin (espèce non définit) qui pousse en solitaire au milieu de l'herbe.

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Et dans les feuilles de châtaigniers , encore des champignons, inconnus, au pied blanc et au chapeau fauve.

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Et pour rester dans le thème, les premières châtaignes sont là, prêtes à se faire dorer au feu de bois (comme demain).

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Le polypore cilié est un champignon à tube qui pousse en groupe de quelques individus. On le trouve habituellement au printemps mais parfois il peut pousser en automne quand le temps devient plus clément.

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Son pied est noir et dur, son chapeau orange et marron foncé en son milieu, ses pores crèmes. C'est un champignon non comestible que l'on peut confondre avec le polypore d'hiver.

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L'armillaire couleur miel peut se manger jeune, à condition de ne prendre que le chapeau et de bien le blanchir.

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Il n'a pas vraiment de goût, voir pas du tout alors mieux vaut le laisser et plutôt admirer les immenses colonies qu'il forme (jusqu'à plusieurs mètres). Il aime pousser sur les vieilles souches pourries.

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L'armillaire sans anneau est proche de l'armillaire couleur de miel. 

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Plutôt rare, il pousse en colonies importante. Juvénile c'est un très bon comestible mais il se conserve très peu de temps.

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Le panéole coprophile pousse en groupe de quelques individus. Il est courant sur les passages d'animaux, surtout sur celui des cheveaux. Il est concidéré comme toxique. 

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C'est temps de rammasser les pommes!

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Et les poires, scoubidou-bidou-bidou ouaaaaaa!

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Le jardin devient un vrai garde-manger.

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Le persil a résisté au froid, mais il est trop tard pour les tomates.

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Sur la menthe s'est invité une mouche scorpion. Ici c'est une femelle car son abdomen ne ressemble pas à celui du mâle qui est en forme de que de scorpion (comme ici), ce qui explique son nom.

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qu'il est bon de récolter framboises et noix. Il y a là de quoi s'assurer des belles préparations pâtissières.

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Et puis il y a les éternelles curieuses du champs voisin, les jeunes charolaises.

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Autre plantes à ramasser, sécher et conditionner en cette période, la mélisse officinale appelée citronnelle (à gauche) et le laurier sauce (à droite).

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Le ganoderme d'Europe se porte très bien, il couvre de spores les feuilles (comme à droite) et même les animaux comme cet escargot (à gauche).

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Tout devient couleur rouille.

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Il est aussi temps d'ajouter cônes et noisettes au panier.

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Les roseiers donnent leursdernoères fleurs avant le gel, et la vigne vierge ses premiers fruit. Bientôt ses feuilles deviendront rouges et finiront par tomber.

Bref, si on prend le temps de regarder, le jardin peut devenir une vaste forêt.