jeudi 14 avril 2016

Les fleurs et oiseaux des parcs marseillais.

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Beau labelle n'est-ce pas ? Il illustre bien cet article qui va porter sur les orchidées et leur identification (identification complexe, pour ne pas dire casse-tête, qui sera abordée de manière plus approfondie dans un prochain article). On trouve aussi quelques espèces animales et végétales qui valent le détour bien que certaines soient communes et/ou banales. D'autres peuvent passer inaperçues jusqu'à ce que l'oeil vienne de manière inopinée se poser sur elles. Bref, pour cet épisode on repart dans le Sud profiter du printemps.

 

Le mimosa d'Hiver (Acacia dealbata).

C'est un arbrisseau Australien qui porte bien mal son nom "d'Hiver". En effet, bien qu'il fleurisse en pleine période hivernale chez nous, dans son pays natal à la même période c'est l'été. Il est arrivé en Europe au 18e siècle en même temps que les premiers grands navigateurs qui avaient hâtes de le faire découvrir aux cours royales.

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L'oprhys de Forestieri (Ophrys forestieri).

Anciennement on la nommait Ophrys lupercalis. La taxonomie des orchidées en Europe et plus globalement dans le monde est complexe, porte parfois à polémique et aussi, à confusion. Ainsi plusieurs espèces portent des noms différents et/ou parfois ne forment qu'une seule et unique espèce. Pour faire simple il faut retenir que cet ophrys appartient à la famille des ophrys bruns dont on trouve l'espèce type au Portugal et en Espagne.

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Le pigeon biset fédéral (Columba livia var).

Cette espèce est très proche du pigeon biset sauvage qui est son ancêtre. C'est un mal aimé en raison de sa réputation de porteur de germes pathogènes, de son abondance, des salissures et des dégâts qu'il provoque sur les bâtiments et les biens dans les villes où il vit. Pourtant, je l'adore. C'est un oiseau bien plus intelligent qu'il ne le paraît qui élabore des tactiques pour se nourrir et qui est fidèle à son partenaire à vie.

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Le chat haret (Felis silvestris catus).

 Le parc des Bruyères de Marseille comporte quelques chats domestiques devenus sauvages que l'on nomme chats harets. Bien que proches de nos chats de maison, ils ne se laissent pas approcher. Le manque de contrôle sur cette population pose des problèmes pour la biodiversité mais aussi sanitaires et démographiques.

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Le frêne à feuilles aiguës (Fraxinus angustifolia).

Il pousse dans les zones de climat méditerranéen-occidental. On l'appel parfois "frêne du Midi". Il en existe deux sous-espèces ayant des caractéristiques et des zones de pousses très similaires. On le rencontre  dans les trois quarts du pays. Ses bourgeons et feuilles sont plus petites que celles du frêne commun.

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Le narcisse douteux (Narcissus dubius).

 C'est un joli narcisse qui pousse en France exclusivement sur le pourtour méditerranéen dans la garrigue. Il fleurit au début du printemps jusqu'en avril. Petit, on le différencie des autres narcisses par leur taille, leur couleur blanche et leurs feuilles larges. Bien qu'il ne soit pas protégé, il se raréfie de manière dramatique.

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L'orne (Fraxinus ornus).

Il s'agit également d'un frêne et lui aussi est typique de la région. On l'appel parfois frêne à fleurs en raison de ses fleurs blanches abondantes et odorantes. Au Moyen Âge on en tirait la "manne" (du même nom que la nourriture des Hébreux dans le désert après avoir quitté l'Egypte pharaonïque). Grâce à un savant procédé sa résine était transformée en sucre. La manne était très populaire aux tables des puissants et des gourmets.

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L'ophrys de la passion (Oprhys passionis).

Là aussi c'est un peu un casse-tête comme chez l'ophrys de Forestieri. On le rattache à la famille des oprhys occidentalis que l'on nomme également Ophrys exaltata subsp. marzuola dont il n'est pas toujours simple de faire la distinction avec l'ophrys arachnitformis ... pas simple n'est ce pas ? Pour facilité la chose, on retiendra de cet ophrys qu'il est assez sombre, avec un label trilobé de manière légère et que sa macule forme un T ou un TT.

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L'if commun (Taxus baccata).

C'est l'arbre de la sagesse et de l'immortalité en raison de son exceptionnelle longévité. Il est aussi un symbole de mort car on le plantait dans les cimetières mais surtout, parce qu'il est terriblement toxique. Toutes les parties sont toxiques hormis la chair des baies que l'on nomme arilles (attention à la graine !). L'if est dioïque, c'est à dire que contrairement à la plupart des plantes, il est soit mâle, soit femelle mais jamais les deux à la fois.

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La bergeronnette des ruisseaux (Motacilla cinerea).

 C'est un oiseau (déjà rencontrée ICI) qui chasse à proximité de l'eau, on peut même l'observer pêcher. Ici il s'agît d'une femelle ou d'un immature car sa gorge est blanche ou du moins, dénuée de noir. Pour la reconnaître à coup sûr il faut regarder si les pattes sont de couleur chair et si les plumes de la queue sont longues et fines.

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Le nombril de Vénus (Umbilicus rupestris).

Les feuilles de cette plante de la famille des Crassulacées (comme les sédums) rappellent un nombril. Elles sont comestibles et le plus souvent, les jeunes pousses sont consommées crues en salade. Elles sont appréciées pour l'eau qu'elles contiennent, leur texture, leur corquant et leur goût légèrement amer.

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Le réséda de Jacquin (Reseda jacquini).

Selon les cartes, on le trouve dans 6 à 8 départements en France. Il est protégé en Rhône Alpes et on en compte 2 sous-espèces. Il tient son nom du naturaliste Nikolaus Joseph von Jacquin, connu pour ses expéditions aux Caraïbes et en Amérique. Deux autres plantes ont été nommées en son honneur avec son patronime.

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Le ciste à feuilles de sauge (Cistus salviifolius).

Voilà un des nombreux cistes à fleurs blanches que l'on peut rencontrer dans le sud de la France. Ses feuilles sont parfois confondues avec celles de la sauge mais n'ont pas la même odeur ni les mêmes propriétés. On l'utilise de plus en plus fréquemment pour orner les jardins, les bords de routes et les ronds points.

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Le ciste contonneux (Cistus albidus).

On l'appel parfois ciste en raison des poils blanchâtres qui couvrent ses feuilles et qui sont doux au touché. Ils permettent à la plante de retenir l'eau et de diminuer son évapo-transpiration ce qui est essentiel à la vue du milieu dans la quelle elle vit. Ses graines ont besoin d'être chauffées par les flammes pour germer.

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Les sarcelles (Anas) et leur hybridations.

Les sarcelles sont de petits canards présents un peu partout dans le monde. En France ont trouve la sarcelle d'hiver (Anas crecca) et la sarcelle d'été (Anas querquedula) mais depuis quelques années, on rencontre également des espèces venues d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et d'Amérique. Ce sont des oiseaux échappés de chez les particuliers. Ici il pourrait s'agir d'un hybride de sarcelle d'hiver et de sarcelle du Chili (Anas flavirostris).

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Le nerprun alaterne (Rhamnus alaternus).

C'est un arbrisseau des garrigues qui aime la lumière. Bien qu'il peut atteindre 5m de haut, il est souvent plus petit. Ses feuilles coriaces et luisantes sont un moyen pour l'arbre de se protéger des prédateurs mais aussi d'éviter de perdre trop d'eau sous l'effet des fortes chaleurs. Ses minuscules fleurs sont dépourvues de pétales.

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Le héron cendré (Ardea cinerea).

On le rencontre beaucoup en ce moment dans les friches de la ville. Celui-ci a un beau bec vif et coloré, signe qu'i est prêt pour la saison des amours. Bien que grand (il mesure presque un mètre), il ne dépasse que rarement 1 kilos, voire  1,2 kilos. Ce faible poids lui vient de ses os creux et légers qui lui permettent de bien voler.

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La mésange charbonnière (Parus major).

C'est un petit passereau très commun en Europe, au Maghrébe et en Asie. C'est un oiseau vif qui se nourrit d'insectes et de graines. Actuellement on peut le voir s'affairer sur les branches à la recherche des insectes attirés par les bourgeons tendres des arbres. On peut aussi commencer à entendre les oisillons dans leur nid.

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Le muscari à grappe (Muscari neglectum).

On l'appel aussi muscari négligé en raison de ses fleurs tombantes. On le rencontre presque partout en France hormis dans le nord du pays. On le distingue de son cousin le muscari botryoide (Muscari botryoides) de part ses feuilles fines, longues et étroites. Il aime les vieilles vines, les pelouses sèches et les prés arides.

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Le grand cormoran (Phalacrocorax carbo).

 Celui-ci nous a permit d'admirer sa séance de pêche dans le petit étang du Parc du 26e centenaire. Ce pêcheur infatigable présente au niveau de la tête une bande de plumes blanches et à la base du bec une jolie coloration rouge/pourpre. Là encore il s'agît d'un oiseau abordant son plumage nuptial pour séduire un partenaire.

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Le canard colvaire (Anas platyrhynchos).

On le trouve dans tout l'hémisphère nord (et porte parfois le nom de canard français). Peu farouche, on le voit souvent sur les plans d'eau urbains. Cette canne à fort à faire pour veiller sur ses petits qui sont plutôt turbulents. Entre les énormes poissons qui vivent dans l'étang, les rats qui n'hésitent pas à croquer un bout de poussin, les chats errants et les goélands leucophés voraces, la vie de cette mère n'est pas de tout repos. 

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Le rougequeue noir (Phoenicurus ochruros).

Cet oiseau bavard se reconnaît à ses pattes noires et à sa queue d'un beau rouge brique qui se remarque bien quand il vole. À l'origine il vivant dans les zones pierreuses, surtout en montagne mais l'habitat urbain des hommes lui convient bien. Il y trouve toute la nourriture dont il a besoin ainsi que des lieux aptes à la nidification.

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La tortue de Floride (Trachemys scripta elegans).

On a ces dernières années beaucoup entendue parler d'elle. Achetées en animalerie, les petites tortues de Floride deviennent vite grandes. Leur aquarium n'est pas réputé pour sentir bon et elles peuvent se montrer agressives. De ce fait certains particuliers les ont laissés à leur sort dans la nature. Les survivantes sont de terribles voraces qui causent de nombreux dégâts dans notre environnement. Désormais elles sont interdites à la vente.

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Les chauves-souris du Parc du 26e centenaire.

 On peut voir dans le ciel de Marseille quelques belles chauves-souris (Chiroptères - Chiroptera). Pas simple de les saisir en plein vol avec un ciel sombre. En France métropolitaine toutes les espèces sont insectivores et vont se nourrir de petites bêtes à la tombée de la nuit. Ce sont de précieuses aides pour les jardiniers.

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Le message ...

Participer aux actions citoyennes c'est vraiment chouette, en retenir le message et les gestes nettement mieux. Néanmoins il y a un véritable chamboulement dans les mentalités qui peu à peu évolues dans le bon sens. Comme toujours, il faut 5 ans pour révolutionner le monde, 30 de plus pour que les esprits s'y adaptent.

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Quand la garrigue part à l'assaut des parcs.

À Marseille, la notion entre parc naturel et parc de ville est floue. Certains d'entre eux comme le Parc du 26e Centenaire ou celui de Campagne Pastré s'ouvrent sur les Calanques. De ce fait les plantes d'ornement et les arbustes bien taillés laissent peu à peu place à une végétations sauvage plus dense et variée. 

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Le mot de la fin.

C'est bientôt la fin pour ces quelques orchidées du Sud de la France mais il y a bien d'autres choses à voir. Les parcs de Marseille sont une bonne alternative pour découvrir la flore et la faune des Calanques sans pour autant faire de longues promenades. Néanmoins, il est plus compliqué d'y observer les espèces rares ou qui fuient les zones urbanisées car sensibles. Bientôt les lavandes en fleurs, les chèvrefeuilles et les papillons seront là.

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mardi 10 février 2015

A la tombée du jour dans les Calanques (1).

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 La nuit tombe vite en Janvier, et même si les rayons du soleil dansent sur la mer, la luminosité tombe vite. Les sentiers sont par endroits étroits et escarpés, mieux vos ne pas tarder et revenir pour les beaux jours. Rappel, le parc national des Calanques est un parc où la faune et la flore sont protégés.

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 La bruyère multiflore (Erica multiflora) est une très belle bruyère qui pousse un peu partout dans les Calanques. Elle mesure jusqu'à 80 cm et est assez populaire dans les jardins. Sa longue floraison perdure de juin à décembre voire janvier (Sic photos). Rustique, elle résiste à des températures basses (jusqu'à -10°C).

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 Le mimosa fleurit (Acacia) ! Commun dans le Sud ici pour nous il reste exotique. Origniare d'Autralie, il est introduit en Europe en 1804 où il s'est rapidement naturalisé, en particulier sur le pourtour méditerranéen. Il fait le bonheur des fleuristes et des parfumeurs qui peuvent faire leur choix parmi une large gamme d'espèces.

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 Petite définition des calanques : une calanque est une composition géologique (calcaire ou granitique) qui forme un étroit vallon très abrupte qui se jette dans la mer. C'est aussi un massif limitrophe de la ville de Marseille. Sa végétation est typique, parfois endémique. La garrigue en est le meilleur exemple.

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 Pour celle là, j'ai eu du mal à mettre un nom sur sa jolie mine bleue. Ce n'est pas du côté des astéracées qu'il faut chercher mais des plantaginaceae. La globulaire buissonnante (Globularia alypum) est un arbrisseau méditerranéen qui pousse dans les zones calcaires et rocailleuses. Il fleurit de novembre à mai.

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 Dans leur cocon à l'abrîme se trouve toute une colonie de processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa). Urticantes ces chenilles peuvent être dangereuses, chez l'Homme elles provoquent des allergies, des douleurs respiratoires et oculaires, chez les chiens qui les goûts des oedèmes et des gonflements de la langue qui peuvent être mortels. Rappelons les, les chenilles processionnaires peuvent posséder 600 000 poils urticants qui sont projetés dès qu'elels se sentent menacées.

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La passerine tartonraire (Thymelaea tartonraira) est protégée à l'échelle nationale. C'est un arbrisseau mesure 20 à 40 cm et dont les feuilles ont un aspect cotonneux. Peu courant, il aime les bords de la méditerranée, surtout dans le Var et les Bouches-du-Rhône. Ses fleurs sont jaunes et s'épanouissent d'avril à octobre.

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La garrigue est une formation végétale typique des milieux méditerranéens calcaires, ce qui l'oppose plus au moins au maquis qui se trouve sur des sols silicieux. Elle se forme sur les emplacements de forêts de chênes verts qui ne sont plus (feux, pâturages, déforestation etc.). En France la garrigue couvre  400 000 hectares.

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 Le Pin blanc de Provence ou Pin d'Alep (Pinus halepensis) est un des arbres caractéristique de la garrigue. Il peut atteindre 3 mètre de haut et se rencontre lui aussi sur le pourtour méditerranéen. Résistant à la sécheresse, aux forts vent et aux embruns marins, sont bois est utilisé pour la construction de bateaux et de charpentes.

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L’Ajonc de Provence (Ulex parviflorus Pourr.) est une espèce d'arbrisseau à la floraison très précoce, dès janvier on peut voir ses belles fleurs jaunes s'ouvrir.Très épineux on peut vite se blesser en le récoltant. Ces grandes épines ont conduit les hommes à les employer pour l'édification de haies et de murs végétaux à porté défensive.

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