Voilà près de 2 mois qu'il n'y a plus d'actualités sur le blog et pour cause, cette fin d'année a été des plus riches. Nouveau travail, vie associative, aventures en tout genre en pleine nature ... bref, je me suis éloignée des réseaux pour entrer pleinement dans la vie active. Cette fin d'année est l'occasion pour moi de vous présenter toutes ses actions en quelques lignes et quelques photos.
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LES PIEDS DANS L'EAU

L'été indien est bel et bien fini. Octobre et début novembre semblent loin. Ils ont été dans la continuité de cet été chaud et sec qui a frappé une grande partie de la France et qui a marqué nombre d'esprits, ne serait-ce que sur les questions liées au manque d'eau. Mi-octobre, nous avons fait notre dernier plongeon dans le lac d'Aiguebelette, à l'occasion de la fête des plantes rares bordant la plage et présenté dans le précédent article. Ce jour là, nous ne sommes pas les seuls et pour cause, la température extérieure est plus proche des 30°C que des 20°C, un événement certes plaisant sur le moment mais inquiétant quand on songe à l'avenir de notre monde tel que nous le connaissons aujourd'hui. Trêve de paroles noires (ou pas), l'heure est aux souvenirs, en particulier à ceux liés à notre baignades, aux oiseaux et aux champignons présents ce jour là.

DSC04804Parmi les espèces du lac, on observe le grèbe huppé (Podiceps cristatus), un des plus gros représentants de cette famille. Il s'agit ici d'un individu qui sort de la juvénilité du fait que sa tête est encore en partie rayée, une caractéristique absente chez les adultes matures mais présente chez les poussins. C'est un bon pêcheur qui n'hésite pas à s'approcher des berges ou des hommes pendant ses parties de pêche.

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Cet oiseau aquatique comme beaucoup d'autres connaît une forte pression, d'une part liée à la destruction de son habitat avec l'augmentation de l'urbanisme, que cela soit pour le logement ou la création d'espaces de loisirs, et d'autre part, liée au comportement du public en milieu naturel vis à vis de la faune et de la flore. Ayant pour statut celui d'une espèce à "préoccupation mineure", sa population est de faible taille en France (6 000 à 10 000 couples). La chasse pour ses plumes, aujourd'hui interdite, en est une des raisons. Cependant le risque demeure. Lors de notre séjour, nous avons pu observer de nombreux comportements pouvant impacter le gracieux animal. Chiens non tenus en laisse qui tentent d'attraper les oiseaux peu farouches, parents leur lançant des cailloux pour les effaroucher et montrer leur vol à leurs enfants, jeunes adultes s'amusant à leur plonger dessus ... non vraiment en matière d'éducation à l'environnement, il y a encore beaucoup à faire.

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Rapide constat pendant la baignade. L'image parle d'elle même. Le niveau des étendues d'eau est au plus bas et plus que jamais la question de l'aprovisionnement en eau surgit dans les campagnes. Certains veulent le durcissement des quotas, d'autres la création de digues, retenues et barrages. Dans ce méli-mélo il n'est jamais question de sauvegarde des milieux et pourtant, c'est eux qui continent l'or bleu et nous sauvent de la pénurie.

LES MAINS DANS LA TERRE

Novembre et décembre furent des mois riches voire intenses, entre la prise de poste à la LPO Rhône comme animatrice nature et les nombreux chantiers bénévoles, toujours à la Ligue de Protection des Oiseaux, je n'ai été que très peu présente sur le blog, les réseaux et d'une manière plus général, sur le net et Dieu sait que cela fait du bien ! Les vacances d'hiver sont l'occasion de se poser, de faire un point et d'alimenter quelque peu cette rubrique.

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Parc Lacroix Laval de Saint Genis Laval début novembre. Il pleut quelques gouttes le matin et tant mieux, l'objectif de ce samedi est de restaurer une mare forestière en vidant celle-ci des branches et feuillages accumulés dans son fond et de ratiboiser les jeunes feuillus qui la cerne. Cependant ça ne serait tout, un peu loin une autre tâche nous attend : creuser une mare de toute pièce, autant vous dire que la petite 20 aine de motivés que nous étions n'a pas chaumée !

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Creuser l'épaisse couche d'argile demande pas mal d'huile de coude. Les seaux pour vider l'eau qui remonte par capillarité ne sont pas de trop, pas plus que les pelles et les pioches qui sans relâchent entaillent le sol jusqu'à plus d'un mètre de profondeur. Reste alors à installer le fond de la mare, ce qui lui permettra de rester étanche. Une bâche et un géotextile ont de ce fait pris place sous le regard attentif des chargés de missions à l'origine du projet.

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Bref, voilà le premier chantier de novembre achevé. Se fût l'occasion de rencontrer de nombreux jeunes de nos âges plus motivés les uns que les autres, de créer des liens et surtout, d'imisser les débuts du groupe jeunes LPO Rhône et, qui depuis a vu le jour (fin décembre de cette année 2018) et dont vous aurez toute l'info en fin d'article.

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Mi-novembre c'est rebelote ! Cette fois-ci nous sommes dans un domaine viticole dont la culture des vignes répond au label "Terra Vitis", celui de Roche Catin et dont le viticulteur, amoureux de la nature, prend le plus grand soin de la faune, allant jusqu'à baliser les nids d'alouettes dans les vignes.

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Pelles, râteaux et bêches ne sont pas de trop pour creuser la mare temporaire et pour planter la 50aines d'arbustes qui formeront la haie. Celle-ci, attenante aux vignes, ne tardera pas à accueillir d'ici deux-trois ans une faune variée, composée essentiellement de petits passereaux mais aussi d'insectes et de micromammifères essentiels pour mener une lutte saine et pratique contre les ravageurs qui peuvent toucher le vignoble. C'est aussi un milieu idéal pour accueillir certains rapaces nocturnes comme la chouette chevêchette ou de plus gros mammifères comme les lièvres, les hérissons et parfois même les renards. Composée d'essences locales comme l'aubépine, le noisetier, le prunellier ou le tilleul, cette haie est un des nombreux outils à la disposition des exploitants pour apporter un peu de biodiversité sur leurs terres.

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L'événement se déroule à l'occasion de la semaine du Beaujolais nouveau, pour la peine la LPO Rhône tient un stand. En véritable planquée, je me trouve à animer et à présenter les différentes actions de l'association, les oiseaux du domaine, en quoi celui-ci est un refuge pour la faune. C'est aussi le bon plan pour goûter les cognacs, les vins, les champagnes et les miels produits localement. De quoi rester au chaud et tenir un brin de causette.

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Dernier chantier de l'année, celui-ci fin novembre. Opérations classiques : restauration d'une mare et plantation d'une haie champêtre diversifiée favorable aux auxiliaires chez une maraîchère en installation et très sensible à la protection de l'environnement et à la préservation des espèces.

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Première étape, récupérer les arbustes. Une partie de ceux-ci seront plantés par les étudiants de la MFR. Les autres, par les bénévoles du jour. Cornouillers sanguins, prunelliers sauvages, aubépines monogynes ou encore érables champêtres, c'est tout autant d'essences locales qui serviront d'abris et de nourriture à la faune, en particulier aux oiseaux. Ces arbustes serviront aussi de coupe vent pour protéger les cultures maraîchères et les arbres fruitiers. L'abondance de champignons sur la parcelle est bon signe, ceux-ci permettront la mise en place de la mycorhization, ce qui permettra aux arbres de s'épanouir.

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L'arbuste est sorti de son lot, ses branches sont inspectées, ses racines nues enduites d'un pralin, mélange d'eau, de bouse de vache et d'argile. Cette opération à pour objectif de permettre une reprise rapide du végétal, d'empêcher le déssèchement des racines exposées à l'air libre, de favoriser la cicatrisation des blessures causées par la plantation et d'accélerer le développement des radicelles, petites racines puisant l'eau et les nutriments.

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Deuxième étape, restaurer la mare. Actuellement asséchée, elle a fini par se combler peu à peu dans son fond. Les nombreux peupliers n'y sont pas pour rien. Branches, troncs et feuilles mortes terminent dans l'eau, formant une bonne épaisseur de matière organique. L'absence d'eau est une aubaine, elle permet de passer l'étape du vidage pour attaquer celle du curage. L'opération effectuée a permis de rendre sa jeunesse à la boutasse.

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L'avant-après est flagrant, et le résultat est à la hauteur des espérances. La pluie et la source toute proche se chargeront de la remplir. Les mares temporaires comme celles-ci sont extrêmement précieuses aux amphibiens, les larves n'ayant besoin d'eau que pendant une courte période contrairement à certains de leurs prédateurs qui ne peuvent pas se maintenir dans ce type de milieux, ce qui accroît aux tétards leur chance de survie.

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La plantation s'est complétée par celle de myrtilliers horticoles, les blue berry ou myrtillers américains (Vaccinium corymbosum) qui composent les jus et cocktails à la mode dont je suis amatrice. Tout comme les fleurs en clochettes blanches que donne cet arbrisseau cousin des bruyères et des callunes, les fruits bleus possèdes une chair blanchâtre qui les différencie, entre autre, des myrtilles que l'on rencontre dans les sous-bois européens. Résistant à des températures très basses, jusqu'à -30°C, ses fruits atteignent leur pleine maturité à l'approche de l'automne, quand ses feuilles commencent à rougir avant de prendre une teinte de feu à l'approche de l'hiver que le myrtiller passera complètement nu. La culture de cette espèce est ancienne et remonterait aux indiens d'Amérique, mais ça culture à grande échelle ne daterait que de 1908.

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Les pratiques de l'exploitation en devenir sont orientées dans le but de préserver au mieux l'environement. De ce fait de nombreuses espèces sauvages s'y développent, en particulier de champignons qui profitent des troncs des peupliers morts laissés à la périphérie de la parcelle. L'oreille de Judas (Auricularia auricula-judae), cousine des champignons noirs chinois et tout aussi comestible se plaît ainsi à coloniser les branches tombées au sol.

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Nombreuses sont les espèces à avoir fait des peupliers leur demeure. On peut compter par exemple la très méridionale pholiote destructrice (Hemipholiota populnea) observer sur le site, bien trop amère pour être consommée, mais aussi la pleurote en forme d'huître (Pleurotus ostreatus), délicieuse et parfois exposée sur les étales des marchés. De nombreuses recherches sont menées sur les capacités dépolluante de cette pleurote.

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Surprise en retournant le sol, des dizaines de larves de hannetons de la Saint Jean (Amphimallon solstitialis) émergent. Gourmandes et friandes de jeunes racines, elles ne font pas toujours bon ménage avec le jardinier.

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Il ne faut pas les confondre avec les larves de cétoine, des auxiliaires au jardin. Pour faire la distinction : chez les hannetons on a une grosse tête, chez les cétoine une tête minuscule et un gros abdomen. Alors que l'adulte hanneton (imago) ne vit que de juin à août le temps de mener à bien ses amours, sa forme larvaire se développe pendant deux ans dans le sol. C'est un insecte typique de milieux ouverts tels que les prairies, les parcs et les jardins, toujours à proximité de haies et d'arbres pour se poser et ainsi se reproduire. Cette espèce est en pleine expansion, à contrario du hanneton commun (Melolontha Melolontha) qui tend à ne plus être ... commun. Les pratiques agricoles intensives avec l'apparition de monocultures pourraient expliquer l'augmentation de ce petit scarabée.

LA TÊTE DANS LES ETOILES

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Le titre est bien trouvé pour parler de mon nouveau travail. Depuis novembre, j'exerce comme animatrice nature au sein de la LPO Rhône, une consécration pour moi. Expliquer un écosystème, sensibiliser à la protection de l'environnement, faire observer des oiseaux d'eau ou des rapaces à des enfants et des familles, faire des pêches de découverte en mare mais aussi coordonner, défendre des projets pédagogiques, répondre à des commandes ou animer des stands de présentations et des conférences ne sont que quelques unes de mes activités au sein de la LPO Rhône qui depuis le 1er janvier 2018 fait partie de la LPO Régionale AURA : Auverge - Rhône -Alpes. Je me plonge depuis corps et âme dans l'étude et la compréhension des oiseaux.
Fort heureusement je suis bien équipée, en particulier du côté de l'éthnologie avec leformidable ouvrage "Le génie des oiseaux" de Jennifer Ackerman aux éditions Marabout - Siences & Nature, bien que l'auteur face des comparaisons un peu simplistes entre le comportement animal et humaine.

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Mi-novembre, je suis en observation avec une collègue elle aussi novellement arrivée. Au programme de la journée : sortie avec une classe de scolaires sur l'ENS local (espace naturel sensible). Pas de rapaces en vue, mais des pics, des mésanges, des corneilles, des pinsons, des rouges gorges, des palombes et des merles. Un inventaire qui semblerait à première vu pour certains décevant mais qui en réalité est riche en tout point. C'est une découverte pour bon nombre des enfants qui ont pris lors de cette sortie plaisir à découvrir autrement le patrimoine de leur commune mais qui ont pu aussi apprendre à observer leur environnement et à s'en émerveiller.

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Les grands chantiers ne s'arrêtent pas là ! Début décembre avec deux comparses, nous avons lancé le groupe jeunes LPO Rhône, sous l'aval et le regard bienveillant de la LPO Rhône. Ce groupe à vocation à réunir les jeunes du territoire, curieux et passionnés de naturalisme quelque soit leur niveau et leur parcours. Autant dire que de beaux projets ne devraient pas tarder à voir le jour et pour les quels je vous tiendrai informé. D'ailleurs, pour les curieux, je vous invite à nous rejoindre sur notre groupe facebook en cliquant ICI ou à nous contacter par mail à l'adresse suivante :  groupejeune.lporhone@gmail.com 

Autre grande nouvelle, mon entrée au Conseil d'Administration du Mycorium Sauvage de France, association mycologique organisatrice du Mycoforum en 2017 et en 2018 à Saint André de Vivarais, forum dédié au champignon et dont vous avez pu retrouver la présentation en cliquant . Sorties mycologiques, découvertes des plantes et des fleurs sauvages, créations d'expositions et d'évenements dédiées aux champignons à la nature ... autant dire que là aussi, ça dépote et dont bien évidement, vous aurez des nouvelles via les réseaux.

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La tête dans les étoiles mais aussi pleins les yeux. Le blog bien qu'au repos a dépassé pendant les vacances de noël le million pour ce qui concerne les visites. Un exploit pour un site personnel né en 2012 et qui se voulait être une simple plate-forme de partage plutôt discrète. Que de chemin parcouru depuis, de rencontres et de grands événements. Cette barre symbolique est aussi l'occasion de faire un peu de ménage : correction des articles aussi bien sur la véracité des informations que sur l'orthographe, suppression de ceux devenus obsolètes, bref, c'est une mise à neuf de certains contenus qui m'attend. Dans tous les cas c'est un immense merci que j'adresse à tous vous lecteurs, réguliers ou de passage, qui avezt contribué à toute cette aventure en vous attardant sur la Renarde des Alpes. Je vous souhaite de belles réussites pour cette année 2019 et dont j'ai hâte de tirer profit pour vous partager nos aventures dans les Calanques, en Camargue, en Alsace, en Allemagne et à la frontière Suisse.