DSC07721Quand on parle de cygne, on pense tout de suite à un animal au plumage blanc immaculé, au cou gracile et au chant discret si ce n'est absent. En réalité, il n'en est rien. En France on trouve cinq espèces de cygnes : trois sauvages et deux exogènes. Pour le moment nous n'avons pu observer que trois des cinq mais cela ne serait tarder.

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En effet au compteur, il nous manque le cygne de Bewick (Cygnus columbianus bewickii)  qui ne se trouve que très rarement en Auvergne Rhône Alpes et le cygne à cou noir (Cygnus melancoryphus), une espèce originaire d'Amérique du Sud et présente parfois dans les jardins.Il nous en manque deux autres qui eu, sont bien trop loin pour nous. Figure à la liste le cygne trompette (Cygnus buccinator) vivant du coté de l'Amérique du Nord, et le cygne siffleur (Cygnus columbia columbia)  présent pour sa part au Nord du Canada. Tous deux possèdent un bec noir.

DSC07830Le cygne tuberculé

Voici un beau cygne tuberculé (Cygnus olor). C'est le plus commun et le plus connu de tous. Appelé aussi cygne muet en raison de son cri étouffé voir absent, on le croise dans une grande partie de la France, de préférence dans la moitié nord. Il s'observe dans les milieux humides, plus particulièrement sur les lacs, les rivières et les fleuves. L'historicité de sa présence dans le pays fait débat. Il a été pendant longtemps considéré comme exclusivement d'origine asiatique. On pensait alors qu'il avait été importé en Europe au court des siècles par les migrations humaines successives. Les dernières recherches paléontologiques et historiques tendraient à monter que c'est une espèce indigène présente depuis plusieurs milliers d'années, manque même de peu de disparaître au Moyen Âge car très chassé. Il doit son salut aux douves des châteaux qui lui servant alors de refuge, la noble volaille devenant alors un animal d'ornement.

Voici une carte de sa répartition tirée de l'INPN (Inventaire National du Patrimoine National), un site extrêmement utile pour se renseigner sur les espèces, leur nom et leur statut de protection. Chaque point vert est une donnée de cygne enregistrée. On peut également voir la même chose sur le site faune-france.org pour peut que l'on y rentre quelques données. On peut voir à quel point les massifs montagneux ne sont pas sa tasse de thé.

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Les cygnes tuberculés sont des oiseaux étant parvenus à s'adapter à une grande variabilité de milieux et qui n'a pas peur de fréquenter l'homme ce qui ne leur réussit pas toujours. Dans le lit du Rhône, on les trouvent parfois noyés, retenus par les filets, les déchets et les lignes de pêche qui jonchent le fond de l'eau. On les voit aussi mourir de malnutrition, le pain donné sans penser à mal étant toxique pour eux. On a pu ainsi retrouver l'hiver dernier 70 cygnes morts à la surface d'un lac, empoisonné par du pain détrempé où une bactérie toxique à pu s'installer. On observe aussi de forte carence, le pain et autres gâteaux n'étant pas du tout une nourriture auquel leur organisme est adapté. Torsion de l'estomac, plumes inaptes au vol ou panse gonflée, ce ne sont là que quelqu'unes des conséquences. Certains deviennent même incapable de se nourrir par eux mêmes.

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On l'oublie aussi souvent, mais il s'agit là de l'oiseau sauvage le plus gros de France métropolitaine, avec pour les plus beaux spécimens 13 kilos au compteur. En quelques chiffres, le cygne tuberculé c'est 1,60 mètre du bec à la queue, soit ma taille, 2 mètres à 2 mètres 40 les ailes ouvertes et 20 ans de vie. Bref, un animal aux dimensions imposantes et uqe, je trouve, on ne valorise pas assez aux vues de ses exceptionnelles capacités. On peut pour finir revenir sur son tubercule noir au dessus de son bec orange. Celui du mâle est plus gros que celui de la femelle, mais bien aisé est celui qui arrivera au premier coup d'oeil à en faire le distinguo.

DSC05660 (2)Le cygne chanteur

On peut le dire, le cygne chanteur (Cygnus cygnus) n'est pas le plus courant des cygnes européens, loin de là. Comme son nom l'indique, c'est un oiseau au chant élégant et puissant, là où le cygne tuberculé se fait muet. Sa répartition est Eurasienne, et on le trouve avant tout au nord, en grande partie en Russie où les lacs de taïga et les tourbières qu'il affectionne sont nombreux et nombreuses.  On pourrait aisément le confondre avec le cygne de Bewick (Cygnus columbianus bewickii), mais le jaune du bec chez ce derneir ne va pas jusqu'aux narines du bec. Bien qu'il se ressemblent, le cygne de bewick est plus proche du cygne siffleur (Cygnus columbianus columbianus) dont i lest une sous-espèce que du cygne chanteur.

Toujours sur l'INPN (Inventaire National du Patrimoine Naturel), la carte laisse cette fois-ci voir une répartition bien différente pour l'espèce. Si quelques couples nichent ça et là, la plupart des reproductions se font dans le nord de l'Europe. Petit focus sur l'unique point en Savoie. Le cygne chanteur de ces photo, c'est celui qui correspond à ce pixel vert. Présent depuis septembre 2019 dans le secteur, il semble se plaire en compagnie de cygnes tuberculés, au point de ne pas les quitter et d'être encore présent au 5 mars de cette année.

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Plus grêle que ces camarades, il peut néanmoins peser jusqu'à 11 kilos, avoir une envergure de 2 mètres à 2 mètres 40 et une taille d'un mètre 65. Il reste de ce fait un oiseau aux belles dimensions. Son chant et son cri ne vont pas sans rappeler ceux des oies mais en plus aigus, ce qui justifie un peu plus le surnom d'oie blanche donné aux cygnes. Le port e sa tête très anguleux est aussi un moyen aisé de le différencier des autres espèces.

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Quelques individus nichent dans la Dombe. Le nid se compose de gros végétaux, de roseaux et d'herbes aquatiques. Entre avril et juin, jusqu'à 8 oeufs peuvent être pondus. La couvaison est longue, jsuqu'à 6 semaines. Les poussins sont élevés par leurs parents pendant plusieurs mois. Pendant cette période, les jeunes ont besoin d'une grande étendue d'eau car même après leurs premiers vols, leur poids ne leur permet pas de parcourir de grandes distances. Il leur faut alors muscler leurs ailes pour pouvoir s'émanciper. Grégaire, on en observe de belles colonies un peu partout comme en Scandivanie mais aussi au Japon où il passe aussi l'hiver.

DSC07794Le cygne noir

Comparé aux deux précédents, le cygne noir (Cygnus atratus) détone. Plumes noirs, bec rouge-orangé barré de blanc, pattes courtes et sous plumage blanc, on est loin de la blanche oie. Seul le cygne à cou noir (Cygnus melancoryphus) peut s'en rapprocher. Plus petit, il mesure en moyenne un mètre 40 pour un mètre 60 à 2 mètres d'envergure pour un poids de 3,7 kilos à 8,7 kilos et 20 ans de vie. Il y a trois ans, une redécouverte agite la communauté scientifique. Des ossements exhumés en 1864 laisse entendre l'existence passé d'une nouvelle espèce de cygne disparue depuis. Cette découverte est faite par le naturaliste Henry Ogg Forbes et l'animal est nommé Cygnus sumnerensis. Le temps passe, et cette classification est discutée pour être finalement réfutée et les os sont attribués à Cygnus atratus. Coup de théâtre, des tests ADN relèves en 2017 qu'il s'agit bien d'une espèce à part entière, séparée il y a un à deux millions d'années du cygne noir. Celui-ci plus gros, aurait disparu aux alentours des années 1500 avec l'arrivée des premiers Maoris.

Introduit en Europe comme oiseau d'ornement dans les jardins et les parcs, certains ont pu s'échapper. Ainsi on peut en trouver un peu partout en France. Dans le Rhône, on peut en observer deux couples, l'un à Miribel Jonage, l'autre du côté de Confluence. Cocasse quand on sait que c'est une espèce originaire d'Australie. Notre climat plutôt rude pour une espèce habitué à la chaleur ne semble pas poser problème.

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Autre fantaisie, les plumes de celui-ci semblent froissées, ressemblant à de jolies froux-froux. Son cri discret rappel le couinement des jouets pour chien, d'un clairon mal mené mais aussi d'un passereau au chant aigu. En période de reproduction les mâles deviennent agressifs et constitue un vaste territoire où il invite une compagne à nicher. Cependant on observe sans mal des couples faire leur nids à proximité sans que cela n'entraîne d'hostilité de part et d'autre. Comme les autres cygnes, il se nourrit de végétaux aquatiques et d'herbes de rivages, leur bec plat et strié étant spécialisé dans l'arrache et la découpe des brins les plus tendres.

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Mis à mal à l'arrivée des colons car très chassé, il trouva le salut dans les zones humides peut accessibles de l'Australie. Inapte au vol pendant la mue, il en devient une cible facile. Son introduction en Nouvelle-Zélande et sa protection au 20e lui on permit de connaître un développe rapide, au point qu'aujourd'hui des mesures sont prises pour limiter les grandes populations qui peuvent causes des dégâts aux cultures. En effet, les rares zones humides et les marais ayant souvent été transformés en champs et pâturages, les cygnes noirs sont souvent amenés à parcourir ces territoires, faute d'habitat naturel adapté à ses besoins.

Voici une courte présentation pour les trois espèces qui nous ont été donné de voir ces deux dernières années. Nous espérons bien sûr, croiser le cygne de Bewick, mais pas au point de forcer la rencontre, le moment viendra quand celui-ci le voudra bien se montrer. Cela nous laissera le temps de nous préparer, l'animal étant particulièrement farouche. Il serait dommage d'écourter une observation si attendue. La suite au prochain épisode.

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