dimanche 29 décembre 2013

Champignons, composition et pH du sol.

Photo libre de droits.

 

L'hiver est long et peu de choses se passent dans le jardin. J'ai bien quelques photos mais rien d'extraordianaire (hormis des portraits de chats à profusion), j'attends donc d'avoir un peu plus de contenu pour vous pondre un petit article sur la jardin et ses alentours. Bref, en ce moment on s'occupe comme on peut, pour ma part je disserte pas mal sur la gente mycologique et il m'est venue l'idée d'entreprendre une expérimentation. Celle-ci m'a été soufflé par l'ami Fab du forum "le club des cèpes" qui actuellement test le pH et la température de ses petits coins à champignons. Alors je me suis dit que je pourrais tester l'expérience moi aussi (merci Fab). 

D'ordinaire le pH (c'est à dire le potentiel Hydrogène: la présence élevée ou non d'ions d'hydrogène) permet au jardinier, au paysagiste ou à l'agriculture de connaître la composition du sol et de savoir quelques plantes ou cultures s'épanouirrons sur une parcelle définie. Pour faire simple, le pH permet de savoir si un sol est acide (pH<5), neutre (pH=7) ou basique (pH>7, on parlera alors de sol alcalin) à partir d'une échelle qui va de 1 à 14. Par exemple pour les plantes, le rhododendron se plaira dans les sols acides contrairement au pavot qui préférera les sols alcalins.

Le pH varie en fonction de nombreux facteurs: composition chimique du sol (roches/minéraux), présence de courts d'eau, acidité ou non des pluies locales, activité de la micro faune dans le sol et de la végétation environnante (humus par exemple)... J'ai opté pour le papier pH car il est peu coûteux et facile d'emploit mais il existe aussi des sondes pH, plus onéreuses mais efficaces. On peut même fabriquer son propre papier pH en utilisant du chou rouge, pour ce faire les infos sont ici (le site explique tout sur le pH au passage). Mais pour le moment je préfère faire confiance aux produits que l'on trouve dans le commerce.

Mais pourquoi parler de pH pour les champignons? Tout simplement parce que ceux-ci tirent leurs nutriments presque uniquement du sol (en fonction des espèces). De ce fait ils pourraient être sensibles au pH, ce qui permettrait d'expliquer pourquoi à certains endroits qui sembles pourtant parfaits (arbres hôtes, températures, inclinaison du sol etc...), ils se font absents. Cela permettrait ainsi d'établir rapidement et facilement les zones de prospections. On sait déjà que certains champignons apprécient des sols définis comme la morille (certaines aiment les sols calcaires, d'autres ceux qui sont sableux) mais on sait rarement sur quel sol et quel pH elles poussent.

Mais pour le moment cela n'est que de la théorie, il faudra attendre un peu avant que les premiers résultats tombent. Il reste encore tout l'hiver pour y réfléchir.

 

Autre point:

La composition du sol joue donc sur le pH mais aussi sur l'hygrométrie (la "teneur" en eau), la masse et le type de nutriments ou encore la facilité ou non que peut avoir le mycélium à étirer ses filaments pour capter sa nourriture. De ce fait identifier un sol permet bien souvent de savoir où chercher des champignons maissurtout, leurs arbres et plantes hôtes. Il y a quatre composants types dans un sol: l'argile, l'humus, le calcaire, le sable. Voici quelques indications pour reconnaître la ou les prédominances d'un sol. N'oublions pas que ce n'est pas une science exacte et qu'une terre peut être composée de plusieurs types de sols (par exemple une terre où se mélange une zone argile et une zone calcaire comme dans mon coin d'Isère).

- sol argileux: humide il colle, sèche il est dure. Sa terre est rouge/orangé/ocre. On le nomme terre lourde. Les plantes qui l'apprécie sont le bouton d'or, la pâquerette, le jonc, le liseron, l'hellebore, les rosiers sauvages, aubépine, le bouleau, le peuplier, le prunier et le framboisier.

- sol sabloneux: une poignée de celui-ci n'a pas de cohésion. Il ne retient pas l'eau, se réchauffe facilement et sèche rapidement. Sa terre est caire. Il est apprécié des euphorbes, des géraniums, des sédums, des millepertuis, du frêne, du peuplier, du sorbier, du fraisier des bois, de lavigne, du figuier, des ronces.

- sol humifère: il est riche en humus comme son nom l'indique. Il est noir, acide, spongieux et riche en nutriments. Les plantes que l'on trouve sur celui-ci sont l'ortie, la fougère, le bouton d'or, la bruyère, la digitale, le genêt, la gentiane, le lis, le houx, le châtaignier, l'ail sauvage, le myrtillier, le pommier et le framboisier.

- sol calcaire: il est composé de 10 à 30% de carbonate de chaux et d'argile ce qui forme une terre collante plutôt blanchâtre et crayeuse. Il est léger, se dessèche vite par de forte chaleurs, craquelle, permet la pénétration des gelées, retient mal les nutriments (en particulier du fer ce qui provoque la chlorose des feuilles) et est perméable à l'eau. On le reconnaît aux nombreux cailloux à la surface de celui-ci. Sur celui-ci on trouve le coquelicot, le trèfle blanc, les ancolies, la primevère, l'oeillet, l'Aulne, le bouleau, le hêtre, le charme, le nisetier, le peuplier, le tilleul, le prunier et la vigne.

 Sources: http://www.gerbeaud.com/jardin/fiches/fp_sol_analyse.php3


vendredi 20 décembre 2013

La fin des guêpes.

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Cet été caché dans la haie du jardin, nous avons trouvé un magnifique nid de guêpes qui tranquillement et jusqu'aux premières neiges, a vaqué à ses occupations en paix. On pouvait ainsi voir les différents rôles de chacun des individus: ventilation du nid, recherche de nourriture, garde de l'entrée principale, consolidation du nid.

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Il me semble que ce belle essaim soit celui de guêpes germaniques. Peu agressives, elles ont un régime alimentaire varié qui se compose d'invertébrés dont les insectes (comme cette chenille), du nectar des fleurs, du sucre des fruits bien mûres ou tombés, de la viande des carcasses abandonnées.

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 Mais voilà, après avoir passé cinq semaines sous la neige, le nid n'est plus ou du moins, il n'est plus ce qu'il était. Constituées de cellulose mâché par les guêpes, les fragiles parois comme leurs occupantes n'ont pas supporté le changement de temps (on trouve ici et là dans le nid quelques guêpes mortes). La reine elle s'est réfugié sous une écorce, dans la manche d'un vieux manteau oublié augrenier ou sousune tuile. Au printemps elle refondera sa colonie.

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Ainsi le nid s'âbime. Les parois extérieures pourrissent, les cellules à l'intérieurs moisisses. C'est un cycle naturel fascinant. Dans quelques jours il n'y aura plus rien, les champignons que sont les moisissures se seront nourris d'une partie de cette cellulose prédigérée, le reste tombera au sol et sera transformé par les habitants du sol (lombrics, champignons, acariens...) en humus.

Magie de la Nature.

 

samedi 30 novembre 2013

L'odeur de la Terre: Le petrichor et la géosmine.

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Quel plaisir après une averse fraîche un soir d'été ou dans une chaude matinée automnale, de sentir cette odeur si particulière caractéristique de la terre mouillée par la pluie. Ce phénomène se nomme petrichor. Derrière ce nom barbare, se cache une réaction simple.

Défini pour la première fois en 1964 par deux scientifiques et géologues australiens (Bear et Thomas), le petrichor illustre la réaction du sol provoquée par une pluie froide sur la terre chaude. Le choc thermique engendré va faire se libérer des racines et des rhizomes des végétaux un liquide apparenté à une forme d'huile qui sera absorbée par les éléments qui les environnent : roches, terres, bois morts mais aussi air ambiant. On retrouve également ce liquide huileux sur les enveloppes des graines qui s'apprêtent à germer. Celui-ci leur permet de supporter la sécheresse.

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Mai il n'est pas le seul composant de ce que l'on nomme "l'odeur de la Terre". Au contact de l'eau, la géosmine produite par des bactéries, les actinomycètes (en particulier celles qui interviennent dans la fabrication de l'hummus) quand celles-ci se multiplient à l'aide de spores, va libérer une odeur très particulière qui se mélange à celle du petrichor et qui volatile, reste peu de temps dans l'atmosphère mais que les nez bien avertis reconnaissent sans mal. On peut retrouver des traces légères de cette odeur quand on retourne la terre du jardin.

D'un point de vue anthropologique (selon les travaux de l'anthropologue Diana Young), cette odeur nous est plaisante car elle correspond souvent aux notions d'élevage et d'agriculture. Le fait que celle-ci apparaisse suite à de fortes pluies après une période de sécheresse correspond dans l'imaginaire collectif chez de nombreuses ethnies, peuples ou cultures à l'arrivée des récoltes, au début de la pousse, à la fin de la famine ou le retour de l'eau pour abreuver le bétail. Mais elle permet aussi de manière instinctive de reconnaître une source d'eau potable d'une autre qui ne l'est pas. Cela explique pourquoi nous "y sommes sensibles à 10 partie par billion (20 à 60 ng/l), soit une goutte dans une piscine de taille olympique" (cf: ici).

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Aujourd'hui la molécule de géosmine (identitifiée par le chimiste américain NancyN. Geber en 1965) est employée dans de nombreux secteurs comme dans celui de la parfumerie pour son odeur naturelle, dans celui la gastronomie pour l'éllaboration des vins et la dégustation des poissons mais aussi dans celui de la recherche comme moyen de détection des points d'eau insalubres et des cultures polluées.

Le terme petrichor vient du grec -petros: pierre et -ichor: sang des dieux. Quand au nom de géosmine, il vient de -gê: terre et -osmê: odeur. De cette odeur, on dit qu'elle possède des arômes de betteraves, de champignons, de feuilles mortes, d'humus, de moisissures, d'herbe fraîche ou de décomposition. N'oublions pas non plus le rôle de l'ozone qui, à l'arrivée des molécules de petrichor et de géosmine dans l'atmosphère modifie en interagissant avec celles-ci leur composition et donc leur structure olfactive. 

 

Sources:

http://www.maxisciences.com/pluie/qu-039-est-ce-qui-donne-a-la-pluie-une-odeur-si-agreable_art29121.html

http://www.gurumed.org/2012/12/02/gosmine-lodeur-de-la-terre-quand-il-se-met-pleuvoir/

http://www.republicain-lorrain.fr/actualite/2013/07/21/le-parfum-d-apres-la-pluie-decrypte

http://www.lapetiteencyclopedie.fr/origine-de-lodeur-de-la-pluie/